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teintures, de bougies et de papier. Dans le même arrondissement, à l’extrémité méridionale de la région des landes, la nature, si variée dans ses contrastes, s’est plu à embeliir la riche vallée du Loir : des champs couverts de grains, de légumes et de fruits; des coteaux tapissés de vignes qui donnent les seuls vins *stimés du département ; des vergers bien plantés et de magnifiques prairies, se marient agréablement aux sites les plus agrestes ; ajoutez à ce spectacle le singulier effet que produisent au bord du Loir ces coteaux crayeux taillés en terrasses, où sont creusées des habitations à double étage, dont les cheminées, percées au milieu des champs, exhalent, à l’approche du soir, des tourbillons de fumée, et l’on pourra se faire une idée de la vue dont on jouit du haut du plateau sur lequel s'élève Chdteau-du-Loir, où l’industrie et le commerce rempläcent les masures par des maisons propres et commodes, et renouvellent graduellement une ville qui, peuplée de 3,080 habitants, possède cependant un collége, un bel hospice, un théâtre et des bains.
Coulant toujours au milieu des mêmes sites, le Loir passe au pied de la jolie petite ville du Zude, que domine un beau château flanqué d'énormes tours, et voit plus loin s’élever sur sa rive droite La Flèche, cité riche, à laquelle il faudrait seulement un peu plus d’industrie : elle ne renferme qu’une petite fabrique de voiles noirs pour les religieuses, deux de colleforte et quelques tanneries. Elle est assez bien bâtie; sa bibliothèque publique contient 45,000 volumes. Ce qui donne le plus d'importance à celte sous-préfecture, c’est le magnifique collège fondé par Henri IV, et qui aujourd’hui est transformé en une école militaire sous le nom de Prytanée impéral. C’est dans l’enceinte de cet établissement que furent élevés le céièbre prince Eugène, l’illustre Descartes et l’abbé Picard, astronome, lun des hommes les plus marquants de La Flèche. Au confluent de l’Erve et de la Sarthe, n’oublions point, en terminant notre excursion dans les départements de la région occidentale, Sablé, pelite ville industrieuse, où l’on remarque un beau pont construit en marbre noir tiré des carrières de ses environs.
Suite de la Description de l’Europe. — Description topographique de la France, — Troisième section. — Région centrale.
Les treize départements qui forment la région centrale de la France comprennent huit provinces ou grands gouvernements de notre ancienne monarchie : l'Orléanais, riche en céréales et en vignes; la Touraine, appelée le jardin de la France; le Berry, important pour scs bestiaux ; le Nivernais, le Bourbonnais ct la Marche, où le commerce est depuis longtemps développé ; le Limousin, dont l'habitant supplée par son industrie à la maigreur des terres, et l'Auvergne, qui dans sa partie supérieure comprend un sol ingrat, mais d'abondants pâturages, et dans sa partie basse des champs productifs. Cette région, presque sur la même ligne que la précédente, relativement à l'instruction et à la superficie, lui est bien inférieure par la population, puisque ses 4,465 lieucs ne comprennent que #,000,000 d'individus, ou 942 par lieue carrée. £iic est donc sous ce rapport au-dessous même de la région méridionale. Malgré la défavorable idée que de tels résultats peuvent faire concevoir de cette portion de la France, elle offre tant de ressources, des chances si favorables au développement de ses lumières et de son industrie, que l’état arriéré dans lequel elle se trouve contribuera même à l'intérêt de nos descriptions. La Touraine, l'une des plus petites de nos anciennes provinces, est presque entièrement comprise dans le departement d'Indre-el- Loire 1 que traversent de l’est à l’ouest ces deux rivières, ainsi que le Cher, la Claise et la Vienne. La douceur de son climat, la fertilité de ses vallées, la beauté des bords de la Loire, dont on a peut-être trop vanté les sites, mais dont il est difficile de peindre la richesse, ont placé depuis longtemps cette con. trée au nombre des plus délicieuses de France. Cependant que de réputatations fortifiées par la répétition des mêmes éloges, qu’un examen un peu
1 Contenances imposables. hectares en IP becrires | Propriétés bâties, . , . , . . . , 2,980
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Vergers, pépinières et jardins. ° + «+ … 4,616 | Cimetières, églises, presbytères, etc., etc, 130
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sévère réduit à leur juste valeur! Quittez les bords de ce fleuve, dont le cours majestueux est bordé de coteaux couverts de vignes, de vergers, de châteaux et de villages; traversez les vallées arrosées par les cours d’eau que nous avons : smmés; des landes incultes faligueront votre œil, et vous ne serez point étonnés d'apprendre que ce pays, si riche en apparence, ce pays que l’on a presque comparé à la terre promise, ce pays qui approvisionne de ses pruneaux la France et les pays étrangers, fournit à peine assez de céréales pour sa consommation, et vous avoucrez que Îles riches bords de la Loire sont comme ces brillants encadrements qui trompent souvent sur le mérite d’un tableau.
. Toutefois si les éloges exagérés que l’on a faits de ce pays doivent nous rendre circonspects dans l’appréciation de ses ressources, nous ne devons point oublier que près d’un sixième de sa superficie se compose d’un sol improductif, et que sa richesse est concentrée dans les vallées, sur les coteaux et sur les terres basses. Disons donc que les 240,000 pièces de vin qu'on y récolte, et dont lestrois quarts sont consommés paf l'habitant représentent une valeur de 9 à 40 millions de francs; que les 440,000 quintaux de chanvre que produit le seul arrondissement de Chinon sont estimés à 5 ou 6 millions ; que la cüulture des haricots fournit par l’exportation une somme de 500,000 francs; que les pruniers de l’arrondissement de Chinon rapportent annuellement 240,000 francs, et que les noyers produisent encore davantage. Si ces résultats sont de nature à faire apprécier la richesse de ce département, nous devons dire qu’ils laissent encore à désirer de grandes améliorations dans la culture comme dans toutes les branches d'industrie, puisque sur les bords de la Loire on compte un indigent sur 35 habitants.
Depuis la révocation de l’édit de Nantes, l’industrie du pays qui consistait en draperies, tanneries, soieries, est bien tombée. Cependant, depuis une vingtaine d'années nous devons constater une amélioration, que l'établissement des lignes de chemins de fer ne devra qu’accroitre dans l'avenir.
Ces réflexions, que la vue du département fait naître dans l'esprit de Vobservateur, font place à l’admiration lorsqu'on arrive à Tours par les bords dela Loire. L'entrée de cette ville est magnifique: une place cireulaire précède un pont que l’on pourrait regarder comme un des plus beaux de l’Europe, si ses trottoirs étaient proportionnés à sa largeur ; il se termine par une autre place, sur laquelle il est difficile de ne pas s'arrêter pour admirer la rue Impériale, l’une des plus belles qu'il soit possible de
voir, Large, bien alignée, garnie de trolloirs, bordée de beaux hôtelset de boutiques élégantes, elle aboutit à la route de Poitiers, dont la longue rangée d'arbres que termine une verte colline, surmontée d’une vieille construction, forme la plus agréable perspective. Si l’on porte ses regards en arrière, on voit s'élever, à partir du pont, la Tranchée, belle route taillée à travers une autre colline, et qui, bordée d’un talusen gazon et d’habitations, passe au pied d’un télégraphe, qui donne à ce point de vue un genre tout différent du précédent. La rue Impériale traverse la ville dans sa largeur ; elle se croise avec plusieurs autres bien alignées et modernes, car les vieux quartiers de Tours sont composés de rues étroites et tortueuses. La cathédrale, dont la construction date de la fin du douzième siècle, est d’un beau style gothique ; sa nef est vaste ; le buffet d'orgue est remarquable par sa grandeur et ses ornements, et les beaux vitraux du chœur brillent des plus éclatantes couleurs. On y voit un monument précieux de la renaissance de l’art: c’est le tombeau de Charles VIII et d’Anne de Bretagre, sa femme. La bibliothèque de la ville st l’une des plus belles et des plus riches de France. Le musée de peinture se compose d’une collection assez variée de tableaux, dont quelques-uns sont dus aux pinceaux des plus grands maîtres. Tours possède un grand nombre d'établissements scientifiques et de charité. Au nombre des hommes distingués qu’elle a vu naître, nous citerons Destouches, auteur dramatique ; Dutens, connu par quuiques écrits estimés sur la numismatique, et le chanoine Grécourt, dont les poésies légères trouvent aujourd’hui peu de lecteurs. On ignore l’origine de cette villes Ptolémée la désigne sous le nom de Cæsarodunum, qu’elle paraîtdevoir au conquérant des Gaules ; c’est la principale ville des Turones. Elle tient une place importante dans notre histoire; plusieurs conciles s’y sont tenus. Elle fait un certain commerce de fruits confits et fabrique des draperies. Elle est unie à Orléans-par un chemin de fer de 445 kilomètres de longueur. Son embarcadère sert aussi de tête de ligne pour le chemin de fer de Tours à Nantes, qui a 495 kilomètres de longueur, et pour celui de Tours à Bordeaux, qui en a 230 ; un embranchement dirigé sur Rennes doit la mettre en communication avec la grande ligne de l'Ouest.
A cinq lieues à l’est de Tours, Amboise dispute à celle-cila prééminence d'âge ; son ancien nom est Ambacia. Peuplée de 4,768 habitants, el» est riche en souvenirs des temps orageux de notre histoire, elle est suriout remarquable par son château, de la terrasse duquel on découvre les beaux paysages qui bordent la Loire et le Cher. Amboise possède une des plus importantes fabriques de limes quiexistent en France. C’est une des stations
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de la ligne de Tours à Orléans. La petite ville de Bléré, sur le Cher, ne mériterait pas notre attention, quoiqu’elle soit l'entrepôt desboisde la forèt de Loches, si nous n'avions à mentionner dans ses environs le château de
. Chenonceaux, le plus remarquable de tous ceux qu'on admire dans ce
département. Il est célèbre par le séjour qu'y fit Diane de Poitiers, ainsi que par les embellissements qu’elle y fit faire, et dans lesquels elle fut encore surpassée par Catherine de Médicis.
En se dirigeant vers le nord, on voit Chdleau-Renault, divisée par la Brenne en haute et basse ville, offrant l’aspect d’un grand village ; plus loin, vers l’est, le bourg de Sain(-Paterne, peuplé de 2,000 âmes, et comptant plus de vingt fubriques d'étoffes de laine et de toiles. Prenant pour guide l’un de ces petits cours d’eau qui descendent à la Loire, traversons rapidement la petite ville, ou plutôt le bourg de Luynes, ou de Roche-sur-Loire, érigé par Louis XIII en duché-paifie en faveur du connétable d'Albert. On y voit un bel hospice, on y compte plusieurs fabriques de passementerie; on y remarque les singulières habitations, semblables à celles que nous avons déjà vues dans un département voisin, creusées au sein de la roche crayeuse que couvrent de riches vignobles.
A quelques lieues de Luynes, la petite ville de Langeais, station du chemin de fer de Tours à Nantes, dont les melons sont estimés, a des fabriques de toile et des tuileries; elle se compose d’une seule rue et contient 3,307 habitants. Le vieux château gothique auquel s’adossent quelques habitations est très-bien conservé : il fut construit au dixième siècle et rétabli pendant le treizième. Cette ville dépend de l’arrondissement de Chinon, dont elle est séparée par la Loire, le Cher et l'Indre; celle-ci, au bord de la Vienne, fait un grand commerce en vins et surtout en pruneaux. Les murailles qui l'entourent sont les seuls restes de ses vieilles forlifications; dans le château dont elle conserve les ruines, Heaori IL, roi d'Angleterre, mourut en 1489, et Jeanne d’Are vint offrir à Charles VII de délivrer la France du joug de l'étranger. Chinon fut le berceau de Rabelais. Richelieu, que le ministre de Louis XIII éleva du rang de simple village à celui de ville, et qu’il embellit d’un château dont il ne reste plus de traces, est bâti avec une belle régularité.
Sur les bords de la Creuse, La Haye, ville de 4,200 âmes, a pris le surnom de Descartes en mémoire du célèbre philosophe qui reçut le jour dans ses murs, et dont on conserve avec soin la maison et le modeste ameublement. Zoches, chef-lieu d’un arrondissement qui produit en abondance les excellents pruneaux dits de Tours, s'élève en amphithéâtre
sur la gauche de l’Zndre; il est dominé par un vieux château dans lequel Agnès Sorel usa de l'empire de ses charmes pour inspirer l’amour de la gloire à son royal amant, que Jeanne d'Arc vint y chercher pour le faire sacrer à Reims. Cette forteresse, d’où l’on jouit d’un air pur et de points de vue ravissants, fut convertie par Louis XI en une prison d'État, où il tint enfermé pendant onze ans, dans une cage de fer, le cardinal La Balue, l’un de ses ingrats favoris.
Blois, Vendôme et Romorantin, que nous allons visiter, sont les trois chefs-lieux du département de Loir-et-Cher, pays plat dont la monotonc uniformité n’est interrompue que par des collines couvertes de vignebles sur lesquels l’œil se repose agréablement !, Les terres n'y jouissent pas partout d’une égale fécondité; au nord de la Loire elles produisent beaucoup plus qu'au midi de ce fleuve, où des marais, des landes et des forêts couvrent les trois quarts du sol, Les bois seuls occupent la dixième partie de son territoire; on y cite six forêts considérables : celles de Blois, de Russy, de Boulogne, de Marchenoir, de Bruadan et de Fréteval. Dans son ensemble, ce département produit des céréales au-delà de ses besoins; des fruits et des légumes de toute espèce, une grande quantité de chanvre, des bois de construction et quelques bons vins. Les bêtes à laine et les volailles y abondent; les tourbières y donnent un abondant combustible; le fer y est exploité, et les silex des collines crayeuses sont presque une branche importante de commerce; on y fabrique cependant divers tissus avec autant de succès que dans le département que nous quittons.
Quelques restes d’antiquités font présumer que l'origine de Blois est antérieure à la conquête des Romains; ici comme dans toutes cités anciennes, les plus vieilles cunstructions se trouvent sur une hauteur et forment un quartier composé de rues étroites fortement inclinées; des habitations modernes en oceupent la base en se mariant avec grâce au quai superbe qui borde la rive droite de la Loire, au pont de onze arches, orné d’une haute pyramide, et commumiquant avec un faubourg : cette portion de la ville en donne aux voyageurs qui la traversent Sans descendre de voiture wme idée avantageuse, que de beaux points de vue
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servent à confirmer. L'ancienne église des jésuites, construite d'après
les plans de Mansart; l'aqueduc romain creusé dans le roc; la bibliothèque publique établie dans le local de l'hôtel-de-ville; l'hôtel de la préfecture, bâti sur une grande place carrée; le paluis épiscopal, bel édifice accompagné de jardins en terrasses et de bosquets, d’où l’on jouit d'une vue magnifique sur le large bassin de la Loire ; la longue promenade, qui aboutit à une vaste forêt, méritent un coup d'œil : mais l’intérét qu'offrent ces divers objets est absorbé par le château témoin de grands événements de notre histoire, qui a été récemment restauré dans ces derniers temps. Les prisons de Blois ont subi, depuis plusieurs années, des améliorations importantes dans leur régime intérieur. Cette ville a vu naître, après Louis XII, le physicien Papin, inventeur des machines à vapeur, et l'infortuné Thomas Mahi, marquis de Favras. Elle possède une société des sciences et des Jctires qui publie des mémoires, une société impériale d’agricullure et une pépinière départementale. C’est la principale station du chemin de fer d'Orléans à Tours.
A quatre lieues à l’est de Blois, le village de Chambord attire un grand nombre de curicux empressés de voir son château, construit d’après les dessins du Primatice sous le règne de François ler, Saint-Aignan, sur la rive gauche du Cher, est important par ses manufactures de draps et par la vente des pierres à feu qui s’exploitent en grand dans ses environs. A peu de distance de ce chef-lieu de canton, le village de Tésée est l’antique Tasciala de l'itinéraire d’Antonin. On y remarque, sur les bords du Cher, une foteresse romaine, monument unique en ce genre dans tout le département.
Une-disuine de fabriques donnent de l'importance à la petite ville de Romeraælin, qui s’'embellit de constructions nouvelles, Située sur la Sauldre et la petite rivière du Moramtin, qui lui donne son nom, la stérilité de son territoire indique assez qu’elle était jadis la capitale de la Sologne, Le célèbre théologien protestant Pajon et la reine Claude, femme de François Ier, naquirent dans ses murs. Elle occupe un rang dans notre histoire par l’édit que le chancelier de L’Hospital y fit rendre, édit qui sauva la France de la honte de l’inquisition.
A Vendôme, située au bas du coteau couvert de vignes, le Loir se divise en plusieurs canaux. La ville est jolie; son collége est l’un des plus beaux de France; le quartier de cavalerie est d’une belle construction ; du haut des ruines de l’ancien château, la vue s'étend sur un paysage magnifique. L'église de la Trinité est un édifice remarquable du moyen âge. C’est à
Vendôme que naquit le poële Ronsard. Dans l’arrondissement dont clle est le chef-lieu, l'administration des hospices de Paris entretient près de 700 enfants-trouvés, qui eoûtent annuellement environ 40,000 francs à la ville de Paris.
Un territoire uni, des vallées étroites et peu profondes, arrosées par plusieurs petites rivières; de grandes plaines couvertes d’une terre fertile, placent au rang de nos départements essentiellement agricoles celui d’Eure-et-Loir, qui comprend la plus grande partie de l’ancienne Beauce et du Perche. Des bois occupent la sixième partie de sa superficie *. Indépendamment de la quantité nécessaire à la consommation de ses habitants, il fournit, à celle de Paris et des départements voisins, plus de 800,000 quintaux de blé; c’est-à-dire que la quantité qu’il récolte de cette céréale est presque le triple de celle d’un département moyen de la France. L'influence de sa richesse agricole a pour résultat la nourriture facile d’un grand nombre de bestiaux; celui de ses chevaux dépasse aussi la quantité moyenne de ces animaux dans les autres départements, et celui des bêles à laine est tel, que le produit de leurs toisons est de plus du double du produit d’un département moyen. Les trésors de son agriculture pourraient le dispenser de se livrer à d’autres genres d’industrie, mais toutes sont liées entre elles, l’une encourage l’autre; il est donc naturel que l'exploitation des mines de fer y entretienne plusieurs établissements d’affineries, et qu’il renferme un grand nombre de fabriques de bonneterie et d’étoffes drapées. Nous ne parlerons point de ses vignes ; elles ne produisent que des vins médiocres, dont la quantité, évaluée à 200,000 hectolitres, est à peu près égale à celle du cidre qu’on y fabrique.
Nogent-le-Rotrou, station du chemin de fer de l'Ouest, l’un des quatre chefs-lieux d’arrondissement du département d’Eure-et-Loir, est une longue petite cité assez bien bâlie, au milieu d’une jolie vallée arrosée par l’Huisne et par l’Arcise, qui fait tourner plusieurs moulins, Après avoir jeté un coup d’æœil sur le château gothique qui domine la ville, nous quitterons cet arrondissement, et, nous dirigeant vers le nord, nous traverserons le bourg de Senonches, qui renferme un établissement où
: Contenances imposables. . : hectares hectares | Etangs, abreuvoirs, mares, canaux, , , 696 Terres labourables, , . + . . . . 635.277 | Cultures diverses, , . . . . . . . at Dole hr ce don ce © à ere 49,426 à F DE DUR Re tres 29 581 Contenances non imposables. Vergers, pépinières et jardins. . . . 5,982 | Routes, chemins, places publiques, rues. 11,857 Landes, patis, bruyères, . . :+ . + . 5,626 | Forêts, domaines non productifs, , , , 6,790 VIRE 0 à 0 0 07 0 6 + + 0 5,101 | Rivières lacs, ruisseaux. VU dt Ttt Propriétés bâties, . . . . + . + + 9,186 | Cimetières, églises, presbytères, bâti
Oseraies, aulnaies, saussaies. . . 795 | ments publics... . . . . . . . 179
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Nous n’examinerons pas s’il est vrai que cette dernière ville tire son nom des druides ou d’un Dryus, quatrième roi des Gaulois. On ne doute pas qu’elle ne soit fort ancienne, et qu'avant l’arrivée des Romains on ne l’appelât Durocasses, dont on a fait Drocæ, puis Dreux. On y voit un hôtel-de-ville du commencement du seizième siècle et une église de la mème époque, mais qui n’a puint été terminée. Elle fait le commerce des cuirs, des teintures, des bas de laine et des chapeaux fabriqués dans son enceinte. Le poëte Rotrou et le musicien Philidor, célèbre joueur d’échecs, y reçurent le jour. La fameuse bataille dans laquelle Louis de Bourbon, prince de Condé, fut fait prisonnier par les troupes de Charles IX, se. livra sous ses murs en 4562. Les ruines qu’on voit sur le coteau qui la domine sont celles du château des comtes de Dreux. Tout près de là, sur la plate-forme du château, s’élève la chapelle funéraire des princes de la maison d'Orléans.
C’est au bourg d’Anef, à trois lieues vers le nord, qu’il faut voir les débris de la belle habitation que Henri IE fit bâtir pour la célèbre Diane de Poitiers; ce qui en reste peut encore faire juger de son antique magnificence.
Dans l'arrondissement de Chartres, Epernon, petite ville de 4,500 habitants, est agréablement située dans un vallon. Matntenon, patrie de Collin d'Harleville, un peu plus peuplée, est plus jolie encore; on y voit un beau château bâti au seizième siècle, derrière lequel un parc, arrosé par des eaux courantes ct limpides, est traversé par les restes du superbe aqueduc à la construction duquel Louis XIV employa pendant plusieurs années plus de 60,000 hommes de troupes, indénendamment d’un grand nombre d'ouvriers, et qui devait transporter les eaux de l'Eure à Versailles, Derrière les murs du parc s'étend une plaine couverte de monuments druidiques, que les gens du pays désignent sous le nom de pierres de Gargantua. Depuis Maintenon jusqu’au chef-lieu, on aperçoit çà et là, dans la campagne, de chétifs villages bâtis encore comme l’étaient ceux des Carnules au temps de César : ce sont des chaumières construites en terre mêlée de paille hachée, et ne recevant le jour que par la porte; ces misérables cahutes sont cependant habitées par des paysans qui vivent dans ane aisance relative et le travail.
Du haut du plateau qui domine Maintenon, apparaissent dans le loin-
tain comme deux noirs obélisques, les clochers de la cathédrale de Char- YI. 97
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tres. Ils disparaissent en approchant de la ville; mais bientôt on arrive à celle-ci en traversant un petit bois, seul reste de l’antique forêt qu’habitait le chef des.druides. L’Eure, qui coule à ses pieds, est l’Autur des Celtes, l'Autura des Latins, qui fit donner le nom d’Aufricum à cette cité, que les anciers nommaient aussi Carnulum. La ville basse est bien bâtie et renferme une belle place appelée la pface d’Armes; la ville haute est formée des rues escarpées et sans régularité; c’est dans celle-ci que se trouve sur une place étroite, la statue du général Marceau. La plupart des maisons, construites en pans de bois, présentent le pignon en saillie sur la rue; les plus modernes même sont bâties avec simplicité, L'hôtel de la préfecture est un bâtiment neuf entouré de jardins délicieux. L'édifice le plus remarquable est la cathédrale bâtie au sominet de la ville. Ce beau monument d'architecture gothique est placé sous l’invocation de la Vierge. L'un des clochers s’élance dans les airs à la hauteur de 420 mètres; il est en outre remarquable par la richesse et la délicatesse de ses ornements; l'autre l’est surtout par sa masse énorme et sa forme pyramidale et bien effilée. Ce temple majestueux a été heureusement restauré dans ces derniers temps; sa fondation remonte au onzième siècle. Il faudrait un, volume:entier pour en dire l’histoire et en détailler les mille richesses. On voit sur le principal autel une petite statue de la vierge portant l'enfant Jésus, dont la teinte noirâtre relève les atours qui les surchargent. Ce groupe est l’objet d’une grande vénération dans le pays. La ville possède plusieurs établissements publics de charité et de bienfaisance. Elle fait un grand commerce de grains, de volailles, pâtés de gibier renommés; c’est une des principales stations de la grande ligne de chemin de fer dite de l'Ouest qui doit être continuée jusqu’à Rennes.
Nous pourrions faire une liste nombreuse des hommes distingués que Chartres a produits. On y verrait d’abord saint Fulbert, son évêque, qui ft commenter la construction de la cathédrale; Philippe Desportes et Regnier son neveu, poëtes célèbres du seizième siècle; les deux Étienne d’Aligre, chanceliers de France sous Louis XII et sous Louis XIV; André Félibien, dont les ouvrages sont estimés ; le théologien Thiers, savant critique; Pierre Nicole, l’un des plus estimables écrivains de Port-Royal; le littérateur Dusaulx, l’intrépide Marceau ; les conventionnels Brissot de Warvilie, Péthion de Villeneuve, et Chauveau-Lagarde, le vertueux défenseur de Marie-Antoinette.
Suivons les vieux remparts de Chartres, transformés en belles promenades, qui descendent en pente vers la ville basse; passons devant ces
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portes en arc de triomphe, dont l’une flanquée de tours porté éncore la trace du pont-levis qui s’abaissa devant Henri IV; suivons la route de Bretagne, et nous verrons à 4 lieues à l’ouest la petite cité de Courville, patrie de Panard, le père du vaudeville, et dans ses environs le château de Villebon, dans lequel mourut Sully, et que l’on peut regarder comme l’un des monuments gothiques du seizième siècle les plüs boaux et le mieux conservés.
Les rives du Loir nous conduisent à Bonneval, ville de 3,055 âmes, où’ des fabriques de lainage, des filatures et des tanneries répandént l’aisance, attestée aussi par des rues larges, propres.et bien bâties. Plus bas, la même rivière arrose Chdieaudun, qu’un incendie détruisit en 4748, etqui peut passer aujourd’hui pour l’une des plus jolies villes de France. On voit avec plaisir, dans ce chef-lieu favorisé par une charmante situation, une grande et belle place publique, un hôtel-de-ville et un collège bien bâtis, une bonne bibliothèque publique, une jolie promenade d’où la vue se promène sur le cours tranquille du Loir, bordé de grottes transformées en habitations. Sur le rocher qui la domine s'élève le vieux château des comtes de Dunois, l’un des plus beaux édifices du dixième siècle.
Une route assez belle, mais triste, conduit de Châteaudun à Orléans, chef-lieu d’un département 1 qui doit son nom au Loiret, petite rivière de trois lieues de cours depuis sa source jusqu’à son embouchute dans la Loire, navigable ggndant plus d’une lieue, et qui ne gèle jamais entièrement.
L'ancienne capitale de l’Orléanais portait originairement, suivant Lancelot et d’Anville, le nom de Genabwm. Strabon nous apprend que les Carnutes y tenaient leur principal marché. Sous l’empereur Aurélien, qui l’embellit, elle prit le nom d’Aurelianum; elle tient une placé importante dans notre histoire ; c’est la patrie du roi Robert, d’Étienne Dolet, du jésuite
” Petau et du jurisconsulte Pothier. Le faubourg Bannier qui précède la ville
en venant de Paris est très-long ; ses anciennes fortifications ont été converties en boulevards; sos rues jadisétroites et tortueuses se redr:5sent et depuis quelques années s’ornent de belles maisons; la rue Impériale est
£ Contenances imposables. hectares } Propriétés bâties. . . , .…... 0
Oséraies, aulnaies, saussaies.. . 2,873
ae rabais ee : : N à 23 Hn Canaux de navigation. . + + «+ + : "328 Lendes, pâtis, bruyères. .« , . . . . 50,890 Contenances non imposables.
Vignes, à + se ee 0 39,820 | Routes, chemins, places publiques, rues, 17,451
D où à Un 5 à 6 + + : 34,464 | Forèts, domaines non productifs. . . . 14,225
Vergers, pépinières et jardins. .- . 5,965 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . . , + 6,230
Etangs, abreuvoirs, marcs, Canaux d'ir- Cimetières, eglises, presbytères, bâti= tigation, . 6,620 ments publies. . 166
surtout remarquab!e par sa régularité. Sur la grande place du Martroy, la statue en bronze de Jeanne d'Arc, d’un assez médincre effet doit ètre remplacée par une statue équestre plus digne de l’héroïne qui délivra Orléans et sauva la France. La cathédrale offre un curieux mélange d'architecture; son portail est remarquable. L'église gothique de Saint-Aignan mérite d’être citée : quelques-uns de nos rois se firent gloire d’en être es principa: chanoines : Louis XIE même fut de ce nombre. Le pont sur la Loire est ivng de 332 mètres.
Comme ville universitaire, Orléans est digne d'intérêt ; sa société des sciences et des arts publie chaque année de bons mémoires ; celle d’horticulture fait chaque année une exposition de fleurs et de fruits, le jardin botanique et le musée de peinture et d’antiquités ne sont point sans richesse, et la bibliothèqr: publique comprend dans ses 25,000 volumes plusieurs ouvrages de choix. Sous le rapport commercial, elletenait autrefois un rang plus important qu'aujourd'hui; ses raffineries de sucre jouissaient d’une plus grande activité; ses fabriques de bonneterie orientale occupaient un plus grand nombre d’ouvriers. Ses manufactures de couvertures de laine et de coton sont encore considérables, ainsi que celles de draps fins ot de flanelles. Elle est une des premières qui, dans ses filatures, ait remplacé la force humaine par celle des machines à vapeur. D’autres cités françaises ont, par leur rivalité dans ces genres d'industrie, äiminué sa prépondérance manufacturière ; mais sa sifgation sur un grand fleuve, et sa position centrale au nœud des chemins de fer qui se dirigent vers Paris, lui assurent un bel avenir commercial. La gare d'Orléans est à 1421 kilomètres de celle de Paris; 445 de celle de Tours; 462 de celle de Bordeaux; 310 de celle de Nantes, 81 de celle de Vierzon; 481 de celle de Nevers; 412 de celle de Bourges, et 1434 de celle de Châteauroux.
L'arrondissement d'Orléans renferme plusieurs villes ou bourgs sur lesquels il est important de jeter un coup d’œil. Olivet, sur le Loiret, était célèbre par une abbaye qu'avait fondée Clovis. François, duc de Guise, y fut assassiné lorsqu'il se préparait à faire le siége d'Orléans. La population de ce bourg, qui jouit d’un bon commerce de vin et de fromages renommés, est de 3,399 habitants. Meun est une jolie ville de 4,546 âmes, qui possède des fabriques et des tanneries importantes. C’est la patrie du poëte Jean de Meun, l’un des auteurs du roman de la Rose. Beaugency, station du chemin de fer de Paris, qui compte 5,258 habitants, joint :ux richesses de ses vignobles plusieurs fabriques de chapeaux
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et de serge, des tanneries et des distilleries; ;! s’y tint deux conciles au XIIe siècle ; on y traverse la Loire sur un vieux nont de 39 arches.
Nous n’aurions rien à dire de Pithiviers, si notre devoir n’était point de rappeler que ce chef-lieu d’arrondissement, situé sur le ruisseau de l’OEuf, qui près ce là prend le nom de l’Essone, est cher aux gastronomes pour ses pâtés d’alouettes et ses gâteaux d'amandes; qu’il est le centre du commerce du safran recueilli sur son territoire, et regardé comme le meilleur de l'Europe; et que le bourg de Malesherbes, dans ses environs, eut pour seigneur et pour bienfaiteur le vertueux ministre qui défendit Louis XVI. Montargis, mal bâti, mais qui plait par sa situation près d’une belle forêt, au point de jonction des canaux de Briare, d'Orléans et du Loing, renferme cependant une jolie salle de spectacle et une église construite avec beaucoup de hardiesse. Cetie ville a vu naître le célèbre peintre Girodet- Trioson.
Près du village de Montbaie, à & lieues de Montargis, se trouve le hameau de Chenevières, qui paraît être l’antique Aquis Segestæ. On y voit encore les restes d’un amphithéâtre, que l’on nomme dans le pays la fosse auæ lions. Près du village de Sceaux, situé aussi à 4 lieues de Montargis, des usines importantes semblent indiquer l'emplacement de Vellaredunum. À
Châtillon-sur-Loing, ville de 2,646 habitants, est la patrie de Coligny ; enfin la principale ville du plus petit arromdissement du Luiret, Gien, n’a d'autre monument qu’un beau pont sur la Loire, et d’autre industrie qu’une manufacture de faïence fine.
Dans les environs de cette ville se trouve le hameau de Gien-le-Vieux, célèbre par l'importance antique qu’on lui a donnée en le considérant comme occupant l’emplacement de Genabum. On y trouve en effet des restes d’antiquité, tels que des tuiles à rebords, des vases de terre rouge, des médailles et des murs de cousiruction romaine; mais M. Jollois, dans un savant mémoire couronné par l’Académie, tout en reconnaissant que les Romains ont habité ce lieu, ne balance point à déclarer que ce n’était point une cité, parce qu’on n’y voit aucun vestige de quelque importance, et que Gien-le-Vieux, dont on a ignoré le nom antique, n’était sous la domination romaine qu’un hameau comme aujourd’hui.
Briare, à 3 lieues au sud-est, est avantageusement située dans une vallée près de l'embouchure de son canal. Cette ville est l'antique Brivodurum : on y a découvert des constructions romaines importantes, des inscriptions, des médailles, et des débris de mosaïques,
Depuis cette dernière ville jusqu’à Orléans, à droite et à gauche de la Loire, on ne voit que des terres ingrates et sablonneuses ; mais au nord de cette portion de la stérile Sologne, les coteaux se garnissent de vignes qui produisent 700,000 hectolitres de vin, les habitants élèvent des abeilles dont le miel est estimé, les prairies se peuplent de bestiaux et de dindons qu’on engraisse, et les céréales, à l'approche des moissons, couvrent les champs de ‘ours épis ondoyants et dorés, dont la récolte surpasse les besoin pays.
Deu .er.s de limites, qui leur sont communes, permettent de passer du département du Loiret dans celui de la Widore, en remontant la Loiret. Ce département, formé de l’ancienneprovince du Nivernais, comprend dans sa partie orientale les montagnes granitiques du Morvan, couvertes de belles forèts qui approvisionnent Paris de bois et de charbon, et de riches prairies qui nourrissent ces bœufs que l’on dirige vers la capitale, L'Yonne, l’Aron, la Nièvre et la Loire compensent le nombre insuffisant dés routes qui le trave jent, ét dont la plupart sont d’ailleurs impraticablés pendant une partie de l’année. La première de ces rivières sert au flottage de tes trains de bois, retenus avec art par dos branches flexibles, qui tous les ans descendent à Paris. Des plaines sablonneuses, mais fertiles, s'étendent sur la droite de la Loire, qui forte la limite occidentale du département, sur uné étendue de 46 lieues. Elles produisent des récoltes suffisantes en céréales, en avoines et en vins. Du sein de la terre, on retire en abondance du fer et de la houille ; mais c’est surtout l’industrie manufacturière et le commerce qu’elle alimente, qui procurent à l’habitant ses moyens de subsistance ét sa richesse : le seul travail des métaux occupe environ 4,400 ouvriers, répartis dans plusieurs établissements importants, dont les produits représe’.tent une valeur de près de 9 millions de francs.
L’arrondissement de Cosne est un de ceux qui possèdent le plus de forges. La ville, bâtie en pente à la base d’un plateau, est propre et bien percée : elle est l’eulrepôt des fers que l’on forge dans s6s environs; elle fabri ue de la coutellerie commune, et son commerce de vins et: de gräins
3 Contenances imposables. e hectares
hectares | Canaux de navigation, : , . . 3 . 490
Terres labourables.. . . . . . . . 995,161 | Cultures diverses. . . . . : , . : 409
Bob. RS A OR OR 239,561 | Oserales, aulnaies, saussaies, . , . , 00 Lans, pâtis, broyères, : : : : : < 15,897 Contenances non imposables.
CP A ER TT ee 9,900 | Forêts, domaines non productifs, . . . 19,397
Ms abreuvoirs, ares, canaut d'is Routes, chemins, places publiques, ruës. 15,210 rigation, . . . . . . . + . . 8,714 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . , , : Vérgérs, pépiniètés et jardins. . . . +. 3,607 | Cimetières, églises, dit gi bâti-
Propriétés bâties. . . . + « + « 2,369 ments publics, « ... . . . , .
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est important. Rien n’y rappelle son antiquité; cependant c'est une des sept ou huit villes de la Gaule que nos ancêtres nommaient Condate, mot qui probablement rappelait l'idée d’un confluent, comme nous l'avons vu pour Rennes, et comme nous le verrons encore ailleurs. En sortant de Cosne, la route traverse un large plateau, d'où l’œil ne cesse de contempler le cours de la Loire et les îles qu’elle baigne ; la vue devient plus belle encore au-dessus de la descenie par laquelle on arrive à Pouilly, en traversant les beaux vignobles qui produisent ses vins blancs estimés. Cette ville renferme 3,169 habitants; elle est à une égale distance de Cosne et
. de La Charité. Cette dernière, à 4 lieues de Pouilly, occupe une belle posi-
tion au bord de la toire : ox y voit une église en ruine d’une assez belle architecture gothique, ainsi qu’un beau pont qui conduit sur route de Bourges.
Clamecy, au confluent du Beuvron et de l'Yonne, est le chef-lieu d'une sous-préfecture et le point de réunion des adjudicataires des coupes de bois du Morvan. Il s’y fait des affaires considérables ; on y fabrique aussi de la faïence et des draps. la ville, peuplée de 6,179 habitants, est riche, mais petite; le faubourg B. .éem a conservé ce nom pour avoir servi d'asile à l’évêque de Bethléem, après l'expulsion des chrétiens de la Palestine. À Corbigny, sur la petite rivière d’Anguison, qui se jette dans l'Yonne, il existe un dépôt impérial d’étalons.
L’arrondissement de Chdteau-Chinon doit son importance à ses forêts et à ses prairies. Cette petite ville s’élève non loin des sources de l'Yonne, sur une montagne dominée par d’autres montagnes boisées. Ses capitalistes se livreni au commerce de bois, de charbon et de bestiaux auxquels l’approvisionr ement de Paris donne une grande importance. Une route assez mal entretenue conduit de cette ville à Nevers, patrie d’Adam Billaut, poëte-menuisier que l’on surnomma de son temps le Virgile au rabot. Cette ville, qui, avant l’arrivée de César, portait le nom de Noviodunum, et qu’il place chez les Ædui, prit ensuite celui de Novirum, puis enfin s’appela Nevirnum. Elle ne devint importante que sous Clovis. Ce fut vers le dixième siècle que Guillaume, l’un de ses gouverneurs, se rendit indépendant sous le titre de comte de Nevers. En 1790 elle renfermait à peine 1,000 âmes; depuis ce temps sa population a plus que doublé, elle atteint 47,000 âmes : c’est par son industrie qu’elle a acquis de l'importance et qu’elle peut en acquérir facilement encore. Sa porcelaine, ses émaux et ses faiences sont renommés ; elle fabrique en petites perles de verre divers obiets de mercerie dont on fait en France et à l’étranger un grand com-
merce; ses faiences, dont lesplus anciennes comptent déjà huit siècles de prospérité, sortent de dix manufactures qui font vivre 700 ouvriers. Sa fonderie impériale livre annuellement 425 canons de fonte et de nombreux projectiles pour la marine. Nevers, bâtie en amphithéâtre sur le penchant d’une colline, offre un aspect agréable, vue de la route de Moulins; ses anciennes murail!es sont presque entièrement détruites; elle est construite avec irrégularité ; ses rues sont étroites, et joignent à l'inconvénient d’être escarpées celui d’être tortueuses et mal pavées. I a cathédrale, la préfecture, les casernes, l’arsenal, la porte de Paris et le vieux château des ducs de Nevers sont les seuls édifices remarquables. Elle est en communication avec Orléans par une ligne de chemin de fer de 481 kilomètres de longueur ; sa gare est à 302 kilomètres de celle de Paris.
A 15 kilomètres de cette ville, le village d’Imphy possède une des plus importantes manufactures de cuivre laminé qui existent en France.
L'Allier, l’Elaver des anciens, qui se jette dans la Loire à une lieue à l’ouest de Nevers, traverse du sud au nord le département 1, qui confine au sud avec celui de la Nièvre, et dont le territoire, formé de presque tout le Bourbonnais, renferme des sources minérales célèbres, des houillères, des mines de fer et des usines; engraisse des bestiaux, élève des chevaux vigoureux; expédie à Paris les plus beaux poissons de ses rivières et de ses étangs ; livre à notre marine des bois de chêre propres aux constructions navales ; cultive quelques branches d’industrie, en utilisant son acier pour la coutellerie, ses soies pour la fabrication des galons, ses grès pour les meules, et ses terres pour la faïiencerie; stationnaire dans l’agriculture, il récolte cependant des grains et des vins au-delà de ses besoins.
L'origine de Mouiins ne remonte pas au-delà du quatorzième siècle ; elle doit son nom au grand nombre de moulins situés autour du lieu où elle fut bâtie. Robert, fils de saint Louis, y fonda un hôpital, et les princes de la maison de Bourbon, qui furent longtemps seigneurs de la province dont elle était la capitale, se plurent à l’embellir. Ses rues sont bien pavées; ses maisons, quoiqu’en briques et bizarrement ornées de compar-
1 Contenances imposables. hectares I hectares | l'ropriétés bâties. 3 !
467,614 Osraies, aulnaies, saussaies, 09,751 Canaux de navigation.
63,827 Contenances non imposables.
28,714| Forêts, domaines non productifs.
17,975 | Routes, chemins, rues Étangs, mares, canaux d'irrigation. . . 5,970| Rivières, lacs, ruisseaux. Vergers, pépinières et jardins. . . . . 5,056|Cimetières, bâtiments publics. . .
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timents rouges et noirs, sont assez bien bâties; elle renferme d’ailleurs:
plusieurs belles constructions en pierres, telles que le lycée, dont l'église po'sède le beau mausolée érigé par-la princesse des Ursins à la mémoire du dernier connétable de Montmorency, décapité à Toulouse sous .le ministère de Richelieu le beau quartier de cavalerie, le palais de justice, et l’hôtel-de-ville, édifice qui décore l'une des places de la ville, Moulins est le siége d’un évèché; on y voit un musée, un cabinet d'histoire naturelle, une bibliothèque de 20,000 volumes et une salle de spectacle. Il ne reste de l’ancien château qu'habitaient ses princes, qu'une tour carrée qui sert de prison. On peut regarder le pont sur lequel on traverse l'Allier comme un des plus beaux de France, Ce chef-lieu de préfecture comprend parmi ses branches d'industrie, la coutellerie, la bonneterie, la fabrication des tissus de soie, de laine et de coton, et la préparation des cuirs. E!le est en communication avec Orléans à l’aide d’une ligne de chemin de fer de 231 kilomètres de longueur, qui doit aller rejoindre Clermont et Roanne.
A l'extrémité du pont de Moulins se prolongent deux belles routes garnies de hauts peupliers : celle de gauche conduit à Clermont, et celle de droite à Limoges; nous allons suivre d’abord cette dernière, Elle traverse Souvigny, ville de 3,052 habitants, dont l’église gothique servait autrefois de sépulture aux princes de Bourbon. Des fabriques de soude, deux verreries à bouteilles, et sa faible distance au chef-lieu, donnent de l'importance à son commerce. Dans ses environs se trou ve la manufacture de glaces de Commentry, qui occupe plus de 800 ouvriers. L'une desplus importantes usines de France est celle de Trongçais, dans le canton du Montel-aux-Moines : elle emploie 500 ouvriers, et produit annuellement 500,000 kilogrammes de fer. Bourbon-l’'Archambault, situé dans une belle et riche vallée, à trois lieues sur la droite, attire, depuis le 45 mai jusqu’à la fin de septembre, les personnes atteintes de rhumatismes et de paralysies, qui viennent dans ses eaux thermales chercher quelque soulagement. Son église est ornée des plus beaux vitraux; ses maisons mal construites semblent.être du temps où fut bâti, il y a près de cinq siècles, le château des princes de Bourbon, dont il ne reste plus que trois tours assez bien conservées. Elle est peuplée de 3,000 âmes. Au bourg de Lurcy- Lévy, la population indigente et laborieuse trouve à s’occuper dans une manufacture-de porcelaine blanche, dans douze fabriques de poterie sommune, et dans les houillères de ses environs.
Dans la partie orientale du département, la petite ville de Za Palisse que l’on devrait écrire la Palice, sur la Bèbre, est le chef-lieu d’une sous- VII. 28
a18 LIVRE CENT SOIXANTE DIX-NEUVIÊME.
préfecture : on y voit les restes du vieux château des seigneurs dont elle porte le nom. Au bord de l'Allier, Cussel, entourée de murailles, ressemble à une place forte: une belle papeterie y occupe plus de 400 ouvriers. Vichy, près de cette ville de 5,000 âmes, est célèbre par ses sources minérales que fréquente chaque année une société brillante et nombreuse, et par les sites pittoresques qui offrent au botaniste, au minéralogiste et au dessinateur, des sujets d’études aussi intéressants que variés,
Les promenades et les environs de Gannat ne suffiraient point pour nous faire citer cette ville, si elle n’était la résidence d’un sous-préfet. Saint-Pourçain, dans une riante vallée, présente le coup d'œil le plus animé vers les derniers jours d’août, époque célèbre dans le pays par la toire de bestiaux qui s’y tient, Elle doit son nom à une ancienne abbaye de bénédictins.
C’est aux portes de Mont-Luçon, entourée de murailles flanquées de tours, que se trouve Néris-les- Bains, dont les Romains fréquentaient les eaux. Eiie n’a pas de bâtiment thermal, mais dans chaque auberge il existe des salles de huit à dix baignoires, et les piscines, rétablies comme dans l'antiquité, sont réservées pour l’hôpital où l’on reçoit gratuitement plus de 430 malades.
Pauvre, produisant peu de blé, dépourvu de vin, qu’il compense à peine par d’autres boissons fermentées, le département arrosé par la Creuse envoie chaque année dans le reste de la France le dixième de sa population en ouvriers, qui manquent rarement de retourner au pays pour employer en acquisitions utiles le fruit de leurs économies. Le sol est aride et montueux, mais le sentiment de la patrie le fait paraître moins ingrat à ses habitants revenus dans leurs vallées et leurs montagnes, où il cultivent avec joie, entourés de leur famille, le champ dont ils sont devenus propriétaires. Sur ce territoire les métaux ne sont pas, comme dans jes déparments voisins, l’aliment de l’industrie ; mais le bas prix de la main-d'œuvre y a presque naturalisé l’art de tisser la laine en tapisseries recherchées, celui de transformer le linge en papiers estimés, enfin celui de filer la laine et le coton. Cependant on pourrait diriger l’activité des habitants vers
\ Contenances imposables.
hectares hectares Vergers, pépinières et jardins. . . . 1,876 Terres labourables, 4, . : . . . . 239.702 | Propriétés bâties. . . . se < 1010 PEMÉ Aa lanar ie re role 132,142 Contenances non imposables. Landes, pâtis, bruyères. . . + . . . 120,309 | Rovtes, chemins, places publiques, rues. . 12,103 MONDES one eu 4 6 te ns 5 26 à 33,119 | Rivières, lacs, ruisseaux. . . . . 1,686 Cultures diverses. , . . « « «+ . . 11,859 | Forèts, domaines non productifs. . . . 995 Étangs, abreuvoiré, mares, canaux d'irri- Cimetières, églises, presbytères,bätiments
gation, . , . . . . © « + « + 2,582} publics . . . . . . . . . . . 69
l'exploitation de richesses minérales qui paraissent avoir èté jusqu’ici trop négligées. C'est à l’esprit d'industrie qui anime les habitants de la Creuse, ct à l'insuffisance des moyens qu’ils ont de le satisfaire qu’il faut attribuer le désir et le besoin qu’ils ont d’aller chercher des salaires ailleurs. Où évalue à environ 25 ou 30,000 le nombre d'ouvriers qui, chaque année, quittent ce département pour aller chercher de l’ouvrage dans d’autres parties de la France : ce sont des paveurs, des maçons, des charpentiers, des tailleurs et des scieurs de pierre, des couvreurs, des peintres en bâtiment et des peigneurs de chanvre et de laine. Leur absence dure ordinairement neuf mois, après lesquels ils ropportent dans leur pays près de & millions de francs.
Au milieu d’une contrée aride ct inculle, dans une gorge formée de rochers granitiques et nus, Aubusson, traversée par la Creuze, se compose d'une seule rue assez bien bâtie. C’est cette ville que Louis XIV céda au maréchal de La Feuillade, seul rejeton deses anciens vicomtes, en échange de Saint-Cyr. Lestapis de sa belle manufacture impériale sont depuis longtemps célèbres dans les fastes de notre industrie; quinze autres fabriques particulières de semblables tissus répandent l’aisance parmi ses habitants. Les produits qu’elles livrent au commerce sont évalués à 600,000 francs par an.
Felletin, petite ville de 3,454 habitants, à 2 lieues d’Aubusson, rivalise avec celle-ci dans le même genre de fabrication qui occupe 300 personnes et produit plus de 300,000 francs. Bourganeuf, qui renferme ‘zx manufactures de porcelaines etune fabrique de papiers, conserve une tour d’un grand diamètre, bâtie, suivant la tradition, par Zizim, fils de Mahomet II, quise réfugia en France sous le règne de Charles VIIL, Entre Aubusson et Guéret, sur une montagne au pied delaquelle coule la Creuse, on aperçoit Ahun, ville de 2,242 habitants, plus intéressante par le souvenir de son antique prospérité que par les fabriques de toiles qu’elle possède. Les monuments qu’on y a découverts attestent son antiquité : les anciens la nomment Acitodunum, nom qui, dans le moyen âge, se changea en Aci-. dunun et en Agedunum. Sous nos rois de la première race elle conservait encore un atelier monétaire. Boson, comte de la Marche, y fonda en 997 la célèbre abbaye de l’ordre de Cluny, appelé le Moutier d’Ahun : les bâtiments, les jardins et les dépendances qui en restent attestent son importance.
Guéret, chef-lieu de la préfecture, est bien bâti et arrosé par des fontaines; son commerce est peu considérable, et l’on est étonné que, situé
dans un pays où le combustible est à bas prix, aucune fabrique ne s’y soit établie, Enfin Bowssao, le moins peuplé de tousles chefs-lieux de France,
occupéunh rocher presque inaccessible aux voitures ; environnée de murailles flanquées de tours, dominée par un vieux château crénelé, d’où l'œil plane sut une gorge formée de montagnes d'un aspect aride et sauvage, cette ville est le plus triste séjour que l’on puisse imaginer
Proportionnellement à sa superficie, il est peu de départements aussi boisés que celui du Cher1: aussi est-il riche en forges et en usines, L'uniformité de so so), interrompue seulement par des collines, offre à Pest,. sur les bords de la Loire, qui de cecôté forme sa limite, des terrains de la plus grande richesses au sud et au sud-ouest, un grand nombre d’étangs et des terres d’une médiocre qualité; eu nord et au nord-ouest des marais entourés de landes ét de bruyères; au centre, des terres fertiles bordent le cours de l’Auron et du Cher. Des terres ingrates et pourtant assez productives couvrent les deux liers de toute sa superficie; le reste est doué de la plus grañde fertilité. El tire sa principale ressource du produit de.ses forges, dé sès bêles à laine et à cornes, et de vins blancs de son territoire que l’on vend à Paris sous le nom de Chablis, La science agricole ‘y:a pas encore faittous les progrès désirables. A l'exception des mines de fer, les richesses naturelles de ce pays restent presque sans emploi. Il faut cependant espérer que l'ouverture du canal de Berry et celle du chemin de fer de Bourges à Orléans donneront quelque activité au commerce de cette intéressante partie de la Franco.
L’une des villes les plus coinerçantes du département est Sain/-Amand ou Saint-Amand-Mont-Rond, non loin des rivesdu Cher, dansune agréable vallée. La vente des grains, des vins, des châtaignes, des bois de construction et des bestiaux de son arrondissement, occupe ses marchands et ses négociants. Elle fut fondée en 4440, sur les ruines du bourg d’Orval que les Anglais avaient brûlé: Dans ses environs il existe deux belles forges, deux foreries de canons et une manufacture de porcelaine, Dun-le-Roi, sur la rive droite de V'Auron, était, au quinzième siécle, l’une des villes les
1 es imposables. hectares
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Vignes, à + 0 + + 0 0 + + + « » 12,833 | Forêts, domaines non productifs. . . . 14,097
Vergers, pépinières etjardins. 6 5,929 | Rivières, lacs, ruisséaux. . . à . , 5,166 se abreuvoirs, mares, canaux d'irri- Cimetières, églises, presbytères, bati-
CRE EE TE 9,095 | ments publics, , . , . : : 43
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EUROPE. — DESCRIPTION DE LA FRANCE, aa!
plus célèbres de l’Aquitaine. À Sancerre, on fait un grand counmerce de vins; la ville est agréablement situéo sur la colline la plus élevée du département, à une lieue de la rive gauche de la Loire : on y jouit d'une vue magnifique. Au bourg d'Fvoy-le-Pré règne une grande activité, due à une verrerie à vitres et à boutéillos et surtout à une belle usine où l’on fond les différentes pièces qui entrent dans la confection des machines à vapeur,
Heureux lorsque dans nos descriptions l'intérêt des souvenirs historiques.peut se mêler à celui qu’inspire une industrieuse activité, nous ne citerons dans l’arrondissement de Sancerre qu’un petit nombre d’autres lieux connus encore pour leurs fabriques, tels qu’Aubigny, où l’on fait des tissus grossiers de laine, Précy, bourg qui renferme des forgos et des hautsfourneaux, et Henrichemont, qui possède des tannerios. Cette petite ville fut bâtie en 4597 par Sully, qui lui donna le nom qu'elle porte en l’honneur de Henri IV. Elle dépendait d’une principaui', qui fv: réunie à la France en 1766.
Hätons-nousde passer dans l’arrondissement de Bourges, dont plusieurs villes offrent Le double intérêt dont nous parlons, Z'ourges, nous duuns d’abord le dire, est dans une position agréable s::r la pente d'un coteau baigné par l’Auron, à l'endroit même où cette rivière reçoit plusieurs cours d’eau. Elle conserve quelques restes d’une épaisse muraille antique et deux grosses tours qui tombent en ruines. Divisée en ville nouvelle et ville ancienne, la réunion de ces deux quartiers forme une superficie capable de contenir une plus forte population que celle qu’on lui donne, et qui s'élève à 25,000 âmes, mais ne présente rien dans son ensemble qui puisse faire oublier que c’est une des villes les plus vieilles et les plus mal bâties de France. Cour impériale, archevéché, lycée, riche bibliothèque de 20,000 volumes, cabinet de physiqu”, musée de peinture, cabinet d’antiquités et de médailles, sociétés d’ag:i:aiture et dés arts, d'histoire naturelle et d’antiquités, théâtre, établissements de bienfaisance, tout cela se trouve à Bourges au milieu de rues tortueuses et d’habitations trop basses, dont les pignons offrent un aspect désagréable, Deux édifices seuls son‘ dignes de fixer l’attention : la cathédrale et l’hôtel-de-ville, La première doit être comptée au nombre des plus beaux monuments gothiques de l’Europe : elle est surmontée de deux tours; sa façade est, malgré l’irrégularité qui dépare presque toutes les églises de la même époque, remarquable par la délicatesse, le fini et la richesse des ornements : l’une des sculptures du portail représente le jugement dernier. Sa belle conservæ
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tion n’est pas cequi étonne le moins: non seulement elle n’a point eprouvé les mutilations révolutionnaires, mais à la couleur près on dirait qu’elle vient d’être terminée. L'hôtel-Ge-ville est la maison du célèbre Jacques Cœur, dont l’ingratitude d’un roi paya les services. Dans l’intérieur on voit un mauvais portrait de Bourdaloue peint par lui-même. Ce célèbre jésuite et les PP. Deschamps, Sauciet et Dorléans, l’argentier de Charles VII etLouis XI, qui fonda en 1466 l’université de Bourges, sont les principaux personnages que cette ville ait vu naître. Un édifice qu’il ne faut cependant point passer sous silence est le palais archiépiscopal; le jardin qui en dépend est une promenade publique ; on y voit un obélisque élevé à la
mémoire de Béthune-Charost.
Bourges, selon Tite-Live, est l’une des plus anciennes villes des Gaules. Lorsque les Romains en firent la conquête, elle était, sous le nom d’Avaricum, la principale cité des Pifuriges-Cubi. Elle prit ensuite celui de
. Biluriges; Auguste en fit la capitale de l’Aquitaine ; les routes de Bor-
deaux et d’Autun la traversaient. Elle fait peu de commerce, cependant elle est unie aujourd’hui à Orléans par une ligne de chemin de fer de
412 kilomètres de longueur qui la met à quelques heures de la capitale, :
et bientôt elle pourra communiquer avec Lyon par celui de Moulins et de Roanne.
Au-dessous de Bourges, l’Ëvre baigne Mehun, et forme entre les ponts de cette ville de &,260 habitants, un large bassin utile à son commerce, qui consiste en chanvre, en bois, en laines et en produits de ses fabriques de tissus. On y voit quelques vestiges du château dans lequel Charles VIT, dans la crainte que son fils Louis XI ne l’empoisonnât, se Jaissa mourir de faim en 4461. Au confluent de l’Évre et du Cher, qui coule dans le canton le plus agréable et le plus fertile du département, Vierzon, bien bâtie et dont les maisons sont couvertes en ardoises, renferme 6,730 habitants, et possède des manufactures de porcelaine et de faïence, des tanneries, des papeteries, des fabriques de draps et de serges, et des forges considérables. Elle est importante comme nœud principal du chemin de fer du Centre; en effet, la ligne s’y bifurque et se dirige d’une part vers Châteauroux et Limoges, ct de l’autre vers Bourges, Nevers et Clermont.
Des bois et des forêts occupent plus de la septième partie de la superficie du département de l'Indre 1, Sur la rive droite de cette rivière, le sol
, Contenances imposables.
hectares À Prés. . . . : . «+ + «
hectares 85,303 Torres labourables. . . . . . + +. 401,521 | Landes, pâtis, bruyères, , , « + + + 75,013
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est couvert d’étangs et de marais qui répandent dans l’air une humidité dangereuse ; mais c’est surtout entre l’Indre et la route de Limoges, territvire connu sous le nom de Brenne, que ces grandes flaques d’eau sans profondeur, répandues sur une surface considérable, produisent pendant les chaleurs de l’été des exhalaisons pestilentielles dont les effets sont funestes pour les êtres animés. La conquête de ces marais malfaisants rendrait à l’agriculture plus de 40,000 hectares de terre. Un sol généralement sablonneux occupe le reste du département. Le cultivateur y récolle des grains au delà de ses besoins, et des vins médiocres dont la moitié est livrée au commerce. L’agriculture tire un grand parti des bêtes à laine, ainsi que des oies et des dindons qu’on engraisse. L'industrie utilise les minerais du métal le plus utile : plus de 410,000 quintaux de fer sortent des forges et des usines de ce département.
Chef-iieu d’arrondissement, Issoudun ne peut être passé sous silence ; c’est une station du chemin de fer d'Orléans à Limoges ; elle fait un commerce assez important; elle renferme quatre églises, deux hôpitaux, un collége et une salle de spectacle; elle possède quatre fabriques de draps, trois de toiles, une de faïence et sept tanncries. Son origine est peu connue. Elle a vu naître le jésuite Berthier et l’acteur Baron. A 2 lieues de Valan, qui n’a que 3,212 habitanis, on remarque un monument druidique, intact, de la classe des dolmens.
On croit que Levroux est l’ancienne Gabatum. Sa population n’est aujourd’hui que de 3,576 habitants, mais on ne peut douter que sous les Césars elle n’ait été une cité considérable, puisqu’on y a trouvé des restes d’amphithéâtre et d’autres d’antiquitès. Elle est ceinte de murailles flanquées de tours et entourées de fossés ; elle renferme un ancien château remarquable par une tour d’une énorme dimension.
Une route tracée au milieu des vignes et des bois conduit à Valençay, dont le beau château, bäti par la famille d’Étampes, et devenu plus magnifique encore par les soins du prince de Talleyrand, acquit de la célébrité dans les derniers événements de notre histoire pour avoir été, depuis 4808 jusqu’en 1814, le séjour du roi d'Espagne, Ferdinand VII, La ville, peuplée de 3,627 habitants, possède une fabrique de draps; mais au vil-
! an hectares te. MR PR NT Contenances non imposables.
Étangs, abreuvoirs, mares, canaux. . . 2,766 | Routes, chemins, places publiques, rues. 17,509 Oseraies, aulnaires, saussaies. . . 1,016 | Forêts, domaines non productits, . . . 10,359 DAME de in marne ce à . 33,463 | Rivières, lacs, ruisseaux, . . , , , + 8,265 Cultures diverses. . . . . . . . + 18,241} Cimetières, églises, presbytères, bâti Vergers, pépinières et jardins, . , + + 6,4167 auvuis puuiics, , + . , + + , . 130
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lage de Zuçay-le-Mâle, se trouvent les plus belles forges de ses environs. Dans le canton de Buzançots, ville de 5,000 âmes, qui fait un grand commerce de laine et de grains, y on compte aussi des usines importantes et plusieurs moulins à farine.
Notre excursion dans l’arrondissement de Chdfeauroux nous amène dans cette ville en remontant l'Indre; elle est sur la gauche de cette rivière, qui coule au milieu d’une plaine basse, couverte d'immenses prairies, et c’est une des principales stations du chemin de fer du Centre. Son nom lui vient de Raoul de Déols, qui la fonda au onzième siècle, et qui construisit sur une colline à l’une de ses exirémités un château qui est aujourd’hui l’hôtel de la préfecture. Ainsi elle prit le nom de CAdteau- Raoul, qui par corruption s’est changé en celui qu'elle porte aujourd'hui. Sa principale industrie consiste en draperie ; on y compte plusieurs fabricants de draps. Bourg-Dieu ou Déols, à une demi-lieue au nord-est de Châteauroux, mérite d'être mentionné. Peuplé d'environ 4,500 habitants, son origine re monte au troisième siècle de notre ère; il fut fondé par Léocade, sénateur romain et préfet de la Gaule lyonnaise. Vers la fin du neuvième siècle, c’était une ville capitale d’une importante principauté qui comprenait presque tout le territoire dont se compose le département de l'Indre; mais la fondation et l’accroissement de Châteauroux fit décheoir Déols au point de devenir un petit bourg qui fut appelé Bourg- Déols par les habitants du pays, nom qui signifie Bourg-Dieu, ainsi qu’on l'appelle aujourd’hui. Ce bourg possède un sarcophage gallo-grec, en marbre blanc, que l’on regarde comme le tombeau de saint Ludre, qui n’est autre que Lusor, fils du fondateur de Déols. A 6 lieues au sud-ouest, la Creuse traverse Argenton, petite ville de 5,332 habitants, qui dut être plus considérable sous la domination romaine, à en juger par plusieurs médailles et sculptures qui y furent découvertes, et par l'importance de l'antique forteresse que Louis XIV fit démolir, et dont il reste quelques ruines. Elle portait le nom d’Argen{omagus, et séparait le territoire des Biluriges et celui des Piclavi.
Deux arrondissements peu importants nous restent à parcourir : l’un d’eux a pour chef-lieu La Châtre, jolie petite ville qui s’élève en pente douce sur la rive gauche de l'Indre, et que défendait jadis un château-fort dont la seule tour qui reste sert de maison d’arrêt. Dans la petite ville d'Aigurande, à l'extrémité méridionale du département, se trouve un ancien monument de forme octogone sur lequel les habitants n’ont conservé aucune tradition, mais qui paraît avoir été destiné à des sacrifices.
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Le chef-lieu de l’autre arrondissement est le Blanc, que la Creuse divise en ville haute et ville basse. Entre cette rivière et celle de l’Anglin, Saint- Benott-du-Sault, qui passe pour une ville aux yeux de ses habitants, quoiqu’elle n'en renferme pas plus de 1,200, est entouré des sites les plus pittoresques du département. Les rochers ct la cascade de Montgerno sont en cffet ce qu’on peut voir de plus agreste. ÿ
Un territoire montagneux, riche en mélaux, en roches susceptibles d’être utilisées dans les arts, et en kaolin, employé dans un grand nombre de manufactures de porcelaine; un sol peu favorable à la culture de la vigne et des céréales, mais des bois de châtaignicrs occupant plus de 40,000 hectares, et produisant près de 500,000 quintaux métriques de châtaignes qui suppléent à l'insuffisance des grains; des forêts de chènes occupant 22,000 hectares ; des prairies abondantes en pâturages qui nourrissent une grande quantité de chevaux estimés; une population laborieuse qui envoic dans toute la France des maçons, des charpenticrs, des tuiliers et d’autres ouvriers ; tels sont en peu de mots les caractères qui distiguent le département de la IJaute-Vienne*. . L’arrondissement de Bellac, qui confince au nord avec le département de l’Indre, est le premicr que nous visitcrons. La ville est bâtie sur la pente d’un colcau rapide, au-dessus de la petite rivière du Vinçon, qui n'est, pour mieux dire, qu’un ruisseau. Elle possède plusieurs tanneries, une fonderie, quelques fabriques de papier, de tissus de laine et de toile. Les vins des environs sont d’une assez bonne qualité. À quelque distance de Bellac, on remarque, près du village de Borderie, un beau monument du culte druidique. Le Dorat, jolie ville de 2,817 habitants, où l’on fabrique des draps et des cotonnades, des baromètres, des poids et des mesures métriques; Darnac, village de 2,246 habitants, où l’on voit une importante verrerie à boutcilles ctunce fabrique de poterie, peuvent donner une idée de l'industrie de ce territoire. L'église du Dorat appartenait à une célèbre abbaye que Clovis fonda, dit-on, en action de grâces de la bataille de Vouillé.
1 Contenances imposables. | hectares hectares ation, . . , , . . . + . . + 2,078 Terres labourables. . . . . . . . 213,454 | Propriétés bâties, . . . . . . . . 1,820 Prés PC CCS 129 899 :
Landes, pâtis, bruyères. . . : . « 93,46 |. Contcnances non impnsables. Cuitures diverses. . , . . . . + + 51,583 | Routes. chemins, places publiques, rues. 16,171 BON 5 m6 60 6 a 6 ce on à 39,808 | Rivières, lacs, ruisseaux, © « « « 2,279 Vergers, pépinières etjardins. . . . 3,764 | Cimetiéres, églises, bresbytères, bâti- Vignes. 0 + 0 + 3,043 1 ments publics. . . , . . . « . 110 Etangs, abreuvoirs, mares, canaux d’irri- Forêts, dumaines non productifs. . . . 13
Un peu au-dessus de Limoges, l'antique Ratialum, puis Lemovices des Romains, la Vienne arrose un vallon délicieux tapissé de prairies artificielles et bordé de jolis coteaux. Sur l’un des côtés de ce vallon, le cheflieu de’ la Haute-Vienne s’élève en amphithéâtre, ce qui donne à ses rues tortueuses l'inconvénient d’être très-rapides ; mais aussi l'air vif et pur que l'on y respire, première cause, peut-être, de la santé des habitants et de la fraicheur des femmes, cutretient, à laide de ruisseaux limpides, la propreié de cette viule. De belles promenades et plusieurs places publiques occupent la partie ia plus élevée : l'une de celles-ci, appelée la place d’Orsay, se trouve sur emplacement d’un amphithéâtre romain. À exception de l’église de Saint-Martial, dont le clocher est d’une grande hauteur, et qui dépendait d’une abbaye vénérée jadis dans la contrée; de la cathédrale, édifice gothique imposant, construit en granit , de l’église de Saint- f Martin, la plus ancienne des trois; d'une vaste cascrne de cavalerie et d’un beau palais épiscopal, Limoges n'offre rien de remarquabie. Elle se ls recommande à d’autres titres : on y irouve un lycée impérial, de nombreux établissements publics d’instruction et de charité, Les prairies de la Vienne, qui sont le principal ornement des environs de Limoges, nourrissent de beaux chevaux et de magnifiques bœufs. Chaque année il s’y k fait des courses de chevaux où concourent ceux de la Haute-Vienne et ceux des départements voisins, et l’on distribue des primes pour l’amélio= ration de la race bovine. Elle possède de nombreuses fabriques de laine, de porcelaine estimée et des verrcries. Elle sera, dans un avenir prochain, en communication avec Paris, lorsque le chemin de fer du Centre viendra y aboutir. Les hommes célèbres qu’elie a produits sont le carme déchaussé Honoré de Sainte-Marie, auteur de 3 volumes in-4° sur les ordres militaires; le poëte Dorat, le chancelier d’Aguesseau, l’éloquent Vergniaud, le maréchal Jourdan et le botaniste Ventenat,
La plus importante ville du département est, après Limoges, Saint-
Léonard, située à 7 licucs au-dessus, en remontant ia Vienne; el.e est entourée de belles promenades, compte plusieurs fabriques, et renferme 6,173 habitants. Nous devons citer aussi le bourg de Pierre-Buffière, qui prend le titre de ville quoique sa population soit à peine de 800 âmes : on | y voit les restes d’un vieux castel; mais entre ce bourg et Limoges, de | belles ruines attirent les regards, ce sont celles du château de Chalusset. ÿ
A l’ouest de Limoges, près de la forêt de la Vienne, dans une vallée fertile sur la droite de la Vaire, Rochechouard est bâtie sur la pente d’un rocher qui semble menacer de rouler dans le vallon, et dont la cime est
.des tifhefrues pur ts et S, la ques ’Or- )tion Ir, et athéaintrie et lle se reux de la jour il sy ue et élio= aine, hain, ndra 1USSÈ niliaud,
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couronnée par une vieille forteresse qui, sous le règne de Charles V, fut vainement assiégée par les Anglais. Son ancien nom de Rupes-Cavardt est l’origine de celui de cette ville, chef-lieu d’un arrondissement qui compte plus de douze communes dans lesquelles des usines ct des forges importantes entretiennent le travail ct l’aisance. Plus peuplée que celle-ci, la petite cité de Sain!-Junien, entourée de boulevards et bâtie en amphithéâtre sur un coteau, au confluent de la Vienneet de la Glane, est renommée pour sa ganterie, a des fabriques de draps, des papeteries, des fabriques de chapeaux et des manufactures de couvertures, de porcelaine et de poterie commune. Elle fait un commerce considérable de chevaux et de mulets.
Non moir: industrieux que le précédent, l’arrondissement de Saint- Yrieix abonde en kaolin, argile blanche formée par la décomposition du feldspath contenu dans les granites, et dont la découverte, faite en 1770 par Villars, pharmacien à Bordeaux, a contribuéà multiplier nos fabriques de porcelaine, et à fournir une nouvelle branche d’exportation. On tire aussi des environs de Saint-Yricix le feldspath granulaire qui, sous le nom chinois de pélunzé, s:rt à faire l’émail de la porcelaine. A l’entrée même de la ville s'offrent deux carrières d’où l’on tire ces deux substances, dont l’extrachion se pousse quelquefois jusqu’à 35 mètres de profondeur. Saint-Yrieix, petite cité, riche, mais mal bâtie, doit son origine à un monastère fondé vers le sixième siècle en l’honneur du saint dont elle porte le nom.
Couvert de montagnes, dépourvu de bonnes routes et de rivières navigables, le département dans lequel la Corrèse a sa source et son embourchure trouve peu de ressources dans son commerce ? ; cependant il expédie pour Paris, au printemps, les milliers de bœufs qu’il engraisse l'hiver; il fournit de porc salé les villes maritimes de Bayonne et de Bordeaux, et approvisionne d'huile de noix plusieurs de nos départements. Ces produits annoncent l'importance de ses pâturages et l'abondance de ses noyers. Son sol présente deux régions bien distinctes, partagées du sud-est au au nord-ouest par la route de Limoges : ceile qui est située sur la droite
: Contenances imposables, <. nn hectares hectares Vergers, pépinières et jardins. . , . 1,688 Landes, pâtis, bruyéres, + . « + + + 164 :3:31) RANGS ONEUIES MAN UONAURS 5 à: EUR Terres labourables, + + + + + + + 155 306 Contenances non imposables. Cultures diverses. + + 4. + + + + + 122410 | Routes, chemins, p'aces publiques, rues. 11,366 Prés. ee + + + + + « + 73,06) | Rivières, lacs, ruisseaux, . + + + + 8,586 Bois. . + . + + . + + + + à: + 31,044 | Forêts, domaines non productifs. . . . 1,478 Vignes. ee es ee + + + 15,203|Cimetières, églises, bresbytères, bâti- Propriétés bâties. + + + « « + »« + 1,375] ments publics . , , , . « . « 109
de cette route, en remontant la Corrèze, est la plus montagneuse et comprend presque les deux tiers du département ; les gens du pays l’appellent la montagne : des bruyères stériles la dominent; la seconde, appelé le pays bas, couverte de terrains en culture ct de vignobles abondants, ne peut toutefois qu'avec le secours du châtaignier nourrir ses habitants, Dans la première, la population est disséminée, mais la nature #y montre parée de ses atours sauvages ; dans la seconde, la population es: concentrée : la terre est couverte des dons de la culture, et les cours d'eau font mouvoir quelques usines. Cependant l’industrie de cedépariement est encore dus l'enfance, ci les habitants de la campagne vivent misérublement,
La route de Limoges passe au miticu de la jolie petite ville d’'Uzerche, où l’on ne compte que 3,428 habitants, Elle est adossée à une collin’, au pied de laquelle coule la Vezère; quelques-unes de ses maisons, flan quécs de tourelles ct couvertes en ardoises, lui donnent une physioicrie particulière el attesient son ancienneté ainsi que l’aisance de ses habitants; de là ce vicux proverbe du pays : Qué a maison à Userche a château en Limousin, À ia sortie de eclle ville, la route traverse un pays pittoresque couvert des acraiers embranchements de la région montagneuse, ct coupé par des ravins et des précipices.
€Ce n’est qu’à une demi-licuc de Tulle que l’on ancrçoit la cothédrale de celte ville, monument du neuvième siècle, qui n’a de remarquable que son clocher pyramidal. Chëtive cité de 41,895 habitants, dont {es rues escarpécs s’adossent à des rochers, elle doit son origine à la fondation d’un monastère qui date du septième siècle, ct à la destruction d’une ville plus ancienne dont quelques restes d’amphithéâtres et d’autres constructions situécs à peu de distance de ses murs, attestent l’antique splendeur. A l'avantage de posséder une manufacture d'armes qui occupe 600 ouvricrs, ct d'entretenir quelques fabriques de papiers et de tissus de laine, des distillerics ct des tanncries, elle joint le commerce d'huile de noix et de chevaux estimés. Les hommes distingués dont elle fut le berceau sont peu nombreux ct d’une époque assez éloignée : celui qui eut le plus de réputation est le savant Eticnne Daluze.
À Argenlac ou Argentat, petite ville de 3,535 habitants, située dans une plaine fertile au bord de la Dordogne, on a construit sur cette rivière un pont suspendu de 400 mètres de longucur qui ouvre une nouvelle communication entre Paris ct Montpellier, par Bourges, Tulle, Aurillac ct Rhodës,
Après avoir baiguë Tulle, la Corrèze arrosc Brives-la-Gaillarde, patrie
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du cardinal Dubois, de l’ancien directeur Treilhard et de l’infortuné maréchal Brune, Cette ville, au milieu de prairies ct de vergers, entre des coteaux de vignes d’un côté et des collines boisées de l’autre, entourée d’une belle allée d’ormes et de jolies maisons en picrre, offre l’extéricur le plus agréable; mais il ne faut pas y pénétrer, on n’y trouverait ni belles places ni belles rues. On y remarque toutefois le bâtiment du collège et une jolie maison dans le style gothique. C’est à uns grande licue de son enceinte que se tr'uve Arnac-Pompadour, village célèbre par son haras et par sou beau château, bâti par Guy de la Tour, en 1026, et donné par Louis XV à celle qu’il décora du titre de marquise de Pompadour. En 1834 la ,oitié de cet édifice a été détruite par un incendie. À 8 licucs au uord de Brives, Lubersac, peuplée de 3,853 habitants, s’honore d’avoir vu naître le général Souham. A 3 licues au sud du chef-iicu, Turenne, ancienne vicomté qu'illustra l’un de nos plus grands gucrricrs, est une ville de 4,600 habitants, dont le château en ruine, situé sur la cime d’un roc escarné, est l’une des plus anciennes forteresses de France : la plus importante de ses tours, haute d'environ 33 mûtres, porte le nom de Tour de César. Elle a probablement vu le siège que Pcpin ct Louis le Débonnaire firent de cette ville.
Dans la région montagneuse, où nous ne ferons qu’une courte excursion, nous verrons Ussel, petit chef-lieu d’arrondissement, au milicu de sommets arides et au bord de la Sarsonne, que l’on traverse sur un pont construit avec autant d'élégance que de hardiesse. Des fouilles faites dans un champ voisin de son enceinte ont fait découvrir divers objets d’antiquilé qui antioneent une ancienne cité, probablement celle d’Usellis qui donna son nom à la ville moderne. A cinq licucs au sud-est de ceclic-ci, Bort, dans une jolie situation, sur la rive droite de la Dordogne, est la patrie du littératcur Marmontel. À une demi-licue au-dessous, la petite rivière de la Rue forme, en se faisant jour au travers de roches décharnées, une belle chute appelée le Saul de la Saule.
Le groupe du Cantal couvre de-ses ramifications le département 1 qui porte le nom de celte montagne, mojestucux monument des convulsions
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volcaniques dont le centre et le midi de la France furent le théatre à l’époque où la plus grande partie &e son sol était encore couverte d'eaux marines et fluviatiles. Ses flancs, formés de porphyre, de basaltes, de laves, de scories et de pierres-ponces, sont fréquemment battus par des vents impétueux, et conservent pendant près de huit mois de l’année les j neiges amoncelées sur leurs cimes. Des eaux limpides se font jour à tra- \ vers ces roches qui sortirent liquides du sein de la terre, et, réunies en ruisseaux, elles forment çà et là des cascades dont les dispositions variées animent des paysages charmants, mais dont le bruit monotone inspire le recueillement et la tristesse. Précipités au fond des vallées, ces ruisseaux, Î dirigés en différents sens, se réunissent pour donner plus de vigueur aux Ê pâturages qu’ils arrosent, et pour former plusieurs rivières. Les pentes septentrionales fournissent les principales eaux de la Rue, affluent de la Dordogne; la même rivière reçoit encore la Maronne, et la Cère, plus importante, qui descendent des vallées dirigées vers l'occident. Les vallées orientales donnent naissance à la Truyère, qui va se jeter dans le Lot, et à l’Alagnon, qui, prenant une direction opposée, se joint à l’Areucil avant de s’unir à l'Allier, celles du midi ne sont arroséces que par de faibles cours d’eau qui vont grossir la Truyère. D'autres eaux, employées par l’homme pour remédier à se; maux physiques, sortent aussi des flancs de > ces montagnes. Les vallées arrosées par les principales rivières que nous venons d'énumérer, sont garnies d’une terre fertiles mais c’est dans la Planèze, petite plaine arrosée par l’Alagnon et l’Arcueil, que l’on récolte la plupart des grains consommés dans le département.
Dans les hautes vallées, sur les cimes les plus élevées, et jusqu’au sommet du Plomb, la plus importante montagne de ce groupé, dont elle occupe le point central, les pacages ct les prairies sont couverts de bestiaux ; leurs vastes herbages nourrissent même ceux des départements voisins. Les bœufs engraissès dans le Cantal sont expédiés sur tous les points de la France ; les moutons sont dirigés vers les départements méridionaux ; les peaux de chèvres et de chevreaux, objets de commerce entre le Cantal et l'Aveyron, sont expédiées à Milhau, où on les convertit en parchemin ; les chevaux, d’une petite taille, mais vigoureux, sontemployés pour le service de la cavalerie légère. C’est dans les burons, cabanes dispersées au milieu des pâturages, que le lait des troupeaux est employé à è faire le beurre et des fromages de trois qualités différentes. L’agriculteur cultive le seigle et le sarrasin, ses principaux aliments; le lin, qui par sa finesse rivalise avec celui de Flandre ; le chanvre, que l’on tisse en toiles
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grossières employées dans notre marine ou vendues aux Espagnols; des pommes de terre, des arbres fruitiers de diverses espèces, surtout des châtaigniers dont le fruit est d'une grande ressource pour la nourriture, et quelques vignes enfin, qui ne donnent qu’un vin médiocre. La fabrication des chaudrons et des divers ustensiles en cuivre employés dans les cuisines, celle de Ja dentelle et du papier, constituent presque toute l’industrie de ce département: à l'exception de quelques houillères, aucune mine n’y est exploitée; mais un grand nombre d'habitants vont chaque année exercer en France, en Espagne, ei même en Hollande, le métier de chaudronnier.
Dans la partie méridionale de département, près de la rive droite de la Rance, les 3,081 habitants de Haurs élèvent beaucoup de pores et font un grand commerce de jambons. De cette petite ville, située à la base des montagres, nous «llons nous élever jusque dans les hautes régions, d’où nous apercevrons les lieux habités, et notre excursion deviendra plus intéressante par le majestueux spectacle des restes d’antiques éruptions volcaniques qui dominent des cités si peu dignes d’être examinées en détail.
A l'extrémité de la vallée pittoresque arrosée par la Jordanne, traversons d’abord les rues larges mais irrégulières d’Aurillac. Sa population est de 40,917 habitants : pour un chef-lieu de préfecture aussi peu important, la salle de spectacle est assez jolie, le cabinet d'histoire naturelle assez riche. La ville, généralement bien bâtie, repose sur des laves, que de grands lacs ont recouvèrtes d’épaisses couches de sédiment calcaire. Hors de ses murs, un hippodrome est destiné à des courses de chevaux qui se font tous les ans du 4er au 45 mai, On croit qu’Aurillac fut fondée vers la fin du huilième siècle. Gerbert, élu pape sous le nom de Sylvestre Il, le maréchal de.Noailles, Piganiol de La Force, auteur d’une description de la France, ont reçu le jour dans ses murs.
À 2 ou 3 licues de la ville, le bourg de Carlat, qui renferme un millier d'habitants, attire Pattention des curieux par les ruines de son vieux chàteau, bâti sur la cime d’un rocher basaltique. C’était jadis la principale torteresse de l’Auvergne.
Avant de se hasarder dans les chemins difficiles et tortueux du Cantal, il est indispensable de se confier à un guide intelligent. Dans l’espace de 3 lieues qui sépare Aurillac de Vic-en-Carladez, appelé aussi Vic-sur- Cère, parce que la Cère traverse cette petite ville de 2,500 âmes, qui possède un établissement d’eaux minérales très-fréquenté, on est frappé de la fraicheur, du teint et la grâce qui distinguent les villageoises.
En montant vers la cime du Plomb du Cantal, on reconnait dans cette | montagne l'immense ruine d'un colosse volcanique recouvrant une masse | granilique. Arrivé au-dessus de ja vallée qu’arrose le Dauzan, on voit au sommet d’un mont basaltique de près de 400 mètres d’élévation, Satnt- Flour, peuplé de 5,788 habitants, chef-licu d’un arrondissement composé de 74 communes, Cette ville est entièrement construite en laves, et quoique siège d’un évéché, elle ne possède aucun édifice dont la vue puisse dédommager de la fatigue que l’on éprouve pour y arriver : le poëte dramatique Du Belloy naquit dans ses murs. L'industrie de Saint-Flour ne consiste pas seulement dans la fabrication des chaudrons, on y fait des d'aps communs, de la coile-forte estimée, ct l’on y prépare l’orscille pour la teinture. |
Au fond d’une gorge profonde, où coule un des affluents de la Truyèro, Chaudes-Aiques était connue des Romains sous le nom de Calentes-Aqueæ. Elle est peuplée de 2,207 habitants, Ses eaux thermales, réputées dans le pays, y amènent pendant la saison un nombre de malades égal à sa population.
À la base du Plomb du Cantal cet près du Puy-du-Ptroux, l’Alagnon coule dans une jolie vallée. C'est sur sa rive droite qu'est situé Murat, | chef-lieu de sous-préfecture, où les hommes fabriquent des draps communs, tandis que les femmes font de la dentelle qui rappelle le genre d'industrie que Colbert introduisit le premier dans la Haute-Auvergne. Après avoir traversé le col de Cabre, on peut s'élever sur le pic volcanique appelé le Puy-Mary, situé dans l'arrondissement de Mauriac. On aperçoit alors sur la rive droite de la Maronne, Salers, petite ville bâtie sur une coulée volcanique qui couronne un plateau : elle donne son nom aux montagnes d'alentour, où l’on nourrit les plus beaux besliaux de toute l’ancienne Auvergne. Les habitants de ces montagues ont la réputation d’être mutins et querelleurs.
Sur les flancs d’une colonne basaltique, située entre l’Ouze ct la Dordogne, s'élève Ja netite ville de Mauriac, qui, de sa promenade, jouit d’une vue magnifique. Sa position sur une plaine fort élevée la place sous un climat très-froid. Un seui édifice y sert d’hôtel-de-ville et de sous-préfecture. Elle a vu naître l’abbé Chappe d'Ilautcroche, célèbre astronome. Dans ses environs se trouvent Ie charmant vallun de Fontanges, les cas- ’ades de Salins, ct, jusque sur les bords de la Rue, des vallées profondes, des rochers abruptes, et tous ces accidents de terrain si variés dans les contrées volcanisécs.
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