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Dans les deux principautés, le pouvoir exécutif est confié aux ghospodars, et le pouvoir législatif à l'assemblée des boyards, que préside le métropolitain.
La chambre des boyards de la Valachie est composée de 42 membres élus au scrutin secret par un collège de boyards; elle est présidée par Le métropolitain de Boukarest. Les ministres ne peuvent point être élus députés. La première dignité de l'État, après celle de ghospodar, est celle de banno, titre qui appartenait jadis aux souverains de la partie de la Valachie appelée Banuat, dont Kraïova était le chef-lieu, et qui est conféré au gouverneur de ce district. Cette dignité donne à son titulaire l’entrée au conseil, c'està-dire au divan, tandis que son lieutenant, qui porte le titre de caimacan, le représente dans son gouvernement,
Quatre vorntks, pris dans la noblesse, sont de droit membres du divan; réunis au banno et au métropolitain, ils y remplissent les fonctions judiciaires.
Deux logothèles sont encore membres du conseil; ils notifient les sentences rendues par la cour et revêlues de la ratification du prince,
Le divan-effendé est le titre par lequel on désigne le secrétaire du conseil. |
Quelques-uns des titres que nous venons de nommer, ainsi que les suivants, ont été conservés du Saint-Empire bysanlin.
Le grand-spalhar commande toute la force-armée : il est membre du divan.
Le ves/iar est le grand-trésorier : il a aussi son entrée dans le conseil.
Le portelnik remplit auprès du prince les fonctions de secrétaire des commandements.
Telles sont les principales charges de l'État ; celles de second ordre sont les suivantes : le cloziar, qui ne remplit qu'un emploi honorifique ; Paga, qui est chargé de la police généraleet municipale de Boukarest; le comniyo ou écuyer du prince ; le paharnik ou échauson; le stolnik où muitre-
d'hôtel ; enfin l’harmache, qui fait exécuter les sentences crimineles et surveille les Tsiganes orpailleurs, Quatre ministres, chargés de Pintérieur, de la justice, des cultes et des finances , dirigent les affaires de la prineipauté ; un secrétaire d'État, un contrôleur-général, un comité des quarantaines, et une commission des prisons complètent l'administration.
Un code de lois tirées de celui de Justinien, et fondues avec des lois esclavonesempruntées aux Bulgares qui s'établirent en Moldavie au moyen age, régit la Valachie et la Moldavie. Bien que ce recueil de lois ait subi
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des modifications vers l’année 1818 , il ne forme qu’un code monstrueux, surtout dans la législation pénale ; ainsi l'inégalité des peines est usée sur l'inégalité de fortune: un homme ivre a-t-il commis un meurtre, s’il est pauvre, il sgra frappé de verges et condamné à trois années d'exil; s’il est riche, il indemnisera les parents, et ne sera condamné qu’à l'exil.
La justice est administrée par des tribunaux de district qui jugent en première instance toutes les affaires civiles, criminelles et commerciales ; par un tribunal rustique ou de paix dans chaque commune; par des divans d'appel dans la capitale de chacune des principautés.
Les paysans valaques et moldaves doivent être une race remplie de patience ; sans cela , comment existerait-elle encore an milieu de tant «le maux? On les peint comme des hommes doux et religieux; ils ne se livrent pas à l’ivrognerie ni aux crimes; mais étant bien certains que les fruits de leur travail ne leur restent pas, ils travaillent le moins qu’ils peuvent : le lait de leurs vaches, la chair de leurs pores, un peu de mais, un peu de mauvaise bière, une casaque de laine appelée kaban, voilà tous leurs besoins; s’ils les ont satisfaits, peu leur importe qu’un voyageur européen se moque de leurs cabanes en branches d'arbres, ou de ces espèces de grands paniers où ils gardent leur blé pour ne pas se donner la peine de bâtir des granges: l'ispravnik y mettrait un impôt, Les paysans valaques pensent qu’il vaut mieux danser au son de la cornemuse sur les bords d’un lac paisible couronné d'ormes, de frênes et de tilleuls. Leur pays est un si beau désert, qu’ils croiraient le gâter par la cu'ture.
Les paysans ne sont plus pourtant légalement les serfs des boyards ; le prince Constantin Mavrocordato abolit la servitude en 1735; et, pour indemuiser les boyards, il assigna à chacun d'eux un nombre de paysans tributaires, nommés sokolelniki, et qui doivent payer à leur maitre 20 piastres par an, ou faire des corvées pour cette somme. En 1831, le régime communal a été introduit dans tous les villages; les corvées ont été abolies, et Pon n’a conservé que celles qui s abiquent à l'entretien et à la confection des routes.
Les terres des boyards et celles du clergé ne payent aucune contribution légale. Le clergé possède fe tiers du pays, et le métropolitain a 400,000 piastres de revenu. Les sièges épiscopaux et les abbayes sont un objet de vente presque publique pour le compte de l'hospodar, qui même rançonne de temps à autre les monastères les plus riches. Le clergé de la Valachie et de la Moldavie conserve des pratiques superstitieuses qui donnent une mauvaise idée de ses lumières : il est certain, par exemple, qu’on exhume
encore les restes des morts au bout de sept ans, et que si le cadavre n’est pas alors dans un état complet de dissolution , le clergé voit dans le mort un damné, peut-être même un vampire. La famille fait alors faire des prières expiatoires qui rapportent beaucoup d'argent au popas. Il n’existe pas de véritable bourgeoisie dans ce pays. Les arts mécaniques sont à peu près inconnus, ou exercés par les troupes vagabondes de Bohémiens, appelés ici Tsiganes. Le haut commerce de Boukarest est dans les mains des Arméniens, Les enfants d'Israël, quoique habituellement roués de coups de bâton par les paysans, persévèrent avec le louable zèle qu'on leur connait à faire fleurir le commerce de détail.
Dans la Valachie et la Moldavie la nature semble attendre à bras ouverts l’industrie humaine; elle a prodigué à peu de régions autant de bienfaits. Le plus beau fleuve de l'Europe baigne la frontière méridionale de ces provinces ; il ouvre un débouché à la fertile Hongrie, à toute la monarchie autrichienne ; il présente une communication entre l’Europe et l'Asie par la mer Noire; depuis plusieurs années, des bateaux à vapeur, partis de Vienne et de Pesth, sillonnent le Danube pendant toute la saison où ce fleuve est navigable. D’autres belles rivières descendent du sommet des monts Carpathes pour se jeter dans le Danube ; elles ne servent qu’à fourair du poisson dans le carême : abandonnées à elles-mêmes, elles menacent les bords que, mieux réglées, elles pourraient fertiliser. L’Aluta ?, fa Falovitza, l’Ardschis, ne sont naviguées que par des bateaux plats. D'immenses marais empestent la partie basse de la Valachie, où leurs exhalaisons font régner presque continuellement des fièvres bilieuses. Les forêts les plus superbes, où fourmillent les plus beaux chênes à côté de hêtres, de pins, de sapins, couvrent non-seulement les montagnes, mais encore plusicurs grandes îles du Danube. Au lieu de servir à la construction des flottes, elles ne fournissent que du bois pour paver les rues et mêmes les chemins; car la paresse et l'ignorance ne savent pas remuer les biocs de granit et de marbre que présente la chaîne des Carpathes. Le sommet du mont Boutchez s’élève à plus de 2,000 mètres d’élévation, et toutes les richesses minérales de la Transylvanie paraissent commencer à la haute Valachie. Il y a eu des mines de cuivre exploitées à Baya di Rama, ainsi que des mines de fer dans le district de Gorsy, entre autres près Zigerescht, où une couche de roches présente le phénomène d’une fermentation ignée presque continuelle.
1 Olt ou Alt, en allemand: Oltul, en valaque.
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L’Aluta, et d’autres rivières, roulent des paillettes d’or, recueillies par les Bohémiens ou Tsiganes, et qui indiquent l’existence de mines aussi riches que celles de la Transylvanie ; mais personne ne pense à les rechercher. On n’exploite que les carrières de sel, parmi lesquelles celle d’Okna Telecga donne 150,000 quintaux par an. Le climat, malgré deux mois d'hiver et deux mois àe chaleurs excessives, offre à la santé et à l’agriculture une température plus douce qu’aucun pays limitrophe. Les pâturages, remplis de plantes aromatiques, nourrissent jusqu'aux troupeaux des provinces voisines. On compte dans le pays 2,500,000 bêtes à laine. Ces dernières appartiennent à trois races : la /sigane à la laine courte et fine, la zarkam à la laine longue et dure, et la falare qui tient le milieu entre les deux autres.
On exporte des chevaux et des bœufs. Les champs de maïs, de froment et d'orge; les forêts de pommiers, de pruniers, de cerisiers; les melons et les choux, excellents quoique énormes, attestent la qualité productive du sol. Les vins pétillent souvent d’un feu généreux, et pourraient, moyennant quelques soins, égaler ceux des fameux vignobles de la Hongrie. Mille autres avantages sont offerts par la nature bienfaisante, mais ils sont de peu de ressource pour un peuple dont l'instruction est arriérée. Cependant, depuis quelques années de nombreuses fabriques se sont élevées de toutes parts, et l’industrie, favorisée par la paix, promet de grandes améliorations dans un avenir prochain.
La population de la Valachie s’élève à 2,600,000 âmes; mais tout porte à croire que, sous une bonne administration, le nombre d'habitants peut doubler en vingt ans, car ils se marient de bonne heure et ont beaucoup d'enfants; mais la misère fait périr la population au berceau. L'armée se compose de trois régiments, formant un effectif d'environ 5,000 hommes.
Ils pourraient produire deux fois plus de froment, et élever deux fois plus de bestiaux, sans faire aucun effort qui soit au-dessus de leur degré d'intelligence et d’activité, pourvu seulement que l’état du pays eùt de la fixité. Un sixième du sol esten culture dans la Valachie ; il produit 10 millions de boisseaux de froment.
Voici quelles sont les sources du revenu public en Valachie. Les habitants payent une capitation proportionnelle à leur rang et à leur fortune. Les négociants et marchands payent suivant la classe à laquelle ils appartiennent, une patente. Enfin les fabricants, les maitres ouvriers et les apprentis sont soumis également à une taxe. Les autres branches de revenus sont la ferme des salines, celle des douanes, les droits d'octroi, etc. Le
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total du revenu public est d'environ à 20,000,000 de piastres, ou 8 millions de francs.
Nous renvoyons le détail des subdivisions administratives aux tableaux; mais on doit remarquer la division du pays en Valachie propre, à l’est de l'Aluta, et petite Valachie, ou banat de Krayova, à l'occident de cette rivière. Cette dernière portion a été soumise quelque temps à l'Autriche.
La Valachie est divisée en 18 districts : 5 au delà de PAluta et 13 en deçà. Chacun de ces districts est administré par un tspravnik, ou préfet, pris parmi les boyards; un sameni, ou receveur, y perçoit les impôts ; un tribunal civil, composé d’un président et de deux juges, rend la justice.
Les districts sont subdivisés en arrondissements, qu’on nomme plaça (plaiou); chaque plaça est la résidence d’un collecteur d'impôts,
Le chef-lieu de district est administré par un conseil mun cipal, un pré. sident, ou maire, et trois adjoints. Les registres de l'État civil sont tenus par le clergé, mais en double expédition; l’un des registres reste à l’église principale; l’autre est envoyé au greffe du tribunal Ges districts,
La Valachie renferme 22 villes, 45 bourgs et 3,510 villages.
Les villes sont bientôt décrites, car au fond il n’y en a qu’une seule, celle où le ghospodar tient sa cour, et où les boyards s’assemblent autour de son trône. Changez la résidence, la ville tombe en ruines. C'est ce qui est arrivé à Ardsisch, ou Ardjich, bourg auquel il reste le vain nom de Kurle, la cour, et une superbe église avec des colonnes de marbre; à Busco, que son évéché et ses foires soutiennent au rang d’une petite viile, enfin à Tergowischti, ou Tergouist, dout les grandes maisons, les palais et les remparts tombent en ruines, et qui de 30,000 habitants est réduite à 5,000, malgré sa position salubre et délicieuse.
Aujourd’hui c’est Bukharest, Boukharest, plus exactement Boukorsti sur la Dumbowitza, qui brille. C’est en quelque sorte un immense village de 80,000 habitants, où quelques hôtels, plusieurs beaux et grands couvents, les tours nombreuses de 95 églises grecques, se perdèn parmi des jardins fleuris, des bosquets odorants.
Les rues de Boukarest sont en général fort mal pavées, et la plupart même ne le sont pas du tout; il en résulte que pendant la chaleur de l'été on estexposé à une poussière insupportable, qui oblige les hommes à conserver leurs manteaux pour s’en garantir. Pendant les jours pluvieux, la poussière se change en une boue liquide, qui oblige encore à garder le manteau; en sorte qu’il est indispensable pendant toute l'année, La nécessité de porter en tout temps un manteau est peut-êlre un des molils qui
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engagent les personnes de quelque valeur à ne jamais se montrer à pied dans les rues. Cette ville, qui de loin parait presque aussi grande que Paris, a des rues populeuses garnies de nombreuses boutiques, qui, comme dans tout l'Orient, se groupent par nature de marchandise ou d'industrie; un quartier tout entier est rempli par les magasins de pelleteries et les aleliers des tailleurs. La plupart des maisons ne sont que des baraques en bois vermoulu, parmi lesquelles s'élèvent çà et là des édifices de l’architecture la plus prétentieuse. Ainsi vous êtes frappé d’étonnement en apercevant de loin un palais dont les colonnes soutiennent d’élégants frontons couverts de bas-relicfs; vous approchez, et vous reconnaissez que ces colonnes ne sont que des troncs d'arbres couverts d’un enduit de terre franche blanchi à la chaux, et que ces sculptures nesont que des moulages faits en plètre. La nature fragile de ces matérioux ne résiste pas longtemps au climat, et les plus belles maisonssont plus ou moins délabrées à l’extérieur, Cependant Boukarest possède quelques beaux édifices bâtis en pierre; ce sont principalement les églises. Elles sont généralement remarquables par leur style byzantin, qui les ferait prendre pour des construclions fort anciennes, landis que les plus vieilles ont à peine deux cents ans d'existence.
Boukarest renferme quelques établissements qui indiquent le progrès que les lumières font en Valachie depuis une dizaine d'années, Dans le collège national, qui est fort bien tenu et où la littérature française tient une place honorable, on remarque une bibliothèque de 7 à 8,000 volumes d’un bon choix; un musée d'antiquités, dans lequel on réunit les divers cbjets antiques que fournit chaque jour le sol de la Valachie; enfin un musée d'histoire naturelle qui offre déjà plusieurs morceaux intéressauts. Quelques étabiissements de bienfaisance, qui se ressentent encore de leur nouveauté, placent Boukarest au rang des villes qui aspirent à profiter du progrès social. L'hôpital militaire est assez bien tenu; mais le grand hôpital civil de Panteleimon, qui a été fondé par des souscriptions philanthropiques, est, sous plusieurs rapports, un établissement remarquable. Les seigneurs Valaques se promènent en carrosses magnifiques, fout la cour à l’hospodar, et vont au théâtre où l’on joue des drames allemauds, des opéras italiens et des vaudevilles français, Queiques-uns fornent de belles bibliothèques, d’autres cultivent les arts. Enfin, ils imitent les Parisiens, les Anglais et les Russes, dans leur riche oisivelé.
Quelques endroits méritent encore d’être nommés. Eu parlant de Bous karest pour la Moldavie, nous arrivons par Bousco à Fokschani, ville de VL 39
6,000 habitants, avec beaucoup d’églises et de beaux vignobles, Le Mi!- cano kove, petit ruisseau qui traverse cette ville, forme la limite de la Valachie Cra et de la Moldavie, Direetement au nord, nous trouvons dans un pays mon- négo tagneux, mais très-peuplé, Ployesti, gros boury, avec sa grande foire dr Vola laine; Philipechti, avec quelques chateaux de boyards, et Aimpina dépôt du des marchandises qui viennent de Cronstadt en Transylvanie, Non loin de villa, ce bourg, le bitume sourd en abondance de la terre. Au nord-ouest, Aim- une polung, bourgade de #,000 âmes, très-élendue en longueur, conserve ses vieil immunités, même après avoir perdu ses fabriques et son commerce, Un l'em voyage à l’ouest nous conduit à Sla/ina sur l’Aluta. C'est une petite ville cité renfermant six églises et un couvent, Les plaines sur le Danube, ravages Dept par tant de guerres, n’offrent guère d’autre ville valaque remarquable que deve Slobodzic sur la Jalomnitzas car Oraschul de Flots, si florissante jadis, L n’a pu se relever. tanc
Sur le bord du fleuve, à peu de distance des restes du pont de Trajan, autr Skela est un petit village où stationnent les bateaux à vapeur autrichicus. cipa Une campagne désolée et nue, quelques huttes de broussailles et de boue : chen telle est la perspective qui environne cette bourgade dont l’église est en de 1 bois. A une lieue dans l’intérieur des terres, Tchernecz est une ville qui . L fut autrefois importante, car on y voit deux églises ruinées assez belles et du I une qui est entretenue. Cette cité ne s'étend guère au delà d’une longue | els rue tortueuse, bordée de boutiques et d’auvents qui rétrécissent encore | la E le passage. | deu
Gicvijevo était une forteresse turque d’où sortaient autrefois des troupe: mai de janissaires qui allaient piller au loin les champs et enlever les trou Pru
peaux. En vertu du traité de 1829 , les fortifications ont été rastes; il n'en qu? | reste plus de traces: seulement on voit s'élever encore quelques porte: Ca
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dont les sculptures en arabesques indiquent qu’elles ont été élevées par ;
les Tures. Cette ville offre encore un mélange de ruines et de construc- cha
tions nouvelles ; on y voit quelques habitations dont les dehors trompeurs le fl présentent de loin l’aspect de palais, mais qui ne sont que des construc- jun À tiuns de bois et d'argile, décorées d'un éclatant badigeon à la chaux. né | | Quelques rues sont cependant alignées avec soin; près du Danube, de ; der | | jolies maisons et une église toute neuve dédiée à saint Pierre dounent à col Hi ES Giovijevo un aspect européen. Plus Join une place circulaire, au centre sul } de laquelle s'élève une haute tour sur laquelle des cicognes ont construit au À leurs nids , est entourée de boutiques et de cafès dans le goût oriental. de
Dans cette partie de la Valachie occidentale, qui est placée sous le
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canon ture de Widdin, nous devons remarquer encore Krayova on Crajova, régulièrement batie et peuplée de 8,000 habitants, en partie négociants et artisans ; elle est considérée comme la capitale de lu petite Valachie; /3las, qui, par sa situation près du confluent de l'Aluta ot du Danube , semble destinée à devenir très-commercante: Balta Wicrdu, village où les Tatars autrefois s'assemblaient pour partager le butin après une campagne contre |’ Autriche ; Æimpul Severinulici, village avec une vieille tour qu'on regarde comme un reste du pont jeté sur le Danube pur l'empereur Sévère ; Braila ou Brailow, sur la rive gauche du Danube, cité d'environ 25,000 habitants , capitale d’un des districts et port franc. Depuis qu’on a détruit les formidables fortifications de celte ville , elle est devenue la principale place de commerce de la Valachie.
Les défilés entre la Valachie et la Transylvanie ont une grande imnortance politique et militaire; chemins commerciaux pour la monarchie autrichienne ; ils en sont aussi des points de défense militaire. Les nrincipaux sont celui de Botza, celui de la Tour-Rouge , d'où commence le chemin carolinien, ouvrage immense, mais aujourd’hui négligé, celui de Torzburg et celui de Vulcan.
La Moldavie, aujourd’hui bornée par le Pruth, grande rivière tributiire du Danube, est la province la plus septentriona'e de l'Empire oûto un, el s’avance entre les possessions russes et autrichiennes, c'est-à-dire cotre la Bessoerabie, la Galicie et la Transylvanie, comme un promontoire entre deux mers prêtes à l’engloutir. C'est le versant oriental des Carpathes : mais l’intérieur ne forme en général qu’une grande plaine sillounée par le Pruth et le Sereth, dont les berges présentent l’aspect de collines, de sorte qu’en partant de lassy, on y fait 28 lieues avant d’apercevoir les montagnes Carpathiennes.
Les hivers sont souvent très rudes en Moldavie. Les étés y sont trèschauds ; le raisin est mür à la fin de juil'et, et la vendange se fait à la lin de septembre. La Moidavie est sujette à des tremblements fréquents, mais jamais violents, Elle possède des mines de toute espèce , mais elles sont négligées. Le sel abonde ; les salines d’Okna en produisent un million et demi de quintaux. On admire non loin de là, près Grosechti, un rocher considérable formé d’une masse de sel cristallin. On trouve des sources sulfureuses auprès de Grossescht, et sur le chemin de Baken et Reman, auprès du Sereth. La rivière de Bristitza roule du sable d’or , et le canton de Nyamtz contient une source minérale ferrugineuse. On cultive en Moidavieplus de froment et d’orge que de seigle; on nedonne quede l'orge aux
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chevaux. On sème aussi beaucoup de millet. Autrefois on ne cultivait presque en Moldavio que le blé sarrasin ; mais en 4740, le prince Nicolas Mavrocordato y introduisit la culture du maïs ( popschoi , en langue moldave). De l’un et de l’autre de ces grains, on fait, comme en Valachie et en Servie, une espèce de bouillie appelée mamaliga, qui forme la prineipale nourriture des gens de campagne. Abondant, mais mauvais, et consommé par le bas peuple, le meilleur croît dans les environs de Husch et du village de Paschkan, sur le Sereth.
La culture des légumes et des arbres fruitiers n’y est pas très-avancée ; c’est le solanum melongena, ( Pot luschaelye , en moldave } et l’hibiscus esculentus ( Balmie, en moldave) dont on fait le plus de cas. Les melons d’eau y abondent. Le vin peut être regardé comme une des principales productions naturelles de ce pays ; on en exporte une grande quantité en Pologne et en Russie. Le meilleur vin est celui d’Odokescht, après lequel vient celui de Kotnar , qui ressemble beaucoup au vin de Champagne. Les environs de Husch, Nikorescht, Iassy, etc., produisent aussi de bons vins ; on fait du vermouth avec un raisin rouge-noir et des eaux-de-vie ; mais les habitants ne savent ni cultiver les vignes avec soin ni bien traiter les vins.
La Moldavie ne manque point de bonnes prairies ni de vastes forêts, surtout de chênes et de frênes , dont les fruits servent de nourriture à une grande quantité de pores. Les Moldaves mettent beaucoup de soin à l’éducation des chevaux. On recherche les chevaux moldaves en Autriche et en Prusse pour le service de la cavalerie légère ; mais c’était au delà du Pruth, dans la partie cédée aux Russes, qu’on trouvait la race de chevaux la plus vigoureuse. La Moldavie nourrit encore des bêtes à cornes supérieures à celles de la Valachie, et tous les ans elle en exporte une quantité considérable en Silésie et en Bohême.
Les forêts recèlent non seulement une quantité énorme de cerfs, de sangliers, de chamois et de lièvres, mais aussi d’ours, de loups , de renards et de martres , ont les peaux forment une branche de commerce. Dans les maisons aisées, en nourrit des pintades et des paons, ainsi que des faucons. Les Moldaves ont aussi une grande quantite d’abeilles qui leur coûtent peu de soin. La Moldavie est souvent infestée de sauterelles qui , pendant une année entière, s’arrêtent sur les campagnes etravagent surtout les champs de mais.
La partie à lorient du Pruth, cédée aux Russes , ne renfermait presqu, pas de villes moldaves ; c’étaient les trois forteresses turques de Choczime
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ae Bender et d’Ismaïl, que la Russie désirait. Dans les limites actuelles de la Moldavie, nous remarquerons, dans le haut pays, Botochani, ville trèscommerçante de 4,000 habitants; Piafra, qui a aussi des foires marchandes ; et Nyamtz ou Nemza, avec un monastère de 500 kaloger®’s, qui ont toujours sauvé une image miraculeuse de la Vierge en argent massif. Près de Roman, sur le Sereth, on voit les ruines d’une ville slavonne, nommée Sem-Endrova ou Saint-André, comme l’ancienne capitale de la Servie.
Cette ville de Roman est, ainsi que l'indique son nom, une ancienne cité des Romains : on y remarque encore des restes de murailles romaines. C’est le siége d’un évéché grec. A peu de distance du Pruth, Housch, autre petite ville épiscopale, renommée pour son tabac, réputé le meilleur de la Moldavie, mérite aussi d’être mentionnée.
Des baraques faites de bois recouvert de boue, des jardins mal cultivés, des rues couvertes de fange, quelques boutiques malpropres, des fours dans lesquels on ne cuit le pain qu’à moitié, enfin une vaste hôtellerie où les insectes fourmillent, et où l’on n’a pour toute nourriture que du mauvais vin et de cette bouillie appelée mamaliga : tels sont les objets qui frappent le voyageur à l'entrée d’une bourgade moldave. Les habitations mêmes des #spravniks, ou receveurs, annoncent la plus grande misère, par leurs toits ouverts à tous les vents, leurs fenêtres de papier, de mauvaises portes qui ne ferment pas, et étant entourées de mares et de tas de fumier. Qu'on juge, d’après cela, de l’état des maisons habitées par les contribuables!
La capitale a cependant le droit de nous arrêter un instant. C’est une ville de 30,000 âmes. Située dans une plaine riante et fertile, au pied d’une colline qui s’élève en pente douce, la ville d’Zassy ou Jassy, en turc Jasch, offre dans son intérieur un séjour malsain, à cause des miasmes qu’exhalent les égouts qui traversent les rues, et de la rivière de Bakloui, qui est plutôt une longue série d’étangs marécageux. Malgré la beauté des environs, on cite très-peu d’habitants qui aient des maisons de plaisance. Les 5 à 6,000 maisons d’Iassy sont bâties sans beaucoup de régularité, L’ancienne Cour des Princes, que l’on dit avoir été construite par les Romains sous Trajan, était autrefois l’édifice le plus vaste et le plus remarquable de la ville; mais consumé par le feu en 4783, il n’a point été rétabli depuis ; il en est de même du Palais des Princes : détruit en 1827 par un horrible incendie qui consuma les deux tiers de la ville, il couvre de ses ruines une longue colline qui domine une partie d’Iassy.
Depuis lincendie de 4827, fassy s’est considérablement embellie. Elle
renferme plus de jardins encore que Boukarest ; ses édifices sont en général dans un goût plus européen ; quelques rues sont spac enses et longues déjà dans certains quartiers on a remplacé par un pavé 'e plancher incom; mode et dispendieux dont la voie publique était autre'ois recouverte. La rue principale est cependant encore pavée d’un groxsicr parquet de madriers, qui, sous le poids des voitures, se couvre d’une boue noire liquide et infecte. Cette rue est habitée par un peuple de marchands, de changeurs, de courtiers, tous israélites ; une ga:crie, soutenue par deS piliers de bois, sert d’auvents aux magasins. Des étoffes de tous les pays, des nouveautés de tous genres, des objets de quincaillerie aHemands ou anglais, garnissent les rayons de ces boutiques : les marchandises de France s’y font remarquer en petit nombre ; mais, par compensation, on y voit avec quelque surprise une librairie française et un cabinet de lecture : ainsi, sous le rapport intellectuel, la France semble dominer ici.
En Moldavie comme en Valachie, la rareté des pierres oblige à employer te bois et la terre dans la construction des habitations les plus riches. Au milieu de certains quartiers, surtout dans la partie haute de la ville, il n’est pas rare de rencontrer des terrains vagues où vivent des animaux domestiques, tels que des moutons, des chèvres ct des porcs, lassy n’est point aussi riche en églises que Boukarest ; mais parmi les principales il faut remarquer celle des Trois-Saints (Tres pletili), ainsi apprlée parce qu’elle est dédiée aux saints Basile, Jean Chrysostôme et Grégoire le Théosophe. Le siyle de son architecture est byzantin ; elle est construite en belles pierres ; des tours élancées la surmontent ; la surface entière de l’édifice est recouverte d’urabesques sculptées en relief et d’une admirable variété,
Tassy possède un collége qui acquiert chaque jour de l’importance, et qui renferme une bibliothèque et un musée d'histoire naturelle. Elle possède en outre plusieurs inprimeries, el une société des sciences naturelles et médicales qui répand le goût des connaissances utiles,
Dorohoé ou Dorogoïé, petite et sale ville, est regardée comme la capitale de la haute Moldavie ou pays haut (Zara de Suss). Il s’y tient une foire chaque année.
Galacz, sur la rive gauche du Danube, ville de 44,000 habitants fixés, est le principal centre du commerce de la Moldavie et de la Valachie, et la cité la mieux bâtie de la principauté. Le port, déclaré port france, qui peut recevoir des bâtiments de 300 tonneaux, est toujours rempli de pavillons russes, autrichiens et ottomans, C'est l’Alexandrie du Danube. Les
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Valaques exportént à la vérité une grande partie de leurs productions, soit en Transylvanie à travers les montagnes, soit au port de Varna; mais les importations pour l’une et l’autre principautés se font par Galacz. Les juifs circoncis et ces autres juifs qui s'appellent Grecs, y apportent des draps de laine, des soicries, des pelleteries; mais le véritable onfant d'Israël se réserve les bijouteries. Le Russe, très juif aussi sous une apparence un peu sauvage, y vend ses cuirs ct ses tabacs, Le grave musulman y 2Bpore du beau maroquin, des épiceries et des aromates,
Nous avons vu précédemment que le gouvernement de la Moldavie est semblable à celui de la Valachie, quant au pouvoir de l’hospodar, à son élection et à la durée de son règne. Si nous entrons dans quelques détails, nous dirons qu’en Moldavie le pouvoir administratif est confié à un consei! composé du logothète, chef du département de l’intérieur, du vestiar, chei du département des finances, et du posielnik ou secrétaire d'Etat chargé des relations extérieures, La direction des affaires judiciaires est dévolue au logothète du département de la justice. Le hetman est le chef de la milice. Le conseil se réunit à des jours fixes pour vaquer aux affaires de Padministration.
Les principales villes, telles que fassy, Galacz, Fokschani, Birlatou, Boinchaui, Bukeou et Tirgou-Formosse, jouissent du régime municipal. Des conseils municipaux sont élus chaque année par les principaux habitauts de chaque ville.
La Moldavie contient 4,254,447 habitants. Les revenus de la principauté s’élèvent à environ 40,000,000 de piasires, La force armée consiste en un régiment de cavalerie et un régiment d'infanterie, dont l’effectif total est de 2,280 hommes.
La police de l’intérieur est exercée par un corps de gendarmes nommés slougttors, et qui sont au nombre de 4,200.
Du reste, la Moldavie et la Valachie sont habitées par deux peuples qui p: ésentent les mêmes caractères physiques, et qui parlent la même langue d’origine latine. Et si queique jour les principes de la politique s’appuient sur la nationalité des peuples, la Moldavie et la Valachie seront appelées à ne former qu'un seul État indépendant, On a beaucoup décrié l’orgueil. l’avarice, l'ignorance des Moldaves, Quoique exempts de vices grossiers, et malgré leur politesse hospitalière envers les étrangers, les gens de là classe supérieure se montrent haulains et durs envers leurs sujets, fins ei rusés partout où il s’agit de leur avantage, très-méfiants et vindicatifs, et plus jaloux que les Turcs eux-mêmes, Le peuple moldave a cependant de
grandes qualités naturelles ; les hommes sont robustes et bien faits, pleins d'intelligence, aptes à tous les métiers, suppléant par leur adresse à l’absence de manufactures. On les dit abrutis par l’ivrognerie et par un penchant toul-à-fait déréglé pour l’autre sexe; par-dessus tous ces vices, une paresse, une insouciance, un esprit de routine incroyable; des femmes belles et fortes, très gaies et très-aimables dans l’adolescence, portant dans l'état de mariage les marques prématurées d’une vie laborieuse, sans joie et sans espoir, des mères de famille toujours courbées vers la terre comme esclaves.
Outreles Moldoveny propres, le pays renferme un assez grand nombre de familles valaques venues de la Transylvanie et de la Hongrie. Le Moldave, qui se croit au-dessus d’eux, les appelle Oungaraines (Oungarény) ; mais les différences de mœurs et de dialectes sont peu sensibles.
Nous allons descendre au dernier degré de l’échelle de la civilisation et décrire un peuple nomade, les Zigueunes ou Tsiganes, dont la mystérieuse origine est encore l’objet des recherches les plus approïondies des savants. Quel est ce misérable à figure humaine qui étale au milieu des ordures sales son corps plus sale encore? [1 semble fier et heureux ; un tas de fumier lui sert de trône, et un vieux chêne lui sert de dais. Quelle odeur infecte annonce de loin le festin dont il se régale? C’est un bœuf tombé de la maladie, et dont il vient d’arracher aux vautours les restes dégoùtants. Autour de lui des femmes, des enfants, couchés dans la boue, rassasient leur.faim dévorante, et font circuler l’outre remplie d’eau-de-vie. Le feu de livresse et le feu de la lubricité pétillent dans ous ces yeux noirs, roulants dans un visage ovale, régulier, de couleur année, à ombre de longs cheveux d’ébène. L'éclatante biancheur de leurs dents et le vif incarnat de leurs lèvres semblent comme un emprunt fait à d’autres visages. Dans tout ce bizarre mélange perce un caracttre sombre et féroce, un abrutissement extrême. Cependant, au milieu des haillons affreux qui couvrent à moitié leur nudité, une vieille jaquette galonnée, un fragment de bonnet en dentêlle, un mouchoir déchiré, signalent du goût pour la parure. Tout-à-coup les jeunes filles s'élancent avec agilité, tournent sur un pied, exécutent les sauts et les pirouettes les plus difficiles, et se placent dans mille attitudes lubriques et obscènes, en mêlant les œillades de la volupté aux grimaces de ia mendicité la plus abjecte. Le
voyageur, en détournant les yeux, leur jette l’aumône.
Mais d’autres fois la famille nomade des Zigueunes ou Tsiganes s'occupe à forger des ustensiles grossiers en fer, à réparer de vicux chaudrons, à
eins faire des assiettes et des cuillers d’étain ou de bois. Dans la Valachie et la Page Moldavie, une classe des Tsiganes (c’est ainsi qu’on les nomme ici) est hant employée au métier d’orpailleurs, ct mèneune vie régulière. Ceux du Banat fiibi ot de la Hongrie, sont habiles marchands de chevaux. Mais eu général les s et travaux réguliers leur sont en horreur. Les femmes trompent la crédulité “état des paysans allemands et polonais en guérissant les bestiaux par de pré- Fons tendues opérations de sorcellerie, et en disant la bonne aventure d’après ne l'inspection des linéaments du creux de la main. En Turquie, les fermes des Tchinganes ont le privilége de la prostitution générale impunie. Beau- + coup d'individus de l’un et de l’autre sexe, surtout en Hongrie, poussent Oi-
irès-loin la musique instrumentale, principalement sur le violon : ménéy); : triers favoris du peuple de campagne, ils ont quelquefois figuré dans les chapelles des grands seigneurs. En Espagne, ou la guitare retentit au
vai milieu de leurs troupes mendiantes, la paresse des habitants leur abandonne : var 4 l'entretien des petits cabarets. Ils s'emparent volontiers de toute occupation tes : méprisée. En Hongrie, en Valachie, beaucoup d’entre eux font le métier HiQIE | d’écorcheurs et même de bourreaux. Le fond de celte nation est un ramas ne de voleurs et de mendiants.
alé Le nombre de ces sauvages d'Europe ne saurait être évalué à moins de rent 500,000, dont 180,000 en Turquie, 260,000 en Valachie et en Mol- PURE davie, 40,000 en Hongrie et en Transylvanie, le reste en Russie, en on Prusse, en Pologne, en Allemagne, en Jutland, en Espagne et autres ne pays. La Perse, l'Égypte en sont infestées; ils ont passé dans l'Amérique ME espagnole.
si Au milieu de tant d’abjection, cette race ne laisse pas que d’être un à ds objet intéressant pour ceux qui parmi les savants recherchent l’origine et cu ia classification des peuples. Leurs diverses dénominations semblent indi au quer les origines les plus opposées: ils s’appellent eux-mêmes Romi, Li Manusch et Gradzo, c’est-à-dire hommes; mais ces noms déjà paraissent na appartenir à des langues tout-à-fait üifférentes, ie premier étant copte, le D deuxième sanskrit et le troisième celte; mais, d’après un observateur | récent et soigneux, le nom seul G& sin/e, au pluriel, est la dénomination . nationale reconnue par ceux de la Lithuanie prussienne. La seconde déno- “ mination en importance est celle de Zigani en polonais, Zigonas en lithua- : nien, Tsingam en valaque, Zingani eu italien et hongrois, Zingueunes en upé 2 allemand, Tehingunes chez les Tures, et A/chingans chez quelques auteurs à Li du moyen âge. Nous pensons que c’est, en attendant mieux, le nom qui
les désigne le plus convenabeincnt. On doit remarquer en troisième ligne vL 40
le nom de Pharaounti, ou peuple de Pharaon, que dans le moyen âge une horde de ces vagabunds se donna, et d’où viennent ceux de Gypsy’s, ou Égyptiens, chez les Anglais, et de Gilunos chez les Espagnols. C’est leur invasion en Allemagne et en France à travers la Bohême qui leur a valu le nom de Bohémiens. Les Persans les aomment Sisech Ilindow, Indiens noirs.
Les traditions historiques de celte reuplade se réduisent au vague souvenir d’un ancien état plus heureux, sous des rois de leur propre race, dans un pays que, selon l’assertion très-peu authentique d’un auteur du quinzième siècle, les premiers Tsiganes appelaient la Petite-Égypte. On prétend aussi qu’à leur première apparition ils étaient conduits &ans leurs migrations par des princes, des ducs, et même par un roi. Mais tout ce qu’il y a d’hislorique dans leurs traditions, c’est qu’ils ont erré pendant plusieurs siècles. Aucune trace de culte ni de croyance religieuse n’a jusqu'ici été constatée chez ces nomades, qui se soumettent indifféremment au rite dominant du pays où ils séjournent.
Il ne reste donc qu’un seul monument à consulter, c’est la langue; mais la langue d’une horde de vagabonds et de mendiants ne serait-elle pas un ;argon tout-à-fait corrompu ? ne pourrait-elle pas être un argot de voleurs? comme le rothwelsch des brigands allemands, ou comme l’idiome factice des Æataphiani, ou médecins ambulants en Turquie? Non, odmirons l'intelligence humaine au sein de l’abrutissement mème. Cette peuplade sans patrie, sans asile, sans lois et sans culte, conserve toujours une langue régulière, pourvue de formes grammaticales, et dont les principales racines, au nombre de 2 à 300, sont reconnues pour être identiques avec autant de mots sanskrils, moultan’s, bengalis et hindoustani’s, La langue tzigane est une branche de cette famille des langues hindoues dont le sanskrit est, non pas la mère, comme s’exprime le vulgaire des savants, mais le type, le modèle le plus régulier et le plus connu.
On doit considérer les Zigueunes, ou Tsiganes, comme une des basses castes indiennes chassée, à une époque encore inconnue des savants, par quelque grande révolution, de sa patrie, et devenue nomade. Le caractère incontestablement hindou de leur langue, leurs qualités physiques et le nom de Sinte qu’ils se donnent, sont les trois arguments solides sur lesquels on fonde cette hypothèse généralement admise 1,
Présentons maintenant à nos lecteurs une esquisse morale, politique et
1 Voyez notre tome HE, livre LxxIY, page 511; description de l’Inde, ce que nous avons dit sur le berceau probable de la race des Tsiganes ou Bohémiens.