‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 68 sur 169 · ES CO ETES É · texte numérisé non relu

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bier, le sycomore, le noyer, le châtaignier et le hêtre. Mais nous n'avons aucune observation exacte sur les divers niveaux auxquels chaque espèce d'arbre commence à croître : il est probable que les zones de végétation ont quelques rapports avec celles de l’Italie et de la Sicile ; les arbres du nord y descendent plus au midi que dans les Apennins. Les forêts du mont Hæmus présentent moins de mélange. Au nord, ce sont les chênes, les ormeaux, les tilleuls qui dominent; ni le platane, ni le caroubier, ni le sycomore n’ont passé la barrière du mont Hæmus, à moins que l’art et les soins des hommes ne les y aient forcés. Sur le Danube, les pommiers, les poiriers, les cerisiers, les abricotiers, les pruniers, couvrent les collines. Ces mêmes arbres fruitiers dépassent la chaîne de l’Hæmus et couvrent en besreoup d’endroits les hautes collines de la Thrace, de la Macédoine et de: l’'Épire. Jusqu'au 40e parallèle, les oliviers et les orangers restent sur les bords de la mer, ayant encore à craindre la proximité des montagnes et des neiges ; mais au sud du 40e parallèle, le climat change tout à fait. Les pommiers et les poiriers disparaissent. Le principal arbre fruitier est l’olivier, dont les bois entiers, entremélés de lauriers et de myries à larges feuilles, ornent les côtes de la Crète et de l’Attique. Là s'élèvent aussi l'oranger, le figuier, le pistachier-lentisque, l'as à mastic (pis/achia terebinthus), le mürier noir et le grenadier. Plusieurs de ces fruits paraissent indigènes dans la Grèce, et entre autres l'olivier, que Tournefort trouva spontané sur le mont Ida.

Les buissons et les arbustes y prennent un autre caractère, les Jabiées frutescentes y dominent. Mais ce que l’œil distingue avec le plus de plaisir, c’est le laurier-rose et le câprier en buisson; l’un dessinant les cours des ruisseaux, l’autre se groupant avec les rochers. On voit aussi partout le laurier-cerise, deux espèces d’arbuls, savoir, ’unedo et l’andrachne. Le sol de la Grèce étant en grande partie calcaire, les végétaux propres à cette sorte de terrain y abondent. C’est ainsi que les montagnes de la Crète se couvrent de stachys crelica, herbe aux blessures ; d’acanthe à feuilles de chardon, de chicorée épineuse; d’origanum dictamnus, dictame de Crète ; d’astragale tragacanthe, d’où se tire la gomme adragant, de sauges à pommes, etc. Le cistus creticus, qui croit spontané et cultivé dans les îles de l'Archipel, fournit le véritable laudanum oriental. Les résines aromatiques ou autres abondent aussi dans l’Archipel. Nulle part les lentisques et les térébinthes ne sont aussi beaux et aussi communs que dans l’ancienne Délos. On désigne comme indigènes de l’Archipel et des environs de Constantinople le coton herbacé, l’œillet arbrisseau, le lichen parellus, avec

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