ESPÈCES LIGNEUSES A UKOSSES GRAINES OU A GKOS NOYAUX
Je ne citerai pas le Pinus Pinea, assez répandu dans les îles de la Méditerranée, parce qu'il peut avoir été semé de main d'homme dans plusieurs localités, comme il l'a été à Madère (Lemann, liste manusc.), à cause du bon goût de ses amandes.
Palmiers.
Plusieurs Palmiers ont de grosses graines; mais les espèces de cette famille étant presque toujours limitées à une petite étendue de pays, même sur chaque continent, il est assez naturel que, dans les Iles éloignées, elles se trouvent souvent propres à ces Iles.
Lorsque deux pays, sans ôlre extrêmement séparés, le sont assez pour que le transport de gros fruits et de grosses graines soitdiflicile à admettre, on voit quelquefois des Palmiers s'y trouver simultanément. Ainsi, d'après YUorlu* àlauritianus de M. Dojer, il y a quelques espèces communesà Bourbon et à Maurice, quoique les courants ne portent pas directement de l'une de ces iles à l'autre, et que la distance soit de trente lieues. Personne ne doute que certaines espèces de Palmiers ne soient communes, par exemple à Ceylan et à la péninsule indienne, à diverses iles de l'archipel malai, à plusieurs Iles de l'archipel des Antilles, et probablement à telle ou telle de ces iles et au continent américain. Néanmoins, d'après les ouvrages actuels, même d'après la splendide Monographie de M. de Martius, les cas de cette dispersion sont peu communs. Je ne les indiquerai pas ici, car, probablement, leur rareté tient à l'absence de bons échantillons dans les collections, et à l'ignorance où l'on est sur la végétation de plusieurs de ces iles. Je remarque cependant que la Flore des Iles du Cap Vert, par M. Schmidt, le Mémoire du docteur Hooker sur les iles Galapagos (Trans. soc. £t//n., v. XX), les petites Flores des îles Sandwich et des iles de la Société dans le Voyage de Becchey (Ilook. et Arn., Voy. Beech.) ne contiennent aucune espèce de Palmiers spontanée, d'où l'on peut croire que l'isolement des terres a empêché les graines d'y parvenir. L'existence fort ancienne, déjà mentionnée par Pline, du Dattier sauvage aux îles Canaries, n'est pas très probante ; car, de toutes les espèces de la famille, c'est peut-être celle que l'homme transporte le plus volontiers, et dont les graines peuvent se trouver le plus souvent dans l'estomac des oiseaux. Si la rareté des Palmiers dans les iles un peu séparées se conlirme, on pourra l'attribuer à l'isolement géographique plutôt qu'à un obstacle venant des climats insulaires en général, attendu que les lies de la Sonde et les îles Mascareinhes semblent pourvues d'une assez notable proportion de ces belles plantes. La difficulté, non de transport, mais de naturalisation, pour les Palmiers à gros fruits, est démontrée par le fait du
Lodoicea Sechellarum, Labill. (Coco dit des Maldives), qui est porté en quantité, depuis des siècles, de l'île PrAlin et de l'Ile Ronde, des Seychelles, aux îles Maldives, sans jamais s'être établi sur ces dernières. D'après cela, les exemples de Palmiers communs à Bourbon, Maurice et Madagascar, à diverses îles Antilles, etc., ont de l'importance comme tenant, ou à des causes antérieures de diffusion et de communications qui n'existent plus, ou à la multiplicité originelle des individus de chaque espèce.
On voit par ce qui précède que les arbres à grosses graines ou à gros noyaux, de familles différentes et de pays différents, offrent quelquefois, malgré leur aire habituellement restreinte, malgré l'impossibilité presque complète de moyens actuels de transports, ou la difficulté de naturalisation après un transport accidentel, offrent, dis-jc, des espèces disjointes, c'està-dire divisées entre des terres isolées les unes des autres. L'hypothèse la plus probable à leur égard est celle de communications antérieures entre les îles, soit par des isthmes, soit par des îles ou continents qui auraient disparu depuis l'existence des espèces. Les îles où nous voyons des Palmiers, des Chênes ou des Conifères communes avec d'autres pays, sont toujours peu éloignées des continents, ou sont de grandes îles. Ce n'est pas être bien hardi de supposer, par exemple, un état différent de l'archipel des îles Mascareinhes, dans lequel les trois îles auraient eu des intermédiaires, des points peut-être de jonction ou de rapprochement. De même pour les îles de l'archipel indien, pour Ceylan et la péninsule indienne, pour les Antilles, pour les îles Kuriles; enfin, pour les îles et péninsules de la mer Méditerranée, et pour les îles Britanniques. Les géologues ont souvent admis la possibilité de jonctions antérieures ou de configurations différentes des terres dans ces parages, et plutôt que d'adopter les hypothèses plus hardies d'individus et même de centres multiples dès l'origine pour chaque espèce, on inclinera, je crois, dans le cas actuel, à la supposition dont je viens de parler. Il n'en sera pas de même pour d'autres catégories de plantes.
Je vais les considérer successivement, et pour chacune, je donnerai d'abord les faits, puis les réflexions.
ARTICLE III
BSPÊCBS AQUATIQUES.
Renonculacées.
Le Rananfoim aqaatiiu, L., est une plante essentiellement aquatique, et en même temps dispersée dans des pays très vastes, quelquefois très séparés les uns des autres par des chaînes de montagnes ou des étendues
KSPÉCES AQI'ATIQUKS. , iH>9
de mer, qui n'admettent guère la supposition d'un transport. Ainsi, on trouve cette plante, avec la plupart de ses variétés, en deçà et au delà des Alpes, aux Canaries (Webb, Phyt., I, p. 6), dans les lies de la mer Méditerranée (Sardaignc, Moris, Fl.; Sicile, Gussone, Syn., etc.), en Europe, en Islande (Hook., Tour, II, p. 327), et dans l'Amérique septentrionale. Sur ce dernier continent, elle est assez isolée, car elle manque aux latitudes les plus boréales, par exemple, au Labrador (Sehlecht.,£inn., 1835, p. 10A). Elle manque aussi aux îles Féroé" (Ch. Martins, Veg. Fer.) et Shetland (Edmonston, Ann. of Bot., VII), c'est-à-dire aux pays par lesquels une communication avec l'Islande et le Canada aurait pu s'opérer le moins difficilement. Il est vrai qu'elle existe en Sibérie et jusque dans l'îlo d'Unalaschka (Ledeb., Fl. Ross., I), et qu'elle existe peut-être dans la partie voisine «le l'Amérique, attendu qu'elle a été trouvée dans l'Orégon (Torr. et Gray, F/.). Elle manque aux îles Açores (Wats., Lond. Journ. of Bot., III et VI) et Madère (Lemann, liste manusc), quoique vivant dans des pays analogues, par exemple, en Algérie et en Abyssinie (Rich., Tent. Fl. Ahyss., I, p. h), où, par parenthèse, elle se trouve bien isolée. Du reste, la variabilité de cette espèce, les divergences d'opinion qui existent sur la manière de la définir, et la circonstance que ses carpelles rugueux, flottants à la surface de l'eau (Vaucher, But. phys. pl. d'Eur., I, p. 36), se prêtent peut-èlre, dans l'opinion de quelques personnes, à des transports par les oiseaux aquatiques, m'engagent à ne pas insister sur les faits qui la concernent.
Nymphéacées.
Les plantes de cette famille sont intéressantes à étudier, parce que leur distinction, comme espèces, est assez claire, et que, dans les pays où elles existent, personne n'a pu les négliger. Leurs graines sont trop grosses et trop lisses pour se prêter à des transports accidentels. Elles mûrissent au fond de l'eau, et ne flottent que pendant la germination, d'après les observations de Vaucher (Mit. physiol. pl. d'Europe, I, p. 114).
Le Nymphéa aih«, i, se trouve en deçà et au delà des Alpes ; en deçà et au delà des Pyrénées, qui sont une chaîne bien plus continue, aboutissant de chaque côté à une mer. Il existe dans les Iles de la mer Méditerranée, comme la Sardaigne (Moris, FL), la Sicile (Guss., Syn.), et en Algérie (Munby, Fl. Alg., p. 52). On le trouve dans les îles Britanniques, jusqu'à l'extrémité de l'Écosse (Wats., Cybele) et aux îles Shetland (Wats., ibid.), quoique Edmondslon n'en parle pas (Ann. of nat. Atff.,YlI) et qu'il manque aux Orcades (Wats., liste msc), aux Féroé (Ch. Martins, Vég. Fer.) et à l'Islande (Hook., Tour, II; Babt Trans. Ed. soc, III, p. 17).
1000 DES ESPÈCES D1SJOIMTES.
L'absence, dans ces divers archipels, est d'autant plus remarquable que l'espèce avance sur le continent jusqu'en Laponie (Pries, Summa; Ledeb., FL Ross.). L'isolement aux îles Shetland el aux Hébrides (Wats., Cyb.) est vraiment singulier, vu l'absence aux Orcades. Probablement, les Nymphéa alba qu'on a cités dans le nord de l'Amérique, sont tous le Nymphéa odorata ; du moins, MM. Torrey et Gray n'ont jamais vu leNymphœa alba dans le domaine de leur Flore.
Le Vmpiu.-a «tciiata, wiid.. croît dans la péninsule indienne, et aussi à l'île Maurice (Bojer, U. Maur., p. 8, qui le distingue bien du Nymphœa madagascariensis).
Le tympbiea pubeweM, viuid. , n'est pas seulement dans diverses parties de l'Inde, aujourd'hui séparées par des montagnes et par la mer, mais aussi à Java (DC, Syst.; ZoH., Verz.) et aux Moluques (Rumph.).
De même le > , mphn » mnpiu, 11c , se trouve non seulement à la Jamaïque, mais aussi à Saint-Domingue, à Vera-Cruz et à la Guyane (DC, Syst., II, p. 5A).
Le Nuphar utt* a, Sm. «croît en Europe de chaque côté des grandes chaînes de montagnes, dans chaque bassin, et dans les îles telles que la Grande- Bretagne, la Sardaigne, la Sicile. Comme il supporte, moins que le Nymphaea alba, les climats septentrionaux et méridionaux du continent européen, son absence dans les archipels au nord de l'Ecosse et en Algérie, est une conséquence du climat. D'un autre côté, sa présence en Amérique, notamment à l'île de Sitcha iNongard, Ledeb., FL Ross., I) et au Canada (Torr. et Gray-, FL, I), est un fait d'isolement, car l'espèce manque à l'Islande, au Labrador, et au nord-est de l'Asie (Ledeb., FL Ross.). D'après Thunberg, il croit dans les îles du Japon (F/., p. 223) ; mais je ne sais si l'assertion de l'auteur a été vérifiée.
Je ne dis rien du Neiambiam*pccio»nn, parce que la beauté de sa fleur, la facilité avec laquelle il se naturalise de la main de l'homme, et surtout sa liaison avec les cultes de l'antiquité, sont des causes auxquelles on peut attribuer sa dispersion dans l'Asie méridionale. Le Nelumbium qui existe à l'embouchure du Volga doit être indigène, mais on peut le regarder, ou comme une espèce distincte (Nel. caspium, Eichw.), ou comme une variété du speciosum iDC; Ledeb., FL Ross.), de sorte que les conséquences géographiques en sont obscures.
Droséracées.
I a id m > an da vr«icuio»a est une espèce peu répandue pour une plante aquatique. Cependant, elle offrf des phénomènes de disjonction, inexplicables par l'étal actuel des choses, si l'on suppose l'origine des espèces
par un seul individu, ou par plusieurs individus et un seul centre. Elle a trois patries, séparées par de grands espaces, par les Alpes et parla nier. — La plus septentrionale est dans les marais de Pinsk, en Lithuanie (Besser, en 1828, dans h. DC! Eichw., dans Ledeb., FL Ross., I, p. 262). L'espèce n'est point indiquée en Galicie (Zawadski, FL), en Hongrie, ni en Allemagne. — La seconde habitation est dans le nord et le centre de l'Italie, du Piémont à Bologne (Bertol., Fl. lt., III, p. 561), aux marais Pontins (Maratti, Fl. Rom., I, p. 239) et au lac de Bientina, près de Pise (Bertol., ibid.). Elle manque au royaume de Naples (Ten., Syll.), à la Sicile (Guss., Syn.), à la côte de Gènes (DeNot., Prosp. Fl. Lig.),à la Corse et à la Sardaigne (Moris, FL). Elle manque aussi à Venise (Moric, F/.;Nacari, F/.), à Côme (Comolli (Prodr.),à Turin (Balbis, Re, Fl. Taur.) ; de sorte qu'en Italie, son habitation est limitée, mais se trouve partagée par l'Apennin, chose assez remarquable. Du côté de la France, l'espèce devient rare. Les localités de Piémont indiquées par Allioni {FL Ped., II, p. 87) sont Caudia et Viverone, situées loin de la frontière des Alpes. — La troisième patrie est en France, vers le delta du Rhône, par exemple à Arles et à Orange, à Montpellier et aux bains de Molighi, dans les Pyrénées-Orientales (Pourret, dans Gren., et Godr., Fl. Fr.y I, p. 193). M. Dunal l'a trouvée dans les étangs après La Canau, dans le Médoc (DC., Fl. /«V^suppl., p. 599 et herb.!) ; mais je vois qu'elle n'est indiquée ni par M. Laterrade, dans sa 4e édition de la Flore Bordelaise, ni par M. Noulet dans sa Flore du bassin sous-Pyrénéen, ni par M. Lagrèze-Fossat dans sa Flore de Tarn-et-Garonne. Ainsi, à l'occident de la région méditerranéenne de la France, elle est d'une rareté extrême. Assurément, entre la Lithuanie, le centre de l'Italie et le sud-est de la France, il y a aujourd'hui des distances et des obstacles tels, que personne ne supposera un transport de graines, surtout quand il s'agit d'une plante inutile et peu apparente, qui n'offre d'intérêt qu'aux botanistes.
Onagrariées.
Je n'insisterai pas sur l'isnardi» paianiri*, plante qui peut supporter d'être hors de l'eau, et qui fleurit et fructifie de préférence dans cette position (Koch, Syn.). Sa dispersion géographique est cependant remarquable. Elle habite : 1° dans l'Europe centrale et méridionale, jusqu'au midi du Caucase (Ledeb., Fl. Ross., II, p. 113), jusqu'en Corse (Soleirol, dans Bertol., Fl. 77. , II, p. 200) ; mais non en Sardaigne (Moris, Fl.), ni en Sicile (Qu&s., Syn.), ni aux Canaries (Webb, Phyt.), ni à Madère (Lemann, liste msc.i, ni aux Açores (Wats., dans, Lond. Journ. Bot., III et M); 2° en Algérie, près de La Galle iDesf., Fl. Atl., p. 142); mais M. Munby
J002 UKS KSPÉCKS DISJOINTES.
ne l'a pas trouvée près d'Alger; '6° au cap de Bonne-Espérance (l)rège et Mey.,Zim Pflanz. geogr. Docum., p. 195); 4° dans toute l'Amérique septentrionale, des Florides à l'Orégon et au Canada (Torr. et Gray, F/., I, p. 525), quoique manquant aux parties boréales de l'Europe et de l'Amérique, aux îles Shetland (Edmonst., Ann. nat. hist.y VII ) et Féroé (Ch. Martins, Veg. Fér.). Mon père regardait l'Isnardia palustris d'Amérique comme une variété ; mais la plupart des auteurs, entre autres MM. Torrey et Gray, qui ont vu la plante plus récemment et vivante, ne font pas cette distinction.
Le Trnpa natani, L. existe dans l'Europe tempérée, la Sibérie et la région caucasienne, souvent des deux côtés de chaînes telles que les Alpes. Il manque aux fies de la mer Méditerranée, du moins à la Sardaigne (Moris, Fl.)y à la Sicile (Guss., Syn.) et la Corse (d'après le silence des Fl. Fratiç.)y mais cela s'explique par la température trop élevée. Il manque aussi aux lies Britanniques, ce qui m'étonne, car on le trouve en Hollande (Miq., Ditq. de pl. Bat.)ci même en Danemark (Fries, Summa veg. Scand.). A moins qu'on ne vienne à le découvrir dans les tourbes et les terrains quaternaires , où ses fruits ont dû se conserver si l'espèce existait autrefois, je le regarderai comme s'étant répandu dans l'Europe occidentale depuis la séparation des îles Britanniques (voy. chap. XXVI, ce genre de considérations).
Ualoragées.
Le Myrlophyiium •picafnm, L., se trouve : i* sur le continent européen jusqu'en Suède (Fries, Summa veg.) et dans l'Asie septentrionale jusqu'au Baikal (Ledeb., Fl. Rosx.y H, p. 118); 2* dans les îles Britanniques, jusqu'aux Orcades (Wals., Cyb.y I, p. 378) et Hébrides (/</.); 3* dans les îles de la mer Méditerranée, comme la Sardaigne (Moris, Fl.), la Corse(de Salis), la Sicile (Guss., Syn.)] 4° en Algérie (Munby, Fl. Alg.)y 5° aux Canaries (Webb, Phyt.y sect. n, p. à); 6° dans l'Amérique septentrionale du Canada à l'Arkansas (Torr. et Gr., Fl,, I, p. 528).
Le *f.TriophjUum verticiiiatum. L., est aussi en Europe et en Amérique; mais je n'insiste pas sur les détails qui le concernent, de même que pour le Hyriophyiium aitcrniiiorum, parce que les déterminations des auteurs de Flores sont quelquefois douteuses. Le Myrloph7iiam aitrrninorum. DC, est le seul indiqué dans l'archipel des Açores, par M. Watson (Lond. Journ. nf Bot., VI, p. 382), localité assurément bien isolée pour une plante d'eau douce. M. Moris l'indique en Sardaigne et M. Gussone en Sicile.
J'ai parlé ailleurs (p. 567) de l'extension géographique du Caïuiriche verna. Il ne faut pas oublier qu'il est répandu, non-seulement sur
de vastes continents, mais aussi dans des îles comme les Açores, les Malouines, la Nouvelle-Zélande, et même Kerguelen , dont l'isolement est complet au milieu des mers les plus vastes.
L HippurU vuigart», L. , s'étend moins au midi (voy. p. 568), de sorte qu'il manque aux îles de la mer Méditerranée ; mais le climat des îles Britanniques lui est favorable, et il existe même aux îles Hébrides, Orcadeset Shetland (Wats., Cyb., I. p. 377), sans avoir été arrêté par la mer qui les sépare depuis une époque géologique récente. Il est au jlétroit de Magellan et à Port-Famine, à l'extrémité australe de l'Amérique (Hook. f., Fl. Anl.f II, p. 272).
Cératophyllées.
Le orniophTiiiim demcm», L., s'étend du continent européen vers l'ouest aux îles Féroé (Ch. Mari., Vég. Fér.), à la Grande-Bretagne, l'Irlande (Mackay, Fl.) et les Açores (Wats., Lond. journ. Bot., M, p. 591); vers le midi, à l'île de Sardaigne (Moris, Fl.), la Sicile (Guss., Syn.) et l'Algérie (I)esf., FL), Peut-être existe-t-il en Amérique ? Mais le Dr Asa Gray parait en douter (Mon. bot. N, St., p. A02).
Lentibulariécs.
L'vtrleaiarla «triiarU i t , dont j'ai iii(lii|ué avec soin l'habitation dans le Prodromui (VHÎ, p. h), se trouve non-seulement dans l'Inde, en Égypte, dans la Sénégambie et au Cap, c'est-à-dire dans des bassins différents, mais aussi dans les îles de Madagascar et Maurice.
L'utrlcularla vuiearli», L., qui occupe toute une 2one de l'hémisphère boréal, se trouve dans quelques îles intermédiaires, entre les continents où elle croît, par exemple, en Sicile (Guss., Syn.), dans la Grande-Bretagne et l'Irlande.
Les i tri. ii i arh. >■■ in <>r et l in terme din, s'étendent du continent jusque dans les îles Britanniques.
Ces trois dernières espèces ont un mode de reproduction qui exclut l'hypothèse de transports par des oiseaux. Les graines sont ordinairement stériles; mais il y a de gros bourgeons reproducteurs qui descendent au fond de l'eau pendant l'hiver.
Gentianacées.
Vcat.), s'étend en Europe des deux côtés des Alpes et des Pyrénées, et dans le midi de l'Angleterre. Il est aussi dans l'Asie Mineure (h. DC!)
Le Ltmnanlhemnm rrialalum, iirlucb. (Prodr., IX, p. 139) est
dans l'Inde, à Madagascar (Bojer! h. DC.) et à l'île Maurice (Griseh.).
1004 DBS ESPÈCES DISJOINTES.
bique (Griseb., I. r.). Du reste, d'après quelques localités indiquées dans mon herbier, les Limnanlhemum peuvent vivre dans une eau à demi salée, ce qui fait entrevoir la possibilité de transports par mer. Je n'insiste pasâ cause de cela sur leurs habitations insulaires , quelque peu vraisemblable que soit une naturalisation par les courants.
Lemnacérs.
Le Lrninn mlnor i l l(> I rmnn (rliulcu dont j'ai (loi II H* ( i-deSSUS
(p. 578) la distribution géographique, se trouvent dans plusieurs îles et pays, où maintenant aucun moyen de transport naturel ne pourrait les introduire. Je ne parle pas seulement d'Iles voisines des continents; mais, par exemple, des Canaries, de Madère, des Açores,de la Nouvelle-Hollande, de Van Diémen, des plateaux de la Nouvelle-Grenade, etc.
Le Telma«o»phaee glbba, Seheld. jl min» glbba, L.), présente le
même phénomène. Il ne croît pas seulement sur les continents de l'Europe, l'Asie, l'Afrique septentrionale et l'Amérique septentrionale, mais aussi dans les îles Canaries (Webb, Phyt., sect. m, p. 297) et les îles Philippines (Blanco, Fl., p. 672).
Le spiro<ii-in p<>i> rhi/u Schieid. (LcniiMi poiyrhiza. L.), est à Madère (Lemann, liste msc).
Araces.
Après examen attentif, sir W.-J. Hooker (Bot. Mag.f t. 4564) ne peut découvrir aucune différence entre les puiia stratiote», reçus des régions intertropicales d'Asie, d'Afrique et d'Amérique. D'autres, il est vrai, entendant l'espèce d'une manière différente, ont une opinion opposée (Klotzsch, Bot. Zeit. 1854, p. 516).
Hydrocharidérs.
La * •iiunrria apiraiis, L. , se trouve dans les eaux du midi de la France, et de l'autre côté des Alpes en Italie. De ce point jusqu'à la mer Noire, je ne la vois plus indiquée, mais elle se retrouve dans le Volga (Lcdeb., I L Ross., IV, p. 46), dont les eaux tombent dans une mer fermée. Dans ce cas, on ne peut pas supposer un transport des tiges par des vaisseaux, et comme la graine mûrit au fond de l'eau, d'autres moyens de transportsont également impossibles. Gardner (Hook., Journ., 1845, p. 398) prétend qu'elle existe dans la péninsule indienne, ce qui demande confirmation.
N aïeul érs.
Le xniaN nmjor. au , se trouve aux îles Sandwich (Kunth, En.f III, p. 115), comme sur notre continent.
Le nmîmm tndiea, cham , est dans l'Inde et à l'île Maurice (Bory, dans Kunth, Enum., III, p. 11 A).
Le ZannicheUJa pniu.trU, l. (p. 578), est en Europe et en Asie, de côté et d'autre des grandes chaînes de montagnes; en Egypte (Kunth, En.y III, p. 123), en Algérie (Munby, Fl. Alg.), en Sicile (Guss., Syn.) etdans les îles Britanniques, au midi. Il est aussi dans l'Amérique septentrionale delà Nouvelle-Angleterre à l'Orégon (As. Gray, Bot. N. St., p. 452; Hook., Fl. bor. Am.% II, p. 170). Comme il manque aux régions arctiques et aux îles Féroé, Shetland, Orcades, les habitations de l'ancien et du nouveau monde sont bien séparées. L'espèce se retrouve à la Nouvelle- Zélande.
La plupart des Potamogeton sont répandus dans les eaux douces de Thémisphère boréal, même des deux hémisphères, sans que les distance*, les mers, les déserts actuels aient fait obstacle. J'en ai parlé plus haut (p. 579). Je rappelle seulement que le p. natan« d'Europe et d'Amérique est au Cap, à la Nouvelle-Hollande et à la Nouvelle-Zélande; que les P. perfuiiata* et criapus d'Europe sont aussi à la Nouvelle-Hollande. Le p. pusiiius l., est dans les régions intertropicales les plus séparées les unes des autres, en Guinée (Fl. Nigr.)y au Chili (Gay, Fl.)y aux îles Canaries (Kunth, En.). L'île de Madère compte les p. nntnn* flotta»* et compressa* (Lemann, liste msc.), toutes trois d'Europe et d'autres pays. Les îles Açores en comptent deux P. nataoaet loeen» (Wats., dans Lond. Journ. of Bot., III et VI), également connus ailleurs. Les îles Mariannes, Sandwich, Mascareinhes, et bien d'autres, plus ou moins éloignées des continents, présentent des espèces connues ailleurs (Voy. Kunth, Enum.y III, p. 427; Bojer, H. Maurit.).