‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 18 sur 169 · IS UL · texte numérisé non relu

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émeraude, a deux plumes détachées de la queue, et qui se terminent dans une volute élégante, avec un bouquet. Le magnifique porte aussi deux plumes détachées, d’une longueur égale à celle de son corps, très-minces, et qui se terminent en aigrette. Trois plumes longues et droites sortent de chaque côté de la tête de la gorge dorée où du sifilet. Tous:les oiseaux de paradis sont revêtus de couleurs brillantes. On les prend surtout dans les îles voisines d’Arrou. On les tire avec des flèches émoussées, oubien on les prend avec de la glu ou des lacets. Après ies avoir fait sécher au moyen de la fumée et du soufre, ils sont échangés contre des clous ou des morceaux de fer, et portésà Banda. Ce pays nourrit aussi de beaux perroquets et des loris. Le goura porte une espèce de couronne, ou plutôt une crète de longues plumes rangées au-dessus desa tête. Les pigeons Gites et les ramiers cuivrés vivent de noix muscades

La Nouvelle-Guinée est peuplée de plusieurs races d'hommes. Les Biadjous de Bornéo et les Malais des Moluques étendent leurs courses sur toute la côte occidentale ; il est naturel que plusieurs d’entre eux s’y fixent. Il y a dans l'intérieur une race d'hommes appelés Zaraforas, et, selon quelques voyageurs, Aarfours, qui vivent dans les creux des arbres sur lesquels ils montent au moyen d’un morceau de bois entaillé, qu’ils tirent après eux de crainte de surprise.

« Les habitants de Doreï, dit Dumont d’Urville, semblent provenir a d'origines très-mélangées. et le caractère de leur physionomie varie à « l'infini. Toutefois j'ai cru découvrir que toutes ces variétés devaient se rapporter à trois nuances principales, l’une que je nommerai Papou, du nom qu’elle porte habituellement dans le pays; la seconde variété se compose de métis tenant plus ou moins à la race malaie ou polynésienne ; enfin je désignerai la troisième par le nom de Harfour, qu’elle a reçu depuis longtemps dans les diverses îles Moluques. « Les Papous proprement dits, du moins d'après l'opinion des voyageurs, sont des hommes au corps grêle, à la taille moyenne, svelle et dégagée, et aux membres peu fournis. Leur physionomie est agréable ; le tour du visage ovale ; les pommettes sont légèrement saillantes, les lèvres assez minces; la bouche est petite, le nez arrondi et bien dessiné ; leur peau douce, lisse et d’un brun très-foncé sans être noire. Elle offre peu de barbe et de poil sur les diverses parties du corps; les cheveux sont naturellement crépus, mais c’est l’habitude de les friser continuellement qui « leur donne cet air ébouriffé , et charge leur tête de ces énormes crinières « qui frappèrent vivement les premiers Européens. Cette race parait ètre

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« d’un caractère timide et peu entreprenant. Elle a fixé sa résidence sur les « bords dela mer, où elle habite de longues cabanes en bois.élevées sur des « pieux enfoncés dans les eaux mêmes de l'Océan.

« Mélangés avec les Papous en nombre un peu inférieur, vivent des « hommes plus petits, trapus et d’une constitution beaucoup plus vigou- « reuse. Leur physionomie est toute différente ; leur figure est presque « carrée, aplatie et anguleuse ; leurs traits heurtés, leurs pommettes très- « saillantes, la bouche grande et les lèvres épaisses, le nez plus épaté et « souvent pointu. Leur peau, plus rude, offre toutes les nuances depuis « le brun foncé et luisant des Papous, et la teinte sale et enfumée des « Harfours, jusqu'au simple basané des Malais. Ces hommes ne portent « presque jamais leurs cheveux en boucle arrondie et frisée comme les « Papous, mais ilsse contentunide les relever et de les soutenir en chignon « au moyen d’un peigne, ou de les couvrir avec un mouchoir ou un mor- « ceau d’étoffe roulé en forme de turban.

« Enfin, quoique beaucoup moins nombreuse, sedistingue une troisième

« variété d'hommes petits, agileset vigoureux comme les précédents. Mais « leurs traits sauvages, leurs yeux hagards, leur teint fuligineux et leur « maigreur habituelle rappellent à l’instant le type ordinaire des Austra- « liens, des Nouveaux-Calédoniens, et en général des Océaniens de la « race noire. Ces hommes, fidèles aux usages de leur race, pratiquent le « tatouage par cicatrices , marchent habituellement nus et couverts seule- « ment d’une ceinture, et laissent flotter leurs cheveux à l’aventure, ou « se contentent de les tortiller en mèches, comme dans les autres iles de « l'océan Pacifique 1. »

La grande masse d'habitants paraît composée de vrais nègres océaniens. Robustes, d’une grande taille, d’un noir luisant, ils ont la peau àpre au toucher, les yeux grands , la bouche extrêmement fendue, le nez écrasé et les cheveux crépus, mais rudes, d’un noir brillant. Les femmes ont les mamelles énormes et pendantes. Les habitations sont construites dans l’eau, sur un échafaudage ; elles ressemblent, sous ce rapport, à celles des Bornéens et autres nations des îles voisines de l’Asie. Les femmes paraissent industrieuses; elles font des nattes et des pots de terre qu’elles cuisent avec de l'herbe sèche ou des broussailles ; elles manient même la hache, tandis que leurs indolents époux les regardent ou se préparent àla chasse du sanglier.

L'aspect de ces peuples cst effrayant et hideux ; leur peau est souvent

U Voyage de l’Astrolabe, t. IV, p. 606.

défigurée par des marques semblables à celles de la lèpre. Ils ramassent les cheveux sur leur tête en-touffes énormes, qui quelquefois ont un mètre de tour; les moindres ont 80 centimètres; quelquefois ils l’ornentde plumes d’oiscaux de paradis, tandis qu’un grand nombre de défenses de sanglier pendent à leur cou comme un objet de luxe. Leur nourriture ordinaire est le sagou ; ils ne le préparent point en brique, maisils l’entassent en masses de 6 ou 8 kilogrammes. Il faut ajouter à cela quelque peu de poisson, des racines tubéreuses et des cocos. Ils portent quelquefois jusqu'à trois ou quatre bracelets à chacun de leurs bras. Ces bracelets sont faits des diverses monnaies qu’ils obtiennent des navigateurs. Ne connaissant point l’art de fondre ou de couler l’argent, ils le ramollissent au feu de forge et le battent ensuite.

Les dogmes religieux des Papous sont très-peu connus ; cependant les idoles que l’on trouve sur leurs tombeaux, et les effigies qu'ils portent au cou, prouvent évidemment qu’ils ont un culte. Divers morceaux de leurs grossières sculptures rappellent le style égyptien dans son enfance. Les coussinets en bois ornés de têtes de sphinx présententune analogie parfaite avec ceux que l'on trouve dans les nécropoles de l'Égypte. Ils font des tombeaux de roche dure de corail, qu’ils ornent quelquefois de sculptures, Leur principal commerce se fait avec les Chinois, à qui ils achètent leurs instruments et leurs ustensiles, et de grossières toiles de l’Inde qui servent de vêtement aux femmes. Ils donnent en retour du massoy, de l’ambre gris, des limaces de mer , des écailles de tortues, de petites perles, des oiseaux de paradis, desloriset autres oiseaux, qu'ils dessèchent avec la plus grande adresse. Armés de hassagaies, d’arcs ou de flèches, et même d’épées de cuivre , les habitants des côtes occidentales ont repoussé les détachements hollandais envoyés dans Icur pays. Le capitaine Con' “it près le cap Walsh des sauvages armés d’un tube d’où il sortait de l& .$e et du feu; mais cette explosion ne causait aucun bruit. On ignore quelle peut être cette espèce d'arme. Lesavant navigateur Dampier admire la légèreté des pirogues ou proas, dont ces peuples se servent &vec beaucoup d’habileté, et qu'ils savent orner de sculptures élégantes.

Les points les plus remarquables de la Nouvelle-Guinée sont les ports Dory et de l’Aiguade, le golfe de Mac-Cluer , le golfe ou la rivière Dourga, la baie de Geelwink, celle de Husmboldt et celle du Triton. C'est dans cette dernière , située sous le 3e parallèle sud , que se trouve le fort du Bus , bâti en 4898 par les Hollandais pour défendre la colonie qu’ils y ont établie. On doit remarquer sur le territoire de leur possession la montagne de Lancen-

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