‹ Géographie ancienne de la MacédoineChapitre 8 sur 36 · ptrastes · texte numérisé non relu

ptrastes

Les Pirustes, d'après Strabon, sont une peuplade pannonienne, c'est-à-dire qu'ils appartiennent aux Illyriens proprement dits; ils s'étendent, avec quelques autres petites peuplades moins connues, jusqu'à la Dalmatie, et vers le nord-ouest presque jusqu'au pays des Ardyéens. On peut assigner aux Pirustes, ou à quelqu'une de ces petites peuplades qui les avoisinaient, le bassin supérieur du Drin blanc depuis le mont Pastrik jusqu'au Scordus; on voit encore aujourd'hui dans ce bassin Pristina, que Kiepert écrit Piristina, et Prisrendi^; ces deux noms ont une grande affinité avec celui des Pirustes. Nous les mentionnons parce qu'ils complètent la zone des peuples contigus, en se ratta-

1 Scyl. Caryand. ay. geogr, gr. ^ Scymn. Ch. t6id. II. 24. min. I. p. 9. éd. Hudson. » Kiepert. Europ. Turk.

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chant aux Dardaniens à Test par la vallée du Lépénatz, car ils ne font pas partie de la région macédonienne.

d. liObéates.

Les Labéates, obscurs jusqu'au troisième siècle avant Jésus-Christ, ne prennent leur essor qu'après la ruine des Ardyéens, et leur rôle politique dure moins d'un siècle. Ils occupent la vallée inférieure du Drilo, les petits bassins du Barbanna (Boiana) et du Clausala \ et les bords méridionaux du lac Labéatis (lac de Scutari). Ils subissent avec les Ardyéens et les autres peuples de la Dalmatie méridionale le joug de Tenta, qui régnait à Rhizon, et dominait sur les deux versants du Monténégro. Les Ardyéens, plus puissants qu'eux, portèrent les premiers le poids de la colère romaine, et la ruine des Ardyéens fit leur prospérité. Mais Gentius, leur roi, ayant embrassé le parti de Persée, fut enveloppé dans sa catastrophe, et le royaume illyrien qu il possédait fut divisé en trois districts, dont Tun fut formé par le pays des Labéates, Ces districts répondent vraisemblablement à la Prévalitane ^.

e. Unchéléens, Dassarètes, ^ésarasiens, Calleénlens, sélépltans.

Les habitants d'Enchélies, au nord du golfe Rhizonique, répondent au point extrême occupé dans le nord par les Enchéléens, mais ce point isolé n'est qu'un tronçon, et la masse de la nation demeura en deçà, probablement tout entière au sud du Drilo. Les Enchéléens ^ (Éy^éT^eiot, mangeurs d'anguilles, épithète, comme le nom de Pélasges'*)^ occupent les premiers les bords poissonneux du lac Lych-

1 Liv. XLIV. 31. » Scymn. Ch. ap. geogr. min, II. 25.

2 Boue. Turq. d'Eur. I. 5C. * Larcher. Acad. inscr. ÎLVI1I.74.

nitis (lac d'Ochrida) ; ils y éont établis avant le seizième siècle. Lorsque Cadmus, réduit à fuir de Thèbes \ opère son long voyage de Thèbes à Buthoë (Budua) sur un chariot traîné par des bœufs ^ la puissance des Enchéléens s'étend sur toute la côte au moins jusqu'à la presqu'île d'Hyllica. La supériorité de ses connaissances lui vaut le trône, et il fonde dans ce pays barbare une dynastie Agénoride, dont Illyrius, qu'il a eu de son mariage avec Harmonie^ est le premier roi. Les Grecs ont fait venir de cet lUyrius le nom des lUyriens^; il est plus juste d'y voir un acte politique de Cadmus, qui se sera servi de ce moyen pour lui assurer, par une sorte d'adoption, l'obéissance de ses nouveaux sujets, ou encore le symbole de l'empire exercé sur les lUyriens par les tribus émigrantes du xMidi. Il est impossible d'admettre en effet que l'influence des successeurs de Cadmus ait dépassé la limite orographique, et se soit étendue à tout l'IUyricum, même temporairement. Peu de temps après la mort de Cadmus (dont le tombeau est placé par les uns àPola en Istrie \ ce qui est bien loin d'Enchélies, et surtout de Lychnidus, dont on le fait le fondateur ^ et par les autres au midi de la Dalmatie, entre la presqu'île d'Hyllica et Rhizon ^), les Enchéléens, alors à l'apogée de leur puissance, et sans doute pour venger Cadmus, firent une invasion en Grèce, et battirent les Thébains. Mais ils pillèrent au retour le temple de Delphes, et périrent presque tous misérablement, comme l'avait prédit un oracle \ qu'on voulut plus tard faire revivre, et appliquer mal à propos à Mardbnius et aux Perses ®. Cependant ils ne périrent pas tous, et ce sont probablement les débris des

1 Appien. Illyr. éd. Schweighaeu- ^ Larcher. Acad, inscr. XLVIII. ser. 1.831. 73.

2 Steph. Byz. \o. e jjenys le Periég. éd. Bernhardv. 5 Apoilod. Biblioth. III. 5. v. 590-596.

* Tzelzës. Chil. IV. hist. 139. ^ Larcher. loco citato. d. 70. 80.

« Hérod. IX. 41.

GÉoaRAMiÊ fllSTORiQUE A t'ÉPOijUE iPRlMitlVE. Ô'ï

Enchéléens que l'on retrouve sous le nom de Sésai^asiens vers la frontière de l'Epire. Leur souvenir s'y est perpétué, et on voit encore aujourd'hui dans la vallée supérieure de TAoûs un fort village appelé Sésareth * (ancienne Sésaréthie^ ), à rentrée des défilés de Pyrrhus.

Les Enchéléens étaient toujours cantonnés autour A\x lac Lychnitis et habitaient dans le voisinage de ce lac la ville d'Enchélana , qu'il faut peut-être chercher dans le noili abrégé d'Hélinas ^ village situé aujourd'hui aUx sourceâ de TApsus (Ergent). Ils continuèrent d'avoir des relations avec lesThébains, auxquels les rattachait une origine commune; Laodamas, fils d'Etéocle, vaincu par Adraste à la bataille de Glissante* (2 lieues est de Thèbes), se retira chez eux, et cet échange de bons offices se perpétua jusqu'au règne de Philippe, fils d'Amyntas. Mais dans l'intervalle uû autre nom, celui de Dassarètes, avait prévalu. SoUs cette dernière dénomination, ils ne dépassèrent pas le coufS de TApsus au sud, ni les monts de Candavie à Test ; au nord ils abandonnèrent aux Péoniens une partie de la Vallée du Drilo, et, s'il est prouvé qu'ils se perpétuèrent autour du-lâC Lychnitis dans la contrée appelée de leur nom Dassarétide (troisième district d'Anicius), rien ne démontre qu'ils èe soient étendus au delà. Philippe et Persée, dans leurs expéditions contre Lissus et contre Tes Pénestes, les âut*aieUt trouvés sur leur chemin, et les historiens ett auraient Ikil mention.

Cependant M. Poinsignon veut ^ que les Daorses et les Dassarenses soient situés au delà des Labéates, près dU Naron, c'est-à-dire, en revenant à notre rectificatioti, près de rOriundès, et il paraît difficile de concevoir qu'ils aient

* POuqueville. Voy. en Grèce. I. 3 Kieperl. Europ. Turki 200. 4 Larcher. Acad. inscr. XLVIII. ê9.

« Stcph. Byi. Y». » M. Poinsignon. p. «4.

exercé leur protectorat sur Rhizon et Olcinium, s'ils ne dépassaient pas alors le lac Lychnilis. D'autre part, Pouqiieville nous indique sur la côte Acrocéraunienne^ près de Palesté (Paléassa), la rade Daorso, plus connue sous le nom de Val Dorso \ et y rapporte un bronze d'Apollon imberbe, coiffé du piléus, ayant au revers une couronne de chêne, et la légende Aaopo-wv. Cette interprétation me paraît erronée ; mais il est certain qu'il y avait au nord des Labéates, des Daorses ou Daorises ^ et des Dassarenses, probablement de la nation des Dassarètes. Strabon nomme positivement ces peuples et les distingue expressément de ceux qui 'occupaient la Candavie. Il faut recourir à l'idée d'un fractionnement, et attribuer au même peuple, divisé en plusieurs tronçons, les Daorses ou Daorises, voisins des Autariates et desPirustes; les Enchéléens d'Enchélies, et ensuite d'Epidaure, au nord du golfe Rhizonique ; les Dassarenses, habitant le bassin de l'Oriundès, entre les Maniens et les Pirustes, et exerçant leur protectorat des deux côtés du Scordussur les tribus adjacentes jusqu'aux Dardanes, et jusqu'à Rhizon; les Dassarètes d'Enchélana, tribu centrale, dans la Candavie autour du lac Lychnitis; les Sélépitans et les Calicéniens, qui en dépendent; enfin les Sésarasiens, débris de l'expédition de Delphes, cantonnés aux frontières de l'Epire. On peut, sans invasions victorieuses d autres tribus, expliquer l'existence de ces tronçons; il suffit qu'après avoir laissé le passage libre, les autres tribus barbares le ferment, et qu'on ne soit plus assez fort pour se le faire ouvrir.

Après la défaite des Labéates, les Dassarètes restaient seuls debout : on les affaiblit aux deux extrémités en proclamant

1 Pouqueville. Voy. en Grèce, I. Derséens, situés à l'ouest du Nestus, 258 entre les Sapéens et les Satres, et aussi

- On peut rapprocher ce nom des de la ville mygdonienne de Tirsae.

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libres les Rhizoniles, les Olciniates et les Taulantiens, et depuis cette époque il n'en est plus fait mention que géographiquement.

A Péiiestes.

Les Pén estes habitaient au nord-ouest des Dassarètes le pays entre les Labéates et les Parthins ; TArtatus, qui traversait leur territoire, correspond à TOracha, ou Sulimit \ affluent du Mathis (Mati). Etienne deByzance en fait mal à propos^ des Thessaliens, et Tite-Live, mieux renseigné, les place sur la route qui conduit dans le pays des Labéates ^ Ils ne sont pas mentionnés avant Persée; ils apparaissent alors, mais pour être détruits par lui, ou vendus comme esclaves, et c'est ce qui explique le langage d'Eustathe * dans son commentaire sur Denys le Périégète. Tous ne furent pas également maltraités, et nous voyons figurer depuis dans Tarmée de Persée lui-même des Pénestes, dont il forme la garnison de Cassandréa \

£:, Parthins on Parlhyéens.

Les Parthins occupaient le pays au-dessous de Lissus, aux environs de Dyrrachium et d'ApoUonie, plus à l'intérieur que sur les côtes ^ M. Poinsignon les fait toucher aux Atintanes, à tort, selon nous '' ; ils ne descendaient pas si bas, et ils étaient séparés des Atintanes par les Taulantiens. D'abord protégés par les Romains contre Teuta, ils furent abandonnés à Pleurate après la bataille des Cynoscéphales ®, et il n'en est plus fait mention politiquement. Ils ne figu-

* Lapie. Carte de Turq. — Kiepert. ^ Liv. XLlIl. 23. Europ, Turk. « Strab. VII.

* Stepb. v». 7 M. Poinsignon. p. 20.

3 Liv. XLI11.19. 8 polyb. II. 11. XVIU. 29. 50. '* Ëustath. ad Dionys. 555.

70 QlEQfS^RAPHlB ANCIENNE BB LA MAGÉBOINE.

rentpasdçins les divisions ou districts d'Anicius et de Paulr Emile, et se fondent sans doute alors avec leurs voisins les Albaniens. Leur pays avait plusieurs forteresses, dont la principale, Parthus, reproduisait leur nom.

h. Albaniens.

Le nom des Albaniens est véritablement illyrien ; on trouve au sud du Caucase, sur les bords de la mer Caspienne, et contiguë à llbérie, uqe région appelée Albanie, quia conservé ce nom jusqu'à nos jours; les Parthyéens s*y retrouvent également \ Obscurs, ils n'ont point d'histoire dans les temps anciens ; mais à la fin du moyen âge la lutte soutenue par Scanderbeg contre les Turcs les place au premier rang, et ils ont donné à Tlllyrie grecque son non moderne d'Albanie. Leur séjour dans l'antiquité correspondait aux environs de Croïa, et très-probablement Croïa elle-même est leur ancienne capitale Albanopolis.

». £ordéenS9 Eordètes.

Les Eordéens habitaient au sud-ouest des montagnes de Candavie la vallée moyenne de TEordéus (Devol), et s'étendaient à l'est jusqu'au lac Bégorritis ^ (lac Sarigul). Le territoire des Dassarètes les séparait en deux cantons. L'Eordée orientale, correspondant au bassin de TEordaïcus et du lac Bégorritis, fut soumise la première par les Téménides de Macédoine, et les Eordéens, ses habitants, s'étsiblirent dans la Mygdonie autour de Physca ^ L'Eordée occidentale, occupée par les Eordètes, fut réduite beaucoup plus tard, peut-être par Antipater ou par Gassandre, et n'a pas

1 Strab. XL s Thucyd. II. 99.

» Liv. XLII. 53.

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laissé de traces de sa résistance. Etienne de Byzance veut * qu'il y ait eu trois autres Eordées, dont deux en Mygdonie et une en Thrace, probablement en Chalcidice : ce sont trois asiles ouverts aux exilés de TEordée orientale, comme on en ouvrit au:^ Bottiéens, chassés aussi de leur patrie; Physca et Physcella sont probablement deux de ces asiles. Pline fait des Eordéens une peuplade péonienne^; il a raison, s'il comprend sous cette dénomination toutes les tribus que les Macédoniens se sont assimilées^ et que cela ne se rapporte qu'à la dernière époque, celle des Antigonides, par exemple; mais s'il y rattache une question d'origine, il est probablement dans Terreur. Néanmoins le nom d'Eordètes ne convient qu'à ceux de TEordée occidentale, qui sont enclavés entre les Dassarètes, les Albaniens et les Taulantiens. Demeurés libres plus longtemps, ils ont dans leur territoire la ville de Scampis, le cours supérieur du Genusus, et le cours moyeu de TEordéus, entre les Pénestes et les Mosches.

Selon Strabon, les Eordètes sont, comme plusieurs peuj)les de cette régi on, desIUyriens mêlés d'Epirotes ; désignation vague, qui signifie tout au plus qui les Grecs ont entretenu des relations avec les tribus de cette partie de TlUyrie, et qu'il y eut à Tintérieur quelques cas assez rares de colonisation, A l'est, les Eordéens ne sont pas davantage Péoniens, s'ils l'avaient été, ils se seraient fondus avec les Mygdoniens, et leur souvenir se serait perdu en Mygdonie et en Chalcidice, au lieu de s'y conserver.

j' liynceiiles.

Les Lyncestes tiraient leur nom de Lyncus, leur bourgade principale , et s'étendaient à l'est du lac Lychnilis entre les monts Candaviens et l'extrémité méridionale des

» Steph. vo. 2 Plin. IV. 10.

monts Babouna, dans la région moyenne du bassin del'Erigon. Ils ont mi certain degré de civilisation, et leurs traces sont nombreuses dans l'histoire de Macédoine. A partir du septième siècle avant Jésus-Christ, ils sont gouvernés par une dynastie corinthienne de la famille des Ba*cchiades; puissants et belliqueux, ils ont pour alliés dans les combats les Dassarètes et les Taulan tiens, Illyriens comme eux. Ils subissent volontairement la domination de Philippe^ ou du moins sans trop de résistance; ils occupent un rang distingué dans l'armée d'Alexandre, etPerdiccas est leur chef *. Après rinvasion romaine, ils disparaissent, et se mêlent probablement avec les Dardaniens, encore libres. Ce qui donne quelque fondement à cette supposition, c'est le lïDm d'Arrhibéus, porté au temps de la guerre du Péloponnèse par un de leurs rois, et le nom d'Arrhibantium % que Ptolémée attribue aune ville des Dardaniens. Il n'est pas étonnant qu'après la conquête romaine, comme précédemment, après la conquête macédonienne, il y ait eu émigration.

h. Oresles.

Selon les témoignages les plus dignes de foi % une colonie grecque conduite par Penthilus, fils d'Oreste, aurait précédé de plusieurs siècles au centre de la Macédoine l'établissement desTéménides. Penthilus s'établit autour du lac Célétréen, y fonda une ville qu'il appela Argos Oresticum, et y mourut. On ne dit pas que sa postérité se soit perpétuée dans ce pays ; on voit au contraire après sa mort deux colonies partir de l'Orestide, et fonder, l'une Orestias sur les bords de la mer Ionienne, l'autre un établissement à Dascylium sur les côtes de la Propontide \ Cependant il faut

1 Diod. XVII. 57. ' Solin. IX. - Strab. XIII.

2 Ptol. II. 16. — Mercat. Tab. IX. ^ Raoul-Hochelte. Col. gr. 11.450.

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qu'il soit resté des Grecs dans le pays pour y perpétuer le nom d'Orestes. Il est probable qu'ils se cantonnèrent dans la ville d'Argos Oresticum, dont ils firent respecter l'autonomie, et que pour les relations du dehors ils s'unirent à la population antérieure, les Bryges, par exemple, à laquelle ils imposèrent leur nom. En effet, sur toutes les frontières de rOrestide, près du lac de Kailari, près du lac Lychnitis, les Bryges font acte de présence jusqu'au bout, se perpétuent sans se confondre ni avec les Orestes, ni avec les Macednes, et résistent à leur contact. Les Orestes sont les premiers soumis par lesTéménides d'Edesse, avec les Eordéens du lac Bégorritis. Dans l'armée d'Alexandre, ils figurent réunis aux Lyncestes sous les ordres de Perdiccas \ et, lors de la conquête de Paul-Emile, ils sont déclarés libres par les Romains avec les Lyncestes, les Pélagoniens et les Elimiotes. Ils constituent avec eux la Macédoine supérieure, ou libre % sans que cette liberté tardive leur rende leur ancienne prospérité. Leur pays avait été ruiné précédemment par les invasions des Dardaniens^ Pausanias , meurtrier de Philippe, et Ptolémée Soter, fondateur de la dynastie des Lagides d'Egypte, étaient de leur nation \

l. Ellméeu» ou Elimiotes.

Les Eliméens ou Elimiotes habitaient au sud des Orestes, et leur pays, appelé Elimée, ouElimiotide, était situé entre l'Haliacmon et le Bercétésius. Il s'étendait très-loin à Test, et jusqu'à la rive gauche de l'Haliacmon inférieur, oii il rencontrait le territoire des Piériens. Le petit bassin de la Vendja y était compris, et prolongeait TElimiotide jusqu'aux portes de Bérée, mais sur la rive droite l'Elimée ne

< Diod. XViï. 57. 3 Liv. XXVII. 34.

«iLiv. XLV. 30. * Diod. XVI. 93. — Steph. v».

dépassait pas le mont Amarbis et le défllé de Volustana. PeFsée, partant de Citium, longe le lac Bégorritis et le pays des Eordéens, passe dans TElimée, pépètre jusqu'à l'Haliac^ mon, et de là il lui suffît de franchir par un col étroit (défilé de Volustana) les monts Gambupiens, pour se trouver dans la Tripolide Perrhébienne ^ Dès le cinquième siècle avant Jésus-Christ , les Elimiotes faisaieat partie des Macédoniens, dont ils étaient alliés et sujets % mais ils avaient leurs rois propres, ou leurs chefs particuUers de la familje des Téménides (Derdas^). Leur phalange figurait dans Tarmée d'Alexandre, qui traversa leur pays pour réduire les Thébains \ Ils se trouvaient aussi sur la route qui conduisait le plus directement dans le pays des Athamanes par Elima et Gomphi ^ Les Romains, sous le consul Hostilius, essayèrent de pénétrer en Macédoine de ce côté-là % et furent repoussés par Persée,

m. Tavlanlienp*

Les Taulantiens, que Ptolémée'' appelle Daulantiens, étaient une des nations les plus puissantes de TlUyrie grecque. Us s'étendaient au sud des Parthins jusqu'au pays des Atintanes % séparés de la côte adriatique par les territoires d'Epidamne et d'ApoUonie , qui formaient une lisière étroite. Toujours en guerre avec ces colonies grecques et avec les rois de Macédoine ®, ils ravageaient à l'ouest et à Test les terres de leurs voisins, et Glaucias, un de leurs rois, osa s'unir à Glitus, roi des Illyriens (Dassarètes? ), pour combattre Alexandre *^. Alliés des Romains contre Philippe

t Liv. XUI. 53. 6 Plut. ^mil.

8 Thucyd. II. 99. ^ Ptol. III. 13.

3 Xénoph. HeUén. V. c. ii. § 38. » Plin. JII. 26.— Pomp. Mêla. II. 3.

* Arrien. Exp. d'Akx, I. c. i. » Thucyd. 1. 24.

» Diod. XVII. 57. 10 Arrien. Expéd, 4' Alex. I. ç. vi.

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et contre Persée, iU furent déclarés libres par Flamininus, mais iU ne furent pas compris dans les faveurs de Paul- Emile, et depuis cette époque on ne le'S connaît plus que de nom.

Les autres peuples de la frontière du sud contigus aux ^précédents, tels que les Tymphéens, les Paroréens ou Paravéens, les Atintares, les Amantins, les Bylliones et Dyllidiens, les Orestiades, les Chaoniens , les iEthices, les Talares, les Ilestiéens^ les Perrhèbes, sont de race pélasgique. Nous en reconnaîtrons l'origine en parlant des Pélasges et de leurs migrations.

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