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déserts qui s'étendent à l’est de ces montagnes vers la mer Morte. Des pierres, du sable, des cendres, quelques arbustes épineux, voilà ce que les
anciens et les modernes y ont vu. Belon avait déjà remarqué ce contrasie | entre les deux versants de la chaine de Judée. !Schulze, Voyages ou les Voies du Très-Haut, etc., IT, 86, 135 (en allem.). Xorte, Voyage en Palestine. | * Pierre Belon, observation de plusieurs singularités 140. Il, 5t |
« En s’approchant du centre de la Judée, dit Chateaubriand, les flancs « des monts s’élargissent et prennent à la fois un air plus grand et plus « stérile; peu à peu la vègétation se retire et meurt, les mousses mêmes » disparaissent, une teinte rouge et ardente succède à la pâleur des ro- « chers... Au centre de ces montagnes se trouve un bassin aride, fermé « de toutes parts par des sommets jaunes et rocailleux; ces sommets ne « S’entr’ouvrcit qu'au levant pour laisser voir le gouffre de la mer Morte « et les montagues lointaines de l'Arabie. Au milieu de ce paysage de « pierres, sûr ua terrain inégal et penchant, dans l'enceinte d’un mur, on « aperçoit de vastes débris, des cyprès épars, des buissons d’aloës et de « nopals; quelques masures arabes, parcilles à des sépuleres blanchis, re- « couvrent cet amas de ruines : c’est la triste Jérusalem. » Cette admirable peinture de la ville sainte, dans le troisième siècle, lui convient encore à peu de chose près. Cette ville, peuplée à peine de 42 à 15,000 habitants, ne présente à la vue que de tristes masures qui ressemblent plutôt à des prisons qu’à des habitations; cependant l’intérieur est plus élégant et plus riche que ne l’annoncent les dehors. Trois couvents appartenant aux Latins, aux Grecs et aux Arméniens, ressemblent à des châteaux forts. La mosquée élevée sur l'emplacement du temple de Salomon domine avee éelat une belle place; maisles chretiens n’ont pas la permission d’en approcher, encore moins celle d’y entrer. L'église du Saint-Sépulcre enfermait dans son enceinte magnifique, mais irrégulière, la place où fut élevée la eroix de Jésus- Christ, et la grotte où son enveloppe visible fut déposée. Une garde turque lève des droits d’entrée sur le pieux pèlerin qui visite les endroits mémorables où le premier fondateur du christianisme confirma par sa mort sa morale divine. Tel est néanmoins Pempire de la vérité; le mahométan même, sarrêtant avec respect devant ces lieux, s’écrie : lei mourut un ami de Phumanité, un martyr de la vertu! En 4894, un incendie réduisit en un monceau de ruines ce sanctuaire commun des nations chrétiennes; le cénotaphe qui couvre l'entrée du tombeau résista, co'ame par miracle, à chute de la coupole enflammée.
Cet édifice, fondé sur la colline du Calvaire 1, qui a 8 à 40 mètres d'élévation, avait été bâti par l’impératrice Hélène ; il renfermait les tombeaux de Godefroi de Bouillon et de Beaudouin. En 1812, il fut reconstruit aux
1 Clarke a prouvé par une savante et judicicuse critique, que le Calvaire devait être placé en déhors des murs de Jérusalem, à quelque distance de cette .ille; il détruit ainsi la tradition relative au Saint-Sépulcre.
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