‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 4 sur 169 · RE TO · texte numérisé non relu

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fort multipliés, aussi bien que de jolies perruches de la grosseur du linot. Les mammifères n’y sont pas moins nombreux. Les bois sont remplis de singes très-gros, de buffles et de chevreuils. Les abeilles sauvages suspendent leurs innombrables ruches aux branches des arbres. L’ile de Samar forme une alcadie.

Panay, que les Espagnols ont divisée en trois provinces, renferme les villes d’Anfique (Antigua) au sud-ouest, d’Zloilo à l’est, et de Capis au nord. Ces villes sont les chefs-lieux des trois provinces, dont une, celle d’Antique, renferme 46 villages. On remarque encore dans l’ile de Panay les deux petites villes de Holo et de Xaro, dont les habitants passent, selon M. de Rienzi, pour les plus civilisés des Philippines.

C'est dans cette ile, longue de 46 lieues et large de 42, que quelques

voyageurs modernes placent un peuple particulier et jusqu’à présent inconuu, dont nous avons déjà dit un mot dans nos généralités. Voici la description qu’en fait M. de Rienzi: « J’ai vu une variété de noirs d’une « taille au-dessous de 4 pieds, mais bien faits, auxquels j’ai imposé le nom « de mélano-pygmées, et qui n’avaient pas encore été décrits ; ces mélano- « pygmées vivent dans les bois et les montagnes. Leurs enfants portent « le nom d’un arbre ou d’un rocher; l'un se nomme Papaya, l’autre « Balou, etc. Les cheveux ne sont pas crépus, comme ceux des Africains; « leur peau n'est pas si noire, leurs nez ne sont pas épatés, ni leurs joues « saillantes, Ils sont absolument nus et si légers à la course qu’ils prennent « souvent des animaux sans le secours de leurs flèches ni de leur couteau, « et alors ils demeurent comme les corbeaux autour du cadavre jusqu’à ce « qu’ils l’aient dévoré. Ils échangent le miel et la cire de leurs forêts pour « des couteaux, de l’eau-de-vie et du tabac qu'ils aiment passionnément. « Aureste, ces hommes mènent une vic fort paisible avec leurs femmes et leurs enfants, loin des Bissayas et des Espagnols. » Panay est riche en gibier, surtout en cerfs, sangliers et cochons sauvages. Rien n’est si facile, dans cette ile et dans celles du voisinage, que de s'habiller et de se nourrir, du moins quant aux Indiens. Il y à une espèce de figuier-bananier, dont l'écorce est composée de fibres : elles s’en séparent aisément lorsqu'on les fait pourrir. En les ajoutant les unes aux autres, on en fait une toile très-fine, qui d’abord est peu souple, mais qui le devient lorsqu'elle est apprêtée avec de la chaux. Ce fil se nomme abaca.

Lesiles Leylé, Zébu ou Zébou, et Négros, appelée aussi Buglas, forment trois provinces espagnoles. Ces provinces sont fertiles, mais peu peuplées.

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Zébu, la seconde ville des Philippines, est la résidence d’un évèque : elle n’a que 2 ou 3,000 habitants. Le faubourg de Pariran est habité par des Chinois, en général fort riches, parce que tout le commerce est entre leurs mains. Guigan est la première de cette alcadie après Zébu. Entre Zébu et Luçon se trouve la petite île de Muéfan, que la mort du navigateur Magellan a renduc célèbre.

La seconde des îles Philippines, en grandeur et en importance, est celle de Mindanao: elle est la plus méridionale. Le nom de Mindanao ou de Magindanao signifie, en langue du pays, peuples unis de la lagune. C’est proprement le nom de l'État principal de sa capitale. Mindanao peut avoir environ 300 lieues de tour; mais il y a peu de terrain propre à la culture- Partout ce ne sont que golfes et presqu’iles.

Ses caps les plus remarquables sont Cabycunya et Engano, au nord ; Bajéador et Bolinao, à l’ouest; Saint-Iidefonse, à l’est, et la pointe méridionale de l'île. Les golfes ou baies les plus importants sont, au nord, Sindangan, Panguil, Ilican, Macahalar et Butuan ; au sud, la grande baie d’Illana, et au sud-ouest, le petit golfe de Tagloé.

A chaque pas on trouve un ruisseau ou une fontaine. On y connaît plus de vingt rivières navigables, parmi lesquelles on doit surtout remarquer le Pélandji, le Butuan et le Sibuguey. Ces rivières abondent en poissons. Les principales plantes nutritives sont le riz, les patates, le sagou. La cannelle est, aussi fort commune; mais quoique dans sa première fraîcheur elle paraisse avoir autant de piquant que celle de Ceylan, en peu de temps elle perd de sa force, et au bout de deux à trois ans elle n’a plus de goût. La vigne n’y vient qu’en treille, et ne souffre aucune autre espèce de culture. Il y a des mines d’or. Le tale est très-commun. Les Espagnols exportent des pierres meulières. On trouve surtout près de Mindanao quantité de grottes et de cavernes qui servent de retraites aux chauves-souris. L’espèce dont il est ici question est plus grosse qu’une poule. On les voit, vers le coucher du soleil, sortir per milliers de ces cavernes qui leur servent d’asile contre la chaleur et la lumière ; elles y déposent leurs excréments d’où l’on extrait une quantité de salpêtre.

Cette île est divisée en deux parties, la partie indépendante et la partie soumise aux Espagnols : la première se trouve au sud ; elle a ses propres rois et princes ou sulfans et radjahs. Les barons s’appellent dato ou datou. Ces peuples possèdent, dans leurs marais et leurs forêts, une barrière insurmontable contre les entreprises des Espagnols. Elle contient environ 11,000 habitants ; sa capitale, située sur le Pelandji, se nomme Sélangan.

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Une autre ville, Sagoursougour ou Polluk, est un des meilleurs ports des

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Les indigènes de l’île se distinguent, d’après les dialectes, en trois tri- à bus : les Zuta, les Subani, et les Nègres proprements dits. Les habitants 4 des bords de la mer ont beaucoup de ressemblance avec les Bornéens, les 4 Macassars et les habitants des Moluques. Quoiqu’ayant une langue qui k

leur est naturelle, ils parlent également le malai. Leur idiome natif paraît être le bissayen. Ils sont tous mahométans, et dans leurs écoles un imam apprend à lire et à écrire aux enfants ; leurs prières renferment beaucoup de termes arabes. |

Le sultan de Mindanao est le prince le plus puissant de l’île; mais il y a beaucoup de petits sultans indépendants. Lorsque les Mindanois ne sont pas en guerre entre eux, ils exercent volontiers la piraterie. Leurs bâtiments portent du petit canon et 70 à 80 hommes d'équipage.

La partie soumise aux Espagnols est divisée en deux alcadies dont les villes principales sont Missamis ou Misamts, sur la baiedePanguil; Dapitan, sur la côte septentrionale; Caraga ou Caragua, sur la côte nord est ; et Sambouanguan ou Zamboanga, ville au sud-ouest, défendue par un fort armé de canons, et résidence du gouverneur.

Au sud-ouest de Mindanao s’étend, sur une longueur de 400 lieues et une largeur de 20 à 25, l'archipel de Soulou, Joulo ou Holo. Il comprend 462 iles peuplées de 200,000 habitants. Il est divisé en quatre groupes qui portent le nom de l’ile principale qu’ils renferment. Ces groupes sont celui " de Basilan, qui se compose de 34 îles; celui de Soulou composé de 57; à

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fi celui de Tawi-Tawt qu’on écrit aussi Taoui-Taouï, composé de 55, et à L \

celui de Cagayan, qui en renferme 6 !.

1 Le groupe de Soulou comprend Bankoungan, Bass-Bass, Bitinan, Balad, Bou- ï bouan, Boule-Koutin, Boulipong-Pong, Dammokan, Dong-Dong, Hegard, Holo ou k Soulou, Kaangan, les deux Aabinguan, Kaoulangan, Kapoual, Karang-Tchina, Koulassian, Kounilan, Lahat-Lahat, Lamenoussa, Laoumbian, Lapak , Malepouthas, Manoubol, Maroungas, Minis, Nanka, Noso-Salé, Oubian, Oussadda, Parang-Parangan, Palli-Angan, Pandamma, Pandonkan, Panganak, Pongatouran, Patatakounan , Patian, Peta, Saang, Sibihing, Sihassi, Sirloun, Soulou ou Holo, Souhokam-Bolad , Souladde, Talouk, Tani-Tani, Tapoul, Tara, Tekoul, Teomabal, Teoumabal, Tomboulen, Tong-Tong, Toubatoubouk, Toubigan et Toulian.

Le grnupe de Basilan se compose des îles Ariston, Ballouk-Bullouk, Basilan, Belavan , Coco ou Manalipa, Dassuan, les deux Félices, la grande Gouhann, la petite Gouhann, les deux Aaloubloub, Lakit, Langassmati, Malouavi , les trois Mataha, Oudell, Pilas, Rienzi, les deux Sangbeis, les deux Sibago, Taing-Olan, Tamouk, Tapiantana, Taykela, Taynga, Teynga, Tipounou et l’île du Tribun.

Le groupe de Tawi-Tawi comprend Babagsouka, Babawan, Ballioungan, Banar-

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Presque toutes ces Îles sont montagneuses, couvertes de bois, et traversées par de nombreux ruisseaux. La chaleur est plus tempérée dans l’intérieur que sur les côtes; des brises continuelles de terre et de mer y entretiennent une agréable fraicheur. Le sol est fertile et l’agriculture mieux connue que dans les Philippines. Les Chinois y ont porté le secret d’améliorer les fruits par la greffe. On y trouve beaucoup d’oranges et des mangues très-belles, ainsi que le laurus-cinnomomum qui est le seul arbre à épices. Les forêts sont peuplées de porcs, d’éléphants sauvages, de cerfs et de perroquets.

Les peuples qui habitent ces îles sont issus, en grande partie, de Tidouns et de Biadjous de Bornéo; on les dit belliqueux, perfides, sanguinaires et adonnés à la piraterie. Ils suivent la religion de Mahomet, mais avec la plus grande indifférence. Leur culte se borne à quelques vaines cérémonies qu’ils font dans des mosquées dénuées de toute sorte d’ornements.

Leur gouvernement est féodal, et la dignité de sultan est héréditaire de mâle en mâle ; le pouvoir législatif réside dans une assemblée qui se compose de quinze nobles, du sultan et de l'héritier présomptif. Il y a encore deux assemblées composées des membres élus par le peuple ; elles portent le nom de manferies ; leur devoir est de soutenir la cause du peuple sur lequel les nobles exercent une grande tyrannie.

Le sultan de Soulou régnait autrefois sur une grande partie de l’île de Bornéo. Il a soutenu des guerres presque continuelles contre les Espagnols des Philippines, et cela avec avantage, jusqu’en 1746. A cette époque, trente vaisseaux ennemis s’emparèrent de sa capitale, qui depuis lui a été rendue.

Les naturels du groupe de Basilan sont des plus traitables de l’archipel; ils ont des relations commerciales avec les Espagnols et ne se livrent point à la piraterie; mais les Biadjahs-Tzengaris qui se trouvent parmi cux en font profession. C’est dans ce groupe qu’est située l’île découverte par M. de Ricnzi, qui lui a donné son nom.

Le groupe de Soulou n’a guère de remarquable que l'île principale, qui a ran, Bassi-Bouli, Batolapak, Bilattan, Bintokolan , Bongao, Boukoutlapis, Bou-van, Dokan, Doulang-Doulang, Goulimaan, Kakataan, Kalaitan, Kalampapaan, Kangtipyan, Karangan, Kinapoussan, Kou-ad-Bassang , La, Latoan, Loupa-Rouan, Lou-

ran, Magloumba, Magpeos, Maniakolat, Manouk-Maouka, Moutabouan ; Nankaan , Nousapapabag, Oubian , Panampangan, Parangaan , Poumahan , Samanpout, Sänguissiapo, Sekouboum , Siboutou, Sigboyé, Simalouk, Simonor, Sipyout , Tabouaan,

Tagao, Tambagan, Tandou-Batto, Tankolalouou, Tapaan, Tato, Tatlaan, Tawi- Tawi, Tihek-Tihek et Toussan-Bongao.

Nous empruntons ces noms à la Description de l'Océanie, par M. D. de Riensi.

44 lieues carrées de superficie. Quoique ::tite, elle cst une des plus importantes de la cinquième partie du monde, 568 fruits sont beaux et ses forêts peuplées d’éléphants et de petits cerfs.

La mer qui l’environne rejette beaucoup d’ambre gris. On dit qu’avant l’arrivée des Espagnols, les naturels en faisaient des torches pour s'éclairer dans les pêches de nuit. Les flots apportent celte substance sur les côtes de Soulou vers la fin des moussons ou vents périodiques d’ouest; on en a quelquefois trouvé de liquide. Quelle que soit l’origine de l’ambre, il est étonnant qu'il ne se rencontre que sur les côtes de cet archipel, pendant que l’on n’en trouve point ou presque point à Mindanao.

L'ile de Soulou s’enrichit encore par la pêche des perles qui se fait à la fin des moussons d’ouest. Il règne alors pendant quelque temps un calme parfait ; la mer est si tranquille que la vue y perce à une profondeur de 43 ou 146 mètres. Les naturels de Soulou sont d’excellents plongeurs, et rien ne leur échappe de ce qui peut ètre à la portée de leur vue. Mais ces perles de Soulou se ternissent en peu d’années.

Bawan ou Bewan, la capitale de Soulou, située au nord-ouest de l’île, est le centre du commerce des îles voisines ; c’est une ville bien fortifiée ; ses maisons sont, comme presque toutes celles de Soulou, élevées sur des poteaux à 4 mètre 30 centimètres au-dessus du sol. Elle a 6,000 habitants ; c’est la dixième partie de la population totale de l’île. Le sultan de Soulou pourrait mettre en campagne 50,000 hommes,

Les groupes de Cagayan et de Tawi-Tawi n’ont rien qui les caractérise.

Suite de la Description de l'Océanie. — Malaisie, — Description des Célèbes et des îles Moluques.

Les îles situécs à l’est de Bornéo et de Java, et au sud des Philippines jusqu'aux rivages de la Nouvelle-Guinée, portent, dans les géographies françaises, les noms d’fles Moluques et d'iles aux Epices. L'un de ces noms est, par extension, tout-à-fait détourné de son acception primitive et spéciale; l’autre estun peu vague. Des rapports physiques très-iniimes et des rapports politiques très-anciens ont autorisé leur réunion en un archipel. Plus morcelées, plus déchirées que les îles de la Sonde, elles renferment

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Aujourd’hui, les mêmes rapports n’existant plus, nous suivrons les divisions que la nature paraît avoir tracées, et nous décrirons sous le nom de Moluques les îles situées à l’est de Célèbes et de Xulla.

Célèbes est séparée à l’ouest de Bornéo par le détroit de Macassar, et à l’est des îles Moluques par un passage qui prend le nom de ces iles. L’étenduc de mer qui, au nord, sépare l’île de Célèbes de celle de Mindanao, porte indistinctement le nom de l’une et de l’autre. La figure de Célèbes est extrémement irrégulière. Les baies de Bony, le Tolo, et surtout celle de Tomine ou de Gounoung-Tellou, la découpent en plusieurs presqu’iles unies par des isthmes étroits. Les caps les plus remarquables sont ceux de River, Donda, Temoul, Vilhel, Kil, Onkona et Mandar à l'ouest; Coffin et Candy au nord, et Talabo à l’est. Plus les cartes ont été perfectionnées!, plus cette île y a pris une forme de squelette. Grâce à ses nombreux golfes, les chaleurs y sont tempérées par des pluies abondantes et par des vents frais. La mousson d’est dure de mai en novembre; la mousson opposée règne le reste de l’année. Les marées sont très-irrégulières. Célèbes renferme plusieurs volcans en éruption. La vue des côtes élevées, coupées et verdoyantes, offre des tableaux enchanteurs. Des rivières nombreuses, se précipitant aux pieds d'immenses rocs, viennent tomber avec fracas au milieu des groupes majestueux des arbres les plus pittoresques. Les plus considérables de ces cours d’eau sont : la Chincana qui sort du lac Tapara- Karaja, dans le pays d’Ouadjou, traverse l’Etat de Bony et se jette dans la baie du même nom; la rivière de Bol qui verse ses eaux dans la mer de Célèbes. Le Zino, le Tzico etle Tondano méritent aussi d’être mentionnés.

Cette belle île produit les plantes les plus vénéneuses que l’on connaisse, Le fameux oupas, dont l'existence à Java est environnée de fables, croit bien certainement dans cette île, puisque les Macassars trempent leurs poignards dans le terrible poison qui en découle. A côté de ces arbres de mort, : la nature a placé les girofliers et les muscadiers, que les Hollandais font arracher; l’ébénier, le santal, le calambac, dont on exporte les bois précieux ; le sagoyer, dont la moelle nourrit tant de nations; l'arbre à pain,

! Voyez la belle carte en plusieurs feuilles des Indes Néerlandaises dont la science géographique est redevable à M. le baron de Derfelden de Hinderstein.

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le cocotier, le bananier, le manguier, le gingembrier, le varinga sacré chez les Javanais, le cafler et l’arekier, qui s'élève à 20 ou 30 mètres au-dessus

du sol. On y voit aussi le bambou, un palmier lisse, droit, élevé de 40 ou

15 mètres, touffu et épineux seulement aux aisselles des feuilles; le cèdre,

l’érable, le chêne, la canne à sucre, le manioc, le benjoin, le nénufar, le

romarin. On y récolte du tabac, des melons, des patates, des ignames et

des raves. Les choux, les chicorées, et toutes les plantes culinaires d'Europe

y réussissent. Le riz et le coton y abondent.

On ne voit dans les forêts ni tigres ni éléphants, mais beaucoup de cerfs, de sangliers, même des élans, dit-on, et un nombre infini de singes qui sont ici très-forts et très-méchants; mais il y a une grande espèce de serpents qui en dévore une quantité, Les petits bœufs de Célèbes ont une bosse sur le dos. L'ile nourrit encore des buffles, des chèvres, des moutons d'un tempérament vif, d’un pied sûr, accoutumés aux routes montueuses. On y trouve aussi le babiroussa ou cochon-cerf (antilopa depressicornis) dont le nom signifie vache des bois. Cet animal, de la grosseur d’une genisse, a deux cornes épaisses, légèrement recourbées en arrière ; son poids est de deux à trois cents livres : il est sauvage , et quoique peu agile, il devient dangereux par les blessures qu’il fait avec ses cornes. On rencontre dans les forêts des caméléons , des couleuvres, des pythons, des dragons volants, des scorpions, et sur le bord des rivières, des crocodiles et un mammifère amphybie appelé douyoung; les rivières et les lacs sont remplis de poissons parmi lesquels on remarque l’espadon (pristis antiquorum ) l’ican-laer ( poisson-voile ) parce qu'’ilse sert pour changer de lieu d’une énorme nageoire dont son corps est surmonté.

Les oiseaux sont très- nombreux à Célèbes; on y voit des aigles, des corbeaux, des vautours, des kakatoès blancs, noirs et gris; des faisans dorés, des oies, des canards, des poules ordinaires , des poules sultanes, des tourterelles et des pigeons. Les côtes fourmillent de tortues et de poissons.

Les minéraux de cette île paraissent mériter attention, La partie méridionale en est dépourvue, mais la péninsule septentrionale, depuis l’isthme

jusqu’au delà du district de Boulan, est remplie de mines d’or ; celles dans

le district d'Ankahoulou, non loin de l’établissement hollandais de Gorontalo, donnent de l’or à 21 earats; celui des autres est à 48. Le minerai se trouve en nids à quelques brasses de profondeur; il est accompagné de cuivre. Quelques montagnes donnent du cristal, d’autres du fer. Les mines de Totok fournissent par an 200 réaux ou onces d’or à la Hollande ; les

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