‹ Geoffroy Tory, peintre et graveur, premier imprimeur royalChapitre 28 sur 141 · I. Champ fleury, fol. 57 r · texte numérisé non relu

I. Champ fleury, fol. 57 r

30 Première Partie.

« men i » On voit qu'ici c'est la prononciation picarde qui a prévalu, car on ne prononce plus le t à la fin des mots comment, jument, etc.

Tory ne se contente pas de constater l'état de choses existant de son temps; il propose des améliorations qui presque toutes ont été sanctionnées par l'usage. Ainsi, au commencement du seizième siècle, la prononciation était tort difficile à saisir, faute d'accents; il propose d'en créer : « En nostre langage francois, « dit-il, « navons point daccent figure en escripture , et ce pour le default que nostre langue nest encores mise ne ordonnée a certaines reigles, comme les hébraïque, greque et latine. Je vouldrois quelle y fust, ainsi que on le porroit bien

faire En francois, » ajoute-t-il plus bas, « comme iay

dit, nescrivons point laccent sur le O vocatif, mais le pronunceons bien, comme en disant :

0 pain du ciel angelique , Tu es nostre salut unique.

En ce passage daccent, nous avons imperfection, a laquelle doibvrions remédier en purifiant et mettant a reigle et art certain nostre langue, qui est la plus gracieuse qu'on sache 2. « \' Ailleurs il propose de remplacer les lettres élidées par une apostrophe , ce qui ne s'était pas encore fait dans le

1. Champ fleury, fol. 58 v'. De même que dans la note 3 de la p. 28 , je ferai remarquer que les Anglais, beaucoup plus Français en cela qu'on ne le croit, ont conservé l'ancienne prononciation. Ils font sentir le / final des mots qu'ils tiennent de nous.

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