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oliviers, les sycomores répondent aux soins du jardinier ; les bosquets naturels se composent de chênes verts, de cyprès, d’andrachnes et de térébinthes; la terre se couvre de romarins, de cistes et de tubéreuses. Pierre Belon compare la végétation de ces montagnes à celle de l’Ida, en Crète. D'autres voyageurs ont diné à l’ombre d’un citronnier de la grandeur d’un de nos forts chênes ; ils ont vu des sycomores qui ombrageaient trente personnes avec leurs chevaux. Le vin de Saint-Jean, près Bethléem, est déli cieux. Les oliviers sauvages, près Jéricho, donnent de très-gros fruits et une huile très-fine. Dans les lieux arrosés, le même champ, après avoir donné des blés au mois de mai, produit des légumes en automne ; plusieurs arbres fruitiers sont continuellement chargés en même temps de fleurs et de fruits ; les müriers, plantés en ligne dans les campagnes, sont enlacés de branches de vignes. Si, dans les chaleurs, celte végétation semble languir et même s’éteindre, si dans les montagnes elle est en toutes les saisons clair-semée, il ne faut pas s’en prendre uniquement à la nature de tous les climats chauds et secs, mais encore à l’état de barbarie où sont plongés les habitants actuels. On aperçoit encore les restes des murs par lesquels les anciens habitäauts soutenaient les terres, les débris des citernes où ils recueillaient les eaux de pluie, et les traces des canaux par lesquels ces eaux se distribuaient dans les campagnes. Quels prodiges de fertilité ces soins n’ont-ils pas dù produire sous un soleil ardent où il ne faut qu’un peu d’eau pour vivifier les germes des végétaux ! Les rapports des anciens sur la fertilité de la Judée, recueillis par l’abbé Guénée, ne présentent donc aucune contradiction avec l’état pré-ent des choses. « C’est précisément, dit Belon?, « le cas des îles de l’Archpel; l’espace où à présent on voit languir une « centaine d'individus en nourrissait autrefois des milliers. Moïse a pu dire que dans le Chanaan il coulait du lait et du miel ; les troupeaux des Arabes y trouvent encore des pâturages très sutculents, et les abeilles sauvages ramassent dans le creux des rochers un miel parfumé qu’on voit quelque- | fois en découler. D'un autre côté, les anciens, et surtout les Hébreux, n’ont | pas négligé de remarquer l’aridité de la chaîne centrale de la Judée, et des | |