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celui de la Reine. L'entrée du premier est déterminée par le cap Hotham ; les seuls points que nous citerons sur cette côte sont la poinle Décision, la baie du Désappointement, et le cap Lady Franklin, qui en est la partie la plus septentrionale. La côte méridionale et occidentale de ces terres eat baignée par la mer Polaire, elle ne présente de point important que la baie Assistance, en face le cap Rennel du Nord-Sommersct, et c’est dans ce port que les capitaines Penny et Austin établirent, en 1851, le centre de leur exç.oration. Les autres îles que nous citerons sont les îles Griffith, Lowthey. Byam-Martin. Cette dernière forme, avec la grande ile de Melville, le détruit de Byam. L'île Melville est la plus importante, elle fut découverte pa” le capitaine Parry lors de son premier voyage en 1819; il y passa Phiver dans le port de Wänter Harbour (le Havre d'hiver); il lui fallut soutenir le moral de son équipage pendant une nuit qui dura trois mois, et une température de 30 à 60 degrés au-dessous de zéro. Dans la même expédition, le capitaine Parry découvrit lle Sabine, au nord-ouest de l'ile Melville. Ce hardi navigateur désigna, sous le nom de Géorgie Septentrionale, tout cet archipel polaire dans lequel on pourrait peut-être comprendre la Terre de Banks, découverte en 4820 au sud-ouest de l’île Melville et dont on ne connaît encore qu’une pertie. La végétation de toutes ces terres polaires est chétive ; elle ne se compose que de quelques espèces de mousses; le capitaine Parry y trouva plusieurs animaux, tels que le bœuf musqué, l'ours blanc, le cerf américain, le renard, le renne et une grande espèce de loups; les côtes sont fréquentées par divers oiseaux et par plusieurs espèces de phoques ; il y remarqua même des traces d’habitants. Mais observons que les animaux et les hommes qui fréquentent ces tristes contrées n’y apparaissent qu’avec la saison d'été et que l’hiver les en éloigne jusqu’au retour du solcil au-Gcssus de l'horizon.
Nous terminerons ici l’aride description des Terres Arctiques, qui ne sont intéressantes que sous le rapport de la physique terrestre. Bien que les Anglais semblent considérer sur leurs cartes les Terres Arctiques comme des dépendances de leurs possessions sur la partie voisine du continent : rien n’autorise une semblable prétention, que l'importance de ces parages
n’invite pas d’ailleurs à leur disputer. Reconnaissons cependant que ces découvertes sont dues en grande partie au courage intrépide de leurs marins.
Suite de la Description de l'Amérique. — Groenland !, — Islande et Spitzberg.
Nous avons déjà fait remarquer dans l'Histoire de la Géographie que l'existence de l'antique colonie Zslando-Norvégienne du Vieux-Groenland, vis-à-vis de l'Islande, sur la côte orientale du Groenland, n’étaii fondée que sur une hypothèse de Torfæus, antiquaire islandais. Cette côte a probablement toujours été ensevelie dans les mêmes glaces qui encore en défendent l'accès. Le Vieux-Groenland répondait, sans doute, à la partie du sud-ouest actuellement connue, qui est occupée par les Danois et par une peuplade d’Esquimaux.
Le Groenland, dont on ne peut déterminer exactement les limites, paraît, d’après les nouvelles explorations des intrépides navigateurs Parry, Ross et Graah dans la mer Polaire, être entièrement séparé du continent par cette mer, par celle de Baffin, par.le détroit de Lancastre et par celui de Davis. L’Atlantique le baigne au sud-ouest et au sud-est, et l'océan Glacial arctique à l’est. Au nord et au nord-ouest ses bornes sont tout-à-fait incon- : À. nues; on évalue cependant sa longueur du nord au sud, à partir du 18e parallèle, à environ 600 lieues, et sa largeur à cette même latitude,
à 300 lieues de l’est à l’ouest. La population paraît être de 21,000 indi- î vidus, dont 7 à 8,000 chrétiens. “
Le Groenland n’est véritablement qu’un amas de rochers entremélés d'immenses blocs de glace, l’image réunie du chaos et de l’hiver. Une chaine continue parcourt la partie connue du Grcelnand, que les Islandais, dans leurs descriptions, appellent Æimin-Rad où Monts du Ciel.
Les trois pointes, qu’on nomme la Corne-du-Cerf, s’aperçoivent en mer
à la distance de 25 lieues. Les roches sont ordinairement coriposées de
1 On écrit en danois et en islandais Grœnland, de grœn, vert, et land, terre”C’est à regret que nous conservons l'orthographe groenland, source d’une fausse étymologie. Groïn, dans l’ancien skandinave, répond à crescens, germinans, et non pas à concreta. Ainsi Groinland, si le mot existait, signifierait terra germinans, et non pas terra concrela.
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granit, de quelques pierres argileuses et de pierres ollaires par bancs verticaux. Dans les fentes perpendiculaires on trouve du quartz, du talc et des grenats. On a apporté au Muséum groenlandaïs, à Copenhague, des échantillons d’un très-riche minerai de cuivi , de micaschiste, de marbre grossier et de serpentine, ainsi que de l'amiante, des cristaux de roche et de la tourmaline noire. Enfin le Groenland nous a fourni le minéral nommé fuate d’alumine ou cryolithe. On a aussi découvert une vaste mine de charbon de terre dans l’île Disco. Trois sources chaudes ne sont pas les seuls indices volcaniques observés jusqu’à présent : entre le 67e et le 77e parallèle, au milieu d'énormes amas de neige, un volcan a lancé des flammes en 4783. Pendant les courts instants de l'été, l'air, très-pur sur la terre ferme, est dans lesîles obscurci par les brouillards. Les clartés vagabondes de l’aurore boréale adoucissent un peu la sombre horreur des nuits polaires. Ce qu’on appelle fumée de glace, est une vapeur qui sort des crevasses de la glace marine ou qui s’élève de la surface des lacs, et qui, formant dans l’air un réseau transparent et solide, est poussée par le vent, rase le sol et tue l’Esquimau qu’elle atteint. La rareté des pluies, le peu d’abondance de neiges et l’intensité inouïe du froid qu’apporte le vent d’est-nord-est, nous font soupçonner que les parties ies plus orientales du Groenland forment un grand archipelencombré de glaces éternelles que les vents et les courants y amoncellent depuis des siècles. Il y a quelques terres labourables, et probablement l’orge pourrait venir dans la partie méridionale. Les montagnes sont couvertes de mousse du côté du nord; les parties exposées au midi produisent de très-bonnes herbes, des groseilles et d’autres baies en abondance, et quelazes petits saules et bouleaux. Non loin de Julianeshaab, un bois de bouleaux couvre une vallée; mais les arbres les plus hauts ont 6 mètres. On cultive les choux et les navets près des colonies danoises.
Le règne animal offre ici de gros lièvres dont ia chair est excellente, et qui donnent une bonne fourrure ; des rennes de la variété américaine, des ours blancs, des renards, de grands chiens qui hurlent au lieu d’aboyer, et dont le Groenlandais attèle ses traîneaux. Une immense quantité d’oiseaux aquatiques demeurent près des rivières, qui abondent en saumons. Les cabillauds, les turbots, les petits harengs fourmillent dans la mer. On a fourni des filets aux indigènes, qui commencent à en sentir l'utilité: Dans le Groenland septentrional, les Danois et les naturels vont conjointement à la pêche aux baleines ; mais cette occupation tumultueuse et peu lucrative pour les indigènes, répand dans ce canton le vice et la misère. Les
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naturels du sud s’en tiennent à la chasse du chien marin. La chair de cet animal est leur nourriture principale; la peau leur fournit des vêtements, eten mème temps ils en construisent leurs bateaux ; les nerfs deviennent du fil, les vessies des bouteilles, la graisse remplace tantôt le beurre et tantôt le suit, le sang fournit du bouillon. Le Groenlandais ne comprend pascomment on peut vivre sans chien marin; ç’est pour lui ce que l'arbre à pain est pour le Taïitien et le Elé pour l’Européen.
Les naturels ont la taille courte, les cheveux longs et noirs, les yeux petits, le visage aplati et la peau d’un jaune brun. On reconnait en eux une branche des Esquimaux. Cette parenté est surtout prouvée par leur idiome, d’ailleurs remarquable par la richesse de ses formes grammaticales, Les particules et les inflexions y sont aussi nombreuses, aussi variées que dans le grec; mais la règle qui prescrit d’intercaler toutes les parties du discours dans le verbe, fait naître des mots d’une longueur démesurée. Les consonnes R, Æ et T dominent dans cette langue, et produisent, par leur accumulation, des sons très-rudes. Les femmes groenlandaises , comme celles des Caraïbes, ant des mots et des inflexions dont il n’est permis qu'à ellesde se servir. Les Groenlandais s’appellent quelquefois Innouk ou frère; mais leur véritable nom de nation paraît être Æulalit, et ils désignent ordinairement leur pays sous le nom de Æalalit Nounet.
Le caractère actuel des Grocnlandais est un mélange indéfinissable de qualités bonnes et mauvaises; l'attachement aux usages nationaux lutte contre l'influence d’une civilisation étrangère. Les Groenlandais accusent avec amertume les Danois et les autres navigateurs européens de leur avoir apporté le fléau de la petite-vérole et celui des liqueurs spiritueuses. Mais quelle est l'origine de cette espèce de lèpre qui n’attaque pas les mains, qui passe pour contagicuse et qui couvre tout le corps d’écailles que le malade se plait à racler®
Le poste le plus avancé vers le pôle esi Upernavick (72° 30! latitude) ; puis viennent Umanak, où l'on fait une pêche importante de chiens marins;
Godhavn, sur l’île de Disco; Jacobshavn, fondé en 1741; Holsteinborg,
qui date de 1759, et qui ne renferme que 150 Esquimaux; Sukkerloppen, où il y a un bon port où l’on fait une pêche abondante; God!haab, la principale et la plus ancienne de ces colonies, à 64° 40’, avec un excellent port; Friderikshaab et Julianeshaab, le plus important des établissements danois.
La description d’un de ces établissements donnera une idée de tous les autres. Holsteinborg se compose de la maison du gouverneur et de celle du pasteur, auxquelles sont annexés de fort jolis jardins potagers ; près de là
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s'élève l'église, surmontée d'un petit clocher; le reste consiste en deux magasins, une boulangerie et une quarantaine de huttes d'Esquimaux. La maison du gouverneur et celle du ministre sont bâties en bois, et renferment une cuisine, une salle à manger, une chambre à coucher et un salon ; l’église est simple, mais propre, et peut contenir 200 personnes. L'établissement exporte chaque année 3,000 peaux de rennes et une grande quantité d’huile de baleines et de veaux marins. On a fondé depuis peu, dans cette colonie reculée, unc bibliothèque publique qui, en 1834, se composait d’une centaine de volumes; ce qui est déjà beaucoup pour une contrée comme le Groenland. Le district de Julianeshaab renferme environ 2,000 habitants. On y élève des bêtes à laine et des bêtes à «ornes; mais on y trouve quelques restes d’anciennes maisons qui appartiennent à l’époque du moyen âge.
Les frères moraves ont plusieurs loges, dont l’une, nommée Zichtenau, est tout près du cap Farewell. La population, qui en 4789 avait été trouvée de 5,122 âmes, s'élevait en 1802 à 5,621 individus; mais ce recensement, fait après une épidémie, était d'ailleurs incomplet. La vaccine, récemment introduite, garantira cette peuplade des ravages de la petite-vérole.
Un autre établissement d’herrahuttes, ou de frères moraves, est Lichtenfels; enfin le troisième est Nye-Herrnhut, ou Nouveau-Herrnhutte. L’archipel de Disco comprend aussi plusieurs petits établissements danois; au sud, la colonie d’Egedesminde comprend plusieurs îles, dont les plus considérables sont celles des Renards. Cette colonie exporte tous les ans 60 tonneaux de lard et 700 fourrures, ainsi qu’une grande quantité d’édredon.
À Ekolumiut, sous le 63° degré 30! de latitude, M. Graah remarqua une végétation plus active qu’à Julianeshaab, où elle passe pour déployer le plus de richesse. Amiloursuk, à quelques lieues d’Ekolumiut, possède un
. port sûr et commode.
Le gouvernement danois se manifeste peu dans l'administration de ces colonies; toute sa sollicitude se borne à y entretenir des missionnaires, qui exercent une utile influence et une sage autorité sur les habitants. Les colonies du Groenland sont divisées en deux inspectorats: celui du sud, dont le chef-lie 1 est la bourgade de Julianesbaab, et celui du nord, qui parait avoir pour chef-lieu Egedesminde, dont le nom rappelle Egède, son fondateur.
Les Groenlandais n'ont conservé aucune trace p ‘sitive d’une communication avec la colonie scandinave dont ils ont envahi et détruit les établis-
semerits. Ils font, il est vrai, du soleii une déesse ou femme déifiée, et de la
lune un homme; ce qui est conforme à la croyance des Goths, différente de celle des autres Scandinaves ; mais comme on retrouve un dieu Lunus ou Mén chez les nations classiques mêmes, cette analogie prouve ou trop ou rien."On reconnaît chez les Groenlandais une foule de traits non équivoques qui démontrent leurs liaisons avec les Esquimaux, même les plus éloignés. Les instruments de pêche des habitants de l'Amérique russe, entre autres, sont exactement composés comme ceux des Groenlandais
La Compagnie du Groenland, établie à Copenhague, estime sa recette habituelle à 440,000 rixdalers (5 à 600,000 francs), et les exportations du pays même, sans le produit de la pêche des baleines, ont monté de 50 à 100,000 rixdalers. Les dépenses de la Compagnie vont à 400,000 francs.
Les principaux objets d'importation sont de la farine, du sel, du drap, du vin, de l’eau de-vie ei divers métaux, contre lesquels on rapporte en retour de l'huile et des côtes de baleines, de peaux de phoque, d'ours, de renard et de lièvre, des cornes de narval et de l’édredon.
Lorsqu’au dixième siècle, lislandais Eric Rauda eut fait connaître an gouvernement norvégien la découverte qu’il venait de faire d’un pays que l’on se représentait, malgré sa latitude, tout couvert de verdure, plusieur: familles consentirent à l’y suivre et à y fonder une colonie. Bientôt après, Olaüs, roi de Norvège, chargea plusieurs missionnaires de répandre le christianisme dans cette nouvelle contrée ; en 1386, Marguerite de Valde mar, qui réunit sous son sceptre le Dinan la Norvège et la Suède, déclara le Groenland domaine de l'Etat. En 1418, une flotte ennemie, qui appartenait probablement au prince Zichmni de Frislande, vint attaquer la colonie affaiblie par les ravages d’une maladie contagieuse, et détruisit tou! par le fer et le feu. Les dissensions troublaient alors la mère-patrie; !° Groenland fut oublié. Pendant le dix-septième et le dix-huitième siècles, le gouvernement danois fit rechercher, mais en vain, les restes des ancien: établissements. Enfin, en 1722, Jean Egède, prêtre norvégien, emtreprit d’aller instruire dans le christianisme les Esquimaux du Groenland; il y débarqua avec toute sa famille, y resta quinze ans, et y fonda une coloni:: dont la prospérité naissante attira l’attention du gouvernement, qui rétablit les relations commerciales avec le Groenland. Depuis, les frères moraves répandirent avec zèle l'instruction religieuse parmi les Groenlandais.
Les côtes seules, dans un espace de 300 lieues, sont habitées; ni les Danois, ni les Groenlandais n’ont dépassé la chaîne de montagnes qui défend l'accès de l’intérieur. Au nord de l'établissement d'Upernavick, la côte occidentale du Groenland prend lenom de Æaut-Pays Arctique (Artic .
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