‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 120 sur 146 · S IH. COMPARAISON DI S GRANDES DIVISIONS DC GLOBE · texte numérisé non relu

S IH. COMPARAISON DI S GRANDES DIVISIONS DC GLOBE

Dans l'état actuel des connaissances, il est impossible de comparer le nombre des espèces dans l'Amérique septentrionale et dans une étendue égale de l'ancien monde, dans l'Amérique méridionale et en Afrique, etc.; mais le sentiment général des botanistes descripteurs peut fournir une sorte d'appréciation.

L'Amérique parait avoir plus d'espèces qu'une étendue correspondante de l'ancien monde. Cela s'explique par la direction générale des chaînes de montagnes du nord au sud, direction qui produit sous chaque latitude des conditions de climat diflérentes. Évidemment, les Alpes, les Pyrénées, l'Atlas, le Caucase, l'Himalaya, qui s'étendent de l'est à l'ouest, ne peuvent pas offrir l'immense diversité de conditions physiques de la chaîne des Andes, qui passe du 68' degré de latitude nord au 54e degré de latitude sud, en offrant sous la plupart de ces degrés toutes les hauteurs possibles entre la mer et les neiges perpétuelles. La chaîne des Alleghanies et les rôlières de la Cuyane et du Urésil, présentent un peu des mêmes avantages dans la partie orientale du continent américain. On peut dire qu'en Amérique, sous chaque latitude, se trouvent toutes les hauteurs, ce qui est bien loin d'exister dans les autres parties du monde. A ce point de vue très

général, il n'est pas surprenant que l'Amérique soit plus riche en espèces différentes, pour une surface égale.

L'Afrique est pauvre en espèces dans toute son étendue, excepté à son extrémité méridionale. L'absence de hautes montagnes couvertes de neiges en été, la sécheresse dans les plaines du nord, l'uniformité de conditions physiques dans la région équatoriale, expliquent le nombre assez faible des espèces dans la plus grande partie de ce vaste continent. A l'extrémité australe c'est autre chose. L'abondance extraordinaire des espèces du Cap ne coïncide pas avec des diversités bien grandes de climats. Les montagnes de cette région ne portent pas des neiges perpétuelles ; il y a de vastes étendues desséchées, et sur le littoral, il ne semble pas que l'humidité et la température varient d'une manière sensible. La Nouvelle-Hollande, qui est, sous ce point de vue, dans des circonstances analogues, ne présente pas une variété d'espèces aussi grande. Je croirais donc à une influence antérieure, c'est-à-dire à des causes géologiques, en vertu desquelles cette végétation du Cap serait la continuation d'une flore très riche, d'une flore liée autrefois à une diversité de climats plus grande qu'aujourd'hui ou à quelque végétation d'îles et de continents voisins qui auraient disparu, après avoir exercé longtemps une influence. Peut-être le nombre de milliers d'années depuis lequel certaines régions se trouvent bore de la mer et présentent des conditions de climat favorables aux végétaux, est-il la cause qui explique leur richesse actuelle quand les conditions de notre époque ne suffisent pas? Je laisse aux géologues de discerner laquelle de ces hypothèses est la plus vraisemblable. Il me suflit de leur indiquer les phénomènes de géographie botanique dont les circonstances actuelles du globe ne peuvent pas rendre suffisamment compte (a).

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