EE RE GE TES
RE
Dans cette partie de l'Océanie, les mammifères sont rares; plusieurs espèces de phalangers et la roussette sont les principaux qu’on y trouve. L'ornithologie offre dans toute l'Océanie un peu plus de variété et en même temps plusieurs traits de ressemblance. La volaille domestique y abonde; les poules sont plus grandes que les nôtres. Labillardière vit aux iles des Amis plusieurs espèces de loris et autres oiseaux communs aux iles Philippines et aux Moluques. A Taïili, comme à Amboine, de petits oiseaux fourmillent dans les bocages d’arbres à pain. Leur chant est agréable, quoiqu’on dise communément en Europe que les oiseaux des pays chauds sont privés du talent de l'harmonie. De très-pelits perroquets, d’un joh bleu saphir, habitent la cime des cocotiers les plus élevés, tandis que d’autres, d’une couleur verdätre et tachetée de rouge, se montrent plus ordinairement parmi les bananes, souvent dans les habitations des naturels, qui les apprivoisent, et qui estiment beaucoup leurs plumes rouges. Ces espèces paraissent généralement répandues entre le 40e parallèle boréal , et le 20° parallèle austral. Mais les oiseaux de paradis n’abandonnent leur corps léger et leur plumage aérien qu'aux vents embaumés des côtes de la Nouvelle-Guinée. Les oiseaux aquatiques sont les mêmes partout, À Amboine, comme à Taïli, un martin-pêcheur d'un vert sombre, avec un collier de la même couleur sur son col blanc ; un gros coucou et plusieurs sortes de pigeons ou de tourterelles , se juchent d’une branche à l’autre, tandis que les hérons bleuâtres se promènent gravement sur les bords de la mer, en mangeant des mollusques à coquilles et des vers. L'oiseau tropique ou le phaéton habite les cavernes qui se trouvent dans les flancs escarpés des rochers ; les Taïtiens l’y poursuivent pour avoir les plumes de sa queue. Ils atirapent aussi, dans la même intention, la fréga{z, oiseau de passage. Les manchots du Grand-Océan diffèrent essentiellement des pingoins de l’océan Atlantique. Cesoiseaux, presque sans ailes, qu’on rencontre à une distance de 500 lieues de toute côte connue, habitent principalement la zonefroide, et même la zone glaciale. Mais une espèce, l’aptenodyles papua, se montre jusque dans la Nouvelle-Guinée et dans les îles des Papous. Deux espèces de sternes (s{erna philippina, sterna inca) habitent les Carolines et les iles de la Sociéié : ladernière a été découverte pendant le voyage de la Coquille. Les animaux de la Nouvelle-Hollande offrent généralement un caractère teilement distinct de celui des animaux des autres contrées du globe, que nous devons les grouper séparément. Si la botanique, dit M. Lesson, imprime à ce pays une physionomie spéciale, le règne animal lui en donne une plus étonnante et plus étrange peut-être. Le caractère que ce natura-
espèces
té et en Stique y vit aux aux Îles oiseaux e, quoids sont joli bleu ’autres, dinairerels , qui s espèces al, et le ur Corps > la Nou- \inboine, collier de sortes de andis que mer, en que ou le arpés des queue. Ils sage. Les de l’océan distance ne froide, semontre 1x espèces et lesiles : Coquille.
1 caraclère zlobe, que [. Lesson, i en donne ce natura-
liste fait remarquer dans les animaux de la Nouvelle-Hollande, c’est une poche ou la marsupialité. Trois animaux seulement sont dénués de cet organe: le phoque, une roussette de la partie intertropicale, et le chien, qui a suivi, dit-il, de misérables peuplades lors de leur émigration sur ce continent appauvri. Depuis le doux et timide kanguroo, dont quelques espèces sont les plus grands quadrupèdes du continent austral, jusqu’au pélaurisle à grande queue , animal de la tailledu rat, dont la peau des flancs est étendue entre les membres antérieurs et postérieurs , tous les mammifères de ce continent mériteraient une description spéciale ; mais nous ne citerons qu’un petit nombre d’entre eux. Les polorous, qui ont, comme les kanguroos, les jambes de derrière beaucoup plus grandes que celles de devant, etl’halmature, qui se rapproche tellement des kanguroos, qu'il ne semble en différer que par son système dentaire, la petitesse de ses orcilles et sa queue presque nue ; le phascogale, qui vit sur les arbres, etles péramèles, qui ressemblent aux sarigues , nous sont encore imparfaitement connus sous le rapport des mœurs. Les dasiures, dit M. Lesson, sont des carnassiers qui remplacent, à la Nouvelle-Hollande, les fouines de nos climats. Le thylacine , de la taille et de la forme du loup qu'il représente, est souvent mentionné dans les relations comme le loup de l’Australie. I vit dans les cavernes, sur le bord de la mer, à la terre de Diemen. Tous ces animaux à poche, malgré la singularité de leur conformation, sont cependant moins extraordinaires que deux autres que l’on comprend sous la dénomination de paradoæaux, c'est-à dire l'ornithorynque et l'échic 4, Le premier, au corps couvert de poils, au bec de canard, aux pieds garnis d’ergots venimeux, pondant des œufs, semble, suivant M. Lesson, être une créature fantastique jetée sur le globe pour renverser par sa présence tous les systèmes admis sur l'histoire naturelle; car on peut soutenir avec tout autant de raison qu’il appartient aux quadrupèdes, aux oiseaux ou aux reptiles. Le second, dont on fait deux espèces, selon les piquants qui couvrent son corps sont plus ou moins garnis de poils, paraît aussi pondre des œufs. au lieu de mettre au jour des petits vivants. Son museau, mince et trèsallongé, est terminé par une fort petite bouche; ses machoires, dépourvues de dents, sont garnies de lames cornées, comme chez-plusieurs oiseaux palmipèdes; sa langue est extensible comme celle du fourmilicr. Les mêmes phénomènes de singularité qui caractérisent les mammifères de la Nouvelle-Hollande se reproduisent pour les oiseaux. La plupart d’entre eux , dit M. Lesson, ne pouvant tirer leur subsistance des fruits dont les
forêts sont privées, n’ont que des genres restreints de nourriture. Ceux qui Y. 5
vivent d'insectes ont la langue organisée comme les oiseaux des autres climats; mais les perroquets, les merles et beaucoup d’autres passereaux, obligés de pomper le suc mielleux des fleurs, ont à l'extrémité de la langue des faisceaux de papilles qui ressemblent à un pinceau, et qui leur permettent de ne rien perdre de cette matière toujours peu abondante La plupart des oiseaux du continent austral rivalisent avec ceux des autres continents pour la vivacité des couleurs; mais un grand nombre présentent avec ceuxci des oppositions tranchées: ainsi le cygne d'Europe est considéré comme le type de la blancheur, celui de la Nouvelle-Hollande est au contraire d’une teinte noire: le kakaluës est blanc à la Chine et aux Moluques; la même espèce se trouve à la Nouvelle:Hollande, mais c’est seulement sur ce continent qu’on en trouve du plus beau noir. Partout les diverses espèces de volatiles sont couvertes de plumes: sur le continent austral, le casoar forme en quelque sorte le passage des animaux à plumes aux animaux à poils. Parmi les oiseaux les plus remarquables, il faut mettre, comme le dit M. Lesson, ce superbe menure , dont la queue est l’image fidèle, dans les solitudes australes, de la lyre harmonieuse des Grecs; ce loriot princerégent, dont la livrée est mi-partie de jaune d’or et de noir de velours; ce scytrops, dont le bec imite celui du toucan; ces perruches de toute taille et de loutes couleurs ; ces bruyants marlin-pêcheurs , et ce moucherolle crépitant, dont le eri imite à s’y méprendre le claquement d’un fouet.
Divers reptiles plus ou moins dangereux pullulent dans la Nouvelle- Hollande : ici c’est l’agame hérissé (agama muriala ) encore peu connu ; là les scinques, qui, par leurs courtes pattes, semblent être intermédiaires entre les lézards et les serpents: le plus remarquable de ce genre est le gigantesque scinque noir et jaune. Le plus singulier des sauriens du continent austral est le phyllure, dont la queue s'élargiten forme de feuille ou despatule, etqui constitue deux espèces, l’une d’un brun marbré (phyllurus Cuvieri, (l’autre d’une couleur orangée (phyllurus Miliï). Quant aux ser pents, dit M. Lesson, ils y sont nombreux; on y trouve des : .uleuvreset et des pylhons de grande taille. Le serpent fil, à peinelong de 45 à 25 ceutimètres occasionne, dit-on, la morten moins de quelques minutes, mais l'espèce la plus redoutable sans contredit, comme la plus commune, est le serpent noir, que son affreux venin a fait nommer acantophis bourreau.
Après avoir retracé le tableau physique général de l'Océanie, nous devon: considérer les races d’hommes qui habitent cette partie du monde. On a cru pendant longtemps qu’elles se rapportaient toutes à deux souches principales, savoir: les Malais ou les Océaniens jaunes, etles Papous ou les
les autres ssereaux, la langue rpermeta plupart ontinents nvec ceuxtré comme aire d’une la même r ce conpspèces de le casoar animaux à mme le dit , dans les ol princeelours; ce ite taille et erolle crépt.
Nouvelleconnu ; là rmédiaires nre est le is du confeuille ou phyllurus it aux ser tleuvres et à 25 ceutes, mais mune, es!
ourreau. us devons . On a cru les princious ou les
Océaniens noirs. Mais, selon M. D. de Rienzi, les deux couleurs qui distinguent la population de l'Océanie comprennent quatre races distinctes : les Malais et les Polynésiens forment les deux races jaunes ; les Papous ou Papouas et les Endamènes les deux races noires.
Les Malais ne sont plus considérés par les savants comme originaires de la petite péninsule de Malacca , où ils ne sont entrés qu’à une époque assez récente. Leurs historieus nationaux tracent leur origine jusqu'à l'ile de Soumâtra; ils avouent aussi leurs rapports avec les Javanais.
Quelquesauteurs, telsque lesavant Marsden, prétendent qu'ils sont indigènes du pays de Palembang, ou de l'empire de Menangkabau ou Menangkar bou, dans l’ile de Soumâtra; d’autres, comme M. de Rienzi, les fontsortir de la côte occidentale de Bornéo. Nous les trouv::ns maintenant répandus dans un grand nombre d'îles de l'Océanie. Ainsi, non-seulemeni l'ile de Soumàira, mais une partie desiles Nicobar, des Moluques, de Bornéo, des Célèbes, de Luçon, les iles Pâques et les îles Sandwich, sont hab: ‘es par este race.
Ces insulaires ont la couleur basance, les cheveux noirs, mo::, épais, abondants et frisés ; la tête légèrement rétrécie au sommet, le froat un peu bombé, les os de la pommette nullement saillants, m1: la mâchoire sup-rieure un peu portée en avant, et le nez gros et ay'ati par le bout, sans être ni épaté ni camus.
Ces traits sont ceux des Malais. On a observé, il est vrai, quelque: différences de couleur et de cheveux entre les nobles et le peuple de Taiti: ce qui a fait croire à Forster qu’une colonie de Malais avait subjugué , dans ces îles, des peuplades dé la race noire qui habite les grandes iles voisines de la Nouvelle-Hollande. Mais ces nuances peuvent aussi dériver des diverses manières dont les castes se nourrissent, les grands se réservant lachair des quadrupèdes, et le peuple vivant principalement de poisson.
L'angle facial des Malais est ouvert ::: 80 à 85 degrés. Peu d’entre eux ont, suivant M. de Rienzi, l’angle de &5 90 degrés, comme on le trouve chez quelques variétés européennes.
La race des Polynésiens ou des Dayas, improprement appelés Dayaks, parait avoir eu aussi pour berceau l'île de Bornéo. « Leur teint blanc jau-
« nâtre, plus ou moins foncé; l'angle facial aussi ouvert que celui des « Européens; la haute stature, la physionomie régulière, le nez et le froni « élevés, les cheveux longs et noirs, la beauté, la grâce, les manières « souples et lascives de leurs femmes, et surtout des danseuses; les rap- « ports, quoique altérés, de leur langue; l'habitude de l’agriculture, de la « chasse et de la pêche; l’habileté à construire leurs pirogues et à fabri-
« quer leurs ustensiles; leurs immenses cases, leurs croyances reli- « gieuses, les sacrifices humains, leurs coutumes, et une sorte particu- « lière de consécration ou fapou; tout indique la plus grande ressem- « blance entre les Dayas et les Polynésiens !. »
Les Alfouras ne forment point une race particulière: ce nom, dans la langue des Dayas de Bornéo, signifie hommes sauvages. En général, les peuples de la Malaisie appellent Alfouras des hommes noirs, jaunes ou rouges, qui vivent dans l’état de nature. Ainsi les Alfouras de Bouro sont cuivrés ; ceux de Soumâtra sont d’un jaune foncé; ceux de Mindanao et de Mindoro sont au contraire très-noirs.
Les Malaisiens donnent le nom de Poua-Poua, qui signific brun-brun, à une race que l’on a long-temps appelée les Papous, et que les voyageurs modernes nomment Papouas. À Bornéo, d’où ils paraissent être originaires, on les appelle Zgoloté et Dayer. Les Papouas sont noirs, mais moins que les nègres de l’Afrique; leur angle facial est de 63 à 64 degrés au minimum et de 69 au maximum. Leurs cheveux noirs ne sont ni lisses ni crépus, mais laineux, fins et frisés. Ils sont rarement latoués, sauf ceux qui ne portent aucun vêtement. Leur taille est assez élevée. On les trouve à la Nouvelle-Guinée, à la Louisiade. à la Nouvelle-Bretagne, aux îles Salomon et Sainte-Croix, à la Nouvelle-Irlande, à la Nouvelle-Calédonie, dans l’île de Van-Diemen, à la Nouvelle-Zélande, etc.
Le mélange des Malais et des Papouas a produit, dans plusieurs îles de la Malaisie, une variété que M. de Rienzi a proposé d’appeler Papou-Malais. Leur taille est généralement petite, et ils sont infectés d’une sorte de lèpre.
La race des Endamènes, devenue peu nombreuse par suite de la gucrre continuelle que leur font les Papouas, est noire; plusieurs tribus ont une teinte bistre. Ils ont le crâne parfaitement rond, le front toujours en arrière, les cheveux floconnés et crépus ; leur bouche est d’une grandeur démesurée, leur nez large et épaté ; leur angle facial n’a que 60 à 66 degrés u'ouverture ; leurs bras sont très-longs, leurs jambes proportionnellement plus longues; tout, en un mot, semble les rapprocher de l’orang-outang.
L’analogie des langues nous frappe dans les vocabulaires si incomplets que Forster, le père Gobien, Marsden et autres nous ont procurès. Nonseulement toute l'Océanie orientale parle le même langage en différents dialectes, mais cette langue offre une ressemblance singulière avec celle des Malais, surtout de Soumâtra, et, ce qui est encore plus étonnant, avec
1 D. de Rienzi, Description de l'Océanie, tome Le.
relirticu- SSeM-
ns Ja 1, les es ou D sont et de
brun, geurs origi-
mais legrés lisses f ceux rouve Salo- , dans
les de alais.
lèpre.
ucrre it une rière, nesuu'ou- | plus
iplets Nonrents
celle avec
la langue de Madagascar, qui, selon Du Petit-Thouars, en présente le type le plus riche et le plus régulier.
Cependant il paraît que l’analogie que présentent ces idiomes a été exagérée. Ce qui a pu induire en erreur, e’est que le malayou, ou la langue des Malais, est la plus répandue, et que la plupart de celles que l’on parle dans la Malaisie et la Polynésie ont beaucoup de racines malayoues. M. de Rienzi pense que le taïtien, le tonga, le mani, ou nouveau-zélandais, en un mot le polynésien, dérive de la langue des Dayas; que le javan dérive du bouguis, formé aussi du dayas, mais qu’il est mêlé de malayou et de sanskrit.
Au surplus, combien d’autres traits de ressemblance constatent la parenté des peuples polynésiens!
La forme du gouvernement est généralement la même. Le capitaine Cook nous informe que dans Hamao, une des îles des Amis, famalao signifie un chef. Le père Cantova nous dit, en parlant des îles Carolines : « L’au-
« torité du gouvernement se partage entre plusieurs familles nobles, dont « les chefs s’appellent famoles. Il y a, outre cela, dans chaque province, « un principal famole, auquel tous les autres sont soumis. » La même espèce d’aristocratie féodale règne dans la plupart des îles de l'Océan. Cook nous apprend que les chefs mêmes n’abordent le suprême monarque des îles des Amis qu’avec des marques d’un profond respect; ils touchent ses pieds de leur tête et de leurs mains. Les lettres du père Cantova nous apprennent qu’on aborde les famoles des îles Carolines avec la même vénération. Lorsqu'un d'eux donne audience, il paraît assis sur une table élevée, les peuples s’inclinent devant lui jusqu’à terre, et, du plus loin qu’ils arrivent, ils marchent le corps tout courbé et la tête presque entre les genoux, jusqu’à ce qu’ils soient auprès de sa personne ; alors ils s’asseyent à plate terre et les yeux baissés, et reçoivent ses ordres avec le plus profond respect. Ses paroles sont autant d’oracles qu’on révère; on rend à ses ordres une obéissance aveugle. Enfin on lui baise les mains et les pieds quand ou lui demande quelque grâce.
On trouve cependant des nuances assez remarquables dans les formes gouvernementales, à travers la couleur féodale qu’on y remarque partout, Ainsi dans la Malaisie et la Polynésie, ce sont en général des monarchies électives dont les chefs sont choisis par une aristocratie héréditaire qui en restreint l’autorité. Dans les Moluques cependant, chaque famille isolée forme une société dont le chef ne reconnaît aucun supérieur. À Soulou,
le pouvoir suprême est héréditaire. Dans 1 Australie, chaque petite peuplade a son chef, qui jouit d’une grande autorité.
Dans les îles des Amis, on honore les chefs et les étrangers par des danses nocturnes, accompagnées de chants et de musique. Dans lesiles Carolines, on exécute le soir de pareils concerts autour de la maison des chefs; ils ne s’endorment qu’au bruit d’une musique exécutée par une troupe de jeunes gens.
Les danses, dans les îles Palaos, dans les Carolines, les Mariannes, et celles dans l’ile de Watiou, ou Oualeou, au sud-ouest de Taiti, ont ensemble une ressemblance frappante. Le cérémonial, dans plusieurs occasions solennelles, est le même dans les îles très-éloignées les unes des autres. Les habitants des îles Palaos, ceux des Nouvelles-Philippines et des îles Carolines, et ceux de Munygia, éloignées d'environ 4,500 lieues, saluent de la même manière. Leurs civilités et la marque de leurs respects consistent à prendre la main ou le pied de celui à qui ils veulent faire honneur, el à s’en frotter doucement tout le visage, L’attouchement par le boui du nez estégalement en usage depuis les îles Sandwich jusque dans la Nouvelle-Zélande.
Presque dans tout cet Océan, les Polynésiens reçoivent les étrangers avec des chants solennels, et leur présentent en signe de paix une branche de bananier. Au contraire, la race noire repousse le plus souvent toute communication avec des étrangers.
Les mêmes termes servent à désigner le même genre d’instrument national. Les mots fanger ifaifil, aux îles Carolines, signifient complainte des femmes, et dénotent une espèce de spectacle public. Aux îles des Amis, la même chose est nommée langée véfaine 1.
En passant aux îles Mariannes, nous allons découvrir des ressemblances encore plus décisives. La société des Erreoy était ce qu’il y avait de plus singulier et de plus scandaleux dans les mœurs de Taïti, avant que les missionnaires évangéliques y eussent introduit le christianisme avec la civilisation, c’est-à-dire avant le commencement de ce siècle. Ces réunions d'hommes et de femmes, qui ont érigé la débauche et l’infanticide en lois fondamentales, sont un phénomène horrible, mais presque unique dans l’histoire morale de l'homme. Le P. Le Gobien nous apprend qu’il existait une pareille société aux iles Mariannes. Il dit : « Les Uriloy sont parmi eux les jeunes gens qui vivent avec des maîtresses, sans vouloir s’engager par les liens du mariage; ils forment une association séparée. » On sait que le dialecte de Taïti adoucit la prononciation de ses mots; il faut observer qu’en retranchant une seule lettre (la consonne T ), le mot Uriloy des îles
1 Voyez les Voyages de Cook et les Lettres édifiantes.
des iles des
une
s, et
ont )CCas des es et es, pects honboui Nou-
igers nche oute
ment ainle Mis,
nces plus mis- [viliions | lois dans istait | eux r par ue lc u’en
îles
Mariannes ressemble beaucoup aux Arreoys, ou Erreoys, selon l’orthographe de M. Anderson.
Le capitaine Cook a observé aux îles de la Société et à celle des Amis trois castes; les chefs, les propriétaires libres et le bas peuple, ou les serfs. Le P. Le Gobien dit expressément qu’on remarque la même division aux îles Mariannes, où il y a trois États parmi les insulaires. Dans toute la Polynésie, la noblesse est d’une fierté incroyable, et tient le peuple dans un abaissement qu’on ne pourrait imaginer en Europe, Tout Pétat politique de ces îles rappelle les lois, les institutions des Malais et des Madécasses. Il en est de même des idées qui tienneut à la religion.
Parmi les Caroliniens, les uns conservent le corps de leurs parents morts, dans un petit édifice en pierre, qu'ils gardent en dedans de leurs maisons ; d’autres les enterrent loin de leurs habitations, Ceci rappelle évidemment les Feiatouka des îles des Amis, et en général la coutume universelle chez toutes ces nations de laisser dessécher les cadavres à l'air. Les cimetières sont aussi enclos de la même manière. Les naturels des îles de la Société, avant leur conversion au christianisme, déposaient autour des endroits où ils enterraient leurs morts des guirlandes du fruit du palmier et des feuilles de cocos, ainsi que d’autres objets consacrés particulièrement aux cérémonies funèbres, et qu’ils plaçaient à peu de distance des provisions et de l’eau. Les naturels des îles des Larrons font, selon le P. Le Gobien, quelques repas autour du tombeau; car on en élève toujours un sur lieu où le corps est enterré, ou dans le voisinage ; on le charge de fleurs, de branches de palmier, de coquillages, et de tout ce qu’ils ont de plus précieux. Les Taïtiens n’enterraient pas les crânes des chefs avec le reste des os, mais ils les déposaient dans des boites destinées à cet usage. On retrouve encore aux îles Mariannes cette coutume bizarre ; car le P. Le Gobien dit expressément qu’ils gardent les crânes en leurs maisons, qu’ils mettent ces crânes dans de petites corbeilles, et que ces chefs morts sont les Anihis, auxquels les prêtres adressent des prières.
Les opinions de ces nations sur la vie future se ressemblent. Ils sont persuadés de l’immortalité de l’âme, ils reconnaissent même un paradis et un enfer; mais ce n’est point, selon eux, la vertu ni le crime qui y conduisent. Selon les habitants de Nouvelle-Zélande, l’homme qui a été tué et mangé par l’ennemi est condamné à un feu éternel. Les naturels des iles Mariannes pensent aussi que ceux qui meurent de mort violente ont l’enler pour partage.
Des rapports si frappants ne peuvent être l'effet du hasard ; lorsqu’on
les ajoute à l’affinité dans l’idiome des diverses peuplades, on paraît autorisé à conclure que les habitants de toutes ces iles ont tiré leurs usages et leurs opinions d’une source commune, et qu’on peut les regarder comme des tribus dispersées d'une même nation, et qui se sont séparées à une époque où les idées politiques et religieuses de cette nation étaient fixées.
Mais si nous cherchons la marche de cette dispersion, croirons-nous avec Cook, Forster ci tant d’autres qu’elle a été uniquement dirigée de de l’ouest vers l’est? Ces voyageurs disent avec raison qu’il a dû souvent y avoir des partis de sauvages égarés dans leurs canots, et poussés vers des rivages lointains où ils sont forcés de rester, n'ayant ni les moyens ni les connaissances nécessaires pour pouvoir retourner chez eux. Les exemples ne manquent point. En 1696, deux pirogues qui avaient à bord trente hommes ou femmes, et qui partaient &’Ancorso, furent jetées par les vents contraires et les orages sur l’île de Samal, l’une des Philippines, éloignée de 300 lieues. En 1721, deux pirogues, dont l’une contenait vingt-quatre et l'autre six personnes, hommes, femmes ou enfants, furent chassées d’une ile appelée Barotlep jusqu’à l’ile de Guam, l’une des Mariannes. Enfin, le capitaine Cook trouva sur l’île de Ouateva trois habitants de Taïti, qui avaicut été poussés de la même manière. Ouateva est éloignée de Taïti de 200 lieues.
Tous ces événements sont d’une vérité incontestable. Mais qui ne voit pas, en jelant les yeux sur une carte, que ces trois partis de voyageurs malheureux ont tous été portés par des vents alizés et par les courants vers des terres situées à l’ouest de celles d’où ils étaient partis? Ainsi ces exemples, tant de fois cités, prouveraient le contraire de ce qu’on prétend conclure. Îls prouveraient que l'Asie et l’Afrique ont pu recevoir des colonies sauvages du Grand-Océan, mais non pas que l'Océan en ait dû recevoir de l’ancien continent.
Comment donc expliquer cette dissémination de tant de tribus ayant des mœurs et un idiome analogues? On les croirait sorties de PAmérique néridionale, si l'absence de toute ressemblance, soit de langage, soit de constitution physique, n’en démontrait pas l’impossibilité. On pourrait être tenté de les supposer originaires d'un ancien continent submergé, dont leurs îles seraient les débris; mais cette hypothèse, hasardée par un savant estimable, n’expliquerait une difficulté qu’en en faisant naître mille autres. Pourquoi cet ancien peuple, en se dispersant de l’est à l’ouest, ne se seraitil pas répandu sur le continent de la Nouvelle-Hollande, où l’on n’a irouvé que des peuplades appartenant à une race noire ?
autoes et pmine à une ées.
nous ée de rent y s des ni les nples rente vents ignée uatre l’une in, le , qui iti de
voit eur s Vers | Ces ‘tend colol'ece--
t des nérions-
être dont vant tres.
railouvé
Voici la manière dont nous expliquons ce phénomène historique: Les grandes îles de Luçon, de Célèbes, de Bornéo, de Java et de Soumätra, sont habitées par des nations qui parlent des langues plus ou moins rapprochées de celle des Malais, de sorte qu’on ne saurait leur refuser une origine commune; et cependant quelques-unes de ces langues, telles que la tagale et la bissaye aux Philippines, la balienne à l'ile de Bali, et celle des Battas à l’île de Soumäâtra, diffèrent assez essentiellement entre elles pour qu’on scit obligé de les supposer très-anciennement séparées en corps de nations. En mêmes temps, d’autres branches de la langue malaie se retrouvent à Madagascar, à 4,100 lieues à l’ouest de Soumâtra, aux îles de la Société et mêm: au delà, à 2,500 licues à l’est des Moluques; elles s’y retrouvent enrichies de cette harmonie, de ces formes grammaticales qui supposent une civilisation avancée. Le même régime féodal, les mêmes mœurs et probablement la même mythologie", se retrouvent dans ces terres si éloignées les unes des autres. Il à donc fallu que cette langue, ces usages, ces institutions, naquissent au sein d’un ancien empire, d’un peuple puissant, d’un peuple navigateur, qui aura disparu du rang des nations.
Quel fut le siège de cette Carthage malaie? Tout nous indique qu’il faut choisir entre Bornéo, Soumätra et Java. La première de ces îles est mal connue; la seconde a paru au savant Marsden être la véritable patrie des nations malaies. Mais sans adopter ni repousser cette opinion, nous croyons que la patrie de la civilisation malaie doit plutôt être cherchée dans l’île de Java.
D'abord les traaitions historiques de la colonie malaie établie à Malacca indiquent Java comme le siège d’un grand empire, dont même cette tribu émigrée avait reçu ses lois et sa religion. Même la plupart des livres malais sont traduits du javanais.
En second lieu, la langue malaie est mêlée de beaucoup de termes hindous ou sanskrits, termes spécialement affectés à des idées religieuses et civiles. Ces termes se rapprochent en particulier du dialecte calinga ou telinga, parlé dans le Golconde et l'Oryçah?. On s’attendrait par conséquent à retrouver ce mélange plus particulièrement dans les causes de la proximité. Au contraire, C’est le javanais, et surtout le javanais des habitants des montagnes, qui montre le plus d’affinité avec le sanskrit, C’est aussi à Java, surtout dans lintérieur, qu'on retrouve les fêtes et cérémonies de
1 Voyez ci-après les articles Otahiti, Bali, etc. : 2 Leyden, Mémoire sur les langues indo-chinoises, Y.
la religion brahmanique. L'histoire des Javanais les fait descendre de Vichnou.
Mais à quelle époque Java fut-elle le siége d’une nation qui, civilisée d’abord elle-même par des Brahmanes-Telingas, a peuplé de ses colonies les rivages de l’immense Océan? Ce fut certainement avant l'introduction du mahométisme, car cette religion ne s’est pas répindue eu delà des Moluques ; ei le cochon, cet animal si impur aux veux des musnimans, : dù accompagner les colons malais jusqu'aux dernières îles de là Polynésie. Ce fut encore très probablement avant le voyage de Marco-Polo, car il semble parler de ce monde d'îles coinme déjà connu et visité. D’un autre côté, les anciens, au siècle de Ptolémée, n'avaient eu connaissances d'au cune nation civilisée au sud des Sinæ, ou des Siamois modernes. £a chronologie javanaise ne remonte qu’à un roi de Pejajeran, qui « ‘à régner en Pan 7% après J.-C. Ainsi, les probabilités piaceni la fondation des premières colonies malaies entre le quatrième et le dixième siècle de notre ère.
Une deuxième migration des peuples malais fut provoquée par le fanatisme mai vrnêtan; et celte migration, mieux connue, eut lieu dans les douzième et treizième siècles. De là les différences si considérables entre les Malais des côtes et ceux de l’intérieur.
Tout concourt à faire considérer les nègres océaniens comme indigènes de la partie du monde qu’ils habitent. La forme plus carrée de leur tête, la proportion des bras et des jambes, la barbe et les cheveux non laineux, les distinguent de la race des nègres africains. Comme en Afriqreetcomme partout où l’homme est resté dans le dernier degré de l’état sauvage, chaque canton a son idiome radicalement différent de celui des voisins, et le nombre de ces espèces de langues, ou plutôt d’argofs, fatigue l’observation et le calcul.
Outre ces grandes races, l’Ucéanie présente à l'observation des anthropologistes plusieurs horribles et dégoûtantes variétés de l'espèce humaine. Dans l’île de Mallicolo et aux environs de Glushouse-Bay, dans la Nouvelle-Galles, la structure osseuse de la tête se rapproche de celle de l’orangoutang d’une manière bien plus frappante que chez les nègres. L'intérieur de Soumâtra renferme une peuplade qui, ayant la tête très-grosse et le corps très-petit, peut donner une idée des pygmées; une autre a le corps couvert de longs poils, comme les habitants de la terre d’Yeso. Souvent ces difformités paraissent dues à quelque maladie héréditaire de la première famille qui aura peuplé un coin de terre isolé. C’est ainsi que les habitants de l’île Nyas ont communément la peau couverte d’écailles, maladie qui