‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 83 sur 169 · FT PH OBMISANEENRRNTT PÉTER · texte numérisé non relu

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le lac Ramsin et quelques autres, peu boisé, mais couvert de gazons frais, où paissent de petits chevaux très recherchés à cause de leur trot sùr et uniforme. Babadagh, ancien rendez-vous des armées ottomanes contre la Russie; Bazardjik, importante par sa position sur la mer Noire et par son commerce; Varna, ville très-commerçante de 16,000 âmes, avec un bon port sur la même mer; Zsal{chi, avec un passage sur le Danube, sont les lieux les plus dignes de remarque. C’est à la bataille de Varna, en 4444, que le grand Amurat décida la supériorité des armées ottomanes et la conquête de la Turquie d'Europe. Les Tatars-Dobroudije, divisés en deux hordes (les Orak et les Oruinbel), exercent fidèlement les devoirs d’hospitalité prescrits par le Koran. Quand un voyageur entre dans un de leurs villages, les pères de famille se disputent l'honneur de le recevoir ; on l’entretient gratuitement pendant trois jours. Ces Tatars ont abondamment des œufs, du lait et du miel.

La Macédoine, ceinte de montagnes au nord-est, au nord, à l’ouest et au sud-ouest, projelte au sud-est, entre les golfes de Sa/onique et de Conlessa, ou d’Orphano, une péninsuie terminée par trois promontoires, dont l’'Athos est le principal. Ce bassin naturel est encore rempli de montagnes qui le divisent en plusieurs terrasses séparées par de nombreux défilés, où, d’après les indigènes, plus d’une belle cascade, plus d’un temple inconnu, attendent le voyageur heureux qui les découvrira.

La chaine à l’est du Strymon, ou Kara-Sou, n°, point de nom général moderne. La haute chaîne au nord prend queiquefois le nom d’Argentaro ; c’est peut-être le Dysoros, qui avait des mines d’argent et faisait partie de l'Orbelus. Au nord-ouest, le Scardus parait conserver son nom ancien sous la forme. albano-turque de Schar. C’est probablement moins une chaine qu’un haut pays couronné de pelits chainons. Le Scodrus ‘le Bernus des anciens, les monts Candaviens, en seraient des groupes distincts. En continuant vers le sud, tous ces pays montagneux se joignent à l’ancien Pindus, entre PÉpire et la Macédoine. L’Olympe, branche détachée vers l’est, reçoit de quelques modernes le nom de Schela, et de quelques autres celui d’Olimbos. De ces montagnes descendent les fleuves qui vont arroser les belles plaines de la patrie de Philippe et d'Alexandre. Le Strymon, après avoir formé le lac Xadaka, anciennement Prasias, se jette dans le golfe de Contessa, L’Axius, peut-être, en ancien macédonien « le fleuve des coupeurs de bois, » avait déjà sous le Bas-Enpire reçu le nom de Bardarius, ou Vardar, qui pourrait bien être générique et indigène dans un autre idiome, par exemple dans celui des anciens Dardaniens; il vient

du Scardus, et reçoit entre autres l'Érigon, ou le Vistritza. L'ancien Haliacmon, à présent Indjé-Karasou, qui n’a pas plus de 50 lieues de cours, confond presque aujourd’hui son petit delta avec celui de l’Axius.

Parmi les mines de cette province, celles de Æaralova paraissent encore exploitées ; elles donnent du plomb argentifère. Dans les montagnes du Vitosch, où la neige reste presque toute l’année, il y a des mines de fer ; mais celles de Vrana ou Egri-Palantka sont encore plus riches et de meilleure qualité. Le lac Zaidjiler produit une grande quantité de sel; mais c'est l’agriculture qui fournit les productions les plus importantes. Le sol de la Macédoine surpasse en bonté les plus riches plaines de la Sicile. La côte d’Athos, ou l’ancienne Chalcidique, est surtout d’une fertilité étonnante. Les terres à peine effleurées par le soc de la charrue donnent, dans les plaines de Panomi et de Cassandrie, un produit plus riche que les meilleures terres de la Beauce en France; le froment même y a trop de sève, et il mourrait par une surabondance de vie, si l’on ne prenait la précaution de le fondre ou de le faire brouter par des moutons.

La culture du tabac et du coton, plus profitable que celle du blé, envahit tous les jours de nouveaux terrains. C’est le canton de Sérès qui produit la plus grande quantité de coton. Cette seule culture vaut à la Macédoine environ 7 millions de piastres. La Macédoine produit plusieurs vins excellents, semblables à ceux de la Bourgogne. Dans l’intérieur, où le climat n’est pas changé par des déboisements aussi considérables que ceux de la contrée maritime, le blé et diverses espèces de légumes sont cultivés avec succès. [1 paraît toutefois qu’il y a des vallons renfermés où la chaleur est insupportable et où les rivières se dessèchent.

Le centre de la Macédoine nous présente la grande ville de Salonique, siége d’un grand Mollah et d’un archevêché grec, peuplée de 70,000 âmes, assise au fond de son golfe comme sur un amphithéâtre, et animée par un commerce très-florissant. Elle conserve encore de précieux monuments de son ancienne splendeur, entre autres un hippodrome et différents arcs de triomphe, dont l’un fut élevé à l'empereur Antonin, et qui est encore presque entier ; de très-belles églises, changées en mosquées, surtout celle de Saint-Démétrius. La rade n’est pas à couvert de tous les vents, mais le port, créé par Constantin le Grand, offre asile à 300 vaisseaux. Des aqueducs conduisent les eaux du mont Kortiach dans la ville. « Le grand « nombre de juifs, dit naïvement le géographe turc, Hadgi-Khalfa, est une « lache pour cette ville, mais le profil commercial fait fermer les yeux aux « vrais-croyants, » Les juifs, ajoute-t-il, entretiennent de grandes fabriques

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de tapis, et ils ont une école où il y a 200 instituteurs. Il part de Salonique des caravanes qui portent à Semlin, à Vienne et même à Leipsick, les cotons, les tabacs, les tapis et les maroquins.

Les petits endroits de la péninsule chalcidique nous intéressent moins que le célèbre mont Athos, nommé en grec Æagion Oros, la moutagne sainte, et par corruption Ayonouri. Celle montagne, qui s'élève en forme d’une pyramide isolée, porte sur ses flancs plusieurs bourgades, 22 couvents, outre 500 chapelles, cellules et grottes qui servent d'habitation au moins à 4,000 moines de toutes les nations. Ces moines, entre leurs oflices religieux, cultivent des oliviers et des vignes, ou exercent l’état de charpentiers, maçons, lailleurs de pierres, fabricants de draps. C’est la philosophie qui a préparé à la piété cette demeure solitaire et romantique. Philostrate nous apprend, dans la Vie d’Apollonius, qu’un grand nombre de philosophes grecs avaient coutume de se retirer sur cette montagne pour y mieux contempler les cieux et la nature. Les couvents du mont Athos font un commerce lucratif au bourg de Æaria, chef-lieu de la montagne, et au port fortifié d’Alavara situé sur le côté oriental de celle-ci.

Dans le bassin du Strymon et du Pontus, nous apercevons la ville de Sérès, qui fleurit par ses fabriques en coton et son commerce, mais où Pair malsain pendant l’été oblige une partie de ses 30,000 habitants de passer cette saison sur les montagnes voisines; Drama, qui fabrique des toiles pour les tentes et dont les environs offrent les ruines de Thgssus, qui fut depuis Philippi ; Ostroumdja ou Stroumnilza, avec des sources chaudes ; ct Koustendil ou Gioustendil, également avec des bains chauds et sulfureux. Que de monuments à découvrir dans ces endroits solitaires! Au couvent de Saint-Jean-de-Prodrome, au nord de Strès, les moines, qui conservent les restes du patriarche Gennadius, jetèrent, il y a environ trente années, 500 manuscrits grecs, peut-être anciens, dans les flots de la ivière.

Le bassin du haut Vardar contient la jolie ville d’Ouskoup, l'ancivnne Scopia, c’est à dire « le lieu où l’on voit au loin; » c’était, du temps du Bas-Empire, une des clefs dela Macédoine. En descendant l'Axius, on laisse à gauche la vallée latérale venant du nord, où se trouve Zs{4b, qu’on regarde comme l’ancienne S{obi, et bientôt on voit descendre à droite, venant de l'ouest, la rivière de Kouka-Kara-sou, ou l’Erigon, dans le bassin de laquelle £itolia, ou Monastir, est la ville dominante. Cette place, à laquelle on doit accorder de 50 à 60,000 âmes, est industrieuse et commerçante. Toute cette contrée, boisée et verdoyantc, nourrit des bestiaux à cornes, et abonde en blés.

C'est en descendant la vallée de la Vistritza, l'Eordœus, remplie de lacs, qu'on arrive à l’admirable site de l’ancienne Edesse, première capitale des Macédoniens ct asile funèbre des restes de leurs monarques, aujourd'hui ville épiscopale connue sous le nom slavon de Vodina. La rivière, divisée en quatre branches, forme, parmi les édifices mêmes et à l’ombre de beaux plalanes, plusieurs cascades pittoresques dont les nappes argentines sont aperçues à de grandes distances. Au-dessus de ce site, semblable à une décoration de théâtre, une autre grande cascade orne la vallée de Pelovo. En descendant toujours, on atteint à Jenidje-Kara-sou, non loin des ruines peu reconnaissables de Pella, la résidence des rois de Macédoine.

Le cours demi-circulaire de l’'Haliacmon nous présente dans la partie montagneuse Æas!oria, peuplée de 7,000 âmes ; sur son beau lac, dont les eaux deviennent marécageuses en été, vers le coude méridional, Servia, avec 2,000 habitants, sur une route commerciale qui traverse lOlympe ; et dans la partie basse A'ara-Veria, l’ancienne Beræa, ville industrieuse dans la proximité de laquelle on trouve un superbe marbre rouge.

Parmi les peuplades de la Macédoine, nous devons distinguer les Feurouks oules Kontarides, descendants des Turcomans de Koniéh, transplantés ici pour contenir la population tributaire, et disséminés en mahalets ou villages, où ils jouissent de grands priviléges. Ces habitants des montagnes de la Macédoine fabriquent des draps grossiers, qui servent à l’habiltement des pauvres ou à l’emballage. Beaucoup de tribus bulgares et albanaises mênent une vie pastorale dans les cantons montueux.

Entrons maintenant dans la grande vallée du Pénée qui, ceinte des montagnes célèbres de l’'Olympe, du Pinde, de l'OËta et du Pélton, forme l’amphithéâtre pittoresque de la Thessalie. Le vin, l'huile, le coton, la soie, la laine, abondent dans cette contrée ; mais la raee des chevaux n’a plus rien de particulièrement distingué. Zarisse ou lenidjé-vardar, l'antique Pella, s'élève sur les bords du Pénée, dans une contrée riante qui produit des oranges, des citrons, des limons, des grenades, des raisins extrêmement

doux, d’excellentes figues, des melons admirables, de amandes, des olives et du coton. Une population de 25,000 à 30,000 âmes, de florissantes fabriques de maroquins et de tabac, de fameuses leintureries en rouge, et un commerce étendu, font de Larisse une place importante. Cette ville est le siége d’un archevêché grec ; ses rues sont sales, étroites et irrégulières ; son pont de dix arches est la seule construction remarquable que l’on doive y mentionner. Les Grecs industrieux du bourg Ambelakia, dans la vallée de Tempé, ont longtemps échappé à l'oppression, de même que le bourg

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