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à pourvoir à toute la subsistance de la famille. El.es ne sont pas plus avares de leurs faveurs que les femmes des Sioux ; seulement les maris exigent qu’on teur demande lear consentement.
Les Indiens Shoschonies forment une tribu de la nation dite Zndiens- Serpents, dénomination vague sous laquelle on comprend tous les habitants des contrées méridionales des montagnes Rocheuses, ainsi que des plaines qui s’étendent sur les deux côtés. Cette tribu compte 900 guerriers, et peut-être 44,000 individus. Ils vivaient autrefois dans les plaines du Missouri ; mais les Pawkies, ou Indiens voleurs, les ont chassés dans les montagnes, d’où ils ne sortent plus qu’à la dérobée pour visiter la terre de leurs ancêtres. Depuis le milieu de mai jusqu’au commencement de septembre, ils résident auprès des eaux de la Columbia, où ils se regardent comme à l’abri des attaques des Pawkies. Comme le saumon, leur principal aliment, disparaît au commencement de l’automne, ils sont contraints à chercher leur subsistance sur les bords du Missouri ; mais ils n’avancent de ce côté qu’avec beaucoup de précaution et lorsqu'ils ont été joints par quelques tribus alliées. Après avoir chassé au buffle pendant l'hiver, le retour de la belle saison les ramène au bord de la Columbia. Dans cet état nomade et précaire, ils éprouvent des besoins extrêmes. Il se passe souvent des semaines entières sans qu’ils trouvent d'autre nourriture qu’un peu de poisson et de racines. Cependant ces privations ne sont pas capables d’abatire leur courage ou de diminuer leur bonne humeur. Cette tribu a de la dignité dans son état de détresse. Francs et communicatifs, ils mettent de la candeur dans les partages, et l’expédition n’a pas vu un seul exemple de vol ou de fraude, quoiqu’on exposât à leurs veux un grand nombre d’objets nouveaux qui pouvaient tenter la cupidité. Tout en partageant avec leurs hôtes ce qu'ils possédaient, ils se gardaient bien de demander la moindre chose. Les Shoschonies aiment les habits somptueux, ils recherchent les amusements, surtout les jeux de hasard, et, comme d’autres Indiens, ils se vantent de leurs exploits guerriers vrais ou faux. Chaque individu est son propre maître, et la seule gêne imposée à sa conduite, c’est l'avis d’un chef qui exerce sur les opinions de la tribu une autorité de persuasion. L'homme a la propriété absolue de ses femmes et de ses filles ; cependant on ne frappe jamais les enfants, de crainte d’affaiblir l’indépendance de leur esprit. La polygamie est commune chez ce peuple; mais les femmes qui appartiennent au même homme ne sont pas généralement des sœurs, comme chez les Minetaries,
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maux sont généralement d’une belle taille, vigoureux et endurcis contre les fatigues comme contre la faim. Semblable à l’Arabe, l’Indien a un ou deux chevaux attachés jour et nuit à un pieu auprès de sa cabane, afin d’être toujours prêt à agir. On dit que cette race de chevaux vient originairement des Espagnols, mais les Indiens en élèvent maintenant euxmêmes. Ils ont aussi des mules qui viennent des Espagnols. Ils en fon tant de cas, qu’une bonne mule vaut chez eux deux ou trois chevaux; il est vrai qu’elles sont d’une belle espèce.
L’analogie de langage, de mœurs et de coutumes entre les Osages, les Kansas, les Missouris, les Mahaws ou Mahas, et les Ottos, indique une origine commune; tous paraissent avoir émigré des régions du nord-ouest, et s’être séparés par le besoin de pourvoir à leur subsistance en poursuivant le gibier dans des contrées lointaines et moins peuplées.
Les Mahaws, les Missouris et les Oltos affectionnant les bords du Missouri, après avoir souffert beaucoup par les atlaques perpétuelles des Sioux, ont été finalement presque détruits par les ravages de la petitevérole que les blancs leur apportèrent.
Les Kansas et les Osages, en se pc’tant plus à l’est, se sont trouvés en collision avec les Ayonas, les Saques, les Potowatomies, les Shawanées, même avec les Chikkasah et les Chactah ou Chactas.
Le gouvernement de ces nations forme une espèce d’oligarchio républicaine, présidée par des chefs, la plupart héréditaires, mais qui souvent sont éclipsés par des guerriers illustres. Toute affaire importante est soumise à l’assemblée des guerriers, qui décident à la majorité des voix. Le peuple est divisé en trois classes. Le gros de la nation se compose de guerriers ou chasseurs ; les jongleurs et les cuisiniers forment les deux autres classes. Les jongleurs, qui sont en même temps prétres et magiciens, ont une grande influence sur les affaires publiques'par leurs divinations, leurs sortilèges, et par l'interprétation des rêves. Quoi qu’il en soit, ils se montrent assez bons jongleurs. Ils s’enfoncent de larges couteaux dans la gorge
en répandant le sang à gros bouillons ; ils insèrent des bâtons aigus dans leur nez, ou ils rejettent par les narines des os qu’ils ont avalés auparavant ; d’autres percent leur langue d’un bâton, et se la font couper pour rejoindre ensuite les morceaux, sans qu’il reste aucune trace de l’opération. Les cuisiniers sont au service du public, ou attachés à quelque personnage marquant. Ce sont quelquefois d'anciens guerriers qui, se trouvant affaiblis par l’âge ou accablés d’infirmités, et ayant perdu toute leur famille, se voient obligés d’embrasser cette profession ; chargés en même
temps des fonctions de crieurs publics, ils convoquent les chefs aux conseils ou aux festins.
Les mets ordinaires des Osages sont des épis verts de maïs préparés avec
de la graisse de bison, des citrouilles bouillies et des viandes. Ils sont hospitaliers par ostentation. Lorsqu’un étranger entre dans un village, l'usage veut qu'il se présente d'abord à la cabane du chef, qui lui sert un repas où son hôte mange le premier, à la manière des :nciens patriarches. Ensuite 4 tous les personnages les plus importants du village invitent l'étranger, et ce serait leur faire une grande insulte que de nc point obéir à l’appel ; en sorte que dans une même après-dinée on peut reccvoir douze ou quinze invitations ; c’est le cuisinier qui les fait, en criant : « Venez et mangez, un tel donne un festin ; venez et jouissez de sa libéralité. » Les cabanes, dans les villages, sont dressées sans ordre, et quelquefois
si rapprochées qu’elles obstruent le passage. Pour surcroît d’embarras, les chevaux parquent la nuit au milieu des rues, lorsqu'on a lieu de craindre que l’ennemi ne rède dans le voisinage. Du reste, leurs habitations sont fraiches et très-propres.
Les Osages sont redoutés comme une nation brave et bell‘queuse par les peuplades au sud et à l’ouest de leur territoire ; mais ils ne s&uraient lutter avec les guerriers des nations septentrionales, munis de bons fusils rayés, et envers lesquels ils jouent sagement les rôles de quakers du désert, en continuant de faire une guerre implacable aux sauvages de l'occident, nus ei sans défense, ou seulement armés de flèches et de lances. Les Osages, autrefois si puissants, ne comptent plus maintenant que 3,000 guerriers, divisés en plusieurs bandes. Ils se distinguent des autres Indiens par une taille élevée, des formes élégantes et une couleur de peau rouge-brique. Leur crâne est large dans sa partie inférieure, étroit, mais fort élevé, dans sa partie supérieure ; les pommettes de leurs joues sont très-saillantes, et ils ont tous l’occipital comprimé ; et comme cette disposition est une beauté parmi eux, les mères lient toujours leurs nouveaunés sur une planche pour leur aplatir ainsi tout le derrière de la tête. Chez eux, la dignité de chef est héréditaire, et passe avec le nom de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Si l’héritier est en has âge, le plus proche parent est déclaré tuteur, et si celui-ci est bon chasseur et bon guerrier, il lui arrive souvent de prendre la place de son pupilie. Le chef a ses conseillers, vieillards distingués par leur sagesse. Les Kansas, sur la rivière de leur nom, quoique moins nombreux que les Osages, sont plus redoutables par leur courage, et font quelquefois
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Les Li-Panis, autrefois établis près de la mer, errent depuis le Rio- Gran.le jusque dans l’intérieur du pays de Texas, et vivent en paix avec les Espagnols du Mexique ; mais ils font la guerre aux Tetans et aux Apaches. Ils ont les cheveux blonds, et sont généralement de beaux hommes, formant environ 800 guerriers, divisés en trois bandes. Ils donnent la chasse aux Chevaux sauvages, et les domptent pour les vendre ensuite aux Américains. Îls paraissent être une branche des Panis. La lance, l'arc et les | flèches sont leurs seules armes. |
Les Panis ou Pawnées, appeiès Padoucas par ‘es Espagnols, forment une nation nomhreuse, disséminée sur les bords d':: rivières Plate et Kansas, et divisée en trois branches principales, savoir : les grands Panis, les Panis républicains, et les Panis loups, qui quelquefois se font la guerre. | Ils ont la stature haute et élancée, les os des joues fort nroéminenis, et la prononciation gutturale. Leur langage a plus de rapport avec celui des Sioux qu'avec l’idiome des Osages. Leur gouvernement a la forme d’une aristocratie féréditaire, comme chez les Osages, mais ils sont moins policés, La chasse du bison, qui abonde dans leur territoire, ne ies empêche pas de s’appliquer à la culture des champs, ni de penser à l’avenir, en faisant des provisions pour l'hiver. Ils coupent les citrouilles en tranches fort minces, qu’ils font sécher au soleil, afin d’avoir de quoi donner à leur soupe quelque consistance pendant toute l’année. Ils ont des troupeaux d'excellents chevaux, doit ils prennent le plus grand soin ; cependant ils font la guerre à pied, en cherchant des positions où ils nuissent se servir avec avantage de leurs armes à feu. Les maisons sont de forme ronde, avec une saillie vers la porte; chaque membre de la famille a sa chambre particulière. Ils aiment les jeux d’exercice, auxquels ils se livrent dans des places publiques de 230 à 260 mètres de long, préparées exprès de chaque côté du village.
Les Telans ou Lelans, établis sur le bord de la haute rivière Rouge, de PArkansas, et près du Rio-del-Norte, étendent leurs courses vers le sud jusqu’à la basse rivière Rouge, vers l’est au territoire des Panis et des Osages, vers le nord dans des pays occupés par les Yutas, les Kiaways et d’autres nations encore peu connues ; et, vers l’ouest, elles ne se bornent pas toujours aux frontières du Nouveau-Mexique. Dans ce pays, on les désigne sous le no: de Comanches ou Cumanches. Les Tetans sont armés d’arcs, de flèches, de lances, de frondes, de boucliers, et sont très-bons cavaliers ;
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souvent ils ont appris aux Espagnols à trembler devant eux, en laissant des traces effrayantes de leurs incursions.
Les Artkaras, qui demeuraient jadis sur les bords du Missouri, en furent chassés par les Sioux ; ils vivent aujourd'hui à l’ouest dit Mississippi. Ces Indiens passent pour les plus sauvages de la contrée qu’ils habitent. Ils se sont toujours montrés peu fidèles à tenir leurs promesses ; ils manifestent même une haine invétérée pour les blancs. et tuent tous ceux qu’ils rencontrent. Cependant, depuis qu’ils sont réduits au nombre d’environ 2,009, ils commencent à sentir la nécessité de vivre en paix avec les blancs. fls ont, il y a quelques années, offert de cultiver des terres si le gouvernement américain leur en concédait.
Les Cheyennes passent pour les plus beaux de tous les peuples que nous venons de nommer. É.curs femmes sont remarquables par leur beauté et par la délicatesse de 'eurs traits. Îls ont quitté les bords du Missouri pour errer entre la Plate et l’Arkansas, pris des montagnes Rocheuses, On évalue leur nombre à 2,640 individus.
Les Arépabas, au nombre de 3,600, sont moins belliqueux que les Cheyennes. L’arc et la flèche sont leurs principales armes à la guerre ct à ia chasse au bison. Un très-pelit nombre d'entre eux se sert d’armes à feu et de munitions que leur fournissent les marchands américains en échange de robes et de pelleteries. Bons cavaliers, ils s’élancent au galop au milieu d’un troupau de bisons, et tuent ces animaux à coups de flèche. Autrefois ils vivaient sur le Marias-River, près des fourches du Missouri; mais ils se sont éloignés vers l’ouest depuis longtemps.
La tribu des Azaches est la plus considérable, la plus belliqueuse de toutes les tribus sauvages du Nouveau-Mexique. Elle se divise en plusieurs hordes et occupe un espace immense. La province mexicaine de Chihuahua est le théâtre habituel de ses déprédations. Pas un des villeges de cet État jadis si florissant n’a échappé à l’invasion de ces bandes de maraudeurs.
Mais de toules les peuplades sauvages qui habitent les territoires de l'Ouest, la plus ardente, la plus redoutable est celle des Comanches ou Cumanches, qui peut-être sont de même origine que les Tétans. Cette tribu qui s'intitule elle-même la Reine des prairies, ne considère les autres que comme des vassales. Plus prudente que celles qui l’environnent elle a fui le danger des liqueurs fortes, et repousse loin d'elle tous les spiritueux. Les Comanches se divisent en une quantité de petits clans qui sont tous placés sous la direction d’un chef spécial; ils sont d’une habileté équestre que rien n'égale, et peuvent être, sous ce point, comparés aux Arabes; ils manient
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Ces invasions atroces sont si régulières que, dans le calendrier des Comanche, le mois de septembre s’appelle le mois mexicain. Ils arrivent par bandes de deux ou trois centshommes et pénètrent chaque année plus avant dans ce malheureux pays.
Considérations générales sur les Etats-Unis de l'Amérique septentrionale
L’immensité et la richesse des contrés que nous venons de parcourir , le nombre de villes et de républiques naissantes que nous avons indiquées, la grande lutte entre la civilisation et l’état sauvage que nous avons tracée, tout a dù faire pressentir à nos lecteurs les hautes destinées de la nation anglo-américaine. En contemplant cette nouvelle Europe, qui successivement peuple et remplit les antiques solitudes des Alleghanys, du Mississippi et du Sacramento, ils ont dù être tentés quelquefois de s’écrier avec avec un poëte américain: « Salut, à grande république qui embrasse un monde ! Salut, empire naissant de l'Occident ! »
Haïil, great Republic of a World!
Thou rising Empire of the West!
Peut-être s’attend-on à nous voir esquisser ici la situation morale et politique de cette fédération d’États , et discuter ou concilier les opinions contraires que plusieurs écrivains distingués ont émises sur le caractère, les ressources et l’avenir des Anglo-Américains ; mais cette tâche nous mènerait trop loin. Bornons-nous à quelques traits. Ces États ou républiques se gouvernant chacune par ses autorités locales, pour tout ce qui regarde les relations civiles et municipales, mais sujettes à une autorité centrale pour tout ce qui concerne la défense commune, la politique extérieure et les douanes; ce congrès, divisé en deux chambres qui partagent le pouvoir
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législatif, mais qui n’offrent entre elles aucun contre-poids naturel, puisqu’elles se composent également l’une et l’autre de représentants élus et amovibles ; ce président, sans éclat, sans revenus, n’ayant sur tous les points, la nomination aux offices exceptée, qu’un pouvoir partagé et dépendant, chargé de conclure avec les puissances étrangères des traitésqui ont vesoin d’être ratifiés par les deux tiers du sénat; tout cet assemblage si compliqué de rouages si faibles, semble une anomalie politique à nos hommes d’État européens, accoutumés à raisonner sur la balance des intérêts stables et permanents qui naissent d’une royauté héréditaire, d'une anistocratie de naissance et de propriété, Le gouvernement général des États-Unis est en effet une machine très-imparfaite ; c’est un résultat de circonstances fortuites, et non pas d'un choix raisonné; c’est un compromis entre le système de la démocratie une et indivisible, soutenu par le parti agricole , et le systême d’une simple fédération de démocraties indépendantes, préférée par le parti commercial. Les législateurs qui posèrent les bases de cette espèce de transaction n’avaient pas un pouvoir suffisant pour donner à leur patrie les meilleures lois possibles ; ils lui donnèrent les meilleures qu’il st possible de faire adopter par les partis existants.
Les révolutions inévitables dans une société qui n’a pas achevé sa constitution, changeront sans doute la face de la Fédération anglo-américaine; mais ces révolutions n’y produiront aucun des résultats prédits par les politiques de l’Europe, qui ont pu rêver autrefois un retour vers la monarchie, sous une branche cadette de la maison d'Angleterre, ou bien ce qui était encore plus improblable, la soumission des États-Unis à une autre puissance envahissante. Enfin il ne nous parait pas moins impossible que dans un État où les fortunes sont distribuces avec égalité, où les routes de la considération sont ouvertes à tout le monde, il so forme une aristocratie héréditaire, assez unie d’intérêts, assez séparée du reste de la nation pour devenir dangereuse à la liberté publique. Le trait de caractère qu’on reproche le plus aux Anglo-Américains, amour effréné de l'argent, s'oppose directement à l'introduction des illusions chevaleresques, et ce vice moral produit ici l'effet d’une vertu politique. Les négociants et es cultivateurs anglo-américains ne comprennent d’autres vues politiques que celles quise dirigent sur les intérêts positifs du commerce et de l’agriculture. Cette dispositon des esprits empêche également beaucoup de bien et beaucoup de mal.
Des politiques qui ne croient pas que la liberté puisse s’allier avec l'amour de l’orde et le dévouement patriotique, ont cru voir dans l’agglomération
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des États anglo-américains des germes de division et peut être même de despotisme. Une population européenne formée de différentes nations qui, sous le rapuort des idiomes, appartiennent à quatre souches premières, a sans doute été la base sur laquelle se sont appuyés ceux qui se sont plu à voir en noir l’avenir des Etats-Unis. En effet, les quatres souches principales de la population anglo-américaine sont : la souche germanique, qui comprend les Anglais, formant à cux seuls presque les trois quarts de tout le peuple de l’Union; ies Allemands, wès-nombreux dans la Pennsylvanie, les États de New-York, de New-Jersey, de l'Ohio, et dans d’autres États occidentaux ; les Æollandais, qui habitent aussi les mêmes pays, mais qui sont en très-petit nombre @a::s la Pennsylvanie et dans les trois dernicrs États; enfin, les Suédois ex ies Suisses, les moins nombreux de tous, qui habitent les mêmes pays; ainsi que le Maryland et l’Indiana. La souche celtique se compose d’rlandais, de Gallois et d'Écossais, répartis dans les États du centre et dans la Pennsylvanie, ie New-York et le Kentucky. A la souche gréco-latine appartiennent les Français, les Italiens et les Espagnols ; les premiers sont les plus nombreux, et habitent principalement la Louisiane, l'Illinois et le Mississippi. Enfin, à la souche sémitique appartient la faible population juive, établie à New-York, à Philadelphie, à Charlestown et à Savannah.
Un schisme entre les États est la supposition favorite de ceux qui rêvent l’anéantissement de la Fédération. Ce schisme serait assez probable si les intérêts des États de l’est ou de la Nouvelle-Angleterre, ceux des États du midi et ceux des États du centre étaient tout-à-fait distincts et séparés ; mais quoique ces trois grandes divisions de la Fédération offrent en général un contraste marqué dans les mœurs et les idées, contraste que nous avons indiqué en les décrivant, il existe entre eux des liens d'intérêts très-forts : la Nouvelle-Angleterre a besoin des denrées de la Caroline et de la Virginie ; celles-ci tirent du nord leurs constructions navales etles produits de plusieurs fabriques. Les États du centre, menacés par le Haut-Canada, ne se sentent pas assez forts pour se passer de l’appui de leurs frères de la côte atlantique. Soutenu par ces faits simples et évidents, leraisonnement des politiquesaméricains contre un schisme acquiert peu à peu la forced’une opinion nationale.
Si l'accroissement de la république tend d’un côté à provoquer une séparation, cet accroissement est d’un autre côté accompagné de circonstances qui contribuent à cimenter l’union. Le mélange continuel de la population efface la différence des mœurs; des lumières uniformes se répandent dans toutes les grandes villes, et, depuis la guerre sur les lacs du Canada, tous
les États, même ceux de l’ouest, réclament en commun cette gloire navale naissante et que la vanité des Anglo-Américains ne cesse d'exalt r.
Ainsi la nature et les hommes, les vertus et les vices, les lumières et Les préjugés, tout concourt à préserver la Fédération du sort que des écrivains passionnés lui ont trop légèrement prédit, Mais les sociétés oni, comme les individus, leurs moments de crise et leurs maladies de croissance. L'Amérique fédérée pourra donc éprouver quelques secousses intérieures, suites nécessaires de l’accroissement sucesssif du territoire, de la populution, des richesses et des lumières. Ces secousses même ne feront que hâter le développement successif de ce corps politique, si plein de vie et d'énergie.
Quelques mots sur l’origine et l'accroissement de cette république, sur sa constitution, sur l’état de son instruction, sur la marche rapide de son industrie, compléteront ce que nous nous proposons de dire.
La paix de 1763 avait rendu l’Angleterre maîtresse de toute l'Amérique septentrionale jusqu’au Mississippi. Les colons anglais sentirent leur force; les tentatives que le gouvernement fit paur les soumettre à des taxes nouvelles excitèrent les feux cachés de la rébellion. La bataille de Bunkers- Hill, en 1775, apprit aux hommes prévoyants combien les Américains seraie :t difficiles à vaincre sousle prudent et valeureux Washington. Bientôt on vit le sage Franklin poser les bases de la constitution. L’indépendance fut proclamée le 4 juillet 4776. La France et l'Espagne conclurent une alliance avec la nouvelle république. Les Anglais, après avoir vu leurs armes humiliées par les défaites de Rurgoyne et Cornwallis, reconnurent l'indépendance des Etats-Unis, compusés alors de 43 provinces. La Louisiane, colonie française embrassant les territoires situés à l’oucst du Mississippi, fut achetée à la France en 1803. La Floride fut achetée à l'Espagne en 1819, et admise dans l'Union en 1845. Le Texas fut incorporé en 1845. Le Nouveau-Mexique et la Californie furent acquis par un traité ratifié en 1848, avec la république du Mexique. Les autres États se sont joints volontairement à l’Union, et ont été admis dans son sein à des époques différentes. Le Maine a été détaché du Massachusetts en 1820, et reconnu comme État indépendant. Le Vermont a été détaché du territoire de New-York en 4790 : il en est de même de la plupart des autres Etats formés depuis l'acceptation de la constitution par les treize Etats primitifs.
La confédération anglo-américaine, qui prend le nom d'Union, ou d'États- Unis de l'Amérique septentrionale, et que l’on désigne simplement sous celui d’ États-Unis, forme aujourd’hui la principale puissance du Nouveau- Monde. A l’époque où son indépendance fut reconnue, sa population n’était
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que de 2,500,000 habitants; l'influence d'un gouv.: nement libre, d'une industrie chaque jour croissante, et d’un commerce important avec toutes les nations du monde, l’a presque décuplée dans l'espace de trois quarts de siècle. On compte aujourd’hui, d’après le recensement officiel de 1850, aux Etats-Unis, 23,347,498 habitants, dont 3,179,589 esclaves, Nous observons que l'esclavage est aboli, ou n’existe plus dans 45 Etats, et tout fait espérer qu’un jour viendra où cette barbare exploitation de l’homme par l'homme, disparaîtra entièrement de l’Union américaine,
Le territoire anglo-américain comprend un district fédéral, celui de Colombia, renfermant la capitale, 31 États et 6 ferriloires. Son étendue est de 405,325 lieues géographiques carrées.
Chacun des Etats est une république indépendante pour tout ce qui regarde les affaires locales, ayant son budget particulier, et est administré par un gouvernement électif et une assemblée législative. Ils sont divisés en comtés, mais leur nombre varie volontiers. La réunion des 31 Etats forme la confédération. Les territoires ne peuvent être annexés à la confédération que lorsqu’ils comptent 60,009 habitants, et que le congrès les y a admis. L'administration y est différente de celle des Etats; les citoyens n’y jouissent pas des mêmes prérogatives. Chaque territoire est administré par un gouverneur, que nomme le président de la république; il est assisté d’un secrétaire et d’un conseil. Les pouvoirs législatifs résident dans un congrès composé d’un sénat et d’une chambre de représentants, Les sénateurs, au nombre de deux pour chaque Etat, sont nommés pour six ans, et sont divisés en trois séries, qui se renouvellent tous les deux ans; ils doivent être âgés de trente ans. Les représentants, qui doivent en avoir au moins vingt-cinq, sont élus par le peuple à raison d’un par 47,700 habitants ; dans les Etats à esclaves, cing esclaves sont comptés comme frois hommes libres dans la répartition à faire. Le pouvoir exécutif est confié à un président et à un vice-président, élus pour quatre ans, et nommés par un nombre d’électeurs égal à celui des sénateurs et des représentants réunis, et que chaque Etat envoie au congrès à cet effet. Le président doit être âgé de trente-cinq ans; le vice président est choisi par le sénat parmi les deux autres candidats qui ont réuni le plus de suffrages. Le traitement du premier est de 125,000 fr; celui du vice-président est de 30,000 fr. Cedernier préside le sénat, mais il n’y a droit de suffrage que lorsque les votes sont partagés. Si le président vient à mourir, le vice-président remplit les fonctions de président jusqu'à l'expiration des quatre années de la présidence. Le congrès s’assemble au moins une fois tous les ans. Les représentants
reçoivent du trésor une indemnité de 8 dollars par jour, mais ils ne peuvent occuper aucun emploi du gouvernement. Les bills d'impôts sont proposés par la chambre des représentants; le sénat peut y faire les changements qu’il juge convenables. Tout bill doit être approuvé par le président. Lorsque celui-ci le renvoie avec des objections, il n'a force de loi que s’il passe dans les deux chambres à la majorité des deux tiers des membres. Si le président ne le renvoie pas au congrès dans les dix jours qui suivent sa présentation, le bill est censé approuvé. Le congrès propose des amendements à la constitution toutes'les fois que les deux tiers des deux chambres le trouvent nécessaire, ou à la demande des deux tiers des législateurs des divers Etats.
Le gouvernement de Washington se divise en six départements, qui sont le ministère des affaires étrangères, le ministère des finances, le ministère de l'intérieur, le ministère de la guerre, le ministère de la marine et le département des postes. À ces six ministères, est adjoint le procureur général. Chaque État a ses tribunaux et ses magistrats. Le pouvoir judiciaire, dans le gouvernement central, est un pouvoir tout politique, vomposé d’une cour suprême, chargée de juger tous les cas difficiles qui s’élèvent relativement à la conduite des ambassadeurs ou des agents consulaires, toutes les contestations qui s'élèvent entre divers États et entre les citoyens des divers États. A cette cour suprême, sont adjointes des cours fédérales, connues sous le nom de Cours de circuil, chargées de juger souverainement les causes peu importantes, ou de statuer en première instance sur des contestations difficiles. Les États-Unis sont divisés en 9 circuits judiciaires. La Cour suprême siége à Washington.
Les dépenses pour les affaires étrangères s'élèvent à 500,000 dollars (2,625,000 francs); les employés du ministère sont fort peu nombreux, on n’en compte que 14. Les agents diplomatiques sont de deux classes : les ministres plénipotentiaires, aujourd’hui au nombre de 40, et les chargés d’affaires, au nombre de 17, En outre, le gouvernement de l’Union entretient dans les grandes villes des consuls et des agents commerciaux.
Le département de l’intérieur a une administration très-compliquée et même un peu confuse. Il a un caractère judiciaire et législatif, non moins qu'exécutif; il a la justice sous sa direction, la direction des affaires indiennes, et l’agriculture; les travaux publics lui échappent, et il ne fait que surveiller et conserver les bâtiments au service de l'État. Son budget est d'environ 7,000,000 de dollars (37,450,000 francs).
IL y a deux genres d'armées aux États-Unis : l’une permanente, qui, en
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