Nous sommes en pleine Renaissance
PLVS, qui sont deux dictions monosyllabes, tant en francois quen latin, qui signifient ce que Pittacus disoit iadisen son grec : MtSvj c/.yxv i , nihil nimis. Ne disons, ne ne faisons chose sans mesure ne sans raison, si non en extrême nécessite : adversus quam nec Dii quidem pugnant. Mais disons et faisons SIC.VT. VEL.VT. Cest a dire ainsi comme nous debvons, ou au moings mal que pouvons. Si nous voulons bien faire, Dieu nous aidera, et pour ce ay ie escript tout au dessus: menti BONAE DEVS occvRRiT, cest a dire Dieu vient au devant de la bonne volunte et luy aide.
Je pense qu'il faut voir dans le îoret une enseigne parlante, faisante la fois allusion au nom de Toiy et à ses professions diverses. La manière dont on prononçait le nom de cet instrument, sa forme affectant celle d'un T, et enfin son emploi par les graveurs, furent sans doute les raisons qui déterminèrent Tory à l'adopter. Mais n'alambiquons pas trop.
Tory ne s'est pas contenté de nous donner son enseigne dans le Champ fleury , il a gravé sur la première page de ce livre, c'est-à-dire à la place d'honneur, ce qu'on pourrait appeler le blason de ses connaissances artistiques, autrement dit l'enstmble des instruments dont il faisait usage. Malheureusement il n'a pas cru devoir, comme pour sa devise, y joindre une explication, jugeant la chose fort claire de son temps, et de nos jours il devient assez difficile, vu les changements qui se sont opérés dans les habitudes des artistes, de préciser l'emploi de quelques-uns de ces instruments. L'ordre dans lequel il les a disposés peut cependant, jusqu'à un certain point, aider à les reconnaître. Je donne à la page suivante la représentation exacte de cette gravure, qui figure un L, lettre initiale du passage du Champ fleury que j'ai transcrit plus haut^.