‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 149 sur 203 · VIII. NU · texte numérisé non relu

VIII. NU

La formation houillère au sud, et celle des grès rouges au nord, se partugent le sol de cette contrée, dont les montagnes sont composées de calcaire ancien et de granit. On exploite de la houille dans les comtés méridionaux de Pembroke, de Glamorgan et de Brecknoch; elle est toujours accompagnée de mines de fer, mais les plus considérables sont dans les deux derniers. Celui de Glamorgan renferme des filons d’étain, On trouve du plomb dans les comtés de Caermarthen, de Cardigan et de Montgomery; celui de Radnor en renferme en petite quantité avec un peu de cuivre; dans celui de Merioneth on n’exploite que des granites et des porphyres. Ceux de Caernarvon, de Denbigh et de Flint, sont assez riches en cuivre, en fer et en plomb.

La région septentrionale est beaucoup moins fertile et moins peuplée que la méridionale. Dans celle-ci les produits du sol suffisent à la sobriété des habitants; au centre, la température a toute l’âpreté des régions élevées; près des bords de la mer qui baigne la contrée au nord, à l'occident et au midi, le climat est doux, mais humide. Cependant rien n‘empéche de considérer le pays de Galles comme généralement salubre.

L'agriculture n’est pas, à beaucoup près, aussi florissante dans la principauté de Galles que dans le reste de l’Angleterre ; mais dans tous les comtés des sociétés d'agriculture ont été fondées qui auront tôt ou tard une heureuse influence sur le perfectionnement de la science agricole. Les pâturages occupent 1,000,000 d’hectares ; on évalue à 630,000 la superficie des terres labourées; sur les 680,000 qui restent incultes, 280,000 peuvent être défrichés avec avantage. Cependant si l’agriculture n’y est pas encore arrivée à un degré de prospérité satisfaisant, il n’en est pas de même des autres branches d'industrie. Des filatures de coton se sont élevées dans le comté de Flint et de Denbigh; des usines où l’on prépare le fer, le cuivre et le plomb, sont répandues du midi au nord ; presque partout on tisse des toiles, des flanelles et des draps. Chaque fermier fabrique plus de draps qu’il n’en peut consommer ; il n’est pas une chaumière qui ne renferme un métier de tisserand. Il y a peu de chemins de fer, mais les transactions commerciales sont facilitées par plusieurs . Canaux, tels que le canal d'Ellesmere qui joint la Dée à la Severn, et ceux de Brecknock, de Cardiff, de Neath et de Swansea, qui établissent des communications avec le canal& Bristol. La navigation acquerrait encore une plus grande extension si l’avantage que présentent des côtes découpées par un grand nombre de golfes et de rades était augmenté par celui

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qu’offriraient des constructions qui rendraient plus commodes et plus sûrs les ports de cette principauté.

Commençons notre excursion chorographique par la région méridionale, Le comté de Glamorgan est si fertile qu’on l'appelle le jardin du pays de Galles; il est riche en houillères et en métaux : c’est le Harz de la contrée. Ses usines livrent annuellement à la consommation 2,500,000 quintaux de fer en fonte ou en barres, et 450,000 de cuivre. Les grands ateliers où l’on travaille le fer sont ceux d’Aberdare; les villes de Neath et de Swansea contiennent aussi des forges considérables. La première de ces villes, qui porte le nom d'une petite rivière qui se jette près de là dans la baie de Swansea, est petite et mal bâtie ; les restes de son ancienne abbaye sont occupés par une usine. La seconde, peuplée de 12,000 âmes, doit son importance à son commer:e de métaux, à ses brasseries, à ses poteries, à ses corderies, et au mouvement de son port que l’on peut considérer comme le plus important du pays de Gall:s. Plusieurs canaux y apportent un grand nombre de produiis, et ses bains de mer sont très-fréquentés. ZLlandaff, petite paroisse de 4,500 habitants, ::; le siège d’un évêché, Du haut de sa belle cathédrale on aperçoit Cardiff ou Caerdif, sur la rive gauche du Taaf que l’on traverse sur ii: beau pont de cinq arches. Cette ville est à 4 kilomètre de la mer; c’esi la capitale du comté. Sa population n’est que de 5,000 habitants. Il ne reste plus de son château, bâti sous Guillaume le Conquérant, qu’un donjon et un mur d'enceinte. On élève dans le Glamorgan des chevaux d’une belle race, vifs et vigoureux, des bêtes à cornes estimées, et des moutons qui fournissent une laine d’une grande finesse,

Le comté de Brecknock ou de Brecon, moins important par ses mines, l'est beaucoup plus par ses pâturages : il nourrit un grand nombre de moutons, et sa principale industrie consiste à fabriquer des bas et des étoffes de laine. Il porte le nom de sa capiw:e, netite ville qui fut autrefois fortifiée, ainsi que le prouvent une tour et quelques restes de murailles. Des médailles et des débris antiques, trouvés sur le sol et aux environs de ce chef-lieu, indiquent une station romaine. À l’est de Brecknock est le lac appelé Breckncck-mere, sur le bord duquel la tradition place une grande ville qui fut, dit-on, engloutie par un tremblement de terre.

Dans le comté de Carmarthen ou Caermarthen, le sol est célèbre par ses belles récoltes en avoine et en orge : le froment s’y cultive avec peu de succès. Sur la rive droite d’une rivière assez considérable appelée

Tuwey ou Towy, on arrive à Caermarthen, en traversant un beau pont de dix arches. Cette ville, bâtie en amphithéâtre sur l'emplacement de Maridunum, est grande et commerçante, bien que sa population ne soit que de 40,000 âmes. Son petit port reçoit, à la marée haute, des navires de 300 tonneaux. Des chemins de fer donnent de l’activité aux usines de ZLlanelly, petite ville située à 22 kilomètres au sud-est de la précédenie.

En continuant à suivre les bords de la mer nous traverserons la petite ville maritime de Pembrocke, dont la longue rue, assez bien bâtie, est située au pied d’une montagne, C’est la patrie de Henri VII. Sous la chapelle de l’ancien château-fort aujourd’hui en ruine, et qui fut bâti par Anu!ph de Montgomery vers la fin du onzième siècle, la caverne de Wogan est remarquable par un écho qui répète plusieurs syllabes. Cette ville donne son nom au comté maritime dont elle est le chef-lieu, et dans lequel de fertiles champs de blé, de vastes prairies et l’abondance de la pêche maritime s’opposent au développement de l’industrie manufacturière. Milford, dont la fondation ne date que de 1790, est une petite cité dont les rues sont irrégulières et les maisons bien bâties. Sa baie ressemble à un lac immense : elle s'enfonce de 27 kilomètres dans les terres et forme le havre le plus commode de la Grande-Bretagne. Haverford-west, appelée en gallois Zuwlffordd, est la plus grande et la plus commerçante ville du comté, bien qu’elle ne renferme pas plus de 5,000 habitants, Elle est bâtie en amphithéâtre sur la pente d’une colline couronnée par le vieux donjon d’un château en ruine. Saint-David’s, situë au bord de la mer, près d’un cap qui porte le même nom, et que les anciens appelaient Promonlorium Oclapitarum, est peuplé de 2 à 3,000 âmes et le siége d’un évêché. Saint David est le patron du pays de Galles, comme saint Georges cest celui de l'Angleterre, saint André celui de l'Écosse et saint Patrick celui de l’Irlande.

Aux produits de la pêche les habitants du comté de Cardigan joignent le commerce de la laine et des troupeaux ; l’agriculture y est peu soignée; près de la mer on engraisse les terres avec des plantes marines, et l’on oblient d’abondantes récoltes d'orge; celles du froment ne suffisent pas à la consommation. Les côtes sont exposées à de fréquents ravages causés par les tempêtes qui soulèvent les flots irrités. Un canton tout entier, celui de Cantrof-Gwaclod, a ét£Cnvahi par la mer. Cardigan, la capitale, dont le port est très-fréquenté et le commerce considérable, donne son nom à une grande baie qui se divise en plusieurs petites.

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EUROPE. — DESCRIPTION DE L'ANGLETERRE. . B6b

Le dernier comfé qui nous reste à voir dans la région méridionale est celui de Radnor. Circonscrit au sud par le cours sinueux de la Wye, c’était un des moins fertiles et des moins peuplés ; mais, à force de soins, Phabitant en a fait l’un des mieux cultivés de la principauté. L’extrémité au nord-ouest est encore un désert presque impraticable. Le Vieux et le Nouveau-Radnor, en anglais Old-Radnor, et New-Radnor, et en gallois Maesyfed-hen ou Pen-y-craig, et Maesyfed-newyold, éloignés Y'un de l'autre de moins de 2 kilomètres, méritent à peine d’être visités; le premier est un village de 4,500 habitants, situé sur un rocher escarpé ; le second, qui n’a que le tiers de celte population, a le rang et les prérogatives de chef-lieu de comté. Les assises se tiennent alternativement au Nouveau-Radnor et à Presteigne, petite ville appelée en gallois Llan- Andrew, et qui a sur la précédente le double avantage d’être un peu plus peuplée et beaucoup mieux bâtie.

Dane la contrée septentrionale, le comté de Montgomery, entrecoupé de vallées, de collines, de prairies et de champs de blé, abondant en mines de plomb, mais dépourvu de houille, est célèbre par la quantité de poissons, et surtout de saumons, que nourrissent ses rivières. Ses moutons donnent une laine estimée qui alimente les importantes manufactures d’étoffes de laine de Newton, de Berriew ct de Welchpool. Près de la rive droite de la Severn, Montgomery se fait remarquer de loin, sur un rocher, par les restes de son vieux château, bâti sous Guillaume le Conquérant, Mais si, prenant sur notre gauche, nous nous éloignons de 49 kilomètres, nous verrons au bord du Dovy la jolie petite ville de Machynleth, qui occupe, dit-on, l’emplacement d’une station romaine appelée Maglona. |

Le comlé de Merioneth, hérissé de montagnes escarpées, présente un aspect âpre et sauvage. Il est agricole et manufacturier ; il nourrit une grande quantité de bêtes à cornes, de chèvres et de moutons, et fait un grand commerce de ses tissus de laine, Le territoire qui le compose portait le nom de Mervinia chez les Romains : on y voit encore quelques restes des fortifications qu’ils y construisirent. Son chef-lieu est Dolgelly ou Dolgilley, petite ville mal bâtie qui fabrique une grande quantité de gros draps dont le produit est important. Bala, qui partage avec Dolgelly l'honneur d’être le siège des assises de Mérioneth, est fort ancienne : on y voit les restes de trois camps romains. Eïle est à l’extrémité orientale du Bala, qui, nous le répétons, est le plus grand lac du pays de Galles.

En suivant le cours de la Dée, qui sort du Bala, nous traverserons le

comlé de Denbigh, fertile en grains, riche en bétail et abondant en mines. L’air y est pur, les habitants y vivent longtemps : les glaces de l’âge n'amorlissent point l’activité dont ils sont doués. Denbigh, le chef-lieu, est situé près de la rive gauche du Clwyd dans une vallée parfaitement cultivée. C’est une ville petite, mais bien bâtie ; son commerce consiste dans la vente de ses cuirs, de ses gants et de ses souliers, qu’elle exporte principalement en Angleterre et en Irlande.

La plupart des villes de la principauté sont dominées par de vieux châteaux en ruine; nous ne citons que les plus remarquables : la petite ville de Flint nous en montre deux; l’un, flanqué encore de trois tours, défendait l’entrée de la rivière de Déc; l’autre, au sommet d’un rocher situé dans un marais des environs, servait également à protéger la ville, C’est à Flint que Richard IF, cédant à la nécessité, remit la couronne au duc de Lancastre, depuis Henri IV. Ses bains de mer la rendent agréable dans la belle saison. Le comté de Flint, moins montagneux que les autres, abonde en céréales et en pâturages, renferme des mines de fer, de plomb et de houille, et nourrit beaucoup d’abeilles dont le miel est d’un grand produit : il sert dans plusieurs cantons à faire une liqueur assez estimée appelée melheglin, et qui ressemble beaucoup à l’hydromel. On trouve dans ce comté des restes d’antiquités romaines. Les Ordovices, qui l’habitaient jadis, résistèrent longtemps aux Romains ; ceux-ci donnèrent aux pays le nom de Venodolie cet y bâlirent une petite ville qu’ils appelèrent Varis, c’est-à-dire résidence de Varus, et que l’on croit être Bodvari, petite paroisse de 900 habilants. Caerwys ou Caer-ar-wys, jadis cheflieu du comté, et jusqu’au règne d’Élisabeth le rendez-vous des bardes, qui, en présence des juges nommés par le prince, venaient chaque année y disputer le prix du chant, n’est plus peuplée que d’un millier d’individus. Æolywell, dont le nom signifie Sain!-Puits, est une des plus importantes villes de la principauté, puisqu’elle renferme environ 40,000 habitants. Ses maisons sont bâties avec régularité. Elle doit sa prospérité à ses manufaetures de coton et à ses usines, où l’on travaille le plomb, le cuivre et le zinc, exploités dans les environs. Le moteur de ces établissements est la célèbre source appelée Puits de Saint-Winifred, qui se précipite d’un rocher avec tant de force et d’abondance qu’elle fournit

30,000 litres d’eau par minute, Cette source est très-chaude et estimée pour ses propriétés médicinales. À sa sortie du rocher’elle forme une petite rivière qui, après un cours d’environ 3 kilomètres, va se jeter dans l’embouchure de la Dée, Saint-Asaph n’est qu'une seule rue qui prend le

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titre de ville parce qu’elle est le siége d’un évêché. Sa population n’est que de 2,500 âmes, On croit qu’elle fut fondée en 560 par Kentigern, évêque de Glasgow, dont le successeur fut Asa ou Asaph.

Dans le comté maritime de Carnarvon ou Caernarvon l’agriculture est peu avancée; les chevaux et les bêtes à cornes, le produit des mines et celui de la pêche, sont les principales ressurces des habitants. La vie des paysans offre plus d’un trait de ressemblance avec celle des montaguards de la Suisse : depuis la fin de mai jusqu'au mois de septembre ils abandonnent leurs vallées pour suivre leurs troupeaux sur les montagnes, où ils se nourrissent de leur lait et de leur chair; en automne ils redescendent dans les vallées, où ils passent l’hiver à filer la laine et à fabriquer des étoffes grossières pour leur usage. Près de l'emplacement de l'antique Seguntium, dont il reste quelques vestiges, Edouard Ier fonda en 1283 la ville de Carnarvon. Ses anciennes murailles sont encore debout; secs rues sont étroites, mais ses maisons bien bâties; son port sur la côte méridionale du détroit de Menai, qui sépare la principauté de Galles de lîle d’Anglesey, reçoit en tout temps un grand nombre de navires des différents points Au royaume, et des baigneurs dans la saison des bains de mer. Elle renferme une société d’agriculture et une maison de prières pour une secte d’enthousiastes nommés sauteurs. Les faubourgs sont plus grands que la ville, et l’église paroissiale est à 1 kilomètre de celle-ci, Elle a donné le jour à Edouard II, premier prince de Galles. Bangor, comme toutes les villes épiscopales de la principauté, n’est qu’un amas de chétives habitations au milieu des ruelles s’élève une vieille cathédrale. Près de là se trouve le pont tubulaire qui unit l’île d’Anglesey au continent et que traverse un chemin de fer. |

L'île d’Anglesey forme un comté. La culture s’y est améliorée depuis

que la contrebande et l’exploitation des laines ont cessé d’être les principales occupations de ses habitants. On y compte environ 1,500 mineurs ct une centaine de fondeurs. Sa superficie comprend 5,000 hectares en culture, 75,000 en pâturages, et 20,000 en bois et en terres incultes. La ville que l’on considère comme la capitale du comté est Beaumaris, sur la côte orientale. Sa population n’est que de 3,000 habitants; son église est élégante et renferme quelques beaux mausolées; son port présente un abri sûr aux navires de commerce. Mais Amlwich, sur la côte sepientrionale, renferme une population deux fois plus considérable; son port, taillé dans le roc pour 30 navires de 200 tonneaux, est l’ouvrage de la Compagnie des mines de cuivre d’Anglesey.

A l’ouest d’Anglesey, dont elle n’est séparée que par un étroit passage, s’élend l’île d’AÆolyhead, qui dépend du même comté et qui est aussi unie par un pont-chemin de fer, Elle a 43 kilomètres de longueur sur 4 kilomètres dans sa plus grande largeur. Sur sa côte septentripnale on voit une ville du même nom, que les Gallois nomment Caer-üGwyby, en l'honneur de saint G:bi, personnage qui vivait dans l’île vers la fin du quatrième siècle. Elle renferme plus de 5,000 habitants et une église assez belle.

Nous avons dit que pour l’administration de la justice, la principauté de Galles était divisée en quatre arrondissements. Celui du sud-est comprend les comtés de Glamorçan, de Brecknock et de Radnor ; celui du sud-ouest, les comtés de Pembroke, de Caermarthen et de Cardignan ; celui du nord-est, les comtés de Mon/gomery, de Denbigh et de Flint ; celui du nord-ouest, les comtés de Merioneth, de Caernarvon ct d’Anglesey. Les quatre évêchés de la principauté sont sous la juridiction de l'archevêque d’York.

Suite de la Description de l’Europe. — Description topographique des îles Britanniques. — Description de l’'Ecosse.

Avant de traverser le golfe de Solway, avant de franchir les hautes montagnes de l'Écosse, avant de nous enfoncer dans ses vallées profondes, arrétons-nous sur les ramifications des monts Cheviot, d’où descendent la Dée, la Nith et PAnnan, pour aller se jeter dans le golfe que nous venons de nommer, ei que les Anglais regardent comme un bras de mer, en l'appelant Solway-Frith; examinons rapidement la division politique et religieuse, les produits, tes mœurs des montagnards et l’histoire de cette contrée,

L'Écosse est divisée Æh trente-trois comtés, beaucoup moins crnsidérables que ceux de l'Angleterre, puisque leur superficie ne forme que 17,044 kilomètres, en y comprenant les îles. Elle présente deux grandes

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