Triomphes de Pétrarque
Pour la description de ces deux ouvrages > , je ne puis mieux faire que de transcrire ici l'intéressant travail publié par M. le comte Léon de Laborde.
J'imprime ce document tel qu'il a été publié il y a plusieurs années , n'ayant pas le droit de le modifier. Mais je crois pouvoir dire que s'il eût été rédigé depuis la publication de mon livre sur Tory, il renfermerait une conclusion à l'avantage de ce dernier. C'est ce qui me semble résulter de mes conversations avec M. de Laborde. Mon ami M. Jules Renouvier, dont la mort est si regrettable, et en compagnie duquel j'ai étudié le volume des Commentaires qui se trouve à la Bibliothèque impériale, était tout à fait de mon avis.
Voici dans quels termes il parlait des manuscrits en question, dans un article de critique de la première édition de mon livre sur Tory, article publié en septembre iSSy dans la Revue universelle des Arts (t. V, n° 6, p. 5ii) :
(c Ce que nous connaissions le moins, c'était le début de Tory dans la carrière d'artiste. Il fut des plus brillants, si l'on pense avec M. Bernard qu'il est l'auteur des minia-
I. Suivant M. Dussieux, les Artistes français à l'étranger, p. lxvii, le premier « est sans nul doute le chef-d'œuvre de la peinture de miniature à la mode italienne. »
Iconographie. 205
tures de deux manuscrits bien connus , les Commentaires de César en trois volumes et les Triomphes de Pétrarque , où se rencontrent les signatures G. et Godefroy, et les dates iSig et i520. M. de Laborde les a décrites récemment avec tout le soin qu'elles méritent, sans trouver qui était ce Godefroy. Il n'est autre que Geofroy Tory, dit M. Bernard, et cette opinion est plausible; car, si la suite des ouvrages du graveur sur bois ne répond pas aux promesses du miniaturiste, le dessin procède d'habitudes identiques et la similitude de manière est frappante, particulièrement quand on considère les gravures les plus rapprochées de date, telles que celles du Champ fleury, datées de i526. Ainsi considéré, Godefroy Tory est le plus hàtif des artistes de la Renaissance; avant les maîtres de B'ontainebleau, il inaugure les formes grandes, élégantes et ressenties, qui brillèrent au temps de François l", auxquelles l'Italie prêta beaucoup de son style , l'Allemagne un peu de son accent, mais qui furent plus françaises qu'on ne veut bien le dire. On sait, du reste, que ces miniatures sont originales jusque dans leur procédé en camaïeu relevé de couleurs chatoyantes, avec des subtilités de trait qui indiquent une main plus apte à manier la plume que le pinceau , et toute disposée pour l'outil du graveur. Le dessinateur perdit une partie de sa distinction en passant d'un genre privilégié à un genre vulgaire; mais ainsi le voulait le progrès de l'art. »
Voici le travail de M. Léon de Laborde :