‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 16 sur 146 · S II. DU DEGRÉ D'IMPORTANCE DES N ATCRALISATÏONS A GRANDES DISTANCES · texte numérisé non relu

S II. DU DEGRÉ D'IMPORTANCE DES N ATCRALISATÏONS A GRANDES DISTANCES

pocr divers pays.

Dans le but d'apprécier le nombre et le mode des naturalisations à grandes distances, je me propose d'examiner les espèces qui se sont introduites en Europe, de pays lointains, et celles qui se sont introduites aux

(o) Voir Seemann, dana Hooker, Journ. ofBotany, 18r»2. p. 238 : extrait dnn* Ribl. umv de Genève, 4« ^rie, vol. XXIII, p. 93.

Étals-Unis. On possède sur ces deux réglons des documents assez exacts pour pouvoir établir la liste de toutes les espèces naturalisées, au moins depuis l'époque de la découverte de l'Amérique. Je dirai ensuite quelques mots des naturalisations dans d'autres pays.

Quant à l'Europe , j'ai parcouru les principales Flores , j'ai étudié, au moyen des ouvrages, l'histoire des espèces qu'on croit naturalisées depuis la découverte de l'Amérique jusqu'à l'époque actuelle , et après avoir laissé de côté quelques espèces dont il est impossible de prouver l'origine étrangère, je puis offrir le tableau suivant comme assez complet en ce qui concerne les espèces venues de pays lointains. Je prie qu'on n'oublie pas la définition du mot naturalisation telle que je l'ai donnée ci-dessus (p. 009), sans cela on pourrait supposer bien des omissions dans mon tableau.

ESPÈCES NATURALISÉES EN EUROPE, DEPUIS LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE (NON COMPRIS LES ESPÈCES ORIGINAIRES DE PAYS VOISINS DE L*EUR0PE, COMME LA SIBÉRIE OCCIDENTALE, l'ANATOLIE , LA SYRIE, LA BARBARIE, NI LES ESPÈCES NATURALISÉES EN ISLANDE , AUX ÎLES AÇORES , MADÈRE ET CANARIES ) ;

CO>TtI»A>T

L INDICATION D ESPÈCES CONSIDÉRÉES A TORT COHUE NATURALISEES ET VENANT DE PAYS ÉLOIGNES, ET QUI SONT 00 ADVENTIVES, OL^COLTIVSES INVOLONTAIREMENT, OC ORIGI- NAIRES DE PATS VOISINS DE LEUR0PE (o).

7 Escholtzia cali (arnica, Cbam. — n ~~ Origine : la Californie. — Maintenant aulour d'Angers, dans les champs (M. Leroy, verbalement en 4 850).

Krnrbieru plumitif Mu. DC. — (?) — Origine: Amérique tempérée (les deux hémisphères). — Terrains vagues etdécombres près des côtes dans l'île de Bornholm (Pries, Summa), en Angleterre (ci-dessus, p. 653), au sud-ouest de la France, au midi de l'Espagne (Boiss., l ot en Toscane (DC, Sysl.). De Candolle (Sysf., II, p. 521) soupçonnait l'origine étrangère parce que les anciens botanistes ne connaissaient pas l'espèce Ray et Dillenius n'en parlent pas (Engl. Bot., t. 248); et c'est, je crois, à torique les Anglais la regardent ordinairement comme indigène (Bab., Jfa»., V édit.; Wats., Cyb., 1, p. 115). L'échantillon de Montpellier vu par mon père est du Port-Juvénal, localité de plantes adventives, Gouan ne parle pas de l'espèce. Il n'est pas probable qu'une plante aussi distincte eût échappé aux botanistes de l'ouest de l'Europe, notamment aux Anglais, si elle avait existé jadis en Europe.

f Malva certiciltuta, L. — (t) — Pays d'origine : la Chine. — Voyez cidessus, p. 658.

(a) Les espèces de ces diverses catégories sont en caractères italiques. Ce sont principalement des plantes qui ne sortent pas des terrains cultivés dans les pays où on les dit naturalisées. Les espèces vraiment naturalisées sont imprimées en caractères gras.

Le doute sur l'origine étrangère est indiqué par le signe ?. Le doute de savoir si l'espèce est véritablement naturalisée dans le sens précis du mot est indiqué par le

CHANOKMK>TS L>A.\S L HARITATIO.V lifcS KSPÉCES.

Aiulru emoifnàiMU, L. — i — Origino : l'Amérique septentrional*.— Maintenant dans le» cultures près de Sorèze (Godron, Conxid. migr., p. 19).

H^perlcum qulnquencrvlnm, liait. — if> — Origine : Amérique septentrionale. — Marais de Bientina, près de Piso Savi l'a décrit comme nouveau sous le nom do Sarothra blentinensis ; mais M. Treviranus [Verhandl. naturf. Ytr. Prem$., Il, p. ÎGO; les réunit. Je n'ai vu ni la piaule ni le mémoire de Savi.

f CardioêpermHm ffcfl(»M6um, L. — i — Origine : Inde. Afrique — Dans le> cultures près deMalaga (Hœnseleret Hambur. dans Boiss. (In;/. £*p., I, p. 117). M. Boissier ajoute que l'espèce est introduite ça et là dans les parties les plus chaudes de l'Euro[>e, mais je n'en vois pas de preuves dans les Flores. Lo C. Halicacabum est très commun dans l'Inde, ou il a un nom sanscrit (Piddington, ttidex). Il est rare et douteux en Amérique.

Lepldluai vlrgintaMM , L. — Ci) — Origine : Amérique septentrionale. — Dans le lazaret de Bayonnc depuis longues année» (Godron, Corn migr., p. 22).

Impatiens fui va, %ntt. — i — Origine : Amérique septentrionale — Bord des rivières près de Londres Voyez ci-dessus, p. 7(0.

-j- irapniinis parviflora. i.«d. — i — Origine : Sibérie altaïque. — Naturalisée d'abord dans le jardin de Genève, depuis I.N31, où elle est devenue une mauvaiso herbe assez alwndanle: de là dans les fossés d'une route autour de Genève; de même, près de Dresde, elle « est répandue dans les jardins et les décombres (Burkhardt, dans Flora, 1851, p. 162). lille manque fa la Sibérie occidentale et la Russie d Kurope (Ledeb., Fl. Ross. .

OxalU < . rima . Thuob. — if —Origine : le Cap. — Sardaigne près d'Orri (Moris, FI. Stird , I, p 363' ; Païenne, sortie du jardin (Parlai., inéd.): Messine (Heldr.); se propage régulièrement en Sicile d'année en année (Parlai. ; Malte (Kelaart, Fl. Calp., p. 60): Gibraltar, depuis 1826 (Kelaarl. ib.); Alger (Munby, Fl., p. 45); Barcelone (Webb, verbalement .

Oxaîig xtricta, L. — u — Origine : Amérique septentrionale ? — Voyez cidessus, p. 650.

■j- Rima Toxlcodendron , L. j — Origine : Amérique septentrionale. — Commun dans les bois marécageux de Montaure. près Louviers (Mut., Fl. /•>., I, p. 221) ; presque naturalisé dans le parc de Malesherbes. près de Paris (Coss. et Germ., Fl., I, p. H 4). Jedoute que l'espèce se propage près do Louviers autrement que par des drageons. Dans ce cas, les individus seraient établis, mais non l'espèce. Toutefois le R. To\icodendron pousse moins de rejetons que le R. Typhiuum.

Ampelopwia ht-drracca, Micu. — j — Origine : Amérique septentrionale. — Naturalisé près de Trente et de Roveredo Hausm Fl. Tyrol, 1851, p. 170).

Aptow iiihciosa iid ii. i, — if. — Origine : Amérique septentrionale — Dans un bois près de Pavio (Moretti, cuit, de PApios. Rev. tarife., 1852 , près de Mantoue (Biasol , ib.), en Autriche et en Bohème Hugel, ib.).

1 Foicntiiia pea»yl«unica . L. — If — Origine : Amérique septentrionale et Sibérie. — Bois de Boulogne. Arcueil, Grenelle, Vincennes, etc., près de Paris (Mut . Fl. Fr.; Cheval., Fl. Par.; Coss. et Germ., Fl. Par.) Déjà au bois de Boulogne depuis quarante ans au moins (DC, manuscrits; Mérat, Fl. Par., édit. 4 8 1 51). M. Cosson (fasc. 3. p. 107) vient de la retrouver au sommet de la Serra de Segura, en Kspagne, circonstance qui peut faire soupçonner une existence ancienne en Europe. Elle habite la Sibérie dans toute sonétenduo (LedebM Fl. «««., v. II), le nord-ouest de l'Amérique et le Canada; mais, chose curieuse,

eJJe manque aux Étals-Unis, à l est du Mississipi, par conséquent elle ne vient pas dans la Pensylvanie, et le nom induit en erreur (Torr. et (iray, Fl. A. Amer., I, p. 438) Il est probable, d'après le nom donné par Linné, que les premières graines venues en Europe étaient au moins d'Amérique Je la regarde par ce motif comme fournie par l Amérique à l'Europe: mais l'origine est douteuse.

Otaotfaera hleania, L. — f — Origine: Amérique septentrionale. — Dans presque toute l'Europe, depuis le xvu* siècle. Voyoz ci-dessus, p. 710.

ffinoilifnimarirau.L. — 1 —-Origine : Amérique septentrionale. — Ça et la en Alsace et dans le pays de Bade (MU, R), dans les tles de l'Elbe (Fl. Dnn., t. 4752; Koch, Syn. Fl. Germ.i. En Alsace depuis le siècle dernier (OKnothera parviflora, Gmel., Fl. BaA. Ain. , IV, p 263). Poliich {Pl. Paint ), en 1778, n'en parlait pas L (Enolhera grandiûora ou suaveolens, qui s échappe quelquefois des jardins, par exemple dans les alluvions do la Loire Guérin, Fl. Maine-et-ljoire, â» édit., suppl ), est regardé par Torrey et Gray comme une variété du biennis, et ils réunissent également l'Œnolhera muricata au biennis.

Opuniia Flcu»-lndlra. Web» — 5 — Origine: Amérique. — Naturalisé depuis longtemps aux Canaries, dans la péninsule espagnole , en Sicile, même dans quelques points très chauds de la Suisse (Hall., Helv ., 1099) et du Tyrol (Koch, Syn ). Four la synonymie, voyez DC., Pl. yr., t. 4 38 et Webb, Phyt. fan., I. p. 209; pour I introduction en Europe, voyez Steinheil, dans Boiss., Voy. bot en Esp., I, p. 25, où la question est fort bien traitée. 11 est certain que les botanistes du xvi« et du xvu* siècle ont regardé la plante comme transportée d Amérique : les noms même tuna, Ficus indien , le prouvent d'autant plus que les Opuntia et Cactus, des Grecs, étaient évidemment des plantes tout à fait différentes. J'estime, avec Steinheil, que les Espagnols ont d'abord cultivé le tunu dans le midi de l'Espagne, qu'ensuite on l a transporté sur les bords de la mer Méditerranée jusqu en Palestine: que les Maures, chassés d'Espagne, l'ont probablement porto on Barbarie (d'oti vient le nom arabe Figue de chrétien) . D'un autre côté, on ignore, et Steinheil ne l a pas fait remarquer, à quelles époques et jusqu'à quel degré l'espèce est devenue, de cultivée, spontanée dans l'ancien monde. Lobel. en 1570, dans ses Adversaria , p. 453; Dodoens (Pempt., p. 813), en 1646 : J. Bauhin (Hisl.. I. p. 4 54), en 4 650, n'en parlent que comme d'une plante curieuse, cultivée. Oviedo trad. de Ramusio, III, p. 120), qui avait vu les tuna en Amérique, et qui écrivait lors des premiers établissements dans ce pays, en 1 526, ne dit point avoir vu l'espèce en Europe, excepté dans un jardin d'Italie. On en a planté de bonne heure et abondamment sans doute en Espagne, puis en Sicile. En Algérie (Stein h., /. c.)et dans le midi de l'Espagne (Boiss., I. c.) l'espèce parait bien se propager d'elle-même, par graines C'est l'opinion de M M . Webb et de Heldreich, qui l'avaient vue en Sicile, en Grèce, à Crète, où elle rient sur des rochers maritimes éloignés de toute habitation .

JaMlaea graadlllora. Mlrhx — Ifi — Origine : Amérique septentrionale. — Dans les eaux du Lez, près de Montpellier, du Rhône et de la Sorguo. — Voyez ci-dessus, p. 741

Gaiinsoga parviflora, Cav.—®— Origine : Mexique, Nouvelle-Grenade, Pérou. Chili. — Décrite en 1800 (Roth, Catai , II, p. 4 14) dans un jardin d'Allemagne. Képandueen 4 807 près de Memel etOsterode, provinces de Prusse (Pat ze, Mey. Elle., Fl Prêtas., 1849, 1, p. 311), puis en Lilhuanieet en Courlande (Fleisch., Fl., 1839, p. 27); en 1824 autour d'Erlang (Zucc, Fl., 4 824, p. 612). Reichen-

726 CHANGEMENTS DANS 1.HABITAT10N DKS KSPECKS.

bach I indique en Saxe KFl. p. 4 57i; Doll, sur les bords du Rhin, toujours dans les champs.

Erlgcroa ranadrur, L. — i — Origine : Amérique septentrionale —Partout sur les vieux murs, décombres, etc., de la Sicile (Guss., Syn., II, p. 872), a la Suède (Fries, Svmm., p. 3), à Kasan, au Canota et à l'Altaï (Ledeb., Fl. Ross ., II, p. 487). — La première mention de l'espèce est, comme plante cultivée, dans le catalogue du jardin de Blois par Brunyer, en 4 655, sous le nom d'Aster canadensis annuus. Boccone en donna une bonne figure en 4 674 (le, p. 86) et en parla comme d'une plante naturalisée dans le midi. L'origine américaine repose sur l'opinion des botanistes de Paris de celte époque. Selon Boccone quelques porsonnes en doutaient de son temps; mais Tournefort (Plant, env. de Paris, 1 698, p. 4 72) dit : « Cependant les plus vieux botanistes de Paris le soutiennent (l'origine américaine: par une espèce de tradition qui parait assez vraisemblable, car étant sans contredit la plante la plus commune do la campagne de Paris, il serait fort extraordinaire qu'elle n'eût été nommée par aucun des auteurs qui ont écrit avant Brunyer. » Il insiste sur la facilité de celte plante à répandre ses graines. Elle s'est propagée dans lo midi pendant l'impression de la première édition de Zanoni, en 1675, comme on peut le \oir dans la deuxième édition, p. 37, publiée par Monti Linné, en 4763, n'indique l'espèce que dans l'Europe méridionale et en Amérique. Klle est encore rare en Angleterre (Bab., Man., 2e édil.).

Ambrosia fe»»ityoou,Spreng. — ( i — Origine : Amérique méridionale. — A Celle, dans une vigne plantée sur du lest de \ aisseaux, depuis plus de dix ans (Godron, Consid. sur migr., p. 22).

Cotula eoronoalfolia, L. — i —Origine: Cap, Amérique méridionale, Nouvelle-Zélande. — Naturalisé du temps de Linné en Frise (L., Sp , p. 4 257); répandu depuis dans divers points du littoral nord-ouest en Allemagne (Koch, Syn. , p. 407; DC , Protlr., VI, p. 78 : aux Asturies (Durieu, dans DC, Prt>dr.); en Portugal et à Cadix (Reuter, verbalement). Tous les Cotula sont du Cap: mais cette espèce, qui \ ient sur les sables du bord de la mer, est très répandue. Je ne devine pas do quel pays elle a été apportée en Europe.

Aater bramait», Neca. — % — Amérique septentrionale. — En Allemagne, cà et là au bord des rivières (Koch, Syn , 2* édit., p. 386 ; DC. Prodr., V, p. 236,; probablement aussi en France, mais confondu avec le suivant? (Mut., Fl. fV., III, p. 425; Lorey et Dur., Fl. Côte-d'Or?).

Vsicr \o» i-Hcigii, L. — — Origine : Amérique septentrionale. — En Allemagne, càel là au bord des rivières (Koch, Syn., 2- édit., p. 386), en Lorraine, au bord des rivières, dans plusieurs localités (Godr., Fl., Il, p. 25) ; dans quelques lieux frais du centre de la France (Boreau, Fl., Il, p. 234); dans les champs, a la Teste (Laterr. , Fl. Bordel., i' édit., p. 239) ; en Suisse, déjà en 4 829, au bord du lac de Morat et d un torrent près de Vevey \Gaud., /•'/., V, p. 3 4 3), près de Bâle (Hagenb., Fl., II, p. 327 et suppl., p. 4 76; en Piémont (Poil., Fi. Verm., Il, p. 702;.

f Aiilcr lcucanthecnua, Deaf. — # — Origine : Amérique septentrionale. — Maintenant au bord de laSprée, à Berlin (Koch, Syn., 2* édit., p 386).

Aater parvifloraa, Rfee». — y — Origine : Amérique septentrionale. — Au bord du Bhiu, du Mein et de 1 Elbe, çà et là (Koch, Syn., 2* édil., p. 386, au bord du Khin et du Neckar (Dbïl, Met». Fl., p. 482).

NATURALISATION A liHAKDE DISTANCE.

Aater brlildlfluruM Willd. - ')£ — Origine : Amérique septentrionale. — Maintenant a Spire et au bord <!u Neckar, près de Manheim (Doll. JIM». Fl., p. 482). Devient facilement sauvage en Saxe Reich., Fl. Sax., 1844, p. 145).

Y Aster abbrcvlaiu», Kcea. — — Origine : Amérique septentrionale. — Au bord du Rhin et du Mein, près de Mayence et de Bade (Doll, Rhein. Fl , p 480-

«V. B. On indique d 'autres Asters d Amérique, comme naturalises, entre autres en Allemagne: Aster lajvïgatus, Willd. (Reich., Fl. Saxon., 1844, p. 4 44), Aster mutabilis, Ait. (Reich., iWd.), Aster concinnatus, Willd. (Reich., ibid.), Aster laevis, L. (Reich., ibid.), Aster versicolor, Willd. (Doll, Rhein. Fl., p. 483j; en France: les Aster rubricaulis, Lam. (Bureau, Fl. centr., p. 234), Aster dumosus. L. (Bureau, ibid ); en Angleterre: Aster salicifolius (Johnsl. , Ea&l. Bord., p. 102). mais je n'ose les admettre, même avec doute, parce que les indications de localités soul uniques, ou trop vagues, et que les déterminations d espèces sont souvent douteuses.

8<eaactlaanaua,!tieea. (Aater mum, L.J — r> et — Origine : Amérique septentrionale. — Linné (£>>., p. 1229 en parle comme d'une plante du Canada, cultivée dans les jardins botaniques. Sept ans plus lard, en 1770, OKder {Fl. Dan., lab. 486} la ligure comme croissant près d'Altona : > Copiose in dumeli> » horti ploenensis, aufuga forte ex hortis. » Rolh [Tcnt. Fl. Germ., I, p. 366). on 1800, ne l'indiquait encore que dans le Holstein. Pollich [Fl. l'alat.), en 4 776, 1777, n en parlait pa»; mais Gmelin [Fl. Uad. AU., III, p. 148) 1 indique dans plusieurs localités du grand-duché de Bade; « iu pratis et sylvaticis. » Elle est maintenant dans plusieurs localités de la Saxo [Reich., Fl , p. 113). Villars [Fl. Dauph., II, p. 222), en 1789, l'indiquait dans plusieurs endroits au bord du l'Isère, et Mutel ,/'"'• Fr., llh, confirme. Rare en Lorraine ^Godr. . Fl., II, p. 2fi). DC, en I80o, la citait dans le Valais (fl. Fr , IV, p. 147;. d'après un échantillon do Schleicher. Elle est plus ré|>anduo dans le nord do l'Italie, car j'en ai des échantillons indiquées dans le Prodr. (V, p. 298) , elle y est souvent citée (Poil., Fi. 1er., II, p. 701), même depuis 1802 iSulTrcu, Frioul). Ledebour, Fl.Ross., Il, p. 491) la cite en Ukraine : mais d'après d'anciens auteurs dont jo doute. La ligure 78 de Gmel. [Fl. Sibir., vol. II) ressemble assez à l'espèce; mais il dit dans le texte, p. 183 :« In horto medico floruit, ex seminibus in Ukrania lectis. » Je crains une erreur de jardin. Sans cela ou douterait de l origine étrangère, vu la date de On clin (1 749). D'un autre coté, ce ne peut être une espèce do Russie, car elle manque à toutes les Flores orientales de ï Europe. En définitive, étant très répandue en Amérique, connue de Linné seulement dans les jardins et au Canada, puis paraissant ga et la, successivement, dans l'Europe centrale, je suis persuadé de 1 origine américaine.

-Solldago canadenala, L. — % — Origine : Amérique septentrionale. — Se naturalise souvent dans le voisinage tics parcs et des habitations (Boreau, FL unir. : Coss. et Germ., Ft. Paria, II, p. 1 1 4 ; Doll, Rkeitt Fl., p. 485) ; sur la rive gauche de la Garonne, commun a Bègles (Laterr., Fl. Bord., 4' édit., p. 239). Il est faux qu il se soit naturalisé à Vienne (Neilr., Fl. Wttn, 4846, p. 228).

N. B. D'autres Sol tdago d'Amérique sont indiqués quelquefois comme naturalisés, mais dans une seule localité, et trop récemment pour qu'on puisse admettre les faits comme durables. Exomple : Solidago lithospermirolia, Willd. (Lecoq, fl,

CHANGEMENTS DANS l'HAWTATION DES ESPÈCES.

plat. cml. France, p 218), Solida?ro serotina, Ait. (Lecoq, l'ft. : Doll, Rhein, Fl., p. 485 : Solidago procera, Ait. fDiill, ibid .). Ces espèces étant cultivées depuis longtemps sans se répandre, je crois (|u "elles reslcntà l'état de plantes adventivos.

Bld<-n» hiplnnaia, L. — (T Origine : Amérique se|)tcntrionale. — Bord des champs, décombres, dans lo Tyrol méridional (DC, Prottr., V, p. 603 : Hausm , Fl. Tyr., p. 439», où elle devient un fléau Koch, .Syn . 2r édit , 396) : près de Montpellier (Mut . PI, Fr , II, p 142; mon père en avait eu connaissance avant 4816, mais je n'en vois pas dans son herbier). Oouan [llorl. Monsp., p. 428) disait seulement qu'elle supporte le plein air.

■ellchryaum fo*t1dani. Cara. — 2 — Origine : le Cap. Ces deux espèces se sont naturalisées depuis plusieurs années aux environs de Cherbourg (Lejolis, Ann te. nat., 3r sér., vol. VII, p. 228).

Inlrnnnrln ninr-gnrHncrii. Itr (Gnfiphnllnni mnr;ail(in nini >r

— Origine: Amérique septentrionale — Spontanée du Kamlschalka (Ledeb., Fl. Ron ., III, p 613) et de l'Orégon tTorr., Gray, FI. , II, p. 429) à la baie d'Hudson, à Terre-Neuve et aux montagnes des états méridionaux de l'Union (id.), par conséquent sur une vaste étendue. Clusius7/nf.. p. 328), en 1601, la decrivit le premier sous lo nom de (inaphnlium americanum. l avant reçue déjà, en 15S0, d un horticulteur anglais qui la crovait d'origine américaine Cerarde Parad., p. 474), en 1629, ne disait point que la plante fût anglaise, il la décrivait sous le nom de Argyrorome swe Gnaphalium americanum. On la cultiva beaucoup alors en Angleterre l e nom vulgaire American rudueed, n'est que la traduction de Gnaphalium americanum. Il est probable que l'on eut de bonne heuro I idée do la placer dans les cimetières , à cause de la qualité d'immortelle. Le nom anglais est American lire long ou Ameriran ererlasting (immortelle), d'après les Flores. Les Baubin en parlèrent comme d'une plante cultivée , américaine A l'époque de Ray. on la trou\a spontanée et permanente dans un pré du comté d'Essox et dans une localité du pays de Galles, sur une étendue de douze mille anglais (Ray, Syn., 1724, p 182). Ray n'osa pas affirmer qu'elle fût d'origine anglaise : • Ob Inci nalalix dislantiam. » Hill et lludson, en 1788, Smith [FI. Rrit.),en 1800, n indiquaient pas d'autres localités : mais Smith (Kngl. Rot., t. 20ls), en 1809, en donne deux nouvelles, dans le centre de l'Angleterre M. Babington [Mon., 2* ôdil ), en 4 847, se borne a dire que l'espèce est rare en Angleterre, et la regarde comme probablement d origine étrangère. Watson [Cyb.% II, p. 100 ; III, p. 458) cite des localités, mais n est guère plus affirmatif quant à l'origine. Sur lo continent, llaller [Hclc , n. 146 l'indiqua, en C766, dans un endroit appelé Drakau, au-dessus de l'Aar. Klle y durait ; mais |Kjuvail, dit-il, être sortie de quelque jardin. Les Flores modernes suisses n'en parlent plus. Allioni (Pêé.J, p 173), indique une localité au mont Cenis et une près de Turin ; mais les auteurs plus modernes (Re, Balbis, Pollini) ne confirment pas, car ils citent seulement Allioni. ou môme le passent sous silence. Jodoute qu'elle soit vraiment naturalisée à Nice (Risso)et à Baréges (Lepcyr/, quoique Mutel [fl Fr., II, p 1 37) le dise. Selon M. Weddoll (Coss. etGerm., Fl. Par., Il, p. 411), elle s'est presque naturalisée dans la forêt do Compiègno. Schubler et Marions (Fi IFiirl., p. 529; , l in îiquaienl,en 1834, dans une localité montueuse et humide près Wolfegg. mil [Rhein. FL), en 18 43, cite la môme localité, d'après le môme collecteur ; mais Koch [Syn., 2* édit., p. 401), aussi en 1843, dit : i In ditiono

NATURALISATION A ORANDK UISTANCK.

Florac nostrap gponte non provenir nequo uspiam spontaneum factum est. > Elle s'est naturalisée près de Cherbourg (Lejolis, Ann. $c. nul , 3* sér., v. VII, p. 228); mais il faudra voir si elle persiste. Ainsi, contrairement à quelques auteurs, je regarde comme prouvé: I ' que lAntennaria margaritacea. Br., a été introduite peu de temps après la découverte de l'Amérique septentrionale dans les jardins anglais, puis dans ceux du continent ; 2« qu'elle s est naturalisée au commencement du xvu* siècle dans quelques points de l'Angleterre, notamment au midi du pays de Galles, en s'écbappanl des jardins et des cimetières; 3" que sur le continent, elle n'a guère franchi la limite d une plante adventive, qui vient ça et la pour peu de temps. Peut-être s'établira-t-elle à Cherbourg, dont le climat est si «semblable à celui de l'Angleterre La grandeur relative de l'aire en Amérique et en Kurope. concorde avec les indices historiques pour démontrer ces trois points.

Xuthhi» »plao*un. I,. — ® — Origine : Amérique méridionale? Russie méridionale? — N'existait pas à Montpellier du temps de Magnol, ni ailleurs dans le midi de l'Europe, d'après lo silence des auteurs sur celte plante facile à remarquer «t commune la où elle se trouve. Magnol. dans son Horlu$, dit qu'un jardinier lui en avait donné des graines rapportées de Portugal par Tournefort. Celui-ci et Magnol rappelaient Xanthium lutitameum, etc. Il n'est nullement probable qu'une espèce aussi distincte, aussi prompte à se répandre, eût existé depuis longtemps en Portugal, sans que Barrelier, dans son Voyage en Etpagne, et tous les botanistes antérieurs à Tournefort, en eussent parlé. Je soupçonne que les Portugais I avaient rapportée, soit du Brésil, où il parait qu'elle existe (DC.. Prodr., V, p. 523^. soit de quelque point de l'Amérique méridionale, où elle est certainement aujourd hui Chili, voyez lirtrhexj, p. 67). Elle manque au Cap(Drégeet Mey.. Zwei Pflanz. gmgr Doom.}, à l lnde(Roxb., DC, Pivdr.), à l'Abyssinie (Rich., Ttmt. Fl. Abyns ). Elle pourrait aussi être originaire du midi de la Russie, car Gùldenstadt. qui a écrit son voyage en 1787, en fait souvent mention (Ledeb . /*'/. Rots , II, p. 515). A cette époque, elle manquait à une grande partie de l'Europe méridionale. Elle s'est introduite à Montpellier, entre l'époque de Magnol et celle do Gouan, c'est-à-dire entre 4 700 et 4 763 (Linn., Sp., 2* édit ., car la première édition ne parle pas do Montpellier). Gouan l'admettait dans sa Florode Montpellier (1765). Elle est commune maintenant en Sicile et en Italie ; mais Cupani, à la fin du xvu* siècle, n en parlait pas (voy Guss., Syn , v. II), et Séguier Fl. Veron,, II, p Ul) raconte comment elle s'est introduite à Vérone, un peu avant 4 745, par des terres sorties d'un jardin dans lequel on la cultivait. Sibthorp ne la vit pas en Grèce, où elle existe maintenant (Fxpèd. de Morte; Griseb., Spicil.). I>esfontaines, et même M. Munby Fi. Alger. 4 847 ne l'avaient pas vue en Algérie, où M. Boissier ( Voy. F»p., v. II) dit cependant qu'elle existe. Pour la naturalisation aux Etats-Unis, voyez p. 74 3.

Xanthlam marrorarpiim, DC — i — Origine: l'Amérique. — S'est répandu dans le Languedoc depuis 4844 (DC., herb.; Fl. Fr , suppl., p. 366); dans les années suivantes, en Piémont et en Lombardie (Morettil h. DC. ; Nocca e' Balb.. Fl. Tktn.), Je ne puis croire qu'une plante aussi remarquablo eut été négligée si elle avait existé dans le midi de l'Europe antérieurement. Ledebour (Fl. Rou , II, p. 54 4) la cite dans le sud-est de la Russie, comme rare, et peut-être étrangère au pajs. Elle est abondante au Mexique, au Pérou, à Buénos-Ayres (DC. , Prodr.),^., pour lo dire en passant, je ne puis voir aucune différence entro les échantillons du midi de l'Europe et ceux du Mexique (Berland. ! 4 865) et du

730 «;HA.\GKMKISTS I»A.\S L'HABITATION 1>KS BSPKCKS.

Pérou {Ikimbey ! 34), déjà réunis par mon père. MM. Torrey et Gray (Fl. N. Amer., II, p. 285) disent que leur Xanthium echinalum, qu'ils croient différent du Xanthium macrocarpum, DC , au moins on partie, a des aiguillons recurved *preading (recurvo-palentes . Or, je vois dans notre herbier deux échantillons rapportés par mon père à son macrocarpum, tous deux de M. Torrey: l'un, de 4 835, a les aiguillons réfléchis, l'autre, de 4 820, lésa dressés, comme c est l'ordinaire dans le macrocarpum. Le Xanthium macrocaqwm , DC, étant nouveau en Europe, inconnu au Cap et dans l'Inde, fort rare dans la Russie méridionale, inconnu en Grèce et dans l'Orient, je suppose qu'il est originaire de I Amérique, où il est très répandu. Le nom de X orientale est une erreur.

Le Xanthium indicum, Roxb., est le seul que Roxburgh ait trouvé dans l'Inde (fl. Ind., v. III/, le seul qui ait un nom sanscrit (Piddington, Index) ; il manque a l'Amérique. Celui-là doit être de l'ancien monde Le Xanthium strumarium aussi, car il est dans tous les vieux auteurs européens.

j Specularia pentagonia, Alph. DC. — i — Origine : Amérique méridionale et septentrionale. — M. Kralik l'a trouvé dans quelques champs près de Marseille iGodron, Cotisid. sur les migrai. , p. 4 8).

Collomla (crandlflora, Doagl. — ® — Origine : Amérique septentrionale occid. — Depuis quelques années à une lieue d Erfurt (Flora, 4 850, p. 585;, et aussi près do Schleiden sur la Roer (Bot. Xeit., 4 850, p. 646).

•J- Vaccinium macrocarpum. Ait. — 5 — Origine : Amérique septentrionale. — Naturalisation encore tellement douteuse (p. 674), qu'il m'est impossiblo de compter l'espèce.

Lynlmacbla dilata, l. — % — Origine : Amérique septentrionale. — Bord des ruisseaux, entre Theux et Ensival, près de N'essonvaux, entre Verviers et Limbourg.dès 184 1 ;Lej., /•'/. Spu, I, p. 4 03; l'espèce \ériûee par Duby, Prodr., VIII, p. 64); mêmes localités, en 4822 (Lej., Rev. Ft. Spa, 4824). En Angleterre dans plusieurs localités (Watson, l'yb., Il, p. 298; III, p. 494), dont la plus anciennement connue est de 1843.

Aacleplaa Cornuti, Decaac (A. «yriaca),!,. — ¥ — Origine : Amérique septentrionale. — Abonde aux Etats-Unis et au Canada. Cornuti la décrivit en 4665 dans son ouvrage sur les plantes du Canada. La ligure qu'il en donne est détestable, et il s imagina que l Apocynum syriacumde Clusius, recueilli en Palestine, était la même plante, d'où est venu le nom Apocynum majus syriacum rectum, qu'il lui donna. Linné lit la même erreur ; cependant dan» son Species, tout en citant le synonyme de Clusius et en nommant l'espèce Asclepias syriaca, il lui donna pour habitation seulement la Virginie. La plante de Clusius est, selon M. Decaisno, le Calotropis procera, et toutes les espèces d'Asclepias sont d Amérique (Decaisnc, dans DC, Prodr., VIII, p. 564). Ce point étant éclairci, il faut romarquer que l'Asclepias Cornuti, d'Amérique, fréquemment cultivé dans les jardins, se naturalise dans le midi de l'Europe et gagnera peut-être un jour 6a patrie supposée, la Syrie. M. Soleirol l'a trouvé sur le Monte-Grosso, en Corse (DC , note mss). Il est naturalisé dans plusieurs localités en France (Mut., Fl. Fr., II, p. 285; Coss. et Germ., Fl. Par., I, p. 253 ; Bor., Fl. centr., p. 299; Laterr., Fl. liord., 4e ©dit., p. 252 , A. Gras, Stat.bot. /*ér<r,p. 488); en Dalmalie (Alschinger, Ft. Jadr , p. 58).

Ml»nln» lntea», l. — ? — Origine : l'Amérique. — Voyez p. 709.

f Cuscuta corymbosa, R. et Pav.— ■ (jj — Origine : Chili, Pérou. —Répandu

à Lyon, en Piémont, à Genève et dans le Tessin, avec des graines de luzerne envoyées d'Amérique dans l'année 1840 et suiv. (Choisy dans DC, Prodr , IX, p. 456 et 565). Le C. Hassiaca, Pfeiff., qui parut en 4 843 dans la Hesso (Wender., Fl, Ha»»., p. 364), est la môme espèce selon Engelman (Rot. Zeit.). Les cuscutes étrangères ne sortent pas des terrains où l'on cultive les plantes qui les nourrissent et ne sont pas des plantes vraiment spontanées et naturalisées. Elles ont même souvent un caractère de plantes adventives dans chaque localité.

Datura Siramonium , L. ® et Datant l ntula. |, (J) — Depuis l'époque où Linné (Hort. Cliff., p. 55) disait le Datura Siramonium originaire d'Amérique et naturalisé en Europe, il s'est élevé des doutes sérieux sur cette double assertion. Bernhardi [Linnœa, 1833, litt., p. < H) a réuni des faits intéressants, mais il n'a pas conclu à l'égard de l'origine. M. Ftertoloni (Fl. It., II, p. 609), après des réflexions très judicieuses, est arrivé à croire l'espèce indigène du midi de l'Europe. Depuis longtemps les auteurs ont envisagé cette plante, si célèbre par ses propriétés vénéneuses, comme originaire tantôt d'Amérique, tantôt d'Asie, tantôt des bords de la mer Méditerranée: on l'a même supposée originaire de I ancien et du nouveau monde à la fois, et malgré toutes ces hypothèses et ces recherches, la question n est pas résolue. Elle se complique, il est vrai, do ce que les uns ont regardé le Datura Tatula comme une espèce , les autres comme une variété, à lige et fleur colorées. Linné en avait fait une espèce, mais il n'émettait aucune opinion sur son origine, et plus tard on s'en est moins occupé que de celle du Datura Siramonium.

En faveur de 1 origine européenne du Siramonium, on allègue sa diffusion assez générale en liuropc et une description courte et confuse de Dioscorides que Columna [Phytob . édit. Nap., p. 46) s était efforce de corriger pour l'adapter à l'espèce. Cet auteur, trouvant dans le texte grec un mélange de caractères applicables an Datura Siramonium et à l' Alropa Belladonna, proposa de scinder la description en deux. Dans la première partie, où il croit retrouver la Stramoine, les caractères sont vagues. La plante est nommée Strychnon manikon. La traduclion latine porte : « Hujus folium simile est Erucre folio, majus quidem, ad folia ac- * cedens Acanlhi, qui Pîederos dicilur : caules producit ab radice ingentes decem » aut duodecim , ulnrc allitudinem habentes : caput velut olivam incumbens , t hirsutius quidem, velut Platanispha?ram , $ed majus planiusque. » Le nombre des liges ne s'accorderait pas avec l'espèce ; la fleur est passée sous silence ; enfin les aiguillons du fruit de la Stramoine ne ressemblent pas exactement aux poils roides et nombreux d'un capitule de platane. "La description de Dioscorides, tirée elle-même de Théophraste (lib. ix, cap. <2), est donc insuffisante pour reconnaître l'espèce. D'ailleurs, remarquons-le bien, il ne s'agit pas d'interpréter les phrases des anciens et de corriger leurs textes au moyen de la plante actuelle, puisque la question est, au contraire, de savoir si les textes indiquent clairement l'existence de l'espèce dans le monde gréco-romain. Des auteurs modernes sont tombés dans ce cercle vicieux , et je suis bien aise d'en signaler en passant le danger.

Les objections à l'origine européenne de la Stramoine sont nombreuses. D'abord le nom grec moderne Tatoula est absolument différent de ceux de la plante de Dioscorides, qui est appelée Strychnon manikon, Persion, Thruon, et en outre, dans Théophraste, Bruoron et Pani»»on. Si la plante ou les plantes désignées ainsi par les anciens étaient le Datura Siramonium, il serait resté probablement quelque

trace de ces noms dans la grec moderne. Puisque cela n'est pas, il est vraisemblable que le mot Tatoula a été dérivé par les Grecs modernes de Daiottra, mot sanscrit d'origine, qui s était répandu en Euro|>e dans le iti" siècle. 11 existe d'ailleurs, depuis celle époque, une opinion générale que le Slramonium esl d origine exotique. Columna lui-même (p. 50), lout en croyanl avoir retrouvé I espèce dans Dioscorides, prétend qu elle existe au Mexique, circonstances assez diflicilcs à concilier. Zannichelli (/*for., p. 953] disait positivement, en 1753, que du temps des Bauhin et de Culuinna. le Slramonium élail cultivé, qu on le croyait d'origine exotique, mais qu'il était devenu spontané autour de Venise, comme la plante colorée (le Talula des botanistes} aulour de Bologne. L un et l'autre manquent à l'herbier de Bauhin (DC., mss. , quoiqu ils existent aujourd'hui dans les environs de Bàle. Autour de Paris, leur existence n'est pas ancienne, car Vaillant et Tournofort ne les indiquent pas, et cependant ce sont des plantes apparentes, dont les propriétés avaienl alliré I attention de tout le monde et que l'on connaissait parfaitement dans les jardins. En Angleterre, du temps de Ray et de Dillenius, on regardait le Dalura Slramonium comme sorti des jardins par le* déblais qu'on en rejetle (Syn., édit. 4724, p. 266j. L édition de «597, de Gerarde, n en parle pas, du moins comme plante spontanée en Angleterre. Le Datura Tatula ne s'est jamais naturalisé dans ce pays. Pourquoi les deux espèces ne seraienl-elles pas arrivées plus tôt en France, en Suisse et en Allemagne, si elles étaient aborigènes du midi de l'Europe? En Italie même, où elles sont bien spontanées aujourd'hui, par exemple dans les marais Pontins i Ber loi. , FI. /f., II, p. 607). on les croyait généralement d'origine étrangère, à l 'époque de Zanoni, il y a deux siècles (Zan. , p. 212) I.e nom italien Sf rament» ou Sthmonio, correspondant au nom Slramonium des botanistes, indiquerait, il est vrai, une origine du pays. Dun autre côlé, s'il était ancien, il se trouverait dans Pline, dont le silence est remarquable. En définitive , il n est point démontré que les Datura Slramonium et Dalura Talula, L., aient existé jadis en Europe, même en Italie, où ils sont le plus spontanés. Les arguments me paraissent plus forts dans le sens d'une origine étrangère, contrairement à I opinion do M. Bertoloni, présentée, je le reconnais, avec beaucoup de clarté et d érudition.

L'opinion d m»eorigineaméricaine repose sur des bases erronées ou incertaines. Linné [Mort. CHff.) avait rapporté, à l imitation de (Columna, le Tlapull de liernandor (?A«s. Mextc, p. 278i au Datura Slramonium, mais il n en parle plus dans son Speciri La planto du Mexique, figurée dans Demandez, a des feuilles peu lobées pour le Slramonium ou le Ta lui . et, de plus, elle n aurait aucune odeur remarquable, ce qui la distingue do ces espèces. Les fruits sont représentés trop jeunes pour qu'on puisse s assurer du caractère des aiguillons Linné a continue cependant de dire le Datura Slramonium d origine américaine , probablement parce qu'on en rapportait alors des échantillons d'Amérique, où il pouvait s être naturalisé. Aujourd'hui, les auteurs de Flores des Etats-Unis, s'accordent à regarder Les Dalura Slramonium et Talula comme d origine étrangère, mais naturalisés. Nuttall (On., 1, p. 150} les croit venus d'Asieou de I Amérique méridionale. M. Dariington (>'t. W. Chenier, 3* édii.. p. 22 4) pense qu ils sont d'Asie. Les Portugais du Brésil, selon M de Martius [« liras., fasc 6,p 163). croient aussi le D. Stramonium introduit d'Asie dans leur pays.

MM.de iiumboldl et Bonpland ont rapporté le Datura Tatula de Caracas D'apre* les auteurs et d après mon herbier, rette forme colorée parait un |>eu plus com-

NATURALISATION A GRANDE DtSTANCK.

mune en Amérique et plus spontanée que l'autre. Si c'est la même espèce que le Stramonium, elle I aurait précédé, je suppose, car elle parail plus robuste, et eu général les modifications décolorées sont des dérivations des espèces plutôt que des types. Si ces deux formas sont deux espèces, il est très possible que l une fût de l'ancien et 1 autre du nouveau monde, et alors je croirais le Talula américain plutôt que l'autre. La plante à fleur blanche (D. Stramonium) parait, il est vrai, avoir existé aux Antilles, dans les décombres, près des habitations, déjà du temps do Sloane (Jam., I, p. 1 59), à latin du xvn* siècle. Depuis celle époque jusqu à nos jours, les renseignements ne sont devenus que plus difficiles sur la question de spontanéité, et surtout sur l origine ; mais il est remarquable que le Tatula aoit commun dans les montagnes de Caracas. Depuis le voyage de M. de Uumboldt, Lambert en a tiré des graines du même pays(Sweet, R Gard., I" sér., lab. 83). On indique peu de noms vulgaires pour ces Dalura, et le plus souvent ceux usités par les créoles sont dérivés des langues européennes et trahissent une importation. En somme, il n y a guère de preuves directes en faveur de I origine américaine, surtout à 1 égard du Dalura Stramonium.

Reste l'hypothèse d une origine asiatique. Ou sait que le mot Datura est sanscrit, mais selon Hoxburgh et Piddington {Index, p. 29), il s'appliquait au Datura fasluosa. Hoxburgh n avait pas même vu dans llnde les Dalura Stramonium el Talula (/•'/. Ind, édit. Wall., Il, p. 239). Celui du Népaul, que le docteur Wailich avait pris pour le Slrauiouium, est une espèce particulière, Dalura Wallichii, Dun [Prodr., v. XIII). Je ne sais s il faut altribuer au Slramonium un mauvais échantillon en fruit , rapporté par Wailich du pays des Birmans [Cat itoi.y n. 436), que M. Dunal a nommé ainsi dans mon herbier, sans le citer dans le Prodromux. Evidemment les Dalura Stramonium et Talula sont rares et eu apparence nouveaux dans l lnde anglaise. On ne les trouve pas davantagedans les publications de Klieede et de Rumphius, ni de Forskai; cependant ils sont de nature à s être répandus beaucoup et depuis longtemps dans I Inde, l'archipel indien et I Arabie s ils étaient originaires de I Asie méridionale et s ils s'accommodaient de pays très chauds, ce qui ne parait guère être le cas.

Les région» ou le Datura Stramonium se trouve le plus fréquemment sont le Caucase, la Tarlarie, le midi de la Russie et de la Sibérie. Un coup d œil sur le Flora Rosstca, de Ledebour (III, p. 182), montre que tous les auteurs l'ont indiqué depuis Gmelin et Georgi jusqu'aux botanistes nos contemporains, et des Iles d OEsel jusqu aux mouls Talysch el Altaï, même dans les districts les moins accessibles à des plantes d origine étrangère, comme les rives du Volga Claus, dans Gœbel, Reiu, II, p. 294), les environs de Lenkoran (Hohen.) et de Barnaul (Ledeb., Ft. AU , I, p. 234). On 1 indique il est vrai dans les décombres, près des villes et villages, mais c'est la station la plus ordinaire dans toutes les parties du monde. Je ne vois pas que dans 1 étendue de 1 empire russe ou ait observé le Datura Tatula, L. ; c est toujours le Slramonium, celui à fleur blanche : confirmation singulière de l'hy pothèse énoncée tout a l'heure que le Dalura Stramonium serait de 1 ancien monde et le Dalura Tatula du nouveau. Ce dernier n est pas indiqué, même dans la Turquie d'Europe Griseb., Sjticit . \ ni en Grèce (Sibtb , Pro<\r ; Kraas, Syn., p tG9). Il parait moins commun que le Stramonium dans l'Europe occidentale, tandis qu en Amérique c'est plutôt le contraire. Enfin, je remarque l'opinion assez fréquente chez les auteurs au commencement du xvue siècle, que la Stramoine serait arrivée en Europe par l Orient. Un des

73/l C.IIANliEMKNTS DANS l'hAIMTATION l>KS KSPKGES.

noms rites par C. Bauhin 'Pin., p. 4 68) et par son frère (//»'*/., III, p. 621) •'•tait Tatula Turcorum (a), ce qui s'accorderait avec une introduction par Constanlinople d'une plante des confins de l'Europe et de l'Asie Je n'attache pas, du reste, une grande valeur à ces arguments, tirés des noms des auteurs de la Renaissance, à cause do la confusion de plusieurs espèces de Datura et des erreurs qu'on débitait à l'occasion de ces plantes à vertus extraordinaires.

Pour résumer cette discussion, je dirai : 4° Le Datura Tatula, L., est très probablement originaire d'Amérique, savoir de Venezuela , peut-être d'une portion étendue de l'Amérique méridionale et du Mexique; il aurait été importé en Europe dès le \vie siècle, et se serait naturalisé d'abord en Italie, puis dans le sudouest de l'Europe, sans avoir encore pénétré dans le sud-est. 2» Le Datura Stramonium, L , paraît originaire de l'ancien monde, mais probablement des bords de la mer Caspienne ou régions adjacentes, certainement pas de l'Inde, et il est très douteux qu'il ait existé en Europe du temps de l'ancien empire romain : il paratt s'être répandu entre cette époque et la découverte do l'Amérique.

Ces probabilités géographiques appuient l'idée d'une séparation des deux formes au point de vue spécifique. Déjà le docteur Tully (Amer. joum. of se , ! 8 23, VI. p. 224) avait motivé l'opinion de Linné sur des observations et des expériences positives 11 a suivi pendant dix ans les deux plantes, aux Étals-Unis, à l'état spontané et cultivé. Sans trouver d'autre différence que la coloration rosée et bleuâtre des tiges et des fleurs dans le Tatula, relativement aux tiges vertes et aux fleurs blanches du Stramonium, il avait constaté que ces caractères sont héréditaires, qu ils ne changent pas selon les circonstances extérieures, enfin que les semis ne produisent aucun état intermédiaire indiquant des croisements possibles ou des modifications naturelles On a négligé ces observations intéressantes, et I habitude de considérer la couleur comme accessoire a entraîné plusieurs botanistes à prendre le Datura Tatula pour une variété, en quoi ils se sont cependant éloignés des idées reçues, car on prend ordinairement les plantes colorées comme types, et c'est le Tatula qui est fortement coloré, tandis que le Stramonium ne l'est pas. Maintenant je reviens à l'opinion fondéo par Linné sur un aperçu plein de sagacité, et motivée par le docteur Tully sur des observations positives, mais j'y reviens par des raisons d'un tout autre ordre.

Le Datura feras, L (Amœn., III, p. 403;, est une plante très douteuse, soit en elle-même, soit quant à son origine L espèce est admise par MM. Dunal (/Vodr., XIII. p. 539), Bertoloni (Ff. It , II, p 605) etGussono [Syn. FI. Sic. I, p. 266) : mais je ne suis point persuadé sur la vue des échantillons de l'herbier Boissier et do la planche de Zanoni, que ce ne soit pas un état du Stramonium. La plante de Zanoni avait été vue dans un jardin, celle do Bocconc [le. rar., lab. 26) n'était pas de Sicile, mais il l'avait vue à Paris : maintenant les modernes disent la reconnaître dans une plante de Sicile et d'Espagne. Il est bien plus douteux encore qu'elle existe au Malabar, comme on le dit d'après d'anciennes traditions des jardins, et dans les décombres autour do Péking (Bunge, Fnum., p. 48) Je doute fort que la même espèce se trouve à Péking et en Sicile, avec interruption dans tout l'intervalle.

(a) 0» doit regretter que le nom spécifique Tatula ait été donné par Linné précisément à la plante que les Grecs modernes et les auteurs du temps de Bauhin n'avaient paa appelée ainsi, à une plante qui manque à la Grèce, tandis que le Datura Stramonium est le Tatula de Bauhin et de» Grecs modernes.

NATURALISATION A CIUNDK H1STANT.F.

Dniara Hetcl, L. — ® — Plante facile à distinguer des précédentes par sa pubescenceet son fruit réfléchi. Elle s'est naturalisée en Sicile, dans les sables, prés de Messine, et à Pantellaria (Guss., Syn., I, p. 267) ; en Sardaigne, prés de Flumendosa Balau (Moris, dans Bertol., Fl. II., Il, p. 609); près de Malaga (Boiss., Toy., II, p. 436), et probablement aussi à Cadix, d'après un échantillon de mon herbier, qu'on ne dit pas avoir été pris dans un jardin. Les auteurs d'avant le siècle actuel en parlent comme d une plante étrangère et cultivée. Son origine a été peu recherchée. MM. Bernhardi (Linnœa, 1833, litt., p. 143] et Dunal [Prodr., XIII, part, i, p. 543) se contentent de dire qu'elle croit dans les régions chaudes de l'Asie et de l'Amérique. D'après M. Bertoloni (/. c.) son habitation s'étend des Indes orientales à la mer Méditerranée. Je no la vois cependant pas indiquée dans Delile, Flora .Egyptiaca, et la plante d'Arabie, de Forskal, doit être différente, car il décrit ses capsules comme dressées. Les auteurs du vm* siècle ont été partagés sur la question d'origine; les uns faisaient venir l'espèce du Pérou, les autres de Turquie, comme on le voit par les noms usités (C. Bauh., Pin., p. 168]. 11 semble cependant qu'on adoptait plus volontiers le nom de Xoix du Pérou, Pomme du Pérou, En faveur de l'origine indienne, il ne faut pas alléguer l'ancienneté de la planche de Rheede(jl/<i II, tab. 28), qu'on rapporte maintenant au Dalura alba, Nées ; ni les noms vulgaires, qui ne sont point nombreux (Piddington, Ind., p. 29} et dont aucun n'est ancien, car si le nom sanscrit Daloum, se retrouve dans quelques langues modernes, c'est comme nom générique, appliqué à plusieurs espèces. Roxburgh (Fl. Ind., édit. Wall, et édit. 183 2) dit le Datura Metel très commun dans l'Inde; cependant, je n'ai dans mon herbier aucun échantillon de ces contrées, et les synonymes de Roxburgh n'appartiennent pas à l'espèce. L'origine asiatique est donc très improbable. Quant à l'origine américaine, je n'ai pas de preuve bien positive; cependant, MM. de Schlechtendal et Chamisso (IJnn., 1 830, p. III) ontdécrit une variété au moins du Metel, recueillie au Mexique. Je possède un échantillon envoyé par Berlandier, de Vïttoria, et cité déjà par M. Dunal. Sellow en a rapporté un échantillon du Brésil méridional [Fl. Rras., VI, p. 160) : enfin, on attribue le Datura Guyaquileensi3, Kunlh, à l'especo actuelle. Sans doute, il faut se défier d'une plante aussi aisée à se répandre, et les collecteurs ne donnent point assez de détails sur la spontanéité des échantillons ; mais, en définitive, il me parait probable que l'espèce est originaire de l'Amérique interlropicale.

Phyaalla p*ruvlana, !.. — % — Origine : l'Amérique méridionale. — Maintenant dans I Espagne méridionale (Bois*., l'oy. Enp., II, p. 436 ; Dun., Prodr., XIII, part, i, p. 440,. Probablement aussi en Sicile, car le Physalis edulis, Cyr., dont parle Gussone (Syn., I, p. 270), est vivace.

f Kleotlan* anrieulata, B«rt.—®— Origine : Amérique méridionale.— En Sardaigne au bord des champs (Bertero, inéd.; Moris, Elench., II, p. 7 ; Bertol., Fl. II., II, p. 616; Dun. dans Prodr., XIII, part.!, p. 558). M. Bertoloni croit cette plante semblable au Nicotiana macrophylla (var. du Tabacum dans Dunal), et M. Dunal la considère comme une espèce peu distincte dont il a vu un échantillon de Bahia. Dans l'un et l'autre système, ce serait une plante américaine.

-j- Solaaum paeado-capolcum, — b — Origine : Amérique méridionale. (Alph. DC., Prodr., XIII, part, i, p. 153). — Naturalisé près d'Arette, au pied des Pyrénées (DC. herb. en 1807, et Dun, d'après herb. Ueq.)

f MroUnna roatlra. 1* — < P — Origine : Amérique. — Naturalisé rà et là

73(i CHANGEMENTS DANS l/HAUlTATION DES ESPÈCES.

dans les décombres, par exemple, au bord de la Loire (Bor., Fl. cvntr. /•'»•., p. 350) : subsponUine prés des habitations autour de Paris (Coss. et Germ., p. 276); spontané dans un point près de Venise, le Porte del Cavallino {Moric, Fl. Venct., p. 120, copié par Nacari, Fl. IV»., p. 24); presque naturalisé dans le midi de la France (Mut., / 7., II, p. 330).

Soin nu ni llcrmoani, Dan., Monvgr. { Solanuiu Kodommui , I. et Onn.), l'rod. — o — Origine : le Cap. — Ne croît pas à Sodome, ni dans l'Orient, mais au Cap (Dun., Mon. Sol. : Boiss., verbalement). — Naturalisé autour de Cadix, où on l'appelle Tomates del Diablo, à Tanger (Reuter, verbalement), en Portugal, à Majorque, en Sardaigne (Dun., dans Prodr., d après h. DC), à Terracine (Berlol., Fl. lt., II, p. 68?), en Grèce (Heldr.).

.\icandra physaloidex, Ga'rtn. — i — Origine : Amériquo méridionale. — Commence à se répandre autour du Caucase et en Lithuanie (Ledeb., Fl. Ross., III, p. 186) ; de môme en Allemagne (Burkh., dans Flora, 1851, p. 4 67).

Amsinckia intermedia. — (F) — Origine : Chili. — Voyez p. 741 .

Hclioiropiuus eariwMvIcuni, V. — i — Origine : Amérique septentrionale et méridionale. — Près de Montpellier, Narbonne, Collioure (Trevir., WrA. Ver. Preusx Hhrin., II, p. 260). Abondant à Celte (Martins, lettre).

Phytolaecu deenndro, !.. — — Origine : Amérique septentrionale et méridionale. — On dit qu'il a été apporté dans le midi de l'Europe, il y a deux cents ans [Dict. se. nat.), et qu'il était cultivé pour colorer lo vin de Bordeaux, et aussi dans les jardins des couvents. M. Moquiu m'écrit : a Herborisant, en 4 843, dans les Pyrénées occidentales, jo trouvai plusieurs pieds de cette plante, dans un endroit presque désert ; mais des paysans me montrèrent à une faible distance les ruines d un couvent. » Barrolier (Pl. p$r Coll., p. 38, t. 4 50) l'avait \ue, eu Europe, vers l'année 1 650 ; mais il ne dit pas si elle était cultivée ou spontanée. Ray, en 1693, et Linné n'en parlent que comme d'uno plante exotique, cultivée. — Lo nom de Raisin d'Amérique confirme. Il n'est pas possible qu'une espèce aussi remarquable eût été négligée par les anciens botanistes.

Gouan [Fl. Monsp.) I indiquait spontanée près do Narbonne, en 4765, Haller [Fl. /Mr., n. 4 007), dans le nord de l'Italie, en 4 768, et peu après, Allioni la disait très répandue. Les noms de Lvalurcao di Spugna, donné en Italie (Poil., Fl. Ver., II, p. 89), fait penser que la plante avait été répandue d'abord en Barbarie ou en Espagne. En 1785, Sibthorp (Fl. Gr.. I, p. 348) doutait qu elle fût bien spontanée en Grèco. Elle s'est répandue depuis, jusque dans des endroits inhabités des montagnes de I Arménie (C. Koch, Unn , XXI, p. 736).

Chrnopodium amhrotlolde*, i, — (î) — Origine : Mexique, etc. — C. Baulun (Pm., 4r«édit., 1623, p. 1 38) on parle comme d'une plante qui venait d'être obtenue dans un jardin, de graines du Mexique, en 464 9. Il l 'appel la //o- Iry* ambrosioidis mericanu. L'édition de 1671 confirme cette origine. Ray (//««., I, p. 4 96) avait la même opinion en 4 693. Barrelier parait 1 avoir vue en Portugal, ou venant de ce pays, car il donna le nom de liotrys bœlica, Alriplicis sylrestris faeie, vulgo liotrys mcxkana (Barr., t. H 85, texte de Juss., p, 4 03) La plante était commune en Portugal du temps de Brotero. Barrelier a visité l'Espagne au milieu du mf siècle. L espèce avait pu se répandre par las importations d Amérique, ou par le courant qui porte des graines sur las lies

NATTRALISATION A GRANDE DISTANCE.

Canaries et le Portugal. Je crois cependant ia première hypothèse plus probable. Selon Linné (Hori. CAiff., p. 85), I espèce tendait a se reproduire dans lesdéblais du jardin de Lund. Le Species 1 indique au Mexique et en Portugal (probablement d'après Barrelier?) En 1782, Bonamy, FL Nann. Prodr., p. 26) vit cette plante, apportée près de Nantes parle lest des vaisseaux, se répandre dans le voisinage « comme naturalisée. » La Flore Française de Lamarck (1778! n'en parle pas, M. Lalerrade ne la mentionne pas dans la première édition do la Flore Bordel., en 4 8 H ; mais bien dans la deuxième, en 4 821 , comme naturalisée alors dans deux localités. Néanmoins, elle a été signalée avant 4 805 autour de Toulouse (Verdeil, Mèm. Acad. TouL, v. I, cité par DU, FL Fr.). Des lors, on la cite dans toutes les Flores du sud-ouest de la France; aussi à Toulon (Robert, dit., 4 838). En Italie, du temps de Seguier [Fl. Ver., I, p. 90), où on lui donnait, en 4745, le nom de thé allemand, parce que. les Allemands en buvaient des infusions. Peu commune dans le midi de l Allemagne, de Styrie à Bade (Koch, Sun., 2» édit., p. 696). Portée dans presque toutes les parties du monde, mais commune surtout en Amérique (voy. Moq. dans Prodr., XIII, part, il, p. 72). Il y a eu évidemment plusieurs naturalisations en Europe, par des graines venant ou d'Amérique, ou de jardins, ou de pays tels que les lies Canaries, les Açores, l'Algérie, qui ont aussi reçu l'espèce.

Rouble™ multlUda, Moq. (Chenopodlum multlNdum, I, > - >l — Origine : Amérique méridionale. — Midi de la France, près de Sorrèze, d'après M. Doumonjou (Moq., dans DC . Prodr., XIII, part, u, p. 80). M. Doumenjou soupçonne qu'il a été apporté à Sorrèze avec les hardes de quelque élève américain du collège de cette ville. En Portugal (spontané? Wellwitch, tï>/d.);dans ia ville de Madrid, spontané (Heuter, verbalement). En Sicile (Leresche, h. Reut. ) : dans les décombres, etc. (Guss., Syn., 597,1, p. 296). Il vient de paraître aussi à New -York (Carey, d après une lettre de M. Moquin. en 4850).

AUcraonthera Acbyrnntha, Br. — % — Origine : Amérique tropicale. — Introduit aux Iles Canaries, dans les rues seulement (Webb, verb ), ce qui montre l'origine étrangère. En Espagne, près de Cadix, où il abonde (Moq., dans DC., Prodr., XIII, part, u, p. 358 j.

Amoraniu* ni h an, i — i — Origine : Amérique septentrionale. — Commun dans la Nouvelle-Angleterre (A. Gray, Man. Bot. ff. St., p. 382). Linné en parle comme d'uno plante de Pensylvanie. Cependant, M. Darlington (Fi. IF. Ckester., 3* édit.) soupçonne pour ce pays une origine étrangère. En outre, si le Blitum maritimum minus calyculis aculeatis, de Micheli, est la môme espèce, comme le veulent Tilli (Cal. h. Pis., p. 21) et Wilklenow , cette plante se serait naturalisée dans les sables en Toscane, près de Yiaregio, avant l'époque de Linné. Dans les premières années du siècle actuel, on l'a trouvée près de Turin, de Gônes et de Montpellier (Loisel, Not., 4 810, p. 40). Comme DC. (Fl. Fr.). en 1805, et Balbis \FI. Taurin.), en 4 806, n'en parlaient pas, ce doit être de 1807 à 4 809. Elle est peut-être plus ancienne en Portugal, car Brotero [FL I, p. 125), en 1804, l'indiquait avec doute, et WeHwitch m en a envoyé do ce pays un échantillon on 1847 Moq., Prodr., XIII. part, n, p. 264). qui ferait croire que Brotero ne se trompait pas. Elle s'est beaucoup répandue dans le midi de la France (Mu tel, FL Fr., 1U, p. 99) depuis 4 809. Maintenant, elle est autour de Paris (Coss. et Germ., FL, II, p. 447), quoiqu'elle ne ligure pas dans les Flores de Mérat, en 1836 et 1817. M. Borean la trouva, en 1837. près

CHANGEMENTS DANS l/HABITATION 1>ES ESPECES.

do Nevers (Fl. centr., p. 383), d'où il semble qu'elle * est propagée de proche en proche du raidi vers Paris. Elle s étendra davantage dans le bassin de la Méditerranée. Déjà on l'indique dans le raidi de I Espagne (Boiss .), en Corse et en Sardaigne (h. DC, Moq., /Vodr.):en Sicile (Guss., iSyri.). L'extension, dans cette direction, a été rapide, car Desfontainos l'avait trouvée en Barbarie, en t 797 (échant. vérif. par Moq.,dans DC., Prodr.). Cependant, Delile ne l'indique pas en Égypte à la même époque, et je ne la vois dans aucune Flore de Grèce, «lu Caucase ou d'Orient.

Anaarantuit retrofl«xu«, I,. — (T> — Croit en Pensylvanic (L., S|»., p. 1407; Willd., Amar., p. 33). — Maintenant dans les champs, en France, depuis en 1778 (Amarantus spicatus, Lara.. Fl. Fr . II. p. 192, rapporté à cette espèce par Loisel, puis par Moq., Prodr., XIII. part, n, p. 2.!>8). Selon Pollini (Fl. Ver. y III, p. H 3), l'Amarantus niaximus \nrœ Angliœ lotus viridis (Zannich., ht., p. 13), serait le même, de sorte que cette plante aurait été commune autour de Venise déjà en \ ~3'.i. Moricand (Fl. Vend. , p. 402) confirme, en rapportant ce synonyme de Zannichelli à l'Amarantus spicatus, Lam. Il indique la plante au Lido, port de Venise, on 1820. Zannichelli fut surpris de la trouver ; il la croyait seulement do la Nouvelle- Angleterre, comme Bay l'avait dit auparavant. Du nord de l'Italie, elle a gagné le sud-est jusqu'aux îles Lipari et Slromboli ; mais il était douteux, en 1843, qu'elle fût en Sicile (Guss.,6\»/n.). Elle est en Grèce (Exjwd. Mur., n. 1268): où Sibthorp no la vit pas. Bieberstein (Fl. Cauc, III, p. G 19) disait, en 1819 : « Hortorum pestis per omnem Bossiam » meridionalem in Ukraniam usque, nec Poloniaî australiori, uti video ex Besseri * cat. h. cremen. peregrina. » Hohenacker l'a trouvée au delà du Caucase, en 1834 {Pl. Tul.. p. 127). Elle manque cependant aux Flores de l'Inde, du moins aux anciennes. — Plus coramune maintenant en France que du temps de Lamarck. (Loisel, JVol., 1810, p. 142; Mulel, 1836, Fl. Fr., III. p. 100). Éparse en Allemagne, jusqu'au Brandenburg et en Silésie. En résumé, je crois l'espèce introduite, à cause : 1* de l'absence de synonyme certain antérieur au milieu du xviii' siècle ; 2° de l'opinion de Bay et de Linné ; 3° de la diffusion de plus en plus grande, depuis soixante à quatre-vingts ans en Europe.

Amanutu* hypochondrlnrus, L. — i — Origine : Amérique septentrionale.— Maintenant près de Vérone (Poil., Fl. Ver., III, p. 114). Vingt ans plus tard, M. de Cesali le compte bien dans la Flore de Lombardie, comme spontané (Xotiz. cic, 1844, v. I, p. 309). Il tend à se naturaliser en Saxe (Beich., Fl. Sax., p. 326). ;

Amarante* chlorostachyn, Wllld. — (\ — Origine : Amérique septentrionale. Confondu trop souvent avec l'Amarantus retroflexus pour que l'on puisse constater sa marche. Willdenow, qui le décrivit le premier en 1788, ignorait sa patrie. On ne cite aucun synonyme ancien. — Croit au Mexique et au midi des États-Unis (Moq. dans DC, Prodr., XIII, part, ti, p. 259). Plus commun maintenant en France que l'Amarantus retroflexus.

f Amarantna paalculntu* , var. «anguloru». — (f — Origine : l'Amérique intertropicale. — Maintenant dans les vignes près de Toulon Bob., Pl. phan. Toul.% 1838). Sables de la Loire, près do Nevers, département de l Allier dans diverses localités (Boreau, /•'/. mur. , p. 388). Kchappodes jardins et souvent spontané (Mut., Fl. Fr., III. p. 100). notamment prèsde Paris (id., Coss. et Gerni., Fl., p. 447). Evidemment adventif dans le nord de la Franco, parait

MATI'KALISATIOIV A dl; VMM. DISTANCE.

naturalise plus au midi. Cependant, comme il est souvent cultivé dans les jardins de paysans, il a pu se répandre à diverses reprises sans se naturaliser définitivement. Les Flores italiennes n'en parlent pas. L' Amaruntus caudatus parait ad vent il.

L'Ambtogyna po/ygonoi(fcs, Raf. (Amarantus polygonoides, L.), a une disposition à s'échapper des jardins autour de Dresde (Reich. , FI. Sax., p. 325), mais selon Koch il n'est pas naturalisé {Syn., 2» édit., p. 691).

Melima communia, L. — % — Originaire de l'Inde, où il a des noms anciens, par exemple en sanscrit (Roxb., fï., MF, p. 689). — Cultivé en Egypte depuis longtemps (Malth., p. 771). Selon Linné l'espèce est aussi en Amérique, mais il faut vérifier si c'est bien la mémo et si elle y est originaire. — Le Ricin est cultivé depuis longtemps dans le midi de l'Europe, où J. Rauhin (Hist., III, p. 6 43), niLobel, no disent pas qu'il se fût naturalisé. M. Reuter t'a vu spontané à Arcoset à Malaxa, dans le midi de l'Espagne, et surtout à Alger. Spontané en Sicile [Goas., Syn., II, p. 617), et en Grèce (Sibth. , Prodr., II, p. 249). f çnercuM Ca(e*bw1, Mlchx. — ~> — Origine : Amérique septentrionale.

— Maintenant près de Verrières, propriété de M. Vilmorin, dans une forêt de pins où il n'avait pas été semé (L. Vilmorin, verbalement).

7 Agave «mericann, l. — $ — Origine : Le Mexique. Cultivé dès 4 586 dans les jardins d'Italie (Camer., Hort., p. H). Clusius l'avait vu en Espagne à peu près à la même époque Hisp , p. 444). Planté dans le midi de l'Espagne, en Algérie, en Sicile, en Calabre, en Dalmatie, pour former des haies et pour d'autres usages. Naturalisé, d'après les expressions des auteurs, quoique cependant je ne trouve nulle part l'assertion qu il se multiplie de graines, en rase campagne. Des doutes sur l'identité avec l'espèce américaine ont été élevés récemment (Bertol., FI. [t., IV, p. 155 ; Vis., FI. Daim., I, p. 124), mais je m'en tiens à l'opinion unanime des auteurs du xvt' siècle. Los noms vulgaires italiens confirment l'origine exotique.

Colx laeryma. L. — Tf — Origine : Inde. La plante a un nom sanscrit (Piddington, Index), donc elle est bien d'origine asiatique . quoique peut-être transportée en Amérique. Lobel (Adv. nov., éd. 1605, p. 1 6 , Clusius(//i*p. et Hist., II, p. 216). J Bauhin [Hist , II, p. 450), en parlent comme d'une plante cultivée, du moins ils n'affirment jamais qu'elle fût spontanée. On la cultivait surtout dans les jardins des couvents, en Espagne et en Italie, sous le nom de Lachryma Jobi, Lachryma Chrisli, rte; dans le Midi de la France, Larme de Moïse, de Job, etc. On faisait avec les graines des chapelets. Peut-être la culture remonte-t-elle à I époque des croisades, en tout cas elle doit être venue de l'Orient avec les idées qui s'y rattachaient. — Naturalisée maintenant en Sicile (Gussone, Syn., II, p. 568; Parlât., FI h., I, p. 105), près des ruisseaux. — « In cultis regionis calidœhinc inde subspontanea, circa Coin, Alhaurin » (Hamseler dans Boiss , Voy. Esp., II, p. 632). — En apparence sauvage à Madèro et auxCanaries (Webb, verbalement).

? Sparthm alu-rnilhrn, Lois. — Voyez plus loin, chap. X, des espèces disjointes.

Panlenm Dlgitnrla, Latcrr. — Digitaria paspalodes, Mich. — — Origine : Amérique septentrionale, Brésil. — Maintenant dans le sud-ouest do la Franco. — Voyez p. 713.

«iljrrrla nrrvaia. Tria. — ^ — Origine : Amérique septentrionale.

— Maintenant près de Paris; a Meudon (M. J. Gay, comm. verbale, en «853),

740 CHANGEMENTS DANS L'ilAMTATION DKS ESPÈCES.

Ehrharta panlfra. Km. — % — Origine : Le Cap.— Maintenant autour do Portici (Parlât., Ft ftal., fasc. I, 4848, p. U et 50).

Cyperun vegetus, wiii.i — Tfi — Origine : Amérique méridionale et septentrionale (Kunth, Emtm.). — Fixé à Bayonne et à Bordeaux (Godron. Comid. tnigr., p. 23).

■J" Canna Indien, L.T, Red. — Tf — Origine : Inde. — Maintenant en Sicile, près do Syracuse. M. Gussone (Syn., I, p. :\) dit : « Olim forsanculta, sed nunc sponteabundanter végétal simulcum Coice lacryma. « M. Parlatore(FL ff., p. lO.ij le confirme. U est bien difficile do savoir le véritable nom de l'espèce et son origine. Gussone cite Red. (LU., t. 204 ). Selon Roscoe, toutes les espèces, sauf une, sont d'Amérique. Il semble qu'olle a besoin d être plantée pour se propager.

■j" Aponogeton dUtarhyon . Pera. — % — Origine: Le Cap. — Aujourd'hui dans le Le*, près de Montpellier (Godron, Fl.Juven. , p. 39). Comme le Canna, cette espèce ne parait pas se répandre hors des rivières dans lesquelles on l'a introduite.

? Sisyrihchium ancrps. — Voy. le chap. X sur les espèces disjointes.

Anarharls AlainaMrntn. Bah. — % — Origine: L'Amérique septentrionale.— Trouvée en 4 842 par le docteur G. Johnston dans une pièce d eau près de Berwick , et successivement depuis dans un très grand nombre de rivières, canaux et étangs de la Grande-Bretagne, même tout récemment dans une pièce d'eau en Irlande (P/iy/o/., 1854, p. 88). Les faits concernant cette naturalisation ont été résumés par M. W. Marshall (The new water weed, br. in-8". London, 4 852) J'ai donné un extrait de cette brochure dans la Hibliolhèqti? unher$eUe de Gtnkre (oct. 4 853, Arch. se, p. 196). U est possible que 1 espèce fût en Angleterre et même en Irlande depuis quelques années lorsqu'on l a découverte ; le témoignago de certains jardiniers et éclusiers est dans ce sens (l'hytol., 1850, p. 990 : 4 854, p. 88). Cependant la majorité des hommes de cette classe et l'unanimité des botanistes qui avaient herborisé dans les localités où elle existe est dans celui d'une introduction récente. La multiplication par di\ï>ion a été rapide On a pu souvent la sui\re de place en place. L'espèce est bien différente des autres plantes aquatiques du pays. Elle n'est représentée que par des individus femelles. Quant au mode de naturalisation, tantôt on a remarqué qu'elle avait paru après l'introduction de plantes aquatiques cultivées , tantôt on a attribué son transport à des bois flottés du Canada, importés en Angleterre, où ils se distribuent par les canaux et séjournent souvent dans les bassins.

J'ai recherché l'histoire de plusieurs autres espèces que l'on soupçonne d origine étrangère en Europe; mais n étant pas purvenu à m'en convaincre ni même à regarder la chose comme probable, j 'ai cru inutile de les faire ligurer dans l'énumération précédente. C'est le cas, par exemple, du Lcersia oryzoide*, plante citée dans plusieurs Flores depuis cent cinquanlo ans, qui était peut-être connue déjà doC Bauhinfui, et qui pourrait bien avoir échappé antérieurement à 1 attention des botanistes, au lieu d être d origine lointaine. MM. Savi et Parlatore présument que les Cyptru* difformis, L.( et deux ou trois timbriUylis ont été introduits dans les rizières d'Italie avec les graines de riz (Parlât., FI. II., vol. II). C'est possible, même probable si l'on veut; maison manque de preuves ou même de commencements de preuves. D'ailleurs plusieurs de ces espèces existent en Egypte ou dans

•ru Malheureusement il parait '|u'il n'est pas dans son herbier, d'après les notes de mon père.

quelques pays analogues peu éloignés de l' Italie I,' Flœocharis atropurpurea var. minor qui se trouve au bord du lac de Genève, à Pavie, au Sénégal et peut-être dans l'Inde (Parlât., Fl. ft., I, p. 68), pourrait bien exister dans d'autres pays voisins do l'Europe, et rien ne prouve quelle n'ait pas toujours été quelque part en Europe.

J'ai rejeté aussi comme advrntives, plutôt que naturalisée*, un grand nombre de plantes fréquemment cultivées, qui sont mentionnées dans certains ouvrages comme naturalisées, par exemple les Scabiasa atropurpurea, Heliantkus minuit* et tubrrosus, Jasminum officinale, Syringa persica, Amarantu» caudalus, Polygonum lataricum et Fagopyrum, plusieurs Panicum, otc, qui paraissent çà et là près des cultures ou persistent dans certaines circonstances favorables, sans se maintenir ni s'étendre, d'une manière certaine. Une foule de plantes dites par Risso naturalisées aux environs de Nice, rentrent dans celte catégorie. Le Phyllanthus Xiruri, plante de l'Inde, a été trouvé à Saint-Just, près de Marseille, et l'Ipomœa purpureu à Saint-Barnabé (Castagne, Cal. pl. Mars., p. 80); ce sont aussi probablement des plantes échappées dos jardins et adventives. Le Serine su rnienxis Herb. {Amaryllis sarniensis, L.). plante du Japon, fut répandu sur les côtes do Guernesey, il y a une centaine d'années, par un vaisseau qui fit naufrage ^Douglass, dans Linn. amœn., VIII, p. H; Bot. mag., t. 291). L'espèce fleurit et se maintint quelque temps au boni de la mer, ensuite on l'a conservée dans les jardins seulement [Bol. mag.), et les Flores modernes n'en parlent plus (Bab., Prim. Fl. Sam.). Le Puhnonaria virginica a été trouvé sur dos ruines, près de Nolloy abbey ilede Wight?), loin de toute habitation (Nirholls. confirmé par Bromfiold, Phytol., 1849, p. 57C): mais c'est uno plante qui peut avoir été plantée dans un parc et qui persiste longtemps sans se répandre, d'après sa manière de vivre dans les jardins.

M. Lagrèze-Fossat me lit passer en 1 845 quelques fragments et graines d'une borraginée annuelle qui venait do paraitre sur les terrains nouvellement remués du canal latéral de la Garonne, près de Moissac. J eus le plaisir de reconnaître la petite plante du Chili, appelée Amsinikiu intermedia. Ce genre étant le seul dans la famille où les cotylédones soient bipartites, je ne pouvais me tromper. M. Lagrèze-Fossat en parle dans sa Flore de Tam-et -Garonne (t vol. in-8°, 1847, p. 261). Selon lui, les graines étaient probablement venues du Chili avec des graines de Madia, que le comice agricole de Montauban av ait remues par le ministère de l'agriculture trois ou quatre ans auparavant. L'Amsinckia a persisté dan* le même lieu jusqu'en 4 847 . mais dès lors M. Lagrèze-Fossat ne l'a plus retrouvé, ce qu'il attribue à l'envahissement des digues du canal par le Cynodon Dactylon et par la Luzerne quo l'administration a fait semer. M. Barbe, deCepet 'canton de Valence, d Agen), ami de M. Lagrèze-Fossat, duquel je liens ces détails, a naturalisé l'Amsinckia dans son jardin, où elle vient spontanément et d'où elle a bonne chance de se répandre dans le pays.

Quelques arbres auraient, ce me semble, une di?|>osition à se naturaliser dans le sens vrai du mot. Le cèdre [Cedrm Liban) est dans ce cas. Je le vois lever de graines, à Genève, dans les prairies voisines de vieux arbres do son espèce, ot il me semble qu'il réussirait Si la faux des ouvriers ne venait ordinairement le détruire. D'autres conifères, souvent cultivées, sont peut-être dans le même cas. On ne peut cependant accorder aucune valeur à l'assertion des auteurs qui appellent naturalisé un arbre planté ou semé en quantité et qui s'élèvo bien, dans un parc

742 CIIA.MitMtM? LHAIUTATIO.N DK> r.sl'Li^.s.

ou dans «les iorcls créées par l'homme. Une espèce pourrai! donner dans ru cas de bonnes graines sans se. naturaliser, comme le blé, le maïs, la pomme de lerre et tant d'autres plantes cultivées en grand, qui ne s'établissent pas en Europe, hors des cultures, malgré l'abondance et la parfaite qualité de leurs semences.

Voici les principaux résultats de la liste qui précède :

1. Le nombre total des espèces d'origine éloignée, qu'on peut regarder avec probabilité ou certitude comme naturalisées en Europe, depuis la découverte de l'Amérique, s'élève à 64 espèces. Sur ce nombre, 13 présentent encore quelques doutes, non sur une origine exotique, mais sur la qualité de plantes bien établies. Je ne dis rien des espèces marquées en lettres italiques, dont l'établissement et quelquefois l'origine offrent bien plus de doute encore.

2. L'origine de ces 64 espèces est intéressante à remarquer. Il y en a :

De l'Amérique septentrionale seule 37

Ici. méridionale id i

Des deux Amériques simultanément H

Total du nouveau monde 41» 49

De la Sibérie centrale 1

De l'Asie méridionale 3

De la Nouvelle- Hollande o

De Maurice ou Bourbon 0

De l'Afrique Irojticale O

Du Cap g

Total de l'ancien monde |0 10

Amérique Mptentrumalc et Sibérie, à la fois 2

Origine incertaine 3

Total général 64

Les 37 espèces de l'Amérique septentrionale sont presque toutes des États-Unis. Le grand nombre d'espèces communes aux deux parties de l'Amérique montre que les espèces de l'Amérique méridionale ne peuvent guère s'introduire en Europe, à moins qu'elles ne soient de nature à supporter le climat du Mexique ou des États-t'nis méridionaux.

3. Le mode d'introduction n'est pas toujours connu exactement ; mais on peut dire d'une manière certaine que ce n'est jamais une action constatée du vent, des courants ou des oiseaux, et, au contraire, toujours une influence connue ou très probable, directe ou indirecte de l'homme. L'introduction, par une culture préalable dans les jardins, est infiniment plus fréquente que celle par le lest des vaisseaux, par le mélange involontaire avec des marchandises, ou par l'adhérence à des vêtements et autres objets.

h. La grande majorité des espèces naturalisées se sont établies dans l'Europe méridionale ; les deux tiers, a peu près, se trouvent sur les bords de la mer Méditerranée ou dans le sud-ouesl de la France et en Portugal.

NATURAUSATIO.N A UftANftfi MSTA.NCK. 743

Plus un remonte vers le nord de la rarle d'Europe, moins on trouve de ces espèces. Les régions arctiques n'en ont aucune. Le Mimulus s'est établi en Écosse, mais en deçà des monts Crampiens ; le Senebiera pinnatifida s'avance jusqu'à l'île de Bornholrn; l'Erigeron canadense, jusque dans la Suède méridionale et jusqu'à Kasan. te sont les plus boréales des espèces naturalisées. On reconnaît l'inlluence d'un climat défavorable pour contrebalancer la grande étendue et la supériorité des moyens de communication. L'àpreté du climat vers les 00e au 05' degré* latitude, s'oppose presque complètement aux naturalisations d'espèces; car, d'ailleurs, la surface de ces régions septentrionales est fort étendue sous les 50" à 60" degrés de latitude. En Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en Danemark, etc., les communications avec les pays lointains sont très actives, et l'on verrait s'introduire beaucoup plus d'espèces si le climat n'était encore défavorable.

Les espèces originaires de l'Amérique méridionale et de l'Asie méridionale se sont naturalisées dans le midi de l'Europe. Celles du Cap se sont établies dans la même région, excepté deux qui sont dans l'ouest de la France. Les espèces du nord des États- Luis se sont répandues surtout en Allemagne et en Angleterre; celles du midi et celles du Mexique plutôt dans l'Europe méridionale.

5. Les (>A espèces naturalisées se composent de : 24 annuelles, 4 bisannuelles, 29 vivaces, J plante grasse (Opuntia), 6 arbrisseaux ou arbustes, un seul arbre (Quercus Catesbau), et ces espèces ligneuses sont presque toutes mal établies. Il y a en d'autres termes :

Monocarpieunes 2H

Rhizocarpiennes 29

Caulocarpiennes 7

Total HT

6. Trois espèces seulement sont aquatiques, les Jussiaaa grandillora, Aponogeton distacbyon et Anacbaris Alsinastrum ; une douzaine recherchent les endroits plus ou moins humides; un nombre égal vivent sur les décombres, les vieux murs ; les autres, dans des stations diverses ou moins caractérisées.

7. Les Monocotylédones sont aux Dicotylédones : : 9 : 55 =1 : 6. En d'autres termes, sur 100 espèces naturalisées, on compte 8ti Dicotylédones et 14 Monocotylédones; proportion de Dicotylédones plus forte que pour l'Europe en général.

8. Les Composées sont au nombre de 15, soit près du quart; les Solanacées de 7; les Amarantacées de 6; et les Graminées de 4. Ce qui est frappant, c'est le petit nombre des Légumineuses ( 1 espèce). La prédomU

nance des Composées s'explique par leur abondance dans les pays d'où l'Europe a reçu le plus d'espèces, en particulier aux Élats-t'nis, par la facilité des aigrettes à adhérer aux marchandises, et aussi par la circonstance que le climat européen leur est favorable.

0. L'introduction des espèces naturalisées, de pays lointains, a marché a peu près régulièrement depuis la découverte de l'Amérique. Le total, 64 en 3 siècles 1/2, donne 18 espèces par siècle, en moyenne. Avant la découverte de l'Amérique et du cap de Bonne-Kspérancc, l'introduction d'espèces de pays éloignés était presque nulle. Il a pu en arriver de l'Asie méridionale, de l'Asie orientale ou d'Abvssinie, par de rares voyageurs et par des naturalisations successives dans les pays intermédiaires, mais je n'oserais pas estimer cette quantité même à une espèce par siècle. A l'avenir, les rapports avec les pays lointains étant beaucoup plus fréquents, le nombre des jardins étant aussi plus considérable, les espèces naturalisées dépasseront 18 par siècle. Il est probable (pie plusieurs plantes de Californie, de l'Orégon, de la Chine, de la Nouvelle-Hollande, du Chili et de Buénos-Ayres, viendront s'ajouter à la Flore européenne.

10. Les seules espèces qui soient devenues communes dans une partie un peu étendue de l'Kurope , sont : Dans le midi, l'Opuntia Ficusindiea, le l'hytolacca decandra et l'Ainaranlus albus; dans le midi et le centre, l'Erigeron canadense. Du reste, parmi les autres espèces, plusieurs sont sociales, c'est-à-dire très abondantes dans les localités où elles se trouvent. Tel est le <:as des Jussuea grandillora, Anacharis Alsinastrum, Didens bipinnata, Anlennaria margaritacea, Amarantus rctroflexus, Panicum Digitaria. Les quatre espèces indiquées ci-dessus comme les plus communes sont toutes d'une introduction qui remonte à plus d'un siècle, et quelquefois à plus de deux siècles. On pourrait en inférer que d'autres espèces naturalisées depuis peu deviendront communes au même degré. Cependant, il faut remarquer aussi combien ces quatre espèces se sont répandues promptement dès leur arrivée en Europe.

11. Sur les 64 espèces, il y en a 19 qui existent, hors d'Europe, dans plus de deux régions différentes, en prenant le mot région dans le sens arbitraire admis ci-dessus, pour mes calculs sur l'étendue des habitations. Cette proportion de 29 pour 100 est énorme, car pour l'ensemble des Phanérogames, elle se trouve de 4 12 pour 100 (voy. p. 547), et dans les familles de cette clause où les espèces ont l'aire la plus grande, la proportion ne dépasse pas 20 à 24 pour 100. 11 est évident que les espèces susceptibles de se naturaliser de pays lointains, en Europe, sont ordinairement des plantes très répandues ailleurs, soit parce qu'elles sont robustes, soit parce qu'elle- se trouvent douées de moyens exceptionnels de

NATURALISATION A GKANDE INSTANCE. 745

transport ou de reproduction qui les ont depuis longtemps fait se répandre en divers pays.

12. Cependant, quelques familles dont les espèces sont très répandues (p. 604, 617), ne sont pas représentées sur cette liste, ou le sont faiblement, par exemple les Fluviales, Joneées, Convolvulacées, Polygonées, Salsolacées, Cypéracées, Verbénacées, Gentianacées, sans parler de familles propres aux pays plus chauds que l'Europe, .l'y vois une nouvelle preuve que les causes de la dispersion de plusieurs espèces, en particulier des plantes aquatiques, sont antérieures à l'ordre actuel des choses, antérieures surtout à l'influence de l'homme, qui est aujourd'hui la cause prédominante.

13. Les 64 espèces appartiennent à 46 genres différents, dont 21 sont nouveaux pour l'Europe ; elles se rangent dans 24 familles, dont trois (Ficoides, Phytolaccacées, Cannacées), sont nouvelles pour l'Europe.

Voici maintenant la liste des espèces naturalisées d'Europe ou d'autres pays éloignés dans le Canada et le territoire ancien des États-Unis, c'est-àdire dans les États orientaux, entre le Mississipi et la mer Atlantique. Je me suis servi principalement de la Flore de MM. Torrey et Cray (À Flora ofNorth America, vol. I, in-8°, 1838-1840; vol. II, part, i, h et m, 1841- 1843) pour les familles comprises entre les Henonculacées et les Composées, dans l'ordre du Prodromus, et de l'ouvrage plus récent de M. Asa Cray (A Manual of the Hotany of the Northern Unitcd-State*, 1 vol. in-8°, 1848), pour les autres familles de Phanérogames. MM. Torrey et Gray ont indiqué avec exactitude et sagacité, à ce qu'il me parait, les espèces devenues spontanées. Comme elles sont presque toutes d'origine récente, que leur propagation d'une partie à l'autre du territoire a été remarquée fréquemment par les auteurs depuis un demi-siècle; comme, d'ailleurs, la grande majorité des introductions a eu lieu dans les États de la ' Nouvelle-Angleterre, il y a peu de chances d'erreurs en consultant essentiellement ces deux ouvrages (a). Quelquefois, cependant, j'ai recouru à d'autres Flores, pour lever des doutes et pour perfectionner et compléter la liste. Les ouvrages de M. Darlington, en particulier (Flora Cestrira, 1", 1' et 3r édit. ; Agricultural Botany, JS47), m'ont offert des renseignements très utiles.

La cause d'erreur dont il faut le plus se défier est la présence de

(a) l*n auteur allemand a demandé récemment (Unnœa, XXII, p. 151) pourquoi le* Américains, en particulier M. Torrey, indiquent la plupart de» espèces trouvées aux États-l'nis et en Europe, comme introduites de ce dernier pays. Il parait croire que c'est sans motif, par idée préconçue. Je puis dire, au contraire, qu'en suivant une à une les espèces soupçonnées d'oripine européenne, j'ai trouvé presque toujours des preuves ou des indices très forts à l'appui des assertions de MM. Torrey cl Grav.

7A<> .:iLV.\(iK.MK.M> DANS L'HABITATION DES ESPECES.

plusieurs espèces européennes dans les parties boréales de l'Amérique. Lorsqu'une plante est commune aux deux continents, il ne faut pas croire facilement qu'elle se soit naturalisée aux États-Unis. Dans tous les cas, si elle y parait nouvelle, son importation peut provenir d'une diffusion du nord au midi parle Canada, de sorte que la naturalisation rentrerait dans la catégorie des naturalisations à petite distance. J'ai éliminé, par conséquent, ces espèces, autant que possible, de môme que celles qui peuvent être venues de I'Orégon (a), du Mexique ou des Antilles. Je conserve cependant comme naturalisées les espèces qui seraient venues de pays lointains, «l'abord au Canada, aux Antilles ou au Mexique, et qui auraient gagné ensuite les États-Unis. Ce sont des cas rares, et souvent les espèces qu'on soupçonne venues de celte manière ont pu arriver aussi par une importation directe aux Étals-Unis. Pour savoir si une espèce était primitivement commune aux régions boréales des deux continents, j'ai consulté souvent, outre les Flores américaines, celles de Scandinavie et celle de Russie de M. Ledebour. Il n'est guère probable qu'une espèce existât jadis aux Étals- Unis el en Europe, si elle ne peut pas avancer en Europe jusque vers la Laponie, ou en Asie jusque vers le Kamtschatka. Les espèces primi tivemenl communes aux deux continents sont presque toujours circotnpolaires, ou à peu près. Ainsi, par exemple, MM. Torrey et Gray soupçonnent le Hanunculus muricatus d'être importé aux Étals-Unis. Pour moi, je n'en doute nullement ; car, dans le vieux monde, il ne s'avance pas même jusqu'en Allemagne, ni jusqu'en Sibérie, et en Amérique, il manque aux parties septentrionales, c'est-à-dire à celles qui ont le plus souvent des espèces communes avec l'Europe.

ESPÈCES NATU RALISÉES AU CANADA OU AUX ÉTATS-UNIS (A L'EST DU MISSISSIPl) ET ORIGINAIRES DE PAYS ÉLOIGNÉS , TELS QUE L'EUROPE , l' AMÉRIQUE MÉRIDIONALE, ETC. (6).

I " Orig in a ires d ' Europe .

Hanunculus bulbosus, L. — .

Ranunculus muricatus, L. — 'p.

HeUeboras viridis, L. —

Delphinium Consolida, L. — n — Dans les cultures et hors des cultures. Berberis vulgaris, L. — ~, — Walter et Michaux avaient pris le Berberis

(a) Le Nasturtium officinale et le Barbare» vulgaris par exemple, se trouvent sur la cote nord-ouest, et MM. Torrey et Gray les regardent 'comme introduits dans les anciens États de l'Union. Il est possible qu'ils soient venus d'Europe, mais ils peuvent aussi être venus d'ailleurs, ou avoir été primitivement plus répandus en Amérique.

(t) Le doute sur l'origine étrangère est indiqué par le signe ?. J'entcuds le doute, nonseulement des auteurs américains, mais celui aussi résultant de mes recherches. Le doute sur la qualité déplante bien naturalisée est indiqué par le signe f. Les espèces vraiment naturalisées sont en caractères romains ; d'autres, cultivées ou adventives, sont en Ha* liques.

NATTRALISATION A GRANDE DISTANCE. 747

canadensis pour l'espère ordinaire d'Europe. Cependant le Berberis vulgaris croit aussi en Amérique, savoir : à Terre-Neuve (Morison in Hook., FI. bor. Am.), au Canada et sur le littoral de la Nouvelle-Angleterre Torr. et Gray, Fl., I, p. 19), en particulier près de Boston, où Bigelow l'indiquait déjà en 1813 (FI., \" édit., p. 78), sans dire qu'il fût introduit. MM. Torrey et Gray ne doutent pas de l'introduction. Ils l'affirment à plusieurs reprises, sans citer leurs preuves. Les arguments botaniques sont favorables à cette opinion. Kn effet: 1° L'espèce offre en Amérique une aire infiniment moindre que dans l'ancien monde ; V elle manque à l'Islande Hook., Tour /ce/.; Bab., Trans. bot. Soc. Ed., IH, p. 17), aux îles du nord de l'Écosse, à la Laponie et au Labrador, c'est-à-dire aux pays qui auraient pu servir de lien et de passage aux deux habitations; elle manque aussi à la Sibérie orientale et à l'Amérique occidentale (Ledeb., Ft. Ross., v. I). Sir Charles Lyell [A second visil to the Un. Si , 1, p. 32) parle de l'introduction de cette espèce sur la côte de la Nouvelle-Angleterre comme d'un fait récent. Il attribue son extension vers 1 intérieur aux bestiaux, qui en mangent les baies.

Papaver dubium, L. — (\ — Dans les champs seulement.

Chelidcnium majus, L. — % — Échappé des jardins (Darlinglon, Fl CV*lr., 4" édit., p. 5C).

Glauciurn flavum Crantz. — g .

Fumaria ofticinalis. L. — 0 — Terrains cultivés.

Nasturtium sylvestre, Br. —

Hcsperis matronalis, L. — Tf.

Sisymbrium officinale, Scop. — i — Il manque encore à l'Asie orientale (Ledeb., Fl. Ross.). On le trouve dans lOrégon 'Hook., Fl. bor. Am), probablement introduit. Walter, en 1788, ne l'indiquait p;is dans la Caroline, ni Elliotl, en 1 824, dans la Caroline et la Géorgie, tandis que maintenant il existe du Canada à la Géorgie (Torr. et Gray, FI., v. I).

Sisymbrium Tlialiana, Gay et Monn. (Arabis Thaliana. L.) — r — Il manque à l'Asie orientale, au noni-ouest de l'Amérique et au Labrador. Flliolt, en 4 824, ne l'indiquait pas en Géorgie, où il existe maintenant 'Torr. et Gray, fl., v. I).

Sinapis nigra, L. — i .

Siiiapis ar vernis, L. — ï Dans les champs seulement.

( amelitut sativa, Crantz. — i — Cliamps et terrains cultivés. Thlaspi arvenst, L. — 0 — Champs (Beck. Bot.), •f Thlaspi alliacettm, L. — 0 — Champs.

? Thlaspi alpestre, L. — ^ — Canada d'après un seul collecteur). Inconnu dans le reste de l'Amérique, en Sibérie et en Laponie. Senebiera CÔronopus, Poir. — i Lepidium campestre, Hr. — r Capsella bursa-pastoris, DC. — i .

f Raphanus Raphanistrum, L — i .

f Rcseda luteola, L. — «s..

Hypericum perloratum, L. — $ — Manque a l'Asie orientale (Ledeb., Fl. Ross.), à l'Amérique occidentale et aux terres |>olaires. Polycarpon tetraphyllum, L. f. — ï .

Spergula arvensis, L. — r.

? Sagina decumbens. L. — ■ — Très répandue.

CHANGEMENTS DANS l'HAHITATION DES ESPECES.

ISagina apelala, L. — i — Tris répandue, mats dans le» champs seulement, ■j* Satina eiecla, L. — o — Uno seule localité douteuse. Artnaria ttrpyllifolia, L. — i — Dans les champs seulement. ? Stellaria média, Sm. — 0 — Très répandue autour du pôle.

\ Paraissent manqner encore à l'Asie ? CeraStium vulgatum, L. — (1). /orientale et au nord-ouosi de 1 Amé- ? CerastiUTT) viscosum. L. — Tf. jrique, ce qui mo fait croire à l'intro-

]duction aux États-Unis.

Silène inflata, Sm. — ^.

Silène quinquevulnera. — i .

Silène meturna, !.. — u — Terrains cultivés seulement?

Silène noctifloru, L. — n — Terrains cultivés.

Silène Arraeria, L — i .

Lyc finis Gitlutyo, Lam. — (ï) — Champs.

Saponarin oiticinalis, L. — ïf. \

f Saponaria vaccaria, L. — (jj — Terrains vagues près dos habitations (A. Gray. Bot. N. Si., p. 58).

Diantlius Armeria, L — Q .

Géranium pusillum, L. — y.

Malva rotimdil'olia, L. — ^.

Altha?a oiticinalis, L. — y.

Abutilou Aviecnna1, (ijertu (Sida Abutilon, L.). — ® — Probablement naturalisé dans le midi de l'Europe, et de là en Amérique, Hibiscus Trionum, L. — t>.

Hhamnus calliarlieus, L. — j — Trouvé d'abord dans les parties les plus reculées des districts monlueux de l'État de Nevv-Vork, par le docteur Barrait. Selon lui les vieux habitants du pays l'avaient vu dans les jardins avant qu'il parût dans los bois (Torr.. /•"/. L'n. St., I, p. 263). Trouvé ensuite dans le Massachusetts, surtout prés des villes (Torr. et Gray, Fl. , I, p. 261). Il doit avoir paru près de Boston depuis \ 824, car la Flore de M Bigelow n'en parlait pas. D'après ces faits et l'extension de l'espèce en Europe, je suis persuadé de la naturalisation en Amérique, quoique plusiours auteurs émettent des doutes.

Vicia saliva, L. — ®.

Ervinn hhsuturn, L — i .

Tlîfolium arvense, L — C£ — Malgré le doute do plusieurs Américains, je le crois introduit, parce qu'il est borné au territoire anciennement colonisé et qu'il manque au nord-ouest de l Amériquo et à la Sibérie orientale Ledeb., Fl. Ross.,\. I). On l'indique d'ailleurs dans les vieux champs, localité presque complètement artificielle.

Trif'olhnn pratense, L. — % — On pourrait douter de son origine étrangère en le voyant répandu en Amérique de l'Islande (Hook., Tour.) aux Florides et à 1 Orégon (Torr. et Gray, fl.), en Europe jusqu'en I.aponie : mais les auteurs américains sont positifs sur son introduction. M. Darlington {Ayric.Bot., 1847, p. 38) raconte qu il a vu les premières cultures do son comté dans l'époque de 1 790 à 1800, mais que Barlraut en avait fait avant l'indépendance américaine. Personne ne dit que l'espèce fût spontanée avant d'être cultivée. Ledebour ne l'indique pas dans l'Asie orientale.

Trifolium médium, L. — %

NATURALISATION A tiflANDK plâTAKCE. 7AV>

TrUblium procumbens, L — « .

Trifoliuin agrariuin, L. — ï .

Melilotus olïicinalis, L. — Melilotus leucautha, Koch. — @).

Melilotus parviflora, Desf. — rr .

Medicago sativa L — % ^ Aucune espèco de Medica&0 n t,sl

Medicago macuiata, Willd. - ®. indi^ne' Le Mf ^ wliva. a mf Medicago lupulina, L. - ®. reussl c°nMne F °

Medicago iniertexta , Willd. - (ï). o^nsenPensyhanuv narl N^/r., Medicago nigra, Willd. - ®. J^^U).ets est peu œpandu hors des

Genista tinetoria, L — $ — U n'existe pas d'espèce de Genista dans l'Amérique septentrionale.

Rosa rubiginosa, L. —

Crata^gus oxyacanlha, L.— b — Peu répandu encore.

Helosciadum nodiflorum, Koch. — ■ — Waller l'indique en 17*8 dans la Caroline, et Elliott en 4 82 1, a Charleston. Ce dornier soupçonne qu i] a été introduit d'Europe, et remarque sa localité autour et dans la ville de Charleslon. L'espèce ne s'est pas répandue ailleurs(Torr. et Gray, Fl., en 18 40], ce qui me fait croire à 1 origine étrangère , car dans le vieux monde elle occupe un grand territoire. Elleso trouve aux Agoras (Wats., Lond. Journ. nf Bot. , v. III).

Pastinaca sativa, L. — fi .

DaucusCarota, L. — 2,.

(ialium verum, L — y.

Le Galium Aparitw est soupçonné d'origine étrangère par MM. Torrey et Gray, et je conviens que la nature de ses fruits rend son transport très probable. Je vois aussi qu'il ne s'étend pas dans les Etats méridionaux de I Union, tandis que dans 1 ancien monde il s'étend au midi jusqu'à Alger (Munby, F/.). Cependant, comme il est indiqué dans tout le nord de l'Europe, do l'Asie (Ledob., Fl. ftm.,II, p. 420) et de l'Amérique, notamment sur la côte nord-ouest ; que, d'ailleurs, \\ y a d'autres espèces de la même section en Amérique, je n'ose pas dire que les probabilités soient plus dans le sens de l'introduction dans le nouveau monde que dans le sens contraire.

Fedia olitoria, Vahl. — ©. — Bords des prés (Darlingt ).

Dipsacus svlvestris, Mill. — iy.

Tussilago Farfara, L. —

Inula Heleniuni, L. — if-

MarutaCotula, DC. — ®.

Anthémis 'irvemis, L. — iij — Champs.

fAcliillea Ptarmica, L.

Leucanthemum vulgare, Lani. — % — Certainement introduit dans les anciens États do l'Union, d après les auteurs américains ; cependant très répandu dans le nord et l'ouest de ce continent. Je le crois naturalisé d'ancienne date et non aborigène, parce qu'il manque à l'Asie orientale (Ledeb., Fl. Ross.).

•fPyrctlirum Parthenium, Sm. — % — Échappé des jardins, commence à se naturaliser (Torr. et Gray, /•"/., p. 413).

Tauacetum vulgare, L. —

Artemisia Absinthium, L. — y.

Filago germanica, L. — i .

Senecio vulgaris, L. — (f) — Non indiqué encore dans le nord-ouest de l'Amérique et l'Asie orientale. Il n'a paru à West Chester, en Pensylvanie, qu en 1846; il était devenu tris commun en 1850, et l'année suivante il ne l'était plus (Darlingt., FL Ceslr., 3' édit., p. 152).

Centaurea nigra, L. — ¥ — Naturalisé dans le Massachusetts, peut-être indigène à Terre-Neuve, selon MM. Torr. et Gray (Fl., II, p. 454). Comme l'espèce n'est pas arctique dans l'ancien monde, et qu'elle y présente une aire limitée à une portion de l' Europe (Ledeb., Fl, Hoss., II, p. 692), je ne crois pas qu'elle soit indigène à Terre-Neuve.

Centaurea Cyanus,L. — i — Échappé des jardins: anciens champs et l)ords des chemins (Torr et Gray, FL X. Amer., p. 454). Bords des chemins, échappé dos jardins (A. Gray, Bol. of Xorth. St., p. 24) : jardins et terrains vagues (Darl, Fl. Cextr.y 3' édit., p. 153). Ce changement de station d'une plante qui ne sort pas des champs dans toute l'Europe (excepté en Sicile) m'a paru remarquable.

Centaurea melilensis, L. — 0.

Centaurea Calcitrapa, L. — 0.

f Cnicus benedictus, L. — ®.

Cirsium laneeolatuni, Scop. — Cf.

Cirsium arvense, Scop. — % — MM. Torrey et Gray le disent naturalisé dans les Etats-Unis, et probablement indigène à Terre-Neuve et au Canada. Si c'était le cas, il existerait probablement aussi dans le nord-ouest de l'Amérique et dans l'Asie orientale , mais il y manque.

Onopordon Acanthium, L. — .

Lappa major, L. — 2 .

I^ampsana communis, L. — i — Au Canada inférieur et dans une seule localité des États-Unis en 1843 [Torr. et Gray, FL, II, p. 466). Cichorium Entybus, L. — y.

Sonchus arvensis, L. — ©.

Sonchus oleraceus, L. — ®.

Sonchus asper, Vill. — 0. — MM. Torrey et Gray {FL, II, p. 501) le disent probablement indigène, je suppose parce qu'il est plus répandu que le précédent du côté du midi et de l'ouest en Amérique. Cependant, il manque, comme lui, à l'Asie orientale, et aucun Sonchus n'est indigène, d'une manière certaine, dans l'Amérique septentrionale. Le Sonchus lenerrimus, trouvé en Californie, y a probablement été introduit Je ne puis croire que les Sonchus oleraceus et aspor, si complètement mélangés en Europe et ailleurs, no soient pas originaires du même continent. M. Darlington (FL Ceslr., 3e édit., p. <62) croit le Sonchus asper étranger dans le comté de West Chester en Pensylvanie.

Anagallis arvensis, L. — 0 .

Verbascum Thapsus, L. — 'j . \ Aucunecspèce de Verbaseum n'est indigène Yerbascura Blattaria, L. — j [d'une manière certaine. Los V. Thapsus et Verbascum Lychnitis, L. — (?' . ) V. Blattaria sont devenus très communs. Linaria vulgaris, L. — ^ — Voyez ci-dessus, p. 716. Linaria Elatine, Mill. — 0.

Veronica arvensis, L. — ï Veronica agrestis, L — 0.

Vcronica hedcnefolis, L. — i Meiitlia viridîs, L. — y.

Mcnlha piperita, L. — % \ Peu naturalisées en comparaison du Mentha Meiitlia arvensis, L. — % Jviridis.

Origanuin vulgare, L.— y — lia toutes les apparences dune plante naturaliséefDarl , Fl.Ceslr., 2'édit., p.3iG; Aucune autre espèce ne croit en Amérique.

Thymus Serpyllum, L. — o — Échappe ça et là des jardins, mais très peu naturalisé. Seul de son genre aux États-Unis.

Calamintlia Ciinoporiium, Benth. — 'if .

Ciinoporiium vulgare, L. — %.

f Nelisea offitinaUs, L —

Nopeta Cataria. L. — y.

Nepeta Glechoma, Ben th. — % — Voyez Darlington {Fl. Cestr., 3' édit., p. 207 >, et Benth.. Prodr., XII, p. 391).

Lamium BlDplexicaule, L. — (n — Toutes les espèces sont de lancien monde

iMtnium purpurêum, L. — i — Rare; dans les jardins, etc. (Darl., Fl. Ceslr., édit.).

Lconurus Cardiaca, L. — % — Tous les Leonurus sont de l'ancien monde.

Galeopsis Tetrahit, L. i .

Galeopsis Ladanum, L. — j — Encore rare.

Stachyi arvensis, L. — (Ji — Encore rare. Dans les champs seulement?

Marrubium vulgare, L. — Tfi — Dans le Prodromus j v. XII, p. 453), j'ai émis des doutes sur 1 introduction de celte espèce en Amérique, à cause de sa grande extension, du Canada a Buénos-Ayres et au Chili (excepté entre les tropiques), extension qui parait plus vaste que dans l ancien monde. Aujourd'hui, je reviens à l'opinion de II. Bcntham et des auteurs américains, parce que : lu toutes les autres espèces du genre sont de l'ancien monde ; 2" celle-ci manque dans quelques Flores locales des Etals-Unis, par exemple, dans celles de Boston Bigelow, t r# et 2e édit), ce qui n'arriverait guère pour une plante originaire des deux continents : 3" M. Darlington. dans tous ses écrits, de \ 8iC> à 18 47, en parle comme d'une plante étrangère, cultivée d'abord comme officinale, et qui se répand lentement. — Elle manque a l'Asie orientale (Ledeb., Fl. Rons.).

Bal Iota nigra, L. —

Phlomis tuberosa, L. — % — Dans une seule localité près du lac Ontario. Aucune espèce du genre n'est d'Amérique, du moins avec certitude.

7 Hyssopus oflicinalU, L. — $.

Êchium vulgare, L. — % — Voyez p. 717.

Lyeopm arrensis, L. — (T> — Dans les champs, encore peu répandu.

Symphytuni officinale, L. — % — Peu naturalisé ; échappé des jardins. Toutes les espèces du genre sont du vieux monde.

Lithaspermum arvente, L. — i — Champs.

Lithospennum officinale, L. — % — Encore peu répandu.

Cynoglossum officinale. L. — ^ — Naturalisé près des anciens établissements (Darl , Fl. Ccstr., 3' édit , p 217).

Echinospermum Lappuln, Lehm. — i — Maintenant tout autour du pôle arctique, mais probablement parti de l'empire russe et répandu par la facilité de ses fruits à s'accrocher aux corps extérieurs. Récemment arrivé en Angleterre

752 CIIAN<.FMKM> 1>.\.\S l/llAWTATION DFS KSPÈCKS.

(voy. p. t» 7 7 }. Il est plus r.irc aux Élals-L'nis qu'en Europe, ci manque encore il certaines Flores, par exeu p'{», à celle de Ho-ton i Bij; , lre et élit). Aucune espeee véritable du jjenre n'est américaine Les auteurs américains hésitent à le dire introduit : mais je le crois dans ce cas, seulement, I introduction est peutêtre ancienne dans le nord-ouest.

Conrutrnht* urvensis, L. — # — Terrains cultivés.

discuta rpilinm», VVciho. — i — Champs de lin.

Du tu ta Slramouimu, L. — i —Voyez ci-dessus, p. 731.

Ilyoscyatuus ni^cr, L — i .

Solarium uigrum, L — (£.

Solauum Dukamara, L. — j.

•J- Atropa lit*lla«lt»inia, — V — Près des jardins

f Lyrium baibarum, L. — ~t — Près des jardins.

Plantago major, L — i — Voy. p. 713.

Plantait» lauceolata, L. — r\

7 Ei ytlita'a ('.cntauiium, L. — i — En un seul point, pus du fort Oswego,

Y Periploea ^rajta, I.. — ;>.

Ujïiistrum vulparc, !.. — ;> — Cultivé pour les haies. Les oiseaux ont répandu se< graines As. (Jray, Mon of Hot. S. 6'/.). (îheimpodium album, L. — i Chenopodium glaueum, L. — 1).

Chenopodium urbicum, L. — i .

Clienopodium iuiirale, L. — :

Chenopodium liybridum, L. — i .

Anibrina Botrys. Moq. — r.

Blitum polymorpluim, Mey. — i .

Agatophytuin Bonus-Henricus, Moq. — %.

Atmranttu Btitmn, L. — i — Terrains cultivés. Hare Polygonum orientait», L. — i Polygnnum Persicaria, L — i .

? Pohjyomim Convolvulus, L. — i — Oudqnes auteurs américains le soupçonnent étranger, à cause de sa station dan* les terrains cultivés Michaux, en 1803, et Elliott, en 1821, l'indiquaient déjà comme spontané en < 4irolinc : mais antérieurement, Walter (1788! n'en parlait pas.

Rumex obtosifolius, L. — ¥>.

Kumcx erispus, L. — 7fi,

(a) Depuis la rédaction de celle liste il m'est venu des doutes sur l'origine eurof^éenne du Chenopodium album, ;i cause du fait qu'il existait à Neuhrminl'els, dans le Texas, avant l'introduction récente ili" cultures i l.indheimer, Linn.. XXII, p. 151); de sa présence dam l'Orégon, il est vrai prés des anciens campements (Doublas, dans liook. Ft. tor. .ini., Il, p. 127), aux îles Féroé (Martins, l'eg. Fer., p. 371), et en l.aponie (Frics, Summa). D'un autre côté, je ne In vois indiqué ni au Kamtschatka (Hot. Heechey vni/ . : , ni à kutzcbue-Souud, au nord-ouest de l'Amérique (id.)% ni à Sitcha (llongard. l'eg. SU?hu). ni au Labrador (Schlet ht , Unn., 1835), ni en Islande (llook.. Taurin hcland ; Bat»., Trans. bol. Sw. Ed., vol. III), d'où il scml le ipie l'espèce a une extension moindre Cri Asfe et en Amérique qu'en Kurope ; ce qui indiquerait une origine moins niieienne. File n'a pas de nom sanscrit (l'iddington , Inde r).

NATURALISATION A illl.VNItK DISTANCE.

tiumcx eunglomeratus, Murr. — %.

Euphorbia Hclioscopta, L — i .

Euphorbia platyphylla, L. — i .

Euphorbia Peplus, L. — u).

Euphorbia csula, L. — # — S***' des jardins (Oakes). Euphorbia Lathyris, L. — fa . — Sorti des jardin» (A. Gray). f Salix alba, L. — .1 \ Ces es|>èces se propagenUelles de graine» ?

7 Salix fragilis, L. — .7 [On peut toujours craindre que les pieds no 7 Salix viminalis, L. — S ) soient uniquement des boutures. Urtica dioica, L. —

l'rtica urens, L. — i — Peu répandue dans l'est.

Asparagus otliciualis, L. — Tf.

Hemerocallis fulva, L. — — fcchappé des jardins.

Ornitliogalum umbellatum, L —

Allium viueale, L. — y.

Alopecurus pratensis, L. — %.

Atopecnnts geiiiculalus, L., est soupçonné d'origine étrangère par M. A. Gray [Mm. V. Si ) : mais il se trouve du Canada jusqu'au nord- ouest ;llook., Fl. bor. A m )• il croit aussi en La|>onie.

IMilcum pratensc, L. — % — Les autours américains affirment son origine étrangère. A la suite d une culture fréquente, sous le nom de Timuthy gruss, il s'est beaucoup répandu dans la campagne.

Cynodon Dactylon, L. — y.

Dactylis glomerata, L. — Briza média, L. — %.

Von. M A. Gray regarde les Poa trivialis, pratensis et compressa, comme d'origine étrangère dans la Nouvelle-Angleterre. Us existent tous trois au Labrador (Schlcchl., in Linn., 1833, p. 81), et les deux premiers s'avancent en Europe jusqu'en Laponie, le dernier jusqu'en Suède Je ne vois pas pourquoi ils ne seraient pas communs d'originoaux deux continents, ainsi quo beaucoup de Graminées arctiques. Le Poa pratensis surtout est très répandu dans le nord de l'Amérique (Hook , Fl. bor. Am., Il, p. i 46). J'en dirai autant du Festuca ooina, du Fcstuca prutensis, du Triticum caninum, que M. A. Gray regarde, avec plus ou inoins de certitude, comme d origine étrangère.

Festuca duriuscula, L. — y.

Fcstuca elatior.L. — ^.

Brom us mollis, L. — i .

Hromus secalimm, L. — i; — Champs seulement.

Lolium pereime, L. —

7 Lfjlium temulentum. — i — Anciens champs. Aira prwcox, L. — (T,.

Arrheuatherum avenaccum, Beauv. (Avoua elatior, L.). — %. Holr.us lanatus, L. — %.

Anlboxantbum odoratuin, L. — — Il est en Sibérie, en Laponie. aux des Féroé et à Terre-Neuve {Fl. bor. Am., II, p. 231), ce qui peut faire croire à une habitation autour du pôle. Cependant, les auteurs américains aflirmenl l'introduction aux États-Unis (Darl., Fl. Cestr. ; A Gray, Mon. Bot. .V. Si.), et l'extension en Amérique serait plus grando au nord, r espèce irait jusqu'au Labrador,

754 CHANGEMENTS DANS i/HABITATION DES ESPÈCES.

si elle existait d'origine sur !o continent américain, puisque clicz nous elle avance jusqu'en Laponic.

Panicumsanguinalc, L. — i — Terrains cultivés.

iLes auteurs américains croient tous ces Setaria d'origine étrangère. Je n'ai de doute qu'à l égard du Setaria glauea, qui a été trouvé dans l'intérieur du Cai i> ■ i nada à Saskatchawan (Hook , Fl. bor.

■J Selariti italica, Kuntli. — (J) \Am., II, p. 23G ), et qui avance on Eu-

jrope jusqu'en Suède. Cependant, je le ! crois plutôt étranger a l'Amérique.

2° Originaires île pays éloignes autres que l'Europe.

Gynandropsis pcntaphylla, DC. — ® — De l'Afrique et de l'Inde.

Citri species. — — Il y a probablement plus d'une espèce naturalisée do l'Inde aux Antilles et dans les Etats méridionaux de l'Union. Bertram en parlait déjà en 1 791 .

? Hibiscus Manilmt, L. — ^ — Do l'Inde; trouvé depuis le siècle actuel sur les bords du Mississipi, mais probablement échappé des jardins.

Mclia Azodararh. L. — — D'Asie ; peut-être apporté d'Europe.

Kosa lanigata, Michx. — T> — De Cliine.

Xanthiuni spinosum, L. — -<j) — Voy. p. 74 5, 729.

Sol i va naslurliitbliiï, DC. — ^ — De Buénos-Ayres.

7 ( 'on vol vu! us purpureus, L. i — De l'Amérique méridionale. Venu probablement de proche en proche, de jardins en jardins, par les Antilles et le Mexique.

-fNicandra physaloides, tiartn. — , f — Du Pérou.

7 Roubicva multifida, Moq. — ï — Du Pérou, de Buénos-Ayres et du Brésil . Vient de paraître à New- York dans les promenades (Carey, d'après une lettrede.M. Moquin, en 1850, qui a vu un échantillon). L'introduction est trop récente pour qu'on puisso dire si la plante durera.

Eleusine indien, Gauiu. — (ij — De l'Inde, etportéedans plusieurs régions.

Plialaris canariensis, L. — T . -- Des Canaries, mais cultivée aussi ailleurs.

Voici ce que je remarque sur celte liste :

1 . Le nombre total des espèces de pays éloignés qu'on peut regarder comme naturalisées au Canada et dans les Etats-Unis orientaux, s'élève à 18/i. Sur ce nombre, 19 ne sont peut-être pas encore bien établies.

2. L'origine des 184 espèces est clairement indiquée dans le tableau. Il y en a 172 d'Europe et 12 seulement d'autres pays. Assurément, je ne puis affirmer que toutes les premières soient venues directement d'Europe. Plusieurs existent, originellement ou par naturalisation, aux Canaries, à Madère, aux Açores, et quelquefois dans diverses régions du globe ; elles ont pu arriver de ces pays et non d'Europe , mais c'est peu probable quand on pense à la multitude de vaisseaux qui ont chargé leur fret dans les porls

européens directement pour les États-Unis et aux relations habituelles des Américains avec les horticulteurs et marchands de graines d'Europe.

Je suis surpris que le commerce des États-Unis avec le Ilrésil, le Chili, la Nouvelle-Zélande, les îles Sandwich et la Chine, commerce qui a pris beaucoup d'activité depuis trente ans, n'ait p;is encore amené la naturalisation d'espèces de ces régions. Jusqu'à présent on ne s'en aperçoit pas. Le Koubieva mullifida, qui vient de paraître à New- York, et dont la naturalisation n'est pas encore consolidée par l'épreuve du temps, est la seule plante, peut-être, qui soit venue de cette manière. A l'avenir, il en arrivera plusieurs sans doute. Elles pourront compenser un peu la diminution probable de celles qui viendront d'Europe.

3. Le mode d'introduction en Amérique a été, comme en Europe, toujours, le transport de plantes ou de graines par l'homme, volontairement ou involontairement. Le dépôt du lest des vaisseaux, le mélange avec les marchandises, surtout avec les graines qu'on a fait venir en quantité énorme de France et d'Angleterre, la culture dans les jardins et autour des fermes, toutes ces causes ont agi avec une intensité remarquable.

h. Il s'est naturalisé en Europe 35 espèces de l'Amérique septentrionale, en ne comprenant pas deux espèces île Californie ou de l'Orégon (p. 742); pendant le même temps, il s'est établi en Amérique, entre la mer Atlantique et le Mississipi, 172 espèces d'Europe, c'est-à-dire cinq fois plus. Je m'explique ce fait extraordinaire par la fréquence beaucoup plus grande d'envois de graines en Amérique, notamment pour les besoins de l'agriculture, et aussi par le désir des colons de revoir autour d'eux les plantes auxquelles s'associent leurs souvenirs de jeunesse. Pendant longtemps on a fait venirdes graines de trèfle, de luzerne, de toutes nos graminées, de toutes nos céréales, par milliers de boisseaux, et l'on a semé avec elles une foule de nos herbes les plus communes. En revanche, les Européens n'ont guère tiré, en fait de graines, des Étals-Unis, que des graines d'arbres, et seulement pour quelques amateurs ou pépiniéristes. Combien d'émigrants européens partent avec des paquets de graines ! Combien de colons établis écrivent pour en faire venir! Même les mauvaises herbes du pays natal ont un charme pour eux, témoin l'introduction du Linaria vulgaris, dont les cultivateurs américains se plaignent aujourd'hui, et qu'ils doivent au souvenir patriotique d'un de leurs ancêtres, émigré du pays de Galles. Le courant de l'action des hommes (p. 716) a été infiniment plus fort d'Europe vers l'Amérique septentrionale que dans le sens opposé.

5. Le midi des États-Unis ne parait pas avoir reçu autant d'espèces étrangères que les États de Pensylvanie, New-York, Massachusetts, peutêtre pas autant que le Canada, dont le climat rigoureux semble cependant

CHA.NWKMENTS 1>ANS I.'llAlUTATlON DES ESPÈCES.

peu fevorable. J'attribue encore ce fait à la nature des relations commerrialesavec l'Europe. Les colons «les Ktats méridionaux cultivant le tabac, le coton, le maïs, n'ont pas dû importer autant de graines européennes que ceux des États septentrionaux, dont l'agriculture était plus dans le genre de celle d'Europe. D'ailleurs la colonisation a marché plus activement dans le nord, et la masse des émigrants s'est portée essentiellement de ce côté.

0. Les 184 espèces naturalisées au Canada et dans les États-Unis orientaux, se composent de 85 plantes annuelles, 15 bisannuelles, 00 vivaces, h arbrisseaux ou sous-arbrisseaux, 10 arbustes, h petits arbres (Melia, deux Salix, Citrus, ces derniers peut-être de plus d'une espèce), aucun grand arbre. En d'autres termes:

Espaces inonocai'|»iciiiics loo

Id. rhiziK-arpienuos 66

Id. caulocarpiennes 18

Total 184

Le chiffre des plantes ligneuses montre combien le climat des États-Unis est plus favorable à cette catégorie que celui d'Europe.

7. Aucune espèce n'est aquatique; une douzaine vivent dans les lieux humides; 22 dans des prés ou pâturages; une cinquantaine dans les terrains incultes et lieux abandonnes, près des villages, au bord des routes, dans les décombres autour des habitations ; A spécialement dans les graviers, au bord des lacs et des rivières; 0 dans les haies ou broussailles; 3 dans les forêts ou les bois ; le reste dans des stations multiples ou peu définies.

8. En comparant avec les espèces naturalisées ou répandues dans les terrains cultivés en Europe (a), on vt>it que l'Amérique a reçu infiniment plus de plantes des champs ou terrains cultivés et des prairies. Il est aisé de l'expliquer. Les cultures européennes étaient chargées d'une multitude de mauvaises herbes d'Asie, du nord de l'Afrique et d'Europe, introduites graduellement pendant des siècles, depuis l'origine de l'agriculture ; une partie de ces plantes a malheureusement été transportée en Amérique, avec les graines des céréales et des fourrages. Toutes celles des champs sont nuisibles ; mais parmi les espèces des prairies, il y en a d'avantageuses, comme les Medicago saliva, Trifolium pratense, Phleum pratense, Festuca elatior, Alopecurus pratensis, Arrhenatherum avenaceum, Lolium perenne, et autres Graminées. Les États-Unis ont reçu d'Europe, en fait de plantes spontanées, beaucoup de mauvaises herbes et quelques plantes utiles. Au contraire, l'Europe a reçu de l'Amérique septentrionale plusieurs plantes

a) Ces dernières ne «ont pas compta comme naturalisées (voy. p. 010).

.NATURALISATION A GRANDE IHSTANCK. 757

inutiles, plutôt que nuisibles (plantes îles décombres, chemins, etc.), et une espèce seulement de quelque utilité, le Panicum Digilaria, qui peut ■tenir d6 fourrage. Le IMiytolarca decandra sert à colorer les vins ; emploi aussi nuisible a l'acheteur que prolitableau vendeur (a). En somme totale, aux Klals-l'nis, les champs ont été détériorés par les plantes naturalisées d'Kurope,les prairies ont été bonifiées; en Kurope, les naturalisations de plantes des Ktats-lnis ont été à peu près sans inconvénient ni avantage.

9. Les Monocotylédones sont aux Dicotylédones sa 22 : 102 r= 1 : 7 ; ainsi en Amérique, comme en Kurope, les introductions augmen lent la proportion îles Dicotylédones.

10. Les familles principales sont, parmi les plantes naturalisées aux Klals-l'nis et au Canada :

Composées 2li, soit 14 sur 100.

<ii aminées |K 10

Labiées 18 10

Légumineuses 1(5 fl

Cariopliyllée* 12 li

Crucifères 10 5

Le chiffre lies Graminées et Légumineuses, bien plus élevé que dans les plantes naturalisées en Kurope, confirme ce que je disais tout à l'heure de l'avantage des introductions d'espèces spontanées en Amérique pour la bonification des prairies. On remarquera combien l'ordre relatif de ces lamilles est semblable à la proportion qu'elles offrent en Kurope. Cela vient de l'origine surtout européenne des plantes naturalisées aux Ktatsl nis.

11 . Les 1 84 espèces naturalisées aux États-Unis et au Canada ont pu être introduites depuis la fin du xvr siècle, car les voyages des deux Cabot et de Corteréal au Canada et jusqu'au Labrador, eurent lieu de lA9â à 1500. Il n'est pas probable que les établissements antérieurs des Scandinaves, sur la côte du Groenland, aient pu naturaliser des espèces, à cause du climat de ces régions arctiques et de l'uniformité préexistante de végétation entre les parties septentrionales de l'Europe et de l'Amérique visitées par ces premiers navigateurs. Ponce de Léon visita la Floride en 1512, et \V. Italeigh, la Virginie en 1584. L'introduction des espèces européennes ne remonte probablement pas aussi haut. Les navigateurs qui abordaient pour la première fois dans ces pays n'avaient aucun intérêt à y porter des espèces d'Kuropc. Ils devaient être tentés plutôt de rapporter en Kurope ce qu'ils voyaient de remarquable ou d'utile dans les productions de

ia) L'Opuntia est utile [comme fruit et comme clôture, mais il ne vient pas Je la partie de l'Amérique dont je fuis ici la comparaison avec l'Europe.

l'Amérique. Il a fallu des établissements agricoles pour que l'introduction des espères put commencer. La première colonie anglaise en Virginie date de 1607. Les Hollandais s'établirent a New-York en ltil/i, et les puritains delà Nouvelle-Angleterre, à Plymoutb, en 1(>20. Depuis ce moment, une grande quantité de graines furent apportées et propagées avec l'activité qui distingue la race anglo-saxonne. Les 184 espèces naturalisées se sont introduites pendant 230 ans environ, car les espèces signalées depuis quelques années seulement sont encore, pour la plupart, à l'état d'épreuve, et je n'ai pas dû les compter dans le nombre des espèces naturalisées certainement. La proportion est de 80 par siècle, chiflre bien plus considérable qu'en Europe (p. Ihh). Je reviendrai sur les causes d'une différence aussi sensible. L'abondance avec laquelle l'introduction des espèces s'est faite a pu varier pendant la durée «les deux siècles; mais aucun document ne permet de s'en faire une idée. Je soupçonne qu'elle a été plus grande dans les années qui ont précédé l'indépendance des États-Unis qu'à aucune autre époque. Cela me parait probable, parce que les colonies avaient alors un commerce actif avec l'Europe, et que les établissements 'y étaient assez nouveaux pour que l'on dût acheter des graines à l'étranger pour l'horticulture et l'agriculture. Maintenant, le commerce est plus actif, mais il s'est formé des jardins et des pépinières, qui dispensent de tirer les graines communes de pays lointains. La manière dont les plantes étrangères se répandaient encore, de 1813 à 1820, date de plusieurs Flores américaines ; les traditions toutes vivantes des botanistes de cette époque sur l'origine de plusieurs espèces me font penser aussi que les naturalisations étaient, pour la plupart, peu anciennes.

12. Les Flores américaines indiquent plusieurs espèces naturalisées qui sont devenues communes. Le manque de Flores locales m'empêche de constater celles qui abondent véritablement d'une extrémité à l'autre du territoire, des Florides au Canada. Quelques espèces sont devenues aussi communes dans certains endroits qu'en Europe, par exemple, l'Echium vulgare, les Linaria vulgaris, Leucanthemum vulgare, Cirsium arvense, Verbascum Thapsus, etc. Elles abondent au point qu'un savant géologue (a) a pu écrire : « Ces plantes d'Europe, introduites en Amérique, se répandent et finissent par couvrir le sol, envahissant le terrain occupé jadis par les plantes indigènes, et les faisant successivement disparaître, à peu près de la même manière et dans les mêmes proportions que la race indienne cède le pas à l'homme blanc et disparaît devant la civilisation qui s'implante sur la terre des Peaux-rouges. » 11 y a probablement de l'exagération dans l'idée d'une disparition des espèces indigènes devant les autres ; mais on

la) A|ça*si*, Bull. Soc. se. de Xcuchûtet, 2% novembre 18*7.

voit que l'envahissement est assez marqué dans les régions anciennement colonisées des États-Unis.

13. Si quelques espèces sont devenues abondantes, je n'ai pas été moins frappé de la rareté actuelle d'autres espèces, et surtout de l'absence, parmi les plantes naturalisées, de plusieurs plantes très communes en Europe. Les llanunrulus arvensis, Papaver Hhœas, Cheiranthus Cheiri, Géranium molle, Géranium pratense, Ilellis perennis, Centaurea Jacea, Specularia Spéculum, Specularia hybrida, Borago ollicinalis, Mercurialis annua, Verbena ollicinalis, et bien d'autres plantes communes en Europe, répandues même ailleurs, n'ont pas encore passé aux États-Unis. Le climat leur serait-il contraire ? Les graines ne se sont-elles pas trouvées dans les envois de graines pour l'agriculture? La suite montrera si ces espèces ne peuvent pas s'établir eh Amérique. Je vois dans ce fait plutôt un indice que des naturalisations continueront à avoir lieu, jusqu'à ce que toutes les plaides robustes et prolifères des pays tempérés se soient casées, dans quelques districts au moins, du territoire si varié des États-Unis.

\h. Ici, comme parmi les plantes naturalisées en Europe, la grande majorité des espèces habitait plusieurs régions avant de se répandre en Amérique. Presque toutes sont des espèces, non-seulement de l'Europe tempérée, mais aussi de la région méditerranéenne et de quelques régions voisines, comme la Sibérie, le Caucase, la Perse, les îles de Madère ou des Canaries. Je n'essaierai pas d'en calculer exactement le nombre, parce que les espèces des décombres, des chemins, etc., qui sont si nombreuses dans la liste, ont évidemment été transportées dans plusieurs pays comme aux États-Unis. Leur extension est trop factice pour mériter une certaine importance. Les seules espèces qui n'aient pas le caractère de grande diffusion géographique, sont : l'Helleborus viridis et le Silène Armeria, qui s'étendent de l'Angleterre «à la Grèce; les Medicago intertexta et Medicago uigra, qui sont du midi de l'Europe; le Centaurea nigra, L., qui habite l'Europe tempérée; le Symphytum officinale, qui est de l'Europe tempérée et méridionale; le Ligustrum vulgarc, qui occupe une moitié de l'Europe et la région caucasienne ; le llosa hevigata, dont la patrie, en Chine, est peut-être assez limitée; le Soliva nasturliifolia, qui est de Buénos-Ayres, et dont l'extension n'est pas encore bien connue. Ainsi, sur 166 espèces naturalisées aux Etats-Unis, il n'y en a peut-être pas 10 qui n'eussent, avant leur introduction, une habitation beaucoup plus grande que la moyenne des Phanérogames, et je doute qu'il y en ait une seule dont l'habitation fût au-dessous de l'aire moyenne.

15. Les 184 espèces naturalisées aux États-Unis ou au Canada appartiennent à 120 genres différents, dont 59 sont nouveaux pour le pays

d'introduction, et 56 nouveaux pour l'Amérique septentrionale tout entière. Parmi ces genres, il y en a qui sont nombreux eu espèces dans d'autres régions, par exemple, les Kumariu , Sinapis, Alllia-a, Cilrus, Medicago, (ienisla, Initia, Verbascum, Thymus, Lamiuin, Marruhium , IMiloinis, Krhium, Krhinospermum, Chenopodium, Ornilhngalum, Holcus, Setaria.

Les espèces naturalisées appartiennent à 3»S ramilles différentes, dont deux, celle des Méliacées et les Auranliacées, n'étaient pas représentées auparavant.

Dans les contrées analogues au midi de L'Europe et aux Ktats-l'nis, les faits de naturalisations seront probablement un jour aussi nombreux. 11 f uit seulement que l'espèce humaine ait eu le temps d'y déployer la même activité et que des botanistes sédentaires y observent l'introduction des plantes nouvelles. Déjà, dans les environs de Buénos-Ayres et de Montevideo, au Chili, sur la cote occidentale de l'Amérique du nord, on a remarqué plusieurs espèces introduites, surtout des espèces de nos champs, de nos routes et de nos villages d'Europe. Le nombre en est impossible à constater. Kspérons qu'il paraîtra bientôt des Flores de ces pays, afin que l'invasion d'espèces étrangères puisse à l'avenir être constatée.

Les régions intertropicales ne sont point défavorables aux naturalisalions. Elles y sont rares aujourd'hui; mais cela tient au genre de communications de ces pays, qui ont lieu avec l'Kurope et les Ktats-l nis, bien plus qu'avec des pays ayant une végétation analogue à la leur. Les piaules d'Kurope et du nord de l'Amérique, jetées par une multitude de \aisseaux dans les ports du Brésil, de la Guyane, de .lava, de l'Inde, ont bien peu de chance de réussir, de même que nos plantes des régions tempérées dont ou essaie la culture dans les jardins des pays équaloriaux ; mais lorsque le commerce deviendra plus actif entre les pays inlerlropicaux eux-mêmes; lorsque leurs jardins seront mieux pourvus de plantes des pays chauds, on verra, je pense, une multitude d'espèces nouvelles devenir spontanées, flardner, qui connaissait si bien le Brésil et l'île de Ceylan, où il a malheureusement terminé ses jours, remarquait la facilité avec laquelle plusieurs plantes américaines ou africaines se sont répandues à Ceylan, les unes sans cause, et d'autres échappées d'une manière certaine des jardins botaniques (a). Plusieurs de celles qu'il indique sont ligneuses (Opuntia, Yinea rosea, Allamanda cathartica, Lantana, Buddlcia madagaseariensis), de sorte que l'abondance des espèces de cette catégorie, dans les pays chauds, n'empêche pas le phénomène des naturalisations. La Flore de l'Inde de Koxburgh et Wallich, mentionne plusieurs plantes naturalisées;

a) fiot. nwg., 181», .nppf>n<li\. |>. I i \ Journal nf Ihr hortir. Sor., IV, p. 40.

mais de tous les ouvrages sur la botanique des pays tropicaux ou subtropicaux, le plus concluant à cet égard est Yllortus M aurilianus, de M. Uojer. Dans ce volume, publié en 1837, l'auteur «numéro toutes les espèces qu'il connaissait alors dans l'Ile Maurice (a), comme spontanées ou comme cultivées. Il dit d'un grand nombre qu'elles so sont naturalisées. J'en relèverais la liste, si je ne pensais que maintenant elle est devenue incomplète, et si la détermination «le l'origine des espèces ne présentait quelquefois des questions insolubles, à cause des espèces de l'Inde et du Cap, qui peuvent se trouver, sur la côte d'Afrique et à Madagascar, ol, par conséquent, n'avoir pas été introduites à Maurice, du moins a titre de plante venant de pays éloignés.

La question la plus abordable et la plus intéressante dans ce genre, est île savoir quelles sont les espècos intertropicales du nouveau monde, naturalisées dans l'ancien, et vice versa, de l'ancien monde, naturalisées dans le nouveau, abstraction faite des espèces qui sont sorties récemment des jardins et qui se sont naturalisées d'une manière toute locale et bien connue, dans quelques points comme l'Ile Maurice, l'île de Ceylan, etc. En d'autres termes, c'est un problème digne d'attention «le chercher quelles sont les espèces assez généralement répandues dans les deux mondes, en apparence originaires de chacun des deux, et qui, cependant, ont été apportées et naturalisées par divers agents, soit d'Amérique, soit de l'ancien monde. Je vais en donner la liste aussi complète que j'ai pu le faire.

$ HT. LISTE DES ESPÈCES INTERTROPICALES SPONTANÉES, EN APPARENCE ORIGINAIRES DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU MONDE, QUI O.NT PROBABLEMENT ÉTÉ NATURALISÉES PAR TRANSPORT DE L*IN A L'AUTRE.

Les recherches contenues dans les articles et paragraphes précédents, sur des naturalisations bien constatées, nous permettent d'estimer, sans trop de défiance, le degré de probabilité de plusieurs naturalisations douteuses, de celles, par exemple, qui ont eu lieu entre l'ancien et le nouveau, monde, avant le siècle actuel. Toutefois, il faut le reconnaître, quelquesuns des indices dont nous avons fait usage pour les naturalisations en Europe et aux États-Unis, ne peuvent pas se rencontrer ici. On manque de Elores locales, de Elores faites à des époques successives, et surtout de Elores complètes et bien travaillées. D'un autre côté, à défaut de ces moyens d'investigation, il y a quelques arguments, quelques indices, appropriés

(a) J'emploi JL nom plutôt que celui de ile de France, parce qu'il est le plus ancien ; la u'%\c «le priorité est aussi juste, aussi commode, en tfé.^iapliii' qu'en botanique.

7<>2 <:ham;f.mknts dans l'habitation i>es espèces.

aux pays intertropieaux, sur lesquels ou peut s'appuyer d'une manière spéciale.

La végétation des régions tropicales, quand on compare l'ancien et le nouveau monde, se compose essentiellement d'espèces dilïérentes, et même en grande partie de genres différents, .le citerai plus loin quelques espèces qui semblent avoir été communes, dès l'origine, aux deux mondes, quoique tropicales; mais ce sont des cas excessivement rares, et même je doute que plusieurs de ces espèces n'aient pas été transportées dans des temps très reculés par une cause inconnue. Ainsi, entre les tropiques, toutes les probabilités sont, à priori, et avec; beaucoup de force, dans ce sens : 1° que les espèces également spontanées dans les deux mondes sont originaires «le l'un »les deux seulement ; 2° que les espèces d'un genre principalement ou exclusivement américain qui se trouvent ailleurs sont d'origine américaine, ou inversement , que les espèces d'un genre asiatieo-africain , qui se trouvent en Amérique, sont originaires de l'ancien monde, (les lois de probabilité auront surtout de la valeur dans le cas de genres très nombreux. Ainsi les deux cent cinquante Hyplis connus existent en Amérique, et sept d'entre eux ont été retrouvés en Afrique ou en Asie. .N'est-il pas infiniment probable, par cela même, que ces derniers ont été transportés d'Amérique"?

L'île de Madagascar est séparée de la côte d'Afrique par un courant rapide qui rend les éebanges directs de graines difficiles. Les îles Maurice et Uourbon ne reçoivent pas de courant direct et habituel de Madagascar; au contraire, les couranls portent plutôt vers Madagascar (voyez Berghaus, Atlas y pari, hydr., pl. 15). Si donc une espèce est spontanée dans ces trois îles, qu'elle soit ou qu'elle ne soit pas en même temps sur le continent africain, par exemple en Guinée, on ne pourra guère supposer pour elle une origine américaine. Si elle est en Guinée et qu'elle manque aux îles de l'Afrique orientale, soit îles Mascarenbes, on pourra incliner facilement, au contraire, à l'opinion d'une origine du nouveau monde.

A défaut de Flores anciennes qui puissent constater l'introduction des espèces, les noms vulgaires anciens prennent de l'importance. Le sanscrit est d'une immense ressource à cet égard. Il était langue morte déjà à l'époque de la conquête de l'Inde par Alexandre le Grand! Ainsi toute plante actuellement dans l'Inde qui se trouve avoir un ou plusieurs noms sanscrits ne peut pas être originaire d'Amérique. Kn faisant usage de ce critère, je n'ai cessé d'admirer la précision de Roxburgb dans ses désignations de noms indiens (a), la richesse des noms sanscrits, dont un

(a) Roxburgh, fltorn Indice, «dit. Wallieb, 2 vol. in-8, 182(>-t|2i, et surtout Mit. 1832, 3 vol. in-8. <>tl<- drrnifre n« renfort!** pas les excellente* additions «tu »lor-

NATl RALISATIO.N A (iRA.NDE DlSTAIxCE.

habile philologue, M. Adolphe Piclet, m'a quelquefois appris le sens, et enliu, le développement de cette antique civilisation dans laquelle le génie poétique s'alliait à l'observation exacte des phénomènes naturels. Les indices botaniques se sont trouvés toujours d'accord avec les indices tirés des noms sanscrits, excepté pour deux espèces (Acacia farnesiana et Oomphrena globosa). J'ignore si ces deux exceptions proviennent de quelque erreur dans l'intelligence des noms sanscrits par les auteurs anglo-indiens, ou si elles doivent jeter quelque défiance sur les conclusions à tirer de l'emploi du sanscrit. Peut-être Roxburgh a-t-il pris quelquefois un nom usité par les Brahmes pour un nom sanscrit, ou un nom de langues issues du sanscrit pour un nom primitif. En général , cependant, l'ouvrage de Boxbugh parait un guide très sûr.

Malheureusement si l'origine asiatique peut quelquefois être démontrée par un nom sanscrit, l'absence d'un nom dans cette langue ne doit pas être regardée comme un indice bien fort d'une origine non asiatique. Quand il s'agit d'une plante de l'archipel indien ou des parties les plus méridionales de L'Inde, le sanscrit ne pouvait pas avoir de nom, car les peuples qui le parlaient habitaient le nord de l'Inde. Si l'espèce est peu apparente, si elle appartient à un genre difficile à débrouiller, on ne peut pas s'étonner de ne point trouver de nom sanscrit. D'un autre coté, je ne pense pas qu'une plante qui serait aujourd'hui commune dans les provinces septentrionales de l'Inde et d'une nature apparente, ou offrant des usages importants, pût avoir échappé à la nomenclature et aux ouvrages sanscrits si elle avait existé jadis dans les mêmes provinces.

Les communications entre l'ancien et le nouveau monde sont de deux sortes : 1° les courants; 2f les rapports établis par les peuples européens ou d'origine européenne depuis trois siècles.

Dans l'Atlantique, le principal courant (Gulf-slream, courant des Florides) (a) part de l'embouchure du Qeuve des Amazones et de la côte de Venezuela, fait le tour du golfe du Mexique, sort avec rapidité entre Cuba et les Florides, se porte vers les Acores, où il diminue beaucoup de vitesse; puis d'un côté il passe vers l'Europe, et de l'autre vers les Canaries et la côte de Guinée, qu'il longe dans presque toute son étendue. A voir la quantité de graines qu'il porte en Irlande , en Ecosse et en Norwégc , on doit croire qu'il en transporte aussi sur la côte d'Afrique. Un autre courant part du Congo et se répand, en forme d'éventail, sur tout le Brésil.

leur Wallich, mais clic contient les claies qui Minent la pcnlandric. L'index de l'iddington (An english index lo the plants of india, i vol. in-8, Calcutta, 1832) est tiré principalement tic Roxburgli.

(a) Voyez Rcrgliaus, Physic. Altas, 2 abth., pl. 3 et i, ou Beeclicy, dans Herschel, Man. of se enrj., carte, p, 106.

7ti'| CJIANuKMEXTS l'WS L'HAHITATION 1»KS KSPÊCKS.

Ces doux roulants doivent avoir d'autant plus d'elle! qu'ils unisM-nt des régions également c haudes, où les graines trouvent en arrivant des conditions à peu près semblables. Outre la communication ancienne établie par cette voie, la traite des nègres a dû porter des espèces d'un côté à l'autre de l'Atlantique. Les trafiquants parlaient d'Amérique, et quand leur commerce était libre, ils faisaient des établissements sur la rôle d'Afrique. Avec le lest des vaisseaux, avec les graines destinées à leur nourriture ou à quelques rares plantations, et même sur leurs habits, ils pouvaient apporter des graines d'Amérique. Kn reparlant, ils pouvaient également introduire des espèces africaines dans le nouveau monde, et les malheureux nègres eux-mêmes ont dû quelquefois avoir l'idée d'emporter quelques graines de plantes utiles ou de plantes auxquelles se rattachaient pour eux des idées superstitieuses.

Dans le grand Océan, les communications sont moins actives, moins importantes. Les voyages ont été toujours moins nombreux, surtout en suivant une direction parallèle à l'équateur. Excepté par le moyen des anciens galions, qui unissaient une fois par an les Philippines à l'Amérique, le commerce n'a jamais suivi cette voie avec activité. Les courants aussi ont peu d'importance. D'après un ensemble de faits recueillis par M. Hooker fils {Tranx. Soc. Linn., XX, pari, n, p. *25 h) , le courant principal vers la côte occidentale de l'Amérique est un courant qui vient du pôle sud, qui longe la côte du Chili et du Pérou, puis vient passer avec une grande rapidité entre les îles Galapagos et aboutit à l'île Cocos, plus au nord, dans la direction du .Mexique. Ce courant, d'après l'Atlas de Herghaus (•>• part., pl. 4), se prolonge, en tournant h l'ouest, avec moins de rapidité probablement, des lies Galapagos vers l'archipel des Marquises et des îles liasses. Vu courant peu actif, découvert par le capitaine Kizroy (Mook. f., /. c), marche de la baie de Panama au nord-est des îles Galapagos, où il vient se confondre avec le précédent. Dans ces parages les graines qui flottent ne peuvent cheminer que de l'est à l'ouest. Plus au nord, vers les îles Sandwich, la direction est la môme, mais elle doit avoir peu d'effet pour les plantes, parce que la côte de Californie et du Mexique est longée par un courant du nord au sud, qui sépare l'Amérique du courant de l'est à l'ouest. Les courants indiqués des îles Sandwich et des Iles Marquises vers l'ouest, se dirigent vers les îles Caroline*, le Japon, l'archipel indien. Il y a quelques courant» contraires, locaux ou momentanés, qui n'altèrent pas le grand fait, le fait capital de la direction générale des courants de la mer Pacifique de l'est à l'ouest. Le seul contre-courant qui mérite d'être noté est celui qui se dirige des îles Carolines aux îles Sandwich. Il en résulte que les îles Sandwich peuvent recevoir autant de plantes peul-

NATURALISATION A GRANDE IUSTANCE, 705

cire par le> courant d'Asie que par ceux d'Amérique, [/ensemble des faits, je lii répèle, dirige les graines des cotes de l'Amérique sur les îles du grand Océan et sur l'archipel indien, et non d'Asie en Amérique.

La Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande se trouvent peu influencées par les courants. Le principal, dans ces parages, est celui qui marche de Van-Diémen à Sidney, et qui change de direction suivant la saison.

Dans la mer indo-africaine, les courants changent aussi de sens avec la mousson. Ils peuvent porter des graines du Malabar et de Cevlan à Mozambique et Madagascar, ou, vice versa, à peu prés également. Enfin, dans le canal de Mozambique, la mer prend une direction constante bien prononcée du nord au sud. Les espèces du Cap n'ont aucune facilité pour gagner Madagascar. Celles des îles Mascarcnhes, au contraire, celles de Mozambique et même de l'Inde, ont une chance d'être portées au Cap. Elles peuvent même doubler le Cap et gagner la côte occidentale d'Afrique, où, il est vrai, les courants sont peu actifs dans la direction du cap de Bonne-Espérance au Congo.

Telles sont les causes de transport actuellement existantes dans la zone intertropicale. Voyons maintenant les effets.

Je rappelle (pie mon but n'est pas n'indiquer les espèces naturalisées récemment et d'une manière toute locale, dans quelques points où les Européens .exercent une grande influence, comme Cevlan, Java, l'ile Maurice, etc. Je désire énumérer les espèces, en apparence primitives, qui, d'après des indices scientifiques, ont une origine étrangère. Ce travail est intimement lié à celui dont je donne plus loin les résultats sous le litre (V Espèces disjointes entre des régions tropicales (chap. X, art. vi). On verra, dans cet article également, quelques espèces dont le transport a peut-être eu lieu, niais d'après des indices très légers qui rendent le fait possible plutôt que probable. La réunion des deux listes présente l'ensemble des espèces communes à l'ancien et au nouveau inonde, avant les introductions toutes récentes et locales dans le siècle actuel, à Ceylan , Java et autres points très fréquentés de» voyageurs.

Les espèces dont le transport est infiniment probable, je dirai presque certain, d'après une réunion de plusieurs indices, ne sont accompagnées dans la liste suivante d'aucun signe. Les espèces marquées du point de doute (?) ont été vraisemblablement transportées, mais les indices en sont moins nombreux ou moins torts. Les espèces qui se trouvent dans l'ancien et le nouveau monde sans probabilité, mais avec possibilité, cependant, de transport, sont dans l'article VI du chap. X des espèces disjointes, avec le signe T. Knlin les espèces des deux mondes qui ne présentent aucune

CHANGEMENTS DANS l'iIAIUTATION IlES ESPÈCES .

probabilité, je dirai presque une impossibilité de transport, se trouvent dans cette liste des espèces disjointes sans aucun signe quelconque.

Dans le tableau actuel , connue dans celui des espèces disjointes , je classe les espèces suivant qu'elles sont répandues dans l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, ou seulement en Amérique et en Afrique, ou enfin en Amérique et en Asie. Il est inutile de parler des espèces communes à l'Afrique et à l'Asie, car ces deux continents se trouvent liés par l'Arabie et PÂbyssinie, où l'on découvre chaque jour des espèces indo-africaines.

A la lin du relevé des espèces disjointes, on trouvera l'indication de plusieurs espèces sur lesquelles je n'ai pas pu obtenir des renseignements suflisants, ou qui ont été indiquées par erreur comme répandues dans les divers continents équatoriaux.

\" Espèces intertropicales, actuellement communes à l'Asie [a) 'l'Afrique et l Amérique, mais transportas probablement de l'ancien inonde dans te nouveau, ou du nouveau monde dans l'ancien.

Arcemone mnlcana, L. ï, — En Amérique, Afrique et Asie, sur le

littoral, dans les graviers, les décombres et les cultures, assez souvent avec l'apparence d'une plante introduite. J'ai indiqué plus haut son extension actuelle (p. 56 i). La capsule est munie de poils roides, aigus, qui peuvent la faire adhérer à des vêtements ou à des ballots ; mais je crois plutôt au transport involontaire de graines avec le lest des vaisseaux ou avec diverses marchandises. Étant du littoral, l'espèce s établit aisément après un transfert de cette nature. — Son pays d'origine est probablement l'Amérique, où elle est plus répandue. Bojer (H. Maur.) la dit naturalisée à Maurice. Roxburgh ne la mentionne pas en Asie, où ou l'a trouvée depuis. On connaît quatre autres espèces, toutes d'Amérique

T Clcomc penfaphylln, I.. et Br. (4àynnndropMi« pentnphj lin, DC.). — i — Très répandu entre les tropiques, et même au delà, en Asie, Afrique et Amérique. M. Brown (Obs. Oudney, p. 1 7) soupçonne une introduction en Amérique. Il se fonde sur ce que les autres espèces de la même section appartiennent à l'ancien monde, et sur ce quo celle-ci étant à la fois officinale et un légume recherché des nègres, a pu être apportée d'Afrique par eux. J'ajouterai qu'elle v ient fréquemment dans les terrains cultivés, près des villes, et que, par exemple, dans le midi des États-Unis, on la regarde bien comme introduite (Torrey et Gray, FI., I, p. 121). D'un autre côté, elle a des noms vulgaires, qui ne paraissent pas européens : Sumbo à la Jamaïque (Browne), (oyers aux Barbades (Hughes, Maycock), Acaia et Mosambë à Caycnne (Aublel). Un peut soupçonner ces noms d'origine africaine. Si l'espèce a été introduite aux Antilles, c'est avant Sloane, qui en parlait en 1707 (vol. I, p. 194). L'existence dans l'Inde, de toute antiquité, est claire quand on voit les noms de l'espèce (Piddington, Index), dont quelques-uns sont ou sanscrits ou usités par les Brahmanes (Ilheed , IX, tab. 24).

[a) Les Mes de l'archipel indien et, en général, du grand Océan, sont ici rapportée» à l'Asie.

t lUolIngo nudteanlla, var. (3, hcllldirolla , Fenatl (Ann. Wien J/m*., I, p. 383) — i — <° dans l'Asie méridionale, au paysdes Birmans , 2° au, Sénégal ; 3° a la Jamaïque. M Fenzl a vérifié la concordance de la plante deWallich avec celle du Sénégal, et il leur rapporte la planche de Sloane, t.XXÏX, f. 2 (Pharnacenm spathulatum . Su ). Il admet la variété a dans l'Inde et à Sainte-Lucie en Amérique, plus une variété y à l'Ile do Cuba. MM. Wight et Arnott [Prodr. peu., p. 43), Webb, Hook. f. et Bentham (FI. Xigr., p. 1 04, 225) admettent l'identité, implicitement on explicitement, entre les plantes d'Amérique et d'Afrique, ou d'Afrique et d'Asie. Pour une espèce aussi insignifiante et aussi difficile à distinguer, la nomenclature vulgaire n'indique rien sur l'origine, non plus que le silence d'anciens auteurs. Les Mollugo sont épars dans divers continents. La petitesse des graines et l'habitation de l'espèce actuelle dans les sables, les jardins, prè« des fermes, a pu favoriser le transport.

Ironalohntn, L. — Tf — MM. Hooker fils et Benth. (FI. Mgr., p. 226-, disent qoe c'est une espèce très répandue entre les tropiques, en particulier, la variété qu'ils nomment a, dont ils ont comparé des échantillons indiens, africains et américains. Je me suis assuré que les carpelles sont échinés, chaque pointe étant en outre munie, vers son evlrémi'é, de dents recourbées. Aucune organisation n'est plus favorable aux transports par adhérence. Il v a des Urena dans I ancien et dans le nouveau monde Celui-ci paraît moins commun en Amérique, ou même rare comparativement à l'Asie et à l'Afrique occidentale. Il n'est indique ni dans Maycock (FI. Harbod), ni dans Macfadyen (FI. Jam.), ni dans les catalogues de plantes américaines des Voyage» tir Bttthty et du Snlphur. Au contraire, Roxburgh (FL, 2* édit., v. III. p. 182) le dit commun dans presque, toute l'étendue do l'Inde, et Rumphhis. de même que le Voyage de Heevhey, le mentionnent dans les lies du grand Océan. Ce sont des probabilités en faveur d'un transport do l'ancien dans le nouveau monde Itnxbiirgh et Piddington n'indiquent pourtant pas de noms sanscrits, mais seulem >nt des noms de langues modernes de l'Inde. L'espèce est peut-être venue de l'archipel indien ou d'Afrique, depuis que le sanscrit est lamruc morte.

T Nlda «plno«a, !.. — ;> r — l'Inde fSida alba, Linu. : Sidaalha, var. «, Wight et Arn.. Prodr., p. 58) : 2° tlo Maurice DC ! herb. : Bojer, //. Maur), Cap, vers l'orient de la colonie (K. Mey et Drège. Xwei Pflans. geogr. Docum., p. 222). Ile Saint-Jacques du Cap Vert (Webb, in Hook., FI. Xhj., p. 107), Sénégambie [Guill. ot Perr., /■*/ Seneg., p. 74). Abyssinie (A. Rich., Tenl FI. /foytff., I, p. 6i) ; 3* États-Unis d'Amérique, de New -Jersey à la Floride et I Arkansas [Torr. et (ïray, FI., I, p. 231). Les Sida sont de tous les pays chauds. Celui-ci se trouve aux États-Unis au bord des chemins, dans les terrains sablonneux (Torr. etGray):au Sénégal, dans les endroits humides, argileux ou sablonneux (FI. Stneg.). Il n'a pas de nom sanscrit (Itovb., 2* édit. : Piddington, Index) et semble peu commun dans l'Asie méridionale. Son absence dans les Flores des Antilles mo fait croire qu'aux États-Unis ce doit être une espèce introduite par le commerce, peut-être par la tr.ute des nègres. Je croirais la plante originaire d'Afrique. Les pointes des carpelles sont poilues, mais les poils peu roidesetnon rebroussés. Cependant, ces pointes peuvent faire adhérer à des vêtements ou à des marchandises.

ÏHIda atlpnlata, Cai r, (S. pro»(rata, G. Dont S. nplnown. Wall., noa L., d'aprè* Wight <•« Arn ). — 5 — Les auteurs du Flora Xigritiana (p. 23«)

disent qu'il est dans l'Asie, l'Afrique et l'Amérique inlertropicales. MM. Wight et Arnotl {Prodr. Fl. peu., p. 57) disent qu ils n ont pas pu découvrir une différence entre leurs échantillons de l'Inde et les Sida balbisiana , brachypetala et repanda, des Indes occidentales. D'après mon horbier, je ne saurais voir de différence entre l'échantillon de Sida slipulaia de l'Ile Maurice, et ceux du Sida brachypetala des Antilles, qui ont servi au Prodrome. L incertitude des déterminations par les auteurs m empêche dédire s il est plus commun dans un pays que dans un autre, et, par lo même motif, f absence dans Roxburgh (Fl. Jnd.) ne ine touche pas. Les carpelles sont terminés par des arêtes scabres, qui peuvent favoriser le transport. M. Bojer [H. Maur.) le dit véritablement spontané à l'Ile Maurice, ce qui me ferait croire qu'il est de l'ancien monde.

Sida cordifolia, L. (Si. nhh, Ifoll». g*.; S. afrlcaaa, Beaav ). — $® — Très commun dans les régions chaudes des deux, mondes (Hook. f. et Benih. , Fl. Mgr., p. 230) . en Jamaïque, au bord de la mer (Sloane ,' ou dans les prés secs inférieurs (Macfadyen); au Sénégal, dans les lieux secs et sablonneux (ZVnt. Fl. Smeg ). Les arêtes des carpelles sont munies de poils roides et rebroussés qui en font de véritables hameçons, très fa\orables aux transports. L'espèce a un nom sanscrit (Ko\b., Fl. Ind., i" édit., v. III, p. 177, Piddington, Index), ce qui montre une grande antiquité en Asie. Si elle a été apportée en Amérique, comme je le crois, c'est avant 4 700, car Sloane la mentionne spontanée (Jam., I. p. 848). Elle peut avoir été portée de la côte d Afrique par les négriers.

MlbUcutt — ulflii» , !.. — i — Cultivé généralement dans les pays chauds de I ancien et du nouveau monde. Linné, et la plupart des auteurs, disent : Crt'&cil in liuliin. On lindique très rarement comme spontané, car en consultant une multitude d auteurs, je ne vois d assertion à cet égard que dan9 Jacquin [Obs., 111 , p. H . ou il est dit : (rescil êponle in Caribœis. Évidemment, il n'est pas d'origine asiatique, car il n'a pas de nom sanscrit (Piddington, Index}. L'espèce n'est indiquée à Ceylan que comme cultivée iMoon, Cat.) et Roxburgh {/•*/ , 2' édit., v. III ne la mentionne même pas. On pourrait soupçonner une origine africaine, parce que Piso Jlist., II. p. 31) dit que les habitants du Congo et d'Angola l'appelaient Quiltabo, analogue au nom des Portugais du Brésil, Qumgombu ; mais il n est pas sûr que ce nom >o\l africain. M. Brcmn [Bot. of Congo) ne mentionne pas I espèce, et le Fluru Xiyriliana on parle comme d une plante cultivée sur la côte d Afrique. Hestedonc l'hypothèse de 1 origine américaine. Elle est corroborée par l'assertion de Jacquin sus-mentionnée, par le nom vulgaire Okkoro, Ockro ou Ockra, mentionné déjà par Commelyn, en 1697 (i/isL, I, p. 37 J, par Hughes, en 4 750 [Hisi. Bnrbad.y p. 210), et qui semble propre aux Américains ; enlin, par le fait que les premiers descripteurs ont reçu l'espèce d'Amérique, par exemple, Commelyn, de Surinam, en 4 686. Le nom arabe indique par Delile (Fl. ,Eg. ill , p. 21 ) signilio Hibiscus à fruit long, ce qui n'indique pas une nomenclature vulgaire primitive, mais plutôt une comparaison faite avec une espèce plus ancienne.

T ■IbUeuw tiliaeeu» (Paritiara «lllaccum. Ktalnt-WJ ) — j — D'après M. Bro\wi {bol. Congo, p 58), et d autres auteurs, il croit en Asie, Afrique et Amérique. L identité en Afrique et en Amérique a été vériuée récemment encore par MM. Hooker et Arnott [Bol. Beechey, p. 168) et Macfadyen [fl. Jam.y p. 69). Les Hibiscus sont do tous les continents. Celui-ci habite le bord de la mer. Ses

capsules peuvent être transportées par les courants, et le transport n est pas sans effet, à cause de la durée de vitalité des graines de malvacécs. L utilité des fibres pour les cordages et autres emplois dont parle Rumphius, peut avoir engagé l'homme à transporter les graines et à propager l'espèce. Elle n'a pas de nom sanscrit, mais cela n indique rien, attendu que son habitation est au midi des régions dans lesquelles se parlait cet ancien langage. Jo no sais ou elle est le plus commune, à l'archipel indien ou sur les côtes de 1 Amérique méridionale à l est et à louest (Benth., Bot. Suluhur, p. 68; Saint-Hil., Fl. lires., I,p. 256; Macfad., Jam., p. 69, etc.). Si I on admet les synonymes de Sloane {Jam., I, p. 24 6}, les premiers auteurs sur l'Amérique, comme Lery, en auraient déjà parlé. Je soupçonne un transport par les courants, peut-être fort ancien.

Zornlu diphjiiu. iar glocJhtdiuta, Benth. [FU Nigr., p. 301. M. Benlham regarde cette iéguinineuse annuelle comme répandue en Amérique, eu Afrique et en Asie, entre les tropiques. Elle possède, sur son légume fort petit, des poils en hameçon, qui la rendent aussi facile à transporter que les Bidons, les Xanthium, etc. Le genre Zornia, quoique peu nombreux, appartient aux divers continents intertropicaux. L espèce actuelle, qui se trouve dans les mauvais terrains de plusieurs parties de llnde, d'après Hoxburgh {Fl., édit. 1832, v. II, p. 353), n'a pas de nom sanscrit (Roxb. ; Fiddinglon, Indra ), ce qui fait présumer une origine étrangère à l'Inde. La synonymie n'est pas assez certaine pour que la question d'origine puisse être bien étudiée. M. de Schlechtendal (Lin*., 1830, p. 483) admet (identité eu Afrique et en Amérique.

rrptnn*. MeUn. Umuea , XXI, p. 260: Hook. et Benth., FI. Nigr., p. 304). — % — ■ Herbe très répandue dans les terrains humides et les. cultures, dans l'ancien et le nouveau monde, entre les tropiques. Malgré ce genre de stations, M. B. Brovvn (Bot. Congo, p. 58 et 6 1 ) ne soupçonno pas qu'elle soit transportée. Elle croit : 1° dans ÏAsie méridionale (Wight et Arn., Prodr ), en abondance a Timor (Decaisne) ; V à Maurice (DC, l'rodr., II, p. 334 ; Bojer, U. Jâaur), en Guinée (Hook. et Benth., /. c.) ; 3° aux Antilles DC., /. c), à la Guyane (mL), a Acapulco (Benth., liot. Sulph., p. Xi). Les autres Nicolsonia sont d Amérique, Afrique ou Asie(Steud., Aom. ,- Hook. f. et Benth., Fl. Nigr., p. 304). Celui-ci a des légumes très minces, qui se coupent en travers et qui ont à leur surface de petits poils, un peu crochus, par lesquels je soupçonne qu'ils peuvent adhérer. On ne connaît pas de nom sanscrit à cette plante, qui est cependant très commune dans llnde, ou elle joue lo rôle de nos trèfles, dans les prairies. Elle a des noms indiens modernes ,Roxb., Fl. /«</., i* édit.. v. III, p. 353 ; Piddington, Index). Elle semble un peu moins répandue en Amérique, et I on ne cite pas de synonyme do Sloane et autres auteurs anciens (Sw., Obs. ; Macfadyen, Fl. Jam.), ce qui peut faire soupçonner une introduction dans le nouveau monde, par les cultures des colonies.

Ahr«.i prcratorlm, L. — $ — Liane commune et spontanéo aujourd hui, entre les tropiques, principalement sur le littoral, dans les trois continents. La beauté des graines, leur usage comme grains de chapelet ou pour colliers, et même comme nourriture grossière (Sloane, Jam ont dû engager à les transporter et à les semer. M. R. Brovvn (Congo, p. 62] les regarde commo assez dunes et ayant un embryon assez développé pour supporter un long transport par Jes courants. Déjà Sloane {Jam., I, p. \%\) prétendait quo lo courant de l'Atlantique

CHANGEMENTS DANS l/HABlTATlON DKS ESPÈCES.

les {sortait quelquefois en Ecosse. Je suis persuadé que si, en pareil cas, elles arrivent sur la côte d'un pays chaud, elles peuvent y réussir, car les légumineust's conservent leur faculté de germer. L'espèce est seule de son genre. Je la erois originaire d'Asie, car elle a plusieurs noms sanscrits (Piddington, Index), et elle y est plus répandue qu'ailleurs. Cependant, elle était bien établie à la Jamaïque, du temps de Sloane, en 4700.

Parklnaoata aenlrata, i — C — Légumineuse si souvent cultivée pour faire des haies ou pour ornement et qui so propage avec une telle promptitude que maintenant il est difficile de savoir son origine. Elle est devenue ou elle était spontanée dans les divers pays intertropicaux. Klle parait décidément nouvelle dans l'Inde, car elle y est encore peu commune, et MM Wight et Arnolt lui donnent le signe de plante probablement étrangère [Prodr. Fl. pen.). D'ailleurs, elle n'a pas de noms vulgaires 'Piddington, Ind.; Moon, Cat. Ceylan). Je la crois aussi introduite en Afrique, car nous savons la date précise de son introduction au Sénégal (p. 717), et, à Maurice, elle est seulement cultivée (Bqjer, H. Maur ). En Amérique, au contraire, elle est plus spontanée et plus répandue. Cependant, elle avait été introduite à la Jamaïque à 1 époque de P. Brown (Jam., p. 222). c'est-à-dire vers le 'milieu du siècle dernier, du continent américain, disait-on. Sur ce continent, elle porte quelquefois de« noms vulgaires qui indiqueraient une origine de 1 ancien monde: ainsi, à Cumana, Spinilio d'Espana (Kunth, Nov. gen . VI, p. 335). Le genre a deux espèces : relle-ci, et une de l'Afrique australe (Benth . Fl. Nigr.), re qui indiquerait une origine africaine.

Acaeia Farae«laan, «Villa1. — 5 — Paraît indigène et commun en Amérique, de la Nouvelle-Orléans à Buénos-Ayres et au Chili (Benth., in Hook., Lond. Journ. of Bol., I, p. 49 i ; V, p. 95). Il fut cultivé pour la première fois dans un jardin d'Europe, en 464 4, et de graines venant de Saint-Domingue (Aid., Hort. Famé» , p. 3). Je crois qu'il s'est étendu, par la culture, vers la Louisiane. MM. Torrey et Cray iFl., I, p. 405) n'en doutent pas. Il n est pas indiqué dans la plupart des Flores des Antilles {Sloane, Browne, Maycock, Macfadyen), et si d autres l'indiquent i'Schlecht., Fi. S -Thom , dans Lftu»., 4830, p. 491), on peut craindre que ce ne soient des échantillons cultivés ou échappés des cultures L'espèce est souvent dans les collections d'Asie et d'Afrique [Fl. .Mgr., p. 334): mais dans ce dernier pays, elle est moins répandue, et jamais peut-être spontanée. Kunth Ann se. nat., VIII, p 122) en a reconnu des fleurs que M. Jomard lui a dit extraites d'anciens tombeaux égyptiens. D'un autre côté, P. Alpinus ne la\ait pas vue en Egypte, et il est difficile de supposer qu'une fleur aussi odorante si elle avait été cultivée par les anciens Ég> ptiens, no se fût pas répandue chez les Bomains et par les croisade?. Delile (Fl. .Kg. »//.. p. 31 1 lui attribue le Mim. scorpioïdes, Eorsk., appelé Felneh par les Arabes ; toutefois ce nom de Felneh n'existe pan dans l'ouvrage de Ebn Bailhar, si complet pour les plantes d'Egypte du nu* siècle. Dans l'Asie méridionale, elle est cultivée et sjiontanée. Roxburgh est affirmalif sur ce dernier point (Fl. Ind.. 2* «lit , v. II, p. 557). Il citemémedenx noms sanscrits, ce qui indiquerait une existence bien ancienne dans l'Inde; mais les noms indiens en diffèrent totalement, ce qui jette du doute sur la réalité des noms sanscrits. Je ne vois aucun synonyme de Rheedeoude Rumphius. L'espèce n'est pas dans Moon ((Vit. CeylX à moins que ce ne soit son Acacia ca?sia, auquel il n'attribue aucun nom vulgaire. L'Acacia Karnesiana est indiqué à Java Hassk , Zoll . ,à Timor Deesnei ; mais rien ne prouve qu il soit ancien dans ces pays.

NATURALISATION A GRANDE DISTANCK.

L'odeur excellente des (leurs et la facilité de culture, ont fait répandre singulièrement l'espèce depuis deux ou trois siècles. Je la crois, comme M. Bentham, originaire de l'Amérique méridionale et introduite dans l'Inde. Dans ce cas Roxburgh aurait pris des noms indiens modernes pour des noms sanscrits, et l'existence chez les anciens Égyptiens serait aussi une erreur. L'espèce ne parait pas être venue par le courant de l'Atlantique en Afrique, car elle n'est pas indiquée comme spontanée sur ce continent.

£ullaadina Boadae, L. (6. Bondueella, L.). — 5 — Il existe sur les trois continents intertropicaux (Brown, Cowjo, p. 58 ; Ben th., lettre); mais ordinairement près des côtes. M. R. Brown {Bot. Congo, p. 62) pense que les graines peuvent être transportées parles courants, sans perdre leur faculté de germer, à cause de la dureté du spermoderme et du grand développement de I embryon 11 mentionne l'assertion faite à sir J. Banks de graines de celte espèce apportées en Irlande par le courant de l'Atlantique, et qui auraient germé. Elles me paraissent trop grosses pour être avalées par des oiseaux. Les sept espèces de Guilandina contenues dans Steudel sont, ou américaines, ou asiatiques. Celle-ci a des noms en langue sanscrite (Piddinglon. Index), et dans toutes les langues modernes de ï Inde ;*</.; Roxb., Fl , l< édil., v. II, p. 357, où il certifie déjà l'identité avec la plante d'Amérique). Rbeede, Rumphius, parlent de l'espèce. Ainsi, elle a tous les caractères d antiquité en Asie. Plumier et Sloaneen parlaient déjà, pour 1 Amérique, mais leurs ouvrages ne datent que de cent cinquante ans. Sloane raconte comment les graines sont jetées par le courant de l'Atlantique sur les côtes du nord-ouest de l'Europe.

T CaaavaUa obtualfolla — .7 — Liane, de la famille des Légumineuses, qui habite les côtes de la mer, entre les tropiques, dans l'ancien et le nouveau monde (Benth., Bot. Sulph , p. 85; Fl. Mgr., p. 307; Wight et Arn., Prodr., p. 253 ; Bojer, //. Maur., p. 108). Les autres espèces du genre, dont on connaissait une douzaine seulement en 1825 [Prodr., v. I), sont, ou d Amérique ou d'Asie, aucune d'Afrique. Le Flora Xigritianu n'en ajoute aucune de propre à ce continent. Le légume ressemble à celui du Caroubier Ceratonia); les graines ont 9 à 10 lignes de longueur. Probablement, elles supportent l'immersion dans l'eau salée, comme celles de l'Entada, et, par conséquent, le transport par les courants. Roxburgh (Dolichos rotundifolius, Fl. Ind., 2* édil., v. III) et Piddington [Index) ne citent pas de nom indien , ancien ou moderne ; mais il faut remarquer que l'espèce habile les côtes méridionales de la péninsule indienne et non le pays de l'antique sanscrit. La côte de Malabar, l'archipel indien (Decsne, Hmor), la côte occidentale d'Amérique et la côte orientale d Afrique ont des communications par les courants. Les deux côtes de l'Atlantique en ont de plus intimes.

c liiorin Ternaten, L. — i- — Cette jolie plante grimpante, cultivée si fréquemment dans les pays chauds, paratt originaire d'Asie. Elle a une foule de noms indiens modernes et deux noms sanscrits (Roxb., Fl., 2" édil., v. III, p. 321 ; Piddington, Index). Elle est ou d'origine ou naturalisée, aux Iles Madagascar, Maurice et Bourbon, dans les montagnes (Bojer, II. Maur ; DC, herb.). On l'indique aussi on Arabie (DC, Prodr. ); mais je ne la vois pas dans le Flora Nigritianu. Enfin, elle est dans l'île de Cuba (h. DC. !), dans les terrains cultivés (Humb. et Bonpl , Aor. yen., VI, p. 415), aux Barbades (Maycock, Fl.), à Saint- Thomas (Schlecbt.. Lût»., 1830, p, 178). Étant si souvent cultivée, on ne

peut pas savoir exactement si elle se maintient d'elle-même hors des jardins. Les espèces de la section Ternatea sont du vieux monde, les autres d'Amérique.

Ca*«la ocrldcntnllN, I- — f) % — Amérique, Afrique, Asie, Australasie Wr.. Congo, p 58 et 61 ; Yogel. fYi»w ., p. 21 ; Hook. f. et Benth., Fl. Mgr., p. 3241 Espèce officinale, souvent cultivée, notamment en Afrique spontanée surtout dans les terrains cultivés, près des habitations, etc. On ne peut guère douter de son transport dans plusieurs pays. Quant à l'origine, c'est plus délicat. Je penche pour l'Amérique, parce que l'espèce y semble plus commune, surtout aux Antilles. Elle n'a pas de nom sanscrit (Piddington, Index), ce qui éloigne l'hypothèse d'une origine asiatique. If. R. Brown dit que les nègres pourraient l'avoir portée d'Afrique en Amérique. On peut croire aussi que les courants, dont le principal marche en sens contraire, l'auraient apportée en Afrique.

Casala flstnla, L. — *) — Très répandue dans l'Inde et en Egypte ; introduite par les Espagnols en Amérique, d'après les détails que donne Sloane [Jam ., Il, p 42).

T Crotalarla lneana, 1«. — (i) — 1° Commune dans l'Amérique intertropicalesur les collines arides (Jacq., Obs., IV, t. 82), du Mexique au Brésil et au Pérou (Bonth., in Hook., bond. Journ., II, p. 588); 2° Afrique tropicale occidentale (id., Fl. Nigr., p. 292. et /. c.) ; 3* Inde orientale, dans le Doab (Benth, in Lond. Journ., II, p. 588, d'après un échantillon de Edgeworth, qui le dit spontané. MM. YVight et Arnott Prodr. FI. pen.) ne l'ont vue dans l'Inde que cultivée. M. Bentham soupçonne la plante d'origine américaine, peut-être parce que les autres espèces de la section sont principalement d'Amérique, ou qu'elle est moins répandue dans l'ancien que dans le nouveau monde. Les légumes sont très velus, ce qui peut déterminer un transport par adhérence, indépendamment dos courants. L'absence de noms sanscrits et indiens fPiddington, Index) et la rareté dans l'Inde, excluent l'hypothèse d'une origine asiatique. Gardner [Journ, ffort. Soc, IV, p. 40) dit l'espèce naturalisée dans l'île de Ceylan.

Crotalarla rr<a»a, L. — fl (f) — 1° Inde, où elle est commune, au moins dans le midi (Roxb., Fl , 2' Mit., p. 272 ; Wall., list, 5405) et dans l'archipel indien (Rumph.); 2° îles Mascarenhes, où elle est bien spontanée, dans les montagncs(Boj., //. Uaur., p. 86^ ; 3° aux Antilles; mais d'après mon herbier, naturalisée à la Dominique, et d'après Macfadyen, naturalisée à la Jamaïque (FI., p. 239). Il est probable d'après cela qu'elle est d'origine étrangère aux Barbades(Maycock, FL, p. 291), à Saint-Thomas (Schlecht., Linn.y 1830, p. 4 77), quoique les auteurs citent la plante sans réflexion. Elle n'a pas de nom sanscrit connu: mais si elle manque au nord do l'Inde, cela ne prouve rien. Le légume est glabre. Je ne vois pas de cause de transport.

Crotalarla verrneoaa, i — (J) — Exactement dans le même cas que le Crotalaria retusa. Originaire dans l'Asie méridionale et l'archipel indien ; originaire, ou du moins spontané aux Iles Mascarenhes : naturalisé à la Jamaïque Macfadyen), dans les cultures; trouvé aussi a Saint-Thomas.

Rhixophora Jlaagle, L. — 5 — Embouchure des fleuves, marais maritimes: I" Océanie orientale aux îles des Amis, de la Société, des Nouvelles-Hébrides, de la Nouvelle-Calédonie (Endl., Fl. Sildueins., dans A nn. Mm. H ïen, I, p. 181): 2" Amérique occidentale aux Galapagos (Hook. f.. Tram. JJnn. Soc, XX, p. 225), et sur la cote jusqu'au 24°38' latitude nord en Californie (Benth., Bot. Sulph., p. 14): 3" Amérique tropicale orientale, du Brésil aux Antilles:

!• Afrique tropique occidentale iHook. f. et Benth., Fl. Nigr., p. 341). On sait que les graines germent dans l'eau salée et peuvent être portées par les courants. Cela explique bien la présence des deux côtés de l'Atlantique, mais sur la côte occidentale d Amérique ! Peut-on supposer que les graines auraient doublé le cap Horn, ou que des oiseaux les auraient transportées au travers de l'isthme de Panama? Je ne puis croire à des faits aussi extraordinaires, car l'espèce aurait du venir du Brésil jusqu'au Pérou, sans pouvoir s'établir dans les régions froides ou tempérées des deux côtes australes de l'Amérique, et quant aux oiseaux, je ne sais ce qui pourrait les tenter dans les fruits coriaces des Rhizophora ; je ne vois pas non plus comment ils les emporteraient. L'hypothèse la moins improbable parait celle-ci : L'espèce serait d'origine américaine : elle aurait traversé l'isthme de Panama, par l'effet de quelque grande inondation, après s être établie assez avant dans les terres sur les rives de fleuves remontés par la marée ou dans des lacs saumatres. De la côte orientale d'Amérique, elle aurait gagné la côte occidentale d'Afrique par les courants, et, semblablement, de la côte occidentale d'Amérique, les courants l'auraient portée dans les lies de la mer Pacifique.

Le Rhizophora raeemoM offre probablement les mêmes circonstances, en particulier, le fait d'exister des deux côtés de l'Amérique; mais sa synonymie n'est pas assez bien constatée (voyez chap. X, article iv). Les Rhizophora des mers indo-africaines sont différents.

A erratum eonyzoldea, L. — t — M. R. Rrown {Congo, p. 64} l'indique parmi les espèces où la nature des péricarpes pourrait faire supposer des transports. D'un autre côté, pourquoi cette Composée, dont I aigrette manque quelquefois, serait-elle plus facile à transporter que deux ou trois mille espèces munies constamment d'une aigrette, qui sont abondantes dans les pays intertropicaux, plusieurs dans les jardins, sur les côtes, etc.? J'ai prouvé (p. 7 02) que les aigrettes ne favorisent pas extrêmement le transport, même avec l'action concomitante de l'homme. Les quatre autres espèces d'Agoratum bien connues, sont d'Amérique et n'ont pas une grande extension. Celle-ci croit souvent dans les cultures, les décombres, etc. Étant plus répandue dans le nouveau monde que dans l'ancien, n'ayant dans Unde que des noms en langues modernes (Roxb., F/.,

édit., v. III, p. 415, Ageratum cordifolium), et passant pour naturalisée à l'Ile Maurice (Bojer, H.Maur.) et à Ceylan (Gardn., Joum. Hor'lic. Soc., IV, p. 40), je suis disposé à la croire d'origine américaine.

Bidrnn plioM, L. — LU — Plante commune dans les terrains cultivés. Elle y devient incommode par la manière dont ses akènes, terminées par des poils en hameçon, s accrochent aux personnes qui passent i Webb, dans Fl. Mgr., p. h 42). Évidemment, elle a du être transportée par adhérence aux hommes et aux marchandises. On la connatt actuellement: l dans les parties tempérées ou chaudes des États-Unis, aux Antilles, a la Guyane (Maycock, Fl. Ùarb.), à la Guyane (Alibi., p. 794); ia en Afrique, aux lies du cap Vert (Webb, t'6.), des Canaries (h. BC.!j,sur la côtedeGuinée [Fl. Mgr., p. 435), à l ue Maurice (DC, Prodr.); 3* à la Nouvelle-Zélande (Forst., Lesaon) et aux lies des Amis (Forst.). Sur 68 espèces du genre, la grande majorité est d'Amérique, et quelques-unes d'Asie. Celle-ci est plus répandue en Amérique, et elle n'a pas encore pénètre dans l'Asie proprement dite.

fcphrnorlea PonKntium DC. (PrOilr., VU, p. 848).— (i) — M.R. BrOWn

[Bot. Congo, p. 58) signalait déjà celte plante comme répanduo entre les tro-

i.ll.\MiKMK>T> l'ANS I, HABITATION l>k-> KSl'KŒS.

piques, en Amérique, Afrique et Asie, lille habile les sables humides, terrains cultivés, oit:. Les graines sont petites ; mais ni la capsule, ni les «raines ne paraissent plus favorables aux transports que celles de la plupart des plantes. L'espèce est seule de son genre et de sa famille. L'habitation est continue dans l'ancien monde, par l'Egypte: mais comment la plante aurait-elle passé do là en Amérique? Je ne l'ai pas v ue indique; aux îles Sandwich, ni dans les lies à l'est de Timor. Dans mon herbier, il n'y a d'échantillons américains que des Antilles, et l'espèce manque à la plupart des Flores du nouveau monde. Je la crois introduite depuis moins d'un siècle en Amérique, car Sloane, Browne, etc., ne paraissent pas en faire mention. J ai un échantillon des Antilles (Le Dru), qui date de 1806. Koxburgh (/•*/., 2'édit., v. I, p. 507)ne donne pas de nom sanscrit; mais la plante manque peut-être au nord de l'Inde.

Scarwola Lobclla , L. — ;> — D après M. do Vrieso (Xetterl. h'ruidk. Arch., II. Deel., I, Stuk., p. 20), qui a récemment examiné de nombreux échantillons, cette espèce comprend le Scaevola Kœnigii, Wahl. elle Scaevola Taccada, DC.,ou Scsevola Plumieri, Burm. et L. C'est une plante des côtes de la mer, en Asie, Australie, Afrique intertropicale et aux Antilles. M. de Vrieso n'en a pas vu de la côte occidentale d'Amérique; mais M. Hooker fils l'indique cependant aux îles Galapages [Trans. Linn. Soc, XX, p. 205). Elle ne peut guère y être venue des iles des Amis, etc., ou elle existe, car les courants marchent en sens contraire. Aucun Scaevola n est propre à l'Amérique. Le Survola Thunbergii est différent, selon M. de Vriese.

Vlnca ro»ca, L. — > — Malgré l'observation vraie de M. Bentham (Fl. Aïgr., p. 4 50), que toutes les autres espèces de Vinca sont de l'ancien monde, je n ai guère de doute sur l'origine américaine de celle-ci. Ses caractères sont un peu exceptionnels dans le genre (A. DC, Prodr.y VII, p. 382), ce qui diminue la valeur de l'argument énoncé. D ailleurs, elle ne peut pas être primitive dans l'Inde, puisque Boxburgh (/•'/., 2r «lit., v. II, p. I] ne l'avait jamais vue spontanée, et qu'en sanscrit elle n'a pas de nom (Piddington, Ind.). On la regarde comme introduite à Ceylan, où elle est devenue abondante autour de Colombo (Moon, Cul., p. 49; Gardn., Journ. of hurlic. Soc., IV, p. 40j. Elle a été positivement introduite à l ile Maurice (Bojer, H. Maur., p. 208), et probablement aussi au Cap ( A.'DC, /. c .), où Thunberg. Uarvey, E. Meyer et Drège, ne l'indiquent pas. Je conviens que le Flora Nigriliana la mentionne sur la côte de Guinée, en un seul point. Au contraire, en Amérique, elle est très répandue, des Antilles, du Mexique (A. DC, /. c), et de Healejo, côte occidentale (Benlh., Bol. Sulph.), à Kio de Janeiro. La graine n'a pas de chevelure ; mais la beauté des 11 ours engage à cultiver cette plante, qui se multiplie et se naturalise aisément. Malgré son nom de Pervenche de Madagascar, qu'elle a reçu dans les jardins, je n'ai pas vu d'échantillon venant de cette île. Elle a été probablement introduite du continent américain aux Antilles, car les anciens auteurs ne l'indiquaient pas.

Ipomœa pen-capra», Br. — % — Au bord de la mer. en Amérique, Afrique, Asie, Australie, d'après les auteurs Br , Conyo. p. 58 ; Choisy, Prodr., IX, p. 349; Hook. f. et Benth., Fl. Xigr.; Hook. f. , Galapagos). J'en possèdes peu près également d Asie, d'Afrique et d Amérique La grosseur et la vitalité des graines, ainsi quo la station maritime, fout présumer des transports par les courants. Dans ce cas. ils dateraient d une époque ancienne, vu la dispersion remarquablement uniformo et générale aujounl hui. Roxburgh '2»édit.,v. L

NATURALISATION A liHANbE MSTANt'K.

p. 485 et 486, Convolvulus pes-capra; et C. bilobHtus) ne donne que dos noms indiens modernes, pas de nom sanscrit : mais l'espèce habite les cotes méridionales de 1 Indo et de l'Archipel plutôt que les régions voisines du pays du sanscrit. Dans l'hypothèse d'un transport par courants, on ne voit pas bien comment l'espèce aurait passé de l'Atlantique au grand Océan, elle qui n'habite pas au Cap de Bonne- Espérance ni en Patagonie Peut-être le courant qui contourne I Afrique, venant de Madagascar, a-t-il été 1 agent de cette diffusion? Alors, l'espèce serait venue de I Afrique orientale ou de l'Asie, puis de l'Afrique occidentale en Amérique, par le courant méridional, de l'est à l'ouest (p. 763). Maintenant, lespèce est aussi commune sur les côtes occidentales que sur les côtes orientales dans les deux Océans.

» I|mmm «uberculato, Rœm et Seh. — % — \ " Inde (Convolv. digitalus, Roxb. et Wall.. Fi. Ind., 11, p. 65; !p. tuberc, Choisy, Prodr., IX, p. 386, et h. DC. 1] ; 2* Amérique méridionale à Monlévideo, au Brésil et à Para (Choisy, /. c). La variété j3, Choisy, de Rio- Janeiro, citée dans le Pmdr., d'après mon herbier, est extrêmement semblablo à l'espèce. J'en ai des échantillons des lies Maurice et Bourbon ; mais d'après une étiquette et d après M. Bojer (Horl. Maur., p. 228), la plante est cultivée, puis « à peine naturalisée » dans ces lies. On la cite aussi aux Iles Sandwich, a\ec doute (Hook. et Are., Bot. Hcechey, p. 90), ou sans doute (Choisy, /. c). Roxburgh en parle comme d'une plante commune dans I Inde, mais sans citer do nom vulgaire, ancien ou moderne. Les Convolvulus et Ipomœa se ressemblent tellement que cela prouve peu de chose. Si l'espèce ne diffère pas de Hpomœa palmata, comme on peut le soupçonner, elle serait aussi pn Afrique.

t Hntntn* pcntopliv lia, Cholay (IpomaM pentaphylla, Jiicq >. — Q) —

M. Brow n [Bot. Congo, p. 58) et M. Choisy (Prw/r., IX, p. 339) le comptent parmi les es [tèces communes à l'Asio, l'Afrique et l'Amérique inlcrtropicales. Mes échantillons de ces trois continents s accordent bien. Le genre est plutôt américain, mais il y a des espèces d'Afrique et d'Asie. Celle-ci a des poils très longs et abondants sur le calice, les pédoncules : mais ils ne sont ni durs ni crochus, en sorte qu'ils n» doivent pas favoriser un transport par adhérence. S'il y a eu transport, ce ne peut être que par les courants, ou avec les graines de jardins, car l'espèce est quelquefois cultivée (Bojer, H. Maur,, p. 226). Klle croit' dans I intérieur des terres, comme sur les côtes. On ne la cite pas comme maritime; mais je serais étonné si elle ne s arrangeait des localités maritimes et de 1 immersion des graines dans l'eau de mer, comme la plupart des Convolvulacées Elle parait également commune partout. Cependant, M. Bojer la donne pour être a peine naturalisée, à la suite des cultures, dans l'Ile Maurice. Roxburgh la dit commune dans l'Indoustan, sans citer de nom vulgaire ancien ou moderne (Convolv. hirsutus, Roxb.). Il y a quelque probabilité d'origine américaine.

a%nla. Andr ) — # — Dans les haies, au bord des forêts et de la mer : \ ■ Asie méridionale et archipel indien . 2° Nouvelle-Hollande (Br., Prodr., p. 486); 3" Afrique tropicale à l'ile Maurice (Boj. .' //. Maur., p. 26), côte de Guinée (Choisy, Prodr., IX, p. 339; Fl. Xiyr., p. 464); 4° Amérique, aux Antilles (Choisy, ib.); près de l'Orénoque (Choisy, d'apr. un échanl. do Humb. et B.), à Realejosur la côte occidentale (Benth., Bot. Sulph ,). — D'après mon herbier, l'espèce serait bien plus commune dans Tandon que dans le nouveau monde, car je n'ai pas u,n.

seul échantillon d'Amérique, et au contraire plusieurs de l'Inde et de Maurice. Dans l'Inde elle a des noms vulgaires modernes et sanscrits (Piddington, Index, sous Convolvulus paniculatus) ; par conséquent elle existo depuis un temps immémorial en Asie On la cultive quelquefois comme plante d ornement. Ses calices et ses fruits ne paraissent favoriser en rien le trans|>ort, mais il est possible que Ie6 graines portées dans l'Océan par les fleuves conservent longtemps leur vitalité. Je soupçonne une naturalisation en Amérique par 1 effet des cultures. Cependant le genre est plutôt américain.

tout entre les tropiques (voy. Alph. DC, Proiir., 1\, p. 556; Hook. f. elBenth., FL .Mgr., p. 171). — La majorité des autres espèces est d'Amérique, mais il y en a aussi d'Afrique et une espèce d'Asie. L'Hel. indicum se trouve souvent dans les terrains cultivés ou près des habitations. D'après cela qp peut soupçonner des transports de graines faits involontairement par l'homme. Les fruits cependant ne présentent ni crochets, ni poils, et seulement deux cornes ou pointes peu aiguës S'il y a eu des transports, ils remontent à une époque ancienne, car l'espèce est très répandue partout, et les auteurs du siècle dernier en ont tous parlé. Elle a un nom sanscrit (Piddington , Index), ce qui prouve une origine de l'ancien monde.

Phywalla annulât* et autres Solanacées? (a).

■yptl» pr< -limita. Poit. — fi.) — 4° Amérique interti opicale ; 2° Guinée, Fa/.okel, Abyssinie, Port-Natal, Madagascar (Benlh., Prodr., XII, p. 4 27); 3* Maderaspatam et lies Mariannes (tf.). — J en ai beaucoup d échantillons, soit d'Amérique, soit d'Afrique, mais non d'Asie. En Afrique il parait presque aussi commun que dans lo nouveau monde, et c'est le seul Uyptis dont on puisse le dire. D après cela je douterais de I importation d'Amérique. Cependant. 4" les deux cent cinquante Hyptis connus existent tous en Amérique, et sept seulement se retrouvent simultanément ailleurs; £* treluî-ci a un calice scabro, jwr lequel il peut adhérer sans peine a des corps étrangers : 3* il vient dans les haies, bords de route, comme sur les collines sèches, etc.; 4* il est comparativement rare en Asie, car Roxburgh et Wallich n'en parlent pas, et l'Hyplis persica, Poit., qui lui est rapporté, n'est de Perse que d'après une plante cultivée au jardin de Halle et reçue de celui de Paris! (Poit., Ann. A/u*., VII, p. 474); 5° il manque à l'Ile Maurice (Bojer, //. Maur.).

Hyptl» brevlpo*. Polt. — ($ — 4° Commun en Amérique entre les tropiques : 2° Ile de Fernando Po sur la côte de Guinée (Benlh., Prodr., XII, p. 407; FL Mgr., p. 489 ; 3° Philippines (ni.). Célèbes (h. DC.!), Java tZoll.t), lie de Bouton, vis-à-vis de Pulo-Penang (h. DC. !). — Ouoique répandu dans l'archipel indien et trouvé aussi en Guinée, M. Bentham soupçonne qu'il a été apporté d'Amérique. 11 se fonde probablement sur I habitation des autres espèces. Celle-ci a les dents du calice assez roules et poilues, mais sans crochets ni épines qui favorisent particulièrement le transport . Les localités où elle existe en Asie et en Afrique sont de celles où il y a le plus de plantes introduites par les jardins, etc. Un Hyptis aussi commun en Amérique, serait commun partout, s'il était également originaire des deux mondes.

(a) Cette famille aurait be-oin d'être étudiée «le nouveau «ous le point de vue de l'origine des espère*. Le temps m'a manqué pour me livrer à ce travail qui serait considérable. Je l'ai fait r.i et là pour plusieurs espèce*. (Voy. la Table alphabétique , à la fin.)

H;* piis spi< iKfrn. Lan — a — M. Bentham (Prodr., XII, p. 87) en a vu

des échantillons : 1° de divers pays intertropicaux de l'Amérique; 2* de Sénégambie, Ethiopie et Madagascar ; elle est aux tles du cap Vert (Webb, Fl. Nigr.) ; 3° de Manille. — Mes échantillons d'Afrique (Madagascar) et du Brésil concordent bien. M. Bentham pense que l'espèce est sortie d'Amérique, probablement parce que toutes les autres s'y trouvent réunies. Les poils et dents du calice sont asseï favorables à un transport par adhérence.

Leucn» martlnieennift. Br. — t — Très répandu dans les régions intertropicales de l'ancien monde (Benth.. dans Prodr., XII, p. 533); existant aussi en Amérique, aux Antilles et au Brésil (Benth , ib.; h. I>C. î). Comme les quarante-sept autres Leucas habitent I ancien monde seulemont, en particulier l'Asie, que celui-ci se trouve fréquemment dans les cultures et près des habitations, et que les dents du calice favorisent un pou son transport par adhérence à des vêtements o»i ballots, je regarde comme très probable une naturalisation en Amérique. Je la crois même peu ancienne, car il me semble (pie l'espèce est encore |>eu répandue sur le continent, ou du moins qu'elle y occupe une aire bien inférieure à celle de l'espèce dans l'ancien monde. Je ne la vois pas indiquée encore sur la cote occidentale de l'Amérique (Becchey* eiSulphuruvoy .; Hook. f., Galapagoê). — Huant à 1 origine primitive, co ne peut être l'Inde, car l'espèce manque à Ceylan (Moon, Cal.), au Bengale (Roxb., W., 2f édlt.), et n'a pas de noms indiens (Piddington, Ind). On l a trouvée dans le pays des Birmans et dans la péninsule indienne (Benth., I. c). Elle est beaucoup plus répandue en Afrique, d 'où il semble qu elle est sortie.

i a -ornai * nepetarfolla, Br. — (J I — Habite les mémos pays que le Leucas martinicensis,daprèsM. Bentham (Prodr., XII, p. 535 ; Fl. .\igr., p. 489), et donne lieu aux mêmes suppositions. Le calice parait encore plus favorable à l'idée d'un transport par adhérence. Sur les onze espèces du genre, la majorité est d'Afrique, un petit nombre d'Asie. Roxburgh n'en avait pas connaissance, et le docteur Wallich l'indique seulement dans une localité (Sillet); mais en Afrique ello est très répandue.

( - hrnnpoiiium nmbro«lold>M. L. — ® — Très répandu en Amérique et probablement importé parles voyageurs en Afrique et dans l'Inde, comme il l'a été dans le midi de l'Europe p. 736). On le trouve maintenant en Algérie (Moq., Prodr., XIII, part, h, p. 70), dans les Iles et sur la côte occidentale d'Afrique jusqu'au Cap (Moq., ib. ; Benth., Fl. Nigr., p. 490). On le dit positivement naturalisé à l'Ile Maurice (Boj.. H. Maur., p. 269). J'ai parlé ailleurs (p. 719) do la rapidité avec laquelle il s'est établi à Sainte-Hélène. En Asie il parait moins répandu qu'ailleurs et il a peu de noms vulgaires Piddington , Index), quoique son odeur doive fixer l'attention. A ce sujet, je remarquerai que X index de Piddington ne contient de nom sanscrit pour aucun Chenopodium, et que dans le. catalogue des plantes de Ceylan, en anglais et cingalais, publié par Moon , le genre n'est pas même mentionné. C'est une présomption bien forte que les Chenopodium, maintenant si répandus, ne sont pas d'origine asiatique. (Voy. p. 752.)

Cyathula pro*«rata, Blâme — Amarantaeée très répandue dans l'Asie méridionale et l'Afrique intertropicale, qui se trouve aussi aux Antilles et au Brésil (Moq. in Prodr., XIII, part h, p. 326; Benth., Fl. Nigr., p. 492). Je ne .doute pas que les hameçons (glochides) qui accompagnent les faisceaux de flours

CHANGEMENTS b.\.\S L'HABITATION DES ESPÈCES.

ne favorisent le transport par adhérence à des vêtements ou des ballots. Toutes les espèces du genre, excepté une, sont de l'ancien monde. Celle-ci est sortie peut-être de l'archipel indien ou de 1 Afriquo tropicale, mais non du continent asiatique, car Koxburgh (/•*/ , 2' édit., v. I, p. 674, sous Achyranthes) n'en a eu connaissance que par un échantillon venu par hasard des Moluques avec des plantes à épices.

Alteraanthera «eimllla, Br. (Moq. ! in /Vodr., XIII, p. il, p. 357, var. a) — i — Amarantacée très répandue dans les sables humides, surtout près de la mer : 4° Dans l'Asie méridionale et même au bord de la mer Caspienne; 2* en Afrique, de l'Egypte à l'île Maurice et au Cap (Moq.. I. c. ; Benth., Fl. Mgr., p. 495, ; 3° aux Antilles et au Brésil (Moq.! (. c). — Je ne la vois pas indiquée sur la cote occidentale d'Amérique (Beechey's voy.; Sulphur's voy.: Hook. f.,Gala« pugos). Elle parait moins répandue dans le nouveau monde que dans lancien, et comme, en outre, elle a un nom sanscrit ( Piddington , Ind,, sous Achyranthes triandra ), cela peut faire soupçonner un transport en Amérique. D'un autre côté, la graine et le fruit ne présentent rien de favorable à un transport par des oiseaux ou par l'homme. Les graines étant petites et dures, on peut croire qu'elles supportent l immereion dans leau salée. Elles pourraient aussi avoir été apportées avec du sable dans des vaisseaux.

M. Moquin (Prodr., XIII, part, u, p. 356) indiquo l'AIternanthera dentlcnlata, Br., comme étant aussi en Asie, Afrique et Amérique. Mon échantillon de Saint-Domingue concorde effectivement avec ceux d'Afrique; mais en étudiant l'espèce, le Prodrome à la main, je ne puis la regarder comme suffisamment distincte de l'Altornantbera sessilis. Le défaut de pubescence de la tige, qui, d'après la phrase, est la seule distinction, ne suffit pas, car l'AIternanthera sessilis est souvent peu pubescent, et 1 Alternanthera denliculata offre quelquefois, vers le haut des mérithalles, une pubescence analogue à celle de l'AIternanthera sessilis. La dispersion géographique, si semblable, me paraît venir à l'appui de 1 "identité.

A murant u» «pinoaa», L. — ® — Mauvaise herbe des terrains cultivés, décombres, etc., en Asie, Afrique et Amérique (Moq., in DC, Prodr., XIII, part, u, p. 260 ; Webb, Fl. Mgr., p. 173; Benth., p. 492). Mes échantillons d'Asie et d'Amérique concordent tout à fait. A l'Ile Maurice, elle n'est que naturalisée (Boj., H. J/uur., p. 266) ; en général, d'après les livres et les herbiers, elle parait moins commune en Afrique que dans les autres parties du monde, et je doute qu elle y soit d origine. Quant à I Inde, je doute également, à cause du petit nombre de noms vulgaires et do I absence de nom sanscrit (Roxb., Fl., 2e édit., v. III, p. 614 ; Fidd., Index). H est vrai qu'elle a reçu en français le nom de Brède de Malabar, et que, dans l archipel indien, où elle est très commune, et à Ceylan (Moon, Cm.,, elle pourrait être plus ancienne qu'au Bengale; enfin, pour l'Amérique, Sloane disait déjà, en 4 707, qu'elle croissait au bord des chemins dans les Antilles (SI., iam., I, p. 4 43, Blitum americanum spinosutn}, et elle est très répandue au Mexique, dans la Louisiane, etc. — Comme plante à petites graines dures, à épines pointues, venant dans les jardins et utilisée quelquefois à la manière d'épinards, elle a de bonnes chances de transport.

Eaxolua vlrldl», Moq. (AmarandM vlrldla, JL. non Wllld.). — ® — Près des habitations : 4° En Europe, Afrique septentrionale, Abyssinie, lies Canaries, etc. ; 2" aux Antilles et au Brésil ; 3» aux lies de la Société (Lay et Collie). La variété t a Java et au Brésil (Moq., Prodr., XIII, part, h, p. 274, et h. DC. !),

Ayant été confondu longtemps avec 1 Amarantus Blitum (a), il est presque impossible de se fier aux auteurs qui en parlent. Peut-être est-il originaire de la région méditerranéenne, où il se trouve communément ?

Kuxola» candatus, Moq. (Chenopodlum couda ta m, Jarq ). — (J) —

M. Moquin (Prodr., XIII, part, u, p. 274) en a vu des échantillons nombreux d'Amérique, Afrique, Asie et Australie. Mon herbier, arrangé parM. Moquin, renferme plusieurs échantillons d'Amérique, quelques-uns d'Afrique, un de Java et un de Bengale (h. Puerari). Ainsi, l'espèce parait plus abondante en Amérique. En effet, je ne vois pas que Roxburgh en ait parlé (FI., i' Mit., v III). Les probabilités sont pour une origine américaine.

T Aehyranihr» fruticom, Lam. — 5 — 1° Sénégambie (h. DC!}; Moq., Prod., XIII, part, n, p. 31 4) ; 2° Guadeloupe (h. DC !, je n'ai pas compris pourquoi M. Moquin a du doute sur cet échantillon). Il y a une var. (3, pubescens, au Mexique; 3° lies Mariannes et Rawak (Gaud. h. DC ! Moq., ib\ Inde (Desf., Hort. Par., mais j'en doute). — Les fruits réfléchis, avec leurs bractées et calices roides et pointus, favorisent un peu les transports par adhérence. — Sur les 47 Achyranthes connus, aucun n'est propre a l'Amérique. Ils sont généralement d'Afrique, ou des lies du grand Océan, ou de l'un de ces pays et en même temps d'Amérique. Voilà des indices de transport dans le nouveau monde.

T %. ii> rnntlu s aapera, L. — $ — 1° En Afrique, au Cap (Moq. , Prodr., XIII, part, n, p. 314), Sénégal, Abyssinie (ib., h. DC.!): 2" Arabie (h. DC,!), une variété qui mérite à peine d'être distinguée et que Webb (FI. .Vi'gr.) a trouvée aux îles du cap Vert, existe communément dans l'Asie méridionale (Moq., /. c, var. p.), où elle a une foule de noms, entre autres un nom sanscrit (Roxb. et Wall., Fl. Imt., Il, p. 496; Pidd., Imlex : 3» aux Antilles (West, h DC'}. Cet échantillon unique du nouveau monde est, je pense, I Achyranthes aspera, mentionnée sans description par West dans sa Flore de Sainte-Croix. — Une var. 5. Moq.. /. c, est indiquée à Saint-Vincent. — Mauvaise herbe (Wall ], qui paraît sortie de l'Inde. Ses fruits sont, comme ceux de l'Achyranthes fruticosa. assez favorables aux transports par adhérence. L'espèce s'est naturalisée à l'île Maurice (Bojer, Hort. Maur.}.

T Achvraathe» argent m. var. o. virgata, Sloq. (Prod., XIII, part, il, p. 316). — /, — D'après des échantillons comparés par M. Moquin, celte variété existe : 1" dans le midi de la région de la Méditerranée, jusqu'en Abyssinie ; 2' à Java; 3° à Porto-Rico. — Mon échantillon de Java concorde bien avec, ceux d'Europe et d'Afrique. Je n'en ai point d'Amérique. — L'Achyranthes argenlea est commun dans le nord de l'Afrique, en Sicile, Sardaigne, Arabie. L'espèce parait originaire de celte région. Ses fruits sont comme ceux des autres Achyranthes.

(a) Amarantus lilitum, L. (i . Mauvais herbe des décombres dans le midi de l'Europe, en Egypte, en Arabie, dans l'Inde Moq. in DC., Prodr., XIII, part, il, p. 263), qui ne retrouve à Cuba (.Moq., ib., d'après un échantillon de l'a von », mais qui appartient plutAt aux régions extratropicales. Les variétés nanus, et <î gr<rcisans, de Moquin, sont aussi dans les deux mondes. La synonymie étant difficile et douteuse, à moins d'échantillons authentiques, je ne puis rechercher l'origine. D'après mon herbier et le texte du Prodromus , la variété a semble infiniment rare en Amérique, relativement à la région méditerranéenne. — Si VA. viridis, Roxb. (F/., 2* édit., vol. III, p. 605) doit lui être rapporté, il serait indigène dans l'Inde, mais, chose singulière, Roxburgh et Piddington ne donnent aucun nom indien vulgaire, même moderne. Serait-ce une espèce originaire de la région méditerranéenne î

CHANGEMENTS DANS l'HâMTATION DES ESPÈCE?.

T Phyllanthaa Nlrnrl. !.. — u — 4° Plante commune il ans l'Asie méridionale, où Rheede. Rumphius, Roxburgh, etc., l'ont décrite depuis longtemps. Elle y porte généralement des noms vulgaires, môme un nom ancien sanscrit (Piddington, Index); 2° elle est indiquée aussi dans quelques Flores américaines, par exemple, à Saint-Thomas (Schlecht , Linnœa, 1831, p. 761), aux Barbades (Maycock, Pl.), sur la côte occidentale entre les tropiques (Ben th., Bol. Sulph., p. 165) ; mais je ne vois cité aucun synonyme de Sloane, Piso et autres auteurs anciens sur l'Amérique; 3" sur la côte do Guinée (Benth., FL Sigr., p. 510). Comme c'est une plante officinale, qui vient dans les terrains cultivés (Roxb., Rumph.). et qui se naturalise facilement (Bojer, H. Maur., I, p. 280). je la crois introduite en Afrique et en Amérique.

T i i «• 1 1 s i ii «- i n <i i <• ; « . Carrtn. — D — Au bord des chemins, dans les prés, les terrains cultivés: ("dans l'Asie méridionale (Roxb., Fl. /nW.,édit. Wall., I,p. 346; Kunth, En., I, p. 272; Hook. et Arn., loy. Beech., p. 249). les Iles de l'archipel indien (Decsne, Timor, etc.), de la Société et Sandwich (Hook. et Arn., Voy. Beech., p. 72, 101); 2* en Afrique Kunth. . i. c), à Maurice (Boj.. H. Maur., p. 370), aux lies du cap Vert, en Guinée [Fl. b'igr., p. 189, 567 1 : 3° en Amérique (Kunth, /. c, et Humb. et B., Xov. gett.). de la Caroline (Michx , Fl., I, p. 164), au Brésil méridional (Nées, Fl. Bran., in-8°, II, p. 439). Point de nom sanscrit (Roxb., Fl. ; Pidd., Index), ce qui semble indiquer une existence moderne dans l'Inde. Je ne lui vois aucune cause spéciale de transport : mais elle multiplie rapidement par ses graines petites et nombreuses. Comme fourrage, elle n'est bonne que jeune; ensuite, les vaches n'en veulent pas (Rumph., Roxb.). Elle est aussi répandue et spontanée dans l'ancien que dans le nouveau monde.

T Daetyloctenlum mnrronatum, Wllld. (D iefi? pilarnm. Illlld. ex kumli ). — l — Entre les tropiques, dans les trois continents (Kunth, En., I, p. 261 ; Benth., FL Xigr., p. 566) Dans les cultures, au bord des chemins, dans les pâturages ; ce qui me fait présumer un transport. Quoique la plante soit commune dans l Inde, et quo les animaux la recherchent, Roxburgh ne mentionne pas de nom sanscrit, mais seulement un nom indou (Eleusine a?gyptiaca, Roxb., Fl., 2* édit., v. I, p. 344). Elle parait commune également en Afrique et en Amérique. Il y a peut-être plus de probabilité pour une origine africaine, à cause des trois autres espèces du genre qui sont de l'ancien monde.

( cnrhruH eehiaatua, L. — J — M. Bentham [FL Xigr., p 564) le dit de l'Inde, l'Afrique et l'Amérique méridionale. Les épines de l involucre sont probablement uno cause de transport. D'après Kunth (En., I, p. 166), l'espèce est beaucoup plus abondante en Amérique. Il ne cite en Asie que l'Ile de Luçon, où il y a bien des plantes introduites. Roxburgh n en parle pas. A l'Ile Maurice, elle est seulement naturalisée (Bojer, //. Maur.). Les antres Cènchrus sont, pour la plupart, d'Amérique, un petit nombre de l'Océanie. Je présume celui-ci d'origine américaine.

2° E*\tèce$ probablement iraniporteei d' Afrique en Amérique, ou vice versa, mais

qui ne sont jmm* en Asie ou en Australie,

Sida «•arplnifoiin, L. f. — Ç — Une des plantes les plus communes au Brésil (Saint-Hil., FL Br., I, p. 184; et aux Antilles, près des habitations, dans

les décombres, etc. Elle est aussi aux lies Canaries (Webb, Phyl. Can., p. 37), où M. Webb soupçonne qu'elle esl introduite, et à l'Ile Maurice, où je la crois aussi étrangère, car on l'indique au bord des chemins (Boj., H. Maur., p. 32). M. de Schlechtendal (Loin., 4820. p. 268), qui a comparé des échantillons des Antilles avec ceux de Maurice, a vu dans 1 herbier de Willdenow, un échantillon de Roxburgh, venant peut-être de l'Inde, ot le Sida planicaulis, C.av , qui lui est rapporté par plusieurs, était de l'Inde. Cependant, Roxburgh (Fi. Jnd., î' édil ), Wight et Arnott (Prodr.), et VVallich (Liai), ne mentionnent aucun de ces noms. Je doute que l'espèce existe en Asie. Quant aux Iles africaines, je regarde l'introduction comme très probable.

T Sida r hoiiihifoiia. L — 3 — Les auteurs s'accordent à le regarder comme des trois parties du monde : mais je ne suis certain que de deux, savoir : 4 » Amérique intertropicale, ou il abonde: 2" Afrique, des lies Canaries (Sida canariensis. Willd., ex Webb, PAj/C Can., sect. i, p. 36), et du cap Vert (Webb, in FI. Nigr., p. 4 08) de la Guinée (Hook., p 230), de l'Ile Maurice I Boj., //. Maur., p. 3ï), jusqu en Abyssinie (Sida riparia, Hochst.. ex Rich., Tent. FI. Aby$s.% p. 65). Quant à l'Asie, je vois que le» auteurs du Flora Xigritiam (p. 230} l'admettent; mais MM. Wight et Arnott [Prodr FI. penim. disent que le Sida rhombifolia de Roxb. et Wall., est le Sida rhomboidea. La patrie du Sida alba, Cav. (non Linné), rapporté à celte espèce, est bien douteuse, car il s agit d'une plante de jardin. Les échantillons de mon herbier sont d'Amérique et d'Afrique. Ils ont les pointes des carpelles dures, roides etscabres, ce qui les fait adhérer facilement. Les espèces analogues sont de l'ancien ou du nouveau monde.

t Ironn auerlcana, !.. (I\ rellculata, Cav ). — 5 — M. R. Brown (Congo, p. 59) I enumère comme espèce d Amérique et d'Afrique, et il a toujours comparé des échantillons (p. 63) Je n'ai pas pu vérifier I identité. L'espèce n'est pas indiquée dans le Flora Sigritiana, ni dans le Tentamen FI. Seneg. Elle est seulement cultivée à l'Ile Maurice (Boj , Mort.). Le caractère du genre est d'avoir les carpelles échinés, ce qui favorise le transport, et l'espèce a effectivement au sommet de la capsule des épines avec poils recourbes Macfadyen, Jam., I, p. 60). Les Urena se trouvent dans les deux mondes. Celui-ci parait plus fréquent aux Antilles qu'en Afrique. A la Jamaïque, il se trouve dans les pAturages de montagnes.

Triamfetta Lapptila, I — .5 — Afrique occidentale et Antilles FI Mgr., p. 143, 234). Il se trouve dans des endroits habités et les poils crochus de la capsule adhèrent aux vêtements commo ceux des Xanthium ou des Galîum Aparine (voy. Macfadyen. FI. Jam., p. .4 1 0), ce qui rend les transports extrêmement probables. Le genre existe en Asie, Afrique et Amérique.

Trtamfefta rhomboidea, Jaeq. — b — Côte do Guinée et Sainl-Tbomas, où elle est certainement identique avec la plante d'Amérique d après MM. Hooker f. et Bentham (FI. Nigr., p. 234). Le genre Triumfelta appartient aux trois continents intertropicaux. — Les fruits de cette espèce sont échinés et les pointes sont de plus munies de dents recourbées, comme dans le Triumfelta Lappula. C'est l'organisation la plus favorable aux transports par adhérence. L'espèce est commune aux Antilles, dans les décombres, les prairies (Sw., R, p. 863). Elle parait fréquente aussi en Guinée, mais M. Bojer [Hort. Maur.) ne 1 indique pas aux Iles Mascarenhes.

, Mmj. — Ç — Rivages, lieux inondés : 4° en

Amérique, aux Antilles, au Mexique, a la Guyane (DC., Pmir.. Il, p. 420): 2* en Guinée et au Sénégal (Br , Congo, p. .i9; Hook f. et Benlh , Fl. Mgr., p. 315). — Sur douze espèce? du genre énumérées par Steudel. j'en vois dix d'Amérique seulement, une du Sénégal, et la présente partagée entre les deux région*. — Les légumes coriaces et recourbés de cette plante paraissent devoir flotter assez bien dans les courants, et , grâce à la vitalité des graines de légumineuses et à la station du celle-ci sur les cotes, lïntroduclion d'Amérique en Afrique parait probable. Les aruumenls botaniques et la direction des courants p. 763) me font croire à l'origine américaine.

EeastaphyllumBrowinei, Para. — T> — 4B Antilles, continent américain, jusqu'au Brésil(DC! Protlr „ II, p. 420: Hook. f et Benlh., Fl. Mgr., p. 34*): 2° Guinée (h DC! Benlh., Fl. Mgr.) et Sénégal (DC! /. c ) — Les onze autres espèces du genre sont d'Amérique. — Mes échantillons des deux régions concordent bien. — Lo légume est plat, monosperme, membraneux. Comme l'espèce croit dans les taillis près de la mer et que les Légumineuses conservent longtemps leur faculté de germer, je regarde un transport par les courants comme probable. Le principal va d Amérique en Afrique (p. 763; , et c'est justement l'Amérique qui est le pays des autres espèces du genre.

Nncana urraa, DC. — 3 — On le connaissait aux Antilles et sur le continent de l'Amérique méridionale : mais, en outre, il parait se trouver en Guinée. MM. Hooker fils et Bentham (F/. Mgr., p. 307; le citent à Fernando Po, à Accra et en Guinée, a en apparence identique avec la planle des Indes occidentales figurée par Plumier. » L assertion, on le voit, n est pas complète, peut-être a cause de 1 état des échantillons D'après Sloane [Jam., I, p. 4 79;, les graines de cette Légumineuse sont portées souvent par les neuves dans la mer, et de là rejetées sur les cotes ou transportées au loin, par exemple sur la côte d'Ecosse. D'après Jacquin (Amer. , p. 203 , on attribue à ces graines, appelées vulgairement yeux de bourriqw, toutes sortes d idées superstitieuses, et en général la plante est officinale. Par ces divers motifs, elle peut avoir été portée en Afrique par les courants ou par I homme.

Seliranckla leptoearpa. DC. — - £ — V Sainl-Domingue (DC, Vrodr), Brésil septentrional et méridional (Benth. in Hook., Journ. of liot , IV, 4844, p. 44 5); 2" Guinée (Benth., Fl. Mgr., p 331). — Les sept aultes espèces sont d'Amérique. Celle-ci n'a pas les aiguillons du légume crochus comme le Schranckia uncinata, mais ils sont étalés, nombreux, et je ne serais pas surpris que par leur moyen des légumes aienl été transportés sur des vêtements ou des ballots. L extension est plus grande en Amérique. On sait que les Légumineuses, en particulier les Mimosées. conservent longtemps la faculté de germer.

Mimosa aapcraia, !.. — — I " Amérique, du Venezuela au Brésil méridional (Benth. in Hook., Journ. of Bot., 1841, v. IV, p. 400»; 2« Afrique tropicale occidenlalo et orientale [id. el /•'/. Mgr., p. 330). Mes échantillons des deux continents s accordent. Les légumes se coupent transversalement ot sont « undiquesetoso-hispidissima. » Les poils n'en sont pas crochus ni en hameçon, mais ils peuvent bien se fixer dans des corps extérieurs. Le genre existe sur les deux continents. — L'espèce a été introduite du continent américain à la Jamaïque, d'après P. Brovvne, et aujourd'hui M. Macfadyen (Fl. Jam., p. 305) déclare ne l'avoir trouvée que dans les jardins de cette 11e. File existe sur la c&e orientale d'Afrique (Fl. Mgr., L ci, et cependant elle n est que cultivée à Mau-

NATURALISATION A (.RANDE DISTANCE

rice (Boj., //. Maur.). L'origine est donc incertaine; mais je soupçonne un transport d'un continent à l'autre par adhérence (a).

Deamodlou incnnum, DC. — $ — Commun aux Antilles, dans les broussailles, les pâturages et au bord des chemins (Macfadyen, Fl. Jam., p. 266); existe aussi dans l'Afrique tropicale occidentale (Benth., Fl. .Yi'gr., p. 303), et peut-être à Maurice(DC, Prodr.. Benlh., /. c). Il y a desDesmodium en Afrique et en Amérique , mais celui-ci a des poils crochus sur son légume : « Mauvaise herbe, désagréable, dit M. Macfadyen, parce que les articles des légumes se rompent et adhèrent aux vêtements. » Le transport est donc très probable.

Dnmodiam lortMMun, DC. — 5 — <° Antilles (Hedysarum triphyllum, etc.; Sloane, Jam., I, p. 484, t. < 16, f. 9; Macfad., Jam., p. 267; DC., Prodr., II, p 333), sur les bords de la Magdalena H. B. et Kunth ; 2° aux Iles du Cap Vert, au Sénégal, en Abyssinie (Webb, Fl. Xigr., p. 122, où il affirme l'identité par comparaison avec des échantillons américains). — Le genre est partagé entre l'Afrique et l'Amérique. — L'espèce actuelle semble aussi répandue sur l'un des continents que sur l'autre. Ses légumes ont des poils crochus qui les font adhérer aux vêlements. D'ailleurs, l'espèce habite assez ordinairement les terrains cultivés (Sloane, Macfad.).

CaMia obtunlfoliu , L. — (T) — D'après les auteurs du Flora Xigritiatia, celte espèce croit en Afrique et en Amériquo, savoir : 1 0 aux Antilles (Vogel, Syn. Cou., p. 24; Sloane, Ja m. , II, p. 47, sous le nom deSrna minor), dans le midi des États-Unis (Torr. et Gray, FL, l, p. 394) et dans l'Amérique méridionale (Vogel, l. c); 2° au Sénégal, dans les sables (Perr. etGuill., Tent. Ft. Seneg., p. 260), auxilesdu Cap Vert (Webb, Fl. Nigr., p. 126), en Guinée (Benth. et Hook. f., Fl. .\igr.,p. 324). Vogel indique le Sénégal avec doute, dans son Synopsis ; mais alors il n'avait pas vu d'échantillons africains. Ceux des Iles du Cap Vert et de Guinée paraissent avoir été comparés avec des échantillons d'Amérique, séparément, par M. Webb et par M. Bentham. L'espèce est spontanée clans les doux mondes ; cependant, je vois qu'en Guinée elle a été trouvée près de$ habitation. Elle est officinale. Les graines de Légumineuses se conservent longtemps.

BldcM leacantha, Wllld.-- (£) — Espèce des décombres, lieux humides cultivés, etc., qui s'accroche et se transporte par les poils en hameçon de ses fruits. Elle est très répandue en Amérique, du Chili aux Antilles, du Brésil au Mexique (DC., Prodr., V, p. 598). Si on la trouve à Madère (Lowe, ib.), aux lies du Cap Vert (Webb, Fl. Nigr., p. * 42), au Cap (Drège ! h. DC), on ne peut guère douter de l'inlroduction dans ces pays. A l'Ile Maurice, où la plante est devenue commune, on 1 appelle herbe à Sornet, du nom d'un intendant auquel on attribue sa naturalisation, sans doute involontaire (Bory, h. DC).

Le Bidem bipinnata, L., originaire d'Amérique, s'est naturalisé en Europe (p. 728). On le trouve aussi en Guinée (Fl. Nigr.); mais son origine étrangère n'est presque pas douteuse, et d'ailleurs il est plutôt extralropical.

(o) Je suis surpris que le Mimosa pudica, dont les légumes s'accrochent si aisément aux habits et qui est cultivé partout comme curiosité, ne se soit pas naturalisé hors d'Amérique. Il n'est indiqué ni dans le Flora Nigritiana, ni dans Wight et Arnolt, Prodr. Fl. pen. Ind., ni dans Bojer (Hort. Maur.), comme plante spontanée. Il s'est cependant introduit à Ceylan (p. 722).

TSchwenkia amerleana, L. — ® — Dans les terrains cultivés, les décombres : I" au nord-est du Brésil ; 2° en Sénégambie et en Guinée (Br. , Congo, p. 59 ; Benth. , in Prodr., X, p. < 94 ; Fl. Mgr., p. 473). Des vingt- trois autres espèces du genre contenues dans le Prodromus, il y en a 22 d'Amérique et 4 de Guinée. Je no possède de l'espèce actuelle que des échantillons américains. Les graines sont petites, ailées, chagrinées (muriculata-tubereulata) ; mais je ne pense pas que ce soit une cause de transport digne d'attention. La station, dans les cultures, est un indice plus suspect, surtout quand les graines sont petites et nombreuses .

? Caprarla blflora, i — ^ h — Commun en Amérique, des Antilles el du Mexique au Brésil (Benth., in Prodr., X, p. 429); se retrouve en Guinée, à Cape coasl (Benth., Fl. Mgr., p. 474). Les trois autres espèces de Capraria sont «l'Amérique. Celle-ci parait bien plus répandue en Amérique qu'en Afrique. Elle croit près des habitations (Jacq., Browne), et l'on en fait usage comme thé. Tout cela me fait soupçonner un transport. D un autre côté, les capsules n'ont rien qui le favorise en apparence ; mais les graines sont petites et nombreuses.

ChrysobalantiM leaeo, L. — 5 — Spontané principalement dans les taillis du boni de la mer : 1» dans l'Amérique interlropicale, des Antilles au Brésil, et sur la côte occidentale (Benth., Bot Sulph) ; 2° dans l'Afrique tropicale occidentale (Br., Congo, p. 61 ; Benth., Fl. Mgr., p. 336). Comme cet arbuste a un fruit mangeable, recherché des nègres (Te ni Fl. Seneg., p. 272) et quelquefois des Européens (Jacq., Atn.), on a supposé qu'il pourrait avoir été transporté par l'homme, et dans ce cas, le plus probable serait un transport d'Afrique en Amérique p;ir les nègres (Br., /. c). D'un autre coté, le noyau, qui ressemble à une petite noix pointue, pourrait avoir flotté dans le courant d'Amérique en Afrique, et comme l'espèce croit au bord de la mer, elle se serait facilement établie à son arrivée. Je regarde un transport de l'une ou l'autre nature comme probable. L'origine est plus difficile à deviner. Les quatre autres espèces du genre sont partagées en 3 d'Amérique et 4 d'Afrique (Sleud., Nom ). Outre l'état ordinaire du Chr\ sobalanus Icaco, il y a des variétés de couleur et do forme du fruit, qui paraissent plus nombreuses en Amérique. Ainsi, les arguments botaniques sont un peu plus en faveur de l'origine américaine. L'Icaco me semble plus répandu aussi dans le nouveau monde, quoique M. Brown le dise très général sur les deux continents. En Amérique, il est aussi commun sur la côte occidentale que sur la côte orientale (Benth., Bot. Sulph.) ; en Afrique, il manque aux IlesMascarenhes (Bojer, //. Maur ), et peut-être aussi à la côte orientale. Au Sénégal, il n'est pas très commun (Tint. Fl. Seneg. ) . Il parait ancien en Amérique, car Marcgrafet Piso [HM.nat. Bras , 1648) l'indiquent déjà au Brésil. Plumier, Browne, Catcsby, l'avaient vu abondant aux Antilles. Enfin, il porte des noms indigènes, soit en Amérique, soit en Afrique ; mais les colons européens lui ont donné en Amérique des noms (Prune coton, Prune des anses, Cocoplum, etc.) qui sont tirés de l'apparence ou de la station, tandis qu'au Sénégal, les Français Font appelé Prune d'Amérique (Perrottet, Tent. Fl. Seneg.). Ainsi, la majeure partie des indices est en faveur do l'origine américaine

f H/ptla atraranea». Polt. — % — •* Commun dans l'Amérique tropicale; 2° à Sierra Leone (Benth., Prodr., XII, p. 4 08 ; Fl. Mgr.). Je n'en possède que du nouveau monde, où il paraît abondant. On le trouve tantôt dans les forêts, tantôt dans les cultures Les dents du calice sont bordées de poils roules

et étalés. Quoique ces poils ne soient pas crochus, ils peuvent favoriser le transport par adhérence. Le fait que les 250 Hyptis connus sont tous en Amérique, et que 7 d'entre eux seulement ont été retrouvés ou en Afrique ou aux Philippines, pay s qui n'en ont aucun en propre, constituent des présomptions bien fortes en faveur d'une origine américaine.

? h 7 peu obcualfolla, Br. [App. lo Sali Abyss. et Bol. Congo, p. 59). Cette espèce n'a jamais été décrite, et M. Bentham n'a rion pu en dire dans le Prodrome (v. XII, p. 1 40) ; mais le fait de l'identité de la môme espèce en Afrique et en Amérique n'a jamais été avancé par M. Brown sans une comparaison exacte des échantillons [Congo, p. 63). Les Hyptis sont généralement à petites graines et assez répandus près des habitations, dans les haies, taillis, cultures. L'origine des 250 espèces connues fait présumer que celle-ci est américaine.

T Chenopodlnm fœtidum, Schrad — (£ — D'après M. Moquin {Prodr., XIII, part, h, p. 76), il croît : 4° au Mexique, 2"à Buénos-Ayres; 3" au Cap ; 4* en Abyssinie. Il est probable qu'on le trouvera ailleurs, entre ces localités si éloignées; mais les espèces do Chcnopodium sont difficiles à distinguer, et on les recherche peu. L'habitation dans les décombres, jardins, etc., et la nature des graines, petites, dures et nombreuses, rendent les transports assez probables. La majorité des espèces voisines est en Amérique.

Telanthera rrate«ccn», Moq. — 5 — La variété o, abondante en Amérique, se trouve aussi à Maurice (Moq., in Prodr., XIII, p. 365, d'après un fragment de Commerson dans mon herbier). Si l'on ne trouve pas cette variété en Afrique, sur la côte occidentale, il sera difficile de croire à un transport, puisque les courants portent d'Amérique sur la côte do Guinée, et non ai lle Maurice. Toutefois, je remarque la présence d autres variétés de l'espèce dans la mer Pacifique Jvar. J, Moq., à Manille et à Guyaquil), ce qui fait présumer quô l'espèce varie facilement, et que les courants l'auraient portée dans plusieurs directions sur les sables, où elle s'établit si aisément.

Teluniht-rn mnrltimn, ffloq., vnr a (Prodr., XIII, part. Il, p. 365). — ¥ — 1° Antilles, Brésil ; 2° (hvare (Moq. dans h. DC !), côte de Guinée (Benlb., Fl. Nigr , p. 495) — Les cinquante-quatre Telanlhera du Prwlrome sont en Amérique, excepté le Telanthera longipes , qui est de la Nouvelle- Hollande. Si donc on en retrouve deux ou trois, celui-ci entre autres, en Afrique ou en Asie, il y a pour eux présomption do transport, d'autant plus que ce sont des plantes du littoral, dont les graines doivent supporter 1 immersion dans l'eau salée et peuvent se trouver accidentellement dans le lest des vaisseaux.

Alteraanthera Achyrantha, Br. — # — Cette plante des sables maritimes a donné lieu à des erreurs bizarres qui se sont propagées même dans les publications les plus récentes. M. Moquin (Prodr., XIII, part, u, p. 358) l'indique dans plusieurs parties de l'A mérique, sous l'un et l'autre tropique et un peu au delà; aux lies Canaries et à Cadix. Tout cela est exact. Mais il ajoute, d'après les auteurs, « in India orienlali * (Roth), « Turcomania » (Linné). Or, 4° Personne n'a vu celte plante dans l'Inde. Roth l'a décrite d'après un échantillon de Heyne, sous le nom de Achyranthes repens; mais le docteur Wallich ayant vu la plante de Heyne, dit qu'elle est probablement l'Achyranlh. prostrata (Cyathula prostrata Blume), ctM. Moquin en fait son Cyathula répons (Prodr., XIII, part. H, p. 330). V Linné a dit dans son Specics, \Tt édit., p. 205, 2' édit., p. 300: ■ Crescit in Turcomania» ; mais il cite Di 11. , Hort. Ellh., I, t. VII, et Dilleniusdit : «Specimina

786 CHANGEMENTS DANS i/HABITATION DES ESPÈCES.

» misit Mylan ex Tucoman'up regionis inetropoli (Ruaios-Ayre*), » ce qui n'a plus rien d'étonnant, car l'espèce est commune à Buenos-Ayres. Sa grande extension en Amérique, comparée à celle de l'ancien monde, et sa station sur le littoral, ne laissent guère de doute d'une introduction par les vaisseaux aux lies Canaries et de là à Cadix. Elle manque aux lies du Cap Vert (Fl. Mgr.) et à Madère (Lemann, liste mss.).

Ireslne vermlcnlarls, 1*1 oq. (lllecchrum veruileulntum , I- ) . — % — Cette amarantacée, très commune sur les sables maritimes des Antilles au Brésil, se retrouve sur la côte du Sénégal et de Guinée (Moq., Prodr., XIII, part. 11, p. 339; Benth., Fl. Mgr., p. 494). — Les vingt-trois autres Iresine, suffisamment connus, sont ou d'Amérique ou de la Nouvelle- Hollande. Celui-ci étant seul en Afrique et moins répandu là qu'en Amérique, pourrait bien y avoir été apporté. Je ne vois rien dans la plante de très favorable à un transport, mais comme elle vit dans les terrains de sables, près de la mer, si une graine est apportée par des courants ou par un vaisseau, elle a bonne chance de réussir. Lo courant marche d'Amérique en Afrique, mais je crois plutôt à un transport par les négriers.

Irealae aggregata, Moq. (DC. Prodr., XIII, part, n, p. 340). — % — Sables et littoral : 1° de Cuba, Cumana et Bahia; 2° de Sénégambie, où elle parait commune d'après mon herbier Même probabilité d'origine que pour riresine vermicularis.

Boerhaavla panlculata, RIch. — % — M. Bentham (Fl. Mgr., p. 495) rapporte à cetto espèce essentiellement américaine (Choisy, Prodr., XIII, part, n, p. 450) des échantillons recueillis en Guinée. On sait combien le genre est dispersé entre les tropiques. En admettant l'identité d'espèce, toujours difficile à constater dans les Boerhaavia, et dont je ne puis m'assurer dans le cas actuel, il faut ajouter que les fruits sont ordinairement velus et glutineux. Le transport n'aurait donc rien d'improbable, d'autant plus que les espèces de ce genre ne craignent pas le littoral.

Commelyna agraria, Kunth. — Il parait aussi commun dans l'Afrique occidentale tropicale qu'en Amérique Benth., Fl. Mgr., p. 541). M. Bentham soupçonne mémo une identité avec le Commolyna communis, qui croit dans l'Inde et en Guinée. Kunth {Enum., IV, p. 36 et 38 distingue les deux espèces et indique le Commelyna agraria en Amérique et le Commelyna communis en Asie. Ce sont des plantes assez communes dans les terrains cultivés. Le Commelyna agraria est une mauvaise herbe, très nuisible, à Cuba (Pœppig, dans Kunth). Je ne connais rien de favorable aux transports dans l'organisation. D'après les stations aux Canaries, M. Wcbb soupçonne une introduction par les vaisseaux.

Remlrea marltlma, Aubl. — Tf — Amérique orientale et Afrique occidentale entre les tropiques, sur le littoral (Kunth, Enum., II, p. 4 39; Benth., Ft. Nigr., p. 552). Plante traçante dans les sables maritimes. La seconde espèce connue est de la Nouvelle-Hollande et peut-être de 1 Inde. Celle-ci manque aux îles Mascarenhes , ce qui me fait pencher pour un transport d'Amérique en Guinée.

I Saorolobaa vtrglalcu*, Kunth (Agrottl* vlrglnlca, L.) — % — Plante des sables du littoral : 4° en Amérique, où elle est très répandue, de la Virginie au Brésil (Nées, Fl. Bras., in-8°, vol. II, p. 400), et au Pérou ^Kunth, Enum., I, p. 2*0) ; 2° à Saint-Thomas du Cap Vert (Bentham, Fl. Mgr., p. 564), au cap

de Bonne-Espérance (Kunth, /. c.) . M. R. Brown {Prodr. et Congo, p. 58) attribuait à cette espèce des échantillons de la Nouvelle- Hollande. M. Nées (Fl. Bras., in-8#, p. 400) en fait une espèce distincte (Wilfa Matrella), mais Kunth (Enum., I. c.) la réunit de nouveau et dit encore que le Sporolobus virginicus croit aux Iles Sandwich. MM. Hooker et Arnott, Beechey's Voy., p. 4 01, la citent effectivement dans cet archipel. MM. E. Meyer et Drège (Zwei Pflanz. geo. Docum., p. 223) admettent au Cap une variété du Wilfa Matrella, Nées, et aussi le Sporolobus virginicus. Je le crois américano-africain, mais douteux quant à l'Asie. Voyez le suivant.

? Stmofaplirum nracrlrnnura, Scbrnnk ( Bottbollla dl midi a ta , Thaab ; Stenot. glabrum, Tria ). — Tf —D'après Kunth(£num., I, p. 138) et Bentham (Fl. Nigr., p. 562), cette espèce existe en Amérique et en Afrique, savoir : 1° en Amérique, dans le midi des Élats-Unis, aux Bermudes, au Brésil; 2° en Afrique, sur la côte de Guinée, à Saint-Thomas, au Cap (Kunth; E. Mey. et Drège, Zwei Pflanz. geo. Doeum.). Espèce des sables maritimes. Les deux autres du même genre sont d'Asie et d'Afrique. L'absence de l'espèce actuelle et du Sporolobus virginicus aux lies Mascarenhes (Bojer, H. Maur.) me ferait pencher pour un transport des deux espèces par l'Atlantique.

Poa cil in h*, l. — (y) — Amérique équinoxiale et Guinée (Hook. et Benth. Nigr. Fl., p. 567). M. Brown (Congo, p. 59) l'indiquait déjà comme africano-américain. M. Bentham, dans la Flore du Niger, l'indique en outre dans l'Inde; mais je n'ai pas pu m'en assurer. Kunth (Enum., I, p. 337) cite le Poa ciliaris Roxb., de l'Inde, mais il soupçonne qu'il est différent. Le Poa ciliaris crott dans les endroits ou stérilesou cultivés (S\v., Obs.). M. Hooker ûls (Trans. Lin». Soc, XX, part, ii, p. 254) indique cette espèce comme une de celles que les oiseaux peuvent transporter. Je ne pense pas qu'ils aillent d'Afrique en Amérique.

3° Espèces inter tropicales , actuellement communes à l'Amérique et à l'Asie ou aux iles du grand Océan, probablement par suite de transports.

Tribal as elstaldea, L. (Kalatramla elataldea, Endl., Ann. Wien Mus, I, p. 184).— y— 1° Antilles (Jacq., Coll., Y, p. 109; //. Schœnb. , I , p. 103 ; Maycock, Fl. Barb., p. 175), Curaçao (Jacq., /. c.) ; 2° Iles Sandwich (Lay et Collie, Meyen dans Endl., /. c; Hook. et Arn., Bot. Beeeh. Voy.t p. 80), Ile Malden, une des plus orientales de la mer Pacifique (Hook. f., Trans. Linn. Soc., XX, p. 253). Les capsules ont des épines qui peuvent les fixer aux vêtements et aux ballots de marchandises.

Tcphroala piaeatarla, Fera. — $ —4° Iles orientales de la mer Pacifique, comme les lies de la Société (Hook. et Arn., Beech. lot/., p. 62), Sandwich (id., p. 81 ; Gaudich. et Meyen, dans Endl., Fl. Sudseeins.), et indiqué autrefois dans les Indes orientales (Ait., H. Kew.), mais probablement par erreur, car il nest pas mentionné dans Wight et Arn. (Prodr. Fl. penins); 2° Amérique occidentale tropicale à Realejo (Benth., Bot. Sulph., p. 80). Il n'est pas indiqué dans les plantes des lies Galapagos que M. Hooker fils a pu réunir (Trans. Linn. Soc., XX, part. n). Espèce du littoral. On sait que les graines de légumineuses conservent longtemps leur vitalité dans l'eau de mer.

Poinrinnn palcherrlma, L. — 5 — Ce bel arbuste est cultivé dans les régions chaudes de l'Asie, de l'Amérique et à l'Ile Maurice, comme ornement et

pour haie, à cause des épines. On le cite commo spontané, depuis longtemps : 4° aux Antilles (Sloane, Jam., Il, p. 49, Sena spuria arborea, etc., Jacq , Amer.% p. 422); 8* en Malabar (Rheed., Mal , VI, t. I). Les auteurs modernes l'indiquent aussi en Colombie (Benth., Bot. Sulph., p. 87), dans le Moxique occidental (Hook. et Arn., Voy. Beechey): en Chine (id.), à Ceylan (Moon, Cal., p. 34), à Java tZoll., Verz., p. 2), mais sans qu'on puisse savoir exactement si les échantillons étaient bien spontanés et si l'espèce était ancienne dans le pays. Je la crois originaire de l'Asie méridionale. En effet : 1° Rheedcdit : « In hortis et cœmeteriis colitur, ca-terum crescit in eremis H frulicetis, > expressions remarquables par leur sens positif et par leur date ancienne 685), tandis que les premiers auteurs américains (Sloane, Browneï ont jeté des doutes sur l'origine. 2° L'espèce a des noms vulgaires nombreux et qui paraissent indigènes à Ceylan, dans le Bengale et le Malabar (Moon, Roxb., Rheede; Piddington, Index). Aux Antilles ce sont des noms européens par leur forme et leur sené (Sloane, Maycock, Fl. Bnrbad.). 3» Sloane raconte que, d'après Ligon, l'espèce aurait été introduite aux Barbades des lies du Cap Vert (où elle n'est pas indiquée par Webb, Fl. Mgr., mais où elle peut avoir été cultivée jadis). Hughes, en 1 750, ne dit rion de l'origine aux Barbades. Browne [Jam., p. 225), après Sloane, soupçonne qu'elle a été apportée a la Jamaïque de quelque autre colonie, quoique de son temps elle y fut spontanée ; Schlechtendal (Ltnn., 4 830, p. 493) dit qu'elle a été d'abord cultivée à Saint-Thomas, où elle s'est naturalisée; Aublet [fîuy., I, p. 186) n en parle que comme d'une plante qu'il avait vue cultivée à l'Ile de France ! Enfin, on ne cite aucun synonyme de Piso ou de Hernandez, les plus vieux auteurs sur l'Amérique, et cependant une pareille espèce n'aurait pas été négligée. Si elle est originaire do Ceylan et de Malabar, il n'est pas étonnant que Roxburgh [Fl. Ind , 2* édit., v. II, p. 255) no l'ait vue que cultivée; il affirme que les pieds élevés de graines des Antilles sont semblables à ceux de l'Inde. Les deux autres espèces du genre sont, l'une d'Asie, l'autre d'Amérique; mais il est possible que le genre entier tombe dans le Cœsalpinia.

Aaeleplas curaasavlea, I,. — Commun en Amérique , indiqué aussi aux Iles de la Société (Lay et Collie, dans End!., Fl. Sudseeinn., etc.) et a Canton (Hook. et Arn., Voy. Beechey, p. 200) ; mais il me paraît évident qu'il s'est échappé des jardins ou qu'il a été apporté dans ces localités. On sait combien cette plante se multiplie aisément Si elle était primitive ou ancienne en Asie, on la verrait presque partout. Roxburgh n'en parle pas dans son Flora Indica, 2* édit. Gardner [Journ. hortie Soe., IV, p. 40) la cite comme naturalisée et d'origine américaine, dans l'Ile de Ceylan. Les 39 autrea espèces d'Asclepias connues sont d'Amérique, ce qui me paraît indiquer assez clairement l'origine.

T Ipomcra P«-» -tlgrldl*, i.. — ® — |« Inde et archipel indien (Choisy, Prodr , IX, p. 363); 2" lie de Saint-Thomas, mais seulement dans les cultures de canne à sucre, et d'après cela probablement introduite (Schlecht., Llnn. 1831, p. 744 : Choisy, /. c).

<h»n»oellt Tnlffari*. Chol.y (lpom<*a Qnamocllt, E.) . — (î) — Cette petito plante, si distincte et si élégante, est spontanée dans l'Asie méridionale et l'Amérique intertropicale. Elle est souvent cultivée, d'où l'on peut présumer qu'elle s'est échappée des jardins Je la crois originaire d'Asie, car elle est fort commune dans l'Inde, où elle porte plusieurs noms vulgaires, en particulier un nom m nêt rit (Roxb., /•'/. Ind , édit. Wall., Il, p. 93; Piddington, Index) ; mais

à Ceylan, il est douteux qu'elle croisse (Moon, Cat.) et elle a un nom étranger (p. 3). En Amérique, elle est abondante et spontanée certainement en plusieurs points, notamment au Mexique Benth., Bot. Sutph.. p. 133), à Para (Choisy, Prodr., IX, p. 336) ; mais je vois qu'à la Jamaïque, dans le siècle dernier, elle n'existait que cultivée (Browne, Jam., p. 155), comme aujourd'hui, à l'Ile Maurice (Bojer, H. }faur.). Introduite dans les jardins européens en 1583, Ca?salpinus en parla le premier p. 154), sous le nom de Geliiminwm rnbrum. Il en ignorait l'origine. On lui donna dans les jardins lo nom de Quamoclil,ei Camerarius, en 1588, la figura sous ce nom [Hort. med.,p. 13o!. Il dit : a Planta nova ex îndia, » ce qui s'entendait alors plutôt de l'Amérique (voy. id., p. 94). Clusius (Cura? post., p. 8), en 1611, donna une bonne planche, et appela l'espèce Quamoclil aut QuamochUl sire Jasminttm americanum. Ainsi, la notion vraie on fausse que l'espèce était américaine, s'est introduite entre 4 588 et la mort de Clusius. L'orthographe nouvelle du nom (Juamocblit semble montrer qu'on croyait le mot mexicain. Je ne sais où de Thcis [filoss., p. 242) a été imaginer que Quamoclit vient de xu»f*o;, haricot, et x).(Ti;, bas, nain. Linné (//. CHff., p 66), dit : « est nomen barbarum. ■ Malgré Y h ajouté par Clusius, on continua d'écriro Quamoclit (Columna, Aq. et terr., t. LXXII, très bonne). L'espèce n'est pas spontanée en Afrique, ni dans les tics de la mer Pacifique.

■jpila eapltata, Jarq. — Commun dans l'Amérique tropicale, a été trouvé aussi à Manille (Benth., Prodr., XII, p. 106). Je ne le possède que d'Amérique. La rareté extrême, partout ailleurs, montre qu'il y a eu uno introduction locale à Manille. Le calice n'est pas épineux. Voyez page 78 4.

MjpO* spleata, Poil. — (£) — Est dans le mémo cas (Benth., f&., p. 121); son calice est scabre, non épineux ; sa présence en Asie dans un seul point, où il y a beaucoup d'espèces introduites, est suspecte. Voyez d'ailleurs pago 784.

Hyptla «aavcolena, Polt — <t) — Commun en Amérique, a été trouvé aussi à Java (Zoll.. 2241 !), aux Moluqucs, aux Philippines et dans l'Inde (Benth., Prodr.. XII, p. 126). Le calice est poilu ; de plus, entre les poils, on voit une matière suintée qui donno probablement la bonne odeur de l'espèce. Il faut remarquer que c'est une plante officinale, cultivée comme substitut de la mélisse. Par conséquent, il est possible qu'elle se soit échappée des jardins de Java, Manille, etc. Voyez page 784, les probabilités d'origine do tous les Hyptis.

Gomphrcna globosa, L. — j; — Spontané maintenant dans quelques points de l'Amérique méridionale et de l'Asie méridionale. Etant, en outre, généralement cultivée : ayant des graines nombreuses, dures, lisses, et qui germent avec une grande facilité dans les sables humides et près des terrains cultivés, il n'est pas probable que cette plante soit originaire de deux continents. Elle a plutôlété transportée par l'homme. En partant de cette hypothèse, l originede l'espèce est un problème assez délicat. Les indices botanique* sont en faveur de I origine américaine. En effet, il y a 78 Gomphrena bien ronnus [Prodr., XIII, part, h, p. 383), dont 75 américains et 3 de la Nouvelle-Hollande. Je regarde le Gomphrena hispida, L , fondé sur une mauvaise planche do Rheede, comme très douteux, ainsi que le Gomphrena cylindrica, Schum., dont M. Moquin n'a pas eu d'échantillons et dont le Flora Mghtiana ne parle pas. Le Gomphrena hispida, de l'Inde, parait tout aussi bien une Verbénarée ou une Composée qu'un Gomphrena. Ainsi, il est peu probable qu'un vrai Gomphrena se trouve ou en Asie, ou en Afrique. Les Indices topogmpkiqtu's (stations, localités' sont douteux.

700 CHANGEMENT!» DA.>S I.'ll.UilTATIUN DL» ESPECES.

Rheode(.4/n/<i{/., X, t. 37), un des premiers autours qui aient parlé de 1 espèce (en 4 689), dit : a Crescit in arenosis, » et il n'ajoute pas mémo qu'elle fut cultivée au Malabar. Roxburgh, cependant, n'a jamais vu la plante dans l'Inde que cultivée [Fl, Ind.y 2< édit., v. II, p. 63). Loureiro (FL Coch., I, p. 24 8) dit également: « Passim culta in Cochinchina et China. » Moon (Cat., p. 21) l'indique comme spontanée à Ceylan. Rumphius, en 4 750, dit : o In Amboina quondam exolira fuit planta, ex Java delata, nunc autem satis mttltiplicata est in hortis. » (Herb. Âmb., V, p. 290, tab. 4 00, f. 2.) Or, à Java, elle est seulement cultivée (Diurne, Bijdr.y p. 548 ; Zoll., herb. et Vers., p. 73) Spanoghc I indique à Timor : « In hortis cultis » (Linnœa, 4 841, p. 346); et Thunberg, au Japon : « Crcscit hinc inde sœpe culta in ollis » [Fl. Jap., p. 1 14). D'autres auteurs citent la plante aux lies de la Société, en Chine, etc.. mais n'affirment pas qu'elle fût spontanée. Elle l'était à la Jamaïque, en 4 789 ; mais autour de la ville de Savannah, et Browne doute de l'origine de l'espèce (Jam., p. 184). Aublet ne dit pas si la plante était spontanée ou cultivée à la Guyane. Mais le fait le plus significatif est l'observation de M. de Marlius lieitr. Amar.t p. 90) : a Quoique l'on regarde cette plante comme de l'Inde orientale, je dois dire que je l'ai trouvée dans les parties intérieures, au fond de la province de Rio-Negro, au bord du Japura. Si elle a été introduite dans cet endroit, ce ne peut être qu'avec la nourriture des poules que les Portugais amènent dans leurs canots. » Ainsi, dans l'intérieur du Brésil (où il y a tant de Gomphrena), et peut-être au Malabar et à Ceylan, l'espèce paraît spontanée. J'ajouterai que la variété blanche y Moq., I. > ) est bien spontanée au Mexique (Moq., /. c, herb. DC.! ). Les arguments historiques sont que les Européens ont reçu la plante de l'Inde, car Breynius (Ont., I, t. 51), en 4 677, l'appelait Amarantho affinis Indiœ orienlalis, de même Commelyn (llorl., I, t. 85), et ils en ont parlé les premiers. On ne cite aucun synonyme des anciens ouvrages sur l'Amériquo, tels que Sloane, Hcrnandez, Piso ; tandis quo Rheode et Rumphius n'ont pas manqué d'en parler; enfin, les arguments tin tjuistiques sont assez confus dans le cas actuel. Roxburgh attribue à la plante un nom sanscrit, Amlana, que Piddington [Index, p. 40) écrit l:mlana. Ceci indiquerait une ancienne culture dans l'Inde; mais quoique l'espèce soit assez remarquable, on pourrait bien 1 avoir confondue avec des Celosia, Achyranthes, ou quelque autre plante à fleur persistante. Je dois dire cependant que les noms sanscrits offrent d'ordinaire une grande précision. Il y a aussi des noms vulgaires dans les langues modernes de l'Inde, de Ceylan, du Japon. Peut-être sont-ils simplement tirés de l'aspect et de la nature de la fleur, comme les noms usités par les Européens, Perpétuas, soit Immortelle aux Philippines (Blanco, Fl.), Immortelle à l'Ile Maurice (Bojer), Bouton de bachelier à la Jamaïque (Browne). En résumé, les indices botaniques et topographiques sont pour l'origine américaine; les indices historiques et linguistiques pour l'origine asiatique. Je penche pour les premiers.

PUonin ncuirnin. i*. — 3 — 4* En Amérique, des Antilles au Brésil (Choisy, in Prodr., XIII, part, n, p. 440); 2° dans l lnde (Roxb., Fl lml , 2* édit., p. 217), où il affirme l'identité; à Timor (Decaisne, Herb. Tïm., p. 45 ; Choisy, /. c), aux Moluques, Philippines (Choisy, ib.). A l'Ile Maurice, il n'est que naturalisé (Bojer,//. Maur.t p. 265), et je ne les vois pas indiqués ailleurs en Afrique. Cet arbuste croit dans les fourrés, sur les côtes. Ses fruits portent des plandes crochues et gluantes, par lesquelles ils s'attachent aux corps étrangers,

NATTKALISATIO.N A GHA.NUL UISTA.NCK.

Les plumes des oiseaux en sonl quelquefois tellement garnies, qu'ils ne peuvent plus voler (Sloane, Jam., II, p. 25). Les épines sont aussi un moyen par lequel des branches peuvent adhérer, et se trouver transportées avec les fruits sur des vaisseaux. Je regarde le transport comme très probable. Ce qui m étonne, c'est de ne pas trouver l'espèce citée en Afrique et sur la côte occidentale d'Amérique. Elle parait plus commune en Asie qu'en Amérique [comparez Roxb., /. c. , avec Svvartz., où l'espèce n'est pas indiquée). Elle a des noms vulgaires dans l lndo, et s'il n'y en a pas en sanscrit, ce n'est pas étonnant, puisque 1 espèce habite les parties méridionales de l'Inde. Les autres Pisonia sont, ou d'Amérique, ou d'Asie, et deux d'entre eux de l'Ile Maurice. La probabilité pour l'espèce actuelle est un peu en faveur de 1 origine asiatique, et d'un transport, déjà ancien, par adhérence à des ballots, etc.

mirabilis Jaiapn !.. — % — 4 ' En Amérique, spontanée au Mexique ,'Hornand., Thes. ann., 4 651, p. 279 ; Borland. ! h. DC), à la Jamaïque (Sloane, I. p. 2 H), aux Barbades (Maycock, F/.), et probablement sur une grande partie du continent de l'Amérique méridionale ; mais je n'en possède pas d échantillons, et la plante étant souvent cultivée, il est difficile de savoir où elle est spontanée. Elle n'est pas indiquée dans Humb. et B., ni dans les plantes du Pérou, do Moyen (Act. nat. cur., XXI), ni aux Galapagos (Hook. f., Trans.Soc. Lhm., XX, part. n). Malgré le nom d«î Merveille du Pérou, donné par les Espagnols, à l'époque de l'introduction de la plante, je doute qu'elle fût originaire de ce pays ; elle semble plutôt du Mexique ; 2* en Asie, dans le Malabar (Rhecde, X, lab. 75, où il ne dit pas si elle est spontanée ou cultivée) , àCeylan, spontanée (Moon, Cat., p. 45), Amboine dans les jardins et ad urearum oras (Rumph.,1. VIII, p. 44), en Cochinchine (Lour., I, p. 4 23), Chine (id.; Yoy. Beechcy), au Japon (Thunb., Kaempf., cité parlui), à Java, inapricia et in /w>rJis(Blume, Bijdr., p. 732), cultivée à Timor (Span., Linnœa, 4 844 , p. 342). Je crains une erreur dans Piddington (Index, p. 57), où se trouvent indiqués un nom sanscrit et divers noms indiens pour le Mirabilis Jalapa, qui n'est pas dans Roxburgh (Fl. lnd., 4" et 2* édit.), ni dans Wall. (List.), ni dansAinslies [Mat. med. M.), Dans le nord de l'Inde, pays du sanscrit, le Mirabilis n'aurait pu se trouver que cultivé, à cause du froid. En résumé, l'espèce est aujourd'hui, et depuis deux siècles au moins, cultivée et spontanée en Amérique et en Asie. Elle est rarement en Afrique ; cependant elle commence à so naturaliser à l'Ile Maurice par l'effet des cultures (Bojer, //. JHaur.). Comme les cinq espèces du genre sont toutes spontanées en Amérique, je soupçonne celle-ci d'être naturalisée en Asie, par suite d'une culture générale et d'une reproduction facile. Gardner le pensait pour l'île de Ceylan (Journ. hor~ tic. Soc., IV, p. 40).

mirabilis dlebotoma, L. — % — Espèce d'Amérique (Choisy, Prodr., XIII, part. ii, p. 428), souvent confondue avec le Mirabilis Jalapa, souvent cultivée avec elle. J'en ai vu des échantillons de Talli et de Pulo-Pinang, deux localités où il y a des jardins. Étaient-ils spontanés?

La nécessité de prouver ou de discuter les faits m'a obligé d'entrer dans beaucoup de détails sur ces espèces communes aux régions intertropicales. Je vais résumer en un tableau le résultat de mes recherches. Les espèces seront classées maintenant selon leur origine probable.

RÉCAPITULATION DES ESPÈCES INTERTItOPICALES NATURALISÉES DB L'ANCIEN DANS LE NOUVEAU MONDE , OU VICE VERSA , AVEC LEUR ORIGINE PROBABLE ET LE MODE PROBABLE DE TRANSPORT (fl).

A. Espèces d'origine probablement américaine. <° Naturalisé en Afrique seulement.

Sida arpinifolia, L. f. — 5 — Avec le lest ou les marchandises. Urena americana, L. — 6 — Par adhérence. Triumfelta rhomboidea, Jacq. — ï — Par adhérence. Drepanocarpus lunatus, Mey. — 5 — Courant de l'Atlantique. Ecastaphyllum Brownei, Pers. — 5 — Courant de l'Atlantique. Mucuna urens, DC. — 5 — Courant de l'Atlantique. Schranckia leptocarpa, DC. — % — Par adhérence. Cassia obtusifolia, L. — © — Suite de culture. Chrysobalanus Icaco, L. — 5 — Courant de l'Atlantique ou semis. Bidens leucantha, Willd. — ® — Par adhérence. Schwenkia americana, L. — ® — Par les cultures. Capraria biflora, L. — y 3. — Culture. Hyptis atrorubens, Poit. — ¥ — Par adhérence. Hyptis obtusifolia, Br. — Transport accidentel par l'homme. Chenopodium fœtidum, Schrad. — ® — Avec des graines potagères. Telanthera maritima , Moq. — Courant de l'Atlantique ou lest des vaisseaux.

Alternanthera Achyrantha, Br. — y — Courant de l'Atlantique ou lest des vaisseaux.

Iresine vermicularis, Moq. — % — Courant de l'Atlantique ou lest des vaisseaux.

Iresine aggregàta, Moq. — y — Courant de l'Atlantique ou lest des

vaisseaux.

Boerhaavia paniculata, Rich. — % — Adhérence. Remirea maritima, Aubl. — ¥ — Courant de l'Atlantique ou lest des vaisseaux.

28 En Asie seulement.

Tribulus cistoides, L. — % — Par adhérence. Tephrosia piscatoria, Pers. — 5 — Courants.

(a) J'indique seulement les espères qu'on a pu croire indigènes, et qui probablement sont d'origine étrangère, non relies qu'on dit échappées des jardins, plus récemment, d'une manière tout»; locale, par exemple à l'Ile Muurire (Bojer, //. rnaur.), à Ccylan (M«»on, Cal.; Gardner, Journ. hort. Soc, IV, p. 40), etc.

Asclepias curassavica, L. — Culture.

Hyptis capitata, Jacq. — > Culture ou transport accidentel par l'homme. Gomphrena globosa, L. — ® — Culture.

Mirabilis Jalapa, L. — y — Culture.

Mirabilis dichotoma, L. — % — Culture.

3° En Afrique et en Asie.

Argemone mexicana, L. — g) — Avec le lest ou les marchandises.

Hibiscus esculentus, L. — ,0 — Culture.

Hibiscus tiliaceus, L. — j — Courants.

Crotalaria incana, L. — (i) — Adhérence ou par les vaisseaux.

Acacia Farnesiana, VVild. —5 —Courants ou culture.

Parkinsonia aculeata, L. — 5 — Culture.

Rhizophora Mangle, L. — 5 — Courants.

Ageratum conyzoides, L. — ® — Mélange avec des graines ou marchandises, lest.

Bidens pilosa, L. — ® — Adhérence.

Vinca rosea, L. — 5 — Culture.

Batatas pentaphylla, Choisy. — ® — Culture ou courants.

Hyptis pectinata, Poit. — ® — Adhérence des fruits.

Hyptis brevipes, Poit. — ® — Lest des vaisseaux, mélange avec des graines ou marchandises.

Hyptis spicigera, Lam. — ® — Adhérence ou mélange avec des graine ou marchandises, etc.

Chenopodium ambrosioides, L. — ® — Culture ou mélange de graines avec des marchandises, etc.

Amarantus spinosus, L. — ® — Adhérence ou transport par mélange avec le lest, etc.

Euxolus caudatus, Moq. — (D — Mélange accidentel avec le lest ou diverses marchandises.

Cenchrus echinatus, L. — ® — Adhérence.

B. Espèce* originaires probablement de l'ancien monde, naluraUêées

en Amérique.

1° Venant originairement d'Afrique, selon tes probabilités. Sida spinosa, L. — S (D — Par adhérence.

Desmodium triHorum, DC. — ¥ — Adhérence, mélange avec les graines potagères, etc.

Jvà CHARGEMENTS DANS L'HABITATION DES ESPÈCES.

Leucas martinicensis, Br. — ? — Adhérence.

Leonotis nepeta?folia, Br. — 0 — Adhérence.

Euxolus viridis, Moq. — ® Mélange avec le lest, les marchandises.

Achyranthes fruticosa, Lam. — 5 — Adhérence ou mélange avec des marchandises, le lest, etc.

Achyranthes argentea, var. virgata. - 3 - Adhérence, ou mélange avec des marchandises, le lest, etc.

Dactyloctenium mucronalum , Willd. - ® - Mélange avec le lest des marchandises, etc.

(Toutes ces espèces se trouvent aussi en Asie.)

2" Venant originairement d'Asie, selon les probabilités. I. Manquant à l'Afrique.

Poinciana pulcherrima, L. — 5 — Culture. Ipomœa pes-tigridis, L. — ® — Culture.

Quamoclit vulgaris, Choisy. — ® — Culture. Pisonia aculeata, L. — 3 — Adhérence.

b. Existant aussi m Afrique.

Cleome pentaphylla, L. — ® — Mélange de graines avec des marchandises ou lest, culture.

Sida cordifolia, L. — l — Adhérence.

Guilandina Bonduc, L. — 5 — Courants.

Abrus precatorius, L. — 5 — Courants ou culture. Clitoria Ternatea, L. — y — Culture.

Crotalaria verrucosa. — ® — Mélange de graines avec le lest ou des marchandises.

Heliophytum indicum, DC. — 0— Mélange de graines avec le lest ou avec des graines potagères, etc.

Alternanthera sessilis, Br. — ® — Mélanges de graines avec le lest, les marchandises.

Achyranthes aspera, L. — 3 — Adhérence. Phyllanthus Niruri, L. — ® — Culture.

3' Originaires ou d'Asie ou d'Afrique, sans qu'on puisse le devitier.

Urena lobata, L. — y — Adhérence.

Sida stipulât.!, Cav. — 5 — Adhérence.

Cassia fislula, L. — Culture.

Crotalaria retusa, L. — 0 ® — Mélange de graines avec le lest, les marchandises.

Sphenoclea Pongatium, DC. — ® — Mélange de graines avec le lest, les graines potagères, etc.

Scœvola Lobelia, L. — 3 — Courants ou mélange avec le lest. Batatas paniculata, Choisy. — y — Courants ou cultures. Ipomœa pes-caprœ, Br. — % — Courants.

Cyathula prostrala, Blum. — % — Adhérence ou lest.

C. Espèces transportées de l'ancien dans le nouveau monde, ou vice

versa, mais d'origine douteuse.

<• Communes à l'Afrique seulement et à l'Amérique, par conséquent originaires

de l'une des deux et non d'Asie.

Sida rhombifolia, L. — 3 — Adhérence.

Triumfetta Lappula, L. — 5 — Adhérence. Mimosa asperata, L. — 5 — Adhérence.

Desmodium incanum, DC. — à — Adhérence. Desmodium tortuosum, DC. — 5 — Adhérence. Chenopodium fœtidum, Schrad. — , - Mélange de graines avec le lest, les marchandises.

Telanthera frutescens, L. — % — Courants ou mélange avec le lest, etc.

Commelyna agraria. — Mélange avec des graines potagères.

Spirolobus virginicus, Kunth. — ? — Courants ou lest, mélange avec des marchandises.

Poa ciliaris, L. — ® — Mélange de graines dans les cultures.

Stenotaphrum americanum, Schranck. — % — Courants ou lest, mélange avec des marchandises.

2' Communes à l'Asie seulement et à l'Amérique. Aucune espèce.

3« Communes à VAsie, l'Afrique et l'Amérique, et non originaires d'Asie.

Zornia diphylla, var. glochidiata, Benth. — m> - Adhérence. Cassia occidentalis, L. — ® — Culture.

4° Communes à l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, sans indice sur l'origine.

Mollugo nudicaulis p. — © - Mélange de graines avec le lest, les graines potagères, etc.

Canavalia obtusifolia. — 5 — Courants.

Ipomœa tubereulala, lloem. et Scli. — % — Culture. Euxolus viridis, Moq. — E — Avec le lest, les graines potagères. Eleusine indica, Gserln. — & — Mélange de graines avec le lest, les graines potagères, etc.

La vue de ce tableau fait naître les réflexions suivantes : 1° L'ancien monde a reçu plus d'espèces du nouveau monde quecelui-ei de l'ancien. On pouvait le deviner, à priori, caries courants les plus actifs et les plus réguliers entre les tropiques marcbent de l'Amérique vers l'Afrique, et de l'Amérique vers les îles du grand Océan. Trois plantes seulement m'ont paru être sorties de l'ancien inonde par l'effet des courants, et elles existent toutes les trois en Afrique. On peut augurer de là qu'elles ont été portées en Amérique parle courant qui, de Benguela, va se répandre en éventail, et, par une marche assez lente, sur le Brésil d'un côté et les Antilles de l'autre. Parmi les espèces originaires d'Amérique, il y en a quatre fois plus qui paraissent avoir été transportées par les courants. Cette cause étant plus active dans un sens que dans l'autre, explique à elle seule pourquoi l'ancien monde s'est enrichi plus que le nouveau par reflet des naturalisations entre les tropiques.

2° Néanmoins le chiiïre des espèces naturalisées, soit dans l'ancien, soit dans le nouveau monde, est une quantité insignifiante eu égard aux Flores d'une richesse si extraordinaire des régions tropicales, et lors môme qu'on augmenterait la liste par de nouvelles découvertes ou eu ajoutant plusieurs des espèces indiquées dans l'article 6 du chapitre X (Espèces disjointes), ce serait toujours une fraction minime de la végétation de chaque continent.

3* Avant l'intervention de l'homme, le mélange des espèces entre l'ancien et le nouveau monde était presque nul dans la région tropicale. En effet, la majorité des espèces naturalisées parait avoir été apportée par l'homme, soit volontairement, soit plutôt involontairement. Il y a tout au plus quinze à vingt espèces qu'on puisse croire apportées par la mer; et dans le nombre quelques-unes peuvent être récentes, tandis que d'autres peuvent, avec autant de probabilité, avoir été apportées par l'homme. Ce résultat indique une séparation entre l'Amérique et l'ancien monde plus ancienne que l'existence môme des espèces actuelles, et fait croire qu'il n'a jamais existé, depuis ces espèces, de grandes îles ou des archipels intermédiaires. Il semble aussi que les courants, il y a quelques milliers d'années, n'étaient pas plus actifs que de nos jours. . A0 Les transports les plus nombreux ont été, comme on poovait s'y

attendre, d'Amérique à la côte d'Afrique. Le grand courant de l'Atlantique et la traite des nègres ont déterminé ce résultat. Les espèces échappées d'Amérique par la cote occidentale s'élèvent au plus à une dizaine, et ordinairement c'est l'homme qui les a portées avec lui et non les courants.

5° L'action de l'homme sur le transport des espèces inlertropicales a été jusqu'à présent involontaire plutôt que volontaire. Elle a eu lieu presque toujours par suite d'accidents qui jetaient de petites prîiines, communes sur le littoral ou près des habitations, dans le lest des vaisseaux, parmi des graines alimentaires ou potagères , ou dans des provisions de diverse nature. Souvent aussi les espèces munies sur leurs fruits ou leurs graines de poils crochus , de dents recourbées ou très pointues, ou de matières visqueuses, ont été transportées par adhérence aux vêtements et aux ballots de marchandises. A voir la rareté des espèces munies de ces moyens d'adhérence dans le règne végétal, et leur abondance parmi les plantes qu'on croit naturalisées, on ne peut douter que ce moyen de transport n'ait été un des plus réels.

6° Les plantes transportées sont tellement de la nature de relies qui se répandent aisément, que la majorité d'entre elles, après avoir gagné le nouveau ou l'ancien monde, s'y sont propagées sur une étendue considérable. Celles d'Amérique se trouvent en majorité à la fois en Afrique et en Asie. Celles de l'ancien monde sont ordinairement asialico-africaines, et elles l'étaient peut-être avant de passer en Amérique.

7° Comme dans les régions tempérées, ce sont les espèces «lu littoral et celles qui répandent beaucoup de graines dans les décombres, les jardins ou les champs cultivés, qui ont été le plus souvent transportées. Viennent ensuite les plantes cultivées comme ornement ou à titre de plantes officinales ou économiques; mais leur proportion n'est pas grande, évidemment à cause du petit nombre des jardins et du faible développement de la civilisation dans ces contrées. Les espèces des forêts et les plantes submergées dans l'eau douce ne présentent jamais d'indices d'une origine étrangère.

8° Quelques familles sont fortement représentées dans la liste. Ce sont les Malvacées, Tiliacées, Légumineuses, Convolvulacées, Labiées, Amarantacées, Nyctaginacées. Les unes ont des graines qui conservent longtemps leur faculté de germer et peuvent flotter dans les courants ( Malvacées, Légumineuses, Convolvulacées); d'autres ont souvent des fruits ou graines munies de pointes, de crochets ou d'enduits visqueux (Tiliacées, Labiées, Nyctaginacées) ; plusieurs, on peut même dire la plupart, sont fortement représentées sur les côtes et dans les terrains légers des plantations.

9° La plupart des espèces sont annuelles ou ligneuses. Les premières

se trouvent surtout dans les terrains cultivés. Les autres abondent dans les broussailles du bord de la mer. On sait du reste que, dans les pays chauds, la plupart des espèces qui durent plus d'un an, et même quelquefois des espèces annuelles, deviennent ligneuses.

ARTICLE VI

EXEMPLES DE NATURALISATIONS MANQUKKS.

.le viens de citer [des exemples certains de naturalisation; j'aurais pu en indiquer un plus grand nombre. Il faut cependant reconnaître que les cas d'une nature opposée sont nombreux aussi, et plus nombreux peut-être.

Quand on pense â la multitude des jardins, par exemple en Europe; quand on compte surtout les jardins botaniques, où l'on cultive, en pleine terre, des milliers d'espèces de tous les pays et de toutes les familles, on est surpris qu'il ne s'échappe pas un plus grand nombre de plantes qui se naturalisent en rase campagne, ou au moins près des villes. Le vent doit disperser les graines; on emporte îles déblais hors des endroits cultivés; on distribue et l'on exporte des graines, souvent mélangées; il faut donc, d'après le peu d'espèces qui se naturalisent, que les obstacles dont j'ai parlé ci-dessus (art. H, § 2) soient bien puissants. Il faut même que, pour une graine introduisant une espèce nouvelle dans un pays, des millions d'autres graines périssent annuellement ou ne laissent qu'un produit chétif qui s'éteint au bout d'une ou deux générations!

Il est curieux de réfléchir au nombre de plantes qui se multiplient spontanément dans les jardins botaniques et y deviennent en quelque sorte de3 mauvaises herbes, sans cependant sortir de l'enceinte de l'établissement. J'ai vu, par exemple, dans le jardin botanique de Genève le Navarretia heterophylla, lient h., plante annuelle de Californie, et le Collomia grandiflora, du même pays, se semer d'elles-mêmes dans les plates-bandes, avec la même constance pendant dix ou quinze ans, sans se répandre en dehors dans le pays.

On a essayé souvent de naturaliser des plantes, et presque toujours on a échoué. Combien n'a-t-on pas répandu de graines à dessein dans le bois de Boulogne et ailleurs près de Paris. Qu'en est-il résulté? Bien peu de chose au dire de tous les botanistes. Le Potentilla pensylvanica est le résultat le mieux constaté.

Près de Génère, autour du village de Bernex, un de mes amis a jeté

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