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le rendez-vous ordinaire des caravanes de Constantinople et de Smyrn?, qui, de là, se dirigent vers l’intérieur de l’Asie. Son nom signifle la forteresse noire. de l'Opium, et sa populat on est évaluée à 50,000 âmes. Ak-Chehr (ville blanche), cite considérable, répond, selon d’Anville, a l’ancienne Antiochia ad Pisidiam, et, selon Mannert, à Tyriœum; la montagne voisine étant à l'occident, tandis que la plaine, fertile en blé et en fruits, s’étend en orient . l’opinion du savant allemand vnaraît mériter la préférence.
Eïlyoun ou Ilgnoun a des marchés bion approvisionnés. Elle occupe, selon d’Anville, l'emplacement de Philomelium ; mais suivant M. Hamilton, ce serait Ak-Chchr qui aurait succédé à cette antique cité.
Koniyéh, l’ancienne Zconium, est aujourd’hui la capitale de l’Anatolie, le siége d’un pacha qui gouverne la partie septentrionale de la aramanie, province dans laquelle on comprend l’ancienne Pamphylie, la Pisidie, la Lycaonie, la majeure partie de la Cappadoce et la Cilicie. Cette ville, importante lorsqu'elle était la résidence-des sultans seldjoukides de Roum! compte encore aujourd’hui 25 à 30,000 habitants. Une petite rivière se perd dans les jardins qui l’environnent.
La plus remarquable des nombreuses mosquées de Koniyéh est celle de Sélim, bâtie sur le modèle de celle de Sainte-Sophie à Constantinople. On cite aussi le couvent des Mevlevis, qui possède de grandes richesses, et qui esi le chef de tous les établissements du même ordre répandus dans l’empire ottoman. Quant au palais du pacha, il est bâti en bois, mais il renferme quelques restes élégants de celui des anciens sultans de Roum.
A lorient de :‘aniyéh s'étendent de vastes marais. La ville de Karaman, qui a donné son nom à la provinee de Karamanie?, n’est pas loin de la source du bras méridional de l’'Halys.
1M. Texier annonce avoir trouvé, près de l’ancienne Tania en Lappadoce, les restes d’une ville antique inconnue aux géographes, dont la superficie est plus grande que celle de Paris, et dont le palais est grand comme une ville. Près de là il a découvert un monument qui doit être antérieur à Hérodote, et qui contient plus de soixante figures colossales armées ct vêtues. Le sujet de ces sculptures paraît être l'entrevuede deux puissants souverains de l’Asie, parmi lesquels on reconnaît distinctement le grand roide Perse. M. Texier a relevé, dessiné, mesuré et décrit tous ces monuments.
2 C'est dans la Karamanie ainsi que dans Îles Livas ou Sandjaks de Brousse d’Adana, et de Kharberout, qu’habitent en plus grand nombre ces peuplades connues sous le nom d’Achivét par les Turcs, et dont les mœurs ont été fort peu étudiées jusqu'ici. Bien qu’établies de temps immémorial sur le sol, et entièrement soumises
à l'autorité de la Porte, elles se distinguent aisément du reste des populations au milieu desquelles elles vivent sans se confundre. Elles prennent différents noms. Les
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Ses monuments ont été bâtis avec les restes de l’antique Zarenda. On évalue sa pouulation à 3,000 familles turques, arméniennes et grecques.
Ladik, où Lazikiychi-Karaman, renferme un grand nombre d’inscriptions antiques, presque toutes sépulcrales. Cette ville est l’ancienne Zaodicea Combusta.
"n descendant le Kizil-Ermak pour se rapprocher d’Angora, on rencontre Ak-seraï, que l’on croit être Archelais; on remarque à 18 milles au sud-est de cette ville des ruines qui doivent être celles de Nazianzus. L'emplacement qu’elles occupent porte le nom de Virun-Chehr ou Yourun- Chehr, c’est-à-dire ville minée. Elles sont sur une plate-forme rocailleuse, immédiatement au-dessus de plusieurs sources abondantes qui forment le long et profond lac d’Ak-serai, Les rues et les maisons d’une grande partie de la ville subsistent encore; les murs ont en quelques endroits 6 à 10 mètres de hauteur, et sont composées de blocs cyclopéens irréguliers sans ciment ni mortier. On y reconnaît encore l’Acropolis, des tombeaux et les ruines de trois églises, dans le style byzantin.
A une douzaine de lieues de Karaman, le village appele Zudjilar (la ville des pèlerins) possède dans ses environs des ruines qu’on regarde comme les restes de l’antique Zsauria. On y voit un bel arc de triomphe portant une inscription grecque qui indique qu’il fut érigé en l’honneur d’Adrien, par le sénat et le peuple d’fsauria. Ces ruines sont situées sur le point le plus haut d’une chaine de collines qui se dirige du nord-ouest au sud-est, et qui offre une vue étendue jusqu'aux plaines de Koniyéh.
Un chemin plus connu nous conduira de Brousse à Angora, à traversles anciens Etats florissants de Tchapan-Oglou, gouverneur qui s’était rendu indépendant de la Porte. Beg-bazar, ville traversée par l’Idou-sou, renferme environ 4,000 maisons. En avançant à l’est, dans une plaine très-élevée, nous découvrons Angora, appelée par les Tures Ankorah et Engour. C’est la finesse du poil de ses chèvres qui a fait sa renommée et sa fortune; elle contient, à ce qu’on croit, #0,000 habitants. Le peuple y £<:‘ plus doux et plus policé que dans aucune autre ville de l’Anatolie ; les rues y soit larges, et pavées d’assez grands morceaux de granit. On y voit de irès-
beaux restes d’antiquité, et entre autres le fameux temple en l’honÿeur de l'empereur Auguste, du règne duquel date la grandeur de cette ville, auparavant peu considérable. Angora est l’antique Ancyra.
Le bassin de l’Halys oriental touche, du côté du midi, à celui où coule
Achivèt Efchars les Achivèt Tchakalu (chacals) les Achivèt Kaiïaki ou habitants les rochers ; enfin ies Achivèt Tatars.
le Kara-sou, c'est-à-dire la Rivière Noire, le Mélas des anciens, ans !: haut de cette vallée nous remarquerons Kaisariéh, l'ancienne Cés.176e (de Cappadoce), grande ville située au pied du mont Ardjieh ou Ardehis, Un voyageur injustement décrié trouva aux environs de cette ville toutes les montagnes percées de grottes qui ont probablement servi de demeures d'été
aux anciens habitants de ce pays*. Cette manière de se loger a été com- .
mune à beaucoup de peuples. Il est plus difficile d'admettre entièrement le récit de ce voyageur sur les 20,000 petites pyramides munies de portes et de fenêtres qu’il assure avoir vues non loin de Césarée, près d'Frkoup. Mais faut-il rejeter entièrement tout ce qui offre une apparence merveilleuse ?
Kaisariéh, à laquelle on accorde 25,000 habitants, est le siège d’un évêque arménien, et le rendez-vous des marchands de l’Asie mineure qui vont y acheter le coton qu’on récolte dans ses environs. On fait remonter son origine à 2,000 ans avant l’ère chrétienne. Elle portait alors le nom de Mazaca. Mais lorsque sous Tibère elle tomba au pouvoir des Romains, elle reçut de ceux-ci, en l'honneur de ce prince, le nom de Césarée. Elle acquit une telle splendeur que, sous le règne de Valérien, lorsqu'elle fut pillée par le roi de Perse Sapor, elle renfermait plus de 400,000 habitan:s. Julien, qui en releva les murs, la resser'a dans des limites plus étroi.es. Mais les chrétiens de cette ville ayant miné les temples de Jupiter et d’Apollon, ce prince irrité, lui retira le non de Césarée pour lui restituer celui de Mazaca, imposa une forte amende à chacun des habitants, fit enrôler dans la milice les prêtres chrétiens, et obligea la ville à relever les temples mutilés. Saint Basile, le fondateur des cénobites d'Orient, naquit dans cette ville en 329, en fut évêque, et y mourut en 379.
La contrée qui borde le Kara-sou ou Melas fournit aux hordes errantes de Turcomans d’assez maigres pâturages. Les villages paraissent des oasis dans un désert. Mais en approchant de l’Euphrate l’œil se repose agréablement sur les jardins, les vergers et les bosquets de peupliers qui environnent Malatiah, l'ancienne Métilène, dans le pachalik de Marach. Cette ville a de 42 à 4,500 maisons. C’était la principale cité de la Petite-Arménie, contrée que traversait, dans le moyen âge, la route commerciale de l’Europe aux Indes, et qui, dans les temps modernes, n’a été parcourue du sud au nord que par deux voyageurs : aussi est-elle au nombre des terres inconnues. Nous savons qu'en allant de Malatiah au village d’Ayas, l’ancienne fssus, on traverse une petite province nommée par les Turcs Doul- 1 Paul Lucas, deuxième Voyage, c, 18.
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gadir-ili, et gouvernée par un pacha qui réside à Mérach ou Marach ; cette ville, sur laquelle nous n’avons d’ailleurs rien à dire d’intéressant, est sur une colline, baignée par un affluent du Djihoun.
Aïntab, que l'on croit être l’ancienne Deba, renferme, dit-on, 20,000 habitants; Semisat, sur le bord de l’Euphrate, est l’ancienne Samosate, patrie du poëte Lucien.
La Cilicie ou la côte de Karamanïie n’est pas non plus très-bien connue. Les témoignages de Strabon et d’Otter prouvent que la plupart des rivières de cette côte prennent leur source au nord de la chaîne du Taurus, qu’elles franchissent au moyen de gorges étroites. Le plateau où naissent ces rivières, entre le Taurus et l’Anti-Taurus, représente en partie l’ancienne Cataonie. C'est dans ces montagnes que les Karamaniens nomades, et même les citadins, cherchent un asile contre les ardeurs de l’été qui dévastent la plage maritime. Ces hauteurs se couronnent de cèdres, tandis que les bord de la mer se couvrent de forêts entières de lauriers et de myrtes.
Adana, siége d’un pachalik, et Sis, où résidèrent longtemps les rois de la Petite-Arménie, sont de peu d’importance. La première de ces deux villes est sur l'emplacement de Bathnæ, célèbre jadis par les agréments de sa position, et l’une des plus anciennes cités de l'Asie mineure. Elle est grande, assez bien bâtie, et peuplée de 20 à 30,000 âmes. On y remarque un beau pont sur le Djihoun et un ancien aqueduc que les Turcs ont eu le soin d'entretenir.
Tarsous, l'antique Tarsus, jadis la docte rivale d'Athènes et d’Alexandrie, passe pour la plus belie et la plus riche cité de la Cilicie. Les fraîches ondes du Cydnus, si dangereuses à l’infatigable Alexandre, arrosent encore ces riantes plaines où Sardanapale avait fait graver au bas de sa statue celte sentence: «Il faut jouir des plaisirs de la vie ; tout le reste n’est rien. »
Tarsous, à laquelle M. de Castellane donne 30,000 habitants, est sur la droite du Kara-sou ou Cydnus, à ? ou 3 lieues de la Méditerranée. L'hiver elle est beaucoup moins peuplée que été. Une partie de ses murailles passe pour avoir été construite par le calife Haroun-al-Raschid, et son château par Bajazet. L'église arménienne est belle et fort ancienne, mais on l’attribue à tort à l’apôtre saint Paul. Tarsous est une des plus importantes places de commerce de l’Asie mineure ; elle exporte du cuivre, de la noix de galle et d’autres marchandises pour l’Europe méridionale, principalement pour l'Espagne et le Portugal, et reçoit une grande quan-
tité de produits de l'Egypte. La plaine aui s’étend entre Tarsous et Adana [LA 45
est d’une incroyable fertilité, cultivée avec la nonchalance naturelle aux - Turcs, elle produit cependant en abondance du froment, de l'orge, du sésame et du coton.
L'ancien pachalik, aujourd’hui Sandjak d'itchil, comprend presque toute l’ancienne Cilicie avec la partie orientale de la Pamphylie. Ce pays est presque entièrement désert : ce n’est que sur la côte de la Méditerranée qui baigne sa partie méridionale que l’on rencontre quelques lieux habités qui méritent à peine le nom de villes. Selefkeh, l'antique Seleucia Trachea, °st de ce nombre : ce n’est qu’une réunion de cabanes en terre et en bois; mais tout autour on voit des ruines considérables, parmi lesquelles on distingue un théâtre, un temple qui a été converti en église, une citadelle, d'immenses citernes, des catacombes, et plusieurs sarcophages. A 22 lieues à l’ouest, le misérable château d’Anamour s'élève près des ruines d’Anemurium, qui comprennent un grand nombre de tombcaux antiques. Plus à l’ouest encore, les ruines de Sédé, si renommée dans l'antiquité pour l'adresse de ses marins, portent chez les Turcs le nom de Eski-Adalia : on y distingue les murs d’enceinte et un théâtre très-bien conservé, garni de ses siéges en marbre blanc. Enfin on y a découvert les vestiges d’un double port, des bains, des statues et es inscriptions intéiessantes.
Le pachalik de Koutaïeh, ou d’Anadoli, comprend le Tékiéh ou les côtes de l’ancienne Pamphylie et de la Lycie. Safali ou Satalieh, sur son golfe dangereux, au pied d’une forêt de citronniers et d’orangers, fleurit par le commerce, et compte, dit-on, plus de 15,000 habitants; c’est l’ancienne Affalie fondée par Attale Philadelphe; Louis VIE y abandonna une partie de son armée pendant la seconde croisade.
À 16 lieues vers le sud, on trouve les magnifiques restes de l'antique Phaselis, dont les pirates étaient si redoutés, tels qu’un théâtre taillé dans le roc, des mausolées et une longue colonnade. Le village d’Azant rappelle encore le nom de l'antique Azania ou Azantum, ville de la Phrygie. On y voit encore un théâtre, un temple d’ordre ionique, un gymnase, des ponts, des basiliques en marbre dans le plus bel état de conservation. Almali, dans l’intérieur des terres, n’offre rien de remarquable; mais non loin des bords de la mer, le village de Hira a conservé le nom de la ville antique dont on voit encore de belles ruines, entre autres un vaste théâtre et de nombreux tombeaux.
Sur les côtes pittoresques de la Lycie, les magnifiques ruines d’Andriace, aujourd'hui Cacamo, altestent le bonheur du siècle d’Adrien ou
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Dans l'interieur des terres, au nord de Sataliéh, où s’étendait l’ancienne Pisidie, un hasard singulier a conservé à une ville peuplée de Turcs le nom JdeSparla ou Espartah; c’est un reste de l’ancienne Sagalessus, qui se vantait d’une origine lacédémonienne, et dont les ruines imposantes se trouvent dans le voisinage; les Turcs donnent aussi à cette ville le nom de Hamid, Cette contrée, peu visitée, est un plateau avec un cu plusieurs lacs; les eaux s’écoulent par la rivière Douden, qui souvent se perd dans des gouffres souterrains !.
Les montagnes de la Lycie sont bien boisées; les arbres y sont en général très-beaux ; le paysage est partout pittoresque et varié; et sur des rochers raboteux, qui paraissent inaccessibles, on voit des tombeaux taillés : dans le roc, à l’imitation de temples de différents ordres d'architecture et des sarcophages massifs, d'une forme qui semble particulière à la Lycie. Ces montagnes sont très-peuplées, mais la plupart des habitants vivent sous des tentes,
La vallée de l’Etchen-tchaï, l'antique Xanthus, présente de nombreux restes d’antiquités ; la ville de Patara, appelée aujourd’hui Patera, s'élève à l'embouchure de cette rivière. Les ruines qu’elle renferme sont encore très-considérables et attestent son ancienne splendeur. L'édifice le mieux conservé est un immense théâtre dont la construction est attribuée à l’empereur Adrien. À environ une ou deux lieues de Patera, on arrive en franchissant des montagnes escarpées à la ville moderne de Davah, où l’on trouve un grand nombre d'inscriptions qui prouvent qu’elle est bâtie sur l'emplacement de l'antique los. Plus loin, au fond d’un golfe, on tronve Makry, l’ancienne Telmessus ; elle possède un bon port qui la met en relation avec l'Égypte. é
Après avoir traversé de belles forêts, puis une grande rivière, on arrive à Doloman, village composé dequelques maisons groupées autour de la vaste habitation du gouverneur. A huit ou dix lieues plus loin, en se rapprochant de la Méditerranée, s'étend une vaste baie appelée Krugiz, qui est très-mal représentée sur les cartes existantes. Æoulah est une ville de 8 à 10,000 âmes; Moughab qui en compte 48,000 est à # ou 5 lieues plus haut dans les montagnes ?.
1 Chandler, Voyage en Asie mineure, traduction française, 2? M. C. Fellows : Voyage en Asie mineure, f2,, au printemps de l’année 1838.
Moglah, Y'ancienne Alinda ; Melasso où Miless, autrefois Mylassa, dont on voit encore les ruines intéressantes; Degnizli qui fut détruite en 1715 par un tremblement de terre, sont des villes peu importantes; mais A/acheher, ancienne Philadelphia, compte 6 à 8,000 habitants; c’est la résidence d’un évêque grec et d’un proto-pape ; la cathédrale est ornée de dorures, de peintures et de sculptures. Tireh ou Tirra, au pied d’une montagne de la chaîne du Kestenous-Dagh, paraît être une ville de 20,000 âmes; elle a des manufactures importantes; et Akhissar, jadis Thyathira, n’a dans son enceinte murée que des maisons en terre et une population de 2 à 3,000 individus.
Les côtes occidentales de l’Asie, plus fréquemment visitées par les voyageurs, fourniraient à elles seules la matière d’un volume intéressant, Ce fut ici que les arts et les lettres embellirent les villes de la Doride, de Vlonie et de l’Eolide; c’est ici que les tristes ruines d’Æalicarnasse, de Milet et d’Ephèse arrêtèrent les pas de l’homme familier avec la sublime antiquité. Mais s’il est certain que les restes d’Ephèse se trouvent au sudouest du misérable village ture d'Ayasalouk, l'emplacement du fameux temple de Diane n’a pas encore été déterminé; ni le savant Chandler, ni ingénieux Choiseul-Gouffier, n’ont résolu cette question. Il est probable qu’il aurait fallu en chercher les restes au nord d’Ayasalouk (qui occupe le premier emplacement d’Ephèse avant les bâtisses de Lysimaque), dans les plaines marécageuses qu’arrose le Caystre. Il règne aussi des doutes sur l'emplacement de Wilet. Le voyageur Spon ayant trouvé au petit village de Palatcha des inseriptions qui portaient le nom des Milésiens, crut avoir retrouvé les restes de l’ancienne ville. Chandler, en partant de cette donnée, cherchait en vain le golfe Latmien, avec les villes de Myus, d’Héraclée et autres, situées sur ses bords. [Il imagina que ce golfe était représenté par le lac Oufa-Bassi, et que les terres basses qui séparent ce lac de la mer avaient été accumulées par le Méandre. Cette hypothèse, très-embrouillée chez son premier auteur, a été attaquée dans sa base même par un savant allemand, qui regarde les ruines de Palatcha comme étant celles de Myus, “petite ville incorporée à Milet, et dont les habitants étaient qualifiés de Milésiens; ce savant pense que le lac d’Oufa-Bassi est celui qui, selon Pausanias, se forma par un affaissement près de Myus. Les ruines de Milet et le golfe Latmien devraient être cherchées plus au midi et à l’occident. Mais les modifications qu’un habile géographe français” a récemment
1 Barbié du Bocage, Recherches sur les atierrissements du Méa dre, dans le Magasin encyclopédique de Méllin, t, IV, p. 74, et ses notes sur Chand er,
appor!
Gouff moder paraît doiven semble Qua Les m fonde, gouvel rocher cheval occidei paraiss à son é quer d de 90 Halicar ment d frégate Gouzel encore 30,00( voyage par qu est trè Neapo Ellere La et les avec attire et par des po dées & de la com
, dont apportées au système de Chandler, et les belles cartes de M. Choiseul- 1715 Gouffier, semblent mettre hors de doute la réalité d’un atterrissement plus,
s Ala- moderne que ceux dont parle Strabon et Pausanias. Le lac d’Oufa-Bassi a rési- paraît décidément être l’ancien golfe Latmien ; toutefois les ruines de Milet ée de doivent être plus à l’ouest que Palatcha. Cette question intéressante pe nous
e mon- semble pas entièrement éclaircie.
0,000 Quant à l’ancienne Æadicarnasse, c’est Boudroun quien occupe la place. thira, Les maisons de la ville moderne sont éparses sur le bord d’une baie prolation fonde, et entremélées de champs, de jardins et de tombeaux. Le palais du
gouverneur et quelques mosquées g«rnissent les côtes de la baie; sur un par les rocher qui s’avance dans la mer, s’élève un château bâti en 1402 par les ssénit, chevaliers de Rhodes; u: petit port occupe un enfoncement sur la côte ide, de occidentale. Les matériaux antiques dont le château est construit, et qui
Lsse, de paraissent avoir fait partie du fameus. tombeau érigé par la reine Artémise
ublime à son époux; les fragments de colonnes et de sculptures qui se font remar-
hu sud- quer dans la ville; des murailles encore debout, les vestiges d’un théâtre
fameux | de 90 mètres de diamètre, enfin la position que les anciens donnent à
dler, ni Halicarnasse, suffisent pour prouver que Boudroun est bien sur l’emplace-
robable ment de l’antique cité. Il y a à Boudroun des chantiers où l’on construit des
occupe frégates et des bâtiments inférieurs pour la marine turque.
>), dans Les villes modernes de ces belles régions sont d’assez peu d’importance. ; doutes | Gouzel-Hissar, l’ancienne Magnésie-du-Méandre, ou peut-être Tralles, fait t village encore un commerce considérable, et sa population paraît être de 20 à ut avoir 30,000 âmes. Mais en remontant la pittoresque vallée du Méandre, un donnée, voyageur moderne vit les ruines de la riche et superbe Zaodicée habitées raclée et par quelques renards. Le port assez étroit de Scala-Nova ou Kouch-adasi enté par est très-fréquenté; et cette ville, qui remplace en quelsine sorte celle de la mer Neapolis, étale en amphitéâtre ses mosquées entremêlées äe beaux cyprès. rouillée Elle renfermait avant la révoiution grecque plus de 20,090 habitants.
n savant La reine des villes de l’Anatolie, Smyrne, brave toujours les incendies le Myus, et les tremblements de terre; dix fois détruite, ;x fois elle s’est relevée lifiés de avec une gloire nouvelle. Sa situation centrale ex la bonté de son port y ii, selon attirent un concours prodigieux de négociants de toutes les nations, par mer uines de et par caravanes. Les marchandises que l’on tire de Smyrne sont des soies, à l’occi- des poils de chèvre et de chameau, des toiles de coton, des mousselines bro. emment dées en or, en argent, des maroquins, des camelots de couleur, des laines, de la cire, des noix de galle, des raisins de Corinthe, quantité de drogues,
s le Maga= L comme du galbanum, de la rhubarbe, de l’ambre, du musc; enfin du lapis-
lazuli, et diverses gommes. On y cherche encore des tapis de plusieurs espèces, des perles, des diamants, des émeraudes, des rubis et autres pierres précieuses. Enfin Smyrne est le centre du commerce du Levant : cette ville, très-sujette à la peste, compte environ 440,000 d'habitants, savoir : 58,000 tures, 48,000 grecs, 8,500 juifs, 40,000 arméniens et 15,000 francs.
Appelée Zsmir par les Turcs, elle s'élève en amphitéâtre sur le flanc d’unemontagne couronnée par un vieux château construit par les Génois. On y remarque deux quartiers distincts : la partie élevée est la ville turque, la partie basse celle des Francs. Elle n’est belle que vue de loin; son intéeur ne présente que des rues étroites, «ue des maisons basses, construites en bois, en briques et rarement en pierres, et dans lesquelles cependant règne souvent tout le luxe oriental. Sous le rapport des mœurs, du langage et de l’administration, les deux quartiers forment deux villes distinctes : le quartier des Francs est pour ainsi dire une république fédérative, dont la langue commune est le français, et dont les personnes et les propriétés sont affranchies de la domination turque. En matière civile, commerciale et criminelis, les Francs ont pour seuls juges les consuls des diverses nations auxquelles ils appartiennent.
A une petite distance de Smyrne, sur la route de cette ville, au village de Bournabah, on remarque les restes d’un temple de Diane.
Sur le penchant du mont Sipylus, il existe des ruines fort étendues, rarement visitées par les voyageurs, et sur lesquelles M. Texier a publié des observations intéressantes. Les ruines, que la tradition désigne sous les noms de ville et tombeau de Tantale, se composent en effet de débris d’édifices et d’une nécropole. La ville qui occupait ces lieux fut gouvernée par un des princes les plus célèbres de l’antiquité, Tantale, père de Pélops et bisaïeul d’Agamemnon : il vivait cent cinquante ans avant la guerre de Troie. Son tombeau, qui fut visité par Pausanias, existe encore presque en entier. Construit il y a plus de trois mille ans, il est donc un des plus anciens ouvrages qui nous restent des hommes. La ville porta d’abord le rom de Tantalis, puis celui de Sipylus. Un violent tremblement de terre en renversa une artie il y a 2,000 ans; cette partie affaissée fut occupée par un lac que l’on voit encore; mais la citadelle n’éprouva aucun dommage, elle existe toujours : les murs en sont presque entièrement conservés; on y voit un fossé taillé dans le roc, ct ia porte qui conduisait sur l’esplanade où s'élevait un temple. Au-dessous de lacropolis, la montagne est couverte de restes de murailles, et de distance en distance on remarque de grands
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