‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 2)Chapitre 65 sur 146 · PC D · texte numérisé non relu

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s’étend sur une terre aride , sablonneuse, où des cactus cylinüriques, s’élevant dans les fentes des rochers, interrompent presque seuls le tableau de la stérilité absolue. Dans les endroits rares où il se trouve de lea dela terre végétale , les fruits et les blés se multiplient d’une manière étonnante; la vigne y de’ 1e un vin généreux, semblable à celui des Canaries. On remarque une espèce de mouton extrêmement gros, très-délicat et excellent à manger ; sa laine est très-facile à filer. On nomme beaucoup d’autres quadrupèdes sauvages, ainsi qu’une grande variété d’oiseaux. Les mines d’or que la tradition populaire plaçait dans cette péninsule, se réduisent à quelques maigres filons. A 44 lieues de Loreto, on a découvert deux mines d'argent que l’on croit assez productives ; mais le manque de bois et de mercure en rend l’exploitation presque impossible. Il y a dans l’intérieur des plaines couvertes d’un beau sel en cristaux.

Les montagnes qui couvrent le territoire de la Basse-Californie , présentant des pics dont quelques-uns s'élèvent à 1,500 mètres, sont, dit-on, riches en métaux précieux ; en interceplant les vents du Grand Océan, elles contribuent à rendre malsaines les côtes qui bordent la mer Vermeille ou le golfe de Californie. Parmi ces montagnes, nous citerons la Giganta, qui a environ 4,400 mètres, et le volcan de las Virgines, qui en a 500. Sur ces côtes qui offrent des anfractuosités nombreuses , et de bons ports, on pêche la tortue qui produit l’écaille , et la coquille appelée avicule perlière qui fournit des perles souvent fort grosses, affectant la forme d’une poire, mais peu recherchées, parce qu’elles ne sont pas d’une très-belle eau. !

Les tribus indiennes qui habitent aujourd’hui le territoire de la Vieille- Californie sont, du nord au sud, les Zcas, les Nehitas, les Laymones, les Cochimies , les Monquis et les Piricues : ces dernières sont redoutables et souvent en guerre avec les tribus à demi-civilisées par les Mexicains.

Les indigènes de la Vieille-Californie étaient, avant l’arrivée des missionnaires , au dernier degré d’abrutissement : comme les animaux , ils passaient des journées, étendus sur le ventre, au milieu des sables; comme les animaux pressés par la faim , ils couraient à la chasse pour satisfaire les besoins du moment. Une sorte d'horreur religieuse leur annonçuit cependant. l'existence d’un grand être dont ils redoutaient la puissance.

Les premières missions de la Vieille-Californie avaient été crées en 1689 par les jésuites; sous la conduite de ces pères, les sauvages avaient aban-

1 Suivant le capitaine Duhaut-Cilly, le produit annuel des écailles de tortue c:t d'environ 25,000 fr, et celui des perles de 125,000 fr, Y. 39

donné la vie nomade. Au milieu de rochers arides, de broussailles et de ronces , ils avaient cultivé de petits terrains, bâti des maisons , élové des chapelles , lorsqu’un décret despotique, aussi injuste qu’impolitique, vint détruire , sur tous les points de l'Amérique espagnole, cette utile et glorieuse société. Le gouverneur Don Portola, envoyé en Californie pour exécuter ce décret, crut y trouver de vastes trésors et 10,000 Indiens armés de fusils pour défendre les jésuites ; il vit au contraire des prêtres en cheveux blancs venir humblement à sa rencontre; il versa de généreuses larmes sur la fatale erreur de son roi, et adoucit, autant qu’il était en son pouvoir, l'exécution de ses ordres. Les jésuites furent accompagnés jus. qu’au lieu de leur embarquement par tous leurs paroissiens , au milieu de sanglots et de cris de douleur.

Les missions ont été depuis l’expulsion des jésuites dirigées par les Dominicains et les Franciscains de Mexico. Leur nombre était de 46, il ya quelques années; la principale est Lorelo ; longtemps le chef-lieu des deux Californies, elle n’est plus aujourd’hui que le chef-lieu du distric. central; elle a un présidio , et compte environ 2,500 habitants, Les plus importantes sont: San-José, près du cap San-Lucar, Santiago, San-Luiz- Gonzaga et Nostra Senora de los dolores , au sud de Loreto ; la Conception, San-Tgnacio, San-Fernando, San-Rosario et San- Vincente-Ferrero, cette dernière au nord de cette même ville. Le chef-lieu du territoire de la Basse-Californie est aujourd’hui La Paz, située dans une position avantageuse à l'entrée de la mer Vermeille et au fond c'in golfe que commande l'île Espiritu-Santo. Nous devons mentionner les bourgs de Purification , de San-Eulogio et de la Magdalena. La petite ville de Real de San-Antonio, au sud de la presqu'île, est le chef-lieu du district méridional.

Sur la côle orientale baignée par la mer Vermeille, on rencontre plusieurs îles, celles de £spiritu-Santo, de San-José, de Santa-Cruz et de Carmen, sont importantes par la pêche des perles qui se fait dans leurs parages ; celles de Tiburon et d’Angel de la Guarda sont plus grandes que les précédentes , mais moins fréquentées.

Au sud de la Californie, et à environ 70 lieues de l'État de Xalisco, se trouve le groupe des îles Revilla-Gigedo, dont les principales sont San-Bonilo ct El-Socorro; cette dernière est remarquable par son pic élevé. Elles dépendent de Mexique, qui a tenté d’y établir un presidio ; mais elles sont convoitées par les États-Unis, à cause de l'importance qu’elles pourront prendre comme point de ravitaillement et de relache, lorsque l’on aura établi une communication régulière entre les deux Océans. A une cin-

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quantaine de lieues plus à l’est, se trouve un autre groupe d’iles plus petite désignées dans nos cartes sous le nom d’Iles du capitaine Johnson; la principale est celle de Nublada.

A l’est du golfe de Californie s'étendent des contrées fertiles, agréables, salubres, mais encore peu connues et faiblement peuplées ; elles sont comprises dans l’ancienne intendance de Sonora, qui forme aujourd'hui les États de Sonora et de Cinaloa.

L'État de Sonora s'étend du nord au sud, entre le Rio-Gila et le Rio- Mayo; à l’est la Sicrra-Verde le sépare de l’État de Chihuahua, et à l'ouest il est baigné par la mer Vermeille, que quelques cartes espagnoles désignent aussi sous le nom de mer de Cortez. Ses cours d’eau les plus importants qui viennent tous affluer dans cette mer, sont : le Yaqgui, sur lequel sont les villes d’Opata et de Torin ; le Rio de Sonora, sur lequel sont les villes d’Arispe, de Soncra, ancienne capitale de la province, et d'Urès; cette dernière est aujourd’hui le siége du gouvernement de l’État de Sonora. A l'embouchure de la rivière de San-José est le port de San-José-Guaymas-. Cette ville, de 5,000 habitants, qui n’existe que depuis peu d'années, parait devoir devenir un des principaux ports de l’Amérique sur le Grand-Océan ; elle fait un commerce assez important avec la Chine; elle est dans une

position militaire admirable. C’est près du confluent du Sonora et du San- Miguel que se trouve la petite ville de Æermosillo ou Pitic, la plus remarquable de l’État au point de vue commercial. Toutes ces villes, dont la population ne dépasse pas 6 à 8,000 âmes, doivent leur importance aux lavages d’or ou aux mines qui couvrent ce pays. C’est surtout dans la partie septentrionale, appelée la Pimeria, des Pimas, ses habitants, que ces lavadores sont plus riches. La Pimeria s'étend sur la rive gauche du Rio-Gila; la rivière de l’Ascension ou de Suint-Ignace la partage en Pimeria-Alla et Pimeria-Baxa ; elles sont protégées par deux presidios ou postes militaires de Terrenate et de Buena-Vista. Tous les ravins de la Pimeria-Alta, et même les plaines, contiennent de l'or de lavage disséminé dans du terrain d’alluvion. On y a trouvé des pépites d’or pur du poids d’un à deux kilogrammes. Mais l'exploitation de ces terrains aurifères est rendue très-difficile par les fréquentes incursions des Indiens indépendants et surtout par la cherté des vivres qu’il faut transporter de trèsloin dans ce pays inculte. Les États-Unis convoitent la province de Sonora. Le seul moyen d’opposer une digue aux envahissements anglo-américains, serait, pour le congrès mexicain, de décréter la liberté des cultes dans toute l'étendue des États et territoires, et de convier à l’exploitation des richesses

minérales du sol les colons européens qu'une différence de croyance religieuse éloigne le plus souvent du Mexique.

Dans l'État que nous venons de parcourir, on distingue huit tribus indiennes : ce sont les Apaches, les Cérès, les Opatas, les Mayos, les Pimos, les Tarumaras, les Yaqui et les Yamas.

Les Apaches ou Apaehès sont répandus sur les deux rives du Rio-Gila; ils sont originaires du Nouveau-Mexique; c'est une nation guerrière et industrieuse ; ils habitent plus volontiers les régions montagneuses et se servent, avec une adresse surprenante, d’arcs, de flèches d’une mètre de long, et de lances de 3 mètres; excellents cavaliers, ils dirigent leur cheval en le pressant des genoux; rien n’égale l’impétuosité de leur attaque, ils sont redoutés des villages mexicains.

Les Cérès, Xéres ou Séris étaient autrefois l’une des plus puissantes des vingt-quatre tribus qui, anciennement, occupaient le Nouveau-Mexique. Aujourd’hui, au nombre de #,000 au plus, ils habitent l’île de Tiburon, la côte de Tépoca, et le Pueblo-de-Séris, près de Pitic; ils sont très-braves, ct autrefois leurs incursions étaient très-redoutées.

Les Opatas, qui forment une population de 10,000 individus, occupent différents villages sur les rives du Dolorès, de l’Arispo, de l’Oposura, du Batuquo et du Babispo. C’est un peuple guerrier et brave, qui compte un grand nombre de poëtes et de musiciens excellents. La langue des Opatas est singulièrement poétique ; tous les noms qu'ils ont donnés aux villes et aux autres lieux sont emblématiques, et désignent quelques particularités locales : par exemple, Aripa, dont les Espagnols ont fait Arispo, signifie la grande réunion des fourmis, parce que jadis il y avait dans cet endroit de nombreuses fourmilières ; Babipa, qui a été métamorphosé en Babispo, veut dire le point où une rivière dérive de son cours; Cinoque est le pays natal des guerriers ; enfin, Tepaché est la ville des belles femmes.

Les Mayos habitent la plupart des villages situés sur les rives du Rio- Mayo ou du Rio-del-Fuerte.

Les Pimas demeurent sur les bords du Rio-San-Ignacio ou de l’Ascension, dans la Pimeria-Alta, et sur ceux du Matope, du Masalon et du San- José-de-los-Pimas, dans la Pimeria-Baxa. Ils sont inoffensifs, mais ils ne sont point doués de l’esprit entreprenant ni du caractère laborieux desYaqui.

Les Tarumaras vivent dans les villages du Mulatos. Ils sont au nombre d'environ 5,000.

Les Yaqui occupent plusieurs villages sur le Rio-Yaqui, mais ils sont dispersés sur toute la surface de la province. Ce sont les plus industrieux

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Les f'amas, ainsi nommés d’après la longueur extraordinaire de leurs cheveux, n'ont qu’un petit nombre de villages dans la Pimeria-Baxa, parce que la plus grande partie de cette tribu appartient à la Californic-Inférieure.

On peut caractériser la plupart de ces peuples de la manière suivante : Les Apaches sont réputés pour leur profonde connaissance des vertus des plantes ; les Sérès, pour leurs flèches empoisonnées ; les Pimas, pour leur peu d'intelligence et leur lenteur; les Tarumaras, pour léur probité; les Yaqui, pour leur esprit prodigieux.

Les bords du fleuve Gila ont offert au missionnaire Garcès les ruines d'une grande ville, au milieu de laquelle était une espèce de château-fort, exactement orienté selon les quatre points cardinaux. Les Indiens voisins de ces ruines mémorables vivent dans des villages populeux, et cultivent le maïs, le coton et les calebasses. Ces traces d’une ancienne civilisation coïncident avec les traditions des Mexicains, selon lesquelles leurs ancêtres se seraient arrêtés à plusieurs reprises dans ces contrées après leur sortie du pays d’Aztlan. La première station fut aux bords du lac Teguayo; la seconde, sur les bords du fleuve Gila; la troisième, dans l'État de Durango, près de l’ancien presidio de Yanos, où il y a aussi des édifices en ruines, appelés par les Espagnols casas grandes.

L'État de Cinaloa ou Sinaloa, situé au sud du précédent, entre le Rio- Mayo et le Rio-Bayona, est mieux peuplé et mieux cultivé, Ses trois principaux cours d’eau sont le Rio-del-Fuerte, le Rio-Cianaloa et le Rio-Culiaçan. Ses villes les plus importantes sont Culiaçan, célèbre dans l’histoire des Mexicains, sous le nom d’Æucicolhuacan, comme le siége d’une ancienne monarchie. Elle est aujourd'hui la capitale de l’État de Cinaloa; sa population est d'environ 45,000 habitants. Villa-del-Fuerte est assez considérable; elle compte 8,000 âmes; c’est le siége d'un évêché; on l’appelait autrefois Montes-Claros. Cinaloa, à quelque distance du fleuve du même nom, est peuplée de 140,000 habitants. Cosala, El Rosario et Alamos possèdent de riches mines d’argent. Toutes ces villes sont liées entre elles par la grande voie de communication, la plus importante de l'État, qui pénètre dans le Sonora, et conduit à Hermosillo. Sur la côte et à l'embouchure d’une fleuve du même nom, est Mazallan ; c'est sans contredit le port le plus fréquenté du Mexique sur le Grand-Océan; mais il est peu sûr pendant la saison pluvieuse, à cause des cordonazo ou ouragans qui se font sentir sur celte côte à cette époque l’année. Mazatlan est protégée

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par un presidio ou fort, sa population ne dépasse pas 5,000 âmes. A quelque distance de cette ville est celle de San-Sebastiano, qui donne son nom à une petite chaine de montagnes qui longe la côte, qui est couverte de forêts de goyaviers, de limouiers et d’orangers; le lignum vilæ et les palmiers y viennent également.

La grande chaîne, qui forme la ligne de partage des eaux du Mexique, traverse dans toute sa longueur l’ancienne province appelée la Nouvelle- Biscaye, ou l’intendance de Durango, qui dépend aujourd’hui de l'État de Durango. Des cratères de volcans et une masse de fer semblable aux pierres tombées du ciel y appellent les regards du naturaliste. Les mines d’argent sont nombreuses et riches. La plus grande partie du pays présente un plateau stérile et sablonneux; plusieurs rivières, ne trouvant pas une pente favorable pour s’écouler, s’y répandent et forment des lacs. Les hivers: souvent rigoureux, sont suivis de chaleurs étouffantes. On cite comme un fléau les scorpions, dont la morsure donne la mort en peu d'heures.

Durango ou Ciudad de Victoria, la capitale de cet État, est le siége d’un évêché érigé en 4620, et d’une administration des mines. Son hôtel des monnaies, qui occupe le troisième rang parmi ceux de la confédération mexicaine, doit son importance au produit des mines d’argent exploitées dans ses environs. On y frappe annuellement pour près de 8 millions de francs de monnaie mexicaine. Près de cette ville de 30,000 âmes s'étendent de vastes pâturages, où l’on nourrit un grand nombre de bestiaux qui forment une importante branche de commerce.

Les autres villes importantes de l'État de Durango sont Villa-Félix de Tamascula, San-Yago-de-los-Caballeros, sur le Rio-Sanceda, affluent du Culiaçan ; Nombre de Dios, qui renferme, dit-on, 7,000 âmes et qui possède dans son voisinage une riche mine d’argent; Papasquiaro, Guarisamey, au nord-est de Durango. San-Juan del Rio, au point ou le Rio Sauceda franchit à travers une gorge la Sierra Madre; on accorde à cette ville une population de 12,000 âmes.

L'État de Chihuahua est au nord du précédent; il s’appuie à l’ouest sur l'État de Cinaloa, et au nord le Rio-del-Norte le sépare du Nouveau- Mexique et du Texas. C’est un pays montagneux traversé dans toute sa longueur par la Cordiltère de Mexique; il est célèbre par ses nombreuses mines d’argent, dont les plus riches sont celles d’£! Parral, de Balopilas, Santa-Rosa-Cosiquidaqui, et de Jesus-Maria.

Chihuahua est la capitale de cet État ; elle est le centre d’une exploitation considérable de mines d'argent, et renferme plusieurs constructions remar-

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