‹ Géographie ancienne de la MacédoineChapitre 10 sur 36 · Scyl. Car. 72 (ïivf^.i). 3 Ovid. FasL I · texte numérisé non relu

Scyl. Car. 72 (ïivf^.i). 3 Ovid. FasL I

2 Ptol. III. H. * Steph. Byz. v© SaTuaioi.

baigne le pied Ils habitent les environs et le pied de

THémus, dont ils occupent la plus grande partie. Nommés brigands, à cause du 'métier qu'ils exercent, ils habitent dans des cabanes, et mènent une vie fort dure. Ils touchent au mont Rhodope, aux Péoniens, et aux deux peuples illyriens connus sous le nom de Dardaniens et d'Autariates «. » Assurément ce passage de Strabon exige un commentaire, et en plus d'un point il n'est pas exact. Le Nestus n'a jamais baigné le pied du Pangée, qui en aucun endroit ne touche à son bassin, et le pied du Pangée est enveloppé tout entier à Test, du côté du Nestus, par le Gangitèset par leZygactès, affluents du Strymon. Les Dardaniens et les Autariates n'ont jamais été en contact immédiat avec les Besses, à moins que les Denthelètes ou Tilatéens, et les Trères ne doivent être comptés parmi les nombreuses peuplades dont les Besses se composent, et même dans ce cas les Autariates n'auraient jamais touché aux Besses que momentanément, pendant la courte durée de leur puissance, après la ruine des Ardyéens, avant la domination des Scordisques, et lorsqu'ils étaient eux-mêmes les maîtres des Triballes. A part ces inexactitudes, les autres détails peuvent être justitiég. Les Besses, interprètes des oracles deBacchus chez les Satres, remplissant chez eux le rôle des Thracides à Delphes, ne sont autres que les Odomantes ; ils s'étendent entre Sirris et le mont Ménikion jusqu'aux dernières ramifications septentrionales du Pangée, et ne sont séparés de ces ramifications que par TAngitas. Ils touchent aux Péoniens vers le nord-ouest par les Lééens, une de leurs tribus, entre les Digères et les Msedes. Cependant la patrie véritable des Besses, le centre de leur puissance, où on ne trouve jamais qu'eux, c'ei&t le bassin du Nestus, dont iU soot les

i Strab. VII.

seuls maîtres. Ils possèdent aussi sur le versant oriental du Rhodope, et jusqu'à THémus, un vaste territoire, répondant surtout aux hauts plateaux. Au-dessous d'eux, les Odryses habitent la plaine.

Les Besses sont donc une grande famille thrace. Quelques-unes de leurs tribus sont indiquées par les auteurs anciens. Les Diens, ces montagnards libres armés de coutelas S qui habitent le Rhodope au temps de Sitalcès, doivent être des Besses ; peut-être aussi les Digères, dont nous avons déjà parlé. Les Digères seront Besses nécessairement, si on admet que les Denthelètes et les Trères le soient, et que les Besses aient touché aux Aulariates. Pline nomme les Diobèses\ peut-être les mêmes que les Diens-Besses indiqués par Thucydide, les Élettres, les Carbilèses, dont on ignore la position relative. Polybe et Strabon nomment les Astes% et sur leur territoire Philippopolis, fondée par Philippe, fils d'Amynlas *. Cette colonie demeura sans influence autour d'elle ; son occupation par Philippe, fils deDémétrius, fut passagère ^ et les Besses se conservèrent indépendants. Longtemps après la défaite de Persée, la Thrace demeura intacte ; M. LucuUus, cousin du vainqueur de Mithridate, le premier des Romains (76 après Jésus-Christ), combattit les Besses®, les vainquit dans un grand combat au milieu de l'Hémus, et prit leur capitale Tratia ''. A partir de cette époque, ils perdent peu à peu toute leur importance. Etienne de Byzance, invoquant le témoignage de Strabon, qui, dans ce que nous avons de lui, ne dit rien de semblable, les appelle Tétracomes ou Tétrachorites ^, comme s'ils étaient réduits alors à quatre bourgades, ou à quatre districts; cela ne peut pas remonter plus haut que l'époque impériale.

1 Thucyd. II. 95. ^ Liy. XXXIX. 53.

2 Plin. IV. 18. 6 Eutrop. Brev. VI, p. 232.

3 Polyb. XIII. 5. — Stral). VII. "^ Sext. Ruf, X. p. 523.

4 Plin. IV. 18. » Steph. Byz. p. 650.

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE A l'ÉPOQUE PRIMITIVE. 85

Les O^omantes sont qualifiés Thraces par Thucydide \ qui les connaissait bien^ et vécut longtemps dans leur voisinage. Ils sont les maîtres de la plaine de Sirris, qu'ils occupent seuls après Tenlèvement des Sirropéoniens par les Perses, et ils ont leurs rois particuliers ; l'un d'eux, Polies, conduit à Gléon des mercenaires thraces \ Leur pays était un des plus riches de la région macédonienne, et pendant le séjour de Paul-Émile à Amphipolis les légions romaines y campèrent ^.

c. Miedes (Médares, Médarores, «Bédoblthynleiis).

Les Maedes, habitués comme les Besses et les Triballes à ravager la Macédoine*, et toujours prêts à envahir ce pays quand ses rois étaient occupés ailleurs, habitaient la vallée moyenne du Strymon, entre les Besses et les Lééens. Selon Pline % ils s'étendaient au midi jusqu'aux Bisaltes ; selon Strabon, ils s'étendaient au nord jusqu'à THémus^ et étaient voisins des Thynates, tribu dardanienne ^ Gela ne paraît pas facile à concilier avec le territoire intermédiaire des Agrianes et des Lééens au nord, des Besses et des Sintes au midi. Cependant, à cause des nombreuses révolutions dont ce pays a été le théâtre, cela a pu être vrai à une certaine époque '^ ; les Maedes ont pu toucher aux Thynates, au temps de Strabon, par la disparition des Agrianes et des Lééens, et aux Bisaltes, du temps de Pline, par la concentration des Besses dans le Rhodope, et la retraite des Sintes sur la rive gauche du Strymon, ou leur fusion avec les Bisaltes.

4 Thucyd. II. 101. "^ Il faudrait même dire au temps de

« Thucyd. V. G. Philippe, fils, de Démétrius, si leur ca-

8 Liv. XLV. 4. pitale, Jaraphorina, répond, comme

* Liv. XXVI. 25. XXVIII. 5. c'est probable, à Jamborana. (M. Vi-

» Plin. IV. 18. quesnel, carte de la Thrace.) « Strab. 7.

Nous avons déjà vu que les Vénètes se disaient une colonie des Maedes. Cette puissante tribu, qui dès l'origine avait donné à l'Asie un de ses peuples dominateurs, eut aussi dans la Macédoine ses subdivisions. Les Médobythiniens lui appartiennent : ils s'étaient établis à proximité des Macédoniens, et sont peut-être les mêmes que les Médares, ou Médarores\ thraces tributaires dont la capitale fut prise par Alexandre du vivant de Philippe, et appelée par ce jeune prince Alexandropolis^ On ne sait rien de plus sur cette ville, que son nouveau nom ne rendit pas plus florissante ; on voit seulement par là qu'avant Philippe une partie des Maedes avait reconnu le joug des rois de Macédoine, et les expéditions de Philippe et d'Alexandre contre les Triballes et contre les Gâtes durent affermir cette prépondérance. Les querelles qui suivirent la mort d'Alexandre y mirent un terme; sous les Antigonides, les incursions se renouvelèrent, toujours aux époques critiques* Philippe, père de Persée, prit Jamphorina, capitale du pays ^ ; sous Persée, les Gaulois, que ce prince avait appelés à son secours, et que son avarice lui aliéna, campèrent à Desudaba, dans la Maedique* à soixante-quinze milles de l'Axius (111 kilomètres), et cette distance répond à peu près aux: abords du mont Piantza.

Après la bataille de Pydna, ceux des Msedes qui étaient antérieurement tributaires des Macédoniens subirent le sort de la Macédoine ; les autres demeurèrent autonomes. Dans la première guerre de Mithridate, ils avaient pris le parti d'Arcathias^ son lieutenant, contre les Romains^; Sylla les en punit en ravageant leur pays ^, et il étendit ses ra*vages jusqu'au territoire des Vénètes et des Scordi#ques,

1 Steph. Byz. p. 435. 3 lîv. xXVL 25.

« Olivier. Hist. de PhUippê. - Q. * Liv. XLIV. 26.

CurL suppl. Freinsh. — Steph. Byz. » Appien. G. de Mithrid. 25.

p. 61. « Plut. Sylla.

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dans la vallée du Danube * . Depuis cette époque on n'en fait plus mention. Ils paraissent avoir occupé par euxmêmes ou par les tribus qui dépendaient d'eux les deux rives du Strymon, depuis le Rilo-Dagh jusqu'au mont Malesch, une partie du bassin du Pontuset de la Brégalnitza.

d, Plérlens, Boltiéens.

Les Pières ou Piériens sont des Thraces de la première invasion, qui s'établissent le long du littoral entre l'Haliacmon et lePénée, et s'y maintiennent au milieu des migrations Pélasgiques. Selon d'anciennes traditions, Orphée a habité chez eux le bourg de Pimpléia, prés de Dium ^, et il y avait son tombeau. Envahis d'abord par les colonies grecques, ensuite par les rois de Macédoine, qui subjuguèrent tout le pays jusqu'à Tempe % ils émigrèrent en partie, et se réfugièrent au delà du Strymon, au sud du mont Pangée , sur cette partie du territoire qui reçut d'eux le nom de Vallée Piérique \ Les Piériens devaient être dans l'origine une tribu très-puissante; Pline place encore des Piériens au nord du Strymon, avec les Trères et les 'Dardaniens ^.

Les Bottiéens paraissent être des Piériens mêlés de Cretois. Au commencement ils sont établis entre l'Haliacmon et TEchédorus, aux bouches.de l'Axius et du Ludias. Botton, chef d'une colonie partie de l'île de Crète, se mêle avec eux, et leur donne son nom ^ Attaqués de bonne heure par les rois de iMacédoine, plutôt que d'accepter leur joug, ils émigrèrent dans laChalcidice, où les Chalcidiens leur donnèrent des terres. Ils y entretinrent le courage et l'activité qui révélaient leur origine thrace, et ils aidèrent les Chal-

1 Liv. suppL LXXXIII. 8. * Thucyd. II. 99.

« Strab. VU. — Brunck. Anal gr. » Plin. IV. 18.

"•59. • 6 Raoul-Rochette. Coi. gr. 11.182.

3 Hérod. VII. 112.

cidiens et les Olynthiens à battre les armées d'Athènes \ Lorsque la Macédoine, épuisée par de longues guerres, se trouva dépeuplée, Philippe, père de Persée, rappela dans leur patrie les Bottiéens (Vettiens dans Tite-Live ^), exilés depuis trois siècles. Ils s'y confondirent alors avec les Piériens, et cela explique pourquoi Strabon étend^sans difficulté jusqu'à rAxius la côte de Piérie, en y comprenant laBottiée^ Il y avait encore des Bottiéens mêlés avec les Piériensau sud du Pangée, dans le voisinage du Strymon, (Apollonie de Piérie *).

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