‹ Géographie ancienne de la MacédoineChapitre 16 sur 36 · DESCRIPTION POLITIQUE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION POLITIQUE

Nous avons, dans les chapitres précédents, établi les limites de la région macédonienne, esquissé à grands traits sa géographie physique d'après les explorations de MM. Pouqueville, Leake, Viquesnel, Boue, de la Coulonche et Heuzey, et les travaux de MM. Lapie, Kiepert et Von Hahn ; la population primitive de la contrée, ses vicissitudes sous la domination des Macédoniens et des Romains, les principales expéditions militaires dont elle a été le théâtre dans l'antiquité, tout ce qui constitue en un mot sa géographie historique, nous l'avons également passé en revue. Présentement nous allons essayer de reconstituer par cantons, et, autant que possible, par peuples, sa géographie politique. Nous ne chercherons pas à faire du nouveau, et nous adopterons les données de nos devanciers partout où elles nous sembleront évidentes, ou même plausibles. Mais, sans nous interdire les conjectures, qui sont trop souvent nécessaires, nous éviterons soigneusement d'indiquer comme certain tout ce qui sera purement hypothétique, et nous aimons mieux attendre du bénéfice du temps et des explorations à venir les lumières qui nous manquent, que de rendre encore plus épaisses les ténèbres dont notre sujet s'enveloppe, en multipliant les affirmations.

Dans notre second chapitre, les différentes peuplades de la région macédonienne o.nt été ramenées à leur origine, et

rapportées, autant que cela est possible, à la race dont elles sont issues, et au temps où elles ont envahi le sol macédonien. Cette classification, tout ethnologique, nous embarrasserait dans la géographie politique, et nous l'abandonnons pour revenir aux divisions naturelles. Le royaume de Macédoine proprement dit, dégagé de ses annexes isolées, que nous ne décrivons pas^ embrasse cinq régions distinctes : riUyrie grecque, entre le Bercétésius et le Bertiscus, prolongements du Pinde à Test, et la mer Adriatique à Touest ; la Thessalie épictète, entre les monts Cambuniens et le Pénée ; la Macédoine proprement dite, entre les prolongements du Pinde et le Strymon; la Chalcidice, au sud-est de la Macédoine, entre le Strymon et TAxius; la Thrace épictète, entre le Strymon et le Nestus. Quelques peuplades appartiennent à deux régions : nous les rapporterons à celle des deux avec laquelle elles ont eu le plus de rapports. Les colonies grecques du littoral adriatique seront rattachées aux tribus barbares dont le territoire sera le plus voisin. Celles du sud-est sont assez importantes et assez nombreuses pour être étudiées à part; elles se trouvent renfermées presque toutes dans la Chalcidice, qu'elles occupent entièrement.

lUyrie grecque.

L'Illyrie grecque, telle que nous entreprenons de la décrire, a pour limites à l'ouest la mer Adriatique depuis le golfe Rhizonique (bouches de Cattaro) jusqu'au cap Acrocéraunien (cap Linguetta) ; au sud les monts Acrocérauniens jusqu'aux sources de la Soutchitza, les contre-forts qui les relient à la chaîne du Pinde en séparant le bassin de TAoûs (Voioussa) des bassins Epirotes, et parmi eux le

mont Lingus (Paléovouni) ; au sud-est la chaîne du Pinde, qui prend successivement les noms de Lacmus (Zygos), Poion(Baba-Dagh), et Tymphé (Sedriliani) ; à Test, les prolongements du Pinde, tels que le Bercétésius (Smolika, Grammos),rOctolophe (Péristéri), leBertiscus (Tourianska); au nord, le Scardus (Schar), le Scordus(Baba-Dagh), et les prolongements du Scordus (Tchernagora) jusqu'au golfe Rhizonique. Dans cette circonscription, dont le tracé physique est partout net et tranché, se trouvent compris les trois districts d'Anicius (Rhizonitide (en partie), Labéatide, Dassarétide), et aussi une faible portion de l'Epire proprement dite, que nous aurions pu appeler Epire épictète. Nous avons conservé les districts d'Anicius, parce que les armes macédoniennes ont occupé, momentanément, il est vrai, deux de ces districts sur trois. Pour le troisième (Rhizonitide), nous reconnaissons qu'il n'a jamais été macédonien, et que nous le sacrifions à l'irrésistible séduction d'une frontière naturelle. Cependant il y a bien une petite raison à alléguer en notre faveur. En effet, s'il n'y a pas eu domination, il y eu des relations suivies, et une sorte de solidarité politique. C'est de Rhizon que partent les sujets de Teuta pour exercer leurs pirateries; dans la guerre contre PhiUppe, Rhizon et les villes voisines méritent par leurs bons offices la reconnaissance du sénats, et sont déclarées libres à la paix. Elles n'auraient pas été si promptes à embrasser Tonéreuse alliance de Rome, si elles n'avaient pas éprouvé, ou tout au moins redouté, le joug macédonien.

La partie de TEpire renfermée dans llUyrie grecque ne mérite pas de faire une région à part ; elle se réduit en effet, eu prenant pour limite de TEpire la rive gauche de TAoûs et la Soutchitza, à quelques vallées pauvres, longues et étroites, dont les tribus, toujours misérables et sans

villes, sont aussi barbares que les tribus voisines du nord et du nord-est, et leur sont très-inférieures en puissance. Cependant elles doivent être comprises dans la région macédonienne, à cause des établissements fondés sur leur territoire par les Antigonides, ou par les villes grecques du littoral. Il est certain, en etTet, que les armes des Macédoniens y ont souvent pénétré, que les villes d'Orestias, de Byllis et d'Amantia en ont possédé une grande partie, et qu'enfin les Thesprotes et les Molosses, depuis le sixième siècle avant Jésus-Christ jusqu'à la domination romaine, ne se sont jamais étendus au delà, si Ton excepte un moment, sous Pyrrhus, pour faire place incontinent à Tinfluence macédonienne. Ajoutons que sous les Romains l'Illyrie grecque, sillonnée par tant d*armées, et voisine de colonies florissantes, a perdu peu à peu son caractère grossier. Gela explique le nom d'Epirus secunda, ou d'Epirus nova, qui lui fut donné par ses nouveaux maîtres.

Si nous avions à fixer à une époque déterminée, au commencement de la guerre contre Persée, par exemple, les limites respectives de ces trois subdivisions, nous étendrions le royaume deGentius le long des côtes jusqu'à risanus, et à l'intérieur par les sources de TUluléus et du Genusus jusqu'au lac Lychnitis, et, en contournant ce lac, jusqu'à Lychnidus et jusqu'au Drilo. Nous en exclurions la vallée du Drilo, habitée par les Péoniens jusqu'à son confluent avec le Drin blanc , la partie du bassin supérieur du Mathis occupées par les Pénestes, et les abords du Drin blanc, qui répondent aux solitudes créées de industriâ par Philippe. Nous terminerions l'Épire épictète au mont ^Eropus et aux contre-forts qui séparent les bassins de l'Aous et de TApsus, en excluant le littoral jusqu'au bassin du Célydnus, envahi tout entier par les colonies grecques. Ces délimitations, plus curieuses qu'utiles, ne sont d'une justesse

approximative que pour Tépoque précise où nous les donnons, et n'existent à vrai dire qu'un moment.

<>• Peuplades IllyrleaneH au nord du Drilo; liabéates.

Laissant de côté ali nord-ouest la presqu'île d'Hylla, peuplée parHyllus, fils d'Hercule, dont nous n'avons parlé que pour préciser remplacement du tombeau de Gadmus et d'Harmonie, et la ville d'Epidaure (Ragusa Vecchia), ancienne Enchélies, située au midi de cette presqu'île, nous commençons notre description au golfe Rhizonique (bouches de Cattaro). Ce golfe rappelle, dans des proportions très-réduites , la configuration du golfe Actiaque (golfe d'Arta), ou mieux encore celle des grands lacs formés par le Saint-Laurent. Il faut passer par trois goulets pour arriver au bassin supérieur, qui se divise en deux compartiments. Celui du nord répond au port de Rhizon (Risano), situé sur une rivière du même nom ; celui du midi au port d'Ascrivium (Cattaro) *. Il faut convenir que l'un et Tautre étaient parfaitement choisis pour en faire un repaire de pirates^ et que les barbares lUyriens pouvaient aisément en défendre l'entrée, soit par terre, soit par mer. Les Romains, qui avaient peu d'intérêt à les réduire, à cause du peu de fertilité et d'étendue de leur territoire, mais qui ne pouvaient permettre que d'autres peuples s'y établissent, les laissèrent libres \ et cette vie municipale se continua sous les empereurs ^. L'origine grecque de Rhizon et d'Ascrivium est évidente : en effet on trouve Rhizon dans une situation analogue sur le golfe Pagasétique*; en Réotie on trouve Ascra ^, et nous savons que Cadmus, qui a régné sur toute cette côte, en est parti.

1 Plin. III. 26. * Strab. IX. c. v. § 15. p. 374.

2 rlin. 26. — Liv. XLV. 26. » Plin. lY. 16.

3 Plol. II. 17.

Buthoë, OÙ Gadmus s'arrêta^, se reconnaît dans le port de Budua. Séparée d'Epidamne ou Dyrrachium par un jour de navigation, elle est située entre TArion (rivière d'Ombla) et le Drilo (Drin noir), près de TEmporium des Maniens et en face de Dyrrachium (Durazzo), dont la vue n'est interceptée par aucune terre. Ce dernier détail, que nous tirons deScylax^, est un peu hasardé : en effet, il y a de Buthoë à Epidamne plus de 115 kilomètres en ligne droite, ce qui rend déjà la vue d'Epidamne assez difficile, et le cap Pah, qui termine aunord la presqu'île de Dyrrachium, empêcherait d'apercevoir Epidamne, située à 5 ou 6 kilomètres au delà, plus au midi, quand même les deux villes seraient séparées l'une de l'autre [)ar un intervalle beaucoup moindre. Il faut, pour justifier Scylax, se placer entre les deux villes, à une demi-journée de navigation de l'une et de l'autre, ou du moins au cap Pâli. Alors cela devient possible, et le texte du géographe est exact. L'Emporium des Maniens, situé à 80 stades de la mer (15^,360) au-dessous du lac Labéatis, entre l'Oriundès et leDrilo^, répond assez bien à Antivari, dont le port est situé au fond d'une petite anse, à quelques kilomètres au nord-ouest, et qui est distante du lac Labéatis de 16 kilomètres environ*. Olcinium, ou plus ^ régulièrement Golchinium, était située au nord de la ville actuelle de Dulcigno, où se trouve aujourd'hui Dulcigno- Vecchio. Le nom de Golchinium ne doit pas nous surprendre : lesColchiens sont de la même famille que lesIUyriens; Oricum leur doit son origine, et les istriens de la presqu'île d'Istrie se prétendaient aussi une de leurs colonies. In quantum res transeunt! dit à oe propos Pomponius Méla^ Sous les Romains, Olcinium fut Ubre comme

t Sleph. 278. ^ Scyl. Car. G. gr. min, I. 9. 10.

^ Scyl. Car. G. gr. min. I. 9. 10. * Kiepert. Eur. Turk. — Cependant on voit de Malte les côtes ^ Porap. Mêla. U. 3. de Sicile, qui sont à 100 et à 200 kilomètres.

Rhizon et Ascriviuiïi, et conserva son autonomie pour les mêmes motifs politiques ^

Le lac Labéatis a environ 32 kilomètres sur 12 dans sa plus grande largeur; il est alimenté par l'Oriiindès (Moratscha), qui part du mont Scordus ( Baba-Dagh) et traverse le lac du nord au midi. Ensuite, le canal d'écoulement du lac prend le nom de Barbanna (Boiana); il reçoit à gauche le Clausala (Kiri, ou Drinassi), et après de longs circuits dans une plaine assez basse, il se jette dans le golfe Adriatique. Des bâtiments le remontaient anciennement jusqu'au confluent du Clausala, un peu au-dessous de Scodra, et Gentius pouvait naviguer de là jusqu'au lac Labéatis. Le bassin de rOriundès, habité par les Dassarenses, ne renferme aucune ville dont le nom soit parvenu jusqu'à nous; cependant il paraît avoir été fort peuplé avant la conquête romaine, et c'est probablement de là que Gentius attendait ces grands secours recrutés par Caravantius, son frère ^. Sur le Barbanna, entre le Clausala et le lac, et sur la rive gauche, était située Scodra (Scutari) (28 kilomètres de la mer), capitale du royaume des Labéates sous Gentius, et capitale de la Prévalitane sous les empereurs romains. Sa citadelle était sur la rive droite, et elle aurait été capable d'une longue résistance, si, au lieu d'engager la lutte en plaine avec plus ' de témérité que de constance, les lUyriens avaient mis à profit ses hautes murailles, et fermé ses portes garnies de tours. On retrouve le nom du mont Scordus ^ dans celui de Scodra, et dans celui de Scerdilaïdas, fils de Gentius. Médéon, appelée aussi par Tite-Live Météon*, fut prise par Perperna en même temps que Scodra par Anicius ^ et la famille de Gentius y fut faite prisonnière. Le voisinage de

1 Plin. m. 26. * Liv. XLIV. 32.

2 Liv. XLIV. 31. ^ Polyb.XXIX. 2.

3 Ibid.

Lissus, place forte des Labéates, et aussi la proximité de la mer, portent à croire que ce pourrait être le lieu appelé aujourd'hui Saint-Jean de Medua (5 à 6 kilomètres nordest des bouches du Drilo ).

Si l'on s'en rapportait à Tite-Live, TOrlundès, partant du Scordus et traversant le lac Labéatis, conserverait son no:u jusqu'à la mer, et recevrait dans son parcours le Barbanna grossi du Glausala. Malheureusement, il n'y a qu'un affluent au midi du lac Labéatis, et le nom de cet affluent est fixé par Tite-Livè lui-même, qui indique avec précision la position de Scodra. D'un autre côté, il n'y a sur la rive droite du Barbanna aucune rivière considérable qui puisse être prise pour l'Oriundès ; il n'y en a aucune qui vienne du mont Scordus, et il faut, ou que l'historien latin, au lieu de deux fleuves, en ait vu trois, ou que le lac Labéatis ait subi dans sa configuration de graves altérations.

Aux bouches du Drilo, à 3 milles au delà de Lissus ^ (4'^''',443), était situé le promontoire Nymphœum, oii la flotte de César, commandée par Antoine, aborda en trompant la vigilance des Pompéiens ; Etienne de Byzance rappelle Lissum 2. A l'opposé, on place la ville d'Œdantion : Etienne de Byzance est le seul qui la mentionne, en s'appuyant du texte de Scylax. Mais il faut ici adopter la correction de Saumaise, et lire xàx' àvTwv au lieu de xà^' ol8àvTi.ov ; il est probable que cette ville d'Œdantion n'existe pas. A l'est du promontoire Nymphœum, environ à 6 kilomètres de la mer, et sur la rive gauche du Drilo, est la ville de Lissus (Alessio), merveilleusement fortifiée par la nature et par l'art. Sa citadelle, Acrolissus ^ (San-Stefano ), était située sur une montagne ; elle se trouvait près du fleuve Ardaxane, mal gardée, à cause de sa force naturelle,

1 Caes. Bell. civ. III. 26. ^ Strab VII. c. v. § 8. p. 262.

- Steph. 425.

et assez éloignée pour permettre un coup demain. Philippe, fils (le Démélrius, après avoir franchi les défilés, y arriva en deux jours de marche, et s'empara des deux villes, au prix de rudes combats, qui durèrent également deux jours : il les perdit presque aussitôt. L'Ardaxane * est un affluent du Drilo à gauche, au-dessous du Saphuschar, et que les cartes les plus récentes figurent sans le nommer ; les défilés dont il s'agit sont ceux du Mathis(Mati), à 12 ou 15 kilomètres de son embouchure. Toutes les villes qui précèdent étaient sur le territoire des Labéates. Nous croyons volontiers qu'ils ne dépassaient guère à Test le Saphuschar, et au sud les défilés du Mathis, et que, dans l'antiquité, les peuples des cantons situés au sud-est étaient à peu près indépendants, comme le sont aujourd'hui les Myrdites. On n'y retrouve, en effet, les traces d'aucun fleuve, d'aucune ville, ni le souvenir d'aucune expédition, et il semble que le pays entre le Saphuschar et les sources de l'Oracha soit comme une de ces villes murées de la Macédoine, près desquelles Sitalcès avec ses Thraces, et le Brenn avec ses Gaulois, passent sans oser les attaquer.

à. l*artbluleii«9 ft'éuestes, ;%lbauîeus, ftlordètee».

Les Parthiniens, appelés aussi Parthyéens , s'étendent parallèlement au littoral, en arrière d'Epidamne, depuis le pays des Labéates jusqu'au pays des Taulantiens, et sont resserrés à l'ouest par le territoire des Epidamniens, à Test par celui des Albaniens et des Eordètes. Dans la première lutte des Romains contre riUyrie, ils furent déclarés amis de Rome, et protégés contre les entreprises de Teuta ^

* Polyb. VIll. 15. Tov Àp^àÇavov iroTocpLOv, où (/.oocpàv rnç

. . . AisXÔwv rà orêvà, xaréJ^eu^e wapà TroXewç,

^ Polyb. II. li.

Mais quand l'attention du sénat se porta sur la Macédoine, sa politique changea avec ses intérêts ; les Illyriens devinrent alliés, et, à la paix qui suivit la victoire des Cynoscéphales, Pleurate, l'un des successeurs de Teuta, obtint, avec le territoire des Parthiniens, tout le pays jusqu'à Lychnidus *. On connaît un certain nombre de villes et de forteresses dans le pays des Parthiniens ; mais, à l'exception de deux, on ne peut fixer leur situation. Bassania ou Bassana, alliée des Romains, est à 5 milles de Lissus ( 7^''-,400) ; Gentius essaya vainement de s'en rendre maître \ On ne trouve dans ce rayon aucun lieu auquel elle puisse se rapporter. Dans l'itinéraire d'Antonin, Glaudiana est placée à 43 milles , (64 kilomètres) d'Epidamne (Durazzo), et à 20 milles' (SO^^^sBOO) de Scampi. Elle devait se trouver dans le voisinage d'Elbassan, situé à peu de distance du Genusus, sur la rive septentrionale; cependant Glaudiana n'est pas Elbassan. Au sud d'Elbassan, on passe le Genusus sur plusieurs points voisins l'un de Tautre, et la distance de ces points à ApoUonie, prise en ligne droite, égale à peu près les 49 milles indiqués parles itinéraires entre ApoUonie et Glaudiana (72^'^-, 579). G'est en cet endroit que Glaudiana doit être placée : ce n'est pas une ville, mais une mansion, et comme la distance de ce point à Dyrrachium, mesurée en ligne directe, est beaucoup moindre, il faut croire que, dans cette partie du trajet, la, route, alors comme aujourd'hui, suivait d'abord le littoral pour longer ensuite le Genusus, et se raccorder à la route d' ApoUonie à peu près à l'endroit où l'on passe le fleuve, au sud d'Elbassan ^

Parthus, ville d'IUyrie, appelée aussi Sardus, et Parthenum *, appartiennent évidemment aux Parthins ; Etienne

» Polyb. XVIII. 29. 30. * Apollod. Chron. -^ Steph. 529.

^ Liv. XLIV. 30. 588. - Polyb. VII. 2.

^ Kiepert. Kc^rtevonder^ur, Turk,

de Byzanoe leur donne aussi Brysacium et Tambrax \ et Thomas de Pinedo cite dans ses observations un fragment de Polybe, qui représente Tambrax comme une ville ouverte, mais grande, et possédant une résidence royale ^ Il faut corriger ici Fauteur et son commentateur, et rendre Tambrax auxParthes d'Asie. Ptolémée attribue encore aux Parthins Eribœa^; peut-être est-ce la même qu*iEres ou iEris, qu'Etienne de Byzance place en Macédoine. Leakela donne sans preuve aux Paravéens *, et Lapie la place, égalen^ent sans motifs, sur laDesnitza^ Nous ne croyons pas, si Eribœa appartenait réellement aux Parthiniens, comme le veut Ptolémée, qu'on doive chercher cette ville si loin ; pour •nous, les Parthiniens ne dépassent pas FApsus, ou même le Genusus : au delà de cette limite, les Taulantiens leur succèdent, Dimallum, Bargyllum et Eugénium, cédées aux Romains par Philippe en 204, lors de la paix conclue par Sempronius ^, sont moins du territoire des Parthins que dans leur voisinage, et leur position ne peut être indiquée même approximativement. Cependant Parthus et Dimallum devaient avoir de l'importance, car, dans le traité de Philippe avec Annibal (215), les Carthaginois s'obligent à en interdire l'occupation aux Romains '^, De sorte qu'on pourrait avec vraisemblance les reporter au sud-ouest des Eordètes, le long du cours de l'Eordéus, où elles auraient fermé les passages de la Candavie, et commencé cette série de petites forteresses qui se continue le long du Rercétésius et de la Candavie dans le pays des Dassarètes pour p<*Qtéger contre les lUyriens TOrestide et l'EUmiotide^ devenues entièrement macédoniennes. Le nom d'Eugénium, qqi est tputgrec, donne de la consistance à cette supposition \

1 Steph. 186. 632. 6 ^v. XXIX. 12.

-- 2 polyb. X. 31. 7 polyl). VII. 2.

^ Ptûl. m. 13. p. 03. 8 Bargylium se retrouve e» Cçrie,

* Leake. Map of North. 6r^ dans la partie de cette contrée possé-

* Lapie. Carte de Turquie. dée par les Antlgonides.

Nous attribuons aux Pénestes le bassin supérieur du Mathis (Mati), et de son affluent TOracha. Voisins des Péoniens, ils n'étaient séparés du royaume de Persée que par le prolongement occidental des montagnes de Candavie, parallèle au Bertiscus, et Uscana, leur principale ville, appelée aussi Hyscana, était assez près de Lychnidus. En 170, le consul Appius Claudius, partant à la quatrième veille de son camp, situé à douze milles d'Uscana (17kil., 772), essaya de surprendre les Uscaniens ^ ; il reçut un grave échec, et revint à Lychnidus. Dans une brillante expédition contre les Pénestes , entreprise Tannée suivante, Persée prit Uscana , située à proximité de ses frontières, reçut à composition une fortercijse appelée Draudacus, dont la possession assurait la conquête du pays, et assiégea Oaeneum, ville défendue par de fortes murailles et par une florissante jeunesse. Oaeneum conduisait dans le pays des Labéates ; elle était protégée d'un côté par le fleuve Artatus, d'un autre côté par une montagne très-élevée , et d'un accès difficile. Elle fut prise cependant; ses habitants furent réduits en esclavage, et Persée repassa en Péonie pour y vendre son butin \ Nous ne connaissons aucun vestige indicateur des trois villes précédentes, mais si on examine qu'Oaeneum était sur la route des Labéates, on sera porté à croire que TOracha, branche septentrionale du Mathis, est le fleuve Artatus indiqué par Tite-Live, et on retrouve peut-être Oaeneum dans le nom actuel d'Hotagni ^

Lorsque Persée envahit le pays des Pénestes , les Dassarètes étaient déjà coupés par les Pénestes et par les Péoniens, et séparés des Dassarenses et des Daorses. En effet ils étaient mal soumis, et d'ailleurs ils obéissaient pour la plupart à Gentius. Si Persée avait dû traverser leur pays

^ Liv. XLIII. 10. » Lapie. Carte de Turquie.

2 Liv. XUII. 19.

pour s'emparer d'Uscana, Tite-Live n'aurait pas oublié de nous en avertir.

Les Albaniens habitaient au-dessous des Pénestes le pays montueux compris entre le Mathis (Mati) et Tlsanus (Hismo) : on leur attribue deux villes. L'une d'elles est Albanopolis \ que les uns croient être Croïa, ancienne capitale de Scanderbeg, appelée par les Turcs Ak-hissar, et les autres Elbassan ^ Nous penchons volontiers pour Croïa, dont la position répond mieux à celle des Albaniens^ et n'arrête pas le développement desParthins au sud. L'autre ville est Denda, ville libre sous les Romains ^, et située sur la côte : rien aujourd'hui ne révèle son emplaceraenl. Cependant les Albaniens n'ont pas dû s'étençlre beaucoup sur le littoral, car ils ne sont pas cités par Pline et par Pomponius Mêla comme peuples maritimes. Ils n'ont pu en occuper une faible partie qu'au nord, au-dessous des Labéates; autrement ils auraient coupé le territoire des Parthins. Nous leur assignerions volontiers le petit espace compris entre le Mathis et l'Isanus, qui forme le débouché naturel du canton d'Albanopolis (Croïa), et alors Denda, port ou emporium des Albaniens, répondrait à la position de Sersdit *, dont le nom a quelque analogie avec le sien, et qui, placée par Lapie sur risanus, à une lieue de son embouchure, peut être considérée comme étant sur le littoral, ainsi que le veut le texte de Pline l'Ancien.

Les Eordètes, Eordéens de l'ouest, séparés des Eordéens de l'est par les Dassarètes et les Orestes, soumis par les derniers Téménides, et compris par les Romains dans le quatrième district % habitaient la vallée supérieure du Genusus, à l'ouest des Dassarètes, entre eux' et les Parthins. Une

i Ptol. III. p. 93. * Lapie. Carie de Turquie.

2 Boue. Turq, cTEur. I. 64. » Liv. XLV. 30.

8 Plin. III. 26.

partie de leur pays correspond à la Candavie occidentale, et lui est contiguë. Trois villes leur appartiennent : Scampis, Debomse ou Diborna, et Daulia. Scampis, située sur le Genusus, lui a donné son nom moderne de Scompi, et c'est peut-être Ishbat. Quelques bourgs modernes (Daulas, Maulas, Dabowljan, Dobreni) ^ offrent quelque analogie avec les noms de Debomse et de Daulia, mais leur situation ne se prête à aucune conjecture vraisemblable.

c. Taulantleos, Dassarétes.

Les Taulantiens habitent parallèlement au littoral le bassin moyen du Genusus (Scompi) et de TApsus (Ergent), et le bassin de la Deschfiitza, affluent de l'Aoûs (Voïoussa); ils sont dans les temps historiques les plus puissants des Illyriens entre TAoûs et le Drilo. Parmi le grand nombre des villes qui sont placées sur leur territoire par les géographes des temps postérieurs, deux seulement peuvent leur avoir appartenu, et c'est loin d'être incontestable- Arnissa leur est attribuée par Ptolémée ^ : il faut, pour que ce soit possible, qu'il y ait eu dans la région macédonienne deux villes de ce nom, car la ville d'Arnissa, que Brasidas rencontre la première dans sa pénible retraite, ne peut être qu'en Eordée ou en Emathie. Pline et Etienne de Byzance citent Allanta ou Allantium ^. Si ce n'est pas la même qu'Atalante, située en Emathie sur TAxius, cela peut être une ville des Taulantiens, mais on ignore sa position ; peut-être cependant fautil la placer dans le bassin supérieur de TAxius, où Leake etLapie mettent la ville d'Eribœa. Sésareth aussi, dit-on, leur appartenait* : on trouve encore de nos jours Sésareth ou Mésareth sur le cours supérieur du même fleuve^, et les

1 Kiepert. Karfe von der JS^Mr. rur/fc. * Hecat. ap. Steph. 594.

2 Ptol. III. 13. p. 94. 6 pouqueville. Voy, en Grèce. I. ' Plin. IV. 17. - Steph. 64. ix. préf.

Taulantiens peuvent s'être étendus jusque-là. Mais, s'ils ont possédé cette ville, ce ne peut être que par conquête sur les Sésaréthiens, tribu méridionale des DassarètesS dont ils auront intercepté les communications avec le gros de leur nation. Les autres villes du tetritoire des Taulatitiens sont situées sur le littoral correspondant, et sont toutes des colonies grecques.

Nous savons déjà que les Dassarètes habitaient les tnotitagnes de Candavie autour du lac Lychnitis, et s'étendaient du nord au midi, depuis les frontières des Péoniens jusqu'à celles de la Tymphée. Nous avons parlé antérieurement des Dassarenses, qui n'avaient pas de villes, et des Daorses, situés au delà du Scordus, le long des frontières. Les Dassarètes, dont il s'agit ici, séparés des autres tribus de leur nation par les Labéates, et par les solitudes de la vallée du Drin blanc^, confinent aux Péoniens au nord et au nord-est, et aux Taulantiens à Touest; ils ont beaucoup de forteresses ou de bourgs fortifiés {vicos^ castelldf, probablement échelonnés le long des montagnes de Candavie et le long du Bercétésius pour en défendre les passages. Dimallum, Bargyllum et Eugénium , déjà cités à pfopos des Parthins, leur appartiennent probablement. Polybe place Créonium en Dassarétide * : Pouqueville veut que ce soit la même : que Sélasphoros% bâtie par les Grecs sur TEordéus pendant la domination romaine, et appelée aujourd'hui vieille Devol; il signale en cet endroit des constructions cyclopéennes, surmontées de restaurations rotnaines. Lapie place sur la même rivière, et à peu près au même point, le village de Gréova, dont le nom se rapproche sensiblement de celui de Créonium. Cependant, s'il est éi^ident

1 Steph. yo. — Strab. VIL c. vii. * Polyb. V. 108. § 8. p. 271. 8 Pouqueville. Voy. en Grèce. II.

« Strab. VII. c. yii. § 8. p. 27i. 588.

3 Liv. XXXI. 33. XLII. 36.

TOPDGRAPmË. 231

qu'il y a eu en cet endroit, à une époque très-reculée, un centre de population, la ressemblance des noms ne suffît pas pour affirmer que ce soit Gréonium, plutôt que toute autre localité appartenant au même peuple.

En 200, ^elon Tite-Live, Apustius, lieutenant de Sulpicius, ravage les frontières de Macédoine, enlève au premier chocCorragus, Géranium, Orgessus, et part de là pour assiéger Antipatrie * . Ges trois petites places sont bien dans le pays des Dassarètes, mais nous pensons que les rois de Macédoine, maîtres de l'Orestide, se sont tracé le long du cours supérieur de l'Apsus, datis le pays appelé par les anciens Phœbatide, une sorte de voie militaire, conduisant directement à la mer Adriatique, et au territoire des colonies grecques. Le parcours était direct, assuré par une suite de postes fortifiés contre les entreprises des tribus illyriennes, mais il n'entraînait pas la possession absolue du pays: les Dassarètes et les Taulantiens s'étendaient librement des deux côtés, et n'avaient guère à souffrir qu'aux époques de passage. Gela explique la présence des villes d'origine grecque au milieu des barbares, fait que nous avons déjà signalé à propos des Parthins, dans Eugénium, par exemple, et qui se retrouve ici dans les villes de Gnidus, Codrion, GertUs ou Gertunte, que quelques-uns confondent avec Gerunium, et enfin dans Antipatrie.

Dans son expédition contre Gorragus, Gerunium et Orgessus, Apustius investit Antipatrie, ville située dans des gorges étroites, et essaya d'abord d'entrer en pourparlers avec les principaux habitants, pour qu'ils se remissent à la discrétion des Romains. Mais les Antipatriens, se fiant à la grandeur de leur ville, à sa position avantageuse et à ses murailles, refusèrent de l'écouter. Il etoporta la place dé

1 Liv. XXXI. 27.

vive force, tua tous ceux qui avaient Tàge d'homme, abandonna le pillage aux soldats, détruisit les remparts, et mit le feu aux édifices. Codrion , ville passablement forte , effrayée de cet exemple, se rendit sans combat ; Gnidus fut prise d'assaut, et les Romains, attaqués dans leur retraite par Athénagoras, lieutenant de Philippe, parvinrent à conserver leur butin *. Antipatrie paraît être Bérat, située sur TApsus (Ergent) au débouché des défilés formés par le massif imposant du Tomarus (Tomor). Elle doit très-probablement sa fondation à Gassandre, qui de là surveillait les ApoUoniates et les Epirotes, et, quoique son nom soit grec, son origine est macédonienne. Plus tard, quand après la mort de Pyrrhus et la défaite des Gaulois, l'Epire sera frappée de décadence, les avant-postes macédoniens seront reportés plus au sud, et Antigone de Goni fondera Antigonée. Codrion répond à tomor, située sur le Tomarus, dont elle porte le nom. Gnidus est ainsi appelée, sans doute, du nom d'une ville d'Asie plus connue qu'elle ne l'est elle-même, et on ne peut former sur son emplacement aucune conjecture raisonnable. Il en est de même du nom de Phœbatide, ou terre de Phœbus 2, dont nous ignorons la raison. Il serait possible cependant que ce canton, aujourd'hui Gaulonias, ait fait partie du territoire d'Apollonie, et que les ApoUoniates, chez lesquels il y avait un temple d'Apollon, aient consacré la Phœbatide à ce Dieu. Ainsi on voit en Phocide les terres de Gyrrha consacrées à Apollon Delphien, et leur produit affecté à l'entretien du temple de Delphes.

Polybe place encore chez les Dassarètes Ghrysondyon et Gertunte, dont le nom est grec; Ghrysondyon, comme l'indique clairement son nom, appartenait, sans doute, aux Dyestes, possesseurs des mines de Damastium^ Gertunte,

i Liv. XXXI. 27. 3 strab. VII. c. vu. 6 8. p. 271.

« Polyb. V. 108. » p *.

Chrysondyon et Antipatrie avaient été gagnées, sans coup férir, par Scerdilaïdas dans son invasion en Macédoine (214); mais elles furent reprises presque aussitôt, et Philippe en était le maître quatorze ans plus tard, quand Apustius les lui enleva.

Enchélana, qu'il ne faut pas confondre avec Epidaure ou Enchélies, était située près du lac Lychnitis^ Nous avons déjà rapporté sa position au bourg actuel d'Hélinas, situé presque aux sources de rÂpsus\ C'est en se reportant à une époque antérieure au sixième siècle avant Jésus-Christ qu'Etienne de Byzance, sur le témoignage d'Hécatée, fait les Enchéléens voisins des Dexares, tribu chaonienne^. De même Scymnus de Chio veut que leur territoire soit contigu à celui d'Apollonie\ Si cela existait de son temps, c'est que les Romains avaient rendu aux Apolloniates la Phœbatide envahie par les rois de Macédoine. Il est évident, en effet, que les Antigonides ont possédé le pays intermédiaire pendant toute la durée de leur domination.

Au nord-est des Enchéléens se trouvai tPélion ou PelUon». Alexandre, après avoir suivi la vallée de i'Erigon, arriva devant ses murs, campa sur les bords de TEordéus (Devol), et entreprit le siège de la ville. En même temps Clitiis, fils de Bardyllis, roi des Illyriens, et Glaucias, roi des Taulantiens, occupèrent les hauteurs boisées du voisinage, prêts à fondre de tous les côtés à la fois sur les Macédoniens^ lorsque le moment serait favorable^ Après quelques combats, oii les Illyriens eurent le dessous, Alexandre, appelé en Grèce par la révolte des Thébains, abandonna le siège de Pélion. Nous retrouvons encore cette ville dans la lutte de la Macédoine avec Rome. Pendant la seconde guerre contre Philippe,

1 Polyb. V. 108. • * Scymn. Ch. ap. geogr, min, II. 25.

2 Kiei^eri, Kar te vonder Eur, Turk. ^ Steph. — Arrien.

8 Steph. 230. 6 Arr. Anab. 1. 1. c. v. vi.

234 GÉOGRAPHIE ANCÎBNNfe t)te LA MACÉDOINE.

Sulpicius, qui a déjà ravagé tout l'intérieur du royailttife, se rend de Célétrdm dans le pays des Dassarètes, enlève de vive force la ville dePélion, y laisse une bonne garnison, et traite humainement les habitants, car la ville était située très-avantageusement pour de là envahir la Macédoine \ Aii second siècle de Tère chrétienne, Quadrat, l'un des apologistes, lamentionne\ Ces détails importants nous permet^ tent de retrouver Pélion dans le bourg de Pliassa, situé sur le Devol ou Eordéus* au débouché de l'Orestide, au nord d'une montagne appelée Pepelas^ A Touest, en descendant le même fleuve, Moschopolis rappelle le séjour des Mosches, contemporains des Bryges, et a gardé leur notn. Peut-être est-ce la même ville que Mouséion, capitale de la moyenne Albanie sous Justinien, d'oii serait venu à cette région le nom actuel de Musaché \

Un certain nombre de localités sont indiquées par les auteurs anciens autour du lac Lychnitis, ou dans le pays des Dassarètes ; malheureusement leur situation n'est pas suffisamment expliquée, et, comme ce sdnt le plus souvent de simples forteresses, depuis longtemps détruites, il est très-difficile de remédier à ce que les témoignages ont d'incomplet. Nous ignorons où se trouvait Cérax ^ ; Philippe avait assis son camp à deux cents pas des Romains, sur une colline près d'Athacus ; Sulpicius le battit en cet endroit, et à Octolophe, située à huit milles plus loin (H kilomètres environ), c'est-à-dire près du mont Péristéri, dont le massif, composé de plusieurs sommets, a de l'analogie avec cet autre Octolophe mentionné en Thessalie dans la région de rOlympei Athacus est au nord-est de Gréonium ; il faut la chercher sur les bords du lac de Prespa, au nbrd-est et au-

1 Liv. XXXI. 40. * Pouqueville. Voy, m Grèce. I.

2 Steph. 548. 25. p. 310 et ît. p. 518.

3 Kie\ieTl.KiirtevonderEur.Turk. » Polyb. V. 108.

TOPOGBAPfllË. âiJ5

dessous de Resna ; la position d^Octolophe répond à Margarowo, au débouché du col de Dragor *, et c'est sans doute un bourg près d'Athacus, qili plus tard dans les itinéraires romains t'eçut le nom de Scirtiaiia. Ces trois dernières localités iious paraissent être dans la Lyncestide» et tiOUS y re^viendrons en parlant des Lyncestes. La Sateska, affluent direct du lac Lychnitis ^ a conservé le nom dé Sation qui, sans doute, était bâtie sur ses bords*

Ptolémée place Evia en Dassârétidë ^ ; Eurydice y fut assiégée par Olympias, J^t s'enfuit de là à Amphipblis, Ou Olympias la ressaisit, et la fît mourir * : c'est peut-être la même que Bœi. Bœi, appelée aussi Bœum, se retrouve dans la bourgade actuelle de Bohoun ^, et le fleuve BéVUs, qui probablement arrosait Bœi, alimente le lac de Pre9pa^ Enfin Lychnidus, qui a donné son nom au lac Lychnitis^ était située au sud-est de ce lac. Les consuls romains y séjournèrent quelque temps '^ dans leur lutte contre Persée, et elle se trouve mentionnée dans les itinéraires. Son emplacemeiit répond au monastère actuel deSaint-Naum : on voit encore sur une colline voisine des ruines sans caractère qui s'y rapportent probablement ^ Aucune inscription» il est vrai, aucune médaille autonome n'établissent positivement leur identité ; cependant la position convient pour les distances au tracé de la voie Egnatia, qui passait à Lychnidus ; Ochrida, située au nord-est, au-dessous du Sateska, est une ville moderne, de nom et d'origine bulgares ; il faut donc laisser Lychnidus à Saint-Naum. Nous plaçons à Prespa la ville de Brygias, qui constate Tancienne domination des Bryges dans cette partie du sol macédonien ^

1 Von Hahn. karte von Aibanien. « Lîv. XXXI. 33.

2 Kiepert. Karte vonderEur.Turk, ^ Liv. XLIII. 9. XLIV. 21.

^ Ptol. III. 13. « Pouqueville. Voy. en Grèce. IL

* Diod. XIX. il. 396. 400.

^ Polyb. V. 108 — Steph. v«. - » Von Hahn. Karte von Albanien, Lapie. Carte de Turquie.

Nous avons indiqué précédemment comment Sésareth et les Sésaréthiens étaient coupés des Dassarètes par les Taulantiens et les Tymphéens. Polybe donne aux Calicéniens Bantias, aux Pissantins Orgyse ouOrgessus^ Bantias est probablement la ville de ces Amantes barbari mentionnés par Pline ; alors les Calicéniens (Ka^woLvot) , dont le nom est tout grec, pourraient, quoique mêlés aux Dassarètes, être d'origine eubéenne \ Les Sélépitans touchaient probablement aux Elimiotes. Près des Sésarasiens, dans un canton habité anciennement par les Bryges, dont on retrouve les traces partout en ce pays, il y avait à Damastium des mines d'argent, exploitées par une autre tribu, les Dyestes. Sans doute il y eut aussi anciennement des mines d'or; le nom de Chrysondyon, qui rappelle à la fois ces mines et leurs maîtres, permet de le supposer ^ Par ces tribus, les Dassarètes, voisins des Péoniens au nord, s'étendaient au midi jusqu'à la Tymphée et jusqu'à l'Elimiotide. Les Abriens, et les Chélidoniens, tribus des Taulantiens, voisins de la mer Adriatique *, touchaient probablement aux Dyestes, et s'étendaient entre l'Apsus et l'Aoùs au sudouest d'Antipatrie.

d. Epldamne ou Dyrrachium ; Asparaglum.

A main droite de celui qui navigue dans la mer Ionienne est située Dyrrachium (Durazzo^). Cette ville, d'origine très-ancienne, ce que l'on comprend très-bien à cause desa position, qui esl très-heureuse, fut d'abord occupée par les Bryges, revenus de Phrygie, dit Appien (nous ^dirions

^ Polyb. V. 108. Calicéniens eussent cette origine^ et se

2 Nous hasardons sur les Calice- fussent mêlés aux Eubéens. Alors ce

niens une autre conjecture. ^Ethlius, serait des Eoliens d'Elide et de VMe

chef d'une colonie en Elide, épousa d'Eubée, par conséquent des Grecs.

. Calice, fille d'^Eolas (Raoul-Rochette. 3 Strab. VII. c. vu. § 8. p. 271. —

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