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naturels en exploitent aussi près de Kema. Tous ces lieux sont excessivement malsains; et, comme cela doit être, le peuple y est misérable, On trouve encore daus cette île des diamants, des mines de cuivre, d'étain et de sel. Au nord est, dans le territoire de Mongondo et de Manado, des terrains remplis d’une immense quantité de soufre sont bouleversés par de fréquents tremblements de terre.
Les principales montagnes de Célèbes sont le mont Zampo-Ratan, qui a 2,350 mètres d’élévation au-dessus du niveau de l'Océan. Près Manado sont le mont Klobat qui a la forme d’un cône fort régulier ; deux pitons moins considérables que l’on appelle les Deux-Sœurs, et à quelques milles plus loin on remarque une montagne plus évasée au sommet, et sur laquelle on aperçoit du côté de l’est une immense cavité à bords aigus, déchiréset dénudés, qui annoncent le cratère d’un ancien volcan. Ce mont peut avoir environ 1,000 mètres d’élévation. Les plantes ne dépassent point les deux tiers de sa hauteur, tandis qu’elles s'avancent bien plus haut sur le Klobat, qui a une hauteur presque double. Près de là est le Gounoung- Empong (mont des Esprits), élevé de 1,150 mètres; il n’est qu’un contrefort du Lokong, qui renferme des cratères dont quelques-uns fument encore. |
La constitution géologique de cette île montagneuse offre généralement un trachyte ou basalte en décomposition recouvert d’une couche végétale dont l'épaisseur s’élève quelquefois à 5 ou 6 mètres. On y trouve des fragments d’obsidienne noire un peu poreuse qui paraît fort ancienne.
L'ile de Célèbes est divisée en deux grandes parties: celle qui dépend immédiatement de la Hollande, et celle qui est régie par des sultans indigènes soumis à cette puissance.
La première, qui prend le nom de gouvernement de Mangkassar ou Macassar , renferme les districts de Macassar , de Bonthain, de Maros, de Manado et de Gorontalo. Ses villes principales sont Goa ou Goak au midi, capitale de toutes ces résidences; elle était autrefois fortifiée, mais ses fortifications ont été détruites. Au nord de cette ville se trouvait Macassar , située sur une espèce de pointe de terre arrosée par deux rivières; elle est remplacée aujourd’hui par le fort Rollerdam et le village de Vlaardingen, habité par 4,200 Européens ou métis; autour se trouvent trois bourgs nommés Compong-Barou, Bouguis et Malayou.
Bonthain est également au sud sur la baie de son nom. Tout près est une forteresse hollandaise. La baie de Bonthain est grande, les vaisseaux peu-
vent y mouiller en toute sûreté pendant les deux moussons. La ville de Zoni VI, 3
n’est pas loin d’un lac qui porte le nom classique de Tempé, et d'où il sort une belle rivière,
Les provinces seplentrionales de la Compagnie, dont Maros est le chetlieu, fournissent toute l'ile de riz On y compte 370 gros villages. Elles occupent les plaines de la côte occidentale,
Dans la résidence de Mandano se trouve la ville du même nom , peuplée de 4,000 habitants, la plupart Malais. Ses rues larges et régulières sont bordées de palissades de sagoutierss ses maisons, vastes et solides, sont construites en bois sur des poteaux de # à 5 mètres, Les fenétres sont trèssouvent ornées de sculptures. Les habitations des chefs sont de véritables édifices, très-vastes, dont l'entrée est décorée d'un péristyle ou appartement quadrilatère dans lequel on arri\. par de grands escaliers. Les Hollandais se sont conformés à l'usage du pays en élevant ainsi leurs demeures. La rade de Manado est vaste, mais peu sûre, lorsque les vents battent à la côte. La ville est assise au bord de la mer, entre deux montagnes trèséloignées.
Dans ses environs se trouvent des forèts immenses, et de rapides torrents. Celui de Manado est remarquable par une cataracte de 25 mètres
d'élévation. Xéma , où l’on fabrique d'excellents cordages , est peuplée de 10,000 habitants; Gorontalo, dans le golfe de Tomini, est la résidence d’un sultan qui administre sous la suzeraineté des Hollandais. Cette ville est dans un pays riche en buflles, en bois de fer, en rotang, où l’air desmontagnes rend les nuits d’été très-froides.
Les États gouvernés par des sultans indigènes sont celui de Bony, qui peut armer #0,000 hommes, et dont la capitale est Bagoa, ville de 8,000 âmes; celui d'Ouadjou ou Vayzu, versle centre de l’île; celui de Louhou, qui passe pour être l’un des plus anciens et des phis puissants; celui de Sidinring ou Sidéréeng, vers le centre aussi des Célèbes ; celui de Mandhar, partagé en sept petits princes alliés de la même famille ; celui de Tello, gouverné par une princesse qui reconnaît la suprématie du roi de Bony ; celui de Macassar, qui ne possède qu’une petite portion de son ancien territoire; enfin celui de Soping ou Sopeng, qu’on dit être important,
ucl1 du golfe de Cayeli commençait autrefois le territoire du roi de Fanette, qui embrassait toute la lisière des côtes septentrionales et orien- ‘ales jusqu’au golfe de Tomini, et même en dedans de ee go:fe. Ce territoire peut fournir 47,000 hommes en élai dé porter les armes. Tunelle , sa capitale, est une petite viile qui possède un port, Le canton Palou des
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Hollandais, pays plat et fertile, estle Parlow du capitaine Woodard. Tolatola , ville considérable , selon un voyageur anglais, est le Tontoly des Hollandais. Magondo et Boulan sont des États considérables.
Les Tomitans où Tomilains occupent le centre de l'ile où les trois golfes resserrent les terres. On y trouve aussi les Touradjas, ou Alfouras, qui s'étendent jusqu'au nord, Tambouko et une partie de la côte orientale sont possédées par les Zadjous, peuple sauvage qui vit plus dans ses bateaux de pêche que sur la terr
Les habitants des Ce: bes, que l'on distingue en Bonys, ou Boughièses
t Macassars, sont les plus braves de toute l'ile. Leur premier choc est urieux, mais une résistance de deux heures fait succéder un abattement “etai à une si étrange impétuosité. Sans doute qu’alors l'ivresse de l’opium se dissipe après avoir épuisé leurs forces par des transports frénétiques. Leur arme favorite est le eric. Il a la forme d’un poignard, dont la lame s’allon e en serpentant, ayant À peu près 30 ow 40 centimètres de long.
Une édueation austère rend les habit, #8 de + élèbes agiles, industrieux et robustes. A toutes les heuves du joue les mr res frottent leurs enfants avec de l'huile ou de l'eau; ces onctionsæég fc aident la nature dansses développements, A l’âge de cinq ou six ans . es enfants mâles de condition sont més comme en dépôt chez un emi, degsur que leur courage ne soit amolli par les caresses des parents et par l’hettude d’une tendresse réciproque. Ils ne retournent dans leur famille q@ * l’âge où la loi leur permet de se marier.
Les Bouguis sont grands, forts et robustes: 288 ont le teint plus clair et le visage plus arrondi que les Malais. Ils som doux, paisibles, amis du travail , et très-fièles aux Hollandais : le vol est inconnu parmi eux. La polygamie est autorisée par les lois; mais il n’y æ guère que les riches qui prennent plusieurs femmes. Sans égard à la faiblesse” de leur sexe, celles-ci sont employées à la culture des terres et à tous les ouvrages pénibles. Ces peuples n’ont ni temples ni idoles; leur religion est le manichéisme; leurs prêtres sont principalement occupés de la divination par le vol ou le chant
des oiseaux et l’aspect des entrailles des victimes; quelquefois ils plongent leur tête dans le ventre fumant de l’animal qu’ils ont égorgé, et rendent ensuite leurs prophéties le visage tout barbouillé de sang. Ils cultivent le riz et le café qu'ils fournissent aux Hollandais, au prix qu’ils ont fixé.
Les Alfourous ou Alfourèses (Alfouras), qui habitent l’intérieur de Célèbes, vivent dans lesmontagnes. [ls sont remarquables par la blancheur de leur
peau et par .a coupe arrondie de leur visage. Leurs yeux sont ovales et bien faits; leurs cheveux noirs, lisses et très-longs, surtout chez les femmes. Les hommes ont fort peu ou point du tout de barbe. Ceux qui vivent dans la plaine ou sur le bord de la mer ont le teint un peu plus foncé. Leur taille est petite, mais bien prise et bien proportionnée. Les femmes sont vêtues, mais les hommes ne se couvrent que la partie moyenne du corps, ou portent une chemise. Ceci ne doit s'entendre que du peuple, car les chefs ont adopté, les uns le costume européen, et les autres le costume musulman, qui leur sied bien mieux. Tout ce que l’on sait de leur religion, c’est qu’ils n’ont point de culte extérieur, et que leur croyance est toute spirituelle.
Les autres peuples de Célèbes ne reconnaissaient autrefois de dieux que le soleil et la lune. On ne leur offrait de sacrifice que dans les places publiques, parce qu’on ne trouvait pas de matière assez précieuse pour leur élever des temples. Le mahométisme s’est répandu dans cette île il y a deux siècles. Les prêtres y exercent une très-grande influence.
Les Portugais s'établirent à Macassar en 15925. Ils s’y maintinrent même après avoir été chassés des Moluques. La raison qui les y retenait et qui y attirait aussi les Anglais, était la facilité de se procurer des épiceries.
Les Hollandais, que cette concurrence empêchait de s’approprier le commerce exclusif du girofle et de la muscade, entreprirent, en 4660, d'arrêter ce trafic. Ils employèrent contre leurs concurrents la force et la perfidie, et parvinrent à les chasser entièrement de l’île. Les princes qui en partageaient la souveraineté furent réunis en une espèce de confédération. Ils s’assemblent de temps en temps pour les affaires qui concernent l'intérêt général. Le gouverneur de la colonie hollandaise préside à cette diète.
Les Chinois, les seuls étrangers qui soient reçus aux Célèbes, y apportent du tabac , du fil d’or, des porcelaines et des soies écrues. Les Hollandais y vendent de l’opium, des liqueurs, de la gomme-laque , des toiles fines et grossières, On en tire un peu d’or, beaucoup de riz, de la cire, des esclaves et du {repan, espèce de mollusque.
Au nord-est, une chaîne d’iîles part de Célèbes et s’étend presque vers la pointe sud-est de Mindanao; la principale s’appelle Sanghir ou Sanguir ; elle est fertile, peuplée et gardée par un poste hollandais. L'île Siauvw ou Siao, et le groupe des iles Talautse, forment une chaîne avec Sanghir. Riches en sagou et en huile de :0c0, ces îles comptenY, aujourd’hui, plus de 40,000 habitants. Elles renferment deux ou trois redoutables volcans. Au sud, se trouvent les îles Salayer et l'ile de Boutan ou Bouton. Cette
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dernière forme un royaume ou sultanie à part. La ville de Kalla-sousong, siége d’un sultan vassal des Hollandais, est fortifiée. Les habitants font des étoffes de coton et de fil d’agave. Les perroquets et les kakatoës abondent dans les vastes forêts, où se trouveentre autresle muscadier uviforme. Les rotangs s’y élèvent sur un arbre, descendent à terre, remontent sur un autre arbre, et forment ainsi des tiges de plusieurs centaines de mètres de longueur. Les fruits du fromager (bombax ceoba) fournissent une abondante nourriture au singe pithèque. Poulo-Babi, les petites îles de Balabalagan, Slafinaff et Tonine n’offrent rien de remarquable.
Les troisiles Xulla ou Xoula, surnommées Taliabo, Mangola et Bessi forment un groupe intermédiaire entre les Moluques et Célèbes. Riches en sagou ct en bois d’ébène , elles ont des habitants très-perfides et très-lâches. Près d’un des canaux qui les séparent, un rocher semblable à un hommeest adoré par les navigateurs malais.
Les Moluques, originairement et proprement appelées, sont seulement cinq petites îles à l’ouest de Gilolo, nommément Ternale, Tidor, Molir, Maltian et Bakian ou Balchian ; mais les souverains des Moluques ont eu des possessions dans Gilolo, Amboince, Céram et autres îles voisines, qu’on appelle les Grandes Moluques. Ce nom paraît venir de l’arabe, et signifie îles royales, parce que les souverainsdesiles voisines y avaient établi leur résidence. Presque toutes ces îles sont soumises aux Hollandais , qui les gouvernent immédiatement, ou par des gouverneurs indigènes qui leur sont soumis.
L’archipel des Moluques porte les caractères les plus évidents d’une terre bouleversée par quelque révolution violente ; partout on y voit des îles singulièrement coupées et rompues , des pics énormes qui s’élancent tout à coup d’une mer profonde, des rochers entassés à des hauteurs immenses, enfin un grand nombre de volcans, soit en activité, soit éteints. Les tremblements de terre, fréquents et terribles dans ces parages , en rendent la navigation périlleuse. Ils font disparaître tous les ans des bancs de sable dans ces mers, et tous les ans il s’y en forment de nouveaux.
La chaleur , l'humidité excessive, suivie de longues sécheresses, et la nature du terrain, qui est ou rocailleuse ou spongieuse, interdisent la culture de tous les grains. La moelle du sagou y sert de pain aux naturels du pays. L’arbre de fruit à pain, le cocotier et toutes sortes d’arbres fruitiers de l’Inde y réussissent. Cependant il est vrai de dire que les arbres à épices ont seuls pu attirer et fixer ici l’avidité des Européens.
Le giroflier y croît à la hauteur de 42 à 45 mètres , et étend au loin ses
branches garnies de longues feuilles pointues, qui ressemblent un peu à celles du laurier. Ce sont les boutons à fleurs qui constituent l’épice connue sous {e nom de clou de girofle. La principale récolte se fait depuis novembre jusqu’en février. Le muscadier est de la grandeur du poivrier ; ses feuilles ressemblent à celles du laurier ; il donne des fruits depuis l’âge de dix ans jusqu’à cent ans: Quand la noix muscade est mûre, elle est aussi belle que curieuse à voir; elle est à peu près de la grosseur d’un abricot et d’une couleur peu différente ; elle a de même une sorte de sillon creux à l'entour; elle ressemble un peu à une poire pour la forme; quand elle est parfaitement mùre, l’écorce s'ouvre d’elle-même, et laisse voir le macis, d'un rouge foncé, couvrant en partie la mince cosse de la noix, qui est noire. On trouve à Amboine un giroflier sauvage qui diffère de l’autre par son tronc plus élevé et ses feuilles beaucoup plus longues. Les iles Banda fournissent aussi cinq ou six espèces du muscadiers sauvages que les Hollandais ont négligé de détruire.
Les animaux les plus remarquables sont le Vabirousse, lopossum ou didelphe, le phalanger, le tarsier , le petit chevrotain ; mais les s2imaux domestiques ne sont pasen grand nombre. On y admire une foule d’oiseaux magnifiques, (els que les oiseaux de paradis, les martins-pêcheurs, les perroquets, les kakatoës, l’émou ou casoar , le philedon-corbi-calao, le choucari vert, le langraïen dominicain, le petit drongos, le soui-manga souci, le soui-manga rouge ei gris, le soui-manga de Clémence, le bengali, le galfat , le guëpier à longs brins et autres. On y trouve des mines d’or peu abondantes ; il y tombe très fréquemment des aérolithes, et sur les côtes, on voit beaucoup de rochcrs de corail et de madrépores.
Les indigènes des Moluques ignoraient le prix de ces richesses végétales qui ont rendu leur pays si célèbre et si malheureux. Les Chinois ayant abordé par hasard aux Moluques, dans le moyen âge, y découvrirent le girofle et la muscade. Le goût en fut bientôt répandu aux Indes, d’où il passa en Perse et en Europe. Les Arabes, qui tenaient alors dans leurs mains tout le commerce de l’univers, n’en négligèrent pas une si riche portion. Ils se jetèrent en foule vers ces îles, et ils s’en étaient approprié les productions, lorsque les Portugais, qui les poursuivaient partout, vinrent leur arracher cette branche de leur industrie.
Les Hollandais, après en avoir chassé les Portugais , prirent le parti de détruire , autant qu’il serait possible , les arbres d’épiceries dans toutes ces iles, en ne les laissant subsister que sur quelques-unes, petites et faciles à garder,
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