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Au Canada, les moustiques sont extrêmement multipliés pendant les chaleurs de l’été, surtout dans les parties non cultivées et dans celles où l’on a détruit le bois. Ces insectes sont excessivement incommodes, et l’on n’a découvert encore aucun moyen de préserver de leurs piqüres les parties du corps qui sont exposées à l'air. Les Indiens et les Canadiens en souffrent autant que les Européens ; mais leur peau n’enfle pas autant.
Le Canada’ est en général montagneux et couvert de bois. La culture s’éloigne peu des bords de la grande rivière. Les produits sont : le tabac pour la consommation des colons, les légumes et les grains, qui forment un article d'exportation. La culture du froment a fait des progrès rapides. Les terres deviennent meilleures à mesure qu’on remor:‘e le Saint-Laurent. Les environs de Muatréal surpassent autant en fertilit: ceux de Québec que les terres du Haut-Canada surpassent celles de Montréal. Presque partout, aux environs de Québec, un terrain peu profond reeouvre un immense lit de pierre calcaire grisâtre, qui, mise en contact avec l'air, se délite en petites larmes ou se réduit en poussière. Les prairies du Canada, supérieures à cel'es des contrées américaines plus méridionales, présentent un gazon fin et épais. Mais les Canadiens sont mauvais cultivateurs ; ils ne Jlibourent ni assez profondement ni assez souvent : les champs sont remplis de mauvaises herbes. Leur froment a la tige longue seulement de 3 à 25 décimètres Pépi n’atteint que les deux tiers de celui du froment d'Angleterre. Il est semé au commencement du mois de mai, et mürit vers la fin d’août. Les Canadiens français, bien différents des anglo-américains, ne se donnent jamais la peine de créer un jardin ni un verger.
Parmi les fruits du Canada, les meilleurs sont, comme en Norvége, les baies, spécialement les fraises et les framboises. On cultive des pommes et des poires aux environs de Montréal. Des vignes, tant sauvages que plantées, donnent de petits raisins d'un goût agréable, quoique aigrelet. On cultive beaucoup de melons ; il paraît même que ce végétal est indigène. Une plantation de houblon a parfaitement réussi. Le pays produit deux espèces de cerises sauvages dont on ne lire pas grand parti. Le noyer d’Angieterre ne s’accommode pas des successions subites du froid et du chaud qui caractérisent le printemps du Canada.
Dans la végétation indigène des pays situés au nord du fleuve Saint- Laurent, on remarque un mélange singulier des flores de la Laponie et des Etats-Unis. La grande chaleur de l'été fait que les plantes annuelles et celles qu: la neige est capable de couvrir pendant l’hiver y sont pour la plupart les mêmes que dans les pays plus méridionaux, tandis que les arbres
et les arbrisseaux ayant à braver, sans abri, toute la rigueur du climat, appartiennent aux espèces qui caractérisent les régions arctiques. Le ginseng ct le lis de Canada, semblable à celui de Kamtchatka, indiquent une liaison entre la flore de l’Amérique et celle de l’Asie. La zizania aqualica, yraminée propre à ce climat, et qui ent de la nature du riz, croit abondamment dans la vase des rivières : elle fournit un aliment aux Indiens crrants, comme aux oiseaux de marécage. Quoique le pays soit couvert de nombreuses forêts, les arbres n’y acquièreni jamais cette grosseur et cette surabondance de vie qui les distinguent dans les États-Unis. Lu famille des sapins et äes arbres verts y est peut-être plus multipiée : on y distingue le “apin à feuille argentée, le pin de Weymoutb, le pin canadien, la sapinette d'Amérique et le cèdre blanc du Canada, qu’il ne faut pas confondre avec celui des États-Unis. Après ceux-là, qui occupent le premier rang, nous uommerons encore lérable à sucre et Pérable rouge, le bouleau, le tilleu! ct l’ormeau d'Amérique, le bois ü° fer et le gainier du Canada. Les nombreuses espèces de chênes nous sout ex général inconnués, celles de l'Europe ne s’y montrent que sous la firme d’arbrisseaux rabougris : aussi le bois de construction du Canada se tive-1-il des provinces occidentales de la Nouvelle Angleterre, ancienue région des États de l'Union. On rencontre eucore dans les îles du Saint-Laurent le sassafras, le laurier et le mürier rouge; mais ils sont dans le même état de langueur. Le frêne commun, l'ifet le frêne des montagnes se rencontrent également dans les contrées septentrionales de l’ancien et du nouveau continent; mais les forêts du Canada possèdent un ornement caractéristique dans les festons légers de la vigne sauvage et dans le: fleurs odorantes de l’asclépiade de Syrie. Les forêts du Canada fournissent principalement des douves et planches de sapin, ainsi qu’un certain nombre de petits mâts. Les potasses et les cendres perlées sont encore un produit des forêts. Les Canadiens font beancoup de sucre d'érable, et le vendent à moitié prix de celui des colonies. L’extraction du sucre de l’arbre a lieu au moment où la sève monte et où il règne encore un froid vif. Le sucre d'érable, à Québec, est brun et très-dur ; il fond lentement, et contient plus d’acide que le sucre de canne; mais les habitants du Haut-Canada le raffinent et le rendent très-beau.
Les bords du fleuve Saint-Laurent, et l’on peut même dire tout le Canada, appartiennent, sous le rapport de la végétalion, à une région de transition entre la zone froide et la zone tempérée de l'Amérique. Où trouver en Europe ou en Asie, entre le 43e et le 45e degré de latitude, des végétaux à cozaparer , pour la largeur de leurs feuilles et la beauté de leurs fleurs, à
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1 AMÉRIQUE. — LE CANADA. 65 u climat, 1
. Le gin- É ù certains magnoliers? A quels arbres de nos forêts pourrait-on comparer le juent une 4 liriodendron tulipifera, le pavia lutea, le cornus florida et le rhododendron aqualica, 4 maximum? Enfin, parmi les végétaux appartenant à des genres européens, roit abon- quelle diversité, quelle élégance dans les espèces de chênes, de pins, eten x Indiens j général d'arbres verts qui décorent les forêts de cette partie de l'Amérique ouvert de septentrionale 1!
ur et cetie : Les animaux qui habitent les vastes forêts ou qui errent dans les parties famille des a incultes de cette contrée sont le cerf, l'élan d'Amérique, !: daim, l’ours, le istingue le renard , la martre, le chat sauvage, le furet, la belelte, l’écureuil gris, le à sapinette lièvre et le lapin. Les parties méridionales recèlent un grand nombre de ndre avec bisor:, de daims de la petite race, de chevrew:*, de chèvres et de loups. ang, HOUS : Les marais, les lacs et les étangs abondent en loutres et en castors très- 1, le tilleul! ctimés. Peu de fleuves peuvent se comparer au Saint-Laurent par la | Les nom- variété, l’abondance et l’excellence du poisson. Le caïman et le serpent à . , celles de sonneltes, habitants incommodes des régions plus méridionales, se sont gris : aussi répandus jusqu'ici. Parmi les oiseaux indigènes, les premiers voyageurs jentales de distinguèrent déjà le lourd coq d'Inde, qu’on a si souvent considéré mal à rencontre propos comme originaire de la côte de Malabar, et qui porte même en alletle mürier - mand le nom de poule de Calicut. Le colibri s’égare, pendant l'été, dans mun, Pifet celte région boréale, et vient voltiger comme une fleur ailée parmi les fleurs ées septen- des jardins de Québec.
du Canada Des mines de fer ont été découvertes dans plusieurs parties du Canada, de la vigne telles que les bords de l'Ontario, de l’Erié, du lac Saint-Jean et la baie de s forêts du D Saint-Paul, à l’entrée du fleuve Saint-Laurent; on y a trouvé aussi des sapin, ainsi \ filons de zinc, de manganèse, de mercure et de titane. On prétend même res perlées . ” qu’il y existe des mines de plomb argentifère, et quelques indices font p de sucre croire qu’on pourrait trouver du cuivre aux environs du lae Supérieur, traction du puisque jadis les indigènes en ont exploité dans cette région. En 1737, les encore un Français établirent une fonderie de canons à Saint-Maurice, dans le Basfond lente- Canada; aujourd’hui la compagnie anglaise des forges y emploie 300 ou- | bitants du vriers ; on y établit des machines à vapeur. En un mot, le Bas-Canada est la partie qui renferme presque toutes les usines du pays : on y compte le Canada, 18 fonderies et 124 fabriques où l’on travaille le fer.
Étpansition ! Dès l’époque de la fondation de la colonie française, le Bas-Canada fut divisé en seigneuries ou francs fiefs, qui furent concédés par la couronne de France aux colons. Ces seigneuries sont au nombre de 210. Mais le pays est, depuis 1829, divisé en 5 districts qui se subdivisent en 40 comtés,
! Tableau statistique des deux Canadas, par M. JZsidore Lebrun. Paris, 1833. Y. -
trouver en végétaux à rs fleurs, à
dont 45 sont au nord du fleuve Saint-Laurent et 25 au sud. La partic située au sud de l'embouchure du fleuve porte le nom de Gaspé ou Gaspésie.
Le Haut-Canada, dont la frontière, commençant au lac Français, longe ensuite la rivière d'Ottawa, a été divisé en 4 districts et 25 comtés; mais ces subdivisions varient selon l’accroissement de la population.
La superficie des deux Canadas est de plus de 53,000 lieues carrées; mais, en n’y comprenant que les terres, elle est de 39,400 lieues. Le Bas- Canada a environ 300 lieues de longueur sur 140 dans sa plüs grande largeur ; sa superficie en terre est de 27,000 lieues. Le Haut-Canada a environ 350 lieues de longueur et 430 dans sa plus grande largeur ; sa superficie terrestre est de 12,400 lieues carrées.
Un superbe bassin, où plusieurs flottes pourraient mouiller en sùreté; une belle et large rivière; des rivages partout bordés de rochers très-escarpés, parsemés ici de forêts, là surmontés de maisons ; les deux promontoires de la pointe Levis et du cap Diamant ; la jolie île d'Orléans et la majestueuse cascade de la rivière de Montmorency, tout concourt à donner à la ville de Québec, capitale du Bas-Canada, un aspect imposant et vraiment magnifique. La haute ville est bâtie sur le cap Diamant, élevé de 4115 mètres, tandis que la ville basse s’étend le long de l’eau au pied de la montagne, dont souvent, dans le froid et le dégel, il se détache des quartiers de roche qui évcrasent les maisons et les passants. La beauté des édifices publics ne répond pas à l’idée qu’en fait naitre de loin l’éclat du ferblanc dont ils sont couverts, ainsi que la plupart des maisons. Les fortifications, considérablement augmentées dans ces dernières années, en font, conjointement avec sa situation naturelie, une place de guerre très-importante ; mais il faut 40,000 hommes pour garnir tous les postes. Cependant, les détachements de troupes stationnées à Montréal et à Trois-Rivières peuvent, en descendant le fleuve, joindre la garnison en peu d’heures, et une flotte peut, sans obstacles, ravitailler la place, tant que les glaces n’ont pas interrompu la navigation. Les habitants, au nombre de 49,000, se dédommagent des froids longs et rigoureux de l’hiver par des parties de traîneaux, par des à :semblées de danse et les plaisirs du théâtre. Des courses de chevaux, récemment introduites, contribuent à l'amélioration de la race.
Québec possède un collége, un séminaire, plusieurs écoles élémentaires, une bibliothèque publique assez riche et plusieurs sociétés savantes. Cette ville est la résidence du gouverneur généra: de l’Amérique anglaise, d’un évêque catholique très-peu payé, et d’un évêque anglican qui jovit, en revanche, d’un traitement de 75,000 fr. Enfin, elle est le siége d’ane cour