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débouché vers l’est le plus libre, De plus, il faudrait savoir s’il est vrai, comme plusieurs navigateurs, l'avaient énoncé dans ces dermers temps, que les pèles ne soient pas couverts de glaces, et qu’en s’élevant à une certaiue hauteur on ne trouve plus que des mers libres.
Cependant, en réfléchissant sur la nature de l’océan Glacial, il est difficile de croire que les navigateurs puissent jamais en explorer l'étendue. Il est certain que les détroits qu’on peut y découvrir encore ne serviront pas à la navigation ordinaire, puisque même la grande mer Glaciale, qui se prolonge en suivant les côtes de Sibérie, n’offre pas ure "oute habituellement praticable.
Partout les voyageurs ont rencontré des glaces fixes qui les arrêtaient, ou des glaces mobiles qui, menaçant de les enfermer, faisaient reculer leur courage. Le capitaine Wood, qui croyait fermement à la possibilité d’un passage au nord, se vit arrêté au 76e degré par un continent de glace qui réunissait la Nouvelle-Zemble (Novaïa-Zemlia), le Spitzberg et le Groenland. Le capitaine Souter, au contraire, en 1780, continua sa route jusqu'à 820 6’ dans un canal ovvert et tranquille ; mais les glaces fixes qui en formaient les deux bords, commençant à se détacher, il craignit de se voir fermer le chemin du retour, et abandonna son entreprise!.Si le courageux Baffin a pu faire le tour de la baie qui porte son nom, si Ross et Parry, et les navigateurs qui sont allés à la recherche de Franklin et de ses compagnons, ont pu renouveler cette course, on a vu plus souvent cette mer fermée par une masse de glaces fixes, qui avaient 100 lieues de long, et qui contenaient des montagnes de plus de 125 mètres d’élévation. Peutètre l’île James, marquée dans plusieurs cartes, était-elle une semblable masse de glace. Le capitaine Wafer avoue franchement qu’il a pris des glaces fixes, hautes de 150 mètres, pour des iles véritables, Assez souvent les glaces flottantes sont chargées de grosses pierres et d'arbres déracinés qui produisent l'illusion d’une terre semée de végétaux. Il est fort incertain si les Hollandais ont découvert à l’est du Spitzhberg une côte de terre ou seulement de glace; dans un de leurs voyages au nord de la Nouvelle- Zemble, ils trouvèrent un banc de glace bleuâtre, couvert de terre, et sur lequel les oiseaux faisaient leurs nids. On a vu deux îles de glace se fixer depuis un demi-siècle dans la baie de Disco; les baleiniers hollandais les ont visitées ct leur ont imposé des noms. La mème chose est arrivée aux environs de lPislande.
Les glaces mobiles ne présentent pas moins de dangers. Le choc de ces
! Bacshrom : Voyage au Spitzberg. — Philosophical Magazine, 1801.
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masses produit un craquement épouvantable, qui annonce au navigateur avec quelle facilité son vaisseau serait brisé s’il se trouvait entre deux de ces iles flottantes. Souvent les bois que roule cette mer s’enflamment par le frottement violent que le mouvement des glaces leur fait éprouver ; la flamme et la fumée s’élèvent du sein de l’hiver éternel !. Ces bois flottants se trouvent très-souvent brülés aux deux extrémités.
Dars l'hiver, l'intensité du froid fait continuellement fendre les montagnes de glaces; on n’entend à chaque moment que les explosions de ces masses, qui s’ouvrent en crevasses énormes. Au printemps, le mouvement des glaces consiste plus souvent encore dans un simple renversement des masses qui perdent leur équilibre, parce qu’une partie s’est dissoute plus tot que l’autre. Les brouillards qui enveloppent les glaces fondantes sont si épais que d’une extrémité d’une frégate on n’en aperçoit pas l’autre. Dans toutes les saisons, la glace cassée et accumulée dans les passages ou les golfes, arrête égelement et le piéton qu’elle engloutirait et le vaisseau dont elle paralyse le mouvement.
Oserait-on concevoir l’idée d’une exploration en traîneau sur cette mer congelée ou sur les terres glacées qui en occupent l’emplacement supposé? Sans doute quelques précautions pourraient permettre à l’homme de respirer sous le pôle même; mais quels moyens de transport l’y conduiraient? Les terres probablement rocailleuses et élevées comme le Groenland, le Spitzberg, la Nouvelle-Sibérie, n’admettent pas une course en traîneau. Les glaces marines ne présentent pas non plus des plaines continuelles ; renversées et accumulées de mille manières, elles offrent souvent l'aspect de châteaux de cristal en ruines, de pyramides et d’obélisques brisés, d’arcades et de voûtes suspendues en l'air; souvent aussi des crevasses larges et profondes exigeraient pour être franchies des moyens dont le voyageur ne pourrait être muni.
En attendant le résultat de nouvelles explorations vers les régions polaires, il faut nous hâter de réunir, en forme descriptive, les observa-tions déjà recueillies,
Nous appellerons Terres Arctiques toutes les terres découvertes au nord des côtes arctiques de l'Amérique, c’est-à-dire des côtes du continent américain qui sont baignées par l'océan Glacial arctique.
Nous y joindrons deux vastes péninsules qui, au nord-est, semblent se détacher du continent américain entre les 84e et 105e méridiens pour
1 Ce fait qui semble peu probable, est rapporté par Olafsen : Voyage en Isiande, t. 1, pages 276-278,
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Les deux presqu'iles forment la partie continentale; elles vont d’abord nous occuper; ce sont la presqu'île Melville et la terre de Boothia-Félix. La presqu'éle Melville s'étend entre le canal de Fox, qui la sépare de la terre de Baffin à l’est; le détroit de Fury et de l’Hécla au nord, qui la sépare de l'ile de Cockburn ; et la baie Committée (Commission) à l’ouest, dépendance du golfe de Boothia. Elle a été découverte par le capitaine Parry en 1821. C’est un pays àpre et montagneux, coupé par des chaînes de lacs, et où, par conséquent, il est fort difficile de pénétrer. Le capitaine Lyon essaya de le traverser, mais il dut renoncer à son entreprise. Cette péninsule présente vers le sud-est deux baies profondes : la première est l'entrée Lyon; la seconde a été nommée Repulse-Bay, baie du Refus ; c’est à entrée de la première que se trouve la petite {le Winter (d'hiver), dans un ancrage de laquelle les vaisseaux Hécla et Fury passèrent l’hiver de 1821 à 1822. Cette contrée est habitée par des Esquimaux qui se crensent dans la terre et la glace des huttes qui sont leurs demeures habituelles ; ils paraissent, au dire du capitaine Parry, inoffensifs, remarquablement honnêtes, et, ce qui se trouve plus rarement chez les sauvages, très-affectueux dans leurs rapports domestiques. Les femmes ne sont pas chez cux écrasées par le travail et les fatigues serviles qui composent leur lot dans les sociétés sans civilisation; leur tâche est limitée à la façon des habits, à la cuisine, et à quelques autres soins domestiques. Les Esquimaux s'entendent merveilleusement à pourvoir à leurs besoins peu nombreux; ils sont vêtus d'une étoffe chaude et commode, et les coutures de leurs bottes en peau de phoque sont parfaitement travaillées. La presqu'île Melville est soudée au continent par une langue de terre, entrecoupée de lacs nombreux, qui prend du nom du voyageur qui la visitait en 4847 le nom d’is{hme de Raë. C’est sur cet isthme, et non loin de la baie Repulse, que se trouve le fort de Hope, pauvre construction qui atteste seule dans ces parages glacés le passage de l’homme civilisé. Au sud de la baie Repulse se trouvent l’entrée de la rivière de Wager et l'entrée de Chesterfield, golfes septentrionaux de la baie d'Hudson, et qui dépendent du territoire de la Compagnie anglaise. La presqu'île de Boothia-Félix est située à l’ouest de la précédente; elle n’en est séparée que par le golfe auquel elle donne son nom, et elle est bai-
gnée à l’ouest par la mer du Roi-Guillaume, C’est la partie du continent Y.
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américain la plus septentrionale; son extrémité boréale, qui s’avance au delà du 73e parallèle-nord, était connue sous le nom de Nord-Sommerset avant la mémorable expédition du capitaine John Ross auquel nous devons la découverte de cette presqu'île; il lui donna le nom d’un négociant de Londres qui avait généreuseinent contribué aux frais de son expédition. La côte orientale de Boothia-Félix présente une baie profonde : c’est la baie de Tom ; elle renferme le havre Félix (Félix Harbour), leport du Shérif etle port de la Victoire, remarquables par le séjour forcé qu’y fit pendant quatre ans, de 4829 à 1833, le capitaine Ross. Le Nord-Sommerset est lui-même une presqu'île soudée à la terre de Boothia-Félix par un isthme étroit compris entre la baie de Prentford et le cap Bird, la côte septentrionale de cette presqu’ile forme, avec le Devon Septentrional, unc partie du détroit de Barrow, el elle se termine par les caps Rennel et Clarence ; c’est dans le voisinage de ce dernier que se trouvent le port et l’fle Léopold. Les terres vues, en 4850 et 1851, par MM. Osborne, Ommaney, Mecham et Browne, à l’ouest du Nord-Sommerset, font aussi partie de la presqu’île de Boothia; mais cette côte occidentale, que baigne la mer du Roi-Guillaume, n’est pas encore entièrement reconnue. Nous dirons cependant que c’est sur un de ses points, par 70° 5' de latitude boréale et 99° 12/ de longitude occidentale du méridien de Paris, que le capitaine James Ross, qui accompagnait son oncle lors de son grand voyage, constata l'insensibilité complète de la boussole et le maximum d’inclinaison de Paiguille aimantée, indices caractéristiques du pôle magnétique.
La presqu'’ile de Boothia-Félix est, ainsi que celle de Melville, habitée par quelques tribus d’Esquimaux nomades, qui passent les neuf mois de la rude saison d’hiver là où les a conduits leurs expéditions de pêche ou de chasse, en se creusant, dans la neige et dans la glace, des demeures souterraines.
Nous avons conservé à la grande terre de Boothia-Fälix le nom de presqu’ile, que semblent lui assurer l’exploration de John Ross et celle plus récente (1846) du docteur Raë; mais nous observerons que M. Daussy a fait remarquer qu’avant de se prononcer entièrement, il faudrait constater la terminaison, avant son arrivée au golfe de Boothia, d’un canal profond trouvé en 1839, dans la mer du Roi-Guillaume, par MM. Dease et Simpson, au nord-est de la presqu’ile Adélaïde et à l'embouchure de la rivière de Back du Grand-Poisson..
L'ile Wollaston, vue par Richardson, en 1326, et formant avec le continent américain le détroit du Dauphin et de l'Union ; l'ile Victoria qui semble n’en être que la continuation, vue par MM. Dease et Simpson
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lors de leur grande exploration de 4839, ile qui forme avec la pointe de Turn-Again ou du retour de Franklin (1824), le détroit de Dease, sont au sud-ouest de la terre de Boothia, entre le 405c et le 119o de longitude occidentale, et vers le 69e parallèle nord. Ii est probable qu’elles vont rejoindre au nord la terrede Banks ou quelque partie des rivages du détroitdeBarrow.
Passons maintenant à la partie insulaire de Terres Arctiques. Nous la diviserons en trois groupes. Le premier au sud des détroits de Barrow et Lancastre ; le second au nord de ces mêmes détroits et à l’est du canal de Wellington; le troisième à l’ouest de ce canal et au nord de la Terre de Boothia-Felix,
Le premier groupe d'îles s’étend entre la péninsule Melville et la mer de Baffin; les terres qui le composent ferment la mer d'Hudson vers le nord. Nous rencontrerons d’abord la grande le de Southampton, habitée par des Esquimaux, que le capitaine Lyon regarde comme beaucoup moins abrutis que toutes les autres tribus de cette race. Elle forme à l’ouest, avec la côte septentrionale du territoire de la Compagnie anglaise de la baie d'Hudson, le détroit de sir T. Rowes Welcome, à l'entrée duquel sont situées les £les Marble et Toms. Sa pointe la plus septentrionale commande l'entrée de la baie Repulse, et forme, avec la petite {le de Vansiltart, le détroit de Frozen, et vient ensuite creuser, à l’est, la baie du duc d'York.
La Terre de Baffin, ou Nouveau Galloway, et la Terre de Cumberland sont au nord du détroit d'Hudson, et le séparent de la mer de Baffin ; la première s’étend vers le nord jusqu’au détroit de Barrow et Lancastre. Ces terres sont imparfaitement connues, et l'on ignore même si quelques baies qui les pénètrent ne sont pas des bras de mer qui les découpent en un grand nombre d’iles. Leurs points les plus importants sont ceux qui ont été jusqu’à présent reconnus sur la côte orientale baignée par le détroit de Davis et la mer de Baffin; nous citerons les {es Mansfield, Salisbury, Nottingham, à la sortie du détroit d'Hudson, dans la mer de ce nom; l’éle Résolution, qui commande l'entrée de ce détroit ; l’êle Warwick, qui forme avec la côte de Cumberland les défroits de Forbisher au sud et de Cumberland au nord; le cap Walsingham, à la partie la plus resserrée du détroit de Davis; la baie de Ponds et le cap Liverpool, à l'entrée du détroit de Lancastre. Toute cette côte est triste, dénudée, âpre et rocailleuse; elle offre quelques hauteurs isolées (monts Byam-Martin, Possession, etc., ete.) composées de rochers grisâtres ; sur les bords de la C lyde, le capitaine Parry trouva une tribu d'Esquimaux qui y était établie.
Si nous pénétrons dans le détroit de Barrow et Lancastre, nous rencon-
trerons à l’entrée les petites {les Wollaston, et sur la côte du Nouveau- Galloway, l'entrée de l’Amirauté et le cap York. La côte forme alors, avec le Sommerset du nord, le détroit du Prince-Régent, sur lequel elle dessine le port Bowen, dans lequel le capitaine Parry hiverna en 1824, lors de scn second voyage, Elle reste alors indéterminée, pour reparaître sous fe nom d’Ile-Cockburn, et former avec la péninsule Melville le détroit de Fury et de l'Hécla.
Les terres qui constituent le groupe au nord du détroit de Barrow et Lancastre, et à l’est du canal ou détroit de Wellington, paraissent inhabitées : elles portent le nom de Devon Septentrional, et sont séparées du Groenland par les détroits de Smith et de Jones, reconnus autrefois par Baffin, et visités depuis par Parry. C’est entre ces deux détroits, par le 76° 33! de latitude et le 80° de longitude occidentale, que se trouvele cap Clarence, remarquable par son élévation. Les côtes du Devon Septentrional sont découpées par des bras de mer dont on a seulement reconnu l'entrée sans y pénétrer, aussi ignore-t-on si ils forment des golfes ou entourent un archipel. Les points les plus remarquables de ces tristes contrées sont la baie Crocker. la baie Maxwell. sur le détroit de Barrow et Lancastre ; le cap Riley, au point où il communique avec le détroit ou canal de Wellington. C’est près de ce cap que, lors de son dernier voyage, l’infortuné capitaine Franklin dut passer l’aiver de 1845 à 1846, ainsi que s’en assurèrent ie capitaine anglais Penny et le capitaine américain Haven, commandants deux des expéditions envoyées en 4850 à la recherche des navires l’£rebus et la Terror.
Le canal Wellington a été, depuis 4848, le but des reconnaissances des capitaines Ross, Austin, Penny, Haven, dans leurs recherches, malheureusement infructueuses jusqu'ici, des traces de l'expédition de Franklin. Ces recherches n'auront pour nous que le stérile avantage d’avoir augmenté le domaine de la géographie de la connaissance des côtes orientales du Devon Septentrional. Ces côtes présentent deux golfes importants : ce sont la baie Baring et la baie du Prince -Alfred ; au nord elles portent le nom de Zerre-Albert, et le point extrême auquel on soit parvenu a reçu le nom de cap Franklin, il est à environ 77° 6' de latitude boréale et 402 40! de longitude occidentale.
L°s capitaines Penny et Austin reconnurent que le canal Wellington était beaucoup plus étendu qu’on ne l’avait d’abord supposé ; il va en effet en s’élargissant et pénètre vers le nord-ouest. Ils y découvrirent les iles Milne, Stewart, Bailli-Hamilton, Baring, Deans-Dundas et Parker, formant le chenal du Nord, ie chenal du Sud, et le canal de lu Reine.
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Le dernier groupe des terres Arctiques dont nous devons nous occuper est celui qui fut découvert par le capitaine Parry, lors de son premier voyage en 1819, aussi quelques géographes le désignent-ils sous le nom d’Iles Parry; il est à l’ouest du canal Wellington el au nord de la terre de Boothia-Felix. Il comprend les terres de Cornwallis, de Bathurst et de Beaufort, qui forment la côte occidentale du canal de Wellington et de '