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protection; mais ils vengent le sang par le sang, et on a vu les fedariéhs, ou satellites de leurs émirs, semblables aux anciens Assassins, frapper les ennemis de leurs maîtres au milieu des eités populeuses 1.
La jalousie des Druzes est poussée très-loin. Un voile sévère dérobe à tout regard profane les charmes de leurs femmes, qu’on dit très-belles et animées des sentiments exaltés des Lacédémoniennes. Le mari entend avec peine le bien qu’on lui dit de sa femme, et un éloge un peu vif de la part d’un étranger expose la vie d’une Druze. L'agriculture et la politique forment le sujet des conversations des Druzes rassemblés devant leurs cabanes; les enfants mêmes écoutent en silence le rustique sénat, et, ignorant l’art de lire, se livrent avec joie aux exercices guerriers.
Les Mélualis, Motoualis, ou Mélarvelis, nommés pour la première fois par Arvieux, occupent la grande vallée qui sépare les deux chaînes principeles du Liban, et dont les modernes aiment à désigner la plus orientale sous le rom d’Anti-Liban. Ce sont d’anciens Syriens qui ont embrassé la doctrine des Schiités mahométans; ils adorent le calife Ali presque à légal dela Divinité. Gouvernés comme les Druzes, leurs rivaux constants, par des cheiks et des émirs, ils se sont fait redouter des Tures; leur cavalerie passait pour invincible, mais la discorde les a singulièrement affaiblis.
Dans leur pays se trouve Baalbek: ou Balbek, ville de 1,500 âmes, qui est commeensevelie dans tes ruines imposantes de l’ancienne Æéliopolis. Le portique du temple du Soleil, quoique défiguré par deux tours turques, est d’une beauté inexprimable. On sait qu’il fut construit sous le règne d’Antonin-le-Pieux. On a tiré d’une carrière voisine les matériaux qui ont servi à construire le temple. Î reste encore attaché au fond de cette carrière une pierre qui a 22 mètres 75 centimètres de longueur, # mètres 55 centimètres de largeur, et 5 mètres d'épaisseur. Qu'on juge de la grandeur des édifices auxquels on employait des blocs semblables!
De Paalbek à Damas la route suit le versant occidental de l’'Anti-Liban; le pays est d’abord complétement aride, sans arbres ni pâturages, et faiblement peuplé. Vers Zebdeni, les villages sont plus rapprochés et les collines sont couvertes de vignes depuis le pied jusqu’au sommet. La grande quantité de raisins qu’elles fournissent n’est point employée à faire du vin, puisque les musulmans n’en boivent pas; mais on en retire une substance saccharine et juteuse appelée d'bs, dont on se sert pour remplacer le sucre; une liqueur spiritucuse appelée araki; enfin, une partie du raisin est séchée
1 Venture, Annal, des Voyag.. IV, 315,
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et une autre est employée à faire du husrum, sorte de verjus qui remplace le vinaigre.
On traverse de grandes plantations de mûriers avant d’arriver à Zebdens, petite ville dont les trois quarts des habitants sont musulmans et le reste chrétiens.
Au pied oriental du Liban, de nombreux ruisseaux arrosent la fertile prairie où s'élève l’antique Damas, le Damascus des Romains, et le Demechk où Cham-el-Dimichk des Orientaux. Cette ville était célèbre par sa manufacture de sabres, fabriqués, à ce qu’il paraît, avec des bandes minces et alternatives d’acier et de fer; ce qui les rendait si flexibles qu'ils se pliaient jusqu’à la poignée, et qu’ils pouvaient cependant couper les corps les plus durs. Le secret de cette fabrication est aujourd’hui perdu. Tamerlan emmena les ouvriers en Perse; pourtant, on y fabrique encore des sabres, mais moins bons. D’autres manufactures produisent d’excellent savon et des étoffes mêlées de coton et de soie, les ouvrages d’ébénisterie en bois précieux, ornés d'ivoire et de nacre de perle, ont excité l’admiration des Européens. Le commerce et le passage des caravanes pour la Mekke animent
‘ette ville ; la grande rue qui la traverse offre deux rangs de boutiques où les
:ichesses de l’Inde brillent à côté de celles de l’Europe. La population peut aller à près de 200,000 âmes, dont 20,000 chrétiens. Les maisons particulières de Damas, d’un aspect simple au-dehors, offrent dans l’intérieur tout l'éclat et tous les agréments d’un luxe raffiné; on y marche sur le marbre ; on voit briller de toutes parts l’albâtre et la dorure; chaque grande maison possède un ou plusieurs jets d’eau qui jouent dans de magnifiques bassins. La moindre habitation a trois conduits d’eau, l’un pour la cuisine, l’autre pour le jardin, le troisième pour nettoyer les immondices. Les mosquées, les églises, les cafés de Damas répondent à cette magnificence; le Chan-Verdy, ou café aux rosiers, est regardé comme une des curiosités du Levant.
La longueur de cette ville paraît être d’une lieue et sa largeur d’une demie. Elle s’étend sur la lisière orientale d’une belle plaine, près d’une chaîne de collines au nord-est, et la plaine s’agrandit à perte de vue. Les maisons de Damas, construites le bas en pierres, le haut en briques jaunes, et les édifices publics peints des plus riantes couleurs, donnent à la ville un aspect ravissant. C’est au centre que se trouvent le château ou Séraÿ, résidence du pacha, entouré de murailles, et la grande mosquée, édifices imposants par leur megnificence. Les nombreux minarets qui s’élèvent dans tous les quartiers donnent à cette importante cité un caractère particulier d’élé-
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gance. Damas, üont le nom est cité dans la Genèse comme capitaie d’un royaume indépendant, tt soumise par David; révoltée sous Salomon, elle redevint capitale jusqu’à sa prise par Téglath-Phalassar. Tour à tour ville persane, grecque et romaine, elle suivit le sort de la Syrie. Prise par les Sarrasins, en 632, après un siége de six mois, elle fut pendant quelques années la capitale des kalifes. Assiégée par les croisés en 4448, et prise par T «nerlan en 4400, les Turcs s’en emparèrent en 45416 et la conservèrent jusqu’en 1832. A cette époque, Ibrahim-Pacha, fils de Méhémet-Ali, la leur enleva, mais ils la recouvrèrent, en 4842, à la suite du traité {’Alexandrie. C’est aujourd’hui la principale ville de la Syrie.
Les environs de la ville, arrosés par le Barrady et d’aures petites rivières, présentent en toutes saisons une verdure agréable et une longue série de jardins et de “aisons de campagne. La vallée de Damas, ou le Goutha, est, selon Aboulfeda, le premier des quatre paradis terrestres !, Faut-il que partout les lieux les plus charmants soient habités par des méchants? Les Damasquins sont accusés de fanatisme par les chrétiens, et de perfidie par les musulmans. Trois proverbes arabes peignent le caractère des habitants de trois grandes villes voisines de l'Arabie : Schami schoumi, les Damasquins sont traîtres; Halebi fchelebi, les Alepins sont petitsmaîtres; Masery haramy, les habitants du grand Caire sont vindicatifs ?. Mais le voyageur Seetzen contredit ces idées reçues, en tant qu’elles regardent les Damasquins.
Il nous reste à considérer l’ancienne Palestine, dont le nom ne s’appliqua d’abord qu’au petit pays des Philistins, en hébreu Péléscheth, et que l’on étendit dans la suite à toute la contrée occupée par les Israélites. Elle occupe une superficie de 1,300 lieues carrées, sa population qui aujourd’hui est à peine de 300,000 âmes, était, dit Volney, au temps de Titus de # millions d’habitants. La Palestine fait partie des pachaliks d’Acre et de Damas. Au sud de Damas, s’étendent les contrées nommées Auranitis et Gaulomitis par les anciens, aujourd’hui Æaouran et Chaulân, contrées formées presque en entier par une vaste et superbe plaine qui a pour limites, au nord l’Æermon des anciens, aujourd’hui Djebel-el-Schech ; au sud-vuest Djebel-Edgelhoun, et à l’est Djebel-Haouran. Toutes ces contrées ne renferment pas une seule rivière qui conserve de l’eau pendant Pété; il n’y a que des torrents ou ouadi. La plupart des villages ont chacun leur étang, qu’ils laissent remplir par un ouadt pendant la saison de la pluie. Dans
! Aboulfeda, tab. Siriæ, p. 100.
2 Schulze, dans Paulus, p.170. Sectzen, Aunales des Voyages.
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toute la Syrie, il n’y a pas de contrée plus renommée pour la culture du froment que le Zaouran. Quand le vent remue les blés, la plaine immense présente l'aspect d’une mer ondoyante. On trouve dans cette plaine des tertres épars, dont chacun porte un village habité ou désert. Tous ces tertres, toutes les pierres roulées qu’on trouve dans les champs, toutes les pierres de bâtisse et la montagne entière de Haouran, consistent uniquement en basalte ; toutes les maisons en sont construites, ce qui leur donne un aspect sombre; les battants mêmes des portes sont de cette substance. L'ancienne Bostra ou Bosra, chef-lieu du pays de Haouran et capitale de l'Arabie romaine dans le troisième siècle, conserve encore son nom, mais elle est en ruines. On y voit la colonnade d’un temple et un long pont qui conduit à un château construit sur l'emplacement d’un vaste théâtre romain.
Le district de Bothïn, l’ancienne Batanea, ne renferme que ds montagnes calcaires ; on y voit de vastes cavernes creusées dans le roc, et où des familles de bergers arabes vivent à la manière des anciens Troglodytes ; le troupeau de chèvres vient spontanément offrir ses mamelles pleines de lait, et un énorme tronc d’arb) "llumé chasse à la fois le froid et les ténèbres. C’est ici qu’un voyageur moderne a découvert les magnifiques ruines de Gerasa, aujourd’hui Djerrach, où des temples, des amphithéâtres et plusieurs centaines de colonnes encore debout attestent la puissance romaine. Cette découverte confirme l’opinion de Mannert, qui a fixé l’emplacement de Gerasa beaucoup plus au midi que ne le veut d’Anville. Le mont Edjeloun, l’ancien Gilead, nourrit des chênes à noix de galle. Les habitants de la ville de Es-Szalth, chef-lieu de la contrée El-Zel:a, l'ancienne Peræa, n'-béissent à personne; leur territoire présente, sur ses nombreuses terrasses, un mélange de vignes, d’oliviers et de grenadiers. Karrak-Moab, ou simplement Kérek, siège d’un évêque grec, chef-lieu d’un canton qui répond à l’ancienne Moabitis, doit être distingué d’un autre Carrak dans l'Arabie Pétrée. Telles sont les contrées à lorient du Jourdain.
Cette rivière, dans la partie supérieure de son cours, borde la fertile et pittoresque Galilée, qui forme aujourd’hui le district de Safad ou Safet. La ville de ce nom est, dit-on, l’ancienne Bethulia, qu’assiégea Holoferne et qui vit naître Tobie. Elle occupe une montagne au pied de laquelle s'étendent de toutes parts des bosquets de myrtes. Sa citadelle, qui paraît être une des plus anciennes constructions de la Palestine, est remarquable 1 Schulze, dans la coïlec. de Paulus, VIE, 60.
par l'épaisseur de ses murailles. La prétendue maison de Jacob n’est qu'une suite de tombeaux taillés dans le roc. Safet est une des quatre villes regardées comme sacrées par les Juifs, qui y ont une école célèbre et une imprimerie.
Tabariéh, peuplée de 4,000 âmes, remplace la grande ville de Tiberias, qui donna son nom au lac voisin, appelé aussi le lac de Génézareth ou la mer de Galilée. Des dattiers, des orangers, des indigotiers couronnent ce pittoresque bassin ; mais le pêcheur poursuitrar:ment les milliers de poissons qui s’y jouent. Tabariéh ou Tabaria, comme l’appellent aussi les indigènes, est entourée de toutes parts, excepté du côté du lac, par une muraille épaisse et solidement construite, haute de 8 mètres et flanquée de vingt tours rondes. Au nord de la ville, sur une éminence qui la domine, sont les ruines de la citadelle qui fut détruite depuis 4830 par un tremblement de terre qui renversa la plupart des maisons de la ville. La moitié de l’enceinte comprise dans les murs est encore vide de constructions. Dans le bas de la ville, au bord du lac, est un petit édifice qui, d’après la tradition, occupe l'emplacement de la demeure de Simon, fils de Jonas, c’est-à-dire de l’apètre saint Pierre, et où il exerçait l’humble profession de pêcheur. Il sert de khan pour les voyageurs qui n’ont pas d’autre endroit où ils puissent loger dans la ville. Ici, comme dans beaucoup d’autres villes de la Palestine, les juifs habitent un quartier séparé, entouré d’un mur percé de plusieurs portes que l’on ferme à la nuit tombante. Un grand nombre d’entre eux sont des juifs d'Europe qui se sont retirés ici parce que Tibérias, Japhet, Hébron et Jérusalem sont les quatre villes saintes du Talmud. Elle a d’ailleurs l'avantage d’être située au bord du lac, d’où ils prétendent que le Messie doit sortir!. Un peu plus loin, vers le nord-est, se trouvait Capharnaüm, dont il n'existe plus de traces.
Nazareth, aujourd’hui Vasra, où Jésus-Christ passa sa première enfance, est une ville à laquelle les voyageurs modernes accordent 3,000 habitants, la plupart chrétiens. La rue principale est droite; les maisons ont toutes une partie souterraine creusée dans la montagne. Le couvent de Franciscains passe pour le plus beau de la Palestine; l’église de l’Annonciation est aussi la plus belle après celle du Saint-Sépulcre à Jérusaler: : sous cette église il en est une souterraine qui passe pour avoir été construite sur l'emplacement de la demeure de la vierge Marie, dont chaque partie est occupée par une chapelle; non loin de là, les religieux montrent aux pêle-
1 Voyage en Palestine et en Syrie, par M. G. Robinson. Mislin les lieux saints 2 vol. in-8° 1851.
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rins l’atelier de Joseph, l’école que fréquenta Jésus, et une pierre en forme de table sur laquelle ils assurent qu’il mangea avant et après sa résurrection. Dans les environs on voit encore la petite ville de Cana, peuplée de 500 familles, et célèbre par le miracle de l’eau changée en vin.
A 2 lieues au sud de Nazareth s’élève, au-dessus de la plaine d’Ezdrelon, une pyramide de verdure d’environ 812 mètres d’élévation, les oliviers et les sycomores en couronnent le sommet, où s’étend une plaine couverte de blé sauvage; c’est le mont Thabor, l’Afabyrion ou l’Ithaburius des anciens, célèbre dans les fastes des armées françaises par la victoire qu’y remporta Bonaparte en 1799. Du haut de ce mont, où une tradition vénérable place la scène de la transfiguration de Jésus-Christ, la vue plonge sur le Jourdain, le lac de Tibérias et la Méditerranée.
La Galilée serait un paradis, si elle était habitée par un peuple indus-trieux; on y voit des ceps de vigne qui ont un à deux pieds de diamètre, et qui forment avec leurs branches de vastes salles de verdure; une seule grappe de raisin, longue de deux à trois pieds, suffit, avec de l’eau et du pain, au souper d’une famille entière. Les plaines d'Ezdrelon et tous les autres cantons de pâturages sont occupés par des tribus arabes ; autour de leurs tentes brunâtres, les agneaux et les moutons bondissent en cadence au son du chalumeau qui, à l’entrée de la nuit, les rappelle.
L'ancienne Samarie comprend les districts d’Arefa et de Naplous. Dans le premier on trouve, au nord de la forêt de chênes nommée anciennement Saronas, les restes de Césarde, bâtie par Hérode, restaurée par nt Louis, et qui fut le séjour des rois de Jérusalem. On l’appelle aujourd’hui Kaisariéh. C’est une ville qu’on est étonné de voir abandonnée, car on y trouve encore des rues, des places, des églises assez bien conservées, un port en bon état et des remparts qui ne sont pas entièrement tombés. Elle est habitée par quelques familles de pêcheurs.
Au sud-ouest du golfe de Saint-Jean-d’Acre, s'étend la chaine de montagnes dont le promontoire est spécialement connu sous le nom de mont Carmel, nom fameux dans les annales de la religion. Là, dit-on, le prophète Elie prouva par des miracles sa mission divine; là, des milliers de religieux chrétiens vivaient dans des grottes taillées dans le roc. Alors toute la montagne était couverte de chapelles et de jardins; aujourd’hui l’on n’en voit que les ruines éparses au milieu de forêts de chênes et d’oliviers dont la verdure est interrompue par la blancheur des rochers calcaires. L'an- | cienne église, qui avait été démolie par suite de l'insurrection grecque, a êté rebâtie avec les matériaux de la première au moyen des sommes en-
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voyées par les chrétiens d’occident. Un air vif et pur embaume les hauteurs du Carmel, tandis que dans l’intérieur de la Galilée et de la Samarie l’atmosphère est quelquefois obscurcie par des brouillards secs.
La ville de Naplous, l'ancienne Néapolis du siècle d’Hérode, mais plus connue sous son nom primitif de Sichem, renferme, dans des maisons de peu d’apparence, une population considérable pour ce pays désert; on la porte à 10,000 âmes. On y montre encore les grottes sépulcrales de Joseph, de Jacob et de Josué, ainsi que le puits creusé par ce dernier. C’est à Naplous que Bonaparte fit exterminer, en 4799, un corps de Naplousiens qui, après avoir été faits prisonniers et renvoyés sur parole, avaient repris les armes contre les Français.
Les Samaritains, nommés en arabe Semri, adorent encore Jehovah sur les verdoyantes hauteurs de Garizim, où ils avaient jadis un temple qui rivalisait en magnificence avec celui de Jérusalem. Ils ont oublié leur idiome, qui était un dialecte de l’hébreu. A deux lieues plus au nord, des vergers couvrent les ruines de Samarie, aujourd’hui petit village appelé Sebaste, ou Kalaad-Sänour ; le pays produit en abondance du blé, des soies et des olives.
La Judée, proprement dite comprend le district de Gaza, ou l’ancien pays des Philistins, celui de Khalil, ou d’Hébron, et celui d'El-Kods, ou de Jérusalem. Dans le premier on remarque, outre le chef-licu du même nom, le célèbre port de Jaffa, qu’on devrait écrire Zafa, et qui répond à l’ancienne Joppé. Tour à tour fortifiée et démantelée, dévastée et rebâtie, cette ville change continuellement de face dans les relations des voyageurs. On s’accorde cependant à lui donner # ou 5,000 habitants, elle s’élève en ampbhithéâtre au bord de la mer sur une colline que domine une forteresse en ruines. C’est ici que, suivant une tradition populaire, Noé construisit l'arche; c’est ici que débarquèrent les matériaux que Salomon employa dans la construction du temple de Jérusalem; c’est ici que Bonaparte, voulant rassurer son armée effrayée des ravages de la peste, toucha les tumeurs pestilentielles d’un grand nombre de pestiférés pour prouver ue ce fléau n’était point contagieux ; enfin c’est ici qu’abordent les pèlerins de Jérusalem. Si la Judée était cultivée, les exportations de coton de ce port seraient considérables.
Le sol, composé d’un terreau sablonneux, s’élève de Jaffa vers les montagnes de la Judée en formant quatre terrasses!. Les bords de la mer se couronnent de lentisques, de palmiers et de nopals; plus haut, les vignes, les * De Chateaubriand, Hinéraire de Jérusalem, 11, 129-135, etc.
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