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d'un: ssnnière extraordinaire, Peu d’instants avant sa mort, le vieux Lesghieu, si toutefois il ne succombe pas au champ de bataille, fait venir ses parents et ses héritiers, leur indique Pendroit qui renferme son or, son argent et ses pierreries, et meurt ensuite en riant. Cette nation possède quelques mines. Dans le Daghestan, on voit les Lesghiens conduire paisiblement leurs troupeaux loin des montagnes, et payer une contribution pour le pâturage. Leurs femmes, renommées pour leur beauté, se distinguent encore par leur valeur et leur intrépidité, Plusieurs tribus lesghiennes suivent la religion mahométane ; on s’est aussi aperçu de quelques traces de christianisme; mais les moins civilisés adorent encore le soleil, la lune, les arbres et les fleuves. Leur langue n’a de rapport qu'avec celle que parlent les habitants de la Finlande; mais la diversité des dialectes lesghiens est fort grande.
On a cherché à réduire tous les idiomes du Lesghistan au nombre de huit dialectes. Les Awares ou Avares et les quatorze tribus qui leur ressemblent, domiciliés dans la partie septentrionale du Lesghistan, parlent le premier dialecte. Le district d’Awar ou 4or, le reste de Aorses et la souche des fameux Awares, porte aussi le nom de Chunsag. ce qui signifie empire des Chunes ou Iuns. Environ 1,500 familles mahométanes vivent ici paisiblement, gouvernées par un khan, qui passe pour un des princes les plus puissants du Caucase, et dont la maison, de préférence à toutes les autres, a des fenêtres et des vitres.
Les tribus de Dido et d’Unso parlent le second dialecte; elles demeurent dans les montagnes près des sources du Samour, font paître leurs brebis dans le Kacheti, et vivent dans une indolence heureuse.
Le troisième dialecte est celui des Æaboutches, qui passent pour demeurer près des Didos, du côté de lorient, et le quatrième est en usage parmi les Andys, qui, selon Guldenstedt, habitent une contrée siluée à une branche du fleuve Koïsou.
Les Akouches, les Kouvesches et les Zoudacars, trois tribus dont les demeures s’étendent le long de la frontière du Daghestan, ou même dans cette province, parlent le cinquième dialecte.
Les Kouvesches ou Æoubasches méritent le plus notre attention : jouis. sant d'une certaine aisance, ils sont appliqués, sobres, honnêtes et loyaux: on dit qu’ils se nomment eux-mêmes Frenks, et qu'ils se croient originaires de l’Europe. Leur territoire est situé dans les montagnes entre les sources du Bougam et du Chary. Us forment une peuplade particulière soumise à une organisation démocratique : ils choisissent chaque année un conseil
chargé de toutes les affaires publiques ; tous ont voix dans cette élection, On pourrait supposer qu’ils sont les descendants des Vénitiens ou des Génois qui, dans le quinzième siècle, visitèrent la côte de la mer Noire, si des “echerches ultérieures n’eussent prouvé que leur langue est semblable àc le des Lesghiens. On croit cependant que cette peuplade est d’origine allemande, parce que plusieurs mots de leur idiome dérivent de l’allemand : leurs mœurs, leur ameublement, la coiffure des femmes, et quelques-unes de leurs lois pénales tendent à confirmer cette opinion. Suivant une tradidition accréditée dans le pays, il paraîtrait qu’à une époque reculée, un schah de Perse envoya à un roi de France une ambassade pour lui demander des ouvriers en différents genres, et surtout des armuriers. A l’arrivée de ceux-ci sur les frontières de la Perse, l'entrée leur en fut refusée, parce que le schah était en guerre avec les Indiens. Ces ouvriers, au nombre de 40 familles, s'établirent dans le lieu qu’ils occupent aujourd’hui; ils embrassèrent l’islamisme, mais conservèrent une partie des usages de leurs ancètres, Les Koubasches sont les courtiers du commerce qui se fait entre la Perse et la Russie ; ils apportent à Kisliar des quantités considérables de coton, Chez eux ils emploient leur temps à fabriquer des ouvrages de fer, d’or et d'argent, à forger des cuirasses, et à faire des mouchoirs fins, des manteaux de feutre et des tapis. Leurs femmes, habiles, spirituelles, et même instruites, s’occupent aussi à broder. Les Koubasches bannissent de leur présence les paresseux, les fainéants et les mendiants ; leur intégrité el leur probité sont si généralement reconnues, que les princes des Lesghiens déposent chez eux les trésors qu’ils ont amassés, et que les peuplades voisines les choisissent pour arbitres. [ls sont mahométans, mais n'épousent qu’une femme; douze de leurs doyens gardent un trésor qui est le produit de leurs travaux communs.
Les Aasi-Koumouks, ou Kasi-Koumyks, pasteurs et brigands, qui demeurent sur un bras du fleuve Koïsou, parlent le sixième dialecte lesghien. Leur Khan est un des plus puissants du Caucase oriental,
Le septième dialecte est en usage parmi les Æaïdaks ou Kaïlaks, et les Karakaïdaks ou Karakaïlaks, qui habitent les districts situés entre le Manas et le ruisseau de Darback. Ces peuples, légers à la course, manient supérieurement le fusil et le sabre. Les fertiles vallées des Kaïdaks sont parsemées de villages superbes. Le prince des Kaïdaks se nomme l’Ouzmey; son fils, à ce qu’on prétend, est allaité par toutes les femmes du pays; on croit vraisemblablement leur inspirer par ce moyen de l’amour et de l’attachement pour leur futur souverain.
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Les Karaëles, qui occupent quelques villages à côté du district de Tabasseran, parlent le huitième dialcctelesghien, qui est aussi commun, à ce qu’on croit, aux habitants de ce district florissant, et gouverné par un prince particulier.
Le Caucase oriental nourrit encore deux nations tatares. Les Koumouks ou Æoumouiks demeurent dans le nord du Daghestan, sur les bords de la mer Caspienne. Leur pays s'étend depuis les bords du Térek jusqu’à ceux du Koïsou, et comprend le golfe et la péninsule d’Agrachansk. Environ 1,200 familles qui obéissent à des beys, habitent ici dans des cabanes de claices d’osier. On remarque sur la route de la Perse leur village de Kasziourle, près duquel les Russes ont établi un poste militaire. Les Truchmènes s'étendent sur toute la côte orientale du Caucase, mais principalement dans le Daghestan mtridional, et dans toute la province asiatique du Chirvan, Ces nomades parlent le dialecte turc de la langue tatare.
Les villes du Daghestan sont Tarkou ou Tarki, bâtie en amphithéâtre sur le bord de la mer, et chef-lieu du khanat de Chamkhal ; plus au sud, Karaboudak est un grand village auquel on donne 15,000 habitants. Au centre du khanat d’Ouzmci, Bachly est la résidence du prince. C’est un bourg de 4,200 familles, au milieu duquel s’élèvele château fort d’Ahmed- Kend. Dans le khanat d'Otemich, Æoubelchi occupe une vallée étroite formée par deux montagnes escarpécs. C’est plutôt une bourgade qu’une ville : les maisons sont crénelées, et ont chacune un escalier extérieur ; elles communiquent entre elles par des chemins étroits. Sa population est de 6,000 individus, tous mahométans; on y compte 42 mosquées.
L’Akoucha est une petite contrée qui occupe le penchant oriental d’un chainon du Caucase; elle est habitée par des Lesghis, qui composent 18,000 familles réparties dans 34 villages. Les Akouches sont organisés en une république fédérative composée de 12 cantons : chaque village a son chef particulier, qui est toujours le plus âgé des habitants. Ils s’occupent peu de la culture des terres, mais ils élèvent un grand nombre de moutons, dont la laine est employée à fabriquer des draps. Le principal village est Akoucha, qui renferme & à 5,000 habitants.
Dans le Daghestan méridional, nous verrons Æoura, chef-lieu d’un des plus considérables khanats des Lesghis sédentaires. Cette ville est sur la rive gauche d’une petite rivière du même nom. Le Khan, prince héréditaire vassal de la Russie, étend sa domination jusqu’à la mer Caspienne, où la rivière de Samour, probablement l’Albanus des anciens, décharge ses eaux abondantes par dix ou douze embouchures. Kouba, la plus forte ville
d’un khanat peuplé de Turcomans, est situte sur la rive droite du Koudialtchaï, Elle est entourée de murs flanqués de tours, etrenferme un chàteau où réside le khan. On n'y compte que # à 500 maisons; un faubourg assez considérable est habité par des Juifs; hors de la ville, s'élèvent ur grand nombre de cabanes où logent des Arméniens. À 40 licues au sudest de Kouba, la petite ville de Chabran, qui, selon l'opinion commune, a été construite par les Hébreux, sous le nom de Samaria, et selon d'autres, par Nadir-schah, est aujourd'hui en ruine, fl y demeure encore quelques Juifs qui se distinguent par un beau physique et une certaine aisance, Elle donne son nom à un district fertile au nord, mais stérile au sud, ct habité par des Paddars ou réfugiés persans. Tabasseran, Akhouti ou Akhouta, sont des chefs-lieux de petites souverainetés dans les montagnes,
Dirigeons-nous vers la capitale du Eaghestan : Derbend, resserrée entre les montagnes et la mer, compte environ 10,000 àmes ; ses murs épais et élevés étonnent le voyageur, mais n’arrêtent point les armées ; son port, peu sür, n’est que le siège d’un faible commerce. Elle est fermée, du côte du nord, par une ancienne porte de fer, qui lui a valu le nom ture de Demrrcapou. Ses rues sont étroites et irrégulières, et ses maisons basses et à toits plats, à la manière orientale. D’Anville la regarde avec raison comme l'antique A/bana. Selon les habitants, elle aurait été fondée par Alexandre le Grand.
C’est dans cette province que commence à se faire sentir l'influence d’un climat plus doux. Les territoires de Derbend, de Koura et de Koubo sont au nombre des contrées les plus délicicuses, C’est ici que, selon Strabon, les habitants recueillaient le cinquantième grain, et voyaient ces riches récoltes se renouveler deux ou trois fois l’année, Encore de nos jours, le sol est parfois si gras, qu’on a coutume d'atteler à la charrue six à huit bœufs. On exporte beaucoup de froment, d'orge, de safran, de coton ct divers fruits. Le territoire de Kouba a été surnommé, par les Persans, le Paradis des Roses. HN y a des endroits où, de chaque fente des rochers, on voit soriir un cep de vigne. Mais ces belles régions éprouvent une trop grande humidité ; elles sont, en plusieurs endroits, intestées de repules et d'insectes nuisibles,
Nous voilàarrivés surles rivagesdu Volga, qui s'écoule ici dans la mer Cuspienne Né comme un ruisseau dans les forêts du plateau de Valdaï, près Vol. chino-Verchavie, il traverse les lacs Oselok, Piana et Volga, reçoit les eaux du lac Seligher, t devieut navigable près Rjef, où il a 30 mètres de largeur,
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