‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 3)Chapitre 83 sur 203 · ER | À · texte numérisé non relu

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eaux, les habitants n’épargnent rien pour rendre le séjour de leur ville agréable aux étraugers. Luxeuil possédait autrefois une célèbre abbaye de bénédictins.

‘Lure, qui passe aussi pour fort ancienne, était célèbre autrefais par son abbaye que fonda saint Déicole sous le règne de Clotaire I. Le chef de ce monastère, qui adopta depuis la règle de saint Benoît, prenait le titre de prince du Saint-Empire ; le bâtiment qu’il occupait est aujourd’hui la demeure du sous-préfet. Cette ville de 3,399 habitants, qui ne se compose que d’une longue et large rue, à laquelle aboutissent d’autres petites rues, s'élève près de la rive droite de l'Oignon. Il s’y tient huit foires par an. Dans ses environs s’élève le Ballon de Lure. ‘a plus haute montagne du département.

Depuis que la Franche-Comté a été réunie à la France, en 1678, Vesoul, chef-lieu du département, a vu s’accroitre son bonheur et sa tranquillité ; elle s'augmenta et s’embellit. L'église, dans laquelle on remarque un beau maître-autel en marbre et un ancien sépulcre, fut achevée en 4785, l'hôtel-de-ville en 1766, le palais de justice en 4770, la halle en 1772, la nouvelle promenade en 4778, les casernes en 4777, et l’hôtel de la préfecture en 4822; sa bibliothèque publique, placée dens un des bâtiments du collége communal, renferme 24,000 volumes, et sa collection de phy” sique et d’histoire naturelle s'accroît chaque année ; elle n’a point d’autre réupion savante qu’une société d'agriculture, sciences et commerce. Elle doit être traversée par le chemin de fer de Paris à Mulhouse, par Troyes» Chaumont, Altkirch, et par l’embranchement de Dijon à Naney par Épinal, qui fera communiquer la ligne de Lyon avec celle de Strasbourg.

Les environs de Vesoul comprennent plusieurs lieux intéressants. A ses portes, les grottes d’Echenos-les Molines, curieuses par leur étendue, renferment une grande quantité d’ossements d'animaux perdus; elles portent le nom d’un village voisin. Près de Jussey, ville de 2,773 habitants, on a trouvé des fondations de vastes édifices, des traces d’anciens fossés, des restes de voies antiques qui justifient la tradition que cette cité aurait été fondée au troisième siècle par une colonie romaine. Un misérable hameau s'élève sur l’emplacement d’une cité gauloise que l’on croit être Didaltium, autant qu’on en peut juger par les statues, les bas-reliefs et les médailles que plusieurs fouilles y ont fait découvrir,

Gray, situé en amphithéâtre au bord de la Saône, comptait avant la révolution huit couvents ; aujourd’hui il fait un grand commerce de grains, de farine et de fers, et emploie annuellemént au transport de ses

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marchandises, par terre et par eau, 86,500 chevaux. On y remarque l’une des plus belles usines de l'Europe. La ville est composée de rues mal alignées ct rapides ; elle est dominée par un ancien château; sa bibliothèque publique ne renferme que 4,000 volumes.

Les hautes cimes du Jura font partie du territoire français, et donnent le nom de cette chaine à l’un de nos départements les plus industrieux, les plus boisés, les plus riches en chevaux et en bêtes à cornes, et les plus pauvres en cours d'eaux navigablest, Les montagnes, qui règnent principalement dans sa partie orientale, forment trois plateaux, dont le plus élevé, couvert de neige pendant six mois, confine avec la Suisse, ne se compose que de terrains ingrats, mais nourrit une population laborieuse ; le second, couvert, comme le précédent, de sapins, de buis et de genévriers, renferme des pâturages et quelques vallées fertiles; le troisième, moins élevé que les deux autres, est aussi moins aride. Au pied de ces plateaux, où l’on exploite des mines de fer, des carrières de marbre et des salines, des coteaux tapissés de vignes estimées occupent une longueur de 20 lieues ; enfin des plaines couvertes de terres arables servent de base à cet amphithéâtre.

La partie septentrionale de la plaine s’étend sur les deux rives du Doubs, au bas de la forêt de Chaux, qui couvre plusieurs collines et une superficie de 20,000 hectares. Dôle est assise au bord de la rivière, sur un coteau planté de vignes. Cette vaste forêt, non loin de la ville; le Doubs et le canal du Rhône au Rhin, qui baignent ses murs et fertilisent ses champs; la Loue, la Cuisance et la Glantine, qui serpentent au loin ; le rideau de montagnes où ces trois dernières prennent leurs sources, forment, du haut de la promenade du Cours, un riche tableau dont lé lointain se termine par la double cime du Mont-Blanc. Ses rues sont inégales et ses maisons irrégulières; en un mot ce n’est pas une belle ville, mais elle est dans une charmante position. Son territoire est d’ailleurs un de ceux sur lesquels la sagacilé des érudits peut facilement s’exercer; on a cru y trouver emplacement de lantique Didatium : ii est'peu de villages où Pon ue rencontre, en fouillant le sol, quelques débris antiques. De beaux

1 Contenances imposables. hectares P late aite Lou era Cu dr rs 1,43 sis k seraies, aulnaies, saussaies. ; LA Lo LE TR ET ER HA Cultures diverses. 4 « « + « 138 Laudes, pâtis, bruyères, . . . . . . 79,009 | Contenances non imposables. PES ie © ie y Au é ru 50,547 | Forêts, domaines non productifs. . . . 29,780 Vigne en s o N 0 à, à 0 Te à 21,027 | Routes, chemins, places publiques, rues. 7,527 Vergers, pépinières et jardins, . . . . 2,339 | Rivières, bois, ruisseaux, . . . . . à Propriétés bâties. . . . . . . . . 1,824 | Cimetières églises, presbytères, bâtiments ; Étangs, abreuvoirs, mares, canaux d'irri- publits. . . , . . +. + o . 171!

établissements de bienfaisance, uno prison à laquelle on ne pout reprocher qu’une trop grande élégance, des promenades et des points de vue magnifiques, une importante fabrique de produits chimiques, donnent on pou de mots une idéc de ses édifices, de sa position topographique et de son industrie. Ajoutons cependant qu'on y trouve des établissements publics de charité et d'instruction qui sont bien tenus, ainsi qu'une société d'agriculture.

Poligny, l’ancienne Castrum-Olinum, est bâtie, avec assez de régularité, au picd d’une montagne; elle doit sa propreté aux eaux courantes de plusieurs fontaines publiques. Elle a donné naissance à quelques hommes célèbres dans leur temps : nous ne citerons que le chanoine Jean Molinet, qui traduisit en prose le poëme de la Rose; Jacques Coylicr, qui fut le médecin de Louis XI et premicr président de la cour des comptes, et le fameux Nicolas Rollin, chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Les environs de cette ville sont riches en monuments antiques; son territoire tire de ses vins blancs sa principale richesse ; il est inutile de vanter les vignobles d’Arbotïs. Cette jolie ville, patrie du général Pichegru, conserve aussi des débris de constructions gauloises et romaines. Les ruines de son ancien château sont imposantes : le peuple se plait à raconter les visites nocturnes qu'y font les esprits malins ; suivant lui, la plus grande et la plus haute de ses tours noirâtres est souvent le séjour de la fée Mélusine. Ces antiques traditions auraient-clles pour origine le crucl acte de bicnfaisance de Mahaut d’Arbois, comtesse de Bourgogne, qui, pendant unc horrible famine, sc trouvant dans l'impossibilité de nourrir la multitude de pauvres qui s'étaient réfugiés chez clle, les réunit dans une grange de son château et les fit tous brüler?

A l'entrée d’une gorge étroite, arrosée par la petite rivière de la Furieuse et dominée par les ruines de plusicurs vieux châteaux, Salins dut son nom ct sa prospérité à ses sources salées, déjà célèbres au sixième siècle, lorsque saint Sigismond, roi de Bourgogne, les céda aux moines de t’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune. Ces religieux en exploitèrent le sel avec tant de zèle et d'intelligence, qu’en peu d’annécs il s’éleva près de leur habitation un bourg consid‘rable. Telle fut l’origine de cette ville, patrie de Pabbé d’Olivet, critique distingué. Elle a cependant la prétention de remonter jusqu’à l’époque celtique, et d’avoir entretenu des relations avec Rome dès le siècle d’Auguste.

Un horrible incendie, qui dura trois jours, la détruisit presque entière ment au mois de juiliet 1825; l'hôpital et l'établissement des salines échap.

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pèrent seuls aux ravages des flammes ; mais grâce à la commisération de la France entière, une souscription productive fut organisée, et aujourd’hni Salins est plus beau qu'avant son désastre, Une grande rue, large de 44 mètres et bordée de trottoirs, traverse cette ville dans toute sa longueur; les places publiques sont ornées de fontaines simples, mais de bon goût, et les maisons sont bien bâties, Elle possède un collége communal, une bibliothèque publique de 4 à 5,000 volumes, un théâtre et une prison. Toutes ces constructions sont renfermées dans une muraille ; elle est défendue à l’ouest par le fort Saint-André, et à l’est par le fort Belin, qui couronnent tous deux une montagne élevée. En entrant dans la ville par le nord, on traverse le faubourg des Carmes, et par le sud celui de Saint Maurice, qui furent tous deux épargnés par l'incendie de 4825.

Trois sources que l’on nomme puits alimentent les salines de cette ville, et l’eau salée qu'elles produisent porte le nom de muire. Ces puits, situés dans la direction du sud au nord, sur la droite de la Furieuse et au-dessous de son niveau, sont presque au centre de la ville. Chacun d’eux offre plusieurs sources d’eau douce et d’eau salée rapprochées les unes des autres, mais dont on a soin d’éviter le mélange. Les eaux salées sont à 25 mètres de profondeur. La quantité de sel que l’on en obtient annuellement par l’évaporation est évaluée à 40,000 quintaux.

Le territoire de Lons-le-Saulnier formait, au moyen âge, la plus grande partie du Scoding ou Sco-d'In, c’est-à-dire de la contrée de l'Ain, dont les habitants étaient connus, comme ils le sont encore, par leur bravoure. Ceux de la partie montagneuse qui s’élève à l’est de la ville passent principalement pour être actifs, industrieux, tandis que ceux de la partie occidentale ont la réputation d’être apathiques : ils préfèrent les travaux de l’agriculture à ceux de l’industrie, Lons-le-Saulnier, siège de la préfecture, date du quatrième siècle, et doit aussi son origine à ses sources salées : son nom pourrait être traduit par mesure de sel', Il est au confluent des trois petites rivières de la Seille, de la Vallière et du Solman, dans une vallée agréable environnée de vignobles qui produisent d’excellents vins. L'église qui décore la place d’armes, le bel hospice où l’on soigne à la fois plus de 450 malades, et les immenses bâtiments de graduation d’où sortent annuellement 20,000 quintaux de sel, méritent seuls l’attention de ceux qui visitent cette ville, patrie du général Lecourbe, du poëte lyrique Rouget de Lisle, auteur de la Marseillaise, et de Roux de

! Selon Gollut, auteur qui s’est beaucoup occupé de l’histoire de la Franche-Comté,

le long est uno mesure d’eau salée contenant 24 muids. VII. 34

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Rochelle, auteur du poëmo des Trois Ages, Dans ses environs, on voit sur le territoire de la commune de Révigny des grottes curieuses, d'où l'on tiro beaucoup de sulpêtre. A 2 licues vers lo nord, près du village do Paume, les sources de la Scille sortent des crevasses d'un rocher calcaire formant un affreux précipice. Ces sources sont d'imposantes masses d'rau qui, dans les beaux jours du printemps, coulent encore au milieu des glaçons.

Dans les environs de Sain/-Amour, ville d'environ 3,000 àmes, situto près de la frontière occidentale du département, les habitants conservont plusieurs fêtes et cérémonies qui remontent à la plus haute antiquité, Lo bourg d'Arinthod est bâti sur los ruines d'un temple gaulois dédié à Murs Seyomon, ainsi que le prouvo la découverte d'une inscription en l'honneur de cette divinité, à laquelle les Segoves, l'un des peup'es de la Brosse, dédiaient une partie des dépouil'es de leurs ennem:s. Près de Conres, sur les bords de l'Ain, les ruines de l'ancien château d'Oliferne courounent uno montogne presque inaccessible, la soule du Jura sur laquelle on rencontre quelques ours ; il fut déiruit au scizicme siècle par les Fraiçais, qui, irritès de sa longue résistance, massacrèrent tous ceux qui s'y éluient retirés, Les trois principales dames du château furent, dit-on, eufrrmées dans un tonneau garni de pointes de clous et précipitées du haut de la montagne dans la rivière, Fest peu de paysans qui n'assurent les avoir rencontrées la nuit, ainsi que le scigneur d'O.ifcrne chassaut avec sa cour dans les bois cuvironnants,

Si nous voulions décr re les villes ct les villages de l'arrondissement de Saint-Claude qui se font remarquer par leur industrie, nous n’oublicrions pas Sep!moncel, où l’on labrique divers objets de tab'erterie et des fromages, où plus de 4,200 personnes sont occupées à la fabrication ct à la taille des picrres fausses. Ce village, de 3,000 habi'ants, tut cutièrement détruit par un incendie, en 4826; mais de tels événements laissent peu de traces au milicu d'une population luboricuse. Nous citcrons CAdieuudes-Prés, &ù l'on confectionue des chaises, des bufleis et divers outres meubles en sapin ; le bourg de orez, d’où sort tous les ans une grande quantité d’horloges, de pendules ci de tourne-broches, et Bois-d'Ainout, qui façonne le bois en boîtes d'hor'oges, en scaux, en cuisses el er cchialas. Mais un coup d'œil sur Saint Claude complélera peut être l’idce que nous voudrions pouvoir donner de l’industrie jurassienne. Cette ville doit son origine à une ancienne «bbaye, dont les serfs trouvèrent, au sièclo dernier, un habile tenseur dans Voltaire, Saint-Ciaude s’appela d’abord Condat, Des ruines considér:ples trouvées duus ses environs portent à

voit sur l'on tiro Daume, formant au qui, glaçons.

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croire qu'au temps des Romains c!le jonissait de quelque importance : elle prit ensuite, d'un de ses nbbés, le nom de Sarat-Oyant, puis celui qu'e!le

ne aujourd'hui, qu'e‘le quitta pendnt la révolution pour celui de Con- ,

dal Montagne, En 1799, un verrible incendie le détruisit complétement en deux heures, mais uno somme de 730,000 frames, occordèo par le gouvernement consulaire, et de nombreuses colleetes faites dans toute lu France, coutribuèrent à sa reconstruction sur un plan plus régulier que celui qu'on y remarquait précédemment, Elle est cachée au fond d’une vallée, circonscrite d’un côté par des montagnes c Merles (e forèts, de l'autre par des cimes arides, On y compte plusioursmanafnetures d'ouvrages ti Lour qui occupent un grand nombre d'ouvricr:; dos briques d'horlogerie, d'instruments de musique, de lacets, de clous, d'épingles, de tabaiières, de chapelets ot de jouets d'enfants: siège épiscopal, on y remarque un bel hôpital, un vasto collège ct plusieurs autres établissertentæ utiles,

Le département du Doubs", comprenant la continuation des montagnes qui couvrent une partie e celui du Jura, se divise comme celui-ci en trois régions; la supérieure, la moyenne et l’inférieure. La première est hériseéo de racler: calcaires dont les sommets, couverts de nciga pendant sept ou huit moi: de l’année, sont presque dépourvus de vézétation : mais leurs rovers offrent ou midi d'excellents pâturages ct de belles vallées ombragées par des foréts de sapins ; le blé n’y réussit pas plus que le scigle : l'orge et l’avoine y farment la base des eultures en céréales, Les habitations y sont éparses, et la population y a con<crvé la pureté des mœurs et l'hospitalité qui distingue les montagnards, La région moyenne cst sous l'influence d’une tem, érature plus douce que celle de la précédente. Le frament commence à s'y montrer, et que'ques coteaux sont assez favorablement situés pour se couvrir de vignes. Les hauteurs les plus considérables s’y montrent couvertes de lorêts de chênes ct de hètres mélangés de sapins; mais, vers leurs bases, ceux ci disparaissent tout à fait, La région basse ou Ja plaine s'étend aw picd de ces montagnes, à 300 mètres au-dessous dé leurs sommets. C'est la partie la plus fortile, la plus riche en céréales ct en vins, et la plus peuplée du département. La plupart des plateaux des deux autres

Ù Contenances imposables. var hectaves | Cullures diversos, . . , , , , . , à Terres labourables. . « . + + « < 19,577 | Oseraies, aulnaies, saussaies, , , . . 5 LOS, , 4 + + 4 4 © + « 120,646 ‘ Landes. tlemems. à à 2°: : : 11104 Contenances non imposab'es. Lrés : à + + + + + TUN9:| Moutes chemins, pla: cs publiques, rues. 6,859 Vines où ne 0 0 0 0 0 © ROITTR'v ères, lacs, ru'sseaux, . , , , , . ‘ 4,220 Veraurs, népin es, junlins, «+ «5,757 | Forêts, doma nes non proidueuifs, ; , 3,053

Droprivtes bâtis, 4 , , « » o 1,976} Gimerères, egl.ses, presbylères, bâti= Eraugs, abreuoirs, canaux d'irrigation. . 8408 ments publics, , . , , . . . . 139

régions sont couverts de marais qui semblent être les réservoirs naturels des principales rivières qui prennent leur source au pied de res montagnes. Ces rivières sont : le Doubs, qui, avant de servir de limite entre la France et la Suisse, s’élance, de 25 mètres de hauteur, dans un abime que la sonde n’a point encore pu mesurer ; la Loue, qui, dès sa naissance, met en mouvement plusieurs usines; le Dessoubre, renommé pour ses truites; le Lison, qui, près d’arroser un charmant vallon, s’échappe en une belle cascade d’un antre creusé dans le roc. Au pied de ces montagnes, des lacs et des x ‘ais d’une grande étendue, de nombreuses tourbières e ‘oitées, des excavations que leurs sinuosités transforment en labyrinthes souterrains ; des grottes formant des glacières naturelles, une houillère, et quelques sources minérales, nous arrêteraient trop longtemps, si nous nous proposions de les examiner. Dans.ce département, la culture est encore soumise aux anciennes routines, qui laissent le tiers des terres en jachères ; le système des prairies artificielles, en prenant de l'extension, augmenterait promptement le nombre des bestiaux. On y compte environ 25,000 chevaux, 427,000 bœufs et vaches, 110,000 moutons, 800 ânes, 150 mulets, 29,000 pores et 12,000 chèvres.

Nous allons parcourir le département, en commençant par l’arrondissement le plus méridional. La position de Pontarkher, sur le Doubs, à peu de distance d’un passage naturel qui communique de la France à la Suisse, en traversant le Jura; passage connu des anciens, et que défend un fort bâti sur le Mont-Joux, qui s’appela probablement Jovis, fait présumer que cette ville remonte à une époque très-reculée. Les titres les plus anciens lui donnent les noms de Pon/alia et de Pons-Aelii, de Pons- Arleli et de Pons Ariæ. Incendiée en 1656, 1675, 1680, 4736 et 1754, elle est aujourd’hui propre, bâtie avec régularité, et ses maisons, peintes de diverses couleurs, annoncent le voisinage de la Suisse, On y voit un beau corps de caserne pour la cavalerie. C’est la ville de France dont le sol est le plus élevé : elle est à 887 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, Le commerce que Pontarlier fait avec la Suisse, et l’industrie de ses habitants, ont, depuis quarante ans, doublé sa population. On y fabrique annuellement environ 90,200 litres d'extrait d’ubsinthe; elle renferme une belle forge de fer et d'acier, une fouderie de cuivre, et des tanneries. L'un des hommes marquants, nés lans ses murs, est le général d’Arson, qui, au siège de Gibraltar, imagina l’emploi des batteries flottantes.

Le fort de Joux, situé à peu de distance en remontant la vallée du

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servi de prison d'État : Mirabeau y fut enfermé, et c’est dans ses murs que mourut le fameux Toussaint-Louverture.

On compte dans l’arrondissement de Pontarlier un grand nombre de fabriques de cotonnades, des papeteries et une verrerie. À Touillon ei Loutelet, village à & lieues de Pontarlier, on remarque uve source intermittente appelée Fontaine-Ronde. Le canton de Levier a pour principale industrie la fabrication des fromages; on voit près de ce bourg un abime dont l’ouverture est peu étendue, mais dont la cavité vaste et profonde paraît être une suite de grottes placées à différents étages,

Dans le canton de Mont-Benoît, qui fait partie de la haute montagne, on voit, sur le flanc d’un rocher à pic, un antre qui sert d'église au village de Remonnot, et auquel on ne parvient que par un escalier en bois suspendu à la montagne. Le village de Mon/-Benoît ost remarquable par la belle architecture de son église gothique, qui faisait autrefois partie d’une importante abbaye.

Le territoire de Besançon, deux fois plus peuplé que le précédent, est proportionnellement plus industrieux encore. Cette ville est l’ancienne cité de Vesuntio, dont César fit une place d’armes dans son expédition contre Arioviste : circonstance qui prouve qu’elle était déjà considérable à l’époque de l'entrée de ce conquérant dans les Gaules. Dévastée par les Bourguignons au cinquième siècle, par les Hongrois au dixième, elle fut toujours importante. Charlemagne la considérait comme l’une de ses principales places fortes; les ducs de Bourgogne y eurent leur cour de justice ; au douzième siècle, l’empereur Frédéric Péleva au rang de cité impériale, titre qu’elle conserva jusqu’à l’époque de la réunion de la Franche-Comté à la France. Le Doubs la divise en deux parties inégales, dont la plus considérable est la ville haute, qu’il entoure presque entièrement, en figurant au pied de ses murailles, comme le dit César, la forme d’un fer à cheval. Une citudelle, bâtie sur un roc inaccessible, domine la ville et ses environs : ce roc est le mont Cælius des Romains; vis-à-vis s'élève sur l’autre rive du Doubs le fort Bergito. Les deux quartiers communiquent par un pont de pierre dont les fondations sont romaines; sa plus belle promenade, tracée sur l'emplacement de l'antique Champ-de- Mars, se non:me envore le Chamars, Uu beau monument antique que l’on remarque.près de la cathédrale, est la Porle-Noire, arc de triomphe qui paraît avoir été érizé en l'honneur de Crispus César, tils de Constantin ses colonnes sont ornées, les unes de feuillages et d’arabesques, les autres de figures représentant des combats, des fêtes et des jeux ; sous l’arcade

on reconnaît des sujets militaires. Dans l’enceinte de la ville, on voit aussi les restes d’un aqueduc, et hors de ses mursles ruines d’un amhithéâtre. Enfin, après dix-huit siècles, Besançon a conservé sa forme primitive : c’est une antique cité habillée à la moderne. Eile est une des villes de Frouce les micux bâties, une de celles aussi dont les musées et la bibliothèque publique sont les plus riches : celte dernière renferme 60,000 volumes et de précieux manuscrits. I existe à Basançon une académie universitaire, avec une facullè des lettres ; un lycée impérial, une académie des sciences, des belles-lettres et des arts, etc. L’église cathédrale de Saint-Jean cest un bel édifice dont la construction remonte au onzième siècle. On admire aussi le superbe vaisseau de Péglise Sainte-Madeleine. Le palais de justice, construction du scizième siècle, l'hôtel de la préfecture dont l’archilecture est un peu lourde, le théât:e, la grande caserne et l’ancien pa'ais du cardinal Granvelle, ne doivent pas être passés sous silence. Ce dernier édifice, qui date de 1534, est une propriété particulière eù l’on tient chaque année des foires. Besançon renferme 41,295 habitants, Cette ville tient en activité de nombreuses fabriques; celle est le centre d’une grande fabrication d’horlogerie qui occupe plus de 1,800 ouvriers. Citer Suard, Moncey, Chifflet, Dunod de Charnage, Droz, Charles Nodicr et Victor Iugo, parmi les hommes célèbres auxquels elle a donné naissance, c’est prouver qu’elle a amplement contribué à la gloire littéraire ct militaire de la patrie,

Aux environs de Besançon, Ornans, ville de 3,483 habitants, renferme des tanneries estimées, une payetcric, une fabrique d'absinthe, deux fromageries qui fournissent au commerce pour 40,000 francs de fromage dit de Gruyère, un bel hospice civil et une bibliothèque publique : elle est la patrie de l'abbé Millot. Près de ses murs on voit les ruines d’un vieux châtcau-fort, Aux portes de cette petite cité on cullive en grand des cerisiers dont le fruit sert à fabriquer un excellent kirchwasser. Le canton dont celle est le chef-ieu est rempli d'objets intéressants: ce sont les grotles de Baumarchais, de Bonnevaux, de Mouthier et de Châtcar vicux, le puits de la Brême, gouffre qui, lorsque les rivières débordent, se rem plit d'une cau limoncuse qui s’élance en bouillonnant et inonde le vallon qui Penvironuc; cufin les cascades de Mouthier, dans la valiée d'Ornans, où clles sont formées par un ruisseau qui tombe d’un rocher nommé le Syratu. Dans le canton de Boussière, la grotte d'Osselle est célèbre par la longue suile de cavités qui la composent et qui ont plus de 1,000 mètres de développement, ct par la grande quantité d’ossements fossiles qu’on y

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a découverts. A & lieues de Besançon, Quingey, sur la Loue, ville de 4,000 habitants, possède près de ses forges quelques vestiges d’un château fort qui {ut la résidence de Guillaume le Grand, comte de Bourgogne, en 4080, et le lieu de naissance de Guy de Bourgogne, élu pape à Giuny, en 4145, sous le nom de Calixte IT.

En suivant les bords du Doubs pendant l’espace d'environ scpt lieues, on aperçoit sur sa rive droile cinq montagnes formant un groupe : c’est à leur pied, c’est à l'extrémité d’une vüsle prairic entourée par le Doubs, c’est sur la ligne üa canal de jonction que se trouve la pelite ville de Baume les Dames, que l'on regarde comme fort ancienne, et qui dut son surnom à unc abbaye de chanoinesses dont labbesse avait cinq grandsofficiers gentilshommes. Les colonnes du mailre-auiel de l’église de ce couvent ornent maintenant l'édifice du Panthéon à Paris. C’est dans cette ville, chef-lieu de sous-préfecture, que naquit le médecin Le Clerc, auteur d’une Histoire de Russie. |

Au confluent du Doubs ct du Dessoubre, on voit, à l'extrémité d’un vallon formé par des coteaux tapissés de vignes, adossèc à des montagnes couvertes de forêts, la petite ville de Satnt-Hippolyle, dans laquelle existe encore la chapelle où l’on conservait anciennement le saint-suaire qui reçoit à Turin les baisers des fidèles, Saint-Hinpo'yte possède quatre fromageries ct une belle manufacture d’objets de quincaillerie; mais un grand nombre d'usines situées dans la vallée attestent, par la fumée noire qui s’en élève jour et nuit, leur importance et leur activité, Sur le territoire de cetie commune il existe une grotte curieuse appelée le Château de la Roche, qui perce horizontalement un rocher très-éievé coupé à j ic. Le nom qu’elie porte lui vient d'un ancien château qui fut construit à l’entréce et que les gucrres du scizième siècle détruisirent, Les ruines qui en restent sont dignes d’exciter la curiosité par leffel pitoresque qu'eiles présentent. Noussommes dans arrondissement de Hontbelliard, ancienne capitale d’une principauté, mais qui n’a rien perdu de son importance en devenant une sous-préfecture. Elle est bien Lâtie, arrosée per plusicurs fontaines, et dominée par un château qui servait de résidence à ses princes et qui scrt aujourd’hui de caserne de gendarmerie et de maison d’arrê! : une partic de l’édifice renferme les archives de l’ancienne principauté, parmi lesquelles se trouvent plusieurs chartes du douzième siècle. La biblivthèque publique renferme 10,000 volumes. Le bâtiment des ha:les et l'église de Saint-Martin sont les seuls édifices remarquables ce cette ville, qui s'enrichit par son commerce avec la Suisse et par sa fabrication d’hor-

logerie fine, sa belle filature de coton et sos nombreuses tanneries dont les produits réunis représentent une valeur annuelle de 4 .200,000 francs, On y acrigé à la mémoire de Georges Cuvier, qui y est né, une belle statue en bronze, due au talent du sculpteur Pavid,

” L'arrondissement de Montbelliard, qui comprend une partie de la plaine, ainsi que de la hau'e et de la moyenne montagne, renferme des champs bien culuvés, des usines, des filatures et de nombreuses fromat geries. Audincourt est un viliage dont les #,000 habitants doivent leur aisance aux forges, à la manufacture de fer-blanc, à la filature de coton et à la fabrique de percale qu’il renferme. Celui de Mandeure occupe une partie de l’emplacement de la cité romaine d’Epamanduorum : on y voit les restes d’un théâtre qui doit remonter au troisième siècle, et l’on y trouve d’antiques constructions et des médailles.

Quelques rameaux du Jura et des Vosges forment au midi et à Poccident la région montagneuse du Haut-Rhin. Les Vosges projettent d’assez hautes sommités que leur forme arrondie a fait appeler ballons ; de ces plus importantes cimes, on aperçoit le ballon d'Alsace et celui de Guebwiller, qui a 1,433 mètres de hauteur. La partie orientale, bornée par le fleuve, arrosée par lIll, la Birse, quelques autres petites rivières et le

canai du Rhône au Rhin, est une longue plaine. Dans les deux régions se

trouvent des forêts, des vignes et des champs fertiles; dans les deux régions, l’agriculture est arrivée à un grand degré d'avancement. Partout de superbes prairies artificielles offrent une nourriture abondante aux bestiaux ; partout de riches vergers produisent d'excellents fruits; partout, enfin, on cultive le merisier dont le fruit sert à fabriquer un kirsche wasser estimé. Le nombre de chevaux et de bêtes à cornes répond à la richesse de la culture; cependant le territoire ne nourrit pas assez de moutons, et ne produit pas assez d’avoine et de blé pour la consommation locale. C’est donc en grande partie aux usines qu’alimentent ses mines de cuivre, de fer et de plomb, ses forêts et ses houillères, et aux fabriques de tissus de laine et de coton, que le département doit son importance et sa prospérité, Un roc au pied des Vosges servit, à l’époque du régime féodal, de base

. hectares.| Cultures diverses. , . , , . . + « 1,202 Terres labourables. , , . . , . . 155.571 | Useraies, auluaies, saussaies, . , . + 104 Bois, + + + + + + + + 113.216 |, é RE GR . 52507 Contenances non imposables.

Landes, pât:s, bruyères. , , . + . + 25,637 | Forêts, domaines non producufs, . . . 93,098 Vigues. RE NT TP 11,141 | Routes, chemins, paces pubiiques, rues. 7,089 Vergers, pépinières et jardins . + . . 5,814 Rivières, lacs, ruisseaux, : , . . , 3,595 Proprietes bâties. . + + + + + + 1,975 | Cineuères,egiises, presbytères, bâtiments Élangs, abreuvoirs, mares, canaux. . , 1,770 publics, . . . . . US ee 0e

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à un vieux château, que sa position a fait appeler Bel-Fort; une petite ville du même nom, mais que l’on prononce et que l’on écrit aussi Béfort, s’éleva à la base de ce roc. La vicille forteresse subsiste encore; mais le rocher qu’elle domine offre de si grands avantages comme position militaire, que Vauban, en 4688, l’entoura de fortifications; elles ont été réparées et uugmentées depuis 4815, car elles commandent le seul passage par le quel l’ennemi, entre le Jura et les Vosges, puisse s’introduire en France; c’est ce que l’on nomme la Trouée de Béfort. La ville est bien bâtie; quelques-unes de ses rues sont larges et tirées au cordeau; ses casernes sont belles; on y respire un air pur ; la Savoureuse, qui coule au pied de ses murs, sert de moteur à de nombreuses usines; la situation de Béfort à la jonction de six grandes routes y favorise les transactions commerciales. Cette ville doit être une station du chemin de fer de Paris à Bâle par Troyes et Chaumont.

Le même arrondissement comprend plusieurs localités industrieuses. La jolie ville de Thann, que ses nombreuses fabriques rendent rivale de Mulhouse et de Colmar; un petit embranchement de chemin de fer la joint aujourd’hui à Mulhouse. Hassevaux ou Masmunsler, ville de 3,000 habitants, renferme une importante filature de coton. Cernay, qui compte 2,000 âmes de plus, possède aussi des filatures, ainsi que des fonderies et des manufactures de toiles peintes.

La population et l’industrie d’A/{kirch sont peu importantes ; nous n’en parlons que parce que cette ville est le chef-lieu d’une sous-préfecture. Huningue, sur la rive gauche du Rhin, était en 4814 une jolie place de guerre fortifiée par Vauban, et peuplée de 7,700 habitants : aujourd’hui elle en renferme à peine 2,000. L'avasion de 1815 est la seule cause de sa ruine. Elle fut le théâtre d’une des glorieuses scènes de courage qui ont signalé cette désastreuse époque de notre histoire. Bloquée par 25,000 Autrichiens, et défendue par 440 hommes sous les ordres du général Barbanègre, ce ne fut qu'après douze jours de tranchée, ce ne fut qu’après avoir perdu la moilié de ses défenseurs qu’elle capitula avec tous les honneurs de la guerre. Quel fui l’étonnement du vainqueur, lorsqu'il vit défiler cette poignée de braves composée de 50 hommes valides et d’une trentaine de blessés ! Maître de la ville, il s’'empressa d’en détruire les fortifications, et n’épargna pas même le tombeau érigé, en 1803, par Marceau, au général Abatucci, comme sil eùt voulu se venger sur les morts de la noble résistance de quelques vivants.

Mulhausen, ou Mulhouse, est le centre de la fabrication du Haut-Rhin ; LITE 35

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