‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 146 · PL ET · texte numérisé non relu

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avoir produit les mêmes effets sur les races animales. Les deux variétés dn genre des bœufs qui habitent les plateaux de Californie et les savanes du Missouri n’ont ni les mœurs ni les traits du farouche buffle de Cafrerie. Le mouton sauvage et le lama, cet animal intermédiaire entre le mouton et le chameau , aiment, comme leurs prototypes dans l’ancien continent, les pâturages des déserts. Tout est analogue dans les deux mondes, mais rien n’y est identique.

Après avoir admis une création animale particulière pour l'Amérique comme pour la Nouvelle Hollande, devons-nous reconnaître dans les Américains une race humaine distincte d’origine? Nous ne sommes pas obligé de discuter cette question, étrangère à l’histoire positive : l’histoire ne remonte pas à cette époque primitive ; mais nous devons reconnaître comme un fait que la race américaine, quelle que soit son origine, forme aujourd’hui, par ses caractères physiques comme par ses idiomes, une classe essentiellement différente des autres portions du genre humain. Une longue suite d'observations physiologiques a démontré cette vérité. Les naturels de cette partie du globe sont en général grands, d’une charpente forte, bien proportionnés et sans vices de conformation. Ils ont le teint bronzé ou d’un rouge cuivré, comme ferrugineux et très-semblable à la cannelle ou au tannin; la chevelure noire, longue, grossière, luisante et peu fournie; la barbe rare et semée par bouquets, le front court, les yeux allongés et ayant le coin dirigé ar en haut vers les tempes, les sourcils éminents, les pommettes avancées, le nez un peu camus, mais prononcé, les lèvres étendues, les dents serrées et aiguës; dans la bouche, une expression de douceur qui contraste avec un regard sombre et sévère ou même dur ; la tête carrée, la face large sans être plate, mais s’amincissant vers le menton; les traits, vus de profil, saillants et profondément sculptés ; la poitrine haute, les cuisses grosses, les jambes arquées, le pied grand, tout le corps trapu. L’anatomie nous fait encore reconnaître dans leur crâne des arcs sourciliers plus marqués, des orbites plus profondes, des pommettes plus arrondies et mieux dessinées, des tempes plus unies, les branches de la mâchoire inférieure moins écartées, l’os occipital moins bombé, et une ligne faciale plus inclinée que chez la race mongole, avec laquelle on a voulu quelquefois les confondre. La forme du front et du vertex dépend le plus souvent d’efforts artificiels; mais indépendamment de l’usage de défigurer la tête des enfants, . il n’y a pas de race sur le globe dans laquelle l'os frontal soit plus déprimé en arrière. Le crâne est ordinairement léger.

Tels sont les caractères généraux et distinctifs de toutes les nations amé-

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ricaines, à l'exception peut-être de celles qui occupent les régions polaires aux deux extrémités. Les Esquimaux hyperboréens, ainsi que les Puclches méridionaux, sont au-dessous de la taille moyenne, et présentent dans leurs traits et dans leur conformation la plus grande ressemblance avec les Samoyèdes ; les Abipons, et plus encore les Patagons au sud, ont une stature presque gigantesque. Cette constitution forte et musculeuse, jointe à une forme élancée, se retrouve en quelque sorte chez les habitants du Chili, ainsi que chez les Caraïbes qui habitent les plaines du delta de l’Orénoque jusqu'aux sources du Rio-Blanco, et chez les Arkansas, que l’on compte parmi les sauvages les plus beaux de ce continent,

Les raisonnements sur les causes de la variété des couleurs de la peau humaine échouent ici contre l'observation, puisque la même teinte cuivrée ou bronzée est commune, avec de très-petites nuances, à la généralité des nations d'Amérique, sans que le climat, le sol on la manière de vivre paraissent y exercer la moindre influence. Citera-t-on les Zambos, appelés jadis Caraïbes, à l’île Saint-Vincent? Ils exhalaient en effet cette odeur forte et désagréable qui semble appartenir aux nègres ; leur peau noirâtre présentait au toucher la même mollesse soyeuse qu’on observe notamment sur les nations cafres ; mais ils descendaient d’un mélange des naturels avec la race africaine : les véritables Caraibes sont rouges. Le coloris des indigènes du Brésil et de la Californie est foncé, quoiqu'ils vivent, les uns dans la zone tempérée et 1es autres près du tropique. Les indigènes de la Nouvelle- Espagne, dit M. de Humboldt, ont le teint plus basané que les Indiens de Quito et de la Nouvelle-Grenade, qui habitent un climat entièrement analogue : nous voyons même que les peuplades éparses au nord du Rio-Gila sont plus brunes que celles qui avoisinent l’ancien royaume de Guatemala. Les peuples de Rio-Negro sont plus basanés que ceux du Bas-Orénoque, et cependant les bords du premier de ces deux fleuves jouissent d’un climat plus frais. Dans les svrêts de la Guiane, surtout vers les sources de l'Orénoque, vivent plusieurs tribus blanchätres qui ne se sont jamais mêlées avec les Européens, et se trouvent entourées d’autres peuplades d’un brun noirâtre. Les Indiens qui, dans la zone torride, habitent les plateaux les plus élevés de la Cordillère des Andes, ceux qui, sous les 45° de latitude australe, vivent de la “êche entre les îles de l'archipel des Chonos, ont le teint aussi cuivré que ceux qui, sous un ciel brûlant, cultivent des bananes dans les vallées les plus étroiiss st les plus profondes des régions équinoxiales. Il faut ajouter à ceïa que les ‘diens 179ntagnards sont vêtus et l'ont été longtemps ayant la <:nautie, tandis qe les indigènes qui errent

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dans les plaines 8°: tout nus, et par conséquent toujours exposés aux rayons perpendiculaires du soleil, Partout on s'aperçoit que la couleur de l'Américain dépend très-peu de la position locale duns laquelle nous te voyons actuellement; et jamais, dans un même individu, les parties du corps couvertes ne sont moins brunes que celles qui se trouvent en contact avec un air chaud et humide, Les enfants ne sont jamais blancs en naissant; et les caciques indiens qui jouissent d’une certaine aisance, qu #0 tiennent vêtus dans l’intérieur de leurs maisons, ont toutes les parties de leur corps, à l'exception de l’intérieur de leurs mains et de la plante de pieds, d’une même teinte rouge-brunâtre ou cuivrée,

Cette couleur foncée se soutient jusqu’à la côte la plus proche de l'Asie. Seulement, sous ies 54 10° de latitude boréale, au milieu d’Indiens à teint cuivré ot à petits yeux très-allongés, on a cru distinguer une tribu qui a de grands yeux, des traits européens et la peau moins brune que les paysans de nos campagnes. Michikinakou, chef des Miamis, a parlé à Volney d'Indiens du Canada qui ne brunissent que par le soleil et par les graisses et les sucs d'herbes avec lesquels ils se frottent la peau. Selon le major Pike, les intrépides Ménomènes se distinguent par la beauté de leurs traits, par des yeux grands et expressifs, et par un teint plus clair que celui des autres bandes de Chipeouays. Leur physionomie respire à la fois la douceur et une noble indépendance, Ils sont tous bien faits et d'une taille moyenne. Les Li-Panis ou Panis-Loups, qui errent, au nombre d'environ 800 guerriers, depuis les bords du Rio-Grande jusque dans l’intérieur de la province du Texas, au Nouveau-Mexique, ont les cheveux blonds et sont généralement de beaux hommes. D'après Adolphe Decker, qui, en 1624, accompagna l'amiral hollandais l’Ermite autour du cap Horn, il y aurait également, dans la Terre-de-Feu, des habitants qui naissent blancs, mais qui se peignent le corps en rouge et de diverses autres couleurs. Ces faibles anomalies, bien avérées, ne tendraient qu’à mieux prouver que, malgré la variété des climats qu’habitent les différentes races d’hommes, la nature ne dévie pas du type auquel elle s’est assujettie depuis des milliers d'années.

La barbe, qu’on avait voulu refuser aux Américains, leur est assurte aujourd’hui. Les Indiens qui habitent la zone torride de l'Amérique méridionale en ont généralement tn peu, et elle augmente lorsqu'ils se rasent; cependant beaucoup d’individus naissent dénués de barbe et de poils. Galeno nous apprend que, parmi les Patagons, il y a plusieurs vieillards qui ont de la barbe, quoique courteet peu touffue. Presque tous les Indiens, dans les environs de Mexico, portent de petites moustaches que des voya-

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