‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 3 sur 169 · SU. D OUR LS · texte numérisé non relu

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les villes de l’Europe. La différence qui existe entre Manille et celles-ci se trouve surtout dans la hauteur et la forme des maiseäs qui n’ont ordinairement qu’un étage avec balcon. Les édifices publics le: : : remarquables sont la cathédrale, le palais archiépiscopal, le palais du : >uvernement , le fort Saint-Jacques, un grand nombre de couvenis, et une manufacture royale de cigares qui occupe 509 hommes et 2,000 femmes. Cependant, l'architecture de ces édifices est en général lourde et de mauvais goût. Un monument moderne fait seul exception : c’est l’hôtel de la Douane. Outre l’Université, il y a plusieurs établissements d'instruction publique; tous sont confiés à des prêtres catholiques. Le commerce se fait avec ‘es îles Soulou, la Cochinchine, Java, Bornéo, l’Ile-de-France, l’Hindoustan, les Etats-Unis d'Amérique, l'Espagne, le Portugal, la France et l'Angleterre. L'industrie y est active. Les principales manufactures sont celles de cordages et d’une toile composée des fibres de l’abaca. Cette toile surpasse en transparence et en finesse toutes celles qui sortent des manufactures de l'Europe. Les habitants, dont le nombre s’élève à plus de 440,000, toujours occupés des affaires, paraissent faire peu de cas des gens instruits; leur instruction laisse généralement beaucoup à désirer.

Le port de Manille n’est accessible aux bâtiments de 600 tonneaux que s'ils sont sur lest, mais sa rade offre un excellent mouillage pour les plus gros vaisseaux. excepté pendant la mousson de sud-ouest; alors ils trouvent un ancrage sûr à Cavile.

Cavite, à quelques lieues de Manille, est sur le golfe du même nom; on y construit des vaisseaux de guerre. La ville n’a rien de remarquable ; ses rues sont étroites et sales; ses maisons, mal construites, renferment 6,000 habitants. Ses fortifications, quoique bien entretenues, sont loin d’égaler celles de Manille.

Près d’un lac magnifique appelé la Laguna, s’étend la jolie ville de Santa-Cruz, chef-lieu d’une petite province.

Nous nommerons encore Bocolor ou Bicolor dans la province de Pampanga ; Soubi, excellent port, dans celle de Zambalès; Flagan, chef-lieu du Cagayan; ZLicon, dont les habitants passent pour les plus forts et les plus beaux des Philippines; Boulacan, au nord de Manille, dont les champs sont renommés par le cacao qu’on y récolte et qui est, dit-on, le meilleur de l'Océanie. Nueva-Caceres, la Cabecera-de-Vigan et Nueva-Segovia sont des villes épiscopales. Lingayen, Valangas, Nagua, Passanhas, Valert et Alvay n’offrent rien de remarquable.

Luçon est presque entièrement soumise aux Espagnols.

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Les Tagales, que l’on appelle faussement Zndiens, vivent dans une abondance, une tranquillité et une innocence qui rappellent l’âge d’or. Leur charité mutuelle permet aux paresseux de s’abstenir de toute espèce de travail. Il est assez ordinaire qu’un homme un peu aisé ait chez lui toute sa famille, même de branches différentes. Tous vivent en bonne intelligence et mangent au même plat. Des familles aussi nombreuses, y compris même les étrangers, dorment dans une même chambre, sur des nattes étendues à terre. Enfin, le bon caractère des Indiens s’étend jusque sur les riches Espagnols. Il n’y a point de maisons opulentes où l’on n’élève deux ou trois créansas. On appelle ainsi de pauvres enfants qui sont nourris et vêtus, sans aucune distinction, comme les enfants de la maison.

Les relations que nous possédons sur les autres iles Philippines offrent peu de traits caractéristiques. La nature et les hommes y sont les mêmes que dans l’île de Luçon. La dénomination d’fles Bissayes s’étend à toutes les îles situées entre Luçon et Mindanao. Au sud de la première de ces iles se trouve Mindoro, dont on évalue la superficie à 297 lieues carrées. Elle forme une alcadie. Ses villes principales sont : Calapan, Baco, Santa- Cruz et quelques autres postes qui appartiennent aux Espagnols. On remarque sur ses côtes l’anse de Mangarini.

La longue île de Paragoa ou Palaouan, et le groupe des {les Calamianes ou îles aux Cannes, forment une chaîne qui se détache entre l’ile Bornéo et celle de Mindoro ; elle parait être très élevée et assez étroite. Il n’y a pas beaucoup de terres labourables au pied de ces hautes montagnes. Les productions sont du riz, du bois d’ébène, des cannes ! ou rotangs, de la cire, plusieurs gommes, des perles, une infinité de poissons de mer et de tortues. Une partie des habitants vit constamment sur la mer, Toutes les cartes modernes donnent à l'ile de Paragoa le nom de Palaouan, nom déjà connu de Marco-Polo, tandis que d’Anville place l’île de Balaba (Palaba, Palawa) au sud-est de Paragoa.

Les iles Calamianes forment, avec la partie nord-est de Palaouan, une alcadie dont le chef-lieu est Couliong.

Masbate, entre Mindoro, Panay, Samar et Luçon, est une île de 480 lieues carrées de surface; elle est indépendante,

Samar, au sud-est de Luçon, a 50 lieues de longueur sur 45 de largeur. Le sol y est très-fertile, et d’une culture aisée, rendant au moins quarante pour un. On en exporte une grande quantité de riz. Les forêts abondent en oiseaux sauvages, Les tourterelles y sont de trois espèces. Les louris y sont

! Calami, en espagnol. De là le nom d’un groupe de cet archipel.

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