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EUROPE. — RUSSIE. PROVINCES AUTOUR DE LA BALTIQUE. k43
l’époque où ces croyances ont été inventées, le peuple était chasseur, et il vivait plus au midi dans un climat favorable aux abeilles; c’est ce que prouvent les traditions suivantes. Tapio protège les abeilles, guérit les blessures, et veille sur les troupeaux ; il guide aussi les chasseurs dans l'épaisseur des forêts, tandis que sa sœur ou son épouse, Tapiolan- Emenda, préside à la chasse aux oiseaux. Mais pour réussir dans la chasse aux bêtes féroces, il faut encore la faveur de Æysis, géant sombre et redoutable, dompteur des ours et des loups. On adorait encore de petites divinités qui présidaient à la chasse aux lièvres et aux écureuils. Les Caréliens avaient des divinités pour le seigle, l’orge et l’avoine; mais le protecteur général de agriculture est Æekki, dont le nom signifie coucou. Est-ce une allusion au printemps, ou les divinités finnoises avaient-elles la figure d'animaux ?
Outre plusieurs divinités, dont les principales étaient Rawa et ses deux fils, Wainamoinen et Ilmarainen, ils admettaient l'existence de géants, d’esprits, d'êtres surnaturels, qui, semblables aux gnomes, animaient tous les déserts, murmuraient dans les cascades, rugissaient dans les orages, et sous mille formes illusoires, se jouaient du voyageur et du chasseur.
La langue finnoise est une des plus sonores et des plus propres à la musique qu’il y ait au monde; elle offre beaucoup de ressemblance avec le hongrois. Tous les mots se terminent en voyelles, et il se trouve rarement deux consonnes de suite. Cette langue ne connaît ni le b, nile d, ni Pf, ni le g; cependant les Finnois emploient quelques mots étrangers où les trois dernières de ces consonnes sont conservées. L'évêque d’Abo, Michael Agricola, est le premier étranger qui ait écrit en finnois; il publia une traduction finnoise de la sainte Écriture en 4558.
Il y a trois dialectes finlandais, celui de Savolax ci de Carélie, celui d’Ostrobothnie et celui de la Finlande proprement dite; ils répondent aux trois tribus des Kyriales, des Quaines et des Ymes. Les Esthoniens et les Finlandais s'entendent mutuellement.
Les Finlandais d’aujourd’hui se distinguent par plusieurs bonnes et mauvaises qualités. Ils sont sérieux, intrépides, infatigables; ils supportent toutes les privations, toutes les peines; ils ont une persévérance qui dégénère quelquefois en une obstination sauvage. Extrêmement attachés à leur nom national, à leur langue, à leurs usages, ils apprécient peu les bienfaits de la civilisation que les Suédois cherchaient à répandre parmi eux; il ont signalé leur ingratitude envers Gustave HE, qui, sans leur trahison, se serait rendu maitre de Pétersbourg..lls ont une certaine sym-
pathie de caractère avec les Russes; cependant quelques-uns préféreraient à la domination russe un gouvernement indépendant qui sût tirer parti des avantages naturels du pays. Is en oat obtenu en quelque sorte l’image. Le grand-duché de Finlande est censé une principauté distincte de la Russie, quoique inséparable. On a nommé à toutes les places des Finlandais. Un sénat de Finlande veille sur l'administration et sur la justice, toutes les deux réglées par les lois suédoises, traduites en langue finnoise.
L'instruction publique fut longtemps négligée. Les lumières, plus généralement répandues en Suède que dans beaucoup d’autres pays de l’Europe, ne pouvaicit pas pénétrer parmi les Finlandais à cause de la Gifférence des langues; mais, depuis 1806, on a établi et on continue d'établir des écoles primaires finnoises ; on importe beaucoup de livres, surtout suédois. Partout où la population est mêlée de Finnois et de Suélois, le culte divin est alternativement célébré dans les deux langues ; un archevêque luthérien préside au clergé, et le rite grec ne fait aucun progrès.
Dans leurs relations particulières, les Finlandais montrent de l’hospitalité, de la charité, de la franchise et de la bonhomie ; cependant les habitants des côtes méridionales ont contracté les habitudes de la mauvaise foi et de l’égoisme. On reproche à tous les Finlandais (d’origine finnoise) d’aimer trop la vengeance, d'ignorer le pardon des offenses ; et ce reproche est malheureurement confirmé par le grand nombre d’assassinats qui se commettent dans les campagnes ; mais il est en même temps affaibli par l'observation que ces crimes tiennent à la haine nationale du paysan finnois contre les cullivaieurs suédois.
C’est une chose bien remarquable que cette disposition innée que les Finlandais montrent pour la poésie et pour la musique. Souvent, dans l'intérieur de la Finlande, un viliage misérable, caché au fond des bois et des marais, voit naître dans son sein un poëtée populaire dont les chants rustiques, ais pleins de verve, de sentiment et d'esprit, font autant de plaisir à ses auditeurs que nos poëtes académiques nous causent d'ennui Ces chantres s’accompagnent d’une espèce de harpe nommée kandela. La versification des Finnois a pour règle principale la répétition de la même lettre au commencement des mots d’un vers ; c’est une bizarrerie commune à beaucoup de langucs, entre autres à la langue scandinave ancienne et à celle des Komains.
Les paysans finlandais habitent dans des cabanes nommées pærlhi, et
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