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le chemin d’Acapulco, sur le Grand-Octan, on parvient aux régions tempérées en moins de 47 lieues de distance, et l’on n’y fait ensuite que monter et descendre jusqu’à la mer.
La Cordillère des Andes, qui traverse l’isthme de Darien, se trouve tantôt rapprochée de l’océan Pacifique, tantôt des côtes du golfe du Mexique. Dans l’Amérique-Centrale, la crête de ces montagnes, hérissée de cônes volcaniques, longe la côte occidentale depuis le lac de Nicaragua jusqu’à la baie de Tehuantepec ; mais dans l’État d’Oaxaca, entre les sources des rivières Chimalapa et Quartanaleo, elle occupe le centre de l’isthme mexicain. Depuis le 48e degré et demi jusqu’au 24e degré de latitude, dans les États de la Puebla et du Mexico, depuis la Mirteca jusqu’aux mines de Zimapan, la Cordillère se dirige du sud au nord, et se rapproche des côtes orientales. C’est dans cette partie du grand plateau d’Anahuac, entre la capitale de Mexico et les petites villes de Cordoba et de Xalappa, que paraît un groupe de montagnes volcaniques rivalisant avec les cimes les plus élevées du continent. M. de Humboldt en a mesuré les principales, Le Popocatepell, c’est: à-dire Montagne-Fumante, nommée par les Espagnols le Grand-Volcan, a 5,400 mètres de hauteur ; l’Isfacci-huatl, ou Femme-Blanche, la Sterr'a- Nevada des Espagnols, 4,786; le Citlaltepetl, ou Montagne-Etoilée, autrement nommée le Pic-d'Orizaba, 5,295; le Nevado de Toluca, 4,607, et le Nauh-campa-tepetl, ou Coffre de Perote, k,088 mètres 1.
Plus au nord du 49e parallèle, près des mines célèbres de Zimapan ct du Doctor, situées dans l'État de Querctaro, la Cordillère prend le nom de Sierra-Madre, en mexicain Tépé-suenne; s’éloignant de nouveau de la partie orientale du Mexique, elle se porte au nord-ouest vers les villes de San-Miguel-el-Grande et Guanaxuato. Au nord de cette dernière ville, regardée comme le Potosi du Mexique, la Sierra-Madre prend une largeur extraordinaire ; bientôt elle se partage en trois branches, dont la plus oriene tale se divise vers Charcas et Real de Catorce, pour se perdre dans le Nouveau-Léon. La branche occidentale occupe une partie de l’État de Xalisco. Depuis Bolanos, elle s’abaisse rapidement et se prolonge, par Culiacan et Arispe, dans le Sonora, jusqu'aux bords du Rio-Gila. Sous le 30e degré de latitude, elle acquiert cependant de nouveau nne hauteur considérable dans le Tarahumara, près du golfe de Californie, où elle forme les montagnes de la Haute Pimerie ( Pimeria alta ), célèbres par des lavages d’or considérable. La troisième branche de la Sierra-Madre, que l'on peut
1 À. de Humboldt : Tableau des Régions équatoriales; p. 148. Vues et Monuments; page 233.
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regarder comme la chaîne centrale des Andes mexicaines, occupe toute l'étendue de l’État de Zacatecas. On peut la suivre, par Durango et le Parral, dans le Chohahuila, jusqu’à la Sierra de Los Mimbres, située à l’ouest du Rio-Grande-del-Norte ; de là elle traverse le Nouveau-Mexique et se joint aux montagnes de la Grue et à la Sierra-Verde. Ce pays montueux, situé sous le 40e degré de latitude, a été examiné, en 1777, par les PP. Escalaste et Fond ; il donne naissance au Rio-Gila, dont les sources se rapprochent de celles du Rio-del-Norte. C’est la crête de cette branche centrale de la Sierra-Madre qui partage les eaux entre le Grand-Océan et la mer des Antilles. C’est elle dont Fiediler et l’intrépide Mackensie ont examiné la continuation sous les 50 et 5be degrés de latitude boréale. La carte de don Alzale donne à une partie de la Sierra de Los-Mimbres le nom particulier de Sierra dos Pedernales, montagnes de pierres à fusil, circonstance qui semble indiquer une ressemblance entre les roche s de cette chaîne et ceux des montagnes Rocheuses, dont elle est d'ailleurs la continuation méridionale.
Le granit, qui paraît former ici, comme partout ailleurs, la couche la plus profonde, se montre à découvert dans la petite chaîne qui borde l'océan Pacifique, et qui, du côté d’Acapulco, est séparée de la masse du haut pays par la vallée de Peregrino. Le beau port d’Acapulco est taillé par la main de la nature dans des rochers granitiques. La même roche forme les montagnes de la Mixteca et de la Zapoteca dans l'État d’Oaxaca. Le plateau central, ou l’Anahuac ; semble une immense digue de roches porphyriques, distinguées de celles d'Europe par la présence constante de l’amphibole et par l’absence du quartz. Elles contiennent d’immenses dépôts d’or et d’argent. Le basalte, le trapp amygdaloïde, le gypse et le calcaire du Jura forment les autres roches dominantes. Les couches se suivent ici daus le même ordre qu’en Europe, excepté que la syénite alterne avec la serpentine. Les roches secondaires ressemblent également à celles de nos contrées, mais on n’a encore trouvé aucun dépôt considérable de sel gemme ni de charbon de terre sur le plateau du Mexique; tandis que ces substances , surtout la première , paraissent bonder au nord du golfe de Californie, vers le lac Timpanogos.
Le porphyre de la Sierra de Santa-Rosa se présente en masses gigantesques , d’une figure bizarre et qui rappelle des murs et des bastions en ruine. Les masses, taillées à pic et élevées à 2 ou 400 mètres sur les plaines environnantes , portent dans le pays le nom de Buffa. D’énormes boules à couches concentriques reposent sur des rochers isolés. Ces porphyres don-
nent aux environs de la ville de Guanaxuato un aspect singulièrement romantique. Le rocher porphyrique de Mamanchota, connu dans le pays sous le nom d'Orgues d'Aclopan, se détache sur l'horizon comme une vieille tour dont la base ébréchée serait devenue moins large que le sommet. Les porphyres trappéens en colonnes , qui terminent la montagne de Jacal et d’Oyamel, sont à leur tour couronnés de pins et de chênes qui ajoutent de la grâce à ce site imposant. C’est de ces montagnes que les anciens Mexicains tiraient la pierre &{35, ou l’obsidienne , dont ils fabriquaient leurs instruments tranchants.
Le Coffre de Perote est une montagne porphyrique élevée de 4,088 mètres au-dessus du niveau de la mer, et qui représente un sarcophagean e surmonté, à une de ses extrémités, d'une pyramide. Les basaltes de la Regla , dont les colonnes prismatiques , de 30 mètres d’élévation ont un noyau plus dur que le reste, forment la décoration d’une cascade très-pittoresque.
Les habitants du Mexique considèrent à peine les volcans comme une curiosité , tant ils sont familiers avec les effets de ces colosses ignivomes. Presque tous les sommets des Cordillères américaines offrent des cratères. Celui du mont Popoca a une demi-lieue de circonférence , à ce qu’on dit; mais il est à présent inaccessible, L’Orizaba est également un volcan qui, en 4545, fit une éruption, et continua de brüler pendant vingt années ; cette montagne est nommée par les Indiens Citlaltepell, ou Montagne- Etoilée, à cause des exhalaisons lumineuses qui sortent de son cratère et jouent autour de son sommet, couvert de neiges éternelles. Les flancs de ces colosses coniques , ornés de belles forêts de cèdres et de pins, ne sont plus bouleversés par des éruptions , ni sillonnés par des torrents de lave enflammée ; il parait même que les coulées de laves proprement dites son rares au Mexique. Cependant, en 4757, les plaines de Jorullo, sur les bords de l’océan Pacifique, furent le théâtre d’une des catastrophes les plus grandes qu’ait jamais essuyées le globe : dans une seule nuit, il sortit de la terre un volcan de 4,300 mètres d’élévation , entouré de plus de 2,000 bouches qui fument encore aujourd’hui. M. de Humboldt et Bonplan descendirent dans le cratère embrasé du grand volcan, jusqu’à 84 mètres de profondeur perpendiculaire , sautant sur des crevasses qui exhalaient l’hydrogène sulfuré enflammé ; ils parvinrent , après beaucoup de dangers, à cause de la fragilité des laves basaltiques et syéniliques , presque jusqu’au fond du cratère , où l'air était extraordinairement surchargé d'acide carbonique,
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Los montagacs granitiques d'Oaxaca ne renferment aucun volcan connu; mais, plus au sud, Guatemala redoutait le voisinage de deux montagnes, dont l’une vomit du feu et l’autre de l’eau, et qui ont fini par engloc ‘ir cette grande ville,
Les volcans continuent jusqu’à Nicaragua; près de cette ville est celui de Momantombo. L’Omo-tepetl élance son sommet enflammé du sein du lac de Nicaragua; d'autres montagnes ignivomes bordent les golfes de l'océan Pacifique. La république de Costa-Rica renferme également des volcans, entre autres, celui de Varu, situé dans la chaîne appelée de Boruca, (
Nous ne terminerons pas cet aperçu des montagnes mexicaines sans parler des célèbres mines d’or et d'argent, dont le produit annuel, en temps ordinaire , s’élève à une valeur d#22,000,000 de piastres. L'or qui n'entre dans ce produit que pour un million, se trouve en paillettes ou en grains dans les terrains d’alluvion de la Sonora et de la Haute-Pimerie, qui, à ce qu’il paraît, peuvent rivaliser de richesse avec ceux de la Californie, il existe aussi en filons dans les montagnes de gneiss et de schiste micacé de l'État d'Oaxaca. L'argent semble affecter le plateau d'Anahuac et de Méchoacan. La mine de Batopilas , dans l'État de Durango , la plus septentrionale qu’on ait exploitée , a donné plus abondamment de l'argent natif, tandis que dans les autres le métal est extrait soit des minerais qu’on nomme maigres, tels que l'argent rouge, noir , chloruré et sulfuré, soit du plomb argentifère. La disette de mercure , qu’on tire de la Chine, de l’Autriche et de l'Espagne, arrête seule l’essor de l'exploitation. Les mines connues sont loin d'offrir aucun indice d'épuisement, Il en reste sans doute à découvrir.
Un avantage, très-notable pour les progrès de l’industrie nationale, naît de la hauteur à laquelle la nature, dans la Nouvelle-Espagne, a déposé les grandes richesses métalliques. Au Pérou, les mines d’argent les plus considérables se trouvent à d'immenses élévations, très près de la limite des neiges éternelles. Pour les exploiter, il faut amener de loin les hommes, les vivres et les bestiaux. Des villes situées sur des plateaux où les arbres ne peuvent point végéter, ne sont pas faites pour offrir un séjour attrayant. Il n’y a que l'espoir de s'enrichir qui puisse déterminer Phomme libre à abandonner le climat délicieux des vallées, pour s’isoler sur le dos des Andes. Au Mexique, au contraire, les filons d’argent les plus riches, comme ceux de Guanaæuato, de Zacatecas, de Tasco etde Real-del-Monte,
se trouvent à des hauteurs moyennes de 1,700 à 2,000 mètres. Les mines Y. 35
y sont entourées de champs labourés, de villes et de villages; des forêts couronnent les collines voisines; tout y facilite l’exploitation des richesses souterraines.
Au milieu des nombreuses montagnes que la nature a accordées au Mexique, il souffre en général d’un manque d’eau et de rivières navigables. Le grand fleuve Rio-Bravo-del-Norte et le Rio-Gila, affluent du Colorado, qui servent aujourd’hui de limites au Mexique, sont les seules rivières qui puissent fixer l'attention, tant à cause de la longueur de leur cours qu’à cause de la grande masse d cau qu’elles portent à l'Océan; mais coulant à la frontière et dans la partie du royaume la plus inculte, elles resteront long-temps sans intérêt pour le commerce. Dans toute la partie équinoxiale du Mexique, on ne trouve que de petites rivières dont les embouchures sont considérablement larges. La forme étroite du continent yempêchelaë union d’une grande masse d’eau , et la pente rapide de la Cordillère donne plutôt naissance à des torrents qu'à des fleuves. Parmi le petit nombre de rivières qui existent dans la partie méridionale , les seules qui puissent un jour devenir intéressantes pour le commerce intérieur sont le Rio-Guazacualco et celui d’Alvarado, tous les deux au sud-est de la Vera-Cruz, et propres à faciliter les communications avec Guatemala ; le Rio-de-Montezuma, qui porte les eaux des lacs et de la vallée de Tenochtitlan au Riode Panuco, et par lequel , en oubliant l'élévation du terrain, on a projeté une navigation depuis la capitale jusqu’à la côte orientale; le Rio de Zacatula, et enfin le grand fleuve de Sant-lago, ou Tololotlan, formé de la réunion des rivières de Leorma et de Las-Laxas, qui pourrait porter jes farines de Salamanca , de Zelaya, et peut-être celles de tout l'État de Xalisco, au port de San-Blas , sur les côtes de l'océan Pacifique.
Les lacs dont le Mexique abonde, et dont la plupart diminuent annuelle- . ment, ne sont que des restes de ces immenses bassins d’eau qui paraissent avoir existé jadis dans les grandes et hautes plaines de la Cordillère, Nous citerons le grand lac de Chapala, dans l'Etat de Xalisco, qui a près de 460 lieues carrées ; les lacs de la vallée de Mexico, qui occupent le quart de la surface de cette vallée : ces lacs sont ceux de Tezcuco, qui est le plus grand, de Xochimilco, de Chalco, de San-Chrislobal et de Zupengo; le lac de Pazcuaso, dans l’Etat de Michoacan, un des sites les plus pittoresques du globe; le lac de Mexlillan et celui de Parras, dans l'Etat de Durango.
Pour achever le tableau du sol mexicain, il faut encore jeter un coup d’œil sur les cètes maritimes et sur les eaux qui les baignent, Toute la côte
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Un autre inconvénient très-grave est commun aux côtes orientales et occidentales de l’isthme : des tempêtes violentes les rendent inabordables pendant plusieurs mois, en empêchant presque toute navigation dans ces parages. Les vents du nord-ouest, appelés los Nortes, souffient dans le golfe du Mexique depuis l'équinoxe d'automne jusqu’à l’époque du printemps ; ils sont généralement faibles aux moisde septembre et d'octobre ; leur plus grande force est dans le mois de mars. Sur les côtes occidentales, la navigation est très-dangereuse dans les mois de juillet et d’août : des ouragans terribles y soufflent alors du sud-ouest. Dans ces temps, et jusqu'en septembre et en ociobre, les atterrages de San-Blas, d’Acapulco et de tous les ports de cette côte, sont les plus difficiles. Pendant lu belle saison, depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de mai, la tranquillité de l'Océan est encore interrompue dans ces parages par des vents impétueux du nord-est et du nord-ouest, connus sous les noms de Papagayo et de Tehuantepec.
On voit, d'après cette ébauche de la disposition du terrain, que les côtes du Mexique jouissent presque seules d’un climat chaud et propre à fournir les productions qui sont l’objet du commerce des Antilles. É’Etat Vera- Cruz, à l'exception du plateau qui s'étend de Perote au pic d'Orizaba, le Yutacan, les côtes d’Oaxaca, l'Etat maritime de Tamaulipas, celui du
Nouveau-Léon et de Cohahuila, le pays inculte appelé Bolson de Mapimi, les côtes de la Basse-Californie, la partie occidentale de l’État de Sonora, de ceux de Cinaloa et de la Nouvelle-Galice, ou Xalisco, les sisières méridionales des Etats de Michoagan, de Mexico et de la Pucbla, sont des terrains bas et entrecoupés de collines peu considérables. La température moyenne de ces plaines, ainsi que celle des ravins qui sont silués sous les tropiques, et dont l'élévation au-dessus de l'Océan ne surpasse pas 300 mètres, est de 25 à 26 degré: du thermomètre centigrade, c’est-à-dire de 8 à 9 degrés plus grande que la chaleur moyenne de Naples. Ces régions fertiles, que les indigènes nomment Tierras calientes, c’est-à-dire pays chauds, produisent du sucre, de l’indigo, du coton et des bananes en abondance ; mais quand les Européens non acclimatés les fréquentent pendant longtemps, quand ils s’y réunissent dans les villes populeuses, ces mêmes contrées deviennent le séjour de la fièvre jaune, connue sous le nom de vomissement noir, ou du vomilo prieto. Le port d’Acapulco, les vallées de Papagayo et du Peregrino, appartiennent aux endroits de la terre où l'air est constamment le plus chaud et le plus malsain. Sur les côtes orientales du Mexique, les grandes chaleurs sont interrompues pendant quelque temps, lorsque les vents du nord amènent des couches d’air froid de la baie d'Hudson, vers le parallèle de la Havane et de la Vera-Cruz. Ces vents impétueux soufflent depuis le mois d'octobre jusqu’au mois de inars ; sou- be vent ils refroidissent l’air à tel point, que le thermomètre centigrade descend, près de la Havane, jusqu’à zéro, et à la Vera-Cruz, à 16 degrés, abeissement bien frappant pour des pays situés sous la zone torride.
Sur la pente de la Cordilière, à la hauteur de 4,200 à 1,500 mètres, il règne perpétuellement une douce température de printemps, qui ne varie que de #4 à 5 degrés : de fortes chaleurs et un froid excessif y sont également inconnus. C’est la région que les indigènes appellent Tierras templadas, ou pays tempérés, dans laquelle la chaleur moyenne de toute 4 l’année est de 20 à 21 degrés. C’est le beau climat de Xalappa, de Tasco ù à et de Chilpaningo, trois villes célèbres par l'extrême salubrité de leur cli- 4 mat et par l'abondance des arbres fruitiers qu’on cultive dans leurs environs. Malheureusement cette hauteur moyenne de 1,300 mètres est presque la même à laquelle les nuages se soutiennent au-dessus des plaines voisines de la mer, circonstance qui fait que ces régions tempérées, situées à micôte, sont souvent enveloppées dans des brumes épaisses.
La troisième zône, désignée par la dénomination de Tierras frias, ou pays froids, comprend les plateaux qui sont élevés de plus de 2,200 mètres
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Toutes ces régions appelées froides jouissent d’une température moyenne de 41 à 13 degrés, égale à celle de la France et de la Lombardie; cependant la végétation y est beaucoup moins vigoureuse, et les plantes de l'Europe n’y croissent pas avec la même rapidité que dans leur sol natal. Les hivers, à 2,500 mètres de hauteur, nc sont pas extrêmement rudes; mais aussi, pendant l'été, le soleil n’échauffe pas assez l’air rarefié de ces plateaux pour accélérer le développement des fleurs, et pour porter les fruits à une maturité parfaite : c’est cette égalité constante, c’est cette absence d’une forte chaleur éphémère qui imprime au climat des hautes régions équinoxiales un caractère particulier. Aussi la culture de plusieurs végétaux réussit-elle moins bien sur le dos des Cordillères mexicaines que dans des plaines situées au nord du tropique, quoique souvent la chaleur moyenne de ces dernières soit moindre que celle des plateaux compris entre les 49e et 22e degrés de latitude.
Dans la région équinoxiale du Mexique, et même jusqu’au 28° degré de latitude boréale, on ne connaît que deux saisons : la saison des pluies, qui commence au mois de juin ou de juillet, et finit au mois de septembre ou d'octobre, et celle des sécheresses, qui dure huit mois, depuis octobre jusqu’à la fin de mai. La formation des nuages et la précipitation de l’eau dissoute dans l’air, commencent généralement sur la pente orientale de la Cordillère. Ces phénomènes, accompagnés de fortes explosions électriques,
s'étendent successivement de l’est à l’ouest dans la direction des vents alizés, en sorte que les pluies tombent 45 ou 20 jours plus tard sur le plateau central qu’à la Vera-Cruz. Quelquefois on voit dans les montagnes, et même au-dessous de 2,000 mètres de hautcur absolue, des pluies mêlées de grésil et de neige, dans les mois de décembre et de janvier; mais ces pluies ne durent que peu de jours, et quelque froides qu’elles soient, on les regarde comme très-utiles pour la végétation du froment et pour les pâturages, Depuis le parallèle de 24 degrés jusqu’à cel'ii de 30, les pluies sont plus rares et très-courtes ; heureusement les neiges, dont l’abondance est assez considérable depuis le 26e degré de latitude, suppléent à ce manque de pluie.
En France, et dans la plus grande partie de l’Europe, l'emploi du territoire et les divisions agricoles dépendent particulièrement de la latitude géographique; la configuration du terrain, la proximité de l'Océan, ou d’autres circonstances locales, n’y influent que faiblement sur le température. Dans les régions équinoxiales de l’Amérique, au contraire, le climat, la nature des productions, l’aspect, la physionomie du pays;-sont presque uniquement modifiés par l'élévation du sol au-dessus du niveau de la mer. Sur les 49e et 22e degrés de latitude, le sucre, le coton, surtout le cacao et l’indigo, ne viennent abondamment que jusqu’à 6 ou 800 mètres de hauteur. Le froment d'Europe occupe une zone qui, sur la pente des montagnes, commence généralement à 1,400 mètres, et finit à 3,000. Le bananier, plante bienfaisante qui constitue la nourriture principale de tous les habitants des tropiques, ne donne presque plus de fruits au-dessus de 4,550 mètres. Les chênes du Mexique ne végètent qu’entre 800 et 3,100 mètres, Les pins ne descendent vers les côtes de la Vera-Cruz que jusqu’à 4,850 mètres; mais aussi ces pins ne s’élèvent, près de la limite des neiges perpétuelles, que jusqu’à 4,000 mètres de hauteur.
Les Etats de l’intérieur, situés dans la zone tempérée, mais surtout ceux qui sont sur la frontière des États-Unis, jouissent, avec le reste de l'Amérique boréale, d’un climat qui diffère essentiellement de celui que l’on rencontre sous les mêmes parallèles dans l’ancien continent, et qui se marque surtout par une très-forte inégalité entre la température des différentes saisons. Des hivers d'Allemagne y succèdent à des étés de Naples et de Sicile. Cependant cette différence de température est bien moins frappante dans les parties du nouveau continent qui se rapprochent de locéan Pacifiqu:, que dans les parties orientales.
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