‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 110 sur 146 · RE · texte numérisé non relu

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blancs que de noirs; c’est à peu près le tiers de ce qu’elle possédait à l'époque oùses mines d’or étaient dans toute leur richesse. Dans les environs d'Ouro-Preto se trouvent les minesriches d’or de Catla-Branca, de Taquaral et de Gongo-Sogo, exploitées aujourd’hui par les Anglais. La ville de Sabara, qui est au milieu de ces régions aurifères, compte environ 4,500 âmes; elle consiste en une longue rue de près d’une lieue de long, dont les églises sont les seuls monuments importants. A 3 lieues de Ouro- Preto, sur les bords du Rio-del-Carmen, est Marianna, jolie petite ville épiscopale, de 6 à 7,000 habitants, en grande partie mineurs. La Villa do Principe, sur les confins du Cerro do Frio, ou district des diamants, possédait autrefois une monnaie, ou fonderie royale d’or, et une population de 5,000 âmes. Tout ce district est un pays délicieux, coupé de vallées pittoresques tapissées de magnifiques prairies, et bordées de forêts vierges du côté de l'Océan. Les montagnes de ce district sonten général forraces de roches de quartz appelées t{acolumiles ; on y trouve ce grès grisâtre et micacé remarquable par son élasticité; mais cette contrée, si intéressante et curieuse, est une des moins connues. Les extrêmes se touchent à Diamantino, autrefois nommée Tijuco, où résidait l’intendant général des mines de diamants; les habitants de cette ville, située dans un terrain aride, sont obligés de tirer de loin les vivres nécessaires. Ils croupissent en grande partie dans une honteuse misère, et vivent de charité publique.

A l’ouest de Minas-Geraës s'étend la province de Goyaz, la plus centrale de tout le Brésil; elle touche au nord à celle de Para, et à l’ouest à celle de Mato-Grosso. C’est un beau pays, arrosé par un grand nombre de rivières poissonneuses, qui traversent les forêts remplies de superbes oiseaux ; du reste, mal connu et mal peuplé. Il y a plusieurs mines d’or, des diamants gros et très-brillants, mais d’une eau qui n’est pas toujours pure; et, près des frontières, quelques plantations de coton, dont le produit s’exporte à Rio-Janeiro avec d’autres articles moins importants. Elle communique aussi avec Saint-Paul, Mato-Grosso et Para, au moyen de rivières navigables, quoique fréquemment inlerrompues par des chutes. Goyuz, appelée autrefois Villa-Boa, le chef-lieu, ville de 8,000 âmes, est une des plus jolies cités du Brésil, placée sur les bords du Rio-Vermelho, célèbre par les srbles aurifères qu’il roule dans ses eaux. Vatividad est au milieu d’un territoire dont les citrons et les oranges sont fort estimés, et qui possède des lavages d’or. Bomfim est une petite ville de 800 habitants, qui doit son origine aux chercheurs d’or; elle est, ainsi que la suivante, sur

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la route qui mène de Ouro-Preto à Goyaz. Meia-Ponle, peuplée de 5 à 6,000 âmes, est la plus commerçante ville de la province.

Nous reprenons la côte maritime. Le gouvernement de Bahia est situé à l'endroit où la côte, longtemps dirigée du sud au nord, commence à former une vaste saillie vers le nord-est et à s'approcher de l’Afrique. Cette province reçoit son nom de Bahia de lodos os Santos, baie de tous les Saints. Le sol, formé d’un terreau végétal et arrosé de plusieurs courants d’eau, est singulièrement propre à la culture de la canne à sucre; aussi le port de Bahia seul exporte-t-il plus de sucre que tout le reste du Brésil ; il est, en général, de fort bonne qualité. Une seconde production particulière à cette province est le tabac, recherché non-seulement dans le Portugal, mais encore en Espagne et dans toute la Barbarie ; il forme une partie essentielle de la cargaison des vaisseaux qui veulent traiter de l'or, de l’ivoire, de la gomme et de l’huile avec plusieurs places de la Guinée et de l'Afrique en général, Le coton de Bahia, dont la culture augmente chaque année, entre déjà en concurrence avec celui de Fernambouc. Ses autres productions sont le café, moins eslimé que celui de Rio-Janeiro; le riz, qui est de qua: lité supérieure, mais difficile à peler; et le bois de teinture, connu dansle commerce sous le nom de Brésil, égal à celui qui vient de Fernambouc. L'indigo de cette province ne soutient pas la comparaison avec celui qui vient de l’Inde; il parait même que la plante d’où on le tire possède des qualités vénéneuses, puisque les nègres qui en préparent les feuilles tombent facilement malades.

La ville de San-Salvador de Bahia, généralement connuc sous le nom

sde Bahia, consiste en deux parties, l’une bâtie sur un terrain bas le long de la rivière, comprend le quartier de Praya, habité par des hommes de

peine; l’autre, située sur une éminence élevée de 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, renferme les faubourgs de Victoria et de Bomfin. La cité haute (cidade alla) est la demeure des gens aisés; le ton de la société y passe pour meilleur et plus gai qu’à Rio-Janeiro. Les maisons, la plupart en pierres et à plusieurs étages, sont belles, garnies de balcons ct dejalousies en place de croisées. Les églises et les édifices publics se font remarquer par un grand style d'architecture; nous citerons: l’hôtel-de-ville, le palais du gouverneur, qui est assez grand; l’ancienne église des jésuites, aui, depuis plusieurs années, sert de cathédrale, et l’école de chirurgie, ou l’ancien collége de ces pères. Dans la ville haute, il y a un collège supérieur qui possède une-bibliothèque de 8 à 10,000 volumes. Dans la ville basse, l'arsenal de la marine est regardé comme le plus considérable de tout

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