‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 5 sur 203 · partie de la Bresse e de cette Romains · texte numérisé non relu

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Gueldre occupée par les Treveri et les Cæresi dont nous parlerons plus tard. Sur le territoire français, elle renfermait les Mediomatrici qui habitaient le pays Messin ; les Verodunenses, celui de Verdun, et les Leuct, qui occupaient un territoire considérable, comprenant aujourd’hui Bar, Toul et une partie de la Lorraine,

Dans la seconde Belgique ( Belgica secunda ) on voyait les braves et flers Nervii, qui dans les combais ne reculaient jamais, et qui habitaient une partie du territoire belge, le Hainaut et le Cambresis; les Morint, peuple industrieux, renommé pas ses tissus de lin, et qui tenait une partie de la Picardie et notre Flandre ; les Afrebales, dont le nom présente quelque analogie avec celui d’Artésien ; les Ambiant, renommés par leur cavalerie, sur le territoire d'Amiens ; les Bellovaci dans le Beauvoisis ; les Sylvanectes dans le pays autrefois couvert de forêts de Senlis ou le Valois ; les Suessiones, nation puissante qui habitait le Soissonnais et une partie de la Champagne ; les Remi, sur le territoire de Reims et de Laon; et les Cafalauni, qui possédaient celui de Châlons.

La première Germanie ( Germania prima ), qui s’étendait sur les deux rives du Rhin, comprenait, hors du territoire actuel de la France, les Treveri et les Neineles, les Vangiones et les Tribocci, dont nous parlerons en décrivant les principautés allemandes; dans notre province d'Alsace, une partie des Tribocci occupaient le pays de Strasbourg et de Saverne, et les Rauraci alliés des Helveltr, étaient maîtres des environs de Neuf. Brissac.

Divers dialectes particuliers à chacune des grandes nations qu’elle formait divisaient les nations appartenant à la race celtique. Leurs classes lettrées paraissent avoir connu les caractères grecs; cependant il est probable que les Veneli et d’autres peuples appelés Armoriques, c’est-à dire Mmartlimes, parce qu’ils habitaient les bords de la mer, avaient adopté l'écriture des Phéniciens par suite de leurs rapports commerciaux avec ces derniers. Quant aux Celtes de l'Irlande, on croit qu’ils se servaient de caractères particuliers. Il ne reste plus de ces idioines que le gallique, que l'on parle encore dans plusieurs îles Britanniques, et qui se divise en diverses branches : le kumbre (kimri) ou le cello-belgique dont on voit des traces dans la Belgique et la Flandre ; enfin le breyzad ou le bas-breton, conservé chez nos paysans de la Bretagne. Ce dernier dialecte est divisé en quatre sous-dialectes répandus dans le Finistère, le Morbihan et une partie des Côtes-du-Nord: le léonard ou léonnais, parlé sur le territoire de Saint-Pol-de-Léon ; le érécorien, en usage sur celui de Tréguier; le cor-

nouaïllier, sur celui de Quimper-Corentin, et le vanneleux, sur celui de Vannes.

Le lampourdan, l’un des trois principaux dialectes qui restent de l’antique langue basque, se conserve dans la Basse-Navarre et le Labour, compris dans l’arrondissement de Mauléon, ainsi que dans le pays de Soule que renferme l'arrondissement de Bayonne.

La Gaule celtique formait un vaste Etat fédératif, composé de petites républiques divisées en deux classes: les unes avaient des chefs dont l'élection était de courte durée; les autres avaient des magistrats à vie auxquels on donnait le nom de rots. Les intérêts les plus graves, les questions sur la paix ou la guerre setraitaient dans l’assemblée générale des députés de ces républiques. L'époque de cette réunion était fixée au renouvellement du printemps : tout homme libre était tenu de s’y rendre. C’était à la fois la plus importante et la plus solennelle des fêtes civiles et religieuses. Scymnus de Chio, poëte et géographe, dont le siècle n’est point connu, assure qu’une troupe de musiciens assistait à ces grandes réunions, et lorsque le tumulte interrompait les délibérations, elle jouait des‘symphonies propres à calmer les passions.

Les Celles, comme les appelaient les Grecs, ou les Gaulois, nom que leur donnaient les Romains, ne furent d’abord qu’un assemblage de peuples nomades vivant au milieu des forêts, ainsi que l’indique le nom de Cellæ ( Ceiltach, habitant des forêts) ; plus tard ils devinrent sédentaires; mais l'instinct de la liberté leur fit longtemps redouter l’enceinte des villes : leurs cités toujours ouvertes, étaient composées de cabanes séparées par des jardins, et situées sur la lisière d’un bois ou sur le bord d’une rivière Chez eux l’agriculture était réservée aux esclaves des deux sexes: les hommes libres se consacraient exclusivement à la profession des armes, et, semblables aux Helvétiens de nos jours, lorsqu'ils ne trouvaient pas à employer leur bras au service de leur pays, ils s’enrôlaient à la solde de l'étranger. Ils élevaient une grande quantité de bétail, de chevaux et de brebis, et se nourrissaient de leur lait, de leur chair et du produit de la chasse. S’il faut en croire Pline, ce peuple, si disposé à la civilisation, était antropophage avant l’arrivée des Romains dans les Gaules : les crânes de leurs ennemis tués dans les combats étaient garnis d’or ou d’argentet servaicnt de coupes dans les festins; ‘le vin, l’hydromel ou la bière y pétillaient tour à tour; elles passaient de main en main, mais on ne les présentait pas aux roturiers, c’est-à-dire à ceux qui ne s’étaient pas encore

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peuples, le privilége de la noblesse fut accordé à celui qui avait répandu le sang humain, On a dit que l’usage des duels fut introduit chez nous par les Francs; mais, dès la plus haute antiquité, l’honaeur que les Celtes attachaient à la profession des armes avait établi chez eux la jurisprudence de l'épée: jamais un Celte ne refusait un défi. Tout homme libre ne paraissait qu’armé en public : de là, sans doute, l’usage, que la révolution a modifié, de porter l’épée à la cour et dans les grandes cérémonies, Une longue chevelure était l’ornement auquel les deux sexes tenaient le plus, Ils s’étudiaient à rendre roux leurs cheveux blonds, au moyen d’une pommade colorée, comme on a vu longtemps leurs descendants blanchir les leurs en les couvrant de farine. Les hommes portaient autour du cou de longues chaines d’or, et se chargeaient les bras et les poignets de bracelets du même métal. Ils se frottaient le visage avec du beurre pour le rendre brillant, et dans le même but les femmes se servaient de l’écume de la bière.

La polygamie n’était point en usage chez les Celtes. Lorsqu'une fille était en âge d’être mariée, ses parents rassemblaient dans un festin tous les prétendants, et le premier auquel elle présentait le vase pour se laver était celui qu’elle choisissait. Dans la cérémonie du mariage, il était d'usage que la femme employât une formule qui signifiait : Vous êtes mon maître et mon époux, et je suis votre humble servante. Le mari avait droit de vie et de mort sur elle. Une femme convaincue d’avoir fait mourir son mari, était condamnée à être brûlée vive; l’adultère était sévèrement puni, et le divorce était autorisé, Les assemblées publiques, les mariages et les enterrements étaient autant d'occasions de repas somptueux qui se terminaient presque toujours par des danses.

Les Celtes n’avaient point de temples; ils pensaient que la grandeur et la puissance divine ne s’accordent point avec la petitesse des constructions humaines : c’était dans les forèts qu’ils adressaient leurs prières au Ciel, Ils y rassemblaient de grosses pierres brutes dont ils formaient des espèces de sanctuaires couverts, appelés dolmen, ou de cercles mystérieux nommés cromlech; d’autres fois ils élevaient sur le sol une pierre isolée autour de laquelle ils se réunissaient; ce monument sacré portait le nom de peulver ou de menhir 1, Malgré ce qu’en a dit César, qui leur attribuait les mêmes

* Dolmen, signifie, en breton, table de pierre; cromlech, lieu courbe, lieu voûtés peulven, pilier de pierre; et menhir, pierre longue. Le dolmen est composé d’une pierre plate ou de forme tabulaire élevée sur plusieurs

autres enfoncées en terre. On croit qu’il servait d’autel sur lequel on sacrifiait les

For même nom s'applique encore à une réunion de pierres larges, plates et VILL. P

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dieux qu'aux Romains, ils regardaicnt comme une impiété j’usage de représenter la Divinité sous une forme corporelle; ces pierres isolées, un chéne dont la taille annonçait l’antiquité, étaient les seuls symboles qu’ils choisissaient.

Ils admettaient une intelligence infinie, cause première de l’univers, et de l’admirable harmonie qui y règne. Teut ou Teutatés, leur Mercure, était adoré comme le créateur de l'univers et l'inventeur de tous les arts: ce dieu est évideminent le même que le Theut des Phéniciens. Æsus ou Hésus, dieu féroce qui protégeait leurs forèts, était leur Mars; Kernunos, divinité cornue que l’on a regardée comme leur Bacchus, parce que l’on sait que les Phéniciens introdvisirent la culture de la vigne dans quelques parties de la Gaule, était peut-être une imitation du Jupiter Ammon; au lieu de cornes de bélier, sa tête était ornée de cornes de bœuf ou d’élan ; Ogmios, leur Hercule, ressemblait à celui des Grecs; c’était le dieu de Ja poésie : vieillard armé d’une massue, des chaînes sortaient de sa bouche pour indiquer le pouvoir qu’il tirait de l’éloquence; le Soleil, divinité sous le nom de Zelen, et représenté sous la figure d’un homme au front entouré de rayons, faisait croître les plantes salutaires et présidait à la médecine comme l’Apollon des Grecs; Woden, qui paraît avoir quelque analogie avec l’Odin des Scandinaves, n’était qu’une divinité secondaire. Sous les noms de Drac, de Gripi, de Fada, nos ancêtres désignaient des lutins, des démons, des génies inférieurs. Ils rendaient encore un culte religieux aux quetre éléments, aux sources, aux fleuves, au lacs, aux montagnes, aux forêts et aux différents phénomènes de la nature. Ainsi, les Vosges étaient déifées dans le dieu Vosège; les Alpes dans le dieu Pennin; la forêt des Ardennes dans la déesse Arduenne; les vents dans le terrible Kirk ou Circius ; et le tonnerre dans le dieu Tarann.

C’est à la clarté de la lune que les prêtres rassemblaient le peuple au milieu des antiques forêts qui leur servaient de demeure. Ces prêtres se divisaient en plusieurs classes : les Eubages se livraient à l'étude de la hautes, disposées à côté les unes des autres, de manière à former une enceinte carrée, fermée de trois côtés et couverte de pierres plates; c’était une sorie de sanctuaire, dars lequel le pontife se plaçait pendant les cérémonies religieuses.

Le peulven ou menhir est un obélisque ou plutôt une pierre placée verticalement sur le sol.

Le cromlech est composé d’un nombre plus ou moins considérable de peulven ou d’obélisques disposés en cercle quelquefois sur deux ou trois rangs et dominés par un peulven plus élevé placé au centre. D’autres fois, cette dernière pierre manque : alors

ce monument druidique n’est plus qu’une enceinte sacrée dont l’entrée était interdite aux profanes, et qui recevait le nom de mallus.

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