‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 138 sur 146 · INDICATION 1>E RECHERCHES F.T I»E PERFECTIONNEMENTS · texte numérisé non relu

INDICATION 1>E RECHERCHES F.T I»E PERFECTIONNEMENTS

de leurs pratiques. Ce sont des séries d'expériences à recommander aux établissements publics, dont la durée est certaine.

' Fécondation dans ic iionton. — Il serait utile de constater les espèces dans lesquelles la fécondation a lieu avant l'ouverture de la tleur. Elles paraissent très nombreuses. I)ans ces espèces, le croisement par des circonstances naturelles est impossible. Bien plus, les individus qui vivent près les uns des autres et qui se ressemblent beaucoup, peuvent descendre d'individus séparés, qui ne se sont jamais croisés depuis des siècles, «l»*s milliers d'années, peut-être depuis l'origine de l'espèce. Les produits qui se succèdent ainsi sont comme une extension de la même plante, indéfiniment, et la fécondation possible et continue, ce caractère essentiel de l'espèce suivant plusieurs naturalistes, ne joue plus, en ce qui concerne ces plantes, qu'un rôle secondaire. A ce point de vue philosophique, l'étude des cryptogames et des plantes phanérogames dont je viens de parler a une certaine portée.

i. — L'étude des limites d'espèces m'a conduit à penser que les maxima de température ont peu ou point d'influence ; que les sommes de température utile, dans certaines limites de temps et aussi dans le champ des températures ordinaires, suffisent pour expliquer les phénomènes de végétation. Je n'ai pu cependant donner qu'une preuve négative: il ne m'a pas paru nécessaire de recourir aux maxima ou aux variations fréquentes pour expliquer les faits connus. Cela ne suflit pas, surtout en théorie. On doit désirer des expériences positives. Ne pourrait-on pas construire une serre dans laquelle on obtiendrait a volonté des températures constantes ou variables, et variables à volonté? S'il était possible d'élever des plantes sous ces diverses conditions et de les peser après chaque expérience, plusieurs problèmes agricoles et physiologiques très délicats seraient résolus. Les observations qui se font à l'air libre ou dans les serres ordinaires, dont la température varie fréquemment, sans qu'on le constate, ne sont pas des expériences suffisantes.

Si l'on avait les serres expérimentales dont je parle, on pourrait vérifier ce que j'ai appelé la température utile à chaque espèce, c'est-à-dire le point où elle commence et le point où elle cesse de végéter d'une manière régulière et manifeste. On verrait si ce point est fixe, ou s'il varie entre certaines limites (p. 399).

Décomposition dn «a/ acide carbonique daim le* longues Journées

drs pays du Xord. — Les plantes peuvent-elles décomposer le gaz acide carbonique dans les pays septentrionaux, aussi longtemps que la lumière existe dans l'atmosphère? Lorsque l'été devient un jour continu de deux

PROPRES A AVANCER LA GÉOGIiAHIIE HOTAMQL'E. 13^7

ou trois mois, les plantes ont-elles une végétation continue, même à l'égard de la fixation du carbone? Cette question est importante pour les phénomènes de la végétation des régions* arctiques et se rattache à la question de la diffusion dans l'air des rayons chimiques (p. 1343).

5° Aux botanistes descripteurs.

Flore* h rédiger. — Il est déplorable pour la géographie botanique de manquer presque totalement de Flores, faites selon la méthode naturelle, pour les pays autres que l'Europe, le Chili, les États-Unis orientaux et quelques îles ou archipels. Des Flores de pays d'une petite étendue et d'une étendue déterminée seraient très utiles, et, dans l'état actuel des collections, c'est un genre de travail qu'on peut raisonnablement demander. Une Flore de Cayenne pourrait se faire au Muséum, à Paris; une Flore de Bahia, par le moyen des collections de Blanchet, à Genève; la Flore de Sénégambie pourrait s'achever dans la belle collection de M. Delessert; une Flore de l'Afrique australe pourrait se faire au moyen des matériaux qui existent partout, et entre autres, avec ceux récoltés par Drège. On • pourrait coordonner plus complètement les plantes de Drummond et de Preiss recueillies à Swan-River, achever la Flore de Cuba commencée par Richard, faire celle de Ceylan avec les herbiers de Thwailes et de Gardner, etc. Mon excellent et regrettable ami, Adrien de Jussieu, avait commencé une Flore de Madagascar, dont les matériaux abondent à Paris ; ne se trouvera-t-il personne pour l'achever?

Les Flores d'îles ont beaucoup d'intérêt à cause de la circonscription bien limitée et de la singularité de plusieurs de leurs espèces. .

Comment ne s'est-il pas trouvé un botaniste pour faire une véritable Flore de Sainte-Hélène, à la place des mauvaises compilations données sous ce nom? Les matériaux en existent à Londres : au Rritish Muséum, chez MM. Burchell, Lindley, et dans l'herbier si précieux de sir W. Hooker. La Flore de Sainte-Hélène est d'autant plus nécessaire que ses espèces vont disparaître (voy. p. 722, 1 120). Si quelque gouverneur, ami des sciences, ne donne l'ordre de fermer par une palissade les abords des falaises où les chèvres vont poursuivre et détruire les restes des plantes aborigènes, on verra s'éteindre prochainement plusieurs espèces très curieuses, qui ont traversé peut-être bien des révolutions du globe, et qui se rattachent aux questions géologiques les plus obscures (voy. chap. xxvi).

Le docteur Hooker vient de donner un excellent modèle de Flore insulaire , dans son ouvrage sur la Nouvelle-Zélande. Espérons que lui et d'autres continueront dans cette voie.

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