‹ Géographie botanique raisonnée; ou, Exposition des faits principaux et des lois concernant la distribution géographique des plantes de l'epoque actuelle;Chapitre 83 sur 146 · VALEUR RELATIVE DKS CARACTERE* DE VÉGÉTATION · texte numérisé non relu

VALEUR RELATIVE DKS CARACTERE* DE VÉGÉTATION

6° Analogies avec d'autres flores.

Ce sont des faits ù constater que les ressemblances et les dissemblances entre la végétation dont on s'occupe et celle de pays analogues par le climat ou de pays adjacents, quelquefois même de pays éloignés. Il peut y avoir similitude d'espèces , de genres et de familles. Les rapports et les différences peuvent exister dans tous les caractères. Naturellement on doit chercher à insister sur les principaux, et dans ce but nous devons lixer nos idées sur la valeur relative des caractères de végétation.

ARTICLE II

r. Certains botanistes -géographes paraissent mettre en première ligne les relevés numériques, probablement à cause de la forme précise de cette nature de documents. Je ne saurais partager leur opinion, et cela justement parce que les méthodes exactes me plaisent et que l'exactitude ne consiste pas à préférer toujours les chiffres aux paroles, mais à donner à chaque chose et à chaque point de vue son importance véritable.

Quand il s'agit de comprendre et de dépeindre l'ensemble de la végétation d'un pays, je m'attacherai d'abord aux caractères qui frappent tout le monde et qui forment les grands traits du tableau. Ces caractères peuvent s'exprimer quelquefois par des chiffres : alors on fait très bien d'en profiter ; mais ce n'est pas toujours le cas. Les formes ordinaires du langage , si elles expriment des circonstances très importantes, me paraissent préférables à des caractères numériques de second ou de troisième ordre.

La division générale du sol en marais, prairies, forêts, terrains salés, terrains cultivés, etc., me semble la chose qui, d'entrée, donne l'aperçu le plus juste de la végétation d'un pays. Ce n'est pas seulement un caractère physique , c'est aussi pour les forêts et les prairies un caractère botanique, et des plus importants. Si le degré de civilisation du pays permet de connaître exactement la proportion de ces grandes stations , on fera très bien de la donner sous forme numérique. Dans ce cas, les chiffres expriment d'une manière exacte et abrégée ce qu'il est essentiel de savoir.

Après cela, je regarderai comme important de connaître les espèces les plus communes, dans les stations qui occupent le plus de place, et en particulier les espèces ligneuses sociales, c'est-à-dire celles qui constituent

exclusivement des forêts. Dans les pays très cultivés, l'indication des principales espèces agricoles est d'une importance à peu près égale.

Au troisième degré, je placerai l'énumération des principaux genres, l'indication des familles dominantes et des familles caractéristiques, la fréquence ou la rareté de certaines grandes catégories physiognomiques, telles que plantes grasses, plantes à feuilles persistantes, plantes annuelles, etc.

Enfin, je mettrai en dernière ligne les caractères qu'un botaniste seul peut découvrir, ou qui résultent seulement d'une investigation complète et de calculs faits sur des livres, comme l'indication d'espèces rares. la proportion des Dicotylédones et Monocotylédones, le nombre total des espèces, genres et familles, celui des espèces propres au pays, et le nombre moyen des espèces par genre et par famille.

Les analogies et les dissemblances, relativement à d'autres pays, ont plus ou moins de valeur, suivant qu'elles portent sur l'un ou sur l'autre des caractères , d'importance très diverse, dont je viens de parler. Les similitudes d'espèces, même celles de genres et de familles, sont quelquefois très importantes parce qu'elles font présumer des communications à une époque antérieure ou au moins une ressemblance d'origine et d'histoire géologique entre les pays (chap. xxvi).

Ces réflexions me paraissent propres à diriger dans leurs travaux les auteurs de Flores et les voyageurs qui décrivent les végétations. Elles montrent aux premiers qu'il y a des chiffres bons à calculer et d'autres parfaitement inutiles ou même trompeurs, et aux seconds, que certains faits essentiels ne se voient pas sur le terrain et avec les yeux.

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