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Montluel peuplé de 3,000 âmes, possède un bel hôpital et une importante manufacture de draps qui occupe 200 ouvriers: la Sereine s’y divise en plusieurs bras, et fait mouvoir des battoirs à chanvre et des moulins à blé; Thoissey, patrie du célèbre médecin Bichat, fabrique de la cire et dr la bougie. Sur le bord de la Reyssouse, la jolie petite ville de Pont-do- Vaux, qui communique par un canal avec la Saône, a élevé à la mémoire du général Joubert, qu’elle a vu naître, une fontaine en forme de pyramide.
Bourg, surnommé en Bresse, du nom de l’ancienne province dont il était la capitale, est aujourd’hui la principale ville du département. Elle existait vers la fin du quatrième siècle et s'appelait Tanus. Ornée de quelques beaux édifices, arrosée par des fontaines, embellie par des promenades , agréablement située sur la Reyssouse et près de la Veyle, elle jouirait d’un commerce plus important si elle était à portée de rivières navigables. Elle possède une société d’émulation et d’agriculture, un cabinet de physique et de chimie, un musée et une bibliothèque publique de 47,000 volumes. L’astronome Lalande est un des principaux auteurs qu’elle s’honore d’avoir vu naître. Cette ville, ainsi que celle de Pont-de- Veyle ont chacune des filatures de coton et de soie. Le village de Meillonas a une faïencerie très-importante.
Le territoire qui forme entre l’Ain et le Rhône les arrondissements de Belley et de Nantua, constituait autrefois le Bugey, pays riche en sites pittoresques et en souvenirs antiques. Polybe considère cette petite contrée comme le della celtique, définition que justifie sa forme triangulaire. Belley, siège épiscopal, sa capitale, existait à l’époque où Brennus fit son expédition sur Rome; elle fut même détruite par les peuples qui fuyaient à l'approche du farouche Gaulois, et ne reprit son rang de ville qu’après la conquête des Romains. Ses anciens noms sont Bellilium, Bellicum et Bellica. Alaric !a brüla en 390 ; Wibert, son neveu, la rebâtiten 412; un incendie la détruisit en 4385; mais le comte de Savoie, Amédée VII, s’empressa de la rétablir et l’entoura de murailles. Elle fut le berceau du médecin Richerand. Resserrée entre deux hautes montagnes du Jura, la petite cité de Saint-Rambert-de-Joux, centre d’une grande fabrication de toiles, renferme une filature de duvet de cachemire qui emploie plus de 200 ouvriers. À Lagnieu, 4,500 ouvriers sont occupés à la fabrication des chapeaux de paille. Le petit village de Frébuge, près de Nantua, est le Forum Sebusianum, principale cité des Sebusiant, que plusieurs auteurs confondent à tort avec Bourg-en-Bresse,
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Dans une gorge encaissée par des rocsescarpés, près d’un pelit lac dont les bords plantés d'arbres invitent à la promenade, et dont les eaux fournissent d'excellentes truites, paraît Nantua, qui dut son nom aux anciens Nantuates. Elle renferme des filatures, des métiers à soie, des fabriques de papier, de peignes de corne et de menus objets en buis; on y confectionne aussi une grande quantité de souliers de pacotille et des fromages estimés. Plus loin, Oyonnax, bourg de 3,245 habitants, est également renommé pour ses peignes et sa tabletterie. Le village d’Izernore occupe l'emplacement d’une cité romaine: on y a découvert des débris de bains et de temples.
Le peuple qui habitait le pays de Gex ayant favorisé l’invasion de ses voisins les Helvetii dans la Gaule, César, après avoir exterminé les débris de cette émigration helvétique, réunit le territoire de Gex à celui des Sebusiani. La ville est mal bâtie et d’un accès difficile; mais du haut d’une petite terrasse qui domine sa principale rue, on oublie qu’elle ne renferme rien de curieux, et tout l'intérêt se porte sur un point de vue magnifique formé par le lac de Genève et le bassin qu’il occupe, et par les montagnes de la Savoie groupées autour du majestueux Mont-Blanc. Les fromages de Gex rivaliseraient avec ceux de Sassenage et de Roquefort s’ils étaient plus connus. On aperçoit dans un joli vallon Fernex ou Ferney, qui n’était qu’un hameau de 50 habitants lorsque Voltaire s’y établit, mais dont la population, devenue industrielle par les soins de ce grand homme, s’accrut au point que, lorsqu'il mourut, on y comptait plus de 800 ouvriers en horlogerie : maintenant il en renferme 200 au plus.
A peine a-t-on traversé la Saône, que tout annonce un sc’ riche en vignobles et en divers produits agricoles, en houillères et en mises de plomb, de fer et de manganèse; un pays traversé par des routes, des canaux et des rivières navigables ; un peuple agriculteur et manufacturier. Mâcon, chef-lieu du département de Saône-et-Loire 1, station du chemin de fer de Paris à Lyon, est à sa frontière situé sur la rive droite de la Saône : position avantageuse pour son commerce de vins, mais fort incommode pour les affaires administratives. Cette ville, que César appelle
3 Contenances imposubles. hectares hectares |! Cultures diverses, . . . , . .. 710 Terres labourables.. . . . , . . + 456,323 | Oseraies, aulnaies, saussaies. . . . , 117 DB one es 16 € 0 e + + + + 150,694 ° DO Se de 2 2 2 12665 Contenances non imposables. Vignes. . . , . + + e + « + + 37,936 | Routes, chemins, places publiques, rues 20,504 Landes, pâtis, bruyéres, . . . . 26,269 | Forêts, domaines non productifs. . . . 17,474
Étangs, abreuvoirs, mares, canaux, ; ° 5,598 | Rivières, lacs, ruisseaux. . , . . , 5,671 Propriétés bâties, NS 6 5 à e + «+ 4,439 | Cimetières, églises, presbytères, bati= Vergers, pépinières et jardins. .« + .« + 3,850] ments publics. . , . . . . . , FAS)
Matisco, qu'il fortifia, qu'il rendit importante par ses approvisionnements militaires, entretient encore un pont que l’on attribue au général romair, et renferme plusieurs ruines antiques. Ses rues sont aussi mal bâties qu’elles sont mal pavées ; mais ses superbes quais, au bas desquels s’étendent deux ports commodes, sont garnis d'élégantes habitations. Nos L secousses révolutionnaires ont transformé en ruines sa belle cathédrale, À quoiqu’elles aient épargné l’ancien palais épiscopal. Les édifices modernes à qui embellissent cette ville sont l'hôpital, ouvrage de Soufflot, sur la place % d'armes, la nouvelle église de Saint-Vincent, la salle de spectacle et les nouvelles prisons. Il y a à Mâcon un cabinet de minéralogie et de géologie départementales, une bibliothèque publique de 40,000 volumes, ainsi | qu’une société d'agriculture, sciences et arts.
C’est dans les environs de Romanèche, beau village de 2,482 habitants, que l’on récolte les vins de Moulin-à-vent et de Thorins, et que l'on exploite la plus importante mine de manganèse de France. Cluny, ville } de 4,400 âmes, célèbre autrefois par sa magnifique abbaye de bénédictins, est devenue riche et manufacturière. Son superbe couvent renferme un collège et d’autres établissements utiles: elle est la patrie de Roberjot, plénipotentiaire français, assassiné à Rasiadt, et du peintre Prudhon. Greuze, artiste non moins estimé, est né à Tournus ; le monument que les habitants ont élevé à sa mémoire est la seule construction remarquable de cette ville de 5,324 habitants, où l’on compte plusieurs fabriques de cha ; peaux et de couvertures. à
La petite ville de Charolles était autrefois la capitale de la petite pro- ge. vince du Charollais; c’est aujourd’hui le chef-lieu d’un arrondissement renfermant plusieurs manufactures et des forges importantes. Bourbon- Lancy, peuplée de 3,160 individus, jouit de quelque réputation par ses eaux minérales et par ses bains, ouvrage des Romains. Dans la Table Théodosienne, cette ville est désignée sous le nom d'Aguæ-Nisinei. Elle est dominée par un vieux château bâti sur un rocher escarpé.
Nous ne nous détournerons pas pour voir sur la rive gauche de la Seille Louhans, qui renferme encore de vicilles maisons formant saillie sur la rue; arrivons à Challon ou Chälon-sur-Saône, qui, par son cominerce et sa population, rivalise avec Mâcon. Le pont que l’on traverse rappelle EL. un des actes de cruauté de Lothaire [er : ce prince, pour assouvir la haine qu'il portait aux fils du comte de Toulouse, fit trainer par les cheveux sur ce pont la belle et vertucuse G2rbcrge, leur sœur, la fit enfermer dans un tonneau et précipiter dans la Saône. La ville est bien bâtie; sa promenade
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est ornée d'un grand obélisque ; la rivière baigne un beau quai d'où l'on jouit d’une vue fort étendue. La bibliothèque publique se compose de 10,000 volumes. Au temps de César, Châlon était un poste militaire important : il l'appelle Cabillonum ; mais d’Anville fait remarquer qu'il n’est point de lieux en France dont le nom se trouve écrit par les anciens d'une manière plus variée. Elle fut le berceau de l’antiquaire Denon. Cette ville, qui fait un commerce assez actif, est une importante station du chemin de fer de Paris à Lyon; sa gare est à 383 kilomètres de la première de ces deux villes, et à 426 de la seconde.
A l’ouest du canal du Centre, on voit, sur une colline entre deux montagnes, la petite ville de Monfcenis, dont les environs possèdent des houillères et des mines de fer considérables. C’est au bourg du Creuzot, dans ses environs, que se trouvent des forges, des usines de machines à vapeur, des fonderies de boulets ct de canons, en un mot la plus importante usine de fer que possède la France. Cet établissement jouit de l’avantage d’avoir des exploitations de houille dans son enceinte. Il est peuplé de 8,083 habitans, Un chemin de fer particulier met en communication les différentes parties de l'usine et lui facilite l'expédition de ses produits jusqu’au Rhône et à la Loire, par le canal du Centre.
Autun, évèché, au confluent de l’Arroux et de la Creusevaux, est l’ancienne Bibracte des Ædui, qui, sous le règne d’Auguste, prit le nom d’Augustodunum. Elle était alors beaucoup plus grande et beaucoup plus peuplée qu'aujourd'hui; c’est ce qu'attestent ses arcs de triomphe, ses débris de temples et d'amphithéâtres, et l'étendue de ses anciennes murailles. Elle est bâtie sur une colline qui s’élève au pied d’une montagne appelée le Mont-Jeu, du latin Mons Jovis, parce que les anciens habitants y avaient élevé un temple à Jupiter. Au nombre de ses monuments antiques, nous citerons la Porte d'Arroux, par laquelle on entre en venant de Paris, et la porte appelée Porfique-de-Saint.André, du nom d’une ancienne église qui y est contiguë. A partir de cette porte, on peut entrer dans la ville en foulant aux pieds une voie romaine encore bien conservée. Dans une autre partie d’Autun, près de l’ancien Champ-de-Mars, on voit les débris d’un amphithéâtre ; enfin, hors des murs de la ville, il existe encore, à peu de distance de la Porte d’Arroux, les ruines du Temple de Janus ; et, sur une colline des environs, une pyramide dont on ne connait point l'origine, mais que l’on a regardée comme le tombeau de Cavare, roi des Gaulois, dont parle Polybe, et que le peuple nomme la Pierre de Couard. Telles,sont les antiquités les plus remarquables d’Autun, de cette ville que
César appelait l'émule et la sœur de Rome; mais co qui peut donner une idée de son ancienne splendeur, c: sont les statues de marbre, les beaux parquets en mosaique, les colonnes, les statuettes, et les antiquités de tous genres qu'on y découvre, et dont on a formé un riche et curieux musée,
La cathédrale d’Autun est un beau monument des onzième et douzième siècles, qui, par ses arcades à plein cintre et ses ogives. offre un mélange du style gothique et du style lombard. Sur la place, on voit une belle fontaine dans le style de la renaissance; elle ost de 4683. L’évéché est dans une position d’où l’on jouit d'une vue magnifique.
Autun possède une bibliothèque publique qui ne renferme que 8,000 volumes, mais les sciences sont cultivées avec zèle dans cette ville; on y trouve organisée une société Éduenne, qui publie d’intéressants mémoires,
Par la nature de son sol, l’habitant du département de la Côte-d'Or est entraîné vers deux genres de travaux différents : ceux de la culture et ceux des usines. Mais ces travaux occupent moins de bras que ceux de tant d’autres genres d'industrie; c’est ce qui explique comment avec plus de routes que la quantité moyenne des autres départements, sa population est moins considérable. A l'exception des terrains cultivés en vigne, la terre. n’y est point utilisée autant qu’elle devrait l'être, puisqu'elle ne nourrit point assez de bestiaux et surtout de brebis pour la consommation des habitants. Le cours de l’Ouche peut servir à diviser le territoire en deux régions distinctes : celle du midi, qui comprend la petite chaîne de la Côte-d'Or, est favorable à la vigne ; celle du nord, où s’élève une partie du plateau de Langres, est la région du fer,
Pour se faire une idée du riche aspect qu'offre la région méridionale, il suffit de suivre la route qui, de Châlon-sur-Saône, passe à Beaune et à Dijon. Aux environs de Beaune, le bourg de Nolay, patrie du général Carnot, est entouré des vignobles de Mon!-Rachel. Ici s'élève Meursault, station du chemin de fer de Lyon, dont les différents crus rivalisent entre eux; là Pomard et Volnay récoltent leurs vins fins et légers; plus loin, la jolie petite ville de Nuits, station du chemin de fer de Lyon, est environnée
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des vignes de Richebourg, de la Romanée et du Clos-Vougeot. C'est au milieu de ces vignes célèbres que Beaune, importante station du chemin de fer de Lyon, poursuit ss embellissements à la faveur d’un grand commerce. Le plus remarquable de ses édifices est un magnifique hôpital, fondé en 4443 par Rollin, chancelier de Piilippe, duc de Bourgogne. Beaune est la patrie de l'illustre savant Monge, l’un des fondateurs de l'École polytechnique. Les vignobles du territoire de cette ville s'étendent sur la droite de la Saône jusqu’à la petite cité de Saint-Jean-de-Losne, qui, peuplée de 2,266 habitants, occupe une si belle place dans nos fastes militaires par sa belle défense contre les impériaux en 4636. Depuis cette époque, elle a reçu le nom de Belle-Défense. C’est la patrie du P. Martenne, savant bénédictin.
Près de Dijon se prolongent les vignes des environs de Beaune; les divers clos de Brochon, celui du Roi à Chenove, et ceux de Bèze et Chamberlin, près de Gevray, sont assez connus pour faire juger de l'importance de ces jolis villages et de celle que donnent leurs produits à son commerce. Cette ville, au milieu d’une plaine agréable et fertile, que terminent des collines verdoyantes, est formée de rues larges et bien percées, bordées de maisons élégantes et de beaux hôtels : elle est arrosée par l’Ouche et la Suzon, qui s’y réunissent, et entourée de remparts ombragés de beaux arbres. Un château gothique, flanqué d'énormes tours, bâti par Louis XI, est le seul reste de ses antiques fortifications. La façade de l’ancien palais des ducs de Bourgogne orne la place Royale, la plus belle de ses quinze places. Get édifice renferme une bibliothèque de 43,000 volumes et de 630 manuscrits, dont plusieurs sont des douzième, treizième, quatorzième et quinzième siècles, ainsi qu’un assez beau médailler renfermant 2,400 médailles. La vieille tour qui le surmonte sert d’observatoire. Dans le bâtiment qui lui est réservé se trouve un musée composé d’une galerie de tableaux, d’un cabinet de gravures, d’une colicction de bustes et de portraits des hommes célèbres nés à Dijon et dans l’ancienne Bourgogne, d’antiquités et d’objets d’art du moyen âge, au nombre desquels sont les tombeaux de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur,
Un riche cabinet d’histuire naturelle, un beau jardin botanique et des serres bien tenues, sont destinés aux élèves de la faculté des sciences et de l’école secondaire de médecine. Enfin, une collection municipale d’une grande importance est le dépôt des archives, comprenant le trésor des chartes de rois et des ducs de Bourgogne, collection précieuse par le nombre et l'antiquité des pièces dont elle se compose.
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La cathédrale est un monument gothique dont on ne peut se dispenser d'admirer la hardiesse : sa flèche a 70 mètres de hauteur; le portail de Saint-Michel est d’un travail précieux; l’église des Orphelines-Sainte- Aone n’est pas moins digne d'attention. La magnifique promenade du Pare, à laquelle on arrive par un superbe cours formé par quatre rangées d’arbres, d'environ un quart de lieue de longueur, complète la beauté de celte ville. Son lycée et sa faculté des sciences; ses écoles de droit, de médecine et des beaux-arts ; ses sociétés d’agriculture, de jurisprudence, de lecture; ses sociétés médicale et philarmonique, et son académie des sciences et des lettres; enfin, les noms de Bossuet, de Crébillon,-de Longepierre, de Piron, de Rameau, de Saumaise et de Guyton-Morveau rappellent que depuis longtemps les sciences et les lettres y sont cultivées et honorées. Elle fait un commerce très-étendu, et plusieurs des produits de son industrie sont estimés au loin. Ce commerce est activé par le che= min de fer de Paris à Lyon ; la gare de Dijon est à 315 kilomètres de celle de Paris, à 68 de celle de Chàlon et à 493 de celle de Lyon. Cette cité a vu naître aussi le duc de Bourgogne Philippe le Bon, Jean sans Peur et Boucicaut. Dijon, dont l’origine a précédé la domination romaine, porta d’abord le nom de Dibio ou Divio; Marc-Aurèle, le premier, l’entoura de murailles et de 33 tours; et Grégoire de Tours nous apprend que l'empereur Aurélien y bâtit des temples, et en fit une forteresse considérable.
En sortant de Dijon, les forêts, les forges et les usines, qui succèdent aux vignobles et aux pressoirs, donnent à plusieurs lieux une grande importance. La ville d’'Auxonne, où l’on voit de belles rues, des remparts servant de promenades, un beau pont sur la Saône, terminé par une levée construite en 4505 contre les inondations de la rivière, possède une biblio= thèque publique de 4,000 volumes, et renferme un arsenal de construction etune fonderie impériale. À Fontaine-Française, bourg considérable, où l’on remarque un monument érigé en mémoire de la bataille que gagna Henri IV contre le duc de Mayenne et les troupes espagnoles, on voit un haut-fourneau dont la fonte est employée pour les rouages des mécaniques.
A l’ouest du canal de Bourgogne, on aperçoit Saulieu, ville de 2,724 habitants, et patrie du célèbre Vauban, où l’on fait un grand commerce de bois de chauffage et de construction, L’Armançon coule, entre deux hautes berges de granit, au pied de la jolie petite ville de Semur-enduois, bâtie au sommet d’un rocher granitique, On voit à Semur une
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ancienne muraille M3" ::êc de tours, une église remarquable par son style gothique, et une bibi: .1êque publique de 45,000 volumes, dans laquelle on conserve un manuscrit fort curieux du onzième siècle ; c’est la vie de saint Jeun de Réôme, qui fonda, au cinquième siècle, l’abbaye de Moutiers-Saint-Jean, près du bourg d'Épuisses.
Plus loin, sur le canal de Bourgogne, Montbard, station du chemin de fer de Lyon, qui donna le jour à Daubenton, s’élève en amphithéätre, dominé par l'ancien château qu vit naître Buffon ; c’est près de celte ville de 2,719 habitants que se trouvent les superbes forges élablics par ce grand naturaliste. L’arrondissement de Semur renferme peu d’usines, mais on en compte plus de trente dans celui de Chd'illon-sur-Seine. Au douzième siècle, ce chef-licu passait pour une place de gucrre formidable ; il fut, en 1814, le théâtre des négociations infruclucuses entamées par les puissances étrangères avec Napoléon. Ses rues sont belles, ci son château renferme plusieurs établissements d'industrie. ÿ
Moins peuplé que le département que nous quiltons, celui que traverse l'Yonne‘ produit beaucoup plus de froment et d'avoine qu’il n’en peut consommer. Scs bois ct ses forêts occupent une grande superficie, et ses vignobles, qui jouissent d’unc réputation mérilée, produisent près de deux fois plus de vin que les vignes de la Côte-d'Or.
Sur la droite de la grande route qui traverse les principales villes de l'Yonne, s'étend un territoire qui joint aux siles que l’on admire en Suisse la richesse qui caractérise les vignobles de la Bourgogne, c’est celui d’Avallon, ville ancienne, dont il est question, sous le nom d’Abatlo, dans l'Hinéraire d’Antonin, et dont les capitulaires de nos rois font mention comme d’uuc forteresse considérable. Ses constructions sont jolies et sa position charmante; sa promenade, appelée le Petil-Cours, doit son plus grand agrément à sa silualion au-dessus des bords escarpés de la petite rivière du Cousin,
La petite ville de Vézelay, à 3 grandes licucs d’Avallon, s’élève près des bords de la Cure sur unc colline entourée d’assez bons vignobles. Peuplée de 4,800 habitants, cile est célèbre par sa fameuse abbaye et par
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la prédication des croisades de 4485 et de 4480 par saint Bernard, C’est |
la patrie de Théodore de Bèze, ami de Calvin. à
Avant d’arriver à Vermanton, ville de 2,744 habitants, qui commerce en vins et en bois, il faut voir, auprès d’Arcy-sur-Cure, les belles grottes ouvertes au-dessus de ce village; elles étaient considérées autrefois comme les plus belles curiosités naturelles de la province. L’ancien château d’Arcy sur-Cure, aujourd’hui transformé en une sorte de ferme, est un édifice de 1549, bâti avec élégance dans le style de la renaissance.
Au delà du confluent de la Cure et de l'Yonne s’élèvent, à la gauche de cette rivière, les coteaux qui ont fait donner à Coulanges le surnom de la Vineuse : ses vins ont une grande réputation. Sur la droite et près de Seray, Chablis, ville de 2,600 âmes, est renommée par ses vins blancs; on y trouve les restes d’une voie romaine qui conduisait de Langres à Auxerre. |
Les vignobles de Ligny-le-Châtel, de Seignelay, de Toucy, et d’autres lieux également réputés dans le pays, entourent l’ancienne capitale de l’Auxerrois. On peut choisir, entre Altissiodorum, Aulissiodorum ou Aulisiodorum, le nom que les anciens lui donnaient, si l’on s’en rapporte à quelques antiquaires ou à l’Itinéraire d’Antonin. Il paraît certain au surplus que les Romains érigèrent Auxerre en chef lieu d’un Pagus, en la détachant de la cité des Senones ; elle devint même aussi une importante cité, puisqu’elle eut un amphithéâtre dont on trouve encore quelques traces hors de son enceinte sur la route de Paris. On y battait monnaie. Elle fut ravagée à diverses époques par les Huns, les Normands, les Sarrasins, les Anglais, et troublée par les dissensions religieuses du seizième siècle. Elle cite parmi ses hommes célèbres Jean Duval, habile antiquaire; Royer de Piles, auteur de la Vie des peintres ; l’abbé Lebœuf, à qui l’on doit un grand nombre d’importants écrits sur l’histoire de Paris et de ses environs ; Sainte-Palaye, connu par ses Mémoires sur la chevalerie; écrivain Restil de la Bretonne ; enfin, l’auteur dramatique Sedaine.
On compte à Auxerre les maisons bien construites; parmi ses édifices, l’ancienne cathédrale, bâtie sous l’invocation de saint Étienne, ornée d’un beau portail et de brillants vitraux, est un de ceux qui attirent l’attention. Les autres églises d'Auxerre sont au nombre de deux : celle de Saint- Eusèbe a servi au culte théophilanthropique pendant la révolution ; celle de Saint-Pierre, commencée vers la fin du seizième siècle, appartient au style de la renaissoce. ES L'hôtel de la préfecture est l’ancien palais épiscopal ; sa façade est
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remarquable par des ornements d'architecture d’un très-bon goût. L’hôtel-de-ville, construit en 4733, contient les archives; ce bâtiment fait partie de l’ancien château d'Auxerre, qui comprend le palais de justice et les prisons. L’Hôtel-Dieu a été construit dans l’ancienne abbaye de Saint-Germain. C’est dans le couveni des prémontrés que se trouve la bibliothèque publique, renfermant 24,000 volumes et 480 manuscrits. Auxerre est le centre du commerce du département; c’est une importante station du chemin de fer de Paris à Lyon.
Sur la pente d’un coteau au bord de l'Yonne, s’élève en amphithéâtre Joigay, station du chemin de fer de Lyon, entourée d’un vieux mur percé de six portes, et précédée de deux petits faubourgs. Ce qui reste du beau château bâti par le cardinal de Gondy a été transformé en presbytère. On croit que cette ville, dont le nom latin est Jovintacum, doit sa fondation au consul Jovinus, qui vivait dans le quatrième siècle; d’autres prétendent au contraire qu’elle ne fut fondée que vers l’an 4000; quoi qu’il en soit, elle était au treizième siècle riche et florissante, puisqu’e!le put se faire affranchir pur ses comtes, moyennant une forle somme d’argent.
Des remparts, dont les fondations datent probablement de l’époque où Julien soutint avec succès dans Senones un siège contre les Germains, se font remarquer au loin sur la rive droite de Yonne. Sous Valens, la ville de Sens devint la métropole de la quatrième Lyonnaise; elle était alors fort considérable ; aussi, sous le règne de Théodose le Grand, fut-elle érigée en archevêché. Ses prélats prirent même le titre de primats des Gaules et de Germanie, quoique l’archevêque de Lyon revendiquât aussi la première partie de ce titre pompeux. Sa population, peu industrieuse, était, en 1788, de 7,000 habitants ; aujourd’hui elle en renferme 10,645. Il s'y tint plusieurs conciles, dont le plus célèbre est celui du commence ment de l’année 4140, dans lequel saint Bernard, ennemi d’Abüilard, fit condamner ce célèbre docteur, qui, ne trouvant pas sa doctrine condamnable, en appela au pape. La disposition de ses promenades est agréable ; sa cathédrale, qui occupe le centre de la plus belle place de la ville, est d’un bel effet, et ses vitraux sont dignes du beau talent de Jean Cousin, Pun de nos plus anciens peintres, qui naquit à Soucy, petit village des environs, La bibliothèque publique renferme 42,000 volumes et quelques manuscrits ; autrefois on y voyait le fameux manuscrit de l'office des fous, tel qu’il se célébrait jadis dans la cathédrale de Sens : il est maintenant à l’hôtel-de-ville. C’est un £n-folio qui, outre les chants et les prières consacrés à ce service bizarre, contient une prose rimée à la louange de l’âne,