‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 78 sur 146 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

CHANGEMENTS QU SOPÈRENT DANS L'HABITATION DES FAMILLES j ORIGINE ET DURÉE DE CES GROUPES.

Les naturalisations d'espèces ont quelquefois pour effet d'étendre l'habitation d'une famille, mais nous avons prouvé combien les naturalisations étaient rares avant que l'homme intervint. 11 faut donc remonter par l'imagination à des époques géologiques antérieures, pour comprendre pourquoi certaines familles sont limitées à certains continents. Leur distribution actuelle, qui n'a guère changé depuis plusieurs milliers d'années, tient à des causes impossibles à vérifier ou qu'on entrevoit seulement, savoir leur mode de formation première, la séparation ou la réunion des continents à diverses époques, et les climats successifs de ces continents.

Je rappellerai enfin, pour terminer, que dans les phénomènes de la vie végétale rien ne peut faire comprendre la création et la durée d'une forme nouvelle, héréditaire, assez distincte pour constituer une famille.

Ainsi les hypothèses, forcées à mon avis, qui expliquent selon quelques naturalistes la formation des espèces par des modifications successives d'anciennes espèces, ne peuvent s'appliquer ici en aucune manière.

Je ne puis m'empècher d'ajouter que si à l'époque actuelle, certaines causes, l'action de l'homme principalement, contribuent à étendre l'habitation des familles, il y a bien peu de chances pour qu'une famille diminue et disparaisse. L'habitation de la plupart de ces groupes est si vaste, le nombre de leurs genres et espèces est tellement considérable, qu'il faut supposer ou des révolutions géologiques d'une étendue prodigieuse, ou une succession de grandes révolutions pendant une série de siècles très étendue, pour croire à une disparition totale. Les géologues ne sauraient trop se pénétrer de celte idée. Quand ils ne retrouvent pas dans les couches terrestres des vestiges de certaines familles de plantes qui ont existé, ils n'ont guère que deux hypothèses à considérer : ou de croire que les fossiles végétaux sont bien mal connus et représentent bien incomplètement les formes de chaque époque; ou d'augmenter de plus en plus la durée du temps supposé, ce qui, déjà, est une tendance habituelle dans leur science.

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