CHAPITRE XXVI
APERÇU DES VÉGÉTATIONS DE DIVERS PAYS AU POINT DE VUE DE l\)RI- GINE PR OR A RLE DE LEIRS ESPÈCES , DE LEURS GENRES ET DE LEURS FAMILLES.
ARTICLE PREMIER
NÉCESSITÉ DE CBS RECHERCHES ; AUTEURS QUI s'BN SONT OCCUPES
LBS PREMIERS.
On a considéré longtemps la tlore de chaque pays comme formant une certaine unité. En cherchant des limites naturelles et en établissant des zones ou subdivisions de régions, on se flattait de faire disparaître les anomalies, et l'on y parvenait jusqu'à un certain point. Il faut avouer cependant qu'on ne trouve pas dans la végétation d'un district, même naturel, les caractères qui, dans d'autres phénomènes, révèlent une véritable unité, par exemple des éléments constitutifs offrant des rapports numériques ou harmoniques, nécessaires et définis. Sans doute, les considérations par lesquelles je termine le chapitre précédent font comprendre une des causes du défaut d'unité de plusieurs flores ; mais il en existe une autre plus importante qui tient à la nature composée de chaque réunion de végétaux.
En eiïet, l'état actuel de la géologie et de l'histoire naturelle nous oblige à regarder les flores, mêmes les plus limitées et les plus homogènes, comme constituées d'éléments d'une date et souvent d'une origine différente. Les espèces actuelles remontent à des époques géologiques plus ou moins reculées; je l'ai répété à satiété et prouvé maintes fois dans cet ouvrage. Les surfaces terrestres ont changé avant notre époque ; les climats ont varié aussi, par des causes tenant à la distribution relative des terres et des mers, des surfaces élevées et des surfaces déprimées; les moyens de transport et les connexions entre les surfaces couvertes de végétaux ont changé. Tous ces faits, dans leur généralité, sont incontestables, quoique sans doute les applications à chaque pays soient entourées d'obs-