ÉLOIGNÉES
ArabU aiMua, Met. - — % — Elle est certainement : \* Dans la Crimée, le
Caucase et les monts Talush (Ledeb., Fl. Ru$$., I, p. 117); 2° en Sicile (Guss., Syn., Il, p. 1711 ; 3°à Madère (Lemann, liste msc. , Webb, Can. Phyt.% sect. i, p. 62). 4» aux Canaries, entre 7,000 et 9,000 piods d'élévation (Webb, /. c). M. Boissior n'a trouvé quo lArabis alpina dans les montagnes du midi de l'Espagne (toy. bot. Etp., 11, p. 25), et M. Moris n'a trouvé ni 1 une ni 1 autre en Sardaigne, qtoique l Arabis albida soit partout en Sicile, d'après M. Gu**one. Les localités de Madère et des Canaries sont donc fort isolées. Toutefois, si le Turrilis vema. Desf., est la même espèce, comme le dit M. Boissier, d'après un échantillon authentique, ta plante serait aussi dans l'Atlas. Los opinions sont partagées sur des échantillons de Grèce, du Liban et do l'Asie Mineure, que MM. Webb et Boissier rapportent à cette espèce, et non DC , Griaebach, otc. ; enfin, A. Richard [Tent. Fl.Abyst., I, p. 16) dit que l'Arabis albida est en Abyssinie, à 10,000 pieds, et il affirme son identité avec la fig. 71 de Jacquin f., Ecloge, qui est bien l'albida.
I/lrnbU alpina, L., plante cireompolaire, se trouve aussi sur les sommités méridionales de l' Europe, en Espagne (Boiss.) et en Corse (Grenier et Godron, Fl. Fr).
fcilenc alpe»trl«, Jae«j. — On connaît un soul échantillon recueilli en • Ecosse, sur une montagne à l'est de Clova (Babington, A/un., 2e édit., p. 45). Il s'y trouvait bien isolé, car l'espèce n'existe ni dans les lies au nord delà Grande- Bretagne, ni dans la péninsule Scandinave, ni dans l'ouest du continent européen, et seulement en Autriche et dans le Tyrol (Koch, Syn., 2' édit , p. H 5).
Ptarnaica alpina, IK'. — % — t<> Sibérie arctique, orientale et altaîque (Ledeb., Fl, Ross., Il, p. 528 ; 1>C., Prodr., VI, p. 22; Koch, Syn., 2e édit., p. 408); 2° Alpes centrales, au Saint- Gothard, au-dessus de Aïrolo, seule localité connue (DC, /. c. ; Koch. I. c. ; Moritzi, Fl. der Sclno.).
A «tarin heterophylla, Ullln — J — M. Gaudichaud (Voy. Freye., part, bot , p. 31, 97 et 104) insiste sur l'identité d espèce de cette plante : r aux lies Maurice et Bourbon ; i" aux lies Sandwich, sur les hauteurs. M. Bentham (But.
PLANTKS DK MONTAGNES.
Betchey'n Yoy., p. 81) la mentionne aux lies Sandwich ot ne contredit pas l'assertion. La distance est do 3,000 lieues, d après M. Gaudichjud. Je ne vois pas l'espèce indiquée à la Nouvelle- Hollande, malgré l'analogie avec plusieurs acacias de ce pays.
■eliehr/auna frlgldnin, Ylllld — ¥ — Sommités : 4* du Liban; î" de l'Ile de Corse, d'après DC., Prodr., VI, p. 177. Il manque à la Sardaigne(Moris, Fl.) et à la Sicile (Guss., Syn ) . On no le connaît pas en Grèce.
Piddinftanln m.m.m.lurh. Alph B€. (Prodr. , VU, p. II, p. 341). — %
— Népaul et Java.
< i.-iiirii iiiiiioiia. s« — .,— D'après M Dunal [Prodr., VII, p. 589), qui a vu des échantillons, il croit dans les montagnes de la Jamaïque, et au Brésil, près do Rio-de-Janoiro.
Phyllodoee la vifolln, fcnlla». (Mensleala eoerulen, L.). — 3 — C'oPt une cboso remarquable do voir cette plante très répandue autour du pôle arctique, de la Laponieau Kamtschalka (Ledeb. , Fl. Ross , II, p. 916), se trouver aussi au Groenland, au Labrador et aux White mountains du New-Hamsphire (Ben th., Prodr., VII, p. 713). et. en outre, dans deux points 1res éloignés des précédents, savoir : 4" une localité en Écosso, dans le comté do Perlh, où elle est très limitée, à tel point qu'un jardinier d' Edimbourg l a presque détruite (Bab , Mon., 2,édit., p. 207) ; 2° aux Pyrénées près de Bagneres do Luchon (Munby, dans DC, Prodr., I c, conlirmé pour l'identité spécifique dans Ann. se. nat., 2'sér., VII, p. 381). Elle manque aux Iles Féroé (Marlins, V4g, Fèr.), Shetland (Edinonst ), aux Alpes et au Caucase, quoiqu'elle existe dans I Altaï.
Moraine dépendent», Mpr. — $ — i" Montagnes du Pérou ; 2* Si lia do Caracas (Alph. DC, Prodr., VIII, p 1 02). Si l'espèce se découvre dans los montagnes de la Nouvelle- Grenade, elle devra cesser do figurer dans la liste; mais jusqu'à présent, elle n'est connue quo dans ces doux points, éloignés de 4 à 500 lieues.
CSenlInna proatrnta, Harnke (non Wnhlenb). — T> — Son habitation ont des plus remarquables, Elle a été constatée par le monographe des Gentianacéos, M. Grisobach (Prodr., IX, p. 4 06), et par le docteur tiooker (Fi. antnret , I, p. 56; II, p. 328). Elle est éparse comme suit: V Sommets des A'pes, Autriche (Koch.Syn., 2« édit . p. 564 ; Griseb., /. c); 2° montagnes do la Somchétie, vers le Caucase (C Koch, Linnœa, XVII, p. 281 ; Ledeb., FI. Ross., III, p. 62); 3" Altaï et Sibérie orientale (Ledeb., I. c), Unalaschka {id ), Amérique rus*o(Cham. ! h. DC; Griseb., /. c )et sommets des montagnes Rocheuses (Hook., Fl. bor. Am., II, p. 60), de 4 5,000 à 16,000 p. d'élévation, sous le 52* degré latitude nord [Hook. f., Fl. ont., 1. p. 56); i" Andes méridionales, sous le 35* degré latitude sud, du côté oriental Hook. f . /. c), et au bord do la mer, au cap Negro du Chili méridional et au détroit do Magellan (Hook. f., I. c. ; Griseb » f. c). Elle manque à l'Amérique orientale et à l'Europe occidentale, quoique I'extonaum, d ailleurs, soit très considérable.
iienilana pyrennlrn, 17 — % — M. Grisebach, en 4 845 (Prodr., IX, p. 4 05) ne connaissait que trois habitations: 4° les Pyrénées, au-dessus de 4800 pieds: 2° le mont Bcrzsowa, en Hongrie ; 3» le Caucase oriental. M. Boisaier no l'indique pas dans les montagnes du midi de l'Espagne (Voy. bot. Fsp.). M. Ledebour [fl. Ross., III p. 64 ), en 4 847, ne l'indiquait pas hors des provinces caucasienue* df la Russiu. Il est remarquable quo cette Gentiane manque à toute
DKS KSPKCES DISJOINTES.
la chaîne des Alpes et aux montagnes de Grèce et d'Italie, tandis qu'elle existe aux Pyrénées et en Hongrie
«enflait* moniana Forât. — (î) — Comme les plantes de montagnes ont peu de chances d'être transportées par mer, je note que celle-ci habite : t° les sommités de Van Diémen ; 2" de la Nouvelle-Zélande ; 3° (les variétés (3 et y) les montagnes de la Nouvelle-Galles du sud (voy. Griseb., dans DC., Prodr., IX, p. 99).
Pcdlenlarls nsplenlfolla, Floerlte. — % — I* Alpes autrichiennes; 2* Himalaya (voy. Benth., Prodr., X, p. 5791 L'identité d'espèces entre ces deux chaînes est extrêmement rare, quoique les genres soient souvent les mêmes. Elle est d'autant plus remarquable dans le cas actuel que l'espèce manque à I'Asio Mineure, au Liban, au Caucase et à la Sibérie, d'après les collections d'Aucher et le 3* volume du Flora Rossica, de Ledebour.
Pleuroffjnc rarlnthlara, Grl»eb. — D'après M. Grisebach (Prodr.. IX, p. 122), elle existo : 1° dans l'Altaï; 2° dans la Carnioleet la Carinthie ; 3* dans la vallée deSaas, en Valais.
L'article suivant contient quelques exemples qu'on aurait pu classer ici (voy. p. 1021).
Il y a peu de conclusions à tirer des faits de cet article, parce qu'ils ne sont pas nombreux et qu'ils concernent des pays très différents. Si on les groupe, dans son esprit, avec ceux de nos plantes arctiques communes avec les Alpes, les Pyrénées, le Caucase, etc., on reconnaît que les phénomènes de disjonction sont assez fréquents parmi les espèces de montagnes. Ils le sont bien plus si l'on remarque l'existence de plantes alpines sur des sommités moins éloignées que celles prises pour exemples, mais encore assez distantes pour que des transports de graines soient difficiles à admettre. On arrive ainsi à croire que la présence des espèces sur telle ou telle montagne est ordinairement un fait antérieur à l'état actuel de globe, un fait géologique, en même temps que botanique.
Cette opinion m'est suggérée par de longues recherches dans les livres et les herbiers. Elle m'a semblé aussi la plus probable dans des circonstances bien différentes, lorsque, parvenu au sommet d'une de nos montagnes, je réfléchissais aux lois de la nature, sous l'impression du silence majestueux de ces hautes régions. Les touffes de Graminées, de Saxifrages, de Silène acaulis, qui recouvrent ces sommités, existent là depuis des siècles, car elles sont vivaces, robustes et ramifiées. D'où sont venues leurs graines? Quelques rares oiseaux, des coups de vent, auraient-ils pu les transporter d'une immense distance sur ces hauteurs si longtemps couvertes île neige, où les plantes fructifient rarement, et où l'atmosphère, par l'effet de sa légèreté, ne dépose pas môme les particules impalpables de poussière dont elle est chargée dans les plaines? Je l'avoue, en considérant ce gazon