‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 152 sur 169 · ARE GENE · texte numérisé non relu

ARE GENE

La distance moyenne de la crête des monts Kiülen aux côtes de la Norvége n’élant que d'une vingtaine de lieues, ils ne peuvent envoyer dans la mer du Nord à l'océan Atlantique et à l’océan Glacial arctique que des cours d’eau d’une faible étendue. Commençons par le nord : la Tana, formée de plusieurs rivières qui descendent d'une chaine des monts Kiolen, appelée Maanselka, se jette dans le golfe de Tana, après un cours de 50 lieues ; l’Alten, qui sort de la même chaîne, n'a pas plus de 30 lieues: le Mals, ou Mals-elf, qui a son embouchure dans le golfe appelé Malungerford, parcourt une trentaine de lieues ; le Salten, ou Salten-elf1 en à 40 de longueur. Dans le Saltens-ford, golfe où il se jette, règne un courant très-violent qui forme de nombreux tourbillons où les navires courent le risque de s’engloutir, Le Wessen, qui porte ses eaux dans l'océan Atlantique, n’arrose qu'une étendue de 30 lisues. Le plus important de tous ceux qui portent leurs eaux dans cet Océan, est le Nanisen, qui depuis sa sortie du lac Maumsvandet, qui lui donne n&issance, n’a pas plus de 30 lieues, C’est par cette riv.ère que les cètes scptentrionales sont approvisionnces de bois de construction exploité sur ses rives, À son embouchure dans le golfe de Namsen-flord, on remarque une chute d’eau de 38 mètres de hauteur. D’autres rivières plus considérables descendent des monts Dovre fieid et Sunan-field ; ce sont : le Glommen, le Drammen-elf et le Lougen ; ils se jettent dans le détroit de Skager-rack, qui sépare le Danemark de la Norvège. Le Glommen est un fleuve de 420 lieues de longueur, dont le principal affluent le Vormen elf, n’a pas moins de 50 lieues de cours. A la fonte des neiges, ou après les grandes pluies, il acquiert une elfrayante rapidité, et ses débordements ravagent les campagnes. Ce fleuve orme un grand nombre de chutes, dont la plus considérable est celle de Sarp, ou Sarpen, que l'on nomme aussi Sarpefos. On entend d’une trèsgrande distance le bruit qu’elle produit. C’est une masse d’eau de plus de 30 mètres de largeur, sè frayant un chemin entre des rochers nus sur lesquels s’élèvent des habitations, et tombant de la hauteur de 20 mètres. Relativement à son étendue, c’est une des plus considérables de la Norvège ; autrefois des criminels con£amnés à mort y étaient précipités. Suivant une ancienne coutume, la veille de la Saint-Jean, époque à laquelle elle atteint son plus grand développement, on y fait rouler à la chute du

jour un tonneau entouré de paille enflammée, qui, lancé de ja distance de > kilomètres, va s’éteindre à milieu des flots du fieuve en offrant un

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spectacle très-singulier, Les plus importantes chutes d’eau sont celles de Feiumfos, près de Lister, de 195 mètres de hauteur, et celle de Rægenfvs, dans la province de Tallemark ; on lui donne 270 mètres d'élévation.

Le sol de la Norvège est, en général, composé de rochers appartenant aux terrains de cristallisation, à l’époque granitique, et aux plus anciens dépôts de sédiment,

Toutes les montagnes, et principalement celles du midi, recèlent un grand nombre de minéraux recherchés dans les collections, et de métaux utilisés par l’homme; les environs de Dronthcim, au pied des monts Kiolen, et ceux de Roœruas, à la base des monts Dovre-field, renferment le cuivre le plus estimé : l’une de ces mines fournit annuellement environ 8,000 quintaux de ce métal; les meilleures mines de fer s’exploitent dans le district d’Arendal, L'abondance de ces mélaux dédommage la Norvège du peu de richesse des mines d'argent de Kongsberg, dont l'exploitation a cependant été reprise depuis 4815. Dans d’autres localités on trouve du plomb, du cobalt et de la plombagine. La plus importante mine de sel est celle de Walôe, qui donne par an 200,000 quintaux. On tire des flancs de plusieurs monlagnes des granits, des porphyres, et, principalement aux environs de Bergen, diverses espèces de marbres, dont quelques-uns sont

employés dans les arts.

La quantité moyenne des principales substances minérales exploitées annuellement en Norvége peut être évaluée comme nous le faisons ci-après :

Argent. .. 3,680 kilogrammes. Cobalt... . 41,000 quintaux métriques. Cuivre... . 10,000 quintaux métriques. | Manganèse. 500 it, Fer, .... 150,000 id. Plomb. . . 200 il.

On estime la valeur de tous les produits que la Norvége tire du sein de la terre à environ 8 à 9 millions de francs.

Dans la Norvège méridionale les montagnes sont souvent surmontées de sommilés arrondies, couronnées par des bois ; dans le nord, au contraire, les montagnes, quoique moins élevées, sont presque Laujours couvertes de neige, et par conséquent dépouillées de végétalion ; mais les collines, le plus souvent composées de sables, donnent naissance à plusieurs végétaux cryptogames. Celles dont la superticie est formée de terre végétale se couvrent de diverses espèces de saxifrages, et d’autres plantes dispersées çà et là : ici le diapensia laponica forme des touffes toujours vertes; là élégante andromède (andromeda cærulea, Liun.) s'éiève en pelits buissons à côté de lazalée (azalea procumbens) dont les ramcawx

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rampants conservent leur fraicheur au milieu des rigueurs de l'hiver, Au pied de ces collines, un arbre dont la sève recucillie par le Norvégien jui sert à faire une boisson qui ressemble au vin blanc mousseux, le bouleau, balance dan: les airs ses branches légères et flexibles. et forme souvent avec l'érable, le pin et le sapin, des forêts d’une immense étendue, La forme pyramidale de ces végétaux résineux est en harmonie avec les rochers aigus qui leur servent de base, et avec les glaçons qui pendant plusieurs mois chargent leurs branches d'élégantes stalactites. Le sapin atteint une hauteur de 30 mètres ; il est recherché pour la mâture et la charpente. Après l'avoir coupé, on le précipite du haut des sommets escarpés dans les petites rivières qui descendent des montagnes jusqu’à la mer, Entrainé par ces cours d’eau rapides, il franchit les cataractes et ne s'arrête qu'aux rangées de pieux fixés à peu de distance des criques ou petites baies où il est livré au commerce. Les plus grandes exporta. tions de bois se font pour le compte de l'Angleterre et de la Hollande. L'exploitation des forêts forme la principale industrie des habitans dc l’intérieur, et alimente les comptoirs des villes comrmierçantes du sud et de l'ouest de la Norvège. Dans les terrains bas l’arbousier traînant, la camarine à fleur écarlate (impelrum nigrum), et le bouleau nain, dont la gelinote blanche cherche, pendant l'hiver, les graines cachées sous la neige, s'élèvent au milieu des lichens qui servent de nourriture aux rennes. Dans les régions moyennes, la végétation du tremble est vigoureuse; aux €éavirons de Drontheim, au delà “au 63° degré de latitude, le chêne coneice à paraître; près de Christiania, on le voit prospérer ; mais ce n'est que aans la région méridionale que cet arbre forme de belles forêts. Dans la même région les pommes de terre el les cerises parviennent à une parfaite maturité; près de Drontheim elles ne mürissent plus, mais la douce influence de la mer, que nous avons eu déjà l’occasion de faire remarquer, se fait tellement sentir dans l'île de Touterÿ, à 2 degrés 1/2 du cercle polaire, que ces fruits y atteignent sans peine leur maturité, Duns quelques jardins de la région méridionale on cultive le pêcher, Pabricotieret le melon, qui réussisiép! parfaitement; il est même probable que, lorsque l’horticullure aura fait quelques progrès chez les paysans, ils finiront par acclimater dans leurs champs beaucoup de plantes de nos régions tempérées. Jusqu'à présent celles qu’ils cultivent avec le plus de soin et de succès sont le lin, le chanve et le houblon ; déjà la culture de ia pomme de terre a prouvé qu’il serait toujours facile à la Norvége d’éviter le fléau de ladisette, en multipliant ee végétal, qui peut remplacer les céréales,

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Le blé ne vient qu'en petite quantité; l'orge est plus abondante; l'avoine est, de toutes les sortes de grains, celle qui réussit le mieux dans ce pays où l’agriculture a mille obstacles à surmonter, où les terrains bas sont fréquemment exposés aux inondations, et dont les hauteurs sont tour à tour rendues stériles par le froid et par la chaleur,

L'industrie des Norvégiens les porte à approprier presque chaque chose à quelque objet utile. Le pin sauvage leur fournit des matériaux pour la construction de leurs maisons, de leurs églises et de leurs ponts, pour toutes les parties de leur ameublement domestique, enfin pour la construction des traineaux, des charrettes et des bateaux, outre le combustible de leurs foyers. Avec les feuilles du sapin élégant, ils jonchent leurs planchers, et ensuite ils les brülent et ueillent les cendres pour les employer comme engrais. Le bot pousses, une nourriture agréable po par son écorce des matériaux pour couvrir leurs maisons. L lorme réduite en poudre, et que l’on fait bouillir avec d’autres substances, sert à engraisser les pores ; quelquefois, mais rarement, les habitants la font entrer dans la composition de leur pain. Les fleurs du Aæg-ber (cornus mascula) donnent de la saveur à leurs liqueurs distillées. La mousse, comme substitut du mortier, est employée à calfeutrer les interstices de leurs murailles. Le gazon couvre leurs toits,

Souvent l’arrivée subite de Phiver oblige de couper le blé avant sa maturitè : c’est ce que quelques voyageurs ont remarqué en octobre. A cette époque, près de Christiania, la moisson était suspendue sur des perches et des râteliers pour sécher, au-dessus des champs couverts de glace et de neige.

L'augmentation du nombre d'habitants a causé en Norvège la diminu tion de celui des animaux sauvages on ne rencontre plus l’élan que trèsrarement; mais l’ours est encore très-commun : dressé sur ses paltes de derrière, il attaque le chasseur qui l’attend armé de son couteau ; le loup est toujours la terreur des troupeaux ; mais tandis que le premier se réfugie dans les montagues boisées, le second semble craindre les bois et les haies; il s’élablit dans les plaines découvertes, et quelquefois même sur la glace. Diverses espèces de renards habitent les rivages baignés par l'océan Glacial, et le lemming descend en troupes des montagnes de Kiôlen, et, dans sa marche en colonne serrée, ravage les champs cultivés.

Une foule d'o'seaux habitent les côtes de l'Océan : les mouettes indiquent l'approche d’un orage, lorsqu’on les voit quitter la surface des flots

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