‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 11 sur 146 · CU · texte numérisé non relu

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cultive, dans les environs de Paris (Coss. et Germ., FL, I, p. 225). Kn Irlande, on peut croire qu'elle a été rejetée des jardins (Mackay. Fl.). Cet ensemble de faits me fait croire à une naturalisation du Cerfeuil musqué dans les lies Britanniques.

Le Buplevrum falcatum. qui croit sur le continent, près de I Angleterre, et qui a été trouvé en 1832 dans le comté d'Essox (Engl. Mol., t. 2763). loin des habitations, pourrait bien être originaire du pays, comme le pense M. Babington. et avoir échappé à Ray et à Dillenius. par sa rareté et sa petitesse.

Buplevrum rotuiulifolium, L. Espèce cultivée malgré la volonté de I homme, car elle ne sort pas des champs en Angleterre, comme en France, en Italie et en Allemagne. Elle paraît spontanée, hors des cultures, autour du Caucase (Bieb.) et dans les montagnes de Suwant (Hohen., Pl. Talysch), peut-être aussi en Perse (Fisch. dans DC, Pralr.).

Le Fcenicutum vulgare, Gaertn. [Anethum Fceniculum, L.), me parait indigène en Angleterre, comme sur le continent voisin, malgré le doute de M. Watson (Cy6., I, p. 447). Il est très répandu dans les endroits stériles, surtout sur la côte méridionale et orientale de l'Angleterre (Bromfield, Phytnl., 1819, p. 407). Dans l'IIé d'Anglesey, le nom gallois (Davies, Welsh Bol., p. 80) parait être purement la traduction du mot latin : ffeniyl (fœniculum1, cyffretliii (commun?). Peut-être l'usage avait-il fait prévaloir le nom étranger sur un nom celte? Peutêtre la plante était-elle primitivement, comme aujourd'hui, étrangère à l ile d'Anglesey, quoique répandue dans le midi de l'Angleterre?

Il n'est pas sûr que Y Anthriscus Cercfolium. Hoffm [Chœrophyllum xativum, Sm.j soit vraiment naturalisé. On le trouve plutôt dans les déblais des jardins et autourdes cultures (Wats., Cyb., I, p. 462 : Bromlield, P/iy/o'., 1849, p. 4M). Sans les graines issues des pieds qu'on cultive, il disparaîtrait peut-être du pays.

* Ix»nlcvr» Caprtfollum, L. — MM. Babington (Man., 2<édit., p. 1 51) et Watson (Cyb., II, p. 1 0) indiquent l'espèco comme peut-être d'origine étrangère et naturalisée, et Bromlield [Phytol , III, p. 421) est plus décidé dans le même sens, par des raisons géographiques, dit-il, car la plante croît bien spontanément aujourd'hui en Angleterre. La réflexion de Bromfield me semble très juste. L esjH'ce manque à toute la partie occidentale du continent, par exemple, à la Hollande, au nord-ouest de la France, et même aux Flores delà Loire-Inférieure et de Bordeaux. Ello se naturalise quelquefois près de Paris (Coss. et Germ.), mais il faut aller jusqu'en Dauphiné(Mut., Fl Duuph., p. 270), en Lorraineeten Alsace iGren.et Godr., Fl. Fr , II, p. 9), pour la trouver vraiment indigène. 11 n'est guère possiblo qu'une plante do I Europe orientale se soit trouvée avoir une patrie distincte à l'occident, et si cela était, on la verrait plus répandue dans cette région, tandis qu elle manque à (Irlande et à plusieurs comtés de l'Angleterre. Ray n'en parle pas. D'après les localités citées par Smith [Fl. Bril.,p. 260, en 1800), qui sont près d'Oxford et de Cambridge, la diffusion aurait commencé autour de ces deux Universités, ce qui est arrivé souvent à cause des jardins botaniques.

* Loalcera Xylo««cum, L. — Spontané maintenant dans quelques points du midi de l'Angleterre (Bromf., Phyl , 1849, p. 422). Il n'était pas indiqué par Ray et Dillenius. Il manque à 1 Irlande, la Hollande, la Normandie, le département de la Loire-Inférieure (Lloyd). Son habitation commence vers le centre de la France.

Samlmcu* Ebulu*. L. Probablement indigène, malgré les doutes de M. Watson

CIIANC.EMKNTS hANS l'h MUTATION DKS ESPÈCRS.

(Cyb., Il, p. 7). Il existe en Irlande, en France, en Hollande, toujours dans des localités fumées ou voisines des villages el des chemins. C'est sa nature Avant l'homme, il de\ait se trouver dans les grasses prairies sur lesquelles paissaient d'immenses troupeaux.

* Aaprruln laurina, L. — % — Naturalisé depuis I83G dans deux localités des comtés de Leicester el de Westmoreland Babington, .Va»»., 2* édit., p. 153 ; Wats., Cyb., Il, p. 23), et plus récemment en un point du sud-est de l'Ecosse (Wats , Cyb., III, p. 450). Cette plante crott dans les Ixiis du Dauphiné, du Piémont (OC., Fi. Fr. . Mut , Fl /•>., Il; p. 89), à Montpellier [Gouan] , mais il n'est pas sûr qu'elle y habite toujours (DC, (Vil. h. Jfo/isn.), et je soupçonne qu'elle y était adventive, à cause des endroits indiqués. Comme elle manque à l'Irlande et à l'ouest de la France, il est probable que, dans la Grande-Bretagne, elle s'est échappée d'un jardin, ou qu'elle a ete introduite avec des graines étrangères. Il faut encore savoir si elle durera dans ce pays, car l'introduction en est bien récente et partielle.

L' Asperula arrensis, L., est d'une introduction récente el douteuse, dans trois localités éloignées (Wats.. Cyb., II, p. 23).

Le (ialium sacehanitum, AIL, n'a été remarqué dans la Grande-Bretagne que depuis le siècle actuel iF.uql. Uni., t. 2173) : mais il (Hnirraît bien avoir été confondu avec les espèces voisines, qui sont du pays. Il croit dans le midi et le centre de la France

Gttlium Iricomo, With. Cette plante, qui crott dans les prés de la Thrace(Griseb , Spicil ), et qui est également sauvage à Baku el les monts Talysch (C.-A. May., Hohen.!, n'existe en Allemagne, en France, en Italie, en Angleterre, que dans les terrains cultives. Ray la mentionnait déjà. File est trop obscure, trop difficile à distinguer, pour qu'on puisse savoir si les anciens la po»sédaient File est en Sicile ((iuss., Syn.) et en Sardaigne, où même on l'indique dans les champs et les haies (Moris, f7., II, p. 306) Ces localités fonl supposer une grande ancienneté dans le monde romain ; mais elle n était pas encore connue en 1X4? aulour d Alger (Munby, FL)

Les (ialium npurium, L , et Galium Vaillantii, DC , se trouvent dans les champs. Leur distinction entre eux et d'avec les espèces voisine*, est trop difficile |K>ur qu'on puisse rechercher si elles existaient autrefois en Angleterre et de quel pays elles sont originaires.

* Centrnnthu» ruhrr, L. — ^ — Plus ou moins naturalisé dans vingt ou vingt-cinq comtés (Wats., Cyb., II. p 24), subspontané d'après Bromlield [PAfJ., III, p iîG) Smith, en 1805, dans VEuglish liolany, i. 1531, disait: « Ray a omis l'es|)èce probablement parce qu il la regardait comme rejetée des jardins. J'ai eu la môme opinion jusqu'à ce que je l'aie trouvée avec toute l'apparence d'une plante sauvage, dans les creux à chaux du comté de Kent. » — Pour moi, je présumo que si l'on cessait de la cultiver dans les jardins, elle subsisterait indéfiniment sur diverses murailles, falaises et rochers, ce qui constitue une plante naturalisée.

Cmtranthui Caleitrapn, Ihifr. Se maintient depuis un demi-siècle à Eltham ; cependant, M. Watson [Cyb., Il, p 25) doute de la naturalisation.

* Yalerlann pucnaica, L. — ^ — A été trouvé en Ecosse depuis 1782 {Engl. Bot., t. 15'Jt), dans des fossés et sur des murailles, près de Biair-Adam; ensuite dans diverses localités boisées. Sir W. Hooker {Engl.Hol . p. 15) le

croit naturalisé par l'effet de la culture clans les jardin», comme plante d'ornement. M. Babington (Man., 2* édit., p. 4 57) regarde l'introduction comme probable, et M. Watson (0/6 , II, p. 25) ajoute trois nouvelles localités fort éloignées de l'Ecosse, l'une dans le pays de Galles, la seconde en Staffordshire, et la troisième dans le midi, près do Ipswich. L'espèce n'existe sur le continent qu'aux Pyrénées. Si elle était autrefois plus répandue dans les régions occidentales, on la trouverait encore en Irlande plutôt qu'en Ecosse. D ailleurs, ses graines sont munies d'une aigrette, qui facilite la sortie des jardins. Un peut conserver cependant quelque doute sur l'origine étrangère, la flore d'Écosse ayant été peu explorée avant 178*.

Valerkmella carinata, Lois. ® Trouvé dans une dizaine de comtés. M. Watson (Cyb., III, p. 354) doute de son origine, tout en regardant le Valerianella olitoria comme indigène (Cyb., II. p. 27). Je suis disposé à les croire tous doux originaires de la région méditerranéenne et transportés avec les cultures. Ils sont, avec d'autres, en Sicile (Guss., Syn., I, p. 31), m pascuis herbotis; el \ olitoria a des stations analogues dans plusieurs parties de l'Italie (Berlol , Fi. /t., I, p. 185).

Anu-nnaria margarltaeea, Br. — lf> — I) Amérique. Voyez plus loin (art. 6). Antérieure à Ray.

Erlgeron canadentM*, L. — (i) — D Amérique. Voyez plus loin (art. 5).

Centuurea montuna, L. Cultivée dans les jardins, elle paraît commencer à s'introduire ailleurs dans le pavs. M. Watson (Cyb., II, p. 87) indique deux localités éloignées

Centaurea Cyanus, L. ©. En Angleterre, commo sur le continent, coite espèce ne sort pas des champs de blé. Elle disparaîtrait si l'homme ne lui préparait chaque année un terrain convenable. Je ne crois pas qu'on ait jamais réfléchi à son origine et à son histoire, qui présentent ce|>endant quelque intérêt. M. Gussone [Syn. Fi. Sic, II, p. 509) nous apprend qu elle est sauvage en Sicile, ih aprids mmlosi* herboais, sur les pentes herbeuses exposées au soleil. Klle n'est pas indiquée, même dans les champs, en Sardaigne(Moris. /*'/.), à Alger (Munby, Fl .), dans le midi de l 'Espagne (Boiss., Voy.; kellaarl, Fi. Caip.), à Zante (Margot et Bout., Cot.). Elle est rare dans les champs do la Grèce (Fraas, Syn.), et autour du Caucase (Bieb.); mais on la cultive en abondance dans les champs de l ltalie (Ten., Syli. Xap, : Ml, Fl 1er., etc.), et la multiplicité des noms italiens, de même que l'existence d'un nom dans Pline, montrent son ancienneté dans ce pays. M. Colmeiro lindique à Barcelone, seulement vers le oimetière^ut., p. 89;. et Brotero (Fi. Lu*., I, p. 367) la dit cultivée dans les jardins. Evidemment, c'est une plante des montagnes de Sicile, transportée, dès l'origine de l'agriculture, en Italie, et de là dans les régions tempérées, mais qui ne supporte pas la chaleur des plaines autour de son habitation primitive.

Le Centaurea nolsticialis, L., vient de temps en temps en Angleterre, dans les champs de blé, c'est-à-dire par l'effet do la culture, des transports de graines.

* Nardoamia fragran», RHeh. I uaailago fragrana, L. ) — Tf, — Celle plante des Pyrénées et du Dauphiné, souvent cultivée dans les jardins en Angleterre, s'est établie dans quatre ou cinq localités, où elle parait devenue sauvage (Wats., Cyb., II, p. 108).

Praar ). — <§) — Signalé d'abord par sir Joseph Banks (te., Ayl. «.J III,

p. 431) sur les vieux murs à Oxford, et ensuite ailleurs, dans cinq comu'«s du midi de l'Angleterre. Il était peut-être à Oxford du temps de Dillenius, qui en envoya des graines à Linné, soit du pays, soit du jardin botanique ; cependant les auteurs de cette époque ne l'ont pas mentionné dans les Flores. Il manque au nord de la France. Probablement, il aura été apporté en Angleterre avec des graines du midi de l'Europe, ou cultivé d'abord dans le jardin botanique d'Oxford. Il s est naturalisé dans le comté de Cork, en Irlande, depuis 1K39 (Power. Guide Cork, p. 36).

Smecio sarraccnkus, L. M. Walson [Cyb., II, p. 1 18) regarde comme probable une origine étrangère, parce quo les localités indiquées sont souvent suspectes ou douteuses MM. Henslow et Babinglon ne partagent pas cette opinion. Comme l'espèce est donnée pour sauvage en Hollande (Prodr. Fl. Bal ), et en Danemarck (Fries, Summa), qu'elle existe aussi en Irlande, dans les bois près de Bantry (MacL., FL, p. 118), je ne vois pas pourquoi elle ne serait pas indigène, mais rare, dans la Grande-Bretagne. L'espèce était déjà dans Ray, comme spontanée.

* P<-<niicc« albu.. «.i.-rm (TuMllago alba, l. ). — On a trouvé, en 1 848, une étendue de plusieurs >ards de cette espèce, dans un bois de chênes, à Slorthes-Hall, près de Huddesfield (Phytol., III, p. 445). On vient de la découvrir jusque dans le comté de Forfar (Wats., III, p. 459). Elle croît en Suède, en Silésie, mais non dans l'ouest de la France et en Hollande «

* illernrium auraatlacum, L. — On le cultivait depuis longtemps dans les jardins, lorsque 0. Don le découvrit spontané dans plusieurs localités du nord de l'Ecosse [Engl. liai., I. 1469). M. Walson (Cyb., 11 p 52) cite des localités du pays de Galles et du nord do 1 Angleterre, outre celles d'Ecosse, et il s'exprime ainsi : a Indiqué dans une douzaine de comtés environ : mais tout le monde paraît admettre qu'il est introduit. » La distribution géographique le confirme, car si l'espèce était aborigène en Écosse, elle se trouverait aussi probablement aux iles Féroé, Shetland, et dans la péninsule Scandinave, où elle manque (Fries, Summa veg.).

Hieracium amplexicaule, L. — ^ — On cite celle espèce alpine seulement sur les murs d'un collège à Oxford, sur ceux du château de Cleish, eomléde Kinross, et enfin G. Don (le jardinier) l'a indiqué dans les montagnes de C.lova; mais ses indications se sont souvent trouvées fausses. Les deux localités certaines sont bien éloignées de la patrie de l'espèce, et no méritent guère d être regardées comme une naturalisation durable.

Filago gallica, L. <T . Dans quelques champs du comté d'Essex, déjà du temps de Ray (Syn., édit. 1724, p. 181), maintenant dans celui de Herts, et peut-ètrb ailleurs (Wats., Cyb., II. p. 104). mais désigné comme colon ist par M. Walson, c'est-à-dire ne sortant pas des terrains cultivés, et, par conséquent, non indigène et non naturalisé dans le sens adopté ci-dessus. >

Chrysanihemum tegetum. L. (j). En Angleterre, comme en Irlande, en France, en Allemagne, en Suède, en Russie, en Italie, en Espagne, à Alger, celte plante ne sort pas des terrains cultivés. On ignore si elle est ancienne dans les cultures, car le nom de Théophrasle, que Siblhorp croyait lui appartenir, a été attribue par M. Fraas (Syn., p. 213) au Chrysanlhemum coronarium, et les noms en grec moderne sont absolument différents. L'espèce n'est pas de la région caucasienne, où elle n'est pas commune et ne se trouve que dans les champs (Ledeb. , Fl. Rom.), Quelques Flores l'indiquent plus ou moins clairement hors des cul-

NAITRA LISATION A PETITK DISTANCE.

(ures. Grisebach (Spicil., II, p. 205), dit in arvis, et plus loin ad rupem in peninsula Agion-Oros. Gussone (Syn. Fl. Sic, II, p. 484), dit m campis, arvis et cultis ; enfin, Moris (Fl. Sard., II, p. 403), in patcuis et in arvis. Serait-ce, d'après cela, une plante des îles de la Méditerranée et de la Grèce?

Pyi-cthrum Parthenlum, Sm. — % — Plante officinale, commune au bord des chemins, dans les décombres, les terres values, les haies, déjà du temps do Ray cl de Gerardo (1597). Les localités sont également suspectes en France, en Allemagne (Koch, Syn., I, p. 418), en Italie (Poli. Fi. Ver., II, p. 665; Ten., Syll., p. 138), en Catalogne (Colm., p. 84), en Portugal (Brot., I, p. 375). Elle manque encore à deux pays d'où les Romains tiraient leurs blés, la Sicile (Guss., Syn ) et la Barbarie (Munby, Fl. Alg.). Tout cela indique une plante des régions situées à l'est de l'ancien monde romain. Etïectivement, l'espèce a été trouvée sauvage dans les montagnes de la Turquie d'Europe (Griseb., Spicil., II, p. 203), sur lo mont Olympe de Bilhynie (ib.) Guldenstadt l a trouvée dans le Caucase, sur le mont Beschtau (Lccleb., Fl. Ross.) ; mais dans ce cas, comme pour les indications de M. Moris {Fl. Surd. ) ot de M. Boissier (Voy. en Fsp ), l'autour n'a pas suffisamment exprimé si c'est loin ou près des habitations, M. Grisebach ditpositivement in pratis montant*. Il me parait probable que les Grecs anciens et les Romains n'avaient pas celte plante autour d'eux, dans les décombres. Les synonymes supposés, de leurs ouvrages, sont très douteux (Sibth., Fraas).

Maruta Cotttla, 1)C. [Anthémis Cotula, L.). Les auteurs anglais le regardent comme indigène. Cependant, je ne sais si l'on trouve cette plante hors des cultures, des bords de chemins, des terrains vagues. Elle offre ce genre suspect de stations dans toute 1 Europe, du Portugal à la Russie, de l'Angleterre à la Sicilo et à la Crimée. En est-il de même en Asie Mineure et en Perse? Je ne saurais le dire. Elle manque à diverses Flores de Grèce (Sibth., Fraas, Margot, Fl. Zunt.jel d'Algérie (Desf., Munby). Si on la découvre sauvage, hors des décombres et cultures, en Perse ou en Asie Mineure, je dirai qu'elle s'est répandue en Europe; si on ne la découvre pas dans ces pays, on devra penser qu'elle existait primitivement en Europe, dans les terrains aujourd hui envahis parla culture et par les habitations de l'homme.

A'anthium strumarinm, L. i M. Watson (Cyb., II, p. 135) le considère comme étranger. MM. Babington (Jtfnn. , 2*édit.,p. 19 9 et le docteur Hromfield [Phytol . III, p. oi'S) le regardent comme imparfaitement naturalisé. Ce dernier reconnailqueGerardeetParkinson en ont parlé ; mais on s'accorde à trouver les localités peu fixes et dune nature suspecte, car la plante se trouve près des fumiers, décombres, terrains gras non cultivés, ^lc. On peutavoir les m mes doutes en Hollande (Prud. Fl. Hat., p. t 42 }, en Dancmarck (Fries, Sumtna, p. 9), et mémo en France, si Ion se fonde sur la nature des stations. M. Watson ajoute que la plante souffre quelquefois des températures basses, dans son jardin ; mais il a observé des pieds originaires des Iles Acores. Après tout, 1 espèce pourrait bien être sur sa limite en Angleterre et avoir occupé des stations azotées avant l'apparition de l'homme, tout en souffrant parfois de se trouver sous un climat aussi peu favorable. Plusieurs plantes rudérales sont dans le mémo cas.

Tragopogon porrlfolliM, L. — (ï> — Cette plante spontanée en Dalmatie Vis., /•'/., II, p. 108), cultivée assez fréquemment en Europe, s'échappe autour des jardins et môme à quelque distance. On la dit subsponlanée en Allemagne iKocn, Syn.y II, p. 485) et a Paris (Cosson et Germ., Fl.) \ spontanée au bord

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des chemins et des terrains cultivés, mais d origine étrangère, en Hollande (Prodr. VI. Bat., p. 432); rare en Irlande et considérée comme rejelée des cultures (Power, Guide Cork, p. 38); spontanée dans les prés en Normandie (Hard. Ren. Lecl., Cal. Calv.,p. 175), et en Angleterre AVats , Cyb., Il, p. 34: Bab., J/um.), déjà du temps de Ray et mémo do Gorarde. Sa culture ancienne, l'opinion des auteurs et le fait d'une interruption entre la Dalmatie et la Normandie, peu probable pour une habitation naturelle, me font croire à une naturalisation.

Lacluca Scnrinla , L. Cette laitue n'a pas en Kurope l'apparence aussi sauvage, aussi primitive qu'au midi du Caucase, où M. C.-A. Meyer(IVrs) l'indique m campis et dumeti». En Italie, en France, en Allemagne, en Hollande, et dans les rares localités où elle se trouve en Angleterre, on la cite comme venant au bord dos chemins, dans les décombres, les terres vagues et rocailleuses, près des villages, etc. Elle était déjà dans le Synop*in de Ray. M. Watson {Cyb., Il, p. 42) la compte comme indigène, avec doute. En parlant de l'origine des plantés cultivées (chap. m, je donnerai des arguments en faveur de I hypothèse que la laitue cultivéo serait le l.ai tuca Srariola modifié. A ce même point de vue, il serait possible que notre Lacluca Scariola d'Europe fût un retour à 1 état sauvage de la laitue cultivée. Je n'ose cependant pas considérer ces hypothèses comme des probabilités, et par ce motif, je n'énumère pas l'espèce comme naturalisée.

Le Crépi» mtosa, Hall, f , a été introduit par des graines étrangères dans les comtés méridionaux depuis quelques années (Bab., M an., 8* édit., p. 191 ; non dans l edit. 1 de 1843). Bromlield (Mytol., 1849, p. 322)no doutait pas de l'introduction par des graines venues de l'étranger. Il parle de l'espèce comme ayant paru dans l'Ile do Wight et en Ecosse. Il faudra voir si elle s'établit définitivement.

Bllybam mnrlanum, Girrln. (Cardan* marlanua, 1,1 — (i) — Pour l'Angleterre, je regarde, avec M. Watson (Cyb., II, p. 77) cetto espèce comme d'origine étrangère II semble qu'elle aurait été plus commune autrefois, car, aux environs de Berwick. elle réparait souvent lorsqu'on creuse des fossés dans des jardins (Johnslon, Bot. Ea»t. Border», p. 1 13). Elle existait déjà du temps de Gerardo (Herbal, 1597, p. 989>; mais dans les stations où elle se voit encore aujourd'hui, savoir les bords de chemins, les fossés, les tas de fumier, etc. Ces stations sont tellement suspectes, et en même temps si semblables en France, en Italie, en Allemagne et jusqu'au midi du Caucase (C'.-A . Mey , Yerz., p. 68 , que j'ai dû me poser la question de l'origine probable, et elle m'a fort embarrassé. Je doute infiniment que l'espèce fût connue des Romains et des anciens Grecs, en effet, 1" depuis Bauhin (Hist., III, p. 52) jusqu'à nos jours (Fraas. Syn. VI. dus»., p. 206), on n'a pas pu citer un synonyme des anciens qui soit admissible. Sibthorp n'en admet point, et les auteurs modernes, Billerbeck et Fraas en indiquent de très douteux, qui s'appliqueraient aussi bien à d'autres carduacéos. 2« Les noms en grec moderne cités par Sibthorp et Fraas sont absolument différents des noms anciens supposés, et ils ont une forme composée qui indique peu de vétusté. 3" On ne cite aucun nom do Pline. 4° L'aspect des feuilles est pourtant assez particulier pour avoir frappé les anciens, si la plante avait existé en Grèce et en Italie de leur temps. 5* Les noms italiens, français, allemands, anglais, se rattachent presque tous à une dédicace à la vierge Marie (Chardon do Marie, Lait do Marie, do Notre-Dame, etc.), qui fait supposer une apparition de la plante dans le moyen-âge. Il y a dans les langues slaves des noms qui semblent originaux, par exemple 0»lropés en Bohême, Osge-

NATURALISATION A PKTITE DISTANCE.

bad et Osset en illyrien, Podgvrzal en polonais (Moritzi, Dict. tnéd. noms vulg.), que je ne sais pas expliquer, et qui semblent indiquer une origine du midi de la Russie ou des pays autrichien!*, ou plutôt une transmission parées peuples, car la plante n'est pas plus commune, ni plus sauvage dans cette partie do l'Europe que dans beaucoup d autres. Le seul pays où d après les Flores. I espèce semble très commune et éloignée des terrains cultivés, serait le Portugal et quelques parties de l'Espagne, car Brotero [FI. Lus., I, p. 341) dit : In calcanis virta Olinipooem et alibi in Fïtrlrnmadura, rarius circn (Àmimbricnm cl in Heira, et Colmeiro dit Wl commun, en parlant de l'espèce dans les Castilles et en Catalogne. Cependant, M. Boissier (! <»«/• /-.'«p., v. Il) ne l'a trouvée que dans les décombres et près des chemins. M. Munby (FI. Alg., p, 90) la dit commune près d Alger, mais sans s'expliquer sur la naturedes stations. Si c'était une plante de Barbarie, même d Espagne, il serait singulier qu'elle ne fût pas arrivéeen Italie et en Grèce du temps des Romains. Peut-être la découvrira-l-on, vraiment sauvage, en Syrie? Alors, ce seraient los croisés qui l'auraient rapportée et qui auraient introduit dans toutes les langues du midi de l'Europe, et jusqu'en Angleterre, la dédicace à la vierge Marie. Cette appellation catholique n'est pourtant pas usitée en Espagne, où les noms signifient simplement chardon laiteux. On peut en tirer un indice de plus en faveur do 1 indigénaten Espagne.

DoTonicwn Pardnlinnchen L., ot Doronicum plantayineum, L. MM. Babington et Watson les regardent comme probablement d origine étrangère : cependant, les détails donnés dans I Knglish ttoiamj, t. 2654, montrent que l'habitation du premier, en Ecosse, a été découverte déjà dans le siècle dernier, avec toute I apparence d'une plante sauvage, (ierarde le connaissait dans le Northumberland (Herb., p. 621). Il existe en Hollande, dans les boisi/Vodr. FI. liât., p. 122); mais M. 1 ries ne l 'indique pas dans la péninsule Scandinave, et le dit ad vent if (inqntlinum), en Danemarck. Il manque aux iles Féroé. Le Doronicum plantagineum, L., toujours difficile a distinguer, souvent mélangé, dans les Flores, semble moins spontané dans la Grande-Bretagne (Em/l. Jiol , t. 030 On attribue à celte espèce le Doronicum commun dans les bois du département du Calvados (Hardouin, Renou, Leclerc, Cal., p. 165). Ces habitations, voisines des lies Britanniques, me font douter d une origine étrangère, principalement pour la première espèce

Anthémis tinctoria, L., Achillea tomentosa, L., et Achitlca tanacelifolia, AH. Ces trois espèces du sud-eside l'Europe, ou du moins de la partie non occidentale, car la première s 'avance jusqu'en Suède, ont été trouvées cà et la accidentellement dans des localités plus ou moins suspectes (voyez. Sm., Flngl. Fl., III, p. 459; Wats., Cyb , II. p. 1 31 ; III, p. 463). Je ne puis les regardor comme naturalisées. Elles sont plutôt advenlives.

Campanula Rnpunrulu*, L. Les opinions sont partagées sur son origine en Angleterre (Watson, Cyb , II, p. 137;. Dans plusieurs localités, dit cet auteur, on peut présumer une diffusion par d'anciennes cultures. Hay [Syn., 3e édit. , p. 277) indiquait déjà des stations suspectes : In aggeribun fossarum et arvi* requielis. L'espèce n'est pas rare sur le continent, jusqu'en Danemarck et en Gothie. On ne peut donner aucune preuvo à l'appui de l'introduction en Angleterre, mais seulement admettre sa possibilité ou quelque probabilité.

Specularia hybrida, Alph. DC. — (T) — Seulement dans les terrains cultivés en Angleterre et dans toute l'Europe, excepté en Crimée, où ello existe t« rnpes-

CIIAXÛKMK.NTS HANs l.'ll A CITATION CKS ESPÈCES.

irihus (Bieb. , I, p. 156). Il paraît qu'cllo n'avait pas encore pénétre dans les champs de l'Algérie, en 1817 Munby, /•'/. Aly.), ce qui conlirme une origine éloignée des pays d où les Romains tiraient leurs blés et avec lesquels ils communiquaient le plus.

I.e Vaccinium mocrorarpum, Ait. (Oxycocctu macnvarpus, Pers.) a été trouvé en 1845 dans un petit marais, sur le bord d'un chemin près de Mold, pays de Galles (Wats . dans P/n/f«»/., II, p. 4 il . (In ne peut pas constater qu'il eût été planté : mais cette espace d Amérique est souvent cultivée en Angleterre, prés des pièces d'eau. Peut-être les graines ont-elles été transportées par les oiseaux, qui doivent rechercher ses baies ? Avant de la compter décidément comme naturalisée, il faudrait savoir si elle se propage d'elle-même, par graines.

* C yclamen hrdrrn'follum, Willd. — % — Trouvé vers la lin du siècle dernier près de Bramfiold, Suflblk, loin de toute habitation (Fnyl. fiot., t. 648), retrouvé ensuite dans ce comté, en abondance près do Nolls (Wats., Cj/6., II, p. 295), et dans deux autres localités avec moins de certitude et d'abondance (th.). L'es|ieee manque en Irlande, en France, on Hollande, en Allemagne, mais est cultivée depuis longtemps dans les jardins anglais, et il parait probable qu elle en est sen tie. On ne peut guère supposer qu une plante italienne, qui pénètre à peine en Suisse, et dont i habitation n'est pas très étendue, se retrouve en Angleterre, à titre de plante aborigène, et encore qu'elle eût échappé aux anciens botanistes de ce|>ays, où il n existe aucun autre Cyclamen.

* Lyslmachla ciliafa L. — % — D'Amérique Voyez plus loin, article 5. Anagalltscœrulm. Schreb - (i — Que I on admette ou non la distinction

des deux espèces, il parait, d'après M. Watson (Cyb., II, p. 301), que l'Anagallis cœrulea croit seulement dans les terrains cultivés en Angleterre. Il le désigne comme colonisl agre&tttl, et l'Anagallis arvensis comme notice agreslal. Davies ( Weteh Bot., p. 1 1 ) cite, dans 1 ilo d'Anglesey, une variété de l'Anagallis arvensis, croissant dans des pâturages sablonneux L Artagallis cœrulea est indiqué comme sauvageon Italie .Bertol , Fl. It , II, p. 425) et dans la Turquie d Kurope (Griseb., Spicil.. II, p. 8) : mais il est difficile de se former une opinion sur l'étendue de I habitation primitive, la plupart des auteurs ayant négligé de dire >i les espèces «l'Anagallis croissent hors des cultures. L Anagallis arvensis ï-emble avoir une habitation naturelle plus vaste. Il a un nom gallois dans Davies. Le nom anglais l'impernell, qui est déjà dans Gerarde, est bien bizarre, et no peut venir que d une transposition avec une autre plante. Il n'a aucun rapport avec les noms saxons, français, slaves, latins, grecs, do ces espèces, qui sont très variées, et qui font présumer, par celle variété même, une extension ancienne en Euro[>c, de I une des espèces au moins.

l'inca major, L. — 'if — Originaire du sud-est de 1 Kurope et propagée vers 1 ouest par la culture. On ne la signale pas encore en Kspagne, à litre de plante sponlanée (Boiss., Voy. ; Kelaart, Fl. t'nlp. ; Colmeiro, Cat\ mais bien dans le sud-ouest de la France (Lalerr., Fl. Boni., iTC édit., etsuiv.), et l'ouest également (Hard., Ren., Lecl., Fl. Cale, p. 188), non compris le département de la Somme (Pauquy, Fl.). A Paris, elle est regardée comme rare et subspontanée iCoss. elGerm., Fl , p. 253). En Angleterre, on la cultivait beaucoup du temps de Ray,et alors elle s était déjà naturalisée dans les parcs, les haies, etc. Personne n© doute de .on origine étrangère.

Vrnca mowr, L. M. Watson ne la croit pas abnrieène: mais il est seul de son

NATl IIALISATION A PKTITK IUSTANCF..

avis, et il reconnaît que la distribution sur le continent n'est pas favorable à cette opinion. Je remarque dans Davies ( Wêlah Hot.), des noms gallois très différents des noms latins, saxons et même slaves, lesquels roulent uniformément sur la syllabe Yink.

Cuscuia hassiaca, Pfeif. — <T) — Introduite par les graines de fourrages. Voyez plus loin les espèces américaines, naturalisées en Europe. Elle ne sort pas des prairies artificielles, par conséquent, je ne la compte pas dans les espèces naturalisées.

discuta Trifolii, Bab. — — D'après Bromfield (Phytol., III, p. 563), ce serait plutôt uno espèce adventive, en Angleterre, qui se multiplie parfois beaucoup, et diminuo plus tard, ou peut même disparattrc.

Datai-* stramonlam. L. — <n — De la région de la mer Caspienne. (Voy. plus loin, art. 5). Les graines conservent longtemps leur faculté de germer. On l'a vu sortir, dans l'Ile d'Anglesey, en 181 3, d'un terrain qui n'avait pas été remué depuis cent ans (Davies, Welsh Bot., p. 23). 11 est antérieur à Ray en Angleterre.

Plusieurs Yerbascum sont adventifs ; mais je ne crois pas qu'on puisse les regarder comme réellement acquis à la dore anglaise d'une manière durable.

* Scropanlarla wraalla, i. — a. — Assez répandue maintenant près des villes, des fermes, etc., dans les haies. Gerarde (édit. 1597), ni Ray et Dillenius [Syn., 1 724, ne l'indiquent. Or, c'est une espèce bien tranchée et fort apparente, qui n'aurait pas pu leur échapper. Je la crois, comme M. Watson, d'origine étrangère. Elle a pu se répandre par les déblais des jardins. On la trouve sur le continent, près de l'Angleterre ; mais peut-être s'y est-elle aussi introduite, ou du moins répandue de proche en proche ?

Liaarla Cymbalaria , Min. — If. — Gerarde n'en parle pas dans sa première édition de 4 597. Dans la deuxième, de 1636, elle est sous le nom de Cymbalariu italien [voy. Engl Hot., 502). Parkinson (Theatr., p. 682), qui écrivait en 4 640, mentionne 1 espèce comme venant de se répandre autour de quelques jardins et habitations. Du temps de Ray (Syn., 4 724, p. i82 bis), elle s'était naturalisée autour du jardin de Chelsea et dans les mines de Darford, près d'York. Pour la première do ces localités, on ne peut guère douter de l'origine étrangère; pour la seconde, on ignore les circonstances locales. Sovverby, en 4 798, dans VEngl. Hot., t. 502, remarque combien cette espèce se naturalise facilement autour des jardins, sur les vieux murs, et prend la place de plantes plus anciennes du pays. Elle s est répandue en Hollande, où elle manquait jadis [Miq. de Yeg. Bat. Distr., page 2), et en Islande (Mackay, Fl., p. 203). Indigène en Dalmatie (Vis., Fl , 11, p. 4 66), en Grèce (Sibth. et Sm., Prodr. ; Benth., in DC, Prodr., X. p. 266), dans plusieurs parties de l'Italie (Chav. , Uonogr.), elle s'est répandue vers l'ouest depuis trois siècles. Elle est commune aujourd'hui à Bâle, ou ello manquait du temps de Baubin Hagenb., Fl., 11, p 123). Je nesais quand elle est arriv ée a Paris ; mais elle manque dans Iherbier de Tournefort et dans son Histoire des plantes des environs de Paris. Linné raconte sa difîusion à Iéna, dans le xvu" siècle [Amœn., VIII, p. 9).

* Liaarla aapiaa, Oeuf. — i — Espèce de l'ouest de la France, trouvée récemment près de Plymouth (Bab., Man., 2e édit. : non dans la 1" édit.), de Poole (Dorset), dans deux localités du Cornouailles (Wals., Cyb., II, p. 22l),etméme prèsdeNevvcastle (id.). La multiplicité de ces stations rend probable la durée de l espèce en Angleterre. M. Watson émet l'idée qu'elle pourrait avoir été indigène

CHANGEMENTS DANS L'ilAMTATlON DKS ESPECES.

sur la côte méridionale. Je ne puis l'admettro, car l'espèce manque à l'Irlande et aux ilesde la Manche Bah., l'rim.Sarn. : Piquet, dan» Phylal., 1853, p. 4 093), où elle se serait trouvée probablement si c'était une plante anglo-française.

Unaria simpU-x, a ligure momentanément dans la Flore anglaise (Bab., Alan., Inédit., non dans la 2< édit).

* Linaria purpurra, Util. — % — Parait établi, car il ligure successivement dans les deux éditions du Manuel do M. Babington, et M. Walson [Cyb., II, p. 219) indique six localités d'Angleterre et d Ecosse. L'espèce est bion spontanée dans les montagnes d'Italie et de Sicile (Guss., 8yn.). M. Babington la croit échappée des jardins en Angleterre Elle manque à l'Irlande.

Unaria tpuria . Mill. — i — Seulement dans les terrains de champ» en Angleterre, déjà a I époque de Gerarde. L'espèce est indiquée quelquefois en Italie, hors des cultures, par exemple à Borne sur les bords du Tibre et dans les montagnes (Seb et Mauri. Fl. Rom., p 203); mais en France, en Allemagne, même en Sicile Guss., Syn), en Grèce (Sibth. et Sm., Prodr.), et dans la péninsule ibérique (Brot.; Colm., (Vit. Catal), il semble, d après les autours, qu'elle ne peut pas so passer d'un terrain labouré. Ello manque mémo à plusieurs Flores de ces régions méridionales, et M. Munby, en 4 8 47. ne la connaissait pas en Algérie.

Linaria Elaline, L. — 0 — Mêmes circonstances relativement à 1 Angleterre que celles du Linaria spuria ; mais l'origine de l'espècoest plus difficile à constater. C'est au midi du Caucase qu'elle semble indigène d'après le dire des auteurs (C.-A. Mey , Hohen.). En Crimée, en Grèce, en Italie, en Algérie, je la vois indiquée toujours dans les terrains cultivés, à moins qu'il ne s'agisse de variétés dont la synonymie est peut-être contestable.

Linaria minor, l)esf. — r — I) après Smith (h'tujl. Fl., III, p. 1 35^61 Babington (Man., 2' édit., p. 231), cette plante existe on Angleterre seulement dans les champs. Le docteur Bromlield (Phyt., III, p. 64 7) l'indique autour de certains fours a chaux et dans les décombres ; mais plus ordinairement dans les champs. Je suis surpris, d'après cela, que M. VVatson {Cyb., II, p. «82) I appelle sans hésiter native, ugreatal, glareal, c est-a-dire indigène, venant dans les champs et les graviers. On n'a pas fait attention qu'elle manque a la première édition de Gerarde (Herbal, 1597), et que Parkinson (Theatr., p. 4 334) en parle comme d une espèce étrangère, cultivée dans les jardins anglais. Bay l'a introduite dans son Synopsi$, donc elle s'est répandue dans le xvii* siècle seulement. Elle n'est citée en Suéde, en Hollande, en France, que dans des localités artificielles. Toutes celles dos plaines d'Europe sont artificielles ou fortement suspectes ; l'es|)èce ne parait véritablement indigène que dans la région alpine de la Sierra-Nevada (Boiss., Yoy. Eip., II, p. 453). Je n'ose pas affirmer qu'elle soit sauvage et primitive dans le Caucase, où C.-A. Meyer est le seul qui l'indique, encore dans les graviers d'un ruisseau, près de Narzana, a 850 toises d'élévation. Hohenacker (Pl. Tal.) n'en parle pas. Bieberstein (II, p. 74) l'indique in incultis pastim, ce qui signifie d'ordinaire des terrains vagues près des villages ou des champs abandonnés.

* Aatlrrhlnum maja«, L. — % — Cette plante, du midi do l'Europe, s'établit avec persistance sur les vieux murs, surtout près des jardins, en Irlande, dans le nord do la France, en Allemagne, même dans le midi de la Suède (Fries, Summa). En Angleterre, elle so trouve non-seulement sur les vieux murs, mais

aussi sur les falaises de craie, par oxemple, à Douvres (Huds., FL, p. 274 1 Bab., Man., 2'édit.,p. 231). Gerarde (//<r6a/, 1597, p. 439) l'indiquait comme venant dans les jardins seulement. Ray et Dillenius ne la comptait pas dans le Synopsis des plantes spontanées. Hudson, en H78, n'hésite pas; ainsi, l'établissement sur les falaises serait postérieure à Dillenius. La diffusion des graines, par les jardins, est évidente. Dans l'Ile d'Anglesey, l'espèce porte des noms qui paraissent la traduction des noms anglais plutôt que des noms gallois (Davies, WelthBot.).

Antirrhinum Orontium, L. — ® — En Angleterre et dans tout le midi de l'Europe, je vois cotto espèce indiquée dans les champs, après les récoltes, quelquefois dans les champs et au bord des chemins (Lalerr., FL Bord.). En Sicile et en Grèce, ses stations sont artificielles (Guss., Syn.y H, p. 426 ; Sibth., Prod.). Parmi plusieurs Linaria et Antirrhinum de Grèce, il est diflicile de savoir si c est l' Antirrhinum des anciens. Les monographes ne disent pas d'où l'espèce est originaire (Chav., .Won.) Elle devient rare dans les champs, du côté de la Sibérie et du Caucase. En Algérie, elle abonde, et M. Munby (Vf. Alg., p. 64) l'indique dans les récoltes et sur les coteaux d'un fort près d'Oran. Son point de départ pourrait bien avoir été le nord de ( Afrique.

Melampyrumarvensc, L. — 0 — Moins répandu dans les champs en Angleterre que sur le continent. Celte mauvaise herbe ne peut pas être le Melampyruin des anciens Grecs, d après ce qu ils en disent, et parce qu'elle manque à la Grèce moderne (Sibth., Prodr., I, p. 489 : Kraas, Syn. ; Reut. et Margot., Fl. Zante ; Bory, Cbaub., Expéd. Morèe). Elle manque également à la Sicile (Guss., Syn.). Cest une plante des régions tempérées : on Europe, toujours parmi los cidtures; autour du Caucase, probablement sauvago, d'après les expressions des auteurs (C.-A. Mey. ; Claus, dans Gœbel, tteiso ; C. Koch, etc.), qui ne sont rependant pas aussi afûrmatifs à cet égard qu'on le voudrait. Elle oxistait dans nos champs à I époque de Clusius et do Bauhin ; mais Gerardo ne la mentionnait pas en Angleterre, où Dillenius l a indiquéo lo premier (Syn., 3« Mit.).

* Hlmula» lateu*. UiUd. — % — D'Amérique. (Voyez plus loin, art. 5.) ««croate* Vaxhaumll, Tro. — (i) — (V. hliformis, DC, FL Fr).

Connue en Angleterre depuis 1829 \Engl. Bot., t. 2769). Elle s'y répand assez. Elle est aussi danslo Calvados (Hard. Hen. et Lecl., Fl.) et dans le midi de la Belgique (Lejeune, Rvvue Spu, p. 5 ; mais elle manquait à la Flore antérieure de M. Lejeune). Elle se trouve ça ot là en Allemagno; où le nom do Veronica hospita, donné par Marions et Koch {Deutschl. Fl., I, p. i32), montre bien son origine étrangère. Elle s'est répandue même en Danemark et dans la Suède méridionale (Pries, .Yor., ed. ait., 1828. 1, p. 4), sous le nom de Veronica persica (Pries, Summa veg. Scand., 1816, p. 18). Sa patrie est le sud-est de l'Europe, d'où elle s'est répandue dans 1 ouest et le nord-ouest. Elle s est naturalisée depuis le siècle actuel à Genève et dans d'autres localités autour du lac Léman (Gaudin, Fl.), probablement par des graines sorties do jardins botaniques. Sa diffusion, en Angleterre, ne semble pas avoir une autre origine.

* Ecninoapcruium Lnppula, Lehm. — i | — Trouvé d abord en un seul endroit de l'Angleterre, comté do Suiïolk, près do la côte (Bab., Ann. of Xat. WmI., 4840, p 4, p. 463; Man., »• édil., p. 218), elonsuite,en 1841, dans le Hertfordshire, le long d un chemin de hallage (FL Hertf., dans Wats., Ojb.y II, p. 283). M. Babington assure que lïntroduclion en Norfolk, si elle a eu lieu, ne

peut pas s être faite par des graines étrangères ou par le lesl des vaisseaux. L'espèce existe sur le »<>nlinent, d une extrémité à I autre, notamment dans le Calvados iHard., Ren., Lecl , Fl.Calv., p 1 92 1, dans le département de la Somme (Pauquy, Fl., p. 275). Ses fruits adhèrent par les crochets aux vêtements, marchandises, etc. Il serait possibleque des contrebandiers l'eussent transportée en Norfolk, sur la cote, et qu'elle fût arrivée avec des ballots de marchandises dans le Hertfordr»hire.

Echfaoêpermutn deflexum, Lehm. Trouvé dans une localité, en 18*6, non loin d'un jardin (Wats., Cyh., III, p. 3<>,">). Ce serait une plante encore advenlive.

Symphylum uspirrimum, Bieb. — If Il parait disposé à s'introduire. On le cite déjà dans trois localités (Wats., Cyb., Il, p. 279 : III, p. 486) ; mais les faits sont encore peu sûrs et peu anciens.

* iuhuM offlclnnli». L — % — Signalé à la lin du siècle dernier dans le Norlhumberland, sur des terres vagues ou près de la mer(Sm., Engl. Fl., I, p. 258), sur des amas de lest (Winch, d'après Wats , il est indiqué maintenant dans six comtés différents (Wats , Cyb., Il, p. 280). On peut croire qu'il se maintient sans le secours d importations nouvelles de graines. Il n'est pas cité en Normandie (Breb., /•'/.; Ilard., Ren., Lecl., Cat Calv.), ni dans les lies de la Manche (Bab., Prim. ; Piquet, Phytol., 1853). Dans le département de la Loire- Inférieure, on indique (Lloyd, M., p. 173) une introduction par le lest des vaisseaux. Il existe en Hollande (Pro</r. Fl. Hat., p. 1 54) je suppose à la suite d'une introduction déjà ancienne.

Caryolopha •empervireaw, Fiach. et Trautv. (Anchou wnpervlreaa, L.) — % — Gerarde, en 1597, le connaissait comme plante cultivée. On le trouva spontané dans une localité du comté de Kent, depuis la première édition et avant la troisiemedu Synopsis de Ray (3eédit.,par Dillen., 1724 p. 227) En 1778, Hudson(F/. Angl., 1, p. 80) citait, outre cette même localité, une près de Londres cl une près de Norwich. En 1800, Smith {Fl. Brit., Inédit., v. I, p. 2t5) indiquailsix comtés différents de l'Angleterre. En 1824 [Engl. F'I., I, p. 259), il en indique onze, dont une partie en Ecosse; enfin, en 1849, M. Watson (Cyb., U, p. 280) signale f espèce comme trouvée au bord des chemins et des haies, dansdix-sept des dix-huit divisions qu'il établit pour l'Ile de la Grande-Bretagne. Elle s est avancée jusqu'au nord de l'Ecosse. Lespèce étant bien distincte et apparente, la progression de son habitation ne peut pas être mise en doute, et comme le climat de l'Angleterre ne semble pas avoir changé depuis deux siècles, on doit se dire que l'espèce se serait répandue depuis longtemps si elle avait existé quelque part dans le pays. On la cite dans toutes les Flores de la France occidoutale. Je ne puis dire si elle est ancienne dans cette région.

Aaperago proeambeaa, E,. — ® — J'ai peu de doute que cette espèce ne manquât à la végétation des iles Britanniques à une époque ancienne. On ne peut pas deviner son degré de fréquence dans le temps de Gerarde, parce qu'il en parle collectivement avec une espèce beaucoup plus commune ; mais en 1724, d'après le Synopsis de Ray (3rédit., p. 228;, une seule localité était bien certaine. Maintenant, on en connaît dans sept comtés de l Angleterre et de l'Ecosse (Wats., C'y**., II, p. 282; II 1, p. 486). L'espèce est assez commune en Normandie, quoique manquant encore aux Iles de la Manche (Bab., Prim ; Piquet, Phytol., 1 853). Le nom anglais gerrnan madwvrt indique une origine |»eu ancienne

NATTHAL1SATI0N A FKT1TK DISTANCK.

en Angleterre. Enfin, elle manque à l'Irlande (Mackay, Fl. Mb. ; Power, Guide Cork), ce qui confirme lïdée dune introduction récente dans la Grande- Bretagne*

Horiigo officinal*, L. — i — J'ai dit dans le Prodrnmm (X. p. 35), que la Bourache n'ayant pas été trouvée autour du Caucase et dans l'Inde, devait être une plante des l>ords de la mer Méditerranée. J'aurais dû citer l'opinion de AI. Bertoloni [Fl. it , III, p. 331), qui la regarde comme spontanée dans les herbages, m loeù hcrbidis, de toute l'Italie, et M. Margot, qui l'a vue à Zanto, in praliê et hrrbonis hmnidis. Ce sont des confirmations; cependant, la plupart des Flores d'Italie et de Grèce indiquent la plante dans les cultures, décombres, etc. En Angleterre, c'est une espèce déjà ancienne, (Gerarde, Herlml, p. 653), mais no sortant pas des terrains cultivés,' p:ir conséquent non naturalisée

Uthospermum arrrnse, L. — i — Ne sort pas des champs cultivés en Angleterre. Spontané en Thrace, d'après M. Grisebach (Spicil , II, p. 86); probablement aussi en Crimée et dans les monts Talysch, d après les expressions des auteurs Bicb.. I. p 121 . Mey., IVrs., p. 97 ; Hohen, p 74). En Italie, en Sicile, en Grèce, en Algérie, c'est comme en Angleterre, une plante des champs. On ne lui connaît aucun nom grec moderne ou ancien (Sibth.; Fraas ; Reut. et Margot, Fl. /fun/r); il est probablo qu elle est arrivée dans le moyen âge. On la voyait déjà dans le xvi* siècle en Angleterre iTarkins. , Theatr. , p 433).

Lyeopsis arrenxis, L. — p — En Angleterre, dans le nord-ouest do la France, en Allemagne, cette ospèco pourrait bien être arrivée de l'étranger, dans les cultures, où elle so voit, pour ainsi dire, exclusivement. Si do temps en temps, on la trouve au bord des chemins, dans les terrains vagues et sablonneux près des villages, on peut soupçonner une dissémination de graines sorties des terrains cultivés. L'espèce ne parait pas plus spontanée en Russie et autour du Caucase, d'après les expressions des auteurs sur ses stations : mais elle se trouvo communément « dans les plaines de la Garonne, au bord do cetto rivière. » selon M. Noulet (Fl. *ous-Pyr., p 433;, près de Bordeaux, dans des lieux piorreux (Laterr., Fl., p. 281}, et M. Bertoloni indique en Italk? plusieurs localités qui semblent naturelles (Fl. It., III, p. 335). Elle manque à l'Algérie (Munby, Fl ;, peut-être à la Sicile (Guss.) et à la Grèce Sibth., Fraas). Son abondance et la nature de ses stations dans le sud-ouest do la France, me font présumer quelle est sortie do là, peut-être du midi de la France et do l'Italie septentrionale. En Angleterre, elle semble avoir été, il y a trois siècles, moins commune qu à présent Gerarde 2* «lit.) n'en parlait pas. Parkinson est peu explicite. Ray (édil. 1724, p. 224) n'indique pas la plante hors des cultures.

Puhuonnria officinnli*, L. Rare et [>eut-être d'origine étrangère, d'après ce que disent MM. Borrer et Watson [Cyb., III, p 487}. La confusion des synonymes avec le Pulmonaria angustifolia, et la présence dans les parties du continent voisines de l'Angleterre, m'empêchent d'avoir une opinion positive dans le sens de l'introduction.

LeonuruH Cnrdiaca, L. Peut-être d'origine étrangère, comme beaucoup de plantes des décombres, mais sans qu'on puisse alléguer des indices bien directs. L espèce est répandue dans touto l'Furope: elle existe en Irlande, et Gerarde, en «597, l'indiquait déjà en Angleterre [Herbal, p. 569 Le docteur Bromlield (Phytol., III, p 668 soupçonnait pour cette plante une origine asiatique, à cause de l'habitation des espèces \oisines II aurait du ajouter qu'on ne connaît aucun

synonyme dans les ouvrées «les anciens J. Bauh., Ilist., III, p. 321: Sm. et Sihth , Prodr, ; Fraas, Sy». Fl, clan ), et que l'espèce n'a pas encore pénétré dans plusieurs localités du monde irréco-mmain. Kilo n e>t fias indiquée dans le Péloponnèse Sihth.. Ex\tèd. de M or it)y aZante (Reut. et Margot, fl.), en Algérie (Munhy, Fl.}, et il est douteux qu elle existe en Sicile Guss., Syn.). On dirait une plante du Caucase ou de Sibérie qui aurait fait invasion en Europe dans In moyen âge, avec les peuplades asiatiques. Elle a des noms hongrois et ru-ses qui semblent plus originaux que les noms français, allemands, etc., tirés de la forme de la feuille ou des propriétéfl supposées. Les stations au Caucase et en Sibérie peuvent être suspectes, comme en Europe; mais c'est probablement une nécessité pour I'es|>éce de vivre près «les matières azotées.

Slachys annua, L. — i — Trouvé, depuis 1830, dans les champs de blé du comté do Kent [Engt. tint , t. 2669; Bab., Alan., ir édit., p. 252 . A cotte occasion, je me suis demandé quel est lo pays d'origine, car en France, en Allemagne, en Russie, le Stachys annua est donné pour une plante arvicole Elle était déjà dans les champs de l'Europe centrale à l'époque des Bauhin (Pin., p 233, herbier Bauh., vérif. par DC.) ; mais elle n'a pas encore pénétré en Sicile (Guss., Syn.), en Algério l'Munby, /*/.), ni même en Grèce Sibth., Kraas, Margot), ou cependant elle pourrait bien vivre autour des villages, dans les districts élevés. Les noms italiens indiquent plutôt une origine étrangère ou récente : lierba turca (Targ , Dicl.), herba stregonn (ib ), c esl-à-dire sorcière. M. Berloloni (Fl. 11.. VI, p. 159) monlionne uno ou doux localités italiennes hors des champs; mais ce peut être le résultat d'une dispersion accidentelle de graines. Autour du Caucase, les indications ne sont guère plus précises. Marshall Bieborslein dit pour la Crimée: «dans les lieux incultes et les moissons. » C.-A. Meyer l'a trouvée sur los monts Talysch, dans les champs.

Slachyn germanka, L. M. Watson (Cyb., Il, p 202; III, p. 482) a des doutes sur la qualité indigène, parce que les localités sont rares et suspectes. L'espècoosl moins rare en Hollande {Prodr . Fl. Bal. jeton Normandie (Hard., Ren., Lecl., Cal. Catv.) ; mais la, comme dans plusieurs autres pays, elle existe au bord des chemins, dans les terres vagues, près des villages, etc. Ray l'admettait commo spontanée. Avant lui, Gerarde ne la connaissait pas en Angleterre, ce qui no prouve pas grand Chose pour une ospèce aussi raro. Les probabilités les plus fortes sont peut-être dans le sens qu'elle serait on Angleterre près de sa limite naturelle, par conséquent plus rare qu'ailleurs.

* Umluin maculntum, I. — % — Trouvé depuis lo siècle actuel, près de Bristol et de Londres (Engl. Bol., 1813, t. 2550). plus récemment en Ecosse (Bab., Man.. 2e édit., p. 250). Répandu &ur le continent de Suède I Alger et dans l'Altaï (Bonth, Vrodr., XII, p. 510). Il est en Hollande (Miq., Ditlr. pl. regn. Bat ), mais non dans les Flores de la Somme (Pauquy) et du Calvados (Hard. Ren. Lecl. ), ce qui nu laisse guère supposer un transport direct en travers du Pas-de- Calais. On cultivait autrefois cotte plante en Angleterre (Wats., Cye., II, p. 254), assez fréquemment, circonstance qui indique la cause de la diffusion. Elle manque à l'Irlande (Mackay, Fl.. Power, Guide Cork), nouvelle confirmation de la qualité étrangère dans la Grande- Bretagne.

Il peut s élever des doutes sur d'autres himium ; mais comment los résoudre? Leur distinction spécifique est difficile, et leur station dans los endroits azotes est une condition de leur nature.

NATTRALISATION A PETIT B DISTANCE.

Hyuopu.% officinalis, L — Tf, — Complètement et abondamment naturalisé sur les ruines de 1 abbayede Beaulieu, dans la Nouvelle-Forêt, en particulier, sur les murailles et dans l'étendue du cloitro (Bromfield, Phytol., v. 111, p. 688). Voilà un fait embarrassant à classer : la naturalisation est ancienne, en dehors do toute influeuce humaine, depuis longtemps ; mai* la plante ne s'est pas répandue dans les localités analogues, et celle-ci est de nature à se détruire à la longue. On ne peut pas dire que l'espèce soit acquise délinilivemonl.

Salvia pratemii, L. Depuis 1 époque de Ray [Hist, I, p. 545, Syn., 3* édit., p. 23?) jusqu'à nos jours (Wats., Cyb., II, p. 234 ; III, p. 476), on a émis des doutes sur lindigénat de cette espèce en Angleterre. Tantôt elle avait été confondue avec le Salvia Verbenaca, tantôt sa qualité spontanée est douteuse. La localité près de Cobham est cependant constatée depuis près de trois siècles. Comme l espèce existe, bien spontanée, en Hollande (Prodr. Fi. Bal., I, p. 189), et dans le Calvados (Hard., Ren., Lecl., Cm , p. 208), je ne vois pas do preuve qu olleait manqué une fois à l'Angleterre; elle devient rare danscette direction, puisqu on ne la voit pas dans les lies de Guernesey el Jersey (Bab., Prim. Sarn. ; Piquet, Phylol., 1853, p. 1093) ; mais tout en devenant plus rare, elle pourrait bien avoir existé çà et là, en Angleterre, dans les temps anciens.

Mentha riridis, L. Il y aurait quelques motifs «le plus pour accorder à M. Watson Cyb., Il, p. 237) que cetto plante est naturalisée en Angleterre, quoique Ray et Dillenius n en uiont pas ou l'idée. D un autre côté, l'absence d'une patrie bien constatée ailleurs, me fait incliner à 1 opinion de Koch (£]/".) et do MM. Cosson et Germain (Fl. Par,, I, p. 315), que ce serait une race du Mentha sylvoslris, déterminée, ou tout au moins répandue par la culture

Teuerium Botry$, L. — ® — Unie trouve de temps en temps, depuis quelques années, près do Boxhill, dans le Surrey (Wats., Cyb., III, p. 365). On ne sait s i! est indigène. En Hollande, les mêmes doutes se présentent (Prodr. Fl. Bai., p. 205); mais en Normandie, l'espèce est abondante dans les champs pierreux calcaires (Breb., Fl., p. 203 ; Hard., Ren., Lecl., Cal. Cah., p. 216). Elle manque aux lies de la Manche (Bab., Prit». ; Piquet, Phylol., 4 853) el à l'Irlande La localité anglaise est excentrique. Si l'espèce y était d'origine, pourquoi ne se serait-elle pasrépanduo? Je la crois plutôt importée et encore mal établie.

Teuerium Chamœdrys. L. D'après MM.Watson (Syn., II, p. 248: III, p. 480 et Power, GuuteCork, p. 51). les localités de la Grande-Bretagne et de l'Irlande sont toutes artificielles ou suspectes. On retrouve ici presque les mêmes faitsqueceux du Salvia pratensis. et l'on pourrait appliquer les mêmes raisonnements ; seulement, on ne cite pas une seule localité dans laquelle l ospèce soit bien s|>ontanée, hors des murs etdu voisinage des habitations. D'un autre côté, elle est assez communoen Normandie (Haid., Ren., Lecl., Cal. Calv., p. 216) ; mais à Jersey, elle n a été trouvée que dans une localité suspecte (Piquet, Phyt., 1853, p. 1093). Ray {Syn., 3* édit., p. 231) l'indiquait seulement sur les murs d'un vieux château, et le nom anglais Wall Germander , montre assez ce qu'on en pense. Je suis disposé à la croire étrangère non parvenuo à uno véritable naturalisation.

MelOm officinal». Elle commence, dit-on, a s établir dans le midi de l'Angleterre (Bab , WaU . Cyb., II, p. 246) : mais comme on l'a cullivéo depuis longtemps et qu'elle ne s'est pas établie et propagée définitivement, je crois qu'elle restera encore dans cette catégorie de plantes plutôt advenlives, sans cesse ré|>andues par les jardins el sans cosso détruites par les variations du climat.

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