Ibid., col. i
en manque. Il est d'ailleurs facile d'expliquer les différentes nnanières de l'artiste à la croix de Lorraine par ce qui s'est produit souvent dans le cours de l'existence d'autres artistes. Combien n'a-t-on pas vu, en effet, de peintres changer de faire à une certaine période de leur vie ' ? Au reste, il y a un moyen plus simple encore d'expliquer ces dissemblances de gravure, c'est d'admettre avec moi que la croix de Lorraine était la marque de l'atelier de Tory, mais que dans cet atelier il y avait des artistes fort divers. C'est ainsi qu'on voit aujourd'hui une foule de gravures signées Andrew, Best, Le/o/r, auxquelles certes ces deux artistes n'ont pas mis la main.
Mais c'est assez de discussions; venons aux faits : ils prouveront mieux que toutes les dissertations la vérité de notre assertion concernant Tory; ils démontreront, en effet, que toutes les œuvres signées de la croix seule ont été gravées du vivant de cet artiste, ou du moins dans l'atelier qu'il avait fondé, et que conserva sa veuve jusqu'en i556 environ.
Pour rendre la démonstration plus claire, je diviserai ce qui me reste à dire en trois paragraphes. Dans le premier, je rangerai tous les manuscrits dont on peut attribuer l'ornementation à Tory; dans le second, je décrirai les gravures marquées de la croix de Lorraine qui me sont connues, en les rangeant dans l'ordre chronologique ; dans le troisième , enfin, ije mentionnerai toutes les marques d'imprimeurs-libraires signées de cette même croix qu'il m'a été possible de découvrir. Ne pouvant ici suivre l'ordre chronologique, j'ai adopté l'ordre alphabétique, qui permettra de retrouver de suite celles de ces marques dont je parle dans le second paragraphe.
I . Tory a bien changé sa première devise : civis , pour cette autre : non
PLV$.
204 Troisième Partie.