‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 12 sur 146 · OS · texte numérisé non relu

OS

CIIANGKMK.NTS DANS l/ HABITATION DKS KSFKC».

Ajuyachamœpiuj*, L. — i) Plante du Caucase (Bieb., Il, p. 34) et des mon Is Talysch (C.-A. Mey., Verz., p 90t, où elle habite au bord des torrents, parmi les pierres et aussi dans les cultures. l'Ile manque a la Grèce moderne (Erped. de Moire ; Keuter et Margot, FI. de /unie). Ainsi, les noms des anciens, attribués par Sibthorp, doivent etro rap|>ortés aux Ajuga ehia et Iva (Fraas, Syn.Y Grisebach ne l a pas trouvée dans la Turquie d'Europe. Elle manque encore à la Sicile (Guss ., Syn ). On voit qu'elle a dû parvenir dans les champs d Italie et d'Espagne par le midi de la Russie, l'Allemagne et la France. Elle existait en Angleterre en 1597, du temps de Gerarde ; mais, cela va sans dire, comme à présent, dans les champs pierreux. En 1817, elle n était pas encore en Algérie (Munby. FI.) ; je lo pense du moins, car cette plante se multiplie beaucoup, et le silencodes auteurs est une preuve admissible.

* (t) Acnaihu» moiiis l. — y — Cette plante, facile à remarquer, s'est naturalisée en un point des tles Scilly, à l'extrémité sud-ouest «le l'Angleterre, où elle a été vue déjà il y a un demi-siècle (Wats., Cyb., III, p. 47o). et aussi dans une localité presde Penzanco (Jones, cité par Wats., Cyb., Il, p. 232). Les localités les plus rapprochées sur le continent sont la Galice [Colin., Hecverdos, p. 4 8) et le Languedoc, car l'espèce manque aux Flores de l'ouest et du sud-ouest de la France. On la cultive volontiers comme plante d'ornement; elle peut s'être répandue de celte manière.

Cheiut[n>dium, Blitum et AtripUx MM. Babington et YVatson indiquent plusieurs espèces de ces trois genres sans émettre des doutes sur leur origine, excepté a l'égard du ftlitum Jîonus Uenricun, du Hlitum viryutum et des A iriplex nitensel microsjierma. Je suis disposé à croire la plupart de ces espèces originaires de l'Europe orientale et de 1 Asie occidentale ; mais pour les plantes des décombres et terrains vagues les preuves sont excessivement rares, surtout quand il s'agit d'espèces difliciles à distinguer. La possibilité d une origine étrangère et la facilité du transport ne sont pas des commencements de preuves. Il faudrait «les indices. Dans le cas actuel ils sont faibles. On en jugera par les espèces suivantes.

Blitum Bonun Henricus. Jadis très cultivé en Angleterre, mais spontané aussi dans les endroits humides, les décombres, etc., comme le témoignent Gerarde (Herbal, édit., 1397, p. Ï59) et Parkinson {Tteatr. , p. «227 Les noms anglais sont, à mon avis, le seul indice d une origine étrangère. Ordinairement, ils trahissent une imitation des langues du continent ou une dérivation dos usages officinaux : Etujli.sh Mercury, AH good, (i<ml Btnriê ; cependant, le nom Wild tpinage (Petiv.) indiquerait une plante ancienne dans le pays. Il serait intéressant de connaître la valeur des noms gallois cités par Davies ( M V/*A Bot., p. 85). Les Allemands ont un mot qui semble tout à fait original, Schmerbel J. Bauh.. ffitL, II, p. 965). La langue romantch,dcs Grisons, en a un autre bien original aussi, Mnngaun*, Vaungas, Voungax (Morilzi, DU t. ined. nom» vu!g.), auquol se rattache peut-être Varié du Piémont, VerdacUi des Vaudois (Juant au nom si répandu de Bon Henri, en allemand Guter Heinreich, je soupçonne une corruption de Heim (habitation), parce que la plante est commune près des maisons, ou de Heil, parce qu'elle servait en médecine. En effet, on dit dans certains dialectes allemands HeUkraut (Mor., Die t.), et dans l'allemand des Grisons. Heilmeln (Mor., Dict). Il y a un nom français (celte?) original, Sarron, San, Serrones {ib). Je trouve ainsi sur le continent uno foule de noms originaux; mais aucun en Angleterre, a moins do quelque nom gallois, ce dont je ne puis juger.

NATURALISATION A PKTITK DISTANCE

Blilum nrgatum, L. — j — Cette plante, répandue çà el là en Hollande ot dans les pays voisins, a été trouvée, dans une seule localité, près d'Edimbourg ( WaiS. , Cyb., III, p. 367). Je ne sais si elle s'établit.

Polygonum C onvolvulus, L. i ) En Angleterre, on le trouve rarement hors des terrains cultivés. Bromheld (PJkyf., 1850, p. 765) indique bien, outre les jardins, etc., les haies humides et les taillis, dans l'Ile de Wigbt. et Babington (Mon., 2'édit., parle des lieux cultivés et terrains vagues .mais M. VVatson appelle l'espèce agr<>*~ toi; Smith (Etujl. Fl., II, p. 239) énumère seulement des stations cultivées, comme le faisait jadis Ray édit. 1724, p. 14 4). C'est donc une question de savoir si l'espèce est vraiment spontanée, hors de l'influence de l'homme, en Angleterre. La mémo question peut se poser dans toute l'Europe, d'après les expressions des auteurs de Flores (Koch, Syn. Fl. Germ.; Boreau, Fl. centr. France ; Bertol., FL II .; Siblh. et Sm., Prodr. Fl. Gr. ; G use., Syn Fl. Sic, etc.). J. Bauhin (Hisl., II. p. 158) indiquait les terrains cultivés et les haies près de Montbelliard. C'est exactement les deux stations indiquées dans le Caucase par C.-A. Meyer <Verz., p. 157). Cependant, du côté de la mer Caspienne et de la Sibérie, les expressions des auteurs indiquent plutôt une station d'abord dans les taillis, ensuiledans les terrains cultivés. Hobenacker (Pl. Talysch) ne parle pas des terrains cultivés. Bieberstein dit ad sejyes, in dumelis, «titrai in cuIUh; Claus (Gœbel, Steppen llrise, II, p. 305) ne cite pas les terrains cultivés, mais il n'a pas vu r espèce dans le désert. (ïmelin dit frequens in omni Sibiria ; Ledobour [Fl. AU-, II, p. 82), in ayris alii*que locis herbidis frequens. Je suis persuadé, d après cela, que l'espèce est venue de l'Asie occidentale tempérée en Europe, à une époque peut-être ancienne, car on croit l avoir reconnue dans Pline (Fraas, Syn. Fl. dus».}.

Polygonum dumelorum, L. — (t) — En Angleterre et sur le continent : on 1 indique ordinairement dans les haies, taillis, buissons, comme planto vraiment spontanée. Le docteur Bromheld {Phyt., 1850, p. 765) ne pense pas que les anciens auteurs anglais l'aient connu: mais il croit avec raison, ce me semble, qu'en l'avait négligé, ou confondu avec le Polygonum Comolvulns.

L'Alriplex nitnxs, qu'on avait cru naturalisé dans l lle de Wight, est seulement adventif (Bromfield, Phyt., 1850, p. 755).

Le Fagopyrum esculentum n'est spontané que par des semis accidentels à la suite de cultures Wats., Cyb. , II, p. 311).

* Rnmex alplnu», L. — % — Cette espèce des Pyrénées, des Al|>eset des montagnes du nord do l'Allemagne (Koch, Syn ), manque à la péninsule Scandinave Fries, Summa veg.). On l'a trouvée, en 1824, dans doux localités d'Ecosse, avec l'apparence de plante sauvage (Hook dans Engl. Bol., t 26941, et ensuite dans divers comtés du nord do l'Angleterre. M. Watson {Cyb., II, p 344) énumère sept localités séparées, dans l'un ou l'autre royaume. Il dit qu'autrefois on cultivait l'espèce pour les racines, usitées alors comme officinales J'ajouterai que. dans les années antérieures il 1824. les agriculteurs écossais ont fait venir de Suisse, en grande quantité, des graines de mélèze. Or, le Bumcx alpinus, si commun autour de nos chalets, peut s'être trouvé dans les paquets.

* Ramcx «cntatii», !.. — % — Dans quatre localités de l'Ecosse ou du nord de l'Angleterre (Wats , Cyb., II, p. 318 ): mais ordinairement près des habitations, excepté en un point du Yorkshire. Il croît naturellement dans les Alpes, en Allemagne et jusqu'en Hesse (Koch, Sgn,). On le cultivait jadis en

Suéde, el il en rrste encore des traces (Fries, Summn, p. 52). En Hollande, il existe sur quelques murs {Prodr. Fl. Bat., I, p. 228): do même en Normandie (Breb., PL, p. 225j.

Ramfx pnicher, !.. — (£ — MM. Watson, Dabington et Bromfield no parlent pas d origine étrangère : cepondant, cotte espèce, une des plus caractérisées du gonro, aujourd'hui assez commune en Angleterre, n'est pas dans Gerarde Ray {Syn., édit. 1724, p. 142) ne cite aucun synonyme anglais, ni aucune localité hors des faubourgs do Londres. J. Bauhin (llist., II, p. 988) n'avait eu connaissance de la plante que par un échantillon «le Bologne, lui qui avait visité tant de localités où elle existe maintenant, par exemple, les environs do Genève. Il l'appelait btpnthum pulchrum bononiaue. C'est peut-être une espèce originaire du Caucase et de Tartarie, pays où elle abonde. Elle a pénétré a peine en Irlande (Mackay, Fl. ; Power, Guide Cork).

Daphne Mezercum, L. Les anciens auteurs anglais mentionnent cet arbrisseau comme croissant en Allemagne et cultivé dans les jardins do leur pays Un le trouva sauvage et abondant, vers le milieu du siècle dernier, dans des bois autour do Andover (Miller, Dict., art Daphne). Aujourd'hui, on le cite dans neuf comtés différents [VVats., Cyb., Il, p. 352). M. Watson, malgré l'assertion de plusieurs botanistes, qui disent l'espèce bien spontanée et qui la croient native, pense qu'elle est d origine étrangère. Il convient, toutefois, que la distribution géographique sur le continent «est contraire à cette idée. Bromlield l'a combattu dans le Phytoloyist (1850, p. 796 ). Je ne veux pas nier que les oiseaux n'aient pu transporter les graines hors des jardins ; cependant l'introduction, par ce mode, est une pure hypothèse Le Mezercum est indiqué comme rare, ou assez rare, mais spontané dans les bois en Normandie (Breb., Fl., p. 226), môme près de la mer. dans le Calvados (Hard , Ben., Lecl., Cat., p. 232 Je ne vois pas |>ourquoi il n'en aurait pas été de même primitivement en Angleterre, et cette rareté expliquerait lo silence des anciens botanistes L'espèce manque à l'Irlande et aux Iles de la Manche, mais pourquoi la limite naturelle ne serait-elle pas du Calvados au Hampshire?

Asarum europœum, L Mêmes motifs pour croire à l'indigénat.

AriHioloehla cicmatltU, L. — If. — Naturalisée près des vieilles ruines (Bab., 1" cl ï'édil.i. Déjà, en 1796. Smith Enyl. Bot., t. 398) on cite des exemples, et même Hudson.on 1778. Ray et Dillenius ne 1 ont pas comprise dans le Synopsis de 17? i. Je crois pourtant la naturalisation plus ancienne, parce que les localités citées sont souvent des ruines do vieux couvents. Il se peut (pie Ray eût regardé l'espèce comme imparfaitement naturalisée. Gerarde et Parkinson n'en parlent que comme cultivée. Elle croit sur le continent voisin, par exemple, en Normandie [Breb., Fl.; Hard., Ren , Lecl., Cal. Calvad.). Le docteur Bromfield (Phylol., 1850, p. 799) donne dos détails intéressants sur l'habitation continentale et anglaise de cette plante. De même que M. Watson {Cyb., II, p. 355), il croit à une origine étrangère en Angleterre, mais il donne des preuves de sa complète naturalisation 11 soupçonne une origine orientale et une diffusion à la suite des croisades, à cause de l'ancien nom anglais Sttrawn's birihworl. L'espèce manque aux Flores des lies de la Manche Bab., Prit». ; Piquet, Plu/toi., 1853)et à l'Irlande (Mackay, Fl. ; Power. Fl. Cork), ce qui vient à l'appui d'une progreision de l'est à l'ouest. Je ne sais si elle existe en Syrie ; mais dans la Russie méridionale et le Caucase, ello se trouve dans les prairies et les bois, avec toute

NATURALISATION A PKTITE ÏUSTANCE.

l'apparence la plus aborigène (Bieb. : C.-A. Mey., etc.), tandis que dans l'Europe, même méridionale, los localités stont plutôt les vignes, haies, etc. L'Arislolochia Clematitis jouissait autrefois d une grande réputation comme plante officinale (Mérat, Die t. mat. méd., I, p 414). Les moines et les empiriques la cultivaient beaucoup en Angleterre ot ailleurs.

Euphorbin emla, L. — 7fi — M Watson (Cyb., 11, p. 360 ; III, p. 505) soupçonne une origine étrangère, ù cause des localités rares et suspectes où l'espèce a été trouvée: elle croit cependant en Suèdo (Fries, Stimma veg.), en Hollande (Pro<lr. Fi. Bat., p. 240), en Normandie (Breb., Fl., p. Î35) et à Jersey (Bab , Prit».); mais elle manque à l'Irlande (Mackay, Fl. ; Power, Guide Cork). Je suigdisposé à la croire naturalisée dans le nord-ouest de l'Europe, en particulier dans In Grande-Bretagne; mais les preuves ou indices directs font défaut.

* Eaphorbla <>parl*«la*. % — M. Watson (Cyb., II, p. 361 ; III, p. 506), n'a pas de doute sur l'origine étrangère dans la Grande-Bretagne,. ni Bromfield Phyt., 4 850, p. 819) en ce qui concerne l'Ile de Wight. Elle est plus rare que l'Euphorbia esula vers le nord-ouest du continent (Fries, Summa). Elle existe bien en Hollande et en Normandie, mais elle manque aux lies de la Manche Bab., Prim. ; Piquet, Phyt., 1853) et à l'Irlande. Elle s'est avancée de nos jours à l est de Gottingen (Griseb., lier. Pl. Geo., 1850, p. 4). Gerarde ligure cette espèce et l'Euphorbia esula. mais n'indique pas où elles croissaient de son temps. L'Euphorbia Cyparissias venant ordinairement au bord des chemins, n'aurait pas échappé aux auteurs, mémo à Hay et Dillenius, si elle avait existé de leur temps à l'état spontané.

* Euphorbin LathyrU, L. — (2) — M. Watson (Cyb., II, p. 364; III, p 505) a les mômes doutes que sur I Kuphorbia esula. Les circonstances sont , presque semblables ; mais il y a des localités anglaises plus naturelles, une apparence plus spontanée, et l'espèce était cultivée autrefois assez communément pour avoir pu se répandre. Elle est positivement d origine étrangère dans l'Ile do Jersey (Bab., Prim., p. 88), dansl llede Wight (Bromf., dans Phytol., \ «50, p. 821), et en Hollande, où elle est à peine spontanée (Prodr. Fl. Bat., p. 240). On la trouve en Normandie, mais non en Irlande.

L'Euphorbia salicifolia, Host, plante d Autriche, du midi et du centre de la France, est naturalisée depuis plus du quarante ans, d'après M. Lawson (Phyt., III, p. 344), dans un point de I Ecosse, où plusieurs plantes ont persisté plus ou moins à la suite d'anciennes cultures. Elle ne parait pas se répandre

LEuphorbia dulcis. L.. s'est aussi échappé des jardins, dans le comté de Moray, en Ecosse {YVats., Cyb., II, p. 366). Beste à savoir si elle se sème de nouveau en rase campagne et si olle se maintient par elle-même.

Euphorbia platyphyllos, L. Ne parait pas sortir des terrains cultivés, jachères, etc. ; rare dans le nord de l'Angleterre ; assez abondante à l'Ile de Wight (Bromf., Phyt., 1850, p. 818). Elle a échappé aux anciens auteurs anglais, ou peut-être elle n'était pas arrivée encore dans le pays. Ses stations en Franco, en Allemagne, en Italie, en Grèce (Fraasï sont plus ou moins artificielles II n'en est pas de même en Crimée, où Bieberstein l'indique m sterilibu» lapidosis. Voilà probablement le pays d origine.

Euphorbia h.dioscopia, L. Mêmes conditions, mais plus commune que la précédente en Angleterre, ou les auteurs anciens I ont indiquée. Parait se trouver hors des cultures au midi du Caucase ; mais les auteurs sont peu aflirmatifs à cet égard.

CHANGEMENTS h.VNS I.'iIAHITATION DES ESPÈCES.

Fuphorbm exigua, L — (i — Uniquement dans les champs, à 1 époque do Ray, comme aujourd'hui. Do même sur le continent, au «lire do J. Bauliin. Je me réserve de scruter I origine probable de celte espèce et d'autres euphorbiacées à f occasion du XV' volume du Prodrumus.

Le Buxus sempervirms, L., est considéré par M. Walson (Cyb., Il, p. 366) comme d origine étrangère, mais naturalisé [dtnisen). Plusieurs des localités anglaises sont suspectes, et il est douteux «pie l'espèce se maintienne par ses graines en rase campagne. Le docteur Bromfield (Phyt., 1850, p. 11 7) a aussi des doutes 11 remarque cependant que le Buis est bien spontané sur les collines calcaires delà Belgique méridionale, sous une latitude semblable à I Angleterre; mais cette assertion n'est pas confirmée par les Flores belges à moi connues (Leslib ., liot. Belg., 1827, II, p. 294; Lcj. et Court., Compend. : Kickx, /•'/. Hrux. : Hannon, /•'/ Belg.). En Hollande, l'espèce est indiquée comme se répandant quelquefois hors des cultures [Prodr. Pl. liai., p. 239). M. Pauquy [FI. dép. de la Somme) n'indique de localité que près de Paris ; mais la Flore de Normandie donne l'espère comme venant dans les bois et les haies, ('-elle du Calvados (Hard., Ben , Lecl , p. 237) indique les haies, le voisinage des habitations. Le Buis manque aux lies de la Manche iBab., Pnm. ; Piquet, Phylol., 1853}, à l'Irlande et a la partie nord-ouest de la péninsule ibérique (Colm., Bec. fiqlic). Li parait plus spontané en Angleterre qu'en Normandie. Ainsi, on l'a indiqué abondant sur les collines calcaires de Dunstable (Sm., Engl. Pl., IV, p. 133). Il peut s'être naturalisé a la suite d une culture ancienne dans le pays, j'en conviens ; mais ce serait à une époque déjà reculée, car il parait avoir été plus commun autrefois, avec une apparence spontanée (Wals ., /. c.) Ray (Syn., édit. 1724, p 445) le compte parmi les espèces indigènes, et (îerarde, en 1597 (flerbal, p. 1225), dit : « Sur diverses collines incultes et stériles de l'Angleterre. » — Les noms de Buxus, Huis, Buchs, Box, ou analogues, sont dans les langues gréco-latines, germaniques, slaves [But en illyrien, Puss-panen bohémien), peutêtre même celtiques {Beuz en bas breton). On en retrouve les traces ou l'origine en calmouk Boschtom,cl en géorgien Usa (Pall.. Pl. Ross., II, p. 28) : mais les langues tarlare et persane ont un nom tout différent (Pall., ib.}. On peut en inférer, ou que les plus anciennes migrations de l'est à l'ouest, en F.urope, ont répandu la plante, ou que les peuples en arrivant trouvaient déjà l'espèce et lui conservaient un nom connu et primitif. Dans l'un et l'autre cas, la présence, dans l'étendue do l'habitation actuelle, serait, historiquement parlant, très ancienne.

Jlercuriall* anima, L. — i — Le do leur Bromfield (Phylol., 1830, p 823), dans un article intéressant sur cette plante, a prouvé qu'elle était d'autant moins commune en Angleterre qu'on remonte plus haut dans les ouvrages. Les textes de Ray (<724t, Parkinson (1640) et Gerarde (1 597) sont curieux sous ce point de vue, et surtout celui de Turner (Herhal, 1 566), qui reproche à ses compatriotes d'avoir emplov é jusqu'alors une fausse mercuriale, et qui ajoute, en parlant de la vraie qu'il voyait en Allemagne : • Elle commence maintenant à être connue à Londres et chez les gentilshommes du voisinage. » En anglais, il n'existe qu'un nom, Freuch Mercury, indiquant une origine étrangère, tandis que les Allemands avaient Bhigelkraul et h'iiwarlz, déjà du temps de Bauliin {Ilist., II, p. 978), que les Hollandais ont Schyt kruyd ^herbo Schyt), qui a des analogues en polonais, Szcztjr, et en hongrois Szel-fu, qu'il y a un nom latin tiré de Mer-

NATTISAL1SATI0N A PETITE DISTANCE. 087

euro, un vieux nom français Cayarellc, etc. Évidemment, cette herbe, aujourd'hui si commune dans les fies Britanniques, y est d'origine étrangère, et, d'après les noms, je ne la crois pas introduite par les jardiniers flamands, comme le supposait Bromfield, mais plutôt venue de France, au siècle seulement, usitée d'abord comme légume, et répandue ensuite avec le progrès des cultures.

l'rtlea piiiinr<-ra. L. — i et ; — Cette espèce, à laquelle plusieurs réunissent l Urtica Dodarlii, présente plus que les autres orties des indices d'origine étrangère dans !a Grande-Bretagne. M. Watson [Cyb., 11, p. 369) la croit étrangère, et dit qu'elle paraît ot disparaît dans diverses localités, maintenant comme autrefois. Bromfield [Phytol., 4 8;iO, p. 827) est moins afllrmalif. 11 trouve l'espèce aussi établio à Yarmouth, par exemple, qu'à Montpellier, où il a eu occasion de l'observer. Le nom anglais Roman nettU- [Ortie romaine), était déjà le seul usité en 1597, du temps do Gerarde [Herbal, p. 571), et selon lui, on appelait également cette plante Ortie italienne et Ortie romaine, dans les dialectes du haut et du bas allemand. Il la dit étrangère en Angleterre, mais cultivée Parkinson, en 1640 (Herbal> p. 444), cite une tradition,' ou si l'on veut une invention, qui n'est pas sans quelque valeur « Semée dans nos jardins, dit-il, commo en Allemagno et en France, elle a été trouvée croissant naturellement depuis un temps immémorial, dans deux localités, la ville de Liddc, près Romney, et les rues de la \ille de Romncy, dans le comté de Kent, où l'on rapporte que Jules César a débarqué avec ses troupes et séjourné quelque temps, ce qui, probablement, a déterminé le nom de Rnmnnia, et par corruption, Romeney ou Romny, et comme elle croit dans cette localité, on dit que les soldats en avaient apporté des graines avec eux et les avaient semées pour , avec l'herbe, se frotter les membres lorsqu'ils seraient engourdis par le froid, car on leur avait dit d'avance le climat do la Grande-Bretagne si rigoureux, qu'ils ne pourraient pas le supporter sans des frictions pour ramener la rhaleur naturelle, et depuis ce temps-là, elle aurait continué à vivre dans cet endroit, en se semant chaque année de ses graines [a). *

Humulus Lupulus, L. Les doutes émis par Smith, et plus récemment par M. Watson (Cyb., II, p. 372), sont combattus victorieusement par Bromfield (Phytol., 1850. p. 827). — Voir plus loin, chap. ix, l'article concernant le houblon.

Ca$taneu ve*ca, Gœrtn. Déjà du temps de Turner, en 4 568, il existait de vieux châtaigniers en Angleterre, dans le comté de Kent. « In the firldc* and manye gardins, ■ expressions du Herbat, citées par Bromfield (Phytologist, 1850, p. 853', qu'on doit comprendre, ce me semble, comme signifiant « la campagne et plusieurs jardins. » Gerarde, 1597, parle de bois de châtaignier (Herb., p 4 254). Il existe près de Tortworth, dans le comté do Gloucester, un Châtaignier, qui était déjà cité pour sa grosseur en 1 4 35, et qui avait, en 4 766, une

(a) L'origine des ortie» communes présente un certain intérêt. On les regarde comme les fidèles compagnes de l'espèce humaine ; or, je vois avec surprise que la langue sanscrite

n'a pas de nom correspondant à celui d'ortie (Roxb. Fl.; Piddington, Index), quoique l'on connaisse des noms dans les langues modernes de l'Inde, le bengali, l'hindoustani, etc. J'en conclus que les anciens peuples indo -germains, partis de la région caucasique n'avaient probablement pas d'orties chez eux, bien que maintenant elles abondent dans le Caucase et aux environs (Bieb., Ft., etc.). I.es orties communes seraient donc originaires d'Europe. Klles ont reçu, en effet, des noms divers, grecs, latins, slaves, germains, celtes, qui expriment le plus souvent la propriété des feuilles, comme L'rtica de u/o, .\esiel («Hem.) et Nettte (angl.1, venant |»nit-iMrc île \adel, aiguille, etc.

G3S CHANGEMENTS DANS l/llAMTATlON DES ESPÈCES.

circonférence tle 50 pieds, à 5 pieds du sol, et en 4 830, de 51 pieds anglais a lu menue élévation [Strull, Sylva Brit., p. si, avec planche^. On «lit que beaucoup de vieilles maisons a Londres, et la halle de Westminster, ont des charpentes de bois de châtaignier Néanmoins, ces vieux arbres ont pu avoir été plantés, et les bois de construction avoir été importés du continent. Dans le xvu' siècle déjà, on discutait pour savoir si le Châtaignier est originaire dans la Grande-Bretagne, ou introduit. Kvelyn {Sylva, ir édil., I, p. 161) le erov ail originaire. De nos jours, MM. ltabington [Man ), Walson [Cyb., II, p. 37l>; et Brotnfield (4850, p. 853 i s'aceord«;nt a douter de ce fait. Ils s appuient sur ce qu'on plante souvent le châtaignier; sur sa difficulté à mûrir des graines; sur ce que, livré a lui-même, il ne forme pas des forets, qui s emparent du terrain, connue lo chêne ou le pin, tandis que. sur le continent, il v it comme ces arbres, en grandes agglomérations : enfin, on allègue son absence (d après Bromfielii au delà du H' ou 45" degré dans le centre de IKurope.

Cette dernière assertion n'e>t pas exacte, car il y a des forêts «le châtaigniers, bien indigènes, en Aisne (Kirschl., Fl. Als., Il, p. Si', et dans les montagnes du Hardt, Prusse rhénane (IKill. Rhnn. Fl). M. I.esliboudois {flot, litlg , II, p. 458; 1 indique en Belgique < dans les bois, à Ghéluvoll, etc. «On cite un taillis à Leere, près de Gand iNeiï, Hortic. tour, p. 58). Le Châtaignier est commun près «le Paris (Co.>>. et Germ. ,Fl.): mais, en Normandie, M. de Urcbisson le dit cultivé [Fl. JVorm., p. 238). Cependant, MM. llardouin, HenOu et Lct leic [Cotai. Calv., p. 239, «lisent pour le Calvados : u dans les bois montueux, assez commun. >< Selon M. Babington (Prim. Sara., p. 9t), il est « naturalise, » ce qui signitie probablement planté, dans les des de la Manche ; de même en Irlande. D'après cette distribution géographique, je ne puis dire si l'espèce avait pour limite au nord-ouest le canal de la Manche, ou s'il n'existait point quelques localités primitives dans le midi de l'Angleterre. La circonstance de ne pas mûrir régulièrement les graines serait un argument avec lequel on exclurait de chaqun pav s un grand nombre d espèces ligneuses ou vivaces, parfaitement indigèues. L'indice le plus fort est qu'on no voit pas, d'une manière positive, lo Châtaignier se répandre par ses propres semis «lans les parcs et I«îs forètsde 1 Angleterre, quoique ses graines mûrissent de temps en temps.

Les noms do l'espèce ne prouvent rien en ce qui concerne l'Angleterre, mais ils offrent un intérêt philologique.

Le nom gréco-latin Vastunea règne dans toutes les langues et a servi de base aux noms vulgaires français, espagnols, portugais, etc. Je n'ai découvert aucun nom différent, qui parût d origine celte. Davies H clth llol.y p. 00) donne pour noms gallois, CasUm-wytUlen (arbre Castan) et Saluai, qui est une moditicalioh analogue au mol Çhûlaigtu des Français. Les Bretons disent histiiwn pour châtaignier, hislin pour châtaigne (Lcgonidee, Dici. Lo nom dû Marron est plutôt local et propre à une variété «ies env irons de Lyon (voir Oliv ier de Serres, Th. agr. , édit. Genève, p. 6t 4) Les anciens Gaulois semblent «lonc avoir employé le même nom que les Latins cl les Grecs, ou, en d'autres termes, le mot Cattanea remonterait aux langues les plus anciennes du midi do l'Europe, comme on peut 1 attendre d un arbre dont le fruit servait sans doute de nourriture aux peuples des Apennins, des Cévennes, du Limousin, elc, avant l'influence gréco-latine, et d«ïnt l'habitation naturelle s'étend de la mer Atlantique au Cauiase, principalement par V0 à 45 «le^rés de latitude. Assurément, ce n'est pas la ville de Kas-

NATIIULISATION A PETITE DISTANCE.

Una, en Thessalie. qui a déterminé le nom grec, et par suite, ie nom latin, comme le prétendent les commentateurs et les érudils depuis des siècles, car les Gaulois, les Cantabres et les Latins avaient trop de châtaigniers autour d'eux pour s informer du nom que les Grecs donnaient à cet arbre; ce serait plutôt la ville de Kastana, dont le nom viendrait de l'arbre qui dominait autour d'elle. Selon Pline (Hk. XV, cap. xxtu), les Grecs auraient reçu le châtaignier de Sardes, ce qui doit s'entendre de la ville do Lydie et non de l de de Sardaigne, maisje ne doute pas que l'espèce ne fût indigène en Grèce (voy. Fraas, Syn ).

Fagus sylvatica, L. J'ai mentionné (p. 154) les doutes qui s étaient élevés sur l'indi«énatdu Hêtre en Angleterre. A mon a\is, ils ne reposent sur rien, que sur une phrase de Jules César, qui n'est pas très probante. Il dit dans ses commentaires [I V, c. xu), en parlant îles bois qu il avait trouves en Angleterre : « Maleria cujusque generis. ut in Gallia, est prêter faguiu et abietem, etc. » Cela peut signifier que le Hêtre n était pas assez commun pour donner des bois de construction, ou qu'il ne s elait pas rencontré sur le chemin des armées romaines.

Quelques mots sur les noms du Hêtre. Je vois dans les dictionnaires des opinions si peu fondées a cet égard qu'il est bon de les rectilier.

Toutes leslanguesdu midi de l'Europe ont, pour cet arbre, des noms dérivés du Fagus des Latins; ainsi, Faggio en italien, Fayn en portugais, Fou en \ieux français et en romanlsch des Grisons, Fayau, Fayard, Fou, Fou tenu, dans divers patois français, Faine, pour l'huile tirée du fruit, Fa I g en catalan: de plus, par le changement si fréquent de f en h , Ilayu en espagnol, Haisch dans le patois de Saint-Girons, département do l'Aricge (l>C, Jhct. mss.j, Mettre, et maintenant Mdlre en français. Bescherelle ainé [Uivt , 1849). qui .se pique de donner toutes les élymologies, fait venir le mot hêtre de hesler en allemand ; mais le Hêtre s'appelle tout autrement dans les idiomes germaniques, et le mot hesler n'existe pas dans mes dictionnaires allemands. Quant au Fagus des Latins, les botanistes modernes, par exemple de Theïs {Dkt. élym.), Buehmer [Lexie, rti herk), copiant des érudits plus anciens, font venir Fagus de «frr,yo,-, et ajoutent que ce mot vient de »2)t.», conwdo, parce que les habitants primitifs se nourrissaient de fruits de Hêtre ! : mais on savait déjà du temps de Bauhin (Jffst., I, part. n. p. 1 17), que les Grecs appelaient le Fagus syleadea 0$u« et non 4»»}>oç. II. Fraas (Syn. Fi class., p. 249) le conlirme, en notant que le Hètroest excessivement rare dans la Grèce et manque en particulier dans les plaines où les anciens indiquaient le *r,yo;. A mon avis, lo mot Fagus doit prendre sa source dans les langues celtiques, antérieures au latin la généralité, dans les patois «lu nord de l'Italie et de toute la France des noms basés sur Fa» ou Fa en est I indice En Bretagne, on dit Faa,Fô, Fôen, et anciennement Far Legon., et dans le pays de Galles Ffn-wydtlen Davïes, H clsh Bot., p. 90), wydden étant une désinence commune aux arbres et Ffa le nom proprement dit.

Les langues germaniques ont toutes les noms du Hêtre fondés sur les consonnes 6c; par exemple, Ruche [allem ), Rok et Rok (suédois), Uaece et Rece (anglo-saxon \ lieeche anglais). Les langues slaves de même : Ruk (russe, polonais, bohème, illyrien). Les Tartares disent Riuk(V,û\., FI. Ross., Il, p. 7). Les Turcs et les Calmoucks ont un nom tout différent : Tchinar et Tschinn (Pal)., îb )t et le nom circassien Bxhïe forme un peu la transition entre les noms slavo-germains et turcs. Les Finlandais disent Tammi (Moritzi, Dut, fnéd \ les Esthonien< Saksouianaar et Saksa-sarra-pu , les Lettons Uihksue, U'olulsennes

l\\Y.) ui\nu:>ii:\ts dans i.'ii mutation dks espèces.

[Mur., ib.*, noms que je no puis expliquer, et qui semblent en partie des mol* significatifs, roiuj» comme on peut I attendre de langages plarés «nr la limite de l'espèce <Mi même on dehors.

Les Popithts et Salu ont une synonymie trop embrouillée pour que j ose discuter les doutes sur l'mdigénat de deux ou trois espèces émis par le docteur Bromfield [Phytol , 1850),

L'Ilmus major, Srn , introduit de Ho!l;in«!e en Angleterre, sous Guillaume, d'après Miller, fut abandonné comme ayant un bois de mauvaise qualité. Il se trouve cependant encore dans les haies ifîmjl. /tôt., t i 5 4 2 ; Bab.f JUan.). Je doute qn il se propage de lui-même: d'ailleurs, les espèces d'Ulmus sont peu delinies. et celui-ci pourrait bien tomber dans ITImus eampestris. La distinction des espèces est trop délicate pour qu'on puisse scruter convenablement les origines M. Watson indique deux espèce.-, toutes deux, selon lui. indigènes Brom field (PAy/of., 18*0, p. 833) admet comme indigène I Ulmus eampestris. L. non Sm \ et comme introduits, l'Orme à petites feuilles et 1 Ulmus suberosa. Le vrai Ulmus eampestris, L., a un nom anglais et gallois assez particulier, W'ych ; ce qui dénote un arbre vraiment indigène.

* Plnn» morltima, DC.î— Un Pin, que Bromfield (Phylol , I8?i0, p 888) rapporte, avec doute, au Pin maritime, DU, ou Pin pinaster, Ait., a été introduit près de Bournmoulh et entre Poole et Ubristchurch, dans des terrains marécageux, où il se répand par ses propres graines, et imprime au pays un caractère analogue à celui des pine-barrens des États-Unis.

* Iri» tuberosa, L. — % — Plante de Grèce et d'Italie qu'on cultivait souvent autrefois comme officinale. Elle est près de Fréjus (Perreymond, Pl. Fréj.), de Toulon Bob., PL Tout.), d'Agen (Saint-Amans, FL, p. t6; Lagrèzo-Fossat, 7-7. Tarn-et-U<tr ., p. 379), toujours dans une seule localité. Desvaux la trouvée dans lo haut Poitou (DU. : Fl Fr., V. p. 3 20) . mais la Flore récente de la Vienne, par Delaslrc, n'en parle pas. Je ne la vois indiquée ni dans la péninsule espagnole ^Boiss., Brol., Colm), ni a Bordeaux (Laterr., FI.). Elle est dans le Cornouailles, aux environs de Penzance, dans les vergers et les baies I Fiujl. Rot., t- 2818;, ordinairement ou constamment autour des anciens jardins ou vergers Wats, Cyb., Il, p. (40). On l'a trouvée aussi en Irlande, près de Cork : mais le docteur Power, dans son ouvrage récent (the Botanist's guide for Cork. 18iî», p. 65), ;dit : a pas même naturalisé dans ce point. » L'habitation près de Penzance paraît durable et bien constatée. Je la regarde comme provenant des jardins, parce que l'espèce manque à tout l ouest du continent.

MrU «iphlotde*, Elir. ~ % — Plante d Espagne et du midi de la France Dietr . Sysi.), souvent cultivée dans les jardins. Elle s'est naturalisée en un po nt du pays de Galles, depuis quarante ans (Dillw , d'après Wats., Cyb., II, p. 440), et dans une localité en Ecosse (G. Don., le jardinier, ib.).

* Croena verni, wiitd. — # — Près de Nottingham, au moins depuis le premier quart du siècle dernier [Engl. Bot., t 334; Bab , Afan.) près de Mendham en Suffolk (Bab , J/u».), et çà et là dans plusieurs autres comtés (Wats., Cyb., II, p. 442}. Ce Crocus des montagnes du centre de lEurope ne descend jamais, selon M. Gay, dans les plaines de la France et d'Allemagne (Bab. , .M an.) Il a été cultivé jadis en Angleterre et s'y est naturalisé partiellement On le dit naturalisé en Irlande (Mackay, Fl., p. 274).

NATIONALISATION A l'KTITK DISTANCE.

Le ( 'meus sativm, soin ont cultivé, n'est pas devenu Spontané, on du moins n'a pas duré comme tel (Wats., Cyb., II. p. 143). Les Crocus biftorus cl fiwiriw ne se trou\ent que dans un seul parc, d'où ils ne sortent pas et ou peut-être ils ne dureront pas.

' ZVarrlnau» poeilcu», L. — ¥ — Gra\esend et Norfolk, en 1795 [Entjl. liot., t. 275). Bruyères sablonneuses de Keni et Sutlolk (Bab., Man., 2e édtl., p. 31 9), et en grande quantité dans une localité du Wai wickshire, près de Fillongley Breo. Phylol , 1850, p. 945 , où il est pos.-ible qu'on l'ait planté à une éfioque déjà ancienne. Il n'est pas probable (pie Hay et Dillenius eussent ignoré I existence, dans le midi de l'Angleterre, d'une espèce aussi apparente. M. \\ atson [Cyb., II, p. 44 1) ne la regarde pas comme devenue assez spontanée pour être qualifiée de naturalisée [denisen). Elle croit en Italie, dans le midi et lo centre do la France Vers lo nord-ouest de ce pays et en Belgique, les localités indiquées font souvent présumer une naturalisation partielle, et l'espèce devient rare. Elle est dans le Calvados (Hard., Ken.. Lecl., Col.), mais non dans le département de la Somme (Pauquy, FI.}, Elle se naturalise çà et là en Allemagne, dans les parcs (Koch. Syi».).

itarciMMu» blflorna, L. — # — S il n'est pas indigène, il est naturalisé depuis longtemps, car Gerarde [Hcrb., 112 et Ho) le dit spontané dans les champs et au bord dos lw»is Ray [Syn., édit 1724, p. 371} n'ose pas affirmer sa spontanéité, ou plutôt sa qualité d'espèce indigène, et le débat continue de nos jours sans que les auteurs les plus attentifs a ces sortes de questions aient jeté, corne semble, beaucoup de lumière (Wats., Cyb., II. p. 414; Bromlield, Phylol., 1850, p. 954). L'isolement des localités, la rareté des semences, ne sont pas des objections, car il y a beaucoup d espèces aborigènes dans ce cas. La dispersion, dans plusieurs comtés de l'Angleterre, est plutôt contraire à l'idée d une introduction. L'espèce existe même en Irlande, ou les cultures ont eu moins d'effet, et près de Dublin on la dit abondante dans les champs (de Luc, dans Sm., Engl. /•'/., II, p. 132 ; Mackay, /'/., p. 28 i). Mie est rare en Normandie, mais elle se trouve dans quelques prés Irais et vergers (Breb., /•'/., p. 265; Hard., Ren.. Lecl., Cal. Calv., p. 2(i 2). Elle manque aux Iles de la Manche (Bab., Prirn. ; Piquet, dans Phylol., 1853, p. 1094), au département de la Loirc-Inférioure (Lloyd, /•'/.), aux départements voisins, car M. Boreau il. caitr.) l'indique seulement dans celui de Saône-et-Loirc, à la Gironde Laterr., FI. Bord., 4' édit.). L'indication d Aubry dans les Iles d Hu dic et Houat est plus que douteuse, car l'abbé Delalande ne I y a pas retrouvée Ibed.et II., br. in-S", 1850). Sa patrie véritable est l llalie. Dans le sud-est de la Franco déjà elle est rare , et vers l'ouest on remarque un grand intervalle dans I habitation, ce qui me fait croire que plus loin, sur les bords de la Manche, l'espèce a été répandue par les cultures.

\arcUsu» IneoiuparabiliM, L. — 'if. — Cette espèce présente a peu près la même distribution géographique que le Nareissus biftorus : mais elle est plus rare en Normandie et on Angleterre, étoile manque à l'Irlande. On l'a trouvée dans un parc des environs de Swansea, pays de Galles (Dillwyn, dans Wats., Cyb., Il, p. 446), dans une localité où elle existe probablement depuis deux ttècles, et dans lo comté do Worcesîer (Wats., III, p. 513). On no doute pas de son origino étrangère, mais plutôt de son introduction réelle parmi les plantes -[•ontanées.

« Il A.Nt.EMENTS KA.XS 1, IIAIUTATION DKS ESPÈCES.

Lllinm Nariagon, I* — — Il est « naturalisé dans plusieurs taillis, » selon M Bahinglon, I" édition, et porte le signe de plante naturalisée dans ledilion de IN 17. Bay et Dillenius ne l'indiquaient pas dans le Synopsis ries plantes spontanées. Il csl pourtant commun près du village de Sampford, dans le comté rt'Essox, dont Uay a donné une Flore spéciale dans Camden Britannia, en 1695 (Doubleday, Phylol , III. p. 299). C'est une forte présomption de nouveauté pour une plante aussi apparente Néanmoins, elle existe depuis environ trois siècles dans les taillis, selon les auteurs de Vlùtglish Bolany, t. 2799 qui ne citent pas leurs preuves): et prés d'Ep^om, les plus vieux habitants se rappellent l'avoir vue dans leur jeunesse (»>/.). Le genre Lilium n'est pas mentionné dans Pavies [Wetsh Botanol., 1813), et je no puis savoir si les anciens Gallois connaissaient ce lys pour indigène et lui donnaient un nom celtique. On le croit naturalisé dans la péninsule. Scandinave (Kries, Summa, p. 63\ Il manque à I Irlande, au nord-ouest de la France, à la Hollamle Prinlr. FI. Bal.) cl à la Belgique, mémo aux montagnes deSpa (Lej., FI.), ce qui me confirme dans l'opinion de la naturalisation en Angleterre. S'il avait été primitivement répandu dans l'ouest de l'Europo, il on serait resté plus do traces Néanmoins, M Newman (Phylol., III, p. 300) dit que les forêts où on le trouve sont antiques, n'ont jamais été plantées, et commo la racine est profonde, cela fait penser à une naturalisation bien établie et bien ancienne M. Watson (Cyh.. Il, p. 149) doute si pou de lorigine étrangère, qu il désigne l'espèce comme alien et non sons l'épithète déni zen.

L'Ornithogalum umhel'atuin, L., marqué par MM. Babinglon et Watson (C yb., II, |). 13s) comme étranger d'origine, est déjà dans Gerarde (1597, Herb., p. 133), qui le regardait commo spontané en Angleterre. Ray [Syn., ôdil. 1724, p. 37 2), soupçonnait une origine étrangère d'après ses localités. L'espèce existe maintenant dans la plupart des comtés de la Grande-Bretagne. Elle croit sur lo continent voisin, îles Pyrénées à la Hollande et la Suède. Je n'ose donc pas ladiro naturalisée Voici cependant quelques indices : Elle croit dans l'Ile d'Anglosev , spontanément: mais le nom gallois Servit Felhb cm, indiqué par Dav ies ( H W*A Bolany.p. 13), ne parait être qu'une traduction du nom anglaiser of Brthleem, Étoile de Bethléem, qui n'a rien assurément de celte, ni même d'anglo-saxon. L'espèce manque a l'Irlande 'Mackay, FI.; Power, GuMf Cork) et aux lies de la Manche (Bah.. Prim. ; Piquet, Phylol., 1833), quoique très répandue en'Franco et en Angleterre Comme elle se multiplie rapidement partout ou elle est plantée (Watson, /. r ), on peut soupçonner qu'elle a été imporléo depuis un temps déjà ancien sur les points principaux de son habitation occidentale, mais non dans les des moins cultivée- et moins étendues.

* Ornltliognlum natnu, L. — % — Dans les champs et les vergers Bah. . Man.). il manque dans Bay et même dans lludson(/*7. Angl.. en 1778). Les auteurs de I Ëtiglith Botany, t. 1997, l'ont figuré en 1808. comme une plante commune près de Bury. Il croit près do Caen dans une setde localité Hard.,Ben., LecL, FI. C(ilv.,\). 267), et près d'Ahbevillo Pauquy, /*'/. Somme, p 402), mais non près de Paris Coss et Germ., FI. Par.}; en Allemagne çà et là iKoch, Syn ) seulement En 1787, on l a trouvé sur les remparts de Copenhague (FI. Dan., I. 912). On l'indique en Hollande 'Prodr. FI. Intl., p. 273). Il est plus répandu dans le centre de la France, en Suis»:* et en Italie, sans être nulle part bien commun : il manque a la plus grando partie de la Normandie, aux Iles delà Manche Bab., Prim ; Piquet, Phytjt , 1 853) el a l'Irlande, ce qui confirme l'hypothèse d'une

introduction en Angleterre. Les localités du nord-ouest de l'Europe semblent toutes le résultat de naturalisations partielles, provenant do la culture dans les jardins.

FriUttaria MeU-agris, L. Je penche pour l'opinion du docteur Bromticld (Phylol.. 1850, p 96 4 et 908), qui ne voit pas de motifs suffisants pour nier la qualité indigène de celte plante. C'est une chose singulière, il est vrai, que les Anciens auteurs ne l'aient pas connue comme spontanée dans le midi de l'Angleterre, où elle est bien constatée depuis un siècle (Blakst. dans Huds., Fï.,p, 144', mais elje existe en Suède, en Hollande (Protlr. FI. liai., p. 272) et dans le département de hi Somme (Pauquy, Fi., p. 404). Elle manque à la Normandie Breb., FI. : Hard , Hen., Lecl., Cm. Cale ), aux environs de Paris (Coss. et Gorm., Pl.), aux Iles de la Manche (Bab , Prim . ; Piquet dans Phylol , 1853) et h l'Irlande. Je ne puis rien dire pour la Bretagne, mais on retrouve l'espèce dans hi Loire-Inférieure (Lloyd. FI ), la Gironde (Laterr., FI Bord. )et les départements du centre (Bureau, FI., II, p. 418}. D'après cette limite sinueuse, il parait quo le climat des bords de la Manche lui est défavorable, ce qui s'opposerait aussi bien à la naturalisa* ion qu'à l'indigénal. L'An«lcterro serait l'extrême limite à l'ouest, et la plante y serait naturellement plus rare qu'ailleurs, comme toute espèce sur sa limite

Le docteur Broir.lield Phylol., 1850, p. 889) a éaiis des doutes sur l'indigénat du Tamntt»? commuais, très répandu en Angleterre. Ce sont des indices assez légers, comme l'absence de l'espèce en Irlande et le défaut de nom vulgaire original Les faits de distribution géographique dont il parle devraient être examinés plus a fond, car ce botaniste ingénieux, excellent observateur, dont la perte est regrettable pour la science, a été quelquefois incomplet ou inexact dans les circonstances tenant à l'habitation des espèces sur le continent.

Lusufa nivea, DC — 'K — Piaulé par un jardinier à Bromhall Woods, en Kcos-e 'Balfour. dans Bab . J/u»., i" édit.. p. 334): mais on ne dit pas qu'elle se répande dans le payr.. C'est une espèce de Suisse, «lu Tyrol; non pas des pays occidentaux.

L' Fchinochto t Crus-galli, Ueauv. (Panicum Crus-galli) était déjà du temps de Kay, itix envin n s de Londres Bl du temps deParkiiu >n 77» i ulr., p M 5 i), dans les décombres, etc. Je suis porté à le considérer comme M. Watson [Cyb , III, |> I 18;, M. Babington (.l/d».) et le docleur Bromlield (f/jyf., 1850, p. 40T6;. comme étranger; mais l'ancienneté rend les preuves impossibles. Il exi.teas-ez communément sorte continent, en Hollande, a Paris, etc. : cependant il (.«vient rare près de la Manche {Hard., Hen . Lecl., Cm. Calv.) et manque aux Iles do Guernesev et Jersey (Bab., Prim. ; Piquet, Phylol , 1853), ainsi qu'a l'Irlande.

Alliant Aniprloprawiim, L. — ç — On a découvert à la fin du xvir* siècle, dans lajK'lilo île de Holmes, à l'embouchure de la Savern, un ail, que Ray ///*/., p. 1 1 i") ; Syu., édit. 17 2 4) désigna sous le nom de Allium holmense sphîerico capilc, et que les modernes ont rapporté à I'Allium Ampeloprasum, L. M. Gay, dans sa monographie consciencieuse de huit espèces d'Allium (.lu», se. uni., oct. 1847). confirme cette synonymie. M. Webb Phyioi., 1850, p. 937) Ironva que les caractères indiqués pour la plantes accordent mieux avec I Allium Porrum, L , qu'il admettait comme espèce, quoique M. Gay en fasse une variété ilel Anipeloprasiim. Je donnerai plus loin ciiap. ix) un argument géographique en Lueur de 1 opinion de M. Gay. Ici. je me borne à constater «pie la plante de l'île

<.HAM.hMK.\Ts DANS LIlAhlTATlOX HKs h»l'h(.l>.

de Holmes réunit plusieurs indices d'une origine étrangère, loul on vivant par elle-même, depuis deux siècles au moins, dans celte localité. L ile de Holmes est déjà pour nous un endroit suspect, par la présence du Pa;onia corallina (voy. p. 6i6), faisant présumer d'anciennes cultures Les caractèresde la plante paraissent se rapprocher du Porrum, espèce ou variété cultivée. L'Allium Ampeloprasum, commun dans la région de la Méditerranée, jusqu'en Portugal, existe aux Açores Wats., Cyb. DrU., II, p. 451), dans la Gironde (Laterr., /•'/. Hord.), et dans le département du Cher (Allium multiflorum, Boreau, synon., d'après Gay, /. c.) : mais il manque au nord-oueslde la France (Lloyd,/*7. Loire- In f. ; Lalandc, Ilmilic et Houat; Webb, Phi toi. ^ 1850, p. 837: ('oss. et Gcrm., Fl. Paria; Pauquy, Fl, Somme; Breb., Fl. Yorm.). jusqu'aux environs de Gaen, où il est à poine spontané Hard., Ben., Lecl , Cal. Cale, p. 268, disent : nponl. ?;, et 1 île de Guernesey, où M. Babington (Prim.Sarn., p. 9o) le dit in ligène, ayant crû do temps immémorial sur remplacement autrefois inhabité où l'on a construit la caserne d'artillerie. Dans cette dernière localité, la plante est identique avec celle de Holmes, selon M. Babington, qui a hésité entre l'Allium Ampeloprasum et l'Allium Porrum des auteurs. Les localités de Holmes et do Guernesey' ne seraient pas d'un isolement extraordinaire, si l'Allium Babingtonii, Borrer, trouvé dans I» Cornouailles (près d'anciens vergers), en Irlande (avec une apparence plus aborigène) dans le comté de Galway et dans le midi des lies d'Arran. d'après I7:«- (jlish Hotumj, t.' 2906, dans le Cumberland et le Forfarshire. d'après Hutchinson et G. Don (Wals , Cfffr., II, p. 451), est aussi l'Allium Ampeloprasum, comme le pensent MM. Andrews et Watson ((';/&., 1. c ). En admettant même celte réunion, il existerait en France un grand intervalle dans I habitation de l'espèce. Si, par sa nature, elle demando des climats occidentaux, et si. d'origine, elle existe aux Açores, en Irlande, dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne, et à Guernesey , comme en Portugal et à Bordeaux , pourquoi manquerait-elle aux régions humides et tempérées do la Bretagne et d'une grande partie de l'Irlande?

D'après tel ensemble de faits, je conserve peu de doute que la plante occidentale de Holmes et de Guernesoy no soit l'Allium Ampeloprasum ou l'Allium Porrum, redevenus sauvages à la suite d'anciennes cultures. L'Allium Babingtonii aurait la même origine, à moins qu'un examen botanique plus attentif ne le maintienne comme espèce, qui, alors, serait indigène en Angleterre, chose bien improbable; enfin, tout cela appuie l'opinion de M. Gay, que l'Allium Porrum est une forme cultivée do l'Allium Ampeloprasum.

* Allium amblguam, 8m. (Allium ron«um aucc). — Trouvé depuis 1837 en assez- grande quantité près de Bochester (EngL Bot., t. 2803), et ensuite dans le Sulfolk, à Eye Castle hill (Bab., Van., 2e édit., p. 455;. MM Babington et Walson (Ci/fc., Il, p. 455) no lui accordent pas môme un numéro d'ordre parmi les espèces croissant spontanément; néanmoins, il ne paraît pas que ces pieds nombreux aient été plantés ou entretenus do main d'homme. Probablement, ils viennent de semences envoyées avec des graines étrangères, ou se sont échappés do quelque jardin. L'espèce existe dans la région de la Médilcrranéo et dans le sud-ouest de h France (Laterr., Fl, Hord., 4* édit., p 383), mais non dans le centre et le nord- ouest.

Gctfanlhut nivulis, L. Les anciens auteurs, Gerarde et Ray, n'ont pas regardé cette plante comme spontanée en Angleterre. On l'a trouvée sou\cnt depuis.

.\,VTUtAU>ATIO.N A PETITE DISTANCE

D'après M. Walson [Cyb., Il, p. 147), les localités sont suspectes; mais, selon d'autres botanistes (Stn., Fmjl. F/.), il y a des localités vraiment sauvages. M. Walson croit l'espèce introduite par les cultures. I.c docteur BromlicUl Phytol., 1850, p. 959), avait une opinion op|M>sée. Dans ce t as, je suis de son avis, a cause de I habitation sur le continent, qui n'est point interrompue dans la direction des lies Britanniques ^Coss. et (ïerm., Fl. Paris; Breb., Fl. Xorm.; Prodr. Fl. Bal.; Lloyd, FI Loire-Inf., olc). Klle manque aux ilesde la Manche, mais on la cite en Irlande (Mackay, FL). avec doute sur l'origine.

Uucoium œ&tivum, L. Mêmes doutes chez les botanistes anglais que pour le lialanlhus nivalis (Wats., Cyb., Il, p. 448). La distribution géographique sur le continent est plus favorable à l'opinion de M. Walson, d'une origine étrangère, car l'espèce manque aux Mores de la Loire- Inférieure (Lloyd , de la Normandie (Breb.: Hard. , Ken. et Lecl.). de la îlomme (Pauquy), de I'aris(Coss. et Germ.l, de Oldenbourg (llagena), des lies do la Manche (Bab.; Piquet, Phyt., 4 853), de l'Irlande (Mackay, l'ower). Je ne la vois s'avancer vers la Grande-Bretagne que par la Hollande (Prodr. Fl.lial., p. 270), Lubeck (Hack ., Pl., p. 123) elle Danemark (Fries, S um via). La rareté de ces points me fait soupçonner uno introduction comme (m Angleterre. Après tout, ce sont des indices; il y aurait autant à parier dans un sens que dans ( autre, et je n'ose me décider en faveur de l'origine étrangère.

Lilium pyrenaicum, Gouan. — % — Découvert par M. G. Mavv, dans une étendue d environ 50 yards, sur la droite du chemin de South-Molton à Molland, Devonshiro septentrional, à environ I mille î/2 do Molland (Ilot. Gaz., II, p. 305; Phytol., 1850, p. 988). M. Walson [Cyb., III. p. 370) ne donne pasde détails sur l'introduction. Cette espèce, des Pyrénées et des Alpes méridionales, a été cultivée depuis longtemps en Angleterre, et ne s'était pas répandue hors des jardins. N aurait-ello pas élé plantée dans la localité signalée ?

* (T) Tnllpa nylveairl», L.— ^ — Inconnue comme plante spontanée auv anciens botanistes anglais-, signalée depuis la fin du xvui" siècle dans plusieurs parties de l'Angleterre et de 1 Ecosse (Wats., Cyb., II, p. 449 ; Bromfield, Phyt., 1850, p. 903;, mais souvent dans des localités »usj>ectes et en petite quantité. Les auteurs penchent pour l'idée d'une origine étrangère et d une diffusion hors des jardins. La présence en Normandie, en Hollande et en Suéde, n'est pas opposée a cette opinion dans le cas aeluel, parce que l'espèce y est rare, souvent près des habitations, et qu'on Suède, du temps de Linné, on ne doutait pas de 1 origine étrangère (Linné, /•'/. Suec, n. 20 2>. Elle manque aux lies de la Manche et à l'Irlande. Clusius elles Bauhin ne la cilent pas comme croissant dans le nord do la France et en Suisse ; mais elle es.t aujourd'hui près de Baie Hag., Fl. .

Mnscan racemosum, Mill. M. Walson Cyb., Il, p. 461) le croit d origine étrangère, sans doute parce qu il n est pas dans le Synopsis do Ray, et que ses localités sonl rares et souvent suspectes. 1) un autre côté, le docteur Bromfield Phyt , III, p. 967) a vu des localités où 1 espèce parait spontanée et ancienne. Il remarque aussi sa présence en Belgique et en France. Ello est citée effectivement en Normandie (Breb., Fl., p. 268) et dans le département de la Loire- Inferieure (Lloyd, Fl., p. 266 , et elle devient plus fréquente vers l'intérieur du continent. L'absence dans les Iles de la Manche (Bab., Prim. : Piquoi, PhytoL, 1853 . et en Irlande, ne sont pas dans ces conditions un argument bien fort contre l indigénat. L espèce semble être tare en Normandie (Hard., Ren., Lecl.,

f.HANiïKMKNTS DANS l.'ll MUTATION l»KS KSPÊCES.

Cat. Oitc.) et en Angleterre, parce qu'elle serait la sur les confins naturels do son habitation.

Mnianthemum bifulitnn, OC. On a émis des doutes, soit sur la présence, Miit sur l'origine de cette espèce dans la Grande-Bretagne (Bab., i/o»., 2' édit. , p. 321 ; Wats., Cyb., Il, p 465 ; III, p. .'il 4). Cependant, d'après les citations mêmes de ces auteurs. Gerardc l'indiquait comme spontanée dans deux localités, et de nos jours on l'a retrouvée ça et là, après avoir effacé l'espèce des Flores anglaises. Elle alxmde dans la péninsule Scandinave et en Allemagne jusque dans la partie occidentale (H;igena, Fl. (Jldmb.) ; elle existe dans le nord de !a France (Coss. et Germ., Fl. Pfin\Brob . Fl. Yorn».); par conséquent, aucune raison géographique ne peut faire soupçonner une exclusion de la Grande-Bretagne. Loin d étre naturalisée, elle semble avoir existe jadis plus fréquemment et avoir diminué avec les forêts.

* Auachnrlw .%l«inna<ruin. Bah. — Voir plus loin (art. 5) a l'occasion des plantes américaines naturalisées en Europe.

Spardna alterniflnrn. Lois. La découverte de cette plante des États-Unis à l'embouchure de l'Adour, en Gascogne, et ensuite dans la petite rivière do ritchen, près de Soulhampton, est une chose des plus extraordinaires. Bromfield [Phyt., 18'iO, p. tOUo) la croyait importée par quelque vaisseau. M. Walson la regarde a\ec doute comme étrangère Cyb„ III, p. I 4-!*). J'y reviendrai à la lin de l'art. 7 du chap. X. car cette plante pourrait appartenir à la catégorie des espèces disjointes, à laquelle je consacre un chapitre spécial.

Oigitaria humifuta, Pers. — i — M. Watson ("yb-, HI, p. I 47; doute de la qualité aborigène de cette plante, assez rare en Angleterre, et souvent confondue avec le Oigitaria sanguinalis. Elle existe en Suéde (Pries, Surnom, p. 80), et en Hollande (Prodr. Fl. Hat., p 299), si le Panieum glabrum, Gaud., est synonyme comme le dit kunth (/:«., I, p. H.i . Dans l'incertitude de la synonvmic dans les Flores, je n'ose affirmer une origine étrangère.

Digilariu stingiiinalis, L. — d' — Etranger, d'après M. WatSOfl [Cgb., III, p. I48J: quelquefois advontif. importe occasionnellement avec le lest des vaisseaux. Ray. Parkinson (Theatr., 1610, p. 1178;, Gorarde [Herb , 1597, p. 23) l'indiquaient déjà comme spontané dans les mêmes circonstances qu'à présent, c'est-à-dire rare, changeant de place, souvent sur les lisières des champs ; mais aussi sur des collines. Sur le continent voisin, les localités «ont également assez suspectes. II est rare en Normandie. On l a trouvé récemment à Jersey Piquet, Phylnl., 1853, p. 1094). 11 manque à l'Irlande. Ce sont bien les apparences d'une espèce venue du sud-est ; mais les preuves ou commencements de preuves n'existent pas.

Setaria viridis, Beauv. Mêmes conditions à peu près que pour le Oigitaria humifusa (Bromf., Phytol., I80O. p 1077; Wats., Cyb., III, p. 1 49). Ray l'indique [Syn., édit 1721, p. 39 i) dans les champs, mais rare. Parkinson l'indique aussi dans les décombres et lieux incultes. Jo ne le vois pas dans la première édition de Gerarde.

SetaHa tcrticillata, Beauv — 1 — Déjà indique par Rav dans quelques localités suspectes. Parkinson et Gerarde ne paraissent pas l'avoir menti nné II est demeure rare et vagant en Angleterre, et 1rs moderne-» !e croient d'origine étrangère.

Setaria ybmr i, Beauv. — .1) — Encore plus rare, indiqué seulement depuis

le siècle actuel, et dans des localités douteuses, où il no parait pas persister (voy. Wats.,.0/6.. III, p. 150).

Pluilaria canariensis, L. Il présente quelque disposition à so naturaliser (voy. Wats., Cyb., III, p. 150).

Arma striyosu. Schrob. — \ — Cette mauvaise herbe a fait irruption en Europe il va environ SO ans, par mélange de ses graines avec les avoines culti- \ ces. Je la crois originaire de la région caucasienne, car M. C.-A. Meyer l'a trouvée dans les près voisins de la mer Caspienne, entre Sallian et Lenkoran H'erz. P/l. Cane, p. 46), tandis qu'en Europe, même en Russie (Rupr. , Beilr., Y, p. 38; Mart., Prodr. Fl. Mosq., p. 23), on la dit toujours cultivée ou mélangée avec les cultures, rarement dans les terrains adjacents, où elle peut sécbapper çà et là comme les autres Avena cultivés. En Allemagne, on la remarquée en 4 771 (Schreb.. Spicil. Fl. Ups.): en Suède après Linné, à l'époque de Relzius [Prodr. Fl. Scand., p. 20, 1779); dans la Grande-Bretagne à la (in du siècle dernier (Wilher., Hull , 4 799, p. 26, d'après Su.). Eu 1803, Smith \Eitgl. Bot., t. 1266) I indiquait en Ecosse, dans lecomlé d'York et le pays de Galles, sans se douter d'une origine étrangère; maintenant, M. Watson (Cyb., III, p. 1 85] l'indique dans 1 3 de ses 1 8 subdivisions de la Grande-Bretagne, et ne doute nullement do l'origine étrangère. Elle est déjà on Irlande près de Cork (Mackay, Fl.) et à Jersey (Bab., Prim.). Dans le nord-ouest de la France, elle est rare, et, en général, c'est sous les latitudes de 1 Ecosse et de la Suède qu'elle abonde. Il est fort douteux qu elle put so propager dans co pays sans le concours volontaire ou involontaire de I homme, ainsi elle n'est ni spontanée, ni naturalisée.

LoHum temulentum, L. Était déjà du temps de Gefarde, en 1597, une des mauvaises herbes les plus communes dans les champs en Angleterre. Si elle est d'origine étrangère, comme le soupçonne M. Watson (Cyb. , III), 1 introduction en est bien ancienne. Les L Hum arrensr, With. et JUrf'tim linicola avaient probablement été confondus avec lui, et sont, d'ailleurs, moins communs.

.1 cerna fatua, L. — i — Ne sort pas «les champs en Angleterre. M. Watson KCyb., III, p. 183) présume, par ce motif, une origine étrangère. L'espèce est déjà dans Parkinson (Theatr.. p 1 149), avec les mêmes stations. Elle est sauvage en Crimée tBieb., Fl., I, p. 76), et probablement autour du Caucase, d'après les citations de Ledebour (Fl. lloss., IV, p. 412). J. Bauhin la connaissait en Allemagne et dans les Pays-Bas.

Panicum Crus-galli , L., existait déjà du temps de Ray et do Parkinson Thealr., p. 1 1 5 \). dans les décombres, etc., près de Londres. Je suis porté à le considérer, a\ec MM. Babinglon (Man.), Bromlield [Pbyt., 1850, p 4 076) et Watson (Cyb. , III, p. 148), comme étranger à I Angleterre ; mais ( ancienneté rend les preuves impossibles. Il était, d'ailleurs, assez commun sur le continent déjà à 1 époque des Bauhin. Il est rare du coté de la Manche (Hard., Ren., LecL, Cal. Calv.) et fait même défaut dans file de Jersey (Bab.; Piquet, Phyt., 1853, p. 4 093) et en Irlande . ce qui peut signifier, ou une introduction récente dans l'ouest de l'Europe jusqu'à l'A ngleterro méridionale, ou une délimitation ancienne fixée par le climat.

Je viens de dresser, avec lotit le soin possible, le tableau des plantes naturalisées et soupçonnées de naturalisation dans la Grande-Bretagne (Angleterre, pays de (ialles, Ecosse). J'ai envisagé ce travail comme une

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élude sur la manière de discerner les espèces introduites dans un pays, et, il faut le dire, les travaux des botanistes anglais avaient bien préparé le terrain. Je n'ai eu pour compléter leur ouvrage qu'à comparer leurs opinions, à scruter mieux les habitations sur le continent de plusieurs espèces douteuses, et à m 'appuyer quelquefois sur des recherches étymologiques, dont un philologue aurait pu tirer encore plus de parti. Voici les résultats qui me frappent le plus :

1. Le nombre total des espèces qu'on peut regarder, avec un degré satisfaisant de probabilité ou même avec certitude , comme d'origine étrangère et complètement naturalisées, hors des cultures, dans la Grande- Bretagne, s'élève à quatre-vingt-trois seulement. Il e>t vrai que pour les espèces introduites avant le xviue siècle, les preuves tirées des Flores locales sont presque impossibles, et qu'à leur égard, les omissions peuvent être d'un certain degré de fréquence.

2. Sur les 83 espèces naturalisées, il y en a 10 venant de l'Amérique septentrionale; restent 73 espèces introduites par une naturalisation à petite distance, c'est-à-dire d'Europe, ou par l'Europe d'Afrique ou d'Asie.

3. Aucune de ces 73 espèces ne paraît originaire des îles plus ou moins rapprochées de la Grande-Bretagne, car elles sont toutes répandues, uniquement ou principalement, sur le continent, à des distances diverses, et il n'en est aucune qui croisse en Irlande ou dans les îles Féroé, et qui manque à l'Europe continentale. 23 espèces ne se trouvent pas à l'état sauvage, ni même à moitié naturalisées dans les pays du continent voisins de l'Angleterre, savoir : la Hollande, la Belgique et la France occidentale ; 50 existent dans le voisinage de la Grande-Bretagne.

h. Les 23 espèces qui manquent sur le continent près de l'Angleterre, ne peuvent pas avoir été transportées autrement que par l'influence de l'homme, c'est-à-dire par son intention expresse, ou parmi des graines reçues de loin, ou avec le lest et les marchandises des vaisseaux, ou enfin par la culture préalable dans les jardins, d'où les graines se répandent facilement dans la campagne. Si elles étaient arrivées par l'effet du vent, des courants, même des vols d'oiseaux, elles se seraient probablement naturalisées d'abord en Hollande, en Belgique, dans la France occidentale, avant île passer en Angleterre. Le saut immense qu'elles ont fait est une indication que l'homme a été la cause du transport. D'ailleurs, les circonstances «le leurs stations, et quelquefois des renseignements positifs, viennent à l'appui de la preuve géographique. Ce sont les espèces suivantes :

Arabis turrita, L. Astniiitia major, L.

Diantliua ptumarius, L. Myrrhis odorata, Scop.

Silène italien, Par». Lonicera Capi ilolitmi, L,

NATUlM.ISATION \ PKTITK WRTANCK.

l.omrcia Xylosleum. L. Acantliu* molli*, L

Asperula laurina, L. ftumex alpinua, L.

Yalcriana pyrcnaica, L. Iris tuberosa, !..

Kardosmia fragrans, Hi'icli. Iris xipliioides, Klir.

Senecio aqualidus, L. Crocus venais, WilM.

Pelasites albus, GtPTtQ. I.iliuin Marlagon, L. Hieracium aurantiacum.

Cyclamen lietlera'folium.

Linaria purpurea, NUI.

Allium Ampcloprasum, !..

Allium ambiguum, L.

Sur ces 23 espèces, j'en signale 3 comme s'étant répandues d'abord autour des jardins botaniques de Cambridge ou d'Oxford (Arabis lurrita, Lonicera Caprifolium et Senecio squalidus). La grande majorité se compose de plantes généralement et anciennement cultivées, soit pour un motif, soit pour un autre. Les Hieracium aurantiacum, Âstrantia major, Pelasites albus et Humex alpinus pourraient bien avoir été introduits avec les irraines alpines qu'on a fait venir de Suisse, par exemple, avec des graines de mélèze.

Toutes ces espèces manquent encore à l'Irlande, excepté les Diantlms plumarius, Myrrhis odorata, Senecio squalidus, et Crocus vernus, qui se trouvent également dans cette île, mais plus rarement, et toujours avec •les indices ou des preuves d'une introduction par les jardins, les cultures, etc. Ainsi, évidemment, ces 23 espèces n'ont pas eu anciennement une habitation occidentale en Europe, et elles ont bien été introduites par l'homme dans la Grande-Bretagne.

5. Deux espèces, Sisymbrium polyceratiutu, L.,et Alyssum maritimum, L., existent en Portugal et aux Acores, et manquent à la France occidentale et à l'Irlande. Bien ne peut faire soupçonner un transport par les vents, les courants ou les oiseaux; au contraire, on sait que la première est sortie d'un jardin, et la seconde a été si souvent cultivée qu'on ne peut guère supposer une autre origine.

6. Les AS espèces qui forment le complément des 73 originaires de l'ancien monde, existent dans les pays voisins de la Grande-Bretagne, d'une manière plus ou moins générale, tantôt avec l'apparence d'un établissement primitif, plus souvent avec des indices ou des preuves d'une extension depuis quelques siècles, de l'est vers l'ouest, ou du sud-est vers le nord-ouest de l'Europe. En voici le tableau, dans lequel je classerai les espèces selon leur mode probable d'introduction.

4° Espèces fréquemment cultivées dans les champs, les parcs ou les jardins.

Anémone apennina, L. Cheiranthus Cheiri, L.

Aconitum Napellus, L. Isatis tinctoria, L.

Pa'onia corallina, L. Cochlearia ruslicana, I.am.

r.ory.lali* lutta, DC, Uianllius GaryopbyUua, L.

Saponaria officinalis, I..

Acer pseudo-plalanus, !..

Sempervivum lectorum, L.

Petroselinuni sativum, Hoflin.

Coriandruin sativum, L, Centrantlms ruber, L.

I ragopogon porrifolius, L.

Silvbum maiianum, Ga-rtn.

Yinca major, L.

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