‹ Géographie complète et universelle ou Description de toutes les parties du monde sur un plan nouveau [microforme] (volume 4)Chapitre 93 sur 169 · PA ES · texte numérisé non relu

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religieuse des Turcs-Osmanlis, nous la ferons suivre de l'exposition du gouvernement et de l'administration de l’Empire ottoman, tels qu’ils résultent de l’application du Tanzimal, ou organisation nouvelle de la Turquie.

On s’accorde à nous représenter les Turcs comme des hommes grands, bien faits, robustes, d’une physionomie rude, mais souvent noble, ayant le teint légèrement basané, et les cheveux souvent plus bruns que noirs. Leur

. maintien est grave. Vêtus aujourd’hui pour la plupart à leuropéenne, ils

ont conservé de longues moustaches; ce dernier ornement leur est sacré, comme à toutes les nations asiatiques. Rien dans leur extérieur ne rappelle cette origine mongole que leurs auteurs nationaux leur attribuent ; ils semblent ne différer des autres peuples de l’intérieur de l’Asie que par des changements avantageux qu’on peut attribuer au mélange du sang européen. La langue des Turcs, d’après l’opinion unanime des savants, offre, dans ses éléments fondamentaux, la plus grande ressemblance avec le tatare. Mais les écrivains turcs ont introduit dans le beau style une foule de mots et de tours tirés de la riche langue arabe, ou de l’idiome élégant des Persans modernes ; ce qui a fait donner à leur langue le surnom de Mulemma, ou Cavale-Pie. De plus, il résulte de leur contact perpétuel avec les Grecs et les Italiens, que cette même langue s’est beaucoup adoucie.

Une nourriture frugale, et surtout composée de végétaux; l’abstinenre, du moins assez générale, du vin, l'habitude des exercices mâles, tels que l'équitation ct le maniement des armes, mais non pas la danse ; une hospitalité grave et cérémonieuse, beaucoup de silence, beaucoup de dévotion extérieure, des habitations simples et t'anquilles, des jardins romanesques et solitaires : tels sont les principaux traits qui donnent à la vie des Turcs, et l’on peut ajouter des Orientaux en général, un caractère original et singulier.

Le Turc indolent ne connaît point l'agitation de nos sociétés; il se repose mollement sur les coussins de son sofa, fume son tabac de Syrie, s’échauffe avec du café de Moka, regarde les danses exécutées par ses esciaves ; quelques grains d’opium le transportent dans le troisième ciel, au milieu des beautés immortelles. Mais, dans cette vie terrestre, fa polygamie est loin d’offrir à tous les musulmans cette moisson de voluptés

! Nous emprunterons ces derniers détails au remarquable travail de M. A. Ubicini

voyez Lettres sur la Turquie, 4 vol. in-12, 1851 et le Moniteur, mars et avril 1851, V.A. M-B.

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