‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 16 sur 169 · OCÉANIE. — MÉLANÉSIE, — ARCHIPEL SALOMON · texte numérisé non relu

OCÉANIE. — MÉLANÉSIE, — ARCHIPEL SALOMON

Iptures formés par des polypes, comme ceux de la Calédonie, ce qui en rend la navice. Ils gation très-dangereuse : elles présentent ua aspect fcr'ile et un coup d'œil | es, SUT- È enchanteur. Tout le sol y est ombragé par des arbres jusqu’aux somiuités

les plus élevées. |

ts de la L'ile de Bouka est très-peuplée. Les habitants sont d’une taille moyenne et d’un noir peu foncé ; ils vont entièrement nus; leurs muscles très-prol-est au noncés annoncent une grande force ; leur figure est laide, mais expressive ; | emicre, ils ont la tête fort grossc; le front large, de même que toute ia face, qui est me un ‘1 très-aplatie, particulièrement au-dessous du nez, le menton épais, les | hristo- | joues un peu saillantes, le nez épaté, la bouche fort large et les lèvres | es et de : à assez minces. Îls épilent toutes les parties de leur corps. Ils mettent beau- | élices la 1 coup d'industrie dans la fabrication-de leurs arcs ; la flèche est armée d'un dices de l dard de la raie-pastenague. ils se servent de ces armes avec beaucoup D r tenter î d'adresse. Leurs pirogues sont sculptées et d’une forme élégante. Dans | 4 l'ile des Contrariétés on prononça quelques mots de la langue malaie ou l'archi- : polynésienne.

nord : L Les îles de Salomon paraissent très-fertiles. Parmi :eurs productions e Men- L végétales, les anciens voyageurs nomment le géroflier et le cafier, le ginariélés, 4 gembre, une espèce de cifronnier et beaucoup d'arbres résineux ou qui on à été k donnaient une gomme odorante et aromatique; l’arbre à pain et le palmierétroit de 5 éventail y abondent. On a vu beaucoup de volailles ; le chien et le cochon ouguis à ‘ y paraissent connus; les forêts, peuplées de magnifiques perroquets, nour- | le pic de + rissent des serpents, des crapauds munis d’une crète sur le dos, des araiues peu- gnées très-longues et de grosses fourmis. Un peu d’or et quelques perles à . Devant que trouva Mendana paraissent avoir donné lieu aux idées extravagantes e à celles que plusieurs écrivains espagnols se sont formées des trésors de ce nouvel nt, selon Ophir.

Sesarga. Les îles Hunter, ou mieux le groupe de Mortlock, lesiles Pitt et Bellona, , des iles situées au sud-ouest de San-Christoval, composent un petit archipel parti- Celle du culier. | e appeler : Au nord-est, les îles Salomon paraissent précédées d’une chaîne d’ilots ment la bas et entourés de récifs, chaîne qui probablement n’est pas reconnue en ; habitants totalité. Le capitaine Hunter a déterminé les îles Sfewart, les bas-fonds de me nom. : Bradley et le groupe de lord Howe. Le groupe des neuf îles de Carteret, le , celle de : groupe de Langlan et l’île Rennel, sont bien peuplés. On pense que les bas- . fonds de Bradley sont les mêmes que ceux auxquels Mendana imposa le d'Entre- É nom de Baxos de la Candelaria ; peut-être n’en sont-ils qu’une coniinua-

tion. Cette chaîne d'îles basses se lie probablement au groupe qu'Abel Tasman nomma Onlong-Java, et que le navigateur espagnol Maurelle croit avoir retrouvé. Ces terres se montrent comme autant de bosquets de palmiers réunis par des bas-fonds. Le’Grand-Océan est parsemé de semblables groupes dont il sera longtemps difficile de déterminer la position et le nombre exact. Occupons-nous d'objets plus importants,

Entre les îles Salomon et la Nouvelle-Guinée on rencontre deux archipels importants. Celui de la Louisiade, au sud-ouest de la Nouvelle-Guinée, a été découvert par Bougainville, qui visita particulièrement la baie appelée Cul-de:Sac de l'Orangerie. Pourquoi cette baie, environnée d’un amphithéâtre de collines charmantes, doit-elle porter un nom burlesque et grossier, justement proscrit de la langue française par Voltaira? D’Entrecasteaux, qui visita ces terres du côté du noi 1, nomma les îles Rossel, Saint-Aignan, d'Entrecasteaux et Trobriand. Toute la Louisiade est une chaîne d'îles entourée d’écueils et de récifs, sur une longueur d'environ 450 lieues” et sur une largeur de 60. Dumont d’Urville a enrichi la géographie de cette partie de ia Mélanésie par des découvertes importantes. « Dans la journée du 28 mai 1840, nous constatâmes, dit-il, qu’il n'existait « pas de détroit entre la Nouvelle-Guinée et la Louisiade. C’est un fait impor- « tant que nous serons les premiers à signaler. Nous traçâmes environ « 30 lieues d’étendue de la Nouvelle-Guinée au delà du cap Rodney, et près « de ce cap les terres nous offrirent l’aspect d’un des plus beaux pays du « monde ».

Il résulte de cette observation que la Nouvelle-Guinée s'étend de 30 lieues de plus à l’est qu’elle n’a été figurée jusqu’à présent sur les cartes, et que le détroit de 25 lieues de largeur que l’on plaçait entre la Nouvelle-Guinée et la première île de l'archipel de la Louisiade, est occupé par la prolongation de la Nouvelle-Guinée. Elle paraît très-peuplée ; les habitants vont nus, et sont d’une couleur noire peu foncée ; leurs cheveux laineux sont entous rés do touffes de plumes : il yen a cependant d’aussi noirs que les nègrede Mozambique ; ils ont, cemme eux, la lèvre supérieure qui surpasse de beaucoup l’inférieure ; ce sont deux races distinctes,

Les habitants de la Louisiade n’entendent point 1e malai; leurs cabanes sont construites comme celles des Papous. lis portent un bouclier au bras gauche, arme défensive qui n’est pas commune parmi les sauvages de cette partie du monde. Leurs haches sont de serpentine. On admira leur habileté à serrer le vent. Is construisent des filets pour pêcher; ils aiment beaucoup les odeurs, et pcrfument la plupart des objets dont ils se servent avec les

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L'archipel de la Nouvelle-Bretagne, \ongtemps confondue avec la Nouvelle-Guinée, en est séparé par le détroit de Dampier. Avant que cette séparation ne fût connue, Lemaire et Abel Tasman avaient côtoyé une partie de l'archipel, et notamment la Nouvelle-Irlande : même avant ces navigateurs, les Espagnols, dans leurs premiers voyages à la Nouvelle- Guinée, avaient reconnu une grande île nommée Dagoa, et dont la figure, dans la carte de Debry publiée à Francfort en 4596, rappelle celle qu'avant Carteret on donnait à la Nouvelle-Bretagne; mais ces anciennes découvertes restent enveloppées d’une obscurilé profonde. Dampier nous apprit le premier que cette masse de terre était séparée de la Nouvelle-Guinée ; bientôt Carteret, en découvrant le canal de Saint-George, détacha de la

Nouvelle-Bretagne l’ile qu’il nomma Nouvelle-Irlande, il reconnut aussi

l'île de la Nouvelle-Hanovre et les fles de l’Amirauté. D'Entrecasteaux rétrécit les contours trop arrondis de ces terres, en examinant surtout les côtes septentrionales de la Nouvelle-Bretagne, où il découvrit les fles Françaises et les les Willaumez. L'extrémité orientale de la Nouvelle- Bretagne fut reconnue former une ile à part, et l’on eut de fortes raisons pour douter même de la contiguité de la partie restante.

La nature du sel et le caractère des habitants rappellent les contrées voisines que nous venons de décrire. Dampier, qui séjourna prineipalement dans «ne baie de la Nouvelle-Bretagne, appelée Port-Monlaigu, trouva le pays montagneux et couvert de hois, mais entrecoupé de vallées fertiles et de superbes rivières ; il lui parut très-peuplé ; les naturels ressemblaient aux Papous, et conduisaient leurs canots avec une adresse infinie. La principale production paraissait être le cocotier, mais on y trouvait aussi beaucoup de racines, particulièrement du gingembre, plusieurs espèces d’aloès, de rotangs, de bambous. Il y avait une foule d’oiseaux et: d'insectes. On crut voir des chiens ou quelque animal qui y ressemblait. La mer et les fleuves fourmillaient de poissons. Dans la principale terre et dans les: îles voisines il y a plusieurs volcans. La Nouvelle-Bretagne offrit à d’Entrecasteaux des indices d’une très-grande population ; les cabanes deschabi< tants y sont élevées sur des pieux, comme celles des Papous.

Le capitaine Carteret trouva les naturels de la Nouvelle-Irlande trèsguerriers ; ils portaient des lances armées de cailloux pointus ; leur taille ne s'élève guère au-dessus de 1 mètre 65 centimètres ; leur visage est barbouillé de blane, et leurs cheveux couverts d’une poudre de la méme cou-

leur : c’est un trait caractéristique de toutes ces nations. Ils sont noirs, leurs cheveux sont longs, laineux et crépus; mais ils n'ont ni les lèvres épaisses, ni le nez plat des nègres. Ils sont nus, et paraissent généreux, hospitaliers et tempérants. Leurs armes consistent en une lance, une fronde et un casse-tête, Ils portent des bracelets de coquillages, des plumets et des colliers; ils confectionnent avec beaucoup d’aûresse des hameçons pour la pêche, et quelques instruments de musique. Quelques-uns de leurs canots ont 28 mètres de long, et sont faits d’un seul arbre. Bouguinville y observa le poivrier; mais c’est à Labillardière que nous devons des notions plus étendues sur la flore de cette ile.

Près du havre de Carteret, la Nouvelle-Irlande offre des montagnes escarpées qui présentent sur leurs flancs des débris de corps marins dont elles sont en partie composées. Il y en a dans l’intérieur qui paraissent

s'élever à plus de 2,600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et elles sont

couvertes de grands arbres jusqu’à leur sommet. Le cocotier s’y trouve, et le muscadier sauvage y est très-commun. Il y a beaucoup de scorpions, de scolopendres, et une multitude d'oiseaux de diverses espèces, parmi lesquels on distingue un corbeau dont le cri ressemble à l’aboiement d’un chien. On y a vu des serpents. Les cavités des rochers recèlent cette énorme chauve-souris connue sous le nom de vespertilio vampirus. On y trouve l'arbre à pain ; le poivrier-cubèbe croît à l'ombre des forêts.

La population de cet archipel s’élève à 65,000 habitants. Ils se font remarquer par leur civilisation, leur religion, et la propreté de leurs villages. À l’est du Port-Praslin on voit la magnifique cascade de Bougainville, formée de cinq gradins élevés les uns au-dessus des autres d’environ 45 mètres. On remarque encore dans la Nouvelle-Irlande les ports de Ziki- Liki et la baie des Frondeurs. |

La petite le des Cocos, qui se trouve auprès, est entièrement calcaire. Il y croît beaucoup plus de figuiers que de cocos. La barringlonia speciosa , le pandanus, l’heriliera, attirés par l'humidité, étendent leurs superbes branches sur la mer. On y trouve aussi une nouvelle espèce de palmier-aréca, qui s’élève à plus de 45 mètres : la tige est extrêmement mince, mais le bois très-dur. Il y croit un très-grand arbre du genre des solanum, les arbres de feck et les gommiers sont communs. On voit dans les bas-fonds l’utile sagoyer, ressource précieuse pour une colonie future.

Dans la partie occidentale croit l'espèce de muscadier décrite par Rumphius.

sous le nom demyristica mas. Dumont d'Urville a obse: vé un g'andnombre d’arbres appartenant aux différents geures, et des fougères très-variées.

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La cime de cette île offre un plateau considérable où il est facile de circuler à l'abri de très-grands végétaux qui s'élèvent dans les airs, et forment un vaste dôme soutenu par des milliers de colonnes déliées. Les indigènes sont pauvres, paraissent stupides et remplis d’indolence ; ils se nourrissent de racines grossières, de coquillages et de fruits de cycas. Ils sont défiants à l'excès et très-portés au vol. Les caïimans infestent les côtes de l'île.

La petite {le du duc d’York, dans le canal de Saint-George, parut au capitaine Hunter un grand jardin, tant les plantations étaient soignées et rapprochées. Les hâbitants la nomment Acamafa. Ils apportaient des fruits qu'ils entassaient en pyramide, au sommet ils plaçaient de jeunes chiens qui avaient les pattes liées ; ils chantaient des hymnes de paix au son d'une grande conque ; mais la défiance et la férocité de leur caractère percèrent à travers ces démonstrations que leur arrachait la crainte.

Au nord-ouest de l'ile de la Nouvelle-Irlande est une autre île assez grande, mais peu connue, nommée la Vouvelle-Hanovre. On dit que ses habitants sont remarquables par leur civilisation. Elle est montagneuse et séparée de la première par un canal fermé par des récifs dont l’entrée est encore obstruée par des ilots.

Parmi les petites Îles qui forment une chaîne à l’est 4e la Nouvelle-rlande, nous remarquerors celle de Gerrtt-Denis, ou plutôt de Gérard de Nys, qui est très-peuplée, et entourée d’un grand nombre de baies. Les habitants ressemblent à ceux de ia Grande-Terre ; ils portent un petit bâton fixé à travers le nez. L’île de Sa'nt-Matthieu avait été choisie pour un établissement portugais qui est aujourd’hui abandsuné.

En se dirigeant à l'ouest vers la Nouvelle-Guinée, on rencontre une suite de petits groupes, entre autres les îles Portland, les îles de l'Amirauté, les les Françaises, les îles des Ermiles et de l’Échiquier. Ils présentent tous une île principale qui occupe le centre d’un groupe dont les contours son! formés par un grand nombre d'’ilots aplatits, liés par des récifs. Dans le groupe des {les de l’Amirauté, les insulaires ont la peau d’un noir peu foncé; leur physionomie est agréable, et par son ovale régulier elle diffère peu de celle des Européens ; ils ont les formes du corps trèsbelles, si l'on peut se fier aux dessins publiés par les voyageurs. Ils connaissent l’usage du fer, Les chefs paraissent avoir une grande autorité ; quelques individus étaient armés de sagaies faites d'un verre volcanique. Ils attachent à l'extrémité de leurs parties naturelles 1x coquille appelée par Lamarck ovula oviformis : le reste du corps est entièrement nu. Les femmes seules ont un vêtement à l’entour de la ceinture. Leurs cheveux

sont crépus et de couleur noire; ils les rougissent quelquefois avec de l'ocre mélée d'huile. Dans quelj;ues-unes des ces Îles, le bout des lances était armé d’un morceau de verre volcanique. Le sol est couvert d'arbres, principalement de cocotiers. ;

Le groupe des Ermiles produit des pommes de cythère et plusieurs fruits de différertes espèces d'eugenia, tous bons à manger. Les naturels paraissent plus toux et plus pacifiques que ceux de l’Amirauté, quoiqu'ils semblent plus robustes.

Une terre plus importante réclame notre attention. La Nouvelle-Guinée, et mieux Papouasie ou lerre des Papouas, appelés communément Papous, se présente comme l'anneau qui lie les iles Moluques à l'Australie d’un côté, et aux archipels polynésiens de l'autre, Ce pays a pu servir de communication aux habitants, et même aux animaux et végétaux de diverses parties de l'Océanie : il doit participer à la nature de l'Australie et à celle des iles malaisiennes. Malheureusement nous ne connaissons que peu de chose au delà de l’enceinte de ces rivages.

La partie occidentale »5t la mieux examinée, et l’on pense qu’il n’y a plus liza à y supposer un détroit qui couperait cetle terre en deux. Mais toute la côte méridionale, surtout depuis le cap Walsh jusqu’au cap Rodney, n’est connue que partiellement ou d’après des cartes anciennes et peu sûres. Le golfe Mac-Cluer, pénétrant à l'ouest, forme une péninsule circulaire où sont situés le cap de Bonne-Espérance et le havre Dory. La grande baie Geelwink, en pénétrant du nord au sud sur une profondeur de 70 lieues, produit un nouvel isthme et une nouvelle péninsule. Devant ce golfe sont situées les îles Schouten, Djobie ou Jobie, et autres; on les avait longtemps prises pour des côtes de la Grande-Terre, Le reste de la partie septentrionale, découvert par les espagnols Menezes et Saavedra, visité par Lemaire, Schouten et Tasman, par Dampier, Carteret, Bougainville et Dumont d’Urville, semble offrir une côte non interrompue, précédée par une longue chaîne d’îles. Cependant il y a dans la reconnaissance des lacunes considérables 1. Depuis le cap du roi Guillaume jusqu'au cap Sud-Est, la côte orientale a été vue par d’Entrecasteaux , mais vue de loin, Le cap Rodney, découvert par Edwards, est dans la partie méridionale de l'ile. Enfin, le grand golfe entrele cap Walsh et les iles Arrow ou Arrou est tracé de plusieurs manières contradictoires. C’est au fond de ce golfe que les cartes hollandaises placent la rivière des Assassins et celle qu’elles nomment Keerveer:, c'est-à-dire Relourne.

3 Carte comparée des Découvertes espagnoles et autres, dans Dalrymple.

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