‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 7 sur 203 · PRE · texte numérisé non relu

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Gascogne, l'Aquilaine, la Burgundia ou Bourgogne, la Neustrie comprenant la Bretagne, la Normandie et la Flandre, enfin l’Austrasie, formée de tout le territoire qui s'étend depuis les bouches du Rhin jusqu’au Jura. La France orientale comprenuft les pays au sud et au nord des Alpes, et l'espace compris sur la rive droite du Rhin, depuis ce fleuve jusqu'aux montagnes de la Bohème et aux rives de l'Elbe; c'est-à-dire que Ch. lemagne régnait sur la plus grande partie de l'Italie, sur la Suisse, /° Bavière, la Hesse, la Saxe et la Frise. Depuis les bords de la Drave et du Danube, jusqu’à ceux de l'Elbe, il comptait °ncore plusieurs peuples tributaires.

Le poids de cet empire colossal devint trop lourd pour son successeur. Louis le Débonnaire, père faible et prince inhabile, tour à tour perdant et recouvrant l'autorité sur ses fils révoltés, meurt après avoir fait entre eux le partage d’une couronne qu’il était incapable de porter.

Gouvernée pendant un siècle encore par les princes de cette race, la France voit le trône ébranlé par l’abus du système ftodat; et lorsque Hugues Capet s’empare du trône en 987, il n’est que le premier seigneur de son royaume, et ne règne réellement que sur la Picardie, l'Ile de France et l’Orléanais. La politique de ce prince et de ses suecessours a pour but unique l’honneur et l’éclat de Ja couronne, l’abaissement et la soumission des grands. En 4400, le Berry est acheté par Philippe Ier au vicomte Eudes Arpin. Le roi Jean érige en duché cette province, qui devient l’apanage d’un des fils de France. Louis le Gros ne fait aucune acquisition ou conquête; mais il porte les premiers coups au régime féodal, en affranchissant les communes. En 1202, Philippe-Auguste confisque la Touraine sur Jean sans Terre, auquel elle était échue comme descendant de ses comtes; et l’année suivante, il se rend maître de la Normandie, qui, depuis Charles le Simple, avait été donnée en toute propriété à Rollon et à ses Northmans. Amaury de Montfort cède le Zanguedoc à Louis VIII, et cette cession est confirmée par un traité fait en 4229, pendant la minorité de saint Louis. Jeanne de Navarre, par son mariage, en 4284, avec Philippe le Bel, réunit à la France le comté de Champagne qu’elle avait eu pour dot; en 4307, les habitants du Zyonfais, s'étant affranchis de la servitude, contraignent leur archevêque à reconnaître la souveraineté de ce prince.

Le Dauphiné, qui avait pris ce nom de Guy VIF, le plus brave de ses princes, surnommi le Dauphin parce qu’il portait sur son casque la figure de ce poisson, est cédé à Philippe de Valois en 4349, sous la condition que

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les fils aînés de nos rois porteront le titre de dauphins, mais que ce pays formera une souveraineté particulière et ne sera point incorporé au royaume. Charles V enlève aux Anglais le Poitou, ’'Aunis, la Saintonge et le Limousin. Les victoires des généraux de Charles VIT, sur les armées anglaises, valent, en 4453, à la France, la plus grande partie de la Guyenne et de la Gascogne. Louis XI, en abaissant le pouvoir des grands, a le bonheur d’acquérir, par héritage, le Maine et l’Anjou, que Philippe-Auguste avait conquis, mais qui avaient été plusieurs fois détachés de la couronne en faveur de "l'usieurs princes du sang. Il s'empare du duché de Bourgogne, qu’il prête : À être reversible sur sa tête, quoiqu'il existât un duc Bourgogne, de Nevers et de Rethel; pour s’attirer l'attachement des habitants, il déclare par lettres-patentes que la réunion de ce pays à la France s’étant faite par la libre volonté des états, nul n’y pourra être distrait de ses juges naturels; qu’il ne sera levé aucun subside que du consentement des trois ordres, el que les taxes perçues jusqu’alors sur les vins et les autres produits de cette province seront abolies; enfin il prend possession de la Provence, en prouvant par plusieurs témoius que Charles d’Anjou l’avait institué son héritier; il accorde à cette province les mêmes privilèges qu’à la Bourgogne. Depuis ce temps, les rois de France prirent souvent dans leurs lettres adressées à ce pays, la qualité de comtes de Provence.

François Ier profite des droits que lui donne la révolte du connétable de Bourbon, pour s'emparer, en 4527, de l'Auvergne, du Bourbonnats et de la Marche, qui appartenaient à ce prince, et réunit à la France, quelques années plus tard, la Brelagne, échue par héritage à François son fils. Par suite de cette réunion, la Bretagne demeure, sous ses successeurs, exempte de taille et des autres droits; elle est seulement soumise à un impôt volontaire voté par ses états. Sous le règne de ce prince galant, poëte, chevalier, ami des beaux-arts, mais que la flatterie a décoré du titre de protecteur des lettres, quoiqu'il ait organisé la censure; qui ne passa point pour cruel, et qui, cependant, donna par sa présence de l’éclat aux supplices de l’Inquisition; les assemblées des notables furent substituées aux étatsgénéraux, sans avantage pour la France, qui vit dans tous les rangs germer ces idées de liberté religieuse et civile qui ne s’introduisent pas au sein d’un Etat sans amener tôt ou tard des commotions politiques.

La corruption de le cour et des grands, sous Henri I, François II et Charles IX, encourage les progrès du protestantisme en France; les principes de la réforme, favorablesaux lumières qui percent de toutes parts, font changer une question religieuse en question politique : la cour ne voit

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dans les réformateurs et dans leurs partisans que des ennemis du pouvoir absolu. Le massacre de la Saint-Barthélemi n’est, pour Catherine de Médicis et son fils, qu’un coup d’État favorable à l’autorité royale. Mais, sous Henri IL, les événements changent tellement de face, que les chefs de la ligue ne semblent plus agir que dans le dessein de faire passer le sceptre de la France aux mains d’un prince espagnol. Cependant Henri IV, objet de la haine des chefs catholiques, monte sur le trône et augmente le territoire français de tout ce qui lui reste du patrimoine de ses pères : c'est-à-dire du Béarn, du comté de Foix ct d’une partie de la Gascogne. Louis XIII voit deux fois la France déchirée par des guerres intestines ; mais la politique cruclle de Richelieu pacifie le royaume, et son maître se couronne de lauriers, par la conquête de l’Ar/ois en 4640, et celle du Roussillon en 4642.

Le règne longtemps glorieux de Louis XIV estun des plus favorables à l'agrandissement de la France : ce prince acquiert le Nivernais, par l’extinction totale du régime féodal; en 4667, il fait la conquête de la Flandre; quelques années plus tard, il s'empare de la Franche-Comté; enfin le traité de 4697, avec l’empereur d'Allemagne, confirme l’entière soumission de l’Alsace. Sous Louis XV, la Lorraine, portion du royaume de Lothaire, dont elle porte le nom, conquise par les Français, est cédée au roi de Pologne Stanislas, sous la condition qu’à la mort de ce prince elle sera réunie à la couronne, ce qui a lieu en 1766. En 1768, la république de Gênes cède la Curse à la France, moyennant une somme d’argent.

Telles étaient, en résultat, l'étendue et l’importance du territoire français, pendant les dernières années du long et pacifique règne de Louis XV, Jorsque ce prince mourut, sans emporter les regrets de la nation, laissant à son successeur la tâche difficile de réaliser l’heureux espoir qu’elle fondeit sur ses vertus. On semblait être arrivé à une époque où la masse éclairée saurait apprécier les institutions qu’elle désirait, et que le monarque consentait à lui accorder. Mais les réformes qu'il fallait faire pour rétablir les finances; la susceptibilité de la classe mitoyenne fatiguée des privilèges de la noblesse, et qui réclamait des changements dans l’organisation sociale, excitèrent les passions et firent naître deux partis, qui, dès la convocation des états-généraux, divisèrent l’assemblée, Les députés du tiers-état, pleins de confiance dans l'opinion publique, jurent de ne se séparer qu'après avoir rédigé une constitution. Louis XVI l'accepte; le pape cède à la France Avignon et le comtat Venaissin ; le royaume est divisé en 83 départements, et l’assemblée se dissout.

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