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b12 LIVRE CENT VINGT-UNIÈME.
le Brésil. On y remarque l’église de la Conception, dont les pierres ont été apportées, toutes taillées et numérotées, du Portugal. Cette villeeut, jusqu’en 1763, le titre et le rang de capitale, qu’elle céda à Rio-Janeiro, en restant toutefois sa rivale par sa population, qui est de 120,000 âmes, par son commerce et comme résidence d’un archevêque. Elle est la principale place forte du Brésil.
Bahia possède, pour les plaisirs des riches, un théâtre et l’une des plus belles promenades de l'Amérique, appelée le Passeio publico, qui est située sur un plateau qui domine la ville, près du fort San-Pedro. Elle est orrée d’un obélisque qui porte une inscription relative à l’arrivée du roi Jean VI en Amérique. Mais ce qui donne surtout à cette promenade un aspect unique dans sor enre, c’est la magnifique vue dont elle jouit sur la v lle et sur la baie, et surtout un lac pittoresque appelé Dique, qui entoure la ville du côté opposé à l'Océan. Elle est la résidence du gouverneur de la province, et le siége de tous les tribunaux supérieurs civils et criminels. Le port, formé par la baie de Tous-les-Saints, est un des plus beaux de toute l'Amérique. Les vaisseaux qu’on y lance sont bien construits et d’un bois pius solide que notre chêne. Le climat, naturellement chaud, y est tempéré par des brises de mer régulières, et par la longueur presque toujours égale des récifs. Cette ville, livrée aux Hollandais par la faiblesse d’un commandant militaire, mais récupérée par une espèce de croisade chevaleresque, et surtout par le courage de l’évêque Texeira, devint le terme fatal où s’arrêtèrent les brillants succès des armes bataves, qui, dans la première moitié du dix-septième siècle, avaient subjugué tout le Brésil septentrional depuis Maranhao jusqu’au fleuve de San-Francisco. +
Caxoeira ou Cachoeira est la plus importante ville après Bahia ; elle renferme 25,000 habitants. Elle est située dans cette partie de la province appelée Reconcavo, dont la population est la plus concentrée. C’est là que l’on trouve un grand nombre de bourgs et de villages qui s’enrichissent du produit de l’agriculture. Au nombre de ceux-ci, Tapagipe ou Nossa- Senhora-da-Penha est remarquable par la maison de plaisance de l’archevêque et par los chantiers d’où sortent les meilleurs navires du Brésil. Nous citerons encore dans la même province Porto-Sequro , importante par ses pêcheries, et Leopoldina , nouvelle colonie composée d'Allemands et de Français.
Au nord de celle de Bahia s’étend la petite pmovince de Sergipe, où l'on élève des bestiaux, où l'on récolte des grains qui forment sa principale richesse.
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La ville de Sergipe, chef-lieu de la province, et peuplée de 9,000 habitants, portait origiuairement le nom de Seriji, Cette ville est appelée aussi Cidade de San-Chistovao,
La province d’Alagoas est plus petite encore que la précédente. Alagoas, son chef-lieu, ville de 18,000 âmes, possèdeun petit port, confectionne une grande quantité ue canots destinés à naviguer sur le Rio-Francisco, ct fabrique un tabac excellent.
La province de Pernambuco (Fernambouc) produit d’excellents bois de teinture, de la vanille, du cacao, du fiz et une quantité considérable de sucre; mais le coton forme l’article le plus important de son commerce, quoiqu’il ait récemment perdu une partie de sa réputation ; autrefois il pas sait pour le meilleur du monde.
Aucune province du Brésil ne possède un plus grand nombre de ports excellents que celle de Fernambouc. Celui de Recife est le plus remarquable. Cette ville, appelée communément Pernambuco, est la capitale de la province. Elle se compose de trois parties distineies, nommées Cidade do Recife, Santo Antonio et Boa-Visila. La première, située sur une péninsule, est la plus commerçante ; on y trouve la douane, les chantiers et lintendance de la marine. La seconde est sur une île formée par les bras du Capibaribe; elle est jointe à ia précédente parun grand pont; c’est celle qui est la mieux bâtie; elle comprend le grand marché, le palais du gouverneur, le théâtre et l’hôtel de la trésorerie. La troisième est sur le continent; on y arrive en traversant un bras du Capibaribe sur un pont de bois, le plus grand du Brésil. La triple ville de Pernambuco est défendue du côté le la, mer par d’assez bonnes fortifications. Son commerce à pris un tel essor depuis vingt ans, qu? sa population s’élève à environ 60,000 âmes.
Quelques géographes comprennent sous le nom de Pernambouc et la ville que nous venons de décrire et celle d’Olinda, qui en est cependant à une lieue. Celle-ci, assez ‘al bâtie, mais dont les rues sont entrecoupées de jardins délicieux, est le siège d’un évêché. La cathédrale est belle, mais le palais épiscopal est en mauvais état, La population d’Olinda est de 6,000 habitants. Cette ville doit son doux nom d’Olinda, qui, er Portugais signifie 6 belle! plutôt à sa position sur des collines riantes et à ses jardins pittoresques, qu’à la beauté de ses édifices.
Paraïba, chef-lieu d’une province du second ordre, a été nommée par les Hollandais Frédéricstadt. Elle a 5 à 6,000 habitants. L'entrée de la baie, qui lui sert dé‘rade e*t difficile. La contrée est riche en bois de tein-
ture, et l’ou dit qu’il y a des mines d’argent dans un endroit nommé Tayciba. v. . ù , 65
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Le Rio-Grande.do-Norte donne son nom à une province située au nord de la précédente. Son chef-lieu est Natal, petite ville assez bien bâtie à l'embouchure du Polengy où s’ouvre son port, qui ne peut contenir que 6 à 7 navires : elle renferme au plus 3,000 habitants. Son nom lui vien: de ce qu’elle fut fondée le jour de Noël en 1599.
La province de Ceara. deux fois plus grande que laprécédente, est bornte av nord par la mer, et à l’ouest par le Piauhy. On trouve du cristal de roche
ans les environs de Ceara, nommée proprement Cidade de Forteleza; c'est a”, ville peu importante, bien qu’elle donne son nom à une province. Nous citerons dans celle-ci une ville plus considérable appelée Aracaty, et qui est la plus commerçante du pays : on lui accorde environ 9,000 habitants.
Derrière cette province s’étendent les contrées montagneuses de Piauhr, contrées visitées par une expédition hollandaise sous les ordres d'Elias Herkmann, dont le rapport n’est connu que par extrait. Il parle de montagnes et même de plaines, entièrement composées d’un tale brillant; il ji \ique aussi des pyramides en quelque sorte arrondies, et construites les unes près des autres.
Dans la province de Piauhi nous citerons Parnañiba, qui en est la ville la plus peuplée, bien qu’elle n’ait que 4 à 5,000 âmes, et la capitale appelée Oeyras, dont la population est encore inférieure, mais qui est bâtie avec une sorte d'élégance, bien que ses maisons soient en terre et en bois.
Malgré la petite étendue de son territoire, le Maranham, ou mieux Maranhao, s’est rendu remarquable, dans les derniers temps, par Pimportance de ses productions, qui sont les mêmes qu’au Frnambouc, et dont on exporte plusieurs cargaisons tous les ans. L'arbre qui produit l'annatiæ y est très-comr'un. Le capsicum, le piment, le gingembre et toutes sortes de fruits s’y trouvent en quantité. San-Luiz de Maranhao, la capitale, bâtie sur une île, et contenant 25,000 âmes, n’est pas malsaine, malgré sa position voisine de l'équateur : l’ombre des forêts et les brises de mer modèrent la chaleur. Plusieurs rivières, dont les bords sont bien peuplés, débouchent dans la baie, et offrent des facilités au commerce. Cette ville a êté fondée par des Français en 1612.
La province de Gram-Para est de tout le Brésil la seconde en étendue : elle a plus de quatre fois la superficie de toute la France. Elle comprend Ja partie inférieure du bassin de l’Amazone,, sur la droite; c’est un pays marécageux, couvert de forêts impénétrables, où les habitations éparses de l'homme forment comme des îlots dans un océanaParmi les postes établis par les Portugais le long du fleuve, plusieurss’élèvent déjà au rang de ville;