OCÉANIE.—MICRONÉSIE, ILES PELEW
Nos volailles existent chez ces peuples dans les bois et à l’état sauvage. Les naturels les négligeaient avant que les Anglais leur eussent appris le parti qu’on pouvait en tirer pour la subsistance. Le poisson est leur princiale nourriture. Ils font une sorte de confiture avec la canne à sucre, qui parait indigène dans ces iles. Es se lèvent avec le jour et prennent aussitôt un bain à l’eau froide. Leurs maisons sont établies sur de larges pierres élevées d'environ 4 mètre de haut, Elles sont construites de planches et de bambous. Ils ont de vastes salles pour leurs assemblées publiques. Leurs meilleurs couteaux sont faits de nacro de perle : ils en ont aussi d’écailles de moule et de bambou fendu. Ils fabriquent des vases ovales en poterie grossière. Leurs meubles et leurs instruments ressemblent à ceux de Taïti. Leurs armes sont des piques, des dards et la fronde. Leurs canots sont faits de troncs d’arbres ornés de sculptures assez jolies.
Les principales îles de cet archipel sont Babelthouap ou Baubelthouap, qui a 9 licues du nord au sud, On y remarque une montagne élevée d’où l'œil aperçoit toutes les îles environnantes. Corror, composée d’ilots trèsrapprochés, n’a que 6 milles dans sa plus grande dimension. £riklithou est le siége d'un des principaux chefs. Ouroukthapel, Errokong ou Erakong, Angour et Pillilou, ne sont que des îlots; Ouroulong est célèbre par le naufrage de l’Antilope. Kiangle est peu considérable.
Au nord-ouest des îles Palaos se trouvent les îles appelées HMatelotas, l'ile des Martyrs, Sagavedra, et quelques autres. Des navigateurs espagnols ont, en 4813, retrouvé cesiles, qui paraissaient douteuses.
Le groupe de Saint-André ou Sonsorol, Pedro, Warwick, Evening, et quelques autres au sud, ne sont qu’imparfaitement connues.
Lesiles Lord-North et Mortz sont couvertes d’arbres jusque sur le bord de la mer. Les habitants sont très-robustes et assez bien faits. Ils vont nus; leur seul vêtement consiste en un morceau de natte qui leur tombe sur les cuisses. Pour se garantir de la pluie, ils portent un tissu de fil de patates sur les épaules, et quelques nattes sur la tête. [ls font grand cas du fer ; leurs bateaux sont assez bien exécutés. Nous devons encore citer les îles Mariera ou Miarières, et Poulo-Anna, découvertes en 4761 par le vaisseau le Carnavon.
En voguant au nord-est des îles Pelew, nous rencontrons les îles Mariannes, chaîne de dix-sept ou dix-huit îles, dont sept seulement sont considérables; savoir : Guam, Zarpana ou Santa-Anna, Tinian, Seypan ou Saint-Joseph, Anatajan, Pagon ou Pagan, et Agrigan.
Ces iles furen’ découvertes en 4521 par le célèbre navigateur Magellan,
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qui les appela fles des Larrons, à cause du penchant des habitants pour le vol, et de leur adresse à l’exécuter, Mais sous Philippe LV on leur donna le nom des Mariannes, en l'honneur de Marie-Anne d'Autriche, mère de Charles IF, qui y envoya des missionnaires, Depuis cette époque, elles ont toujours dépendu de l'Espagne, et forment un annexe de la capitainerie générale des Philippines; leur population est, dit-on, de 6,000 habitants, parmi lesquels on ne compte que 2,000 indigènes, et leur superficie ne dépasse pas 450 lieues carrées.
Les indigènes ont été presque exterminés par les Espagnols. Il paraît que, par la couleur, le langage, les mœurs et le gouvernement, ils ressemblaient beaucoup aux Tagales des îles Philippines, Quoique soumis à une noblesse héréditaire, ils vivaient heureux et tranquilles.
Se croyant les seuls peuples de la terre, et ignorant leur origine, ils prétendirent que le premier homme avait été formé d’une partie d’un rocher de la petite ile Fauna, Ils n’avaient ni dieu ni prêtres ; sculement Îls disaient que Pountan, homme extraordinaire qui vivait dans l’espace, chargea ses sœurs de faire, avec ses épaules, le ciel ct la terre, dé ses yeux le soleil et la lune, de ses sourcils l’arc-en-ciel,
La plus grande licence régnait entre les personnes des deux sexes qui n'étaient pas mariées. Les parents engagesient leurs enfants à aller dans des maisons infämes connues sous le nom de gouma oulilaos.
Tout cela a changé depuis l'introduction du catholicisme dans ces îles ; on aurait bien de la peine à reconnaître aujourd’hui les fils des anciens Mariannais, caractérisés par la légèreté , dans un peuple qui s’adonne avec la plus grande constance aux travaux de l’agriculture, et qui a adopté une partie des mœurs et des habitudes européennes.
Leurs petits vaisseaux appelés pros ou proas, ont été regardés comme des modèles d'architecture navale; Pigafetta et Anson en remarquèrent l’excellente construction à des époques très-distantes. Ce sont des canots qui ont un flanc convexe et l’autre plan : mn balancier les tient en équilibre ; ils font 20 milles par heure en ayant vent de côté. En réunissant par un plancher deux bateaux semblables, plusieurs insulaires du Grand-Océan ont formé des navires que l'habile marin Sydney Smith jugea dignes d’être imités et introduits dans la marine européenne. L'industrie des habitants de ces îles rend improbable l’assertion d’un bon missionnaire, selon lequel ils auraient ignoré l’vsage du feu , et auraient, à l’arrivée des Espagnols, pris cet élément pour un être animé. Cet absurde conte pourra faire croire qu’ils adoraient le feu des volcans dont leurs îles sont remplies. On cennait
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